France : Quand une partie du monde agricole cherche des boucs émissaires, tel le loup, pour cacher ses propres responsabilités

28 juillet 2015

Une partie du monde agricole, pour n’avoir pas su évoluer et s’adapter à la demande des marchés et des consommateurs, doit aujourd’hui faire face à des grandes difficultés dans certaines filières comme la production laitière ou la viande bovine.

Hélas la crise actuelle n’est pas nouvelle et menaçait depuis des années mais la fin des quotas laitiers européens et l’embargo des exportations vers la Russie sont venus accentuer les difficultés. Comme d’habitude, les agriculteurs (ou du moins certains d’entre-eux) font feu de tout bois et n’hésitent pas à utiliser la manière forte pour faire pression sur le gouvernement socialiste qui n’avait pas vu venir l’ampleur de la crise, à moins qu’il en ait tout simplement sous-estimé son importance.

Une fois encore, une partie du monde agricole utilise la force pour imposer sa loi, alors même que ces derniers pèsent moins de 1% de la population et sont déjà particulièrement protégés. Au même titre que quelques privilégies qui usent et abusent de leur situation de monopole pour paralyser le pays pour défendre leur petite prés carré (aiguilleurs du ciel, pilotes d’Air-France, employés de la SNCF ou de la RATP, transporteurs, taxis…), certains agriculteurs n’hésitent pas à s’engager dans des actions violentes (attaque et pillage de supermarchés, destruction de matériel public, déversement de déchets devant les bâtiments publics et j’en passe…) au mépris des lois du pays.

Les dégâts causés lors des derniers épisodes sont inadmissibles et indignes d’un pays démocratique. Aucune profession, aucun salarié ou fonctionnaire en grève ne va jusqu’à commettre de tels actes sauf à braver, à juste titre, les foudres de la Justice. Pour le monde agricole, une fois de plus, le gouvernement s’écrase et fait mine de donner satisfaction à la profession. Dans un Etat de droit, peut-on continuer à accepter qu’une profession, quels que puissent être ses motivations, s’en prenne à des biens publics ou privés ou bloque la circulation et les frontières ?

Après avoir piteusement cédé à la pression des transporteurs bretons face au projet d’instauration de la taxe carbone, combien de temps la France socialiste va-t-elle continuer à capituler ainsi face à quelques minorités ? Quand la démocratie et l’Etat de droit seront-ils enfin respectés ? Pourquoi accepter des agriculteurs ce que personne n’accepterait d’un autre groupe de pression ou de personnes ? Les contribuables de ce pays commencent à se lasser de devoir payer pour un minorité qui tente de vivre sur le dos des autres.

Le monde agricole pris à son propre piège

  • Oui, une partie du monde agricole connaît de graves difficultés, mais bien d’autres secteurs de l’économie française sont également en crise, sans que l’on assiste à de tels débordements,
  • Oui, nombre d’agriculteurs sont en très grande difficulté financière mais à qui la faute ?
  • Oui, les prix payés aux agriculteurs par les industriels et la grande distribution sont souvent très bas  et certains intermédiaires peu scrupuleux profitent de la situation pour faire de confortables marges !
  • Oui, les coûts de production et certaines charges acquittées par les agriculteurs sont importants et pénalisants, mais ils ne sont pas les seuls !
  • Oui, les normes imposées sont complexes et parfois excessives et viennent pénaliser certaines filières,
  • Oui, la consommation de viande, notamment bovine est en forte baisse et devrait continuer à décroître dans les années à venir,
  • Oui, la fin des quotas laitiers entraîne une restructuration pour les producteurs de lait !

Personne ne peut nier la crise d’une partie de l’agriculture française. Mais c’est aussi, probablement celle qui s’est le moins bien préparée à la concurrence et à l’évolution des marchés et des consommateurs. Car ces difficultés étaient prévisibles à bien des égards et nombre d’agriculteurs auraient dû en profiter pour s’adapter en conséquence plutôt que de continuer à produire sans se soucier des débouchés futurs.

