France : Nicolas Sarkozy annonce de nouvelles mesures sortir la France de la crise

31 janvier 2012

Ce dimanche 29 janvier 2012, à défaut d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy s’est longuement exprimé à la télévision devant plus de 14 millions de téléspectateurs pour proposer une batterie de nouvelles mesures pour lutter contre la crise.

A moins de trois mois du 1er tour de scrutin présidentiel, on peut s’étonner par l’ampleur des mesures envisagées. Pourquoi avoir attendu si tard ? Probablement parce que l’ampleur de la crise, d’une part, et les tensions sur l’emploi et la croissance pour l’année 2012, d’autre part, exigeaient des mesures rapides et courageuses, quitte à dérouter les électeurs à un moment où d’autres candidats n’hésitent pas à promettre des lendemains qui chantent.

Le président de la République confirme ainsi qu’il est toujours aux commandes et qu’il entend tout mettre en œuvre pour préserver le modèle social français, sans pour autant sacrifier à l’électoralisme ambiant et au laxisme au moment où il est plus que jamais indispensable de maitriser les dépenses publiques. A l’aube d’une importante campagne électorale, Nicolas Sarkozy a annoncé des mesures ciblées, cohérentes et lisibles dans divers domaines.

Il y a bien entendu la mise en œuvre de la TVA sociale, avec une augmentation de 1.6 point de taux normal de la TVA et une augmentation de 2 points des prélèvements sociaux sur les placements financiers. Ceci pour financer la réduction des cotisations familiales supportées par les entreprises à hauteur de 13 milliards afin de réduire le coût du travail et doper la compétitivité. A cet effet, les entreprises bénéficieront d’une exonération totale des charges familiales patronales sur les salaires compris entre 1,6 et 2,1 fois le Smic. Ces allègements de charges seront ensuite dégressifs et s’arrêteront au-delà de 2,4 fois le Smic. Une mesure qu’avait mise en place Gerhard Schroder en Allemagne en 2004 et qui avait largement participé à la compétitivité de l’industrie allemande ces dernières années.  Auront-elles le même impact en France en 2012 ?

Le Premier ministre réunira rapidement les partenaires sociaux pour leur demander de négocier des accords de compétitivité-emploi dans les deux mois qui viennent. Cet accord devrait s’imposer à la loi et aux contrats individuels a affirmé le président de la République. Toutefois, ils ne s’appliqueront que si une majorité de salariés se met d’accord au sein d’une entreprise, pour décider d’un délai de travail, de privilégier l’emploi sur le salaire ou le salaire sur l’emploi. Une façon de mettre définitivement fin aux 35 heures. Mais le peu de représentativité des syndicats français (moins de 7% des salariés sont syndiqués contre 31% en Allemagne) suffira-t-il à insuffler un nouveau souffle aux relations sociales ?

Une loi sera votée dés février 2012 pour faire en sorte qu’entre 2012 et 2015, le quota de jeunes en apprentissage dans les entreprises de plus de 250 salariés atteigne le seuil de 5%, avec mise en place de sanctions pour les contrevenantes. Dans ce même mois de février, une banque de l’industrie, filiale d’Oséo et dotée d’un milliard d’euros de fonds propres, sera créée.

En ce qui concerne le logement, dont les prix restent très élevés en France en dépit de la crise, le Parlement votera un texte prévoyant que tout terrain, toute maison ou tout immeuble verra ses possibilités de construction augmenter de 30% au cours des trois prochaines années. Ce qui donnera du travail à l’industrie du bâtiment. Cela devrait aussi permettre d’augmenter considérablement le nombre de logements et de faire pression sur les prix qui devraient alors évoluer à la baisse. C’est du moins ce qui est attendu.

Enfin, le président a également annoncé que la taxe sur les transactions financières serait de 0,1% et s’appliquerait dés le mois d’août 2012.  En année pleine, l’Etat espère encaisser un milliard d’euros au titre de cette taxe.

