60 ans après sa création, l’Union européenne reste plus que jamais la seule perspective d’avenir pour les pays du vieux continent

26 mars 2017

Le 25 mars 1957 à Rome, l’Allemagne (République fédérale), la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas, le Luxembourg et la France signaient le traité de Rome créant la Communauté économique européenne (CEE), entré en vigueur en janvier 1958. C’était il y a 60 ans la naissance de ce qui est aujourd’hui l’Union européenne.

La CEE avait pour objectif, par l’établissement d’un marché commun et le rapprochement progressif des politiques économiques des Etats membres, de promouvoir un développement harmonieux des activités économiques dans l’ensemble de la Communauté, une expansion continue et équilibrée, une stabilité accrue, une élévation du niveau de vie et des relations plus étroites entre les Etats membres.

En 1958, la CEE était constituée de 6 Etats membres qui avaient la volonté commune d’avancer. Par la suite, forte de son attrait, l’élargissement a conduit de nombreux pays à rejoindre l’Union.

  • En 1973 (09 membres) : entrée du Royaume-Uni, à l’Irlande et aux Pays-Bas,
  • En 1981 (10 membres) : entrée de la Grèce,
  • En 1986 (12 membres) : entrée de l’Espagne et du Portugal,
  • En 1995 (15 membres) : entrée de l’Autriche, de la Suède et de la Finlande,
  • En 2003 (25 membres) : entrée de Chypre, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République slovaque et la Slovénie,
  • En 2007 (27 membres) : entrée de la Bulgarie et de la Roumanie
  • En 2013 (28 membres) : entrée de la Croatie

Après la sortie prochaine du Royaume-Uni, l’Union européenne reviendra à 27 membres et 450 millions d’habitants (6% de la population mondiale) pour un PIB représentant 21% du PIB mondial.

60 ans après, force est de constater que l’Europe a connu au cours de ces années une période de croissance, de développement et de paix sans précédent même si depuis 1995, les élargissements successifs et probablement trop rapide des anciens pays de l’Europe de l’est ont fortement déstabilisé l’Union européenne. Pendant longtemps, l’Europe a ainsi été une référence pour le monde même si aujourd’hui, elle traverse probablement la plus grave crise de son existence. L’Europe n’a pas su s’adapter aux profonds changements induits par la chute du mur de Berlin en 1989 et n’a pas su engager les réformes nécessaires.

Les dirigeants européens ont longtemps cru que la création de la monnaie unique européenne réglerait d’un seul coup les fragilités monétaires et budgétaires liées à son élargissement. La crise financière et bancaire de 2008 a rapidement balayé cette illusion. De même, la libre circulation à l’intérieur de l’UE n’a pas résisté à la crise migratoire de ces dernières années. Il n’y a pas eu de solution européenne ; au contraire, chaque Etat s’est retrouvé seul. Preuve s’il en est des dysfonctionnements de l’Union européenne ces dernières années imputables aux seuls responsables politiques des grands pays qui se sont avérés impuissants à proposer des solutions.

Contrairement à ce qu’affirment certains nostalgiques du passé, les difficultés actuelles de l’Union européenne sont principalement dues à l’absence de volonté politique des Etat membres de donner les moyens à l’Europe de se réformer, et notamment de la France qui fût pendant longtemps le moteur de la construction européenne aux côtés de l’Allemagne. A cet égard, le quinquennat de M. Hollande au regard de l’Europe, comme dans d’autres domaines, est un cinglant échec.

Le fonctionnement actuel de l’Union européenne repose principalement sur le traité de Lisbonne de 2009, qui fût adopté après le rejet par la France et les Pays-Bas du traité établissant une constitution pour l’Europe. Eh oui, la France a une grosse par de responsabilité en ce domaine. Pour être crédible et efficace, l’Union européenne doit aujourd’hui évoluer tout en restant plus proche et à l’écoute de ses citoyens. Pour cela, les institutions européennes doivent être adaptées et modernisées pour répondre aux défis mondiaux d’aujourd’hui (isolationnisme des USA, montée en puissance de l’Asie et de la Chine, visées expansionnistes de la Russie…). C’est probablement le dossier prioritaire pour les actuels dirigeants européens.

Les Etats européens doivent rapidement donner un nouveau souffle à l’Union européenne et lui permettre, avec ses 510 millions d’habitants, de redevenir un acteur majeur et incontournable de la scène internationale. Elle doit retrouver la confiance des européens par un fonctionnement plus démocratique et proche des citoyens. Face aux défis du monde actuel, des avancées notables doivent être faites dans les domaines de la sécurité intérieure, de la défense, de la politique étrangère, de la protection de l’environnement et de la transition énergétique.

L’Union européenne est la seule chance pour les pays qui la compose de faire face à la mondialisation et aux importants défis à venir. Laisser croire aux électeurs français que l’avenir passe par le repli sur soi et à la fermeture de nos vieilles frontières n’est qu’une vaste fumisterie, pour ne pas dire une escroquerie !. En 2017, aucune nouvelle ligne Maginot ne permettra de régler nos problèmes.

Pour assurer son développement futur, la France doit redevenir un acteur majeur de la nouvelle Union européenne qui reste la seule solution crédible pour le vieux continent.


Europe : Galiléo bientôt opérationnel

2 janvier 2017

GPS : Galileo arrive enfin !

Le lancement réussi, le 17 novembre 2016 de 4 satellites de télécommunication via la fusée Ariane 5 marque une étape cruciale pour le projet européen de système de géolocalisation mis en route il y a déjà dix-sept ans. Malgré beaucoup de retard et autres péripéties, l’Europe dispose dorénavant d’un nombre suffisant de satellites Galileo pour couvrir le monde entier. Le système européen Galiléo, concurrent du GPS a donc été mis en service de manière expérimentale en décembre 2016.