Finalement, force est de constater qu’en France plus qu’ailleurs, le monde agricole reste un monde largement protégé et assisté et semble parfois se complaire dans cette situation. Depuis longtemps, l’agriculture française est administrée et impulsée par l’Etat, sans que le monde agricole s’en insurge et on comprend pourquoi. Il y a bien sûr les subventions colossales versées à un grand nombre d’agriculteurs parmi les plus importants (au lieu de soutenir la petite agriculture durable er raisonnée bien plus efficace et productive) qui recherchent avant tout un profit immédiat et rapide au détriment d’une agriculture de qualité. Il y a aussi le régime des bénéfices agricoles très favorable qui déroge au droit commun et permet ainsi à l’immense majorité des agriculteurs de ne pas payer d’impôt sur les bénéfices de leur exploitation. Il y a aussi une TVA agricole qui génère annuellement de généreux remboursement de crédits de TVA. Il y a encore une fiscalité locale très favorable (taxe foncière sur les propriétés non-bâties qui taxe très faiblement les propriétés agricoles).

Contrairement à ce qu’affirment certains agriculteurs, aucun secteur d’activité en France n’est aussi soutenu et aidé par l’Etat. Ce n’est certainement pas les agriculteurs qui sont asphyxiés par l’impôt.

Pendant ce temps, les entreprises non agricoles et une petite moitié des contribuables français, non sans devoir eux aussi affronter des nombreuses difficultés, paient au quotidien leurs impôts et taxes qui permettent au pays de redistribuer, notamment au monde agricole qui est aujourd’hui quasi-fonctionnarisé du fait de sa forte dépendance financière vis-à-vis de l’Etat. Nombre d’agriculteurs ont heureusement su prendre les devants et adapter leurs productions tout en réduisant leur coût et leur dépendance aux industriels, à la grande distribution et aux subventions publiques.

Le déclin du monde agricole n’est pas inéluctable pour peu que celui-ci prenne ses responsabilités

Plutôt que de pleurer sur leur sort, les agriculteurs doivent prendre leur avenir en main et faire preuve d’une plus grande rigueur dans les choix de production et les moyens mis en œuvre.

  • Non, certains agriculteurs ne sont pas obligés de céder à la folie des grandeurs en investissement régulièrement dans des tracteurs et matériels neufs de plus en plus puissants et couteux, en profitant des subventions publiques et en engraissant un peu plus les vendeurs de matériel agricole qui ne se sont jamais aussi bien portés.
  • Non, certains agriculteurs ne sont pas fondés à rechercher systématiquement le plus de subventions et le profit immédiat au détriment de la qualité des produits
  • Non, certains agriculteurs ne peuvent continuer à planter du maïs sur la majeure partie du territoire en dilapidant les réserves d’eau, alors que le changement climatique est engagé,
  • Non, certains agriculteurs n’ignorent pas qu’en drainant systématiquement comme il l’on fait ces dernières décennies, ils déstabilisent les sols et accentue les risques naturels en cas de forts orages,
  • Non, certains agriculteurs ne sont pas condamnés à être les plus gros pollueurs de la planète en continuant à utiliser massivement les engrais et les pesticides au détriment de la santé et du bien-être des populations,
  • Non, la fuite en avant de certains agriculteurs n’est pas inéluctable.

Il y a pourtant une autre alternative. Oui les agriculteurs ont une place de choix dans la sécurité alimentaire des populations et doivent prendre toutes leurs responsabilité en s’engageant sur des productions de qualité et durables dans le cadre d’une agriculture raisonnée à taille humaine qui privilégie la satisfaction du consommateur, tout en lui permettant de pratiquer des prix générant des marges honorables lui permettant de vivre correctement.