IL s’agit là d’une panoplie de mesures extrêmement courageuses et réalistes qui répondent en grande partie aux défis que la France doit surmonter. Même si Nicolas Sarkozy confirme maintenir l’objectif du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, on peut regretter l’absence de nouvelles mesures destinées à réduire massivement les déficits publics.

Voilà une série de mesures qui tranchent singulièrement avec le manque de cohérence et de rigueur des dispositions annoncées voici quelques jours par François Hollande. Cette incapacité  à prendre des mesures de rigueur en période électorale  au moment où la France traverse une trés grave crise, n’est pas de bon augure pour notre pays. D’ailleurs, le parti socialiste n’a pas manqué d’attaquer les mesures envisagées par Nicolas Sarkozy, annonçant qu’elles seraient remises en cause si Hollande était élu. Voilà qui n’est guère encourageant pour le futur.

Et dire que la plupart des responsables du parti socialistes étaient il y a encore quelques mois les partisans de l’instauration d’une TVA sociale ! Voilà qui promet une campagne présidentielle animée et des débats passionnants. Les français seront-ils dupes du discours pour le moins électoraliste et à court terme de certains ?

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France : le programme présidentiel de Hollande résumé en 60 engagements

29 janvier 2012

Il y avait eu  les 110 propositions du candidat François Mitterrand, lors de la présidentielle de 1981. En 2012, François Hollande, qui n’a jamais été un proche de ce dernier, ne manque pas de s’inspirer volontiers de l’œuvre de l’ancien président socialiste pour sa propre campagne. Depuis la maison des métallos, ce haut lieu du syndicalisme parisien, M. Hollande a en effet annoncé son programme présidentiel au travers de 60 engagements pour la France en 40 pages. Tout le gratin du parti socialiste était présent à cette présentation officielle devant la presse, à commencer par les candidats à la primaire socialiste.

Le programme prévoit plus de 20 milliards d’euros de dépenses par an d’ici à 2017, avec notamment l’annonce d’une réforme de la fiscalité, de dispositions en faveur des PME et des propositions sur l’éducation et la jeunesse, avec notamment la création d’emplois d’avenir (?), de 500.000 contrats de génération et de 60 000 postes dans l’éducation nationale pour 7 milliards d’euros. S’agissant de la retraite à 60 ans pour ceux qui auront cotisé 41 ans, le coût est évalué de 5 milliards d’euros jusqu’en 2017.

Ces dépenses seraient financées par 20 milliards de recettes dont une partie serait supportées par les salariés à hauteur de 5 milliards de hausse de cotisations de retraites, mais aussi par des redéploiements de crédits et de gel de dépenses de l’Etat. De leur côté, les entreprises verraient leurs cotisations d’impôt sur les sociétés augmenter de 5 milliards d’euros et disparaître l’exonération de charges sur les heures supplémentaires, même si la défiscalisation des heures supplémentaires pour les très petites entreprises est évoquée.

Globalement, les hausses d’impôts et de charges l’emportent largement avec un coût de 29 milliards d’euros, dont prés de 12 milliards pour les seuls ménages, même si celles-ci devraient concerner les plus aisés. Côté entreprises, le coût s’élèverait à 17 milliards (hausse des cotisations d’épargne salariale et de l’impôt sur les sociétés, réduction du dégrèvement des cotisations de valeur ajoutée…).
M. Hollande a affirmé sa volonté de tenir ses engagements et de ne promettre que ce qu’il est capable de tenir. Pas sûr que cela suffise pour permettre à la France de retrouver les chemins de la croissance et de l’emploi, alors que notre pays travers la plus grave crise financières qu’ait rencontré notre pays. Encore une fois, le candidat socialiste ne semble pas avoir pris la mesure de l’ampleur des défis que la France doit relever et les contraintes extérieures qui pèsent sur lui en général.

Beaucoup de questions restent sans réponse : les prévisions de croissance envisagées sont-elles réalistes ? Comment s’attaquer à la réduction des déficits sans poursuivre la politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ? Comment peut-on vouloir réduire les licenciements et faciliter l’embauche sans envisager plus de flexibilité dans les conditions d’emplois ? Les mesures envisagées ne vont-elles pas au contraire pénaliser le coût global du travail dans notre pays par rapport à nos partenaires ? Où sont les réformes visant à réduire les coûts de structures et de fonctionnement qui plombent la croissance de notre pays ?