Pour les équipes de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui chapeautent le programme, le bout d’un long tunnel est enfin en vue. Mais le monde a-t-il encore besoin d’un nouveau système de géolocalisation ? Le paysage a beaucoup changé depuis 1999, lorsque le GPS américain n’était opérationnel que depuis cinq ans et que le concurrent russe « Glonass » était à la dérive après l’effondrement de l’Union soviétique. Moscou a depuis lors réussi à redresser la situation. De son côté, la Chine a déployé son alternative, baptisée « Beidou ». Le GPS est aujourd’hui un élément essentiel de géolocalisation pour un grand nombre d’utilisateurs de smartphone.

L’Europe, pour des raisons stratégiques, doit pouvoir offrir son propre système de géolocalisation. Difficile en effet pour l’Europe de prétendre jouer un rôle de premier plan technologique et dans l’espace s’il passe à côté de la géolocalisation. A l’avenir, le système de positionnement par satellite est devenu essentiel dans un nombre toujours plus vaste de domaines, du monde militaire à celui des transports.

L’enjeu est particulièrement sensible sur le terrain de la Défense. Actuellement, les armées européennes dépendent du GPS américain, qui est sous contrôle des militaires de l’US Army. Pour les spécialistes : « C’est une question d’autonomie; si vous n’êtes pas capable de générer un signal de positionnement dont vous avez la clé, vous êtes en position d’infériorité« . Cette recherche d’une souveraineté dans le domaine de la géolocalisation n’est pas qu’une affaire de principe. N’oublions pas que durant la guerre du Kosovo [1998-1999], les États-Unis avaient brouillé le signal GPS, ce qui rendait les armées européennes aveugles et sans repères, et ce en plein cœur de l’Europe.

L’avènement prochain de Galileo va donc changer la donne pour les armées européennes et les sortir de leur dépendance envers la technologie américaine. Pour les utilisateurs civils ou militaires, l’avantage de la solution européenne est de proposer une véritable alternative d’autant que celle-ci permet une beaucoup plus grande précision. Galiléo est en effet plus précis que le GPS avec un positionnement à 5 mètres près (dans sa version gratuite) et même 1 mètre, via son option payante, contre seulement 10 mètres pour le GPS.

Une différence qui l’emportera notamment pour les corps de métier qui vont avoir besoin de la plus grande précision possible. « Dans des domaines comme le transport, le BTP ou encore dans la prospection du pétrole et pour le travail des services de secours, cela peut jouer un rôle crucial« . Le piéton ou l’automobiliste ne verra pas forcément la différence sur son smartphone. Néanmoins, les avantages de Galileo sur le GPS ne s’arrêtent pas à la précision. Selon les ingénieurs : »Le signal est aussi plus robuste« . Par ailleurs, la version européenne du GPS fonctionnera mieux en milieu urbain où la densité de population et des constructions perturbent parfois la réception du signal GPS.

Enfin, le projet Galileo repose sur une philosophie différente qui, à terme, peut jouer en sa faveur. Il est en effet le seul système de position qui sera géré par un organisme civil, l’Agence européenne de navigation par satellite (GSA). Le GPS, Glonass ou Beidou sont tous entre les mains des militaires. Galiléo présente donc un avantage non négligeable de garantie de transparence par rapport à ses concurrents.

Au final, le grand public n’aura probablement pas à choisir. Actuellement déjà, peu de férus de smartphone savent que leur téléphone combine souvent à la fois une puce GPS avec celle de Glonass. Galileo peut très bien venir ajouter son grain de géolocalisation au smartphone sans avoir à mettre le GPS hors-jeu.

Cohabitation ou concurrence féroce ? Le prochain enjeu de la bataille de la géolocalisation va connaître une phase de « négociations et d’accords entre États et avec les opérateurs » pour savoir comment faire une place au système européen de positionnement par satellite.

L’Europe avance, lentement mais sûrement, vers son indépendance.

Plus d’infos : Galileo by ESA


Les enseignements des récents votes sur le Brexit et Trump

13 novembre 2016

Le 09 novembre 2016 marquera, à n’en pas douter, une date importante pour le monde occidental. Donald Trump, le milliardaire populiste candidat du parti Républicain, sans aucune expérience politique, a fini par emporter haut la main l’élection présidentielle américaine face à la candidate démocrate Hillary Clinton, en déjouant tous les pronostics.

Outre la présidence, le parti Républicain emporte également la majorité du Sénat et de la Chambre des Représentant ; ce qui donnera les pleins pouvoirs à Donald Trump.

En début de la campagne, Donald Trump était considéré comme un candidat marginal n’ayant aucune chance de pouvoir représenter les Républicains, et à plus forte raison d’emporter la présidentielle. Un outsider sans envergure. D’ailleurs les médias américains ne le prenaient pas au sérieux et mettaient en avant ces frasques et attaques grossières contre ses adversaires, lui réservant souvent leur une, avant de changer d’avis et de faire ouvertement campagne contre lui. De son côté, le président Barak Obama et son épouse, ont mené ces dernières semaines une campagne très active en faveur d’Hillary Clinton.

A la veille du scrutin, les organismes de sondages donnaient encore quelques points d’avance à Mme Clinton. Pourtant, au terme d’une campagne électorale au vitriol qui a profondément divisé le pays et stupéfié par ses outrances, coalisant contre lui le monde des médias, des grandes entreprises et plus généralement des élites du pays, à la surprise générale l’extravagant Donald Trump a fini par s’imposer sur le fil. Les propositions du milliardaire en matière de politique étrangère et d’économie suscitent une certaine inquiétude tant au plan national qu’international, et en Europe en particulier.