Plutôt que de cherche des boucs-émissaires, comme le loup qui à toujours vécu dans ce pays et y a sa pleine place, certains agriculteurs seraient mieux inspirés de se concentrer sur les solutions à adopter pour faire face à leurs problèmes. Non le loup n’est en rien responsable des difficultés du monde agricole. La preuve, il cohabite fort bien avec l’agriculture de montagne pratiquée chez nos voisins européens.

Dans un monde globalisé, les agriculteurs doivent prendre leur destin en main plutôt que de toujours attendre une solution de l’Etat qui n’a d’ailleurs plus les moyens de ses ambitions dans bien des domaines.

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Grand Rodez : Quelles retombées de la 13ème étape du Tour de France 2015 ?

21 juillet 2015

Rodez et son agglomération ont constitué l’arrivée de la 13ème étape du Tour de France cycliste 2015, entre Muret et Rodez (198 km) et la ville de départ de la 14ème étape entre Rodez et Mende (178 km).

C’était la deuxième fois que la ville de Rodez était une ville-étape du Tour de France. La première et dernière fois, ce fût le 12 juillet 1984, voici plus de 31 ans déjà. C’était également la 13ème étape reliant Blagnac à Rodez, sur plus de 220 km, très proche de l’édition 2015. Entre-temps, la ville de Rodez avait également accueilli le Tour de France en tant que ville de départ le 17 juillet 2010, lors de la 13ème étape reliant Rodez à Revel (196 km).

L’étape du Tour de France 2015 entre Muret et Rodez s’est déroulée sous une très forte chaleur puisque les températures oscillaient tout au long du parcours entre 34° et 38° à l’arrivée à Rodez vers 17 h 00. L’étape a été majoritairement contrôlée par les coureurs de l’équipe Giant-Alpecin, qui avaient manifestement pour objectif d’anéantir l’échappée où s’était glissé le ruthénois Alexandre Geniez. Après cette longue et éprouvante échappée le coureur aveyronnais a finalement été rejoint à moins de 10 km de l’arrivée, à l’issue de la côte de Bonnecombe.

Les derniers échappés ont été rejoints à leur tour dans le mur d’arrivée que constituait la côte de Saint Pierre, au pied du siège de la société RAGT, longue plus de 500 m pour un dénivelé supérieur à 10%. L’étape s’est jouée au sprint après une explication musclée entre les sprinteurs Greg Van Avermaet (Belgique) et le redoutable et talentueux Peter Sagan (Slovaquie) qui n’a pu que terminer second. L’étape a été parcourue à une vitesse supérieure à 42 km/h ; ce qui est très élevé compte-tenu du parcours vallonné et la grande chaleur qui a valu aux sapeurs-pompiers d’intervenir à de nombreuse reprises sur la ligne d’arrivée pour des malaises de supporters.

Des retombées médiatiques et économiques indiscutables

Malgré l’extrême chaleur qui sévissait sur le piton ruthénois, la foule était très nombreuse à l’arrivée pour cet évènement sportif d’ampleur internationale. Tard dans la soirée de vendredi et toute la matinée du samedi, les rues et terrasses du centre-ville de Rodez étaient bondées, preuve s’il en est du succès du Tour de France, toutes générations confondues.

Même si la manifestation à largement perturbé la vie des ruthénois durant deux jours, globalement ce fût un beau succès. Gageons que les commerçants et notamment bars-cafés et restaurants qui ont été largement gagnants dans cette opération, ont apprécié. Une grande entreprise aveyronnaise a aussi largement profité de la médiatisation de l’épreuve. Il s’agit de la RAGT Semences, dont le siège social était situé à proximité de l’arrivée. La société ruthénoise s’est lancée depuis quelques années dans une campagne de promotion via un partenariat avec ASO et le Tour de France dont elle sponsorise la meilleure équipe.