Globalement, les critiques venant de la gauche du parti-socialiste, du Modem et de l’UMP mettent en cause le flou et le manque de crédibilité du programme de M. Hollande. Selon François Bayrou, le candidat MoDem : « Ce ne sont que des mesurettes… On ne reviendra pas à l’équilibre avec ce programme-là. Ce n’est pas vrai, ce n’est pas imaginable ». De leurs côtés, l’UMP et le gouvernement l’ont accusé de vouloir pénaliser les classes moyennes. C’est un projet « qui met le modèle social et la crédibilité de la France en péril et qui menace les Français », a déclaré la porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse.

Au final, un programme pour le moins à minima et en retrait, sans rapport avec l’ampleur des réformes à engager pour sortir le pays de l’ornière creusée par 30 ans de dérives budgétaires et de manque de rigueur dans les finances publiques. Cela suffira-t-il pour revenir à l’équilibre budgétaire prévu en 2017 pour les pays de la zone euro ? Pas si sûr surtout si la croissance n’est pas au rendez-vous. Ce qui manque le plus à François Hollande, c’est un cap, une véritable vision de l’avenir de notre pays.


France : prendre au sérieux la grave crise que traverse notre pays et la zone euro

25 janvier 2012

La zone euro qui avait finalement renoncé à respecter les critères financiers prévus par le traité de Maastricht dés 2002 pouvait difficilement continuer à fonctionner avec une telle divergence des politiques économiques et budgétaires alors même que l’euro restait à un niveau élevé de l’ordre de 1.40 € face au dollar.

A cet égard, quoi qu’on puisse penser des agences de notations, qui ont d’ailleurs trop tardé à tirer le signal d’alarme, la décision de Standards & Poor’s de dégrader la note de la France de AAA à AA+, et bien plus encore les pays de l’Europe du sud, n’avait rien de surprenant. Pour preuve, les derniers emprunts à long terme de la France ont été consentis à des conditions bien plus avantageuses qu’il y a quelques semaines alors qu’elle avait encore sa note maximum. Ce qui démontre que les marchés avait intégré cette réalité et considèrent la dette de la France reste sûre.

Rappelons d’ailleurs que la décision concernant la note de la dette française n’a pas été suivie par les deux autres agences de notation Moody’s et Fitch qui maintiennent leur note AAA à la France pour l’instant ; en tout cas, tant que le gouvernement de François Fillon démontre qu’il maitrise la situation et qu’il fait de la réduction des déficits publics, la priorité. Pas sûr que cela dure ! Qu’en sera-t-il en mai 2012 si la politique de maitrise des dépenses publiques n’est pas poursuivie et même accentuée ? Si Nicolas Sarkozy paraît décidé à poursuivre l’amélioration des finances publiques, en dépit des risques électoraux, tel ne semble pas être le cas de la plupart des candidats à la présidentielle, y compris de François Hollande.

Dans l’intérêt de la France, ces derniers seraient pourtant bien inspirés de prendre en compte l’extrême fragilité des finances publiques françaises et de nombreux pays de la zone euro. Combiné à la piètre croissance prévue en 2012, force est de constater que l’Europe traverse la plus grave crise qu’elle n’ait jamais traversé depuis bien longtemps et que le risque de défaut de paiement en cascade de plusieurs pays pourrait bien entraîner l’ensemble des pays de la zone euro, y compris la France. Si ce risque semble aujourd’hui provisoirement écarté, il n’a manifestement pas été intégré par de trop nombreux candidats à la présidentielle.