Les raisons de l’élection de Donald Trump

Elles résultent d’un ensemble de faits, qui mis bout à bout, ont contribué à faire de lui le candidat de l’alternative au système politique en place.

  • Au final, pour beaucoup d’américains modestes, Barak Obama n’a pas été à la hauteur de l’espoir qu’il avait suscité lors de son élection,
  • La candidature de la démocrate Hillary Clinton, s’est révélée inappropriée car peu appréciée des américains. Avec son mari Bill Clinton, elle domine la vie politique américaine depuis plus de 25 ans et doit sa longévité à une forte ambition personnelle et sa grande proximité avec le monde des grandes entreprises et des médias américains ; ce qui faisait d’elle une candidate trop éloignée des préoccupations du peuple,
  • Les Républicains n’ont pas été capables de présenter un candidat crédible qui puisse s’imposer rapidement dans la primaire, ce qui a favorisé l’émergence de Donald Trump,
  • Ce dernier, sans vergogne aucune, à coup de messages chocs et provocateurs a surfé sur la vague populiste et isolationniste que traverse le monde occidental, en profitant du mal être et du désespoir des classes les plus modestes, en apparaissant comme étant le seul à les écouter et à se démarquer de la classe politique traditionnelle,
  • Trump s’est présenté comme le champion des masses populaires ignorées par les divers gouvernements de Washington. Pour cela, il a promis monts et merveilles à l’électorat blanc délaissé des grandes banlieues et des campagnes américaines qui a été fortement impacté par la mondialisation de l’économie et la fermeture de nombreuses usines du fait des délocalisations,
  • Enfin, l’immigration massive notamment en provenance du Mexique, venue occuper les postes délaissés par les américains et répondre aux offres des entreprises attirées par une main d’œuvre à bas coûts pour faire face à la concurrence mondiale, a donné l’impression à certains américains d’être laissés pour compte et ignorés de leur propre gouvernement.

C’est cet ensemble d’éléments qui a contribué à l’élection de Donald Trump, candidat antisystème, lui le milliardaire qui traîne pourtant un passé sulfureux et a trempé dans de nombreuses affaires pour le moins suspectes. Plusieurs procédures judiciaires sont d’ailleurs actuellement en cours contre lui.

Cela ne l’a pas empêché de séduire un électorat, majoritairement blanc, de voter pour lui malgré ses nombreux excès de langages et ses propos misogynes et sexistes. Manifestement son électorat n’avait que faire de la personnalité du candidat ; ce qui lui importait avant tout c’était d’élire un candidat qui s’intéressait à eux et entendait s’attaquer à l’establishment politique en place à Washington.

Au vu des promesses irréalistes et pour le moins fantaisistes, cet électorat risque pourtant de déchanter très vite car il ne fait aucun doute que nombre d’entre-elles ne pourront être tenues. D’autant plus que le développement économique et la croissance imposent le respect d’un certain nombre de règles au niveau du commerce mondial qui limitent les marges de manœuvres des états réalisant un part importante de leur activité à l’international. Impossible en 2016, même pour les USA, de vivre repliés sur soi !

Le plus grand danger de ce vote, ce n’est pas la victoire de Donald Trump qui ne pourra que rentrer rapidement dans le rang, mais les raisons qui ont conduit les électeurs américains à le porter au pouvoir.

Quelles incidences en France et en Europe ?

Après le vote des britanniques en faveur du Brexit en juin 2016, ce vote américain vient confirmer la montée du populiste et de la peur de l’avenir dans les pays occidentaux. Ce qui n’est guère rassurant ! Les britanniques avaient privilégié le repli sur soi, soutenu par les formations antisystème proches de l’extrême droite qui, pour mieux convaincre, n’avaient pas hésité à tromper les compatriotes face aux partisans de l’Europe. Ici aussi, on va voir qu’au fil des mois, le choix des électeurs favorables au Brexit va se traduire par de nombreux effets négatifs sur l’économie britannique, et par voie de conséquence, par des mesures désastreuses au niveau de l’emploi et plus généralement de la situation des personnes les plus fragiles.

On peut également craindre le pire au vu du programme de Trump et de l’absence d’expérience de son équipe. Dans un monde globalisé où les pays sont largement interdépendants, l’isolationnisme et le repli sur soi sont aux antipodes du développement économique, de la croissance et de l’emploi. Ils conduisent obligatoirement à la récession et au chaos !

En France, le Front National s’est félicité du Brexit, comme de la victoire de Donald Trump aux USA, laissant entendre que cette évolution serait de nature à lui laisser espérer une victoire prochaine. On peut toujours rêver même s’il est probable que les intentions de vote en faveur de l’extrême droite sont probablement supérieures à ce que laissent apparaître les sondages.

S’il y a effectivement certaines similitudes, la situation avec les USA reste sensiblement différente. Si en France l’élection d’un candidat de la droite républicaine à l’élection présidentielle de mai 2017 paraît aujourd’hui probable, rien n’est acquis. Encore faudra-t-il que ce candidat n’apparaisse pas comme le représentant d’un système politique à bout de souffle, porté par quelques groupes bien-pensants, soutenus par les médias. Sans pour autant faire nécessairement appel à des personnalités totalement nouvelles, la France comme les autres pays occidentaux, a besoin d’une nouvelle politique en adéquation avec ce qu’attendent la majorité des citoyens, à commencer par les plus exposés à la mondialisation.

La droite, puisque c’est elle qui est attendue, sans tomber dans des promesses irréalistes, se doit de répondre à l’attente de changement des français, sans céder à la démagogie. Cela passe par une réelle prise en compte des problèmes de chômage qui rongent notre société, par la lutte contre l’insécurité et le terrorisme qui frappent notre pays, par le contrôle de l’immigration avec expulsion immédiate des personnes en situation irrégulière et une plus grande solidarité à l’égard des français qui sont aujourd’hui dans la précarité. Enfin, cela passe aussi par l’aide sociale qui doit être simplifiée et faire l’objet de véritable contrôle afin d’en limiter les abus.

Cela implique que le prochain gouvernement soit exclusivement au service des français et non d’intérêts personnels ou partisans, composé de femmes et d’hommes dévoués et compétents. L’Etat et les futurs responsables des administrations devront être exemplaires sur ces points et jugés sur leurs résultats. Il faudra tenir les engagements pris devant les électeurs et engager la majorité des réformes dans les 100 premiers jours.

De son côté, l’Union européenne doit retrouver un fonctionnement plus démocratique en se réformant et étant plus proche et au service de ses concitoyens. Il est aujourd’hui temps pour l’Europe de passer à la vitesse supérieure, car n’en déplaise aux extrêmes et autres nationalistes de tous poils, seule l’Union européenne a la taille et les moyens de faire face à la mondialisation et de préserver nos acquis.

Face aux défis de la mondialisation des échanges et de l’immigration massive, les démocraties occidentales doivent revoir leur gouvernance en profondeur et rester à l’écoute des préoccupations de leurs concitoyens, sous peine de voir les forces extrémistes l’emporter et conduire nos pays vers une grave crise mondiale comme ce fût le cas lors de la grande dépression des années 1920 à 1920.

A cet égard, l’élection de Trump, comme le Brexit, sont un signal d’alarme qui doit inciter l’Europe et la France à en tirer les conséquences politiques qui s’imposent, sans céder à l’isolationnisme.


Europe : Après le « non » des britanniques, l’Union européenne se doit de proposer un nouveau traité refondateur

26 juin 2016

Ce 23 juin 2016 marquera probablement un bien triste moment pour l’Union européenne. Même avec un « petit » non à 51.90% et une participation de 72%, les britanniques ont marqué leur volonté de quitter l’UE pour vivre leur vie séparément après des décennies de vie commune, même si ce fût parfois dans des conditions pour le moins mouvementée.

Par delà ce résultat global, la situation est très différente d’une région à une autre. Ainsi l’Ecosse a voté à plus de 62% pour le maintien dans l’UE, tout comme l’Irlande du Nord avec prés de 56%. En Angleterre, l’agglomération de Londres a voté à prés de 60% pour le maintien, et même à plus de 70% dans le centre de la capitale. Quand aux grandes villes universitaires de Cambridge, Oxford, York, Bristol, Brighton…à l’instar du monde étudiant, elles ont voté massivement (à plus de 70%) pour le maintien. On comprend la gueule de bois des britanniques.

Moins de trois jours après le vote, une pétition pour un second référendum en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l’UE a été signée par plus de 3.2 million de personnes. Jusqu’alors jamais une pétition publiée sur le site du Gouvernement et du Parlement n’avait recueilli autant de signatures. Ce qui obligera le Parlement à examiner celle-ci dans un délai de 21 jours.

La surprise de ce référendum, par delà le « non à l’Europe », c’est qu’il marque une profonde division des britanniques entre, d’une part, les partisans du maintien dans l’UE composés des classes moyennes et supérieures bien éduquées, mais aussi d’une population relativement jeune et ouverte sur l’Europe, et d’autre part, les classes populaires des banlieues urbaines et des campagnes qui se sentent abandonnées par les partis politiques traditionnels. Globalement, cette dernière frange de la population est plus âgée, vit souvent dans des conditions précaires et crains de voir son identité se fondre dans l’UE.

De ce point de vue, le discours des partisans du non à l’Europe a su exploiter le mécontentement et la peur des classes populaires quant à leur avenir. Que ce soit Boris Johnson, l’ancien maire conservateur de Londres ou Nigel Farage, le député européen et leader du parti Ukip, ils ont fait feu de tout bois en entretenant la peur envers les classes les plus modestes et les moins bien informées, abandonnées par le parti travailliste. Le leader indépendantiste de Ukip a surfé, ces dernières semaines, sur la vague anti-européenne et anti-immigration. Le long travail de sape des dernières années lui a permis de capter les électeurs les plus fragilisés qui ont vu en lui un moyen de mettre un terme à la politique des partis traditionnels. Il s’agit d’abord d’un vote sanction contre un système qui les a trop longtemps ignorés, même s’il est vraisemblable que la peur de voir déferler sur l’Europe et le Royaume-Uni des nuées de réfugiés de toutes sortes a également compté pour beaucoup.

Dans ce contexte, il faut bien reconnaître que l’avenir du Royaume-Uni et de l’Europe était bien le dernier des soucis de nombre d’électeurs qui ont voté « non » .

La faute à qui ?

  • D’abord à David Cameron qui avait décidé de soumettre l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE à référendum. Même s’il a fait une campagne active sur le terrain en faveur du maintien, le calendrier retenu n’était probablement pas le plus favorable pour les partisans du maintien, alors que les partisans du « non » misaient sur le nationalisme et l’anti-immigration,
  • Les travaillistes britanniques, en pleine déconfiture et recomposition politique ont été quasi absents du débat. Alors qu’il s’agit du parti le plus favorable à l’Europe, son leader Jeremy Corbyn n’a pas été à la hauteur en menant une campagne terne et sans conviction. Le résultat est d’ailleurs sans appel puisque les plus mauvais scores du « oui » sont justement localisés dans les fiefs traditionnels travaillistes des villes industrielles du centre de l’Angleterre.
  • L’Union européenne et notamment la Commission ont leur part de responsabilité en étant trop éloignés des préoccupations réelles des populations.
  • Les leaders de l’UE à commencer par Angela Merkel et François Hollande qui n’ont pas été à la hauteur dans cette affaire, loin s’en faut.
  • Enfin, sans véritables arguments sur le « non », les partisans du Brexit ont utilisés les pires manipulations pour tromper les électeurs et cacher les véritables enjeux.

Quelle suite pour le Royaume-Uni ?

Le résultat du référendum ne suffit à lui seul à permettre à la Grande Bretagne de quitter l’Union européenne. Encore fait-il que le Parlement britannique, seul souverain et qui reste très largement favorable au maintien dans l’UE, soit d’accord et émette un avis favorable en ce sens. C’est seulement à ce moment là que le gouvernement britannique pourra demander l’application de l’article 50 du traité européen qui permet à un Etat membre de quitter l’Union. La procédure peut prendre plus de deux ans à partir de la demande. Autant dire que les britanniques ne vont pas quitter l’UE tout de suite et risquent même de faire durer un peu les choses car il est bien plus confortable d’être dans l’UE que dehors. En attendant, ils restent membre à part entière de l’Union européenne.

Au plan politique, le « non » va créer une véritable crise politique au Royaume-Uni car ce référendum marque un véritable divorce entre le peuple et la représentation nationale. Bien difficile de prévoir comment vont évoluer les choses.

Enfin, ce référendum va ranimer les tensions indépendantistes du côté des pro-européens que sont l’Ecosse et l’Irlande du Nord. L’Ecosse a déjà annoncé qu’en raison des changements opérés par ce vote contre l’UE, un nouveau référendum en faveur de sa scission avec le Royaume-Uni et son adhésion à l’UE serait organisé prochainement. De son côté, l’Irlande-du-Nord pourrait être également tentée de quitter de Royaume-Uni pour rejoindre l’Irlande et l’UE.

Du coup, le vote du « non » pourrait bien à terme provoquer l’implosion du Royaume-Uni. L’effet inverse de celui voulu par les nationalistes !

Quel avenir pour l’Union européenne ?

Ce n’est pas la première crise à laquelle doit faire face l’UE, mais cela reste probablement la plus importante. Outre le risque de voir certains autres pays organiser un référendum sur le sujet, il va falloir gérer la sortie d’un pays de 65 millions d’habitants, représentant 17% du PIB de l’Union. Ce qui n’est pas rien !

Face à la montée des nationalistes européens de tous poils qui capitalisent sur l’immigration et le sentiment anti-eurocrates, tout en profitant de l’affaiblissement de la gauche modérée favorable à l’UE et aux réformes, les gouvernements européens doivent prendre la mesure des enjeux et rassurer au plus vite les classes populaires en faisant montre d’un peu plus d’écoute à leur égard. C’est probablement là l’un des défis majeurs à relever pour les gouvernements européens : contenir l’exaspération de leurs concitoyens, les rassurer et engager rapidement l’Union européenne dans une réforme de fond des institutions qui doivent être davantage au service des populations.

L’ampleur de la crise qui vient de frapper l’Union européenne doit constituer un électrochoc qui permettra de relancer les réformes, quitte à construire une Union à deux vitesses. Pour cela, la France qui a toujours été l’un des moteurs de l’UE avec l’Allemagne, doit retrouver la place qui est la sienne et s’investir pleinement dans la construction européenne. Une mission essentielle qu’elle a lâchement abandonnée ces dernières années à l’Allemagne.

Une chose est sûre, dans le monde globalisé d’aujourd’hui, hors l’Union européenne, il n’y a aucun avenir pour les nouvelles générations d’Europe. Les vieilles nations européennes, plutôt que de tenter de se replier sur elles-mêmes et entretenir un passé révolu, doivent au contraire s’ouvrir entre-elles et coopérer activement au sein des institutions de l’Union européenne pour faire face à la concurrence, protéger leurs citoyens et tenir la place qui leur revient.

En attendant, nul doute que la France, comme d’autres pays, ne manquera pas d’accueillir à bras ouverts nos amis britanniques souhaitant rester dans l’Union européenne et même à leur accorder la nationalité si nécessaire !

L’avenir est à l’Europe …


« Panama papers » ou quand les médias s’érigent en justicier en lieu et place de l’administration fiscale et de la Justice

18 avril 2016

Le dossier des « Panama papers » ne cesse d’alimenter la presse internationale depuis début avril 2016. Ces documents non authentifiés et dont la presse refuse d’indiquer les sources, font partie de plus de 11,5 millions d’éléments confidentiels provenant des archives du cabinet d’avocats Mossack Fonseca au Panama qui n’est qu’un des nombreux cabinets spécialisés dans les sociétés « offshore ». Il contient une masse d’information concernant plus de 214 000 sociétés « offshore » avec les noms des associés concernant une cinquantaine de pays.

Ces documents qui concernent les années 1970 à 2015, représentent un total de 2.6 téraoctets de données. Ils auraient été communiqués gracieusement par un lanceur d’alerte connu sous le pseudonyme John Doe au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, courant 2015. Compte-tenu de l’ampleur des données à traiter, le quotidien allemand a décidé de partager celles-ci avec prés de 110 médias de plus de 70 pays via l’ICIJ (International Contortium of Investigative Journalists) basé à Washington. En France, le journal Le Monde est partie prenante, de même que la rédaction de « Cash Investigation » de France 2.

Selon l’économiste Gabriel Zucman, spécialiste des paradis fiscaux, l’argent caché notamment via des sociétés « offshore » est estimé à plus de 7 000 milliards de dollars, dont 350 milliards pour la seule France. Les révélations des « Panama papers » ont au moins un avantage : elles mettent au jour une partie cachée de la finance mondiale que sont les « trusts » et autres sociétés écrans qui permettent de cacher les véritables détenteurs d’avoirs bancaires dans divers paradis fiscaux ou Etats où le secret bancaire est toujours en vigueur.