Plus globalement, on peut considérer que l’objectif de la ville de Rodez, de l’agglomération du Grand Rodez, du Conseil départemental de l’Aveyron et du Conseil régional de Midi-Pyrénées, co-financeurs de l’épreuve, a été largement atteint. Il l’a été par le succès indéniable de la manifestation et la participation du public, mais aussi plus globalement, par les retombées médiatiques, touristiques et économiques que la ville pourra en retirer en termes de renommée et de reconnaissance au plan national, mais aussi international.

Nul doute que les centaines de journalistes sportifs présents à Rodez, représentant autant de chaînes de télévisions, de radios et de journaux auront été séduits par la ville et participeront à sa promotion. Pour ce qui est de la promotion du musée Pierre Soulages, pas sûr que l’évènement ait un impact direct sur sa fréquentation car, il faut bien le reconnaître, les gens qui fréquentent habituellement les musées n’ont pas grand chose en commun avec les supporters habituels du Tour de France. Mais sait-on jamais ?

Mais un coût financier non négligeable pour les collectivités locales

Au final, la venue du tour de France aura coûté à la ville de Rodez, à l’agglomération du Grand Rodez, au Conseil départemental de l’Aveyron et le Conseil régional de Midi-Pyrénées prés de 300 000 euros, versés à l’organisateur Amaury Sport Organisation (ASO). Somme à laquelle il faut ajouter un certain nombre de frais annexes : fourniture de barrières, sécurisation du parcours, réfection de certaines voiries… Des dépenses qui paraissent malgré tout raisonnables au vue des retombées que peuvent en attendre l’agglomération et le département.

Soyons bon joueurs. Même si Christian Teyssèdre, le maire et président d’agglomération avait fait de la venue du Tour de France à Rodez une affaire personnelle, l’opération reste globalement une réussite par sa fréquentation et les images retransmises par les médias. D’autant qu’il n’est d’ailleurs pas certain que le Tour de France revienne de si tôt à Rodez.

Toutefois, contrairement à l’affirmation du maire  de Rodez et de certains élus selon laquelle « la venue du Tour de France n’a rien coûté à la ville et à l’agglomération », il n’en est rien. Une fois de plus, il s’agit là ni plus, ni moins d’un gros mensonge car la ville et l’agglomération ont finalement dû débourser 210 000 € au profit d’ASO. Si effectivement les revenus annuels de la taxe de séjour représentent sensiblement la même somme, il s’agit d’une taxe perçue au profit de l’agglomération et non spécifiquement mise en place au profit du financement du seul Tour de France.

N’en déplaise à certains, la taxe de séjour constitue une recette générale au même titre que les autres recettes fiscales. L’utilisation des recettes de cette taxe n’ont pas permis de financer d’autres projets ou investissements à due concurrence. De ce point de vue, il est donc faux d’affirmer que la venue du Tour de France à Rodez n’a rien coûté aux contribuables locaux !

Si cela ne coûtait rien, cela se saurait. Si tel était le cas, pourquoi se priver de l’accueillir tous les ans, ou au moins un an sur deux !


Europe : Tsipras et Syriza ont conduit la Grèce au bord du gouffre et trahi la confiance des européens. Des leçons à tirer pour l’Europe.

13 juillet 2015

Après des mois de discussions et de surenchères de Tsipras, l’Europe est finalement parvenu à un accord qui permet à la Grèce de rester dans la zone euro, moyennant un certain nombre de réformes et mesures que le pays devra mettre en œuvre dans les meilleurs délais. En contrepartie, les créanciers de la Grèce consentent à nouveau d’apporter des fonds pour permettre au pays de subsister et de lancer un vaste plan d’investissement qui devra sauver le pays.

Tout çà pour çà ou les promesses démagogiques de Tsipras

Rappelons que le gouvernement grec d’extrême-gauche conduit par Alexis Tsipras, issu des élections législatives de l’automne 2014, voulait continuer à bénéficier de l’aide de l’Europe sans contreparties. Le Premier ministre grec, comme une majorité de la population, pensait pouvoir continuer à bénéficier des largesses de l’Europe, sans s’imposer la discipline budgétaire à laquelle sont astreints les pays de la zone euros. Le programme de Syriza n’était rien d’autre qu’un conte de fée destiné à tromper les électeurs qui sont tombés dans le piège. D’ailleurs, depuis l’élection de Tsipras, la situation de la Grèce n’a cessé de se dégrader à grande vitesse.

Le fait d’appartenir à la zone euro (les grecs ont souhaité et souhaitent toujours en faire partie) impose aux pays membres de respecter un certain nombre de critères budgétaires visant à faire converger les données économiques et budgétaires des membres. Manifestement, la Grèce qui est et de très loin, le pays européen qui a perçu le plus de subventions, pensait pouvoir continuer à s’affranchir de toute contrainte alors même qu’une partie de sa dette a fait l’objet d’un abandon pour plus de 100 milliards d’euros par divers organismes financiers européens.

Jamais un pays européen n’a été assisté à ce point, sans contrepartie jusqu’à ce jour. Il était donc tout à fait légitime, ne serait-ce que par respect pour les autres démocraties européennes qui respectent les critères prévus et se sont imposé une discipline pour y parvenir, de lier toute nouvelle aide à la Grèce à la mise en œuvre par son gouvernement des mesures imposées par les créanciers. Mesures qui au passage, sont les seules qui à terme, peuvent permettre à la Grèce de rétablir sa situation financière et de retrouver des marges de manœuvres.

En cela, le retrait unilatéral de M. Tsipras des négociations avec l’UE la semaine dernière et sa décision d’organiser un référendum sur les propositions des créanciers, a été une grave erreur qui a largement contribué à la perte de confiance des dirigeants de la zone euro envers les grecs. Ce fût un coup politique mais un coup de trop qui aurait pu mettre l’Europe en péril. Le non qui s’en est suivi n’a fait qu’exaspérer un peu plus les autres européens, las de payer pour la Grèce en pure perte.

Comment peut-on dire non aux mesures proposées pour conserver la Grèce dans la zone euro tout en souhaitant rester dans l’euro ? Encore une contradiction de plus entretenue par les promesses démagogiques de l’extrême-gauche grecque qui voulait manifestement mettre la zone euro à feu et à sang en faisant payer les autres.

L’Allemagne a su imposer sa fermeté et son leadership pour sortir la zone euro de l’impasse grecque

Pourquoi les européens du nord, mais aussi l’Irlande, le Portugal et l’Espagne qui ont imposé de substantiels sacrifices à leur population pour réduire les dépenses publiques et procéder à d’importantes réformes de structures en vue de retrouver la croissance et l’emploi et contenir la dette publique, auraient-ils été les seuls à payer pour sauver la petite Grèce, dont les dépenses publiques atteignent des sommets et où, pour autant, l’Etat est incapable de percevoir les impôts ?

Sous le leadership de l’Allemagne et d’Angela Merkel en particulier, la majorité des pays de la zone euro se sont montrés fermes et ont exigé de la Grèce la garantie de la mise en œuvre du programme de réforme prévu dans les meilleurs délais. Tout cela, simplement pour assurer la sécurité et la crédibilité de la zone euro qui sont en jeu dans ce dossier. Loin d’être un diktat comme l’ont parfois assuré les responsables grecs, les pays qui ont su maintenir des finances saines ne pouvaient accepter de continuer à renflouer la Grèce en pure perte, au risque de provoquer à terme l’implosion de la zone euro. N’oublions pas qu’en réalité la Grèce de Tsipras menaçait de mettre le feu à la zone euro. Il y avait urgence !

Au final, Tsipras et les grecs ont échoué dans leur tentative d’imposer leurs propres règles populistes et suicidaires qui ignorent les contraintes liées à l’appartenance à la zone euro et visaient à faire payer les autres. A défaut de vouloir quitter la zone euro, les grecs n’avaient d’autres choix que de se plier aux règles fixés par les dirigeants de la zone euro. Rappelons enfin que les mesures retenues lors du conseil européen de la zone euro du 13 juillet 2015 sont sensiblement plus contraignantes que celles qui avaient été fixées par les créanciers et que les grecs avaient refusé par référendum. Juste retour des choses.

A l’inverse, la France alliée de la Grèce et relativement isolée au sein de la zone euro, sort affaiblie de cet épisode

Dans cette affaire, comment ne pas s’étonner du rôle peu actif de la France dans ces récentes négociations au sein de la zone euro. Probablement, Hollande qui a été l’un des rares à soutenir le gouvernement grec depuis le début, voulait-il se démarquer de la ligne dite « dure » ? Il est d’ailleurs probable que Tsipras et son gouvernement, forts de l’appui de la France, ont probablement poussé le bouchon un peu trop loin et failli provoquer, par leur intransigeance et démagogie, la sortie de leur pays de la zone euro. Heureusement, les dirigeants européens ont fait une nouvelle fois preuve de responsabilité en sauvant une fois de plus la Grèce de l’implosion.

La France paraît aujourd’hui constituer l’autre maillon faible de la zone euro. A deux reprises depuis 2013, la France reste en effet l’un des seuls pays à avoir sollicité à deux reprises le report à 2017 de la limite des déficits à 3% du PIB pourtant prévue en 2014. Plus inquiétant, la France est aussi l’un des rares pays à ne pas avoir réduit drastiquement ses dépenses publiques qui continuent de croître et à différer l’engagement des réformes de structures qui s’imposent à elle. Le courage politique n’étant pas à priori le point fort des socialistes français, on comprend le doute qui s’installe dans les pays de la zone euro à l’égard de la France et sa nette perte d’influence qui en découle en Europe.

En dépit des apparences, cette grave crise au sein de la zone euro a été réglée par Mme Angela Merkel qui s’est une fois de plus montrée à la hauteur des enjeux, quitte à supporter les critiques injustifiées d’une certaine intransigeance. Une attitude qui tranche avec la relative passivité de M. Hollande qui s’est contenté de suivre, quitte parfois à rajouter de l’huile sur le feu en soutenant un peu trop M. Tsipras. Force est de constater que le tandem franco-allemand a du plomb d’ans l’aile et que les choses ne semblent pas s’arranger du fait de l’incapacité pour Hollande de trancher et prendre rapidement position, noyé qu’il est dans des manœuvres de politique intérieure, sans rapport avec les enjeux de l’Union européenne.

A l’issue de cette nouvelle crise, on aurait aimé que la France fasse des propositions pour conforter le gouvernement économique et politique de l’Europe. A l’inverse, après l’avertissement sans frais délivré à la Grèce, la France se trouve aujourd’hui implicitement placée sous surveillance car on ne peut imposer à la Grèce et aux autres pays de la zone euro, des règles qu’elle ne s’applique pas à elle-même.

Quand Hollande et son gouvernement socialiste vont-ils enfin s’attaquer aux maux qui rongent la France et qui participent à son affaiblissement actuel, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur ?

Autre leçon du dossier grec, Syriza et Tsipras ont démontré que la démagogie des programmes populistes des extrêmes, qu’ils soient de gauche comme de droite, sont voués à l’échec et conduiraient l’Europe à la catastrophe. L’affaire grecque devrait ainsi porter un coup fatal à l’alliance objective des l’extrêmes-droite et extrêmes-gauche européennes qui ne font que profiter de la désespérance de certaines populations en les manipulant avec la complicité de certains médias.


Aveyron : le 38ème Festival de l’abbaye de Sylvanés

4 juillet 2015

La 38ème édition du Festival de l’abbaye de Sylvanés, « Chemins d’humanité » se déroulera du 12 juillet au 30 août 2015. Comme toujours, il fera la part belle aux musiques sacrées et aux musiques du monde.