Le danger pour la France, ce serait d’en minimiser les risques et de se lancer dans des promesses irresponsables qui réduiraient à néant l’avenir de notre pays. Il est vain de vouloir laisser croire qu’il pourrait exister d’autres alternatives qu’une politique de maitrise stricte des dépenses publiques pour un retour à l’équilibre budgétaire dés 2014. L’avenir de la France n’est pas dans le repli sur soi et la fermeture des frontières, mais bien au contraire,  dans une politique de reconquête qui passe par la rigueur budgétaire et le renforcement de la convergence des politiques économiques, sociales et fiscales au sein de la zone euro. Pour cela, il faut aller au plus vite vers une gouvernance unique européenne et, à terme, vers une Europe fédérale qui sera notre seule planche de salut.

Telle est la seule réalité crédible qui permettra à la France de retrouver le chemin de la croissance et de l’emploi, tout  en préservant l’essentiel des avantages sociaux. A moins de trois mois de l’élection présidentielle, on ne peut que regretter qu’à des fins électoralistes, trop de candidats à la présidentielle tiennent un discours irréaliste qui ignore superbement l’ampleur de la crise actuelle que traverse notre veille Europe.


France : pourquoi ignorer l’existence de la plus grave crise que traverse notre pays et la zone euro ?

23 janvier 2012

Pendant des mois, certains médias et la plupart des candidats à l’élection présidentielle ont tenté de faire croire à l’opinion que la dégradation de la note AAA de la France par l’une des 3 agences de notation, mettait en cause la mauvaise gestion de la crise par le président de la République : Nicolas Sarkozy. C’est tromper les français sur la réalité et l’origine de la crise de la dette actuelle.

Retour sur les origines. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la France avait acquis sa note AAA en 1975, l’année même où sont apparus ses premiers déficits à l’origine de sa dette. Ces déficits résultaient principalement de la crise pétrolière de 1973, puis de 1979. Jusque là, rien d’anormal ; tous les pays ayant suivi cette tendance.Pourtant, l’explosion de la dette publique s’est poursuivie dans les années 1980  en raison de l’explosion des déficits sociaux et budgétaires, et ce, malgré des périodes de croissance relativement soutenue. Ce dérapage de la dette s’est poursuivi jusqu’en 2007.

Rappelons au passage que les déficits et la dette de la France avaient dépassé les critères pourtant imposés par le traité de Maastricht aux états membre de la zone euro, à savoir : un déficit public < 3% du PIB et une dette < 80% de ce même PIB. Là est l’origine des problèmes actuels de la zone euro, et non celle de l’euro lui-même qui n’est nullement en cause, bien au contraire.
Alors que la France a traversé prés d’une décennie de croissance, la situation des finances publiques a ainsi continué à se dégrader jusqu’en 2007, à l’aube de la première crise. Cette situation résultait de l’incapacité des gouvernements successifs depuis 1981, de gauche comme de droite, à assainir les finances publiques. Après la crise financière de 2008 qui a conduit les Etats à sauver le système bancaire d’une crise majeure, la situation budgétaire de la France, comme celle de principaux pays de la zone euro, s’est brutalement dégradée. La crise de la dette qui s’en est suivie au sein des pays de la zone euro n’a fait qu’empirer jusqu’en 2011, menaçant certains pays de banqueroute.
C’est à partir de la mi-2011 que des mesures ont été prises par les gouvernements européens pour en limiter l’ampleur et éviter une crise systémique. Que l’on aime ou pas Nicolas Sarkozy, ces deux crises majeures ne peuvent en aucun cas lui être imputées. Au contraire, il est probable que son action en 2008 comme en 2011, a abouti à en atténuer sensiblement les effets négatifs pour la France et les français en général.

La crise de la dette était devenue inévitable dés lors qu’avec la création de l’euro, les critères fixés par le traité de Maastricht qui étaient la condition de la réussite de sa mise en oeuvre, n’ont pas été respectés. Depuis 2002, la France et les pays de l’Europe du sud, contrairement aux pays de l’Europe du nord, ont laissé les finances publiques se dégrader et la dette exploser, sans qu’aucune sanction n’ait été prise à leur encontre comme prévu.

Les difficultés d’aujourd’hui résultent exclusivement des erreurs et du laxisme des gouvernements en place au cours des décennies précédentes. Maintenant, que cela plaise ou non, il va falloir payer l’addition en espérant que nous avons atteint le point culminant de cette crise. Reste maintenant à trouver la bonne clef de répartition et ce n’est pas le plus simple.


Inauguration de la salle des fêtes de Rodez : entre discours et petites phrases entre amis

16 janvier 2012

La nouvelle salle des fêtes de Rodez a été inaugurée le 7 janvier 2012 en présence du maire de Rodez, de Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées et d’Emmanuel Nebout, l’architecte et maître d’oeuvre du projet. Jean-Claude Luche, Président du Conseil général était représenté par M. Jean-Claude Anglars tandis que le président de l’agglomération du rand Rodez était absent.

A son habitude, M. Teyssèdre s’est livré à une opération de promotion médiatique de la municipalité, en se félicitant des importants investissements réalisés et en cours depuis son arrivée à la mairie en 2008. A l’en croire, grâce à lui, les investissements de la ville ont plus que doublé par rapport à ses prédécesseurs. On connaît le discours pour le moins erroné et fantaisiste du maire, qui n’hésite d’ailleurs pas à se répéter, probablement pour tenter de mieux convaincre son auditoire ! Un discours pour le moins fumeux, sans grande consistance.

A l’inverse, le discours de Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées a été précis et d’une bonne tenue. S’il a regretté, ce qui est pour lui un certain désengagement de l’Etat, il a rappelé que la région investissait beaucoup dans la culture, la formation et l’enseignement, les transports et le développement économique ; précisant que dans ces domaines, le département de l’Aveyron et Rodez en particulier étaient particulièrement privilégiés. Il s’est d’ailleurs plu à saluer parmi l’assistance quelques vice-présidents de l’agglomération, parmi lesquels Fabrice Geniez, le maire d’Onet-le-Château à qui il a rappelé que la Région avait également participé au financement du futur théâtre qu’il viendra inaugurer bientôt.

Pour autant, Martin Malvy n’a pas manqué de revenir sur deux dossiers chauds qui ont opposé ces derniers mois Christian Teyssedre, le maire de Rodez et Jean-Claude Luche, le président du Conseil général : la RN88 et l’extension de l’université Jean-François Champollion à Rodez.

Sur ces deux dossiers importants pour Rodez et le département, il s’est félicité des accords intervenus entre la région et le département de l’Aveyron sur le financement de la RN88 à 2 X 2 voies jusqu’à Rodez et le déblocage récent du dossier de l’université, désavouant ainsi explicitement M. Teyssèdre qui avait violemment pris à parti Jean-Claude Luche sur ces deux dossiers. Comme chacun le sait, non seulement, il est clair que le maire de Rodez n’a joué aucun rôle dans le déblocage du dossier de la RN88 et qu’il a tout faux à propos de l’extension de l’université. En effet, c’est finalement sur le site de Saint Eloi et non celui des anciennes casernes que s’installera l’université J-F Champollion. Un véritable camouflet adressé au maire de Rodez par le président de région.

Martin Malvy a également tenu à rappeler que la région finançait la RN88 à 2 x 2 vois dans le département du Tarn, y compris la rocade d’Albi. Quant on sait que le maire de Rodez n’a strictement rien fait pour débloquer le grand contournement de Rodez depuis son arrivée à la mairie en 2008 et qu’il s’offusque maintenant du manque d’investissement de Conseil général sur la rocade de Rodez (la RN 88 qui relève de la compétence de l’Etat), on mesure l’ampleur de l’infamie : accuser les autres de difficultés dont il est le principal responsable. Face au président de région, M. Teyssèdre n’a toutefois pas bronché et s’est bien gardé de la moindre remarque.