Ces montages complexes, destinés à rendre les opérations opaques avec des fraudes complexes, portant sur des montants généralement très importants, sont extrêmement difficiles à déceler par les administrations fiscales qui n’arrivent pas à remonter les schémas de fraude en raison des nombreuses sociétés écrans interposées avec des associés constitués en général de prêtes-noms. Les « Panama papers » pourraient concerner un millier de français.

Pour autant, contrairement à ce qu’affirmait voici quelques jours le chef de l’Etat français, il est loin d’être acquis que ces données permettront de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat, comme c’est le cas pour les réfugiés fiscaux qui détenaient des avoirs en Suisse. Même si à la suite de la levée du secret bancaire par la Suisse nombre de contribuables aisés ont pu transférer leur argent d’en d’autres pays, y compris en utilisant le Panama, il est probable que les résultats ne seront pas du même ordre.

Rappelons que la cellule de régularisation des évadés fiscaux (STDR) du Ministère des Finances a permis de récupérer plus de 2 milliards d’euros par an ces dernières années. Nul doute que les retombées de l’affaire « Panama papers » n’aura aucune comparaison. D’abord, l’administration fiscale française n’est pas en possession des fichiers, contrairement aux affaires HSBC, UBS ou autres où les pays de l’OCDE avaient largement échangé leurs données.

Ensuite, le rendement des « Panama papers » reste tout à fait incertain pour diverses raisons. D’abord, il faudra identifier les véritables structures « offshores » légales des autres. D’autre part, du fait de l’ancienneté des données qui remontent à 1970, nombre de dossiers risquent d’être atteint par la prescription fiscale qui est de 3 ans en règle générale, sans compter que certains français identifiés ne sont pas résidents en France.

Enfin, la cellule de régularisation de Bercy a déjà identifié de nombreux contribuables (plus de 700 au total) liés au Panama, via des sociétés écrans, qui ont permis à l’Etat de récupérer prés de 4 milliards d’euros à eux seuls. Dans ces conditions, affirmer aujourd’hui que les « Panama papers » vont rapporter gros au budget de l’Etat est purement fantaisiste à ce stade des informations. Le principal bénéfice pour les finances publiques françaises sera plutôt de dissuader un certain type de fraude fiscale eu égard aux risques encourus et au retentissement médiatique d’une telle affaire pour les fraudeurs qui généralement aiment plutôt la discrétion.

Plus généralement, dans les démocraties occidentales, on peut s’étonner qu’une poignée de médias, pour s’assurer une meilleure audience, diffusent au compte goutte des informations présumées relatives à une fraude fiscale massive, sans être en mesure de s’assurer de la qualité et de la fiabilité des informations recueillies et surtout sans communiquer directement les informations aux administrations fiscales ou à la Justice des pays directement concernés.

Heureusement, les pays européens et de l’OCDE avancent sur le sujet et sont en train de mettre en place l’échange automatique de données fiscales qui devrait limiter l’influence des paradis fiscaux. Espérons que ce nouvel épisode permettra aussi de mettre fin à la complaisance à l’égard du Panama qui doit être réintégré dans la liste noire des Etats non coopératifs.

Par delà les opérations de communication du Ministère des Finances qui ne cesse de se féliciter de l’importance des droits rappelés auprès des exilés fiscaux, comment ne pas s’inquiéter que parallèlement depuis 2013, la France constate une forte érosion du nombre de contribuables fortunés, passés de 30 000 en 2012 à seulement 24 800 en 2014. De la même manière, alors que l’on comptait 148 000 foyers dont le revenu fiscal de référence était supérieur à 200 000 € en 2013, on n’en trouve plus que 137 000 en 2014. Globalement la baisse en une seule année est de 8% ; ce qui est considérable.

La preuve que le matraquage fiscal des classes moyennes et des hauts revenus ces dernières années en France, encourage l’exil fiscal qui s’est accéléré. Voilà qui n’est guère rassurant pour les finances de la France et son attractivité en général. Beaucoup reste encore à faire et le chemin sera long pour favoriser le civisme fiscal !


Europe : La longue traque contre le terrorisme islamique est engagée

22 mars 2016

Le 13 novembre 2015, le terrorisme islamique frappait Paris faisant 130 morts et plus de 250 blessés. Cet attentat sans précédent qui faisait suite à une série d’autres perpétrés en France et en Europe ces dernières années, avait été revendiqué par l’état islamique. Ce 18 janvier 2016, après une traque de 4 mois, la police anti-terroristes belge a fini par arrêter au cœur de l’un de leur fief de Molenbeeck, l’un des organisateurs des attentats de Paris et certains de ses complices. C’est une première victoire mais ce n’est hélas pas la fin du terrorisme islamique en Europe, loin s’en faut. La longue traque ne fait que commencer !

La preuve, de nouveaux attentats ont eu lieu ce 22 mars à Bruxelles, faisant plus de 34 morts et plus de 200 blessés. Toujours et encore des innocents !

La France et la Belgique, maillons faibles face au radicalisme islamique

Pendant plus d’une décennie, nombre de pays européens dont la France et la Belgique ont fait preuve d’une extrême faiblesse à l’égard des groupuscules islamistes salafistes qui ont pu agir et se structurer en toute impunité au cœur même de certaines de nos banlieues et constituer de véritables réseaux terroristes. Probablement par grande naïveté, mais aussi par lâcheté et peur dire de dire tout haut le mal que l’on pensait de ces islamistes intégristes, les bien-pensants de tous poils, à commencer par une certaine presse, ont fini par imposer leur loi. Ainsi, nombre de politiques et de français ont été abusés et n’ont pas osé dénoncer la montée du communautarisme et des extrémistes islamiques.

La France, comme la Belgique, n’ont pas tenu compte des nombreux avertissements que constituaient les attentats perpétrés par ces même groupuscules islamiques, notamment depuis la terrible tuerie de Toulouse en 2012, contre des militaires et une école juive. Comme pour les attentats de Madrid ou l’assassinat du commandant Massoud, les terroristes avaient un point commun : ils avaient tous transité par la ville Molenbeek, cette banlieue bruxelloise où les groupes salafistes d’origine marocaine sont nombreux et bien organisés.

La France a fait preuve d’une passivité coupable depuis l’affaire de Toulouse, en dépit de nombreuses alertes qui ont conduit aux attentats de janvier 2015 à Paris. Pourquoi tant d’inertie et d’incapacité à identifier ces réseaux terroristes radicaux et à les neutraliser définitivement ? Plus qu’un problème de moyen, il faut se poser la question de l’organisation de notre sécurité intérieure inadaptée face aux défis du terrorisme islamique, de la perte de données et d’information relatives aux réseaux islamiques, d’un manque de collaboration entre les services de renseignements et de lutte anti-terroristes des pays européens…

De nombreuses alertes sur la montée des réseaux islamistes restées vaines

Depuis plusieurs années, les plus hauts responsables de la sécurité intérieure ne cessent pourtant d’alerter le gouvernement sur l’explosion des réseaux islamiques en France. En vain ! Les responsables politiques n’ont jamais été à la hauteur des enjeux et ont toujours brillé par leur manque de clairvoyance et de fermeté qui n’a pas échappé aux extrémistes islamiques qui y ont vu un encouragement à poursuivre leurs actions. Celles et ceux qui ont osé briser l’omerta et lancer des alertes en ce sens, en ont été pour leurs frais. Bien triste réaction des pouvoirs-publics !

C’est le cas du général Bertrand Soubelet, haut responsable de la Gendarmerie jusqu’en 2014. Il avait été entendu courant 2013 par une commission parlementaire qui avait souhaité avoir le point de vue du responsable de la direction des opérations de la Gendarmerie nationale au sujet de la lutte contre l’insécurité. Ses mises en garde, pourtant justifiées et pleines de bon sens, lui ont valu d’être démis de ses fonctions en août 2014 et d’être muté à la tête de la Gendarmerie d’outre-mer. Une drôle de promotion pour un général 4 étoiles au palmarès pourtant prestigieux !

Ce général courageux se voulait avant tout un lanceur d’alerte pour sauver son pays du terrorisme. Dans un livre intitulé : « Tout ce qu’il ne faut pas dire », publié chez Plon et sorti récemment, Bertrand Soubelet rompt avec le traditionnel devoir de réserve et lance un cri d’alarme sur la situation de la justice et de la sécurité en France.

Pour lui, la suppression en 2009 du fichier alphabétique national des délinquants et autres individus dangereux aurait provoqué «… une rupture très préjudiciable dans la mémoire de l’institution dont les effets ne sont pas mesurables. Personne ne peut aujourd’hui dire combien de nos actuels djihadistes figuraient dans ces fichiers… De telles contraintes n’existent pas dans la plupart des pays européens, permettant aux services de Police et de Gendarmerie de travailler beaucoup plus sereinement et efficacement… Pour autant, ces pays européens voisins ne sont pas considérés comme non respectueux des droits de l’homme et des libertés publiques… » Les armes dont disposent aujourd’hui les terroristes islamiques, pour qui la vie humaine ne compte pas, sont considérables. On a hélas pu le vérifier ! Selon lui, la France et l’Europe vivent aujourd’hui sur une véritable poudrière.

Défendre nos valeurs occidentales et éradiquer durablement le terrorisme islamique

Aujourd’hui, nous payons le prix de notre faiblesse et de nos silences coupables face à la montée de l’intégrisme islamique au cœur de nos pays. Ces islamistes là n’ont qu’un but : instaurer dans nos pays un islam pur et dur avec application stricte de la charria. On voit aujourd’hui le triste résultat en Syrie et en Irak dans les zones occupées par l’EI. Au nom de cet islam radical issu des périodes les plus noires du Moyen-âge, ces islamistes radicaux sont prêts à tuer le plus grand nombre d’innocents, y compris femmes et enfants, pour parvenir à leur fin.

A priori, ces extrémistes musulmans, même peu nombreux, sont fort bien organisés et prêts à se sacrifier un à un pour tuer le plus possible de ces occidentaux qu’ils haïssent car ils osent vivre selon des préceptes qui ne sont pas les leurs, à savoir : la démocratie, la liberté, la tolérance et bien plus encore. Soyons clairs, ces radicaux islamiques veulent détruire les fondements même de nos sociétés européennes et occidentales pour instaurer la dictature, telle qu’on la rencontre dans les pays islamiques les plus radicaux et au cœur des territoires encore contrôlés par l’EI.

Les français et les européens doivent ouvrir les yeux. Nous sommes en guerre pour défendre nos valeurs contre ces fanatiques et barbares partisans d’un islam radical qui voudraient nous faire revenir 10 siècles en arrière. C’est notre civilisation judéo-chrétienne qui est aujourd’hui mise à mal par ces islamistes.

La seule riposte pour nos démocraties européennes est de mettre en place une véritable politique de sécurité intérieure commune pour traquer sans relâche et avec la plus grande fermeté et détermination ces terroristes islamiques pour les éradiquer et les bouter définitivement hors de nos frontières. C’est le prix à payer pour préserver nos chères libertés. Ensemble, agissons tant qu’il en est temps, sans faiblesse et avec détermination. La victoire est à ce prix !

 


France : Face au terrorisme islamique, défendons nos valeurs de liberté et de démocratie

11 janvier 2016

La France a été lourdement touchée en 2015 par une série d’attentats barbares perpétrés par des français appartenant à des groupes musulmans extrémistes se référant à l’Etat islamique. Le pays vient de commémorer les attentats terroristes de janvier 2015 à Paris, contre des journalistes, les policiers et la communauté juive.

Par delà les interrogations légitimes sur les moyens mis en œuvre depuis lors pour éviter que de tels attentats ne se reproduisent, la France et notamment les mondes politique et médiatique doivent s’interroger sur les responsabilités particulières qui sont les leurs. Pourquoi tant de passivité, pour ne pas dire de complaisance intérieure, au regard de la radicalisation de certains jeunes musulmans des banlieues qui refusent se s’intégrer et prônent l’instauration d’un islam radical dans notre pays.

Nombre de politiques et de journalistes de ce pays ont ignoré ou minimisé la montée en puissance de ce communautarisme hostile aux valeurs de liberté et de tolérance qui sont celles du monde libre, en prétextant que ces personnes issues de milieux très modestes et des banlieues difficiles ne seraient que les victimes d’un système qui les exclurait. Or chacun sait qu’il n’en est rien et qu’il s’agit uniquement de groupuscules manipulés par les extrémistes musulmans, qui refusent toute intégration au sein de notre société et qui veulent instaurer des valeurs hostiles et rétrogrades, telle la charia si chère aux intégristes musulmans de tous poils.

Cette réalité pourtant incontestable, beaucoup de politiques, de journalistes et de médias, probablement aveuglés, ont refusé de la voir ces dernières décennies. La France paie aujourd’hui au prix fort sa passivité et son manque de fermeté face à la montée en puissance de groupuscules extrémistes musulman qui surfent sur les difficultés et le mal-être de certaines banlieues.

Heureusement, fort courageusement et à contrecourant de la bien-pensance médiatico-parisienne, ces dernières années quelques personnes, souvent des femmes, ont dénoncé avec force et conviction la complaisance qui règne en France. Il aura hélas fallu attendre les terribles attentats du 13 novembre dernier pour que le gouvernement socialiste, sous l’autorité de Manuel Valls, semble enfin prendre conscience de l’urgence à mettre un terme aux agissements de ces groupuscules terroristes islamiques qui s’attaquent aux fondements même de notre société et notre mode de vie.

Comment ne pas rappeler le cri d’alarme lancé il y a quelques années par Madame Elisabeth Badinter, une femme de gauche s’il en est (Tribune publiée dans le Nouvel Observateur du 9 juillet 2009 intitulée : « Adresse à celles qui portent volontairement la burqa ».

« Après que les plus hautes autorités religieuses musulmanes ont déclaré que les vêtements qui couvrent la totalité du corps et du visage ne relèvent pas du commandement religieux mais de la tradition, wahhabite (Arabie Saoudite) pour l’un, pachtoune (Afghanistan/Pakistan) pour l’autre, allez-vous continuer à cacher l’intégralité de votre visage ?

Ainsi dissimulée au regard d’autrui, vous devez bien vous rendre compte que vous suscitez la défiance et la peur, des enfants comme des adultes. Sommes-nous à ce point méprisables et impurs à vos yeux pour que vous nous refusiez tout contact, toute relation, et jusqu’à la connivence d’un sourire ?

Dans une démocratie moderne, où l’on tente d’instaurer transparence et égalité des sexes, vous nous signifiez brutalement que tout ceci n’est pas votre affaire, que les relations avec les autres ne vous concernent pas et que nos combats ne sont pas les vôtres.

Alors je m’interroge : pourquoi ne pas gagner les terres saoudiennes ou afghanes où nul ne vous demandera de montrer votre visage, où vos filles seront voilées à leur tour, où votre époux pourra être polygame et vous répudier quand bon lui semble, ce qui fait tant souffrir nombre de femmes là- bas ?

En vérité, vous utilisez les libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie. Subversion, provocation ou ignorance, le scandale est moins l’offense de votre rejet que la gifle que vous adressez à toutes vos soeurs opprimées qui, elles, risquent la mort pour jouir enfin des libertés que vous méprisez. C’est aujourd’hui votre choix, mais qui sait si demain vous ne serez pas heureuses de pouvoir en changer. Elles ne le peuvent pas… Pensez-y. »

Des propos plus que jamais d’actualité et que les bien-pensants de tous bords devraient méditer !

Une autre opinion, qui va sensiblement dans le même sens, mais beaucoup plus brutale et directe (Extrait des déclarations de Vladimir Poutine, le président russe, il y a quelques années lors d’une intervention à la Dūmā au sujet des rapports avec les minorités en Russie) :

« En Russie chacun doit vivre comme des russes. N’importe quelle minorité, de n’importe où, si elle veut vivre en Russie, marcher et manger en Russie, devrait parler le russe et devrait respecter les lois russes. S’ils préfèrent la loi de la Charia et vivre selon les préceptes musulmans alors nous leur conseillons d’aller vivre là où telle est la loi nationale

Nous devrions savoir tirer les conséquences des suicides de l’Amérique, l’Angleterre, la Hollande et la France, si nous voulons survivre en tant que nation…. Les coutumes russes et nos traditions ne sont pas compatibles avec leur manque de culture ou leurs coutumes primitives… »

Entre Elisabeth Badinter et Vladimir Poutine, il a un monde. Et pourtant, ils disent à peu prés la même chose. Il est temps que la France ouvre enfin les yeux et mette définitivement fin au communautarisme qui gangrène notre société et piétine les valeurs judéo-chrétiennes qui sont les nôtres.

Défendons nos valeurs occidentales porteuses de liberté, de progrès et d’avenir.