Aprés la courte victoire d’Angela Merkel en Allemagne, l’Europe doit se remettre en cause et mieux prendre en compte les préoccupations de ses concitoyens

8 octobre 2017

Comme annoncé Angela Merkel a finalement été réélue pour un 4ème mandat de Chancelière d’Allemagne. Sauf que sa victoire n’est pas aussi large qu’elle aurait pu l’espérer.

Son parti, la CDU-CSU n’a finalement obtenu que 33% des voix, contre 20% pour le SPD alors que le FDP (extrême-droite) recueille prés de 12.6% des voix, le FDP (libéraux) 10.70%, les Verts et Die Linke 9.5% chacun. Rappelons que suite aux dernières élections de 2013, Mme Merkel était à la tête d’une coalition CDU-CSU et SPD qui pesait à elle seule prés de 68% des voix.

Les deux grands partis allemands CDU-CSU et SPD ne recueillent plus que 53% des voix, soit une perte de 15% des voix par rapport à 2013, soit – 9% pour la CDU-CSU et – 6% pour le SPD. Le plus mauvais résultat enregistré par les deux grands partis allemands depuis bien longtemps. On est donc très loin de la grande victoire attendue par la chancelière allemande. A l’inverse, si les Verts et Die Linke réalisent sensiblement le même score qu’en 2013, le FDP et AFD font le plein de voix et gagnent +14%. Les libéraux du FDP, devenus eurosceptiques et anti-immigration, progresse de 6% des voix tandis que l’extrême-droite AFD gagne 8% des voix, principalement dans les länders de l’est de l’Allemagne.

Les résultats de ces dernières élections législatives en Allemagne traduisent un relatif échec pour Mme Merkel. Dans ce contexte, il lui sera beaucoup plus difficile de constituer une coalition, probablement avec des partis relativement opposés que sont le FDP et les Verts, puisque le SPD se refuse à une nouvelle coalition et souhaite dorénavant rester dans l’opposition pour se refaire une santé.

Voilà qui ne fait pas nécessairement les affaires de l’Union européennes. En effet, beaucoup attendaient une large victoire d’Angela Merkel pour relancer la construction européenne et passer à la vitesse supérieure, comme l’espère le président français Emmanuel Macron. Voilà qui vient sensiblement contrarier les projets en ce domaine et en tout cas, ralentir sensiblement le calendrier européen.

De son côté, le président Macron a subi sa première déconvenue électorale lors des dernières élections sénatoriales au suffrage indirect. Même s’il faut en relativiser la portée, force est de constater qu’il n’a pas bénéficié de la dynamique des dernières élections. Et pour cause : les votants aux élections sénatoriales sont constitués à 95% par des maires et conseillers municipaux élus en 2014, bien avant la création de LREM. Il eût donc été miraculeux que dans ce contexte, La République En Marche réalise un bon résultat. Ce d’autant plus que certaines mesures prises ou à venir par son gouvernement sont loin de faire l’unanimité au niveau des élus locaux (diminution des dotations aux collectivités, réduction du nombre de parlementaires…). Contrairement aux affirmations de certains opposants, ce résultat n’a donc rien de bien surprenant.

Beaucoup plus inquiétants sont les résultats globaux des récentes élections législatives dans la plupart des pays européens, dont beaucoup bénéficient pourtant d’une situation économique et sociale relativement favorable (Danemark, Pays-Bas, Belgique, Allemagne, Autriche…).

L’une des réponses réside dans une nouvelle étape de la construction européenne pour que celle-ci soit beaucoup plus proche des préoccupations de ses concitoyens qu’elle ne l’a été ces dernières années, face à une mondialisation sauvage qui génère une concurrence souvent déloyale et laisse sur le carreau trop de salariés. L’Union européenne, comme le propose Emmanuel Macron, doit franchir un nouveau cap pour rassurer les citoyens et s’adapter à ce monde qui change. C’est le grand défi à relever pour l’Union européenne dans les années à venir.