Pour quelqu’un qui prétend être proche du président de région, pourquoi n’a-t-il pas obtenu une aide de ce dernier pour l’engagement du grand contournement ou de l’aménagement de la rocade de Rodez ? Tout simplement parce qu’il n’a jamais rien fait sur ce dossier qui relève pourtant, pour partie, de sa compétence en tant que maire de Rodez et vice-président de l’agglomération du Grand Rodez. Est-il besoin de rappeler que si ce dossier de la RN88 à 2 X 2 voies a pu aboutir, même si ce n’est que partiellement, c’est grâce à l’implication de Marc Censi, maire de Rodez, président de l’agglomération du Grand Rodez et du syndicat mixte pour la promotion  de l’axe Toulouse-Lyon jusqu’en 2008, qui s’est investi durant de longues années sur ce dossier vital pour l’économie régionale ? Tel n’est pas le cas de son successeur M. Teyssèdre qui a totalement abandonné ce dossier essentiel pour Rodez.

Dernier point qui semble échapper à M. Teyssèdre, ce n’est pas le montant des investissements qui fait la valeur d’un bilan, mais leur intérêt et leur cohérence dans le schéma de développement futur de la ville. Or, de ce côté-là, c’est l’aventure ! Au vu du coût de certaines réalisations et de l’explosion à venir de la dette de la ville et de l’agglomération, alors que notre pays traverse l’une des plus graves crises financières de son histoire, le retour sur investissement est loin d’être acquis. Nous aurons hélas l’occasion d’en reparler !


France : le pays perd sa note AAA

13 janvier 2012

Après plusieurs mois de suspense, l’agence Standard & Poor’s a finalement dégradé d’un cran la note AAA de la dette de la France et de quelques autres pays de l’Union européenne.

Avec la France, les pays du sud de l’Europe qui n’avaient plus leur AAA depuis bien longtemps : le Portugal, l’Espagne et l’Italie, ont été dégradés encore plus lourdement (de plus de deux points). Pour l’instant, les autres agences n’envisagent pas de suivre Standard & Poor’s. A l’inverse, les bons élèves de la zone euro qui ont fait preuve ces dernières d’une parfaire maitrise de leurs déficits publics et de leur dette conservent leur note AAA.

Au final, la France limite les dégâts et n’est dégradée que d’un seul point à AA+. Mais l’autre mauvaise nouvelle est cette note AA+ est placée sous perspective négative. Cela signifie qu’à défaut de s’engager dans des mesures strictes de réduction des déficits publics, une nouvelle dégradation de la note de la France est envisageable. «Il y a au moins une chance sur trois pour que la note de la France soit encore dégradée en 2012 ou en 2013», a affirmé l’agence de notation américaine dans un communiqué.

Cette dégradation attendue depuis plusieurs mois ne devrait cependant pas impacter significativement les taux d’intérêts auxquels la France emprunte. Son dernier emprunt à long terme début janvier 2012 s’est fait aux alentours de 3.30%, soit 1.30% au-dessus du taux accordé à l’Allemagne. Ce qui reste raisonnable et laisse à penser que les taux à venir ne devraient pas s’envoler et pénaliser outre mesure notre économie.

Sur les raisons de cette dégradation, elles sont bien connues : une augmentation régulière de la dette française depuis 25 ans, sans véritable volonté politique des divers gouvernements à enrayer cette évolution. En effet,  la France depuis toujours n’a jamais réellement montré sa détermination à lutter efficacement contre ses déficits publics et la réduction de sa dette. Ce manque de détermination des divers gouvernements successifs a permis l’explosion de la dette française à l’occasion de la crise financière de 2008, puis de la zone euro. Enfin, la faiblesse actuelle des banques française constitue un facteur risque supplémentaire.

Par ailleurs, le contexte électoral actuel n’a pas favorisé la mise en place d’une politique de rigueur budgétaire à la hauteur des enjeux. Plus grave, les désaccords flagrants entre les deux principaux candidats à l’élection présidentielle sur les mesures de rigueurs à prendre après l’élection, ont fini par convaincre les marchés que la France, par delà les apparences et ses bonnes intentions, n’était probablement pas prête à s’engager dans une véritable politique de rigueur budgétaire et de réforme profonde de l’Etat.

En ce sens, le candidat socialiste, par un manque de fermeté et de conviction dans les mesures envisagées, porte sa part de responsabilité dans cette dégradation du AAA de la France. Quant-à tenter d’imputer cette dégradation à la seule responsabilité de Nicolas Sarkozy, relève de la pure manipulation politique. Sur ce point, force est de reconnaître de François Bayrou a fait preuve d’un certain pragmatisme en déclarant que cette dégradation de la dette française n’est pas imputable au seul Nicolas Sarkozy, mais aux divers gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédés ces 15 dernières années.

En pleine campagne électorale, espérons que les candidats sauront prendre cet avertissement pour ce qu’il est et mettre en place, avant qu’il ne soit trop tard, les mesures de rigueur qu’imposent pour réduite significativement, et au plus vite, les dépenses publiques qui alimentent la dette.

Petite note d’optimisme, Wolfgang Schäuble le ministre allemand des Finances a aussitôt tenté de rassurer la France. « La France est sur la bonne voie », a-t-il déclaré, réaffirmant ainsi la solidarité de Berlin avec Paris. Il a souligné que seule Standard & Poor’s a dégradé la France, alors que les deux autres grandes agences internationales d’évaluation financière, Moody’s et Fitch, attribuent toujours, pour l’instant, la note AAA à la France.


France : c’est enfin parti pour Free Mobile, le 4ème opérateur de téléphonie mobile

10 janvier 2012

Après plusieurs semaines de buzz savamment organisé, Free Mobile, le quatrième opérateur de téléphonie mobile vient enfin d’être lancé ce 10 janvier 2012.

L’attente entretenue ces derniers mois ne devrait pas décevoir les consommateurs à la recherche de tarifs compétitifs. Free Mobile propose un forfait illimité vers les fixes et mobiles en France et vers 40 destinations à l’étranger, le tout sans engagement de durée pour 19.99 €/mois seulement (15.99 €/mois pour les abonnés Freebox). Ces forfaits comprennent les SMS/MMS illimités et l’accés internet jusqu’à 3 Go. Attention, ce tarif privilégié n’est garanti qu’aux  3 premiers millions d’abonnés. Pour en savoir plus : mobile.free.fr

Face aux 3 opérateurs mobiles en place, le nouvel entrant devait frapper fort pour parvenir à leur prendre rapidement des parts de marché et atteindre son seuil de rentabilité. Rappelons cependant que le prix proposé par Free Mobile ne comprend pas l’acquisition du téléphone (contrairement aux opérateurs traditionnels) ; en réalité, pour un smartphone de moyenne gamme de l’ordre de 200 €, le coût total mensuel devrait avoisiner les 30 €/mois. Ce qui approche singulièrement les tarifs des offres low-cost de Soho, Red de SFR ou B & You et des nombreux MVNO (Opérateurs mobiles virtuels).

C’est donc parti pour une guerre sans merci dans la téléphonie mobile. Face aux offres de Free Mobile, Orange, SFR et Bouygues Télécom vont prochainement répliquer pour ajuster certains de leurs forfaits. A l’instar des baisses de tarifs enregistrées depuis quelques mois, il y a de fortes chances que le consommateur de services mobiles y trouve son compte.

Il sera d’ailleurs intéressant d’observer comment Free Mobile va être en mesure de proposer des services de qualité adaptés à la diversité de la clientèle, un réseau performant capable d’absorber les besoins croissant en data et un service après-vente à la hauteur. Un sacré défi pour l’opérateur low-cost qui arrive sur un marché mature et exigeant de plus de 60 millions d’abonnés.

Ces tarifs de Free Mobile résisteront-ils longtemps à l’explosion de la consommation data et aux colossaux besoins annuels en investissements nécessaires à l’augmentation de la capacité du réseau, sans oublier la mise en œuvre de la couteuse 4G qui entrera en service dés 2013 ? A terme, pas sûr que le nouvel entrant puisse financièrement tenir le coup alors même qu’il devra régler annuellement une facture d’un milliard d’euros à Orange au titre de l’utilisation de son réseau 3G et demain à SFR pour la 4G. Une chose est sûre : Free Mobile n’a pas le droit à l’erreur dans les prochains mois.

Bon vent au nouvel opérateur qui apporte malgré tout une bouffée de concurrence sur le marché de la téléphonie mobile française.