Cette édition propose une nouvelle fois des œuvres de grande qualité, mélangeant les œuvres sacrées et la grande musique avec des spectacles des musiques du monde qui forment l’âme de nombreux peuples de Mongolie, de la Russie, du Kurdistan, de l’Andalousie, du Portugal ou de l’Argentine.

Voici quelques-unes des principales œuvres proposées cet été Sylvanés :

  • dimanche 12 juillet : « Messe de la Trinité de Wolfgang Amadeus Mozart », orchestre Contrepoint, Direction musicale : Franck Foncouberte
  • dimanche 19 juillet : « Iberia ; Polyphonies espagnoles et protugaises », Chœur de chambre Les Eléments, Direction musicale : Joël Suhubiette
  • dimanche 19 juillet : « Carla Pires et le Fado à fleur de peau », avec Carla Pirés et ses musiciens
  • dimanche 26 juillet : « Stabat Mater de Anton Dvorak », Les cœurs et solistes de Lyon, Direction musicale : Bernard Tétu
  • dimanche 26 juillet : « Andalussyat, l’Esprit de Grenade », Orchestre arabo-andalou de Fés, Direction musicale : Mohamed Briouel
  • dimanche 02 août : « Bach en famille, Motets et Cantates », Ensemble Chronochromie : Direction musicale : Jean-Michel Hasler
  • dimanche 02 août : « Nuit dans les steppes de Mongolie », Musiques traditionnelles de la République de Touva, Direction musicale : Huun Huur Tu
  • dimanche 09 août : « Chœurs de liturgie Orthodoxe et chants populaires russes », Le Choeur de l’Oural de Russie, Direction musicale : Vladislav Novik
  • dimanche 09 août : « La nuit du Bel Canto », Orchestre symphonique de Strasbourg, Direction musicale : Sylvain Marchal
  • samedi 15 août : « Salve Regina, Messe en mi-bénmol majeur de Franz Schubbert », Orchestre Contrepoint, Direction musicale : Michel Piquemal
  • samedi 15 août : « Une Schubertiade nocturne », Ensemble vocal Michel Piquemal, Direction musicale : Michel Piquemal
  • dimanche 16 août : « Polyphonies sacrées anglaises et italiennes », Le chœur Oxford voices, Direction musicale : Mark Shepherd
  • samedi 22 août : « Mater Dolorosa Femmes au tombeau », une création contemporaine de Caroline Marçot, Mora Voicis
  • dimanche 30 août : «  Passion Tango », Ensemble Florés del Alma

Toujours à l’Abbaye de Sylvanés, le samedi 8 août, sera une journée Rencontre autour de Hildegarde von Bingen (conférences et moments musicaux) avec la participation de Mora Vocis.

Avec une programmation exceptionnelle au plan régional, le festival de l’abbaye de Sylvanés constitue l’une des grandes manifestations culturelles de cet été en Aveyron.

Bon festival de Sylvanés 2015 !

Plus d’informations sur les spectacles proposés :

 


Aveyron : Mise en service ce 2 juillet 2015 de l’avant dernier tronçon de la RN88 à 2 X 2 voies entre Toulouse et Rodez

2 juillet 2015

Les aveyronnais attendent depuis maintenant des décennies la mise en service de la RN 88 à 2 x 2 voie entre Toulouse et Lyon, via Albi, Rodez, Mende, Le Puy-en-Velay et Saint Etienne. Cet axe majeur d’aménagement du territoire au sud du Massif-Central connaît d’importants retards. Malgré tout, le chantier avance même si c’est bien trop lentement.

On se rappelle que le gouvernement Fillon en 2009 s’était engagé à financer pour partie l’aménagement du tronçon du nord de Carmaux dans le Tarn jusqu’à Rodez, soit une cinquantaine de kilomètres, à la condition que les collectivités territoriales concernées, les Conseils généraux du Tarn et de l’Aveyron, ainsi que le Conseil régional de Midi-Pyrénées participent à son financement. Au total, le coût d’aménagement de ce tronçon a représenté prés de 300 millions d’euros.

Ce jeudi 2 juillet, la section comprise entre le viaduc du Viaur et la Mothe, au sud de Baraqueville, soit prés de 14 km a enfin été ouverte à la circulation, avec plus d’un an de retard. Au total, 22 ouvrages d’art ont été réalisés sur cette section pour un coût global de 103 millions d’euros, dont 54% à la charge de l’Etat, 23% du Conseil départemental de l’Aveyron et autant pour le Conseil régional de Midi-Pyrénées.

Cette mise en service améliorera considérablement les liaisons Rodez, Albi et Toulouse et participera activement à la sécurisation routière de cet axe surchargé et fortement accidentogène. Dorénavant, avec les importants travaux réalisés sur la rocade d’Albi, Toulouse est à environ 1 h 30 de Rodez et les naucellois, à 20 mn d’Albi et guère plus d’une heure de Toulouse. De quoi dissuader de prendre le train !

Les travaux concernant la dernière section de la RN 88 à 2 X 2 voies, comprenant la déviation de Baraqueville jusqu’aux Molinières au sud de Rodez, ont débuté à l’automne 2014. Longue de 14 km, cette section est actuellement en cours d’aménagement pour un coût de l’ordre de 120 millions d’euros, financés par l’Etat, la région et le Conseil département dans les mêmes proportions. Hélas, d’importants retards ont été pris par rapport aux prévisions initiales, notamment du fait de l’Etat et cette ultime section autoroutière de la RN 88 entre Toulouse et Rodez ne devrait être mise en service qu’en 2019.

Ce n’est qu’à cette date que l’agglomération de Rodez sera enfin reliée à un axe moderne, rapide et sécurisé à la métropole régionale de Toulouse.

Hélas, la mise à 2 X 2 voies de la RN 88 sera alors loin d’être terminée. Pour ne parler que du département de l’Aveyron, il restera deux importantes portions à aménager aux normes autoroutières pour assurer la continuité et la fluidité de l’axe :

  • D’une part, la déviation ou grand contournement de Rodez qui est toujours bloqué. En attendant sa réalisation, l’aménagement de la rocade de Rodez est envisagé avec des carrefours dénivelés sur les trois ronds-points actuels de Saint Félix, Les Moutiers et Saint Marc. Les études devraient démarrer prochainement avec une participation du Conseil départemental de l’Aveyron.
  • D’autre part, l’aménagement de l’importante section de 45 km entre Gages, à l’ouest de Rodez et Séverac-le-Château. Cette section actuellement à 2 voies sur l’ensemble de sa longueur, est totalement saturée avec un trafic de poids-lourds importants. C’est la seule voie routière reliant Toulouse, Albi, Brive et Aurillac via Rodez, à l’autoroute A75, vers Béziers, Montpellier au sud, Saint Etienne et Lyon à l’ouest et Clermont-Ferrand au nord. Il s’agit là d’une section majeure qui va faire défaut durant encore de longues années.

Il reste à espérer que les élus départementaux et de l’agglomération du Grand Rodez, aux côté de ceux de la région, vont prendre ce dossier à bras le corps très rapidement pour amener l’Etat, qui a en charge l’aménagement de la RN 88 entre Rodez et Séverac, à financer cette section prioritaire qui constitue une voie majeure d’aménagement du territoire.

Cet axe traversant les départements de l’Aveyron et de la Lozère, on peut espérer que les élus de la nouvelle région Languedoc-Roussillon / Midi-Pyrénées auront à cœur d’accélérer la réalisation de cet axe indispensable au désenclavement de ces deux départements et à leur liaison avec les métropoles régionales de Toulouse et Montpellier.

Les aveyronnais n’ont pas fini d’entendre parler de la RN 88 !