L’autre défi est de rassurer les citoyens européens face aux flux importants de migrants en provenance du Moyen Orient ces dernières années. Les gouvernements européens doivent rester lucides et prendre en compte le désarroi de certaines populations confrontées à cette situation qui tend à les précariser un peu plus. A cela s’ajoute le rejet d’une partie sans cesse plus importante des populations européennes à l’égard de l’immigration d’origine musulmane suspectée de ne pas s’intégrer pleinement et, plus généralement, de ne pas être compatible avec notre mode de vie occidental auquel nous sommes très attachés.

L’explosion du terrorisme islamique de ces dernières années, avec ces milliers de morts sauvagement assassinés et ses nombreux blessés à vie au cœur de nos cités européenne, a profondément marqué les citoyens européens et modifié sensiblement leur approche vis-à-vis de l’immigration en provenance des pays islamiques. Le prosélytisme des islamistes radicaux et le silence coupable des musulmans modérés n’a fait qu’accroître la méfiance d’une majorité de citoyens européens à leur égard. Il est inutile de se voiler la face. L’intégration de ces migrants dans les pays occidentaux pose aujourd’hui de réels problèmes notamment en raison du fait qu’une partie de cette population n’a que faire des règles d’intégration en vigueur partout dans le monde. Ce qui, il faut bien le rappeler, n’était pas le cas des générations précédentes notamment pour l’immigration en provenance d’Europe ou d’Asie.

N’oublions pas que si les pays européens ont intégré sans difficulté de nombreux migrants et réfugiés par le passé, ces derniers n’ont jamais mis en cause notre mode de vie. Bien au contraire, ils ont fait preuve d’une volonté d’intégration exemplaire et sont aujourd’hui parfaitement assimilés.

Que cela plaise ou non, ce n’est hélas pas le cas d’un certain nombre de migrants en provenance du Moyen Orient qui veulent vivre dans des conditions que même leur pays d’origine ne saurait accepter, au mépris du mode de vie du pays d’accueil. Ces difficultés de cohabitation avec les migrants que vivent au quotidien de nombreux européens, les dirigeants des pays de l’UE doivent en tenir compte. La forte progression de certains partis d’extrême-droite, voire d’extrême-gauche, au détriment des grands partis traditionnels trouve son origine dans un rejet de l’immigration massive en provenance du Proche-Orient. C’est le cas en Allemagne avec la forte poussée d’AFP qui fait suite à l’arrivée massive de migrants du bassin méditerranéen, mais aussi au Danemark, aux Pays-Bas, en Belgique, en Autriche et en bien sûr en France avec le FN.

Le grand défi à relever par les pays de l’Union européenne consiste à trouver une solution aux problèmes de l’immigration qui doit rester rigoureusement contrôlée et sélective pour permettre une meilleure intégration de ces populations au plan local, sous peine de voir les tensions se développer et saper durablement nos fragiles démocraties occidentales. Il serait irresponsable et dangereux de croire que les pays européens peuvent accueillir sans risques une importante immigration en provenance du Moyen-Orient.

Si l’on ne prend garde aux signaux envoyés par les électeurs lors des récentes élections en Europe, demain, il ne faudra pas s’étonner de voir triompher des formations politiques issues des extrêmes. Il y a urgence à traiter le problème de l’immigration au plus vite. Les dirigeants européens doivent enfin ouvrir les yeux et regarder la vérité en face avec courage et de lucidité !

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Et si le combat de la Catalogne pour l’indépendance était une bonne nouvelle pour l’Europe ?

1 octobre 2017

Extrait de l’article de Ferghane Azihari du 01/10/2017, publié par le site d’information Slate.fr

La possible indépendance de la Catalogne ne doit pas inquiéter les Européens.

Longtemps silencieux sur les tensions entre la Catalogne et l’Etat espagnol, quelques jours seulement avant le scrutin, le gouvernement français a fini par s’exprimer sur une situation à laquelle les chancelleries européennes ne pouvaient plus rester indifférentes. Invité sur BFMTV et RMC, Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, jugeait mercredi 27 septembre que le référendum catalan « n’est pas la bonne solution » au moment où l’Europe cherche à se relancer.

Des prises de position unionistes pas vraiment surprenantes, qui échouent à percevoir l’intérêt d’une plus grande fragmentation de l’Espagne, voire du continent européen.

La grande peur des États-nations

Les États-nations européens semblent, depuis la deuxième moitié du XXème siècle, montrer une solidarité indéfectible quand il s’agit de lutter contre leurs régionalismes respectifs. Ces soutiens ne sont évidemment pas désintéressés. Les États européens puisent leur légitimité dans une idéologie commune, le nationalisme, qui s’est imposée tout au long du XIXème siècle de manière laborieuse. Selon cette idée, seule l’existence d’une nation indivisible justifie le monopole du pouvoir politique sur un territoire donné.

La construction des légitimités nationales s’est faite dans un contexte historique et géopolitique commun, tissant paradoxalement des interdépendances étroites alors qu’elles étaient à l’origine destinées à être rivales. La contestation de la légitimité d’un État-nation est désormais susceptible d’avoir un écho au-delà de ses frontières. C’est pourquoi les gouvernements européens sont attentifs à ce qu’il se passe chez leurs voisins, inquiets de voir leurs propres séparatismes se galvaniser sous l’effet d’une « contagion » autonomiste.

Si l’Union européenne se refuse officiellement à interférer avec ces revendications, elle ne ménage pas ses efforts, en pratique, pour les décourager. Ainsi, pendant la campagne sur le référendum écossais en 2014, la Commission européenne a rappelé qu’une sortie de l’Écosse du Royaume-Uni entrainerait de fait son exclusion de l’Union, une ré-adhésion étant quasi impossible : l’unanimité est nécessaire pour l’entrée d’un nouveau membre.

Difficile d’imaginer un État désavoué parrainer une ex-région rebelle. La plupart des États d’Europe occidentale font face à des mouvances autonomistes plus ou moins fortes (Ecosse, Flandre, Corse, Pays-Basque, Catalogne, Padanie…): laisser transparaître le moindre signe de complaisance vis-à-vis d’une autre province pourrait s’avérer fatal.

Les constitutions contre le peuple?

À défaut d’arguments convaincants, les unionistes des États contestés se contentent de marteler des pétitions de principe sous couvert d’une prétendue rigueur juridique et constitutionnelle. Seul l’État souverain serait habilité à autoriser un référendum d’auto-détermination en vertu des dispositions constitutionnelles propres à celui-ci. Toute consultation unilatérale doit dans ces conditions être réprimée. Voilà l’unique argument de Madrid pour garder le contrôle d’une région qui représente un cinquième de la richesse espagnole et un sixième de sa population. Un dévoiement de la tradition constitutionnelle occidentale…

Le franco-suisse Benjamin Constant l’a expliqué, les constitutions sont «des actes de défiance» envers le pouvoir, limitant l’arbitraire des gouvernements pour préserver l’autonomie des citoyens. Une constitution qui justifie la répression d’un référendum d’auto-détermination devrait donc probablement être réécrite. En ce sens, la reconnaissance d’un droit de sécession unilatérale – forme ultime de défiance à l’égard du souverain – est indispensable à un régime qui se dit respectueux des principes constitutionnels.

Cette reconnaissance est d’autant plus fondamentale que les États modernes ne cessent de se réclamer d’un contrat social pour justifier leur autorité. Chaque communauté politique serait le fruit d’une libre-adhésion de sociétaires désireux de préserver leurs intérêts d’une manière plus efficace que dans un état de nature. Or cette liberté d’association n’existe précisément que si les citoyens disposent du droit de révoquer leur appartenance à une communauté politique, et ceci indépendamment de l’avis des autres membres du groupe. Autrement, le « contrat » social ne serait rien d’autre qu’une fiction mensongère.

La fin des Etats-Nations… Le début d’une Europe des régions ?

L’Union européenne offre un exemple tout à fait classique de ce qui constitue un contrat d’association. Un État-membre est libre de se séparer unilatéralement de l’Union s’il estime que ses intérêts ne sont plus pris en compte. Il n’existe aucun argument rationnel pour affranchir les États des mêmes exigences contractuelles au bénéfice des citoyens et des collectivités territoriales.

Reste que cette approche contractuelle effraie. Elle abolit la figure de l’État-nation unitaire au profit d’une balkanisation du continent européen. Le scénario est en effet envisageable. La consécration d’un droit de sécession en Catalogne et ailleurs réveillerait très probablement les vieilles mouvances régionalistes que la mode centraliste du XIXème siècle a cru pouvoir enterrer si facilement.

Mais une telle évolution ne serait pas dramatique, à condition toutefois d’admettre que l’État-nation n’a pas à être sanctifié. Comme toute construction politique, il n’est que le fruit d’un accident de l’histoire et ne constitue pas l’horizon indépassable de l’organisation de la vie sociale.

C’est la raison pour laquelle le morcèlement politique de l’Europe, tant redoutée par les unionistes de tous bords, ne révèlerait aucune décadence. Une littérature politique abondante explique comment la fragmentation politique a toujours été le moteur de la civilisation européenne.

Cette apologie du «small is beautiful» est certes contre-intuitive à l’heure où beaucoup, dont Emmanuel Macron, assimilent la mondialisation au besoin de se doter d’un cadre politique toujours plus centralisé à l’échelle internationale pour répondre aux défis contemporains. Un rapide coup d’œil sur les pays qui tirent leur épingle du jeu mondialisé (Suisse, Hong-Kong, Singapour, Nouvelle-Zélande, Luxembourg…) suffit à écarter l’importance du facteur taille sur le rayonnement d’un pays pour peu que celui-ci se dote d’une économie ouverte.

Que les unionistes en Espagne et ailleurs se rassurent. Les indépendantismes ne signent donc pas la fin du rêve européen. En se débarrassant des lourdeurs de l’État-nation, ils sont la condition sine qua non de sa résurrection.

Source : Le présent document est issu de l’article de Ferghane Azihari du 01/10/2017, publié par le site d’information Slate.fr


Europe : Lutter efficacement contre le terrorisme islamique passe obligatoirement par la fin des ambiguïtés et de la complaisance envers les groupuscules salafistes

28 août 2017

Depuis 2012, le terrorisme islamique s’est développé et vient régulièrement frapper les pays occidentaux et l’Europe en particulier. Nous devons aujourd’hui apprendre à vivre au quotidien avec ce terrorisme aveugle et sanguinaire dont le seul objectif est de tuer le plus possible de personnes innocentes au nom du djihad. Celle évolution était pourtant prévisible depuis de longues années où l’on a assisté à une radicalisation croissante d’une frange importante de l’aile la plus extrémiste et radicale de l’islam : les salafistes.

Pendant trop longtemps, avec une ingénuité rarement vue, le monde libre a considéré les groupes salafistes comme une simple dissidence de l’islam propre à cette religion, sans conséquence sur le reste du monde. Pendant ce temps, ces extrémistes musulmans ont pu tranquillement diffuser leur idéologie radicale au cœur même du monde libre en profitant de la bienveillance des bonnes consciences occidentales et de certains médias qui leurs trouvaient et leur trouvent encore des excuses. Soyons clairs : les occidentaux n’ont aucune responsabilité dans cette évolution du terrorisme islamique, que ses partisans soient nés en Europe ou au Magreb. Ces derniers n’ont aucune excuse possible. Ils n’ont qu’un seul et unique but : perpétrer le plus d’attentats possibles au sein du monde libre pour entretenir les tensions entre les communautés. Ces terroristes ont été endoctrinés par les groupuscules salafistes dans le seul et unique but de tuer et assassiner, les plus sauvagement possible, le plus grand nombre possible de personnes qui rejettent leur vision du monde, qu’ils soient musulmans ou non.

En cela, nous assistons à une véritable guerre au sein de l’islam entre les courants sunnites (largement majoritaires dans le monde musulman) et chiites (minoritaires, principalement situés en Iran et en Azerbaïdjan et plus marginalement en Irak, en Syrie et au Yémen). Ceci explique en grande partie les difficultés à mettre fin aux conflits en Irak, en Syrie et plus récemment au Yémen où derrière les sunnites, on trouve l’Arabie Saoudite alors que l’Iran soutient activement les chiites.

Autour de ces deux courants principaux de l’islam, gravitent des groupes dissidents parmi les plus radicaux. Pour les sunnites : les salafistes (Arabies-Saoudite, Qatar…), les frères musulmans (Egypte), le Hamas (Palestine)… Pour les chiites, le Hezbollah (Liban) règne en maître.

Le double jeu des principaux groupes salafistes partisans d’un islam radical

Les salafistes sont le principal courant dissident radical issu de l’islam sunnite soutenus et financés principalement par l’Arabie-Saoudite et le Qatar. Aujourd’hui, les groupes terroristes de Daech ou Etat islamique, Al-Quaïda , Boko Aram ou Aqmi sont des produits issus directement de cette mouvance salafiste. Or, si la plupart de ces groupes sont aujourd’hui considérés comme des organisations terroristes par la plupart des pays occidentaux (Etats-Unis, Canada, Union européenne, Australie…), ce n’est pas le cas du salafisme qui profite habilement du soutien de l’Arabie-Saoudite et du Qatar pour financer le terrorisme mondial. Pourquoi ne pas traiter la plupart des courants salafistes pour ce qu’ils sont : des groupes terroristes et en tirer toutes les conséquences ?

Le salafisme est une doctrine idéologique fondée sur un islam sunnite fondamentaliste qui rejette l’influence occidentale, et qui au lendemain des révolutions arabes, s’est vu ouvrir un espace politique considérable au Maghreb et au Machrek qui lui était jusqu’alors fermé du fait des dictatures arabes. Mais le salafisme s’est finalement exporté à travers le monde et notamment en Europe en vue d’islamiser ces pays.

Ce rapide état des lieux des organisations terroristes islamiques en présence confirme l’extrême activisme des groupes salafistes les plus radicaux ces dernières années au cœur de l’Europe, qu’ils se revendiquent de l’EI ou autre groupe terroriste musulman. Aujourd’hui, notamment en France, en Belgique et en Espagne, les salafistes règnent en toute impunité sur de nombreuses mosquées et des quartiers entiers, comme le démontre les récents attentats de Barcelone. Au contraire de l’islamisme, le salafisme n’est, ni un mouvement religieux à revendication politique, ni une organisation à proprement parler, mais plutôt une tendance de « régénération » de la foi et de réislamisation de la société. D’où l’extrême difficulté à identifier son organisation au plan local et ses responsables. Les salafistes préconisent le retour aux origines de l’islam du Moyen-âge. Ils revendiquent le respect aveugle de la sunna (tradition islamique et notamment la charia).

Le salafisme prône un retour aux pratiques en vigueur chez les musulmans à l’époque du prophète Mahomet et de ses premiers disciples, plus connus comme les pieux ancêtres appelés « salaf » ainsi que la rééducation morale des communautés musulmanes ou non. Deux grandes mouvances cohabitent au sein du salafisme : l’une refuse de s’impliquer dans la vie politique et se consacre à l’éducation des musulmans à la doctrine salafiste, tandis que l’autre que l’on qualifie de djihadistes, utilise le salafisme comme une base idéologique pour justifier le terrorisme. C’est cette dernière qui sévit principalement en Europe.

Les salafistes soutiennent le terrorisme en Europe pour imposer la charia

Pourquoi les pays occidentaux persistent-il à conserver des liens économiques et diplomatiques étroits avec l’Arabie-Saoudite et le Qatar qui sont pourtant les principaux pourvoyeurs de fonds des groupes salafistes de part le monde et de fait, des terroristes islamiques qui sévissent actuellement en Europe ? L’Union européenne ne devrait-elle pas mettre en œuvre une politique visant à éradiquer le terrorisme de son sol en prenant des sanctions contre les pays musulmans qui le finance ? La vie de européens ne vaut-elle pas davantage que les quelques milliards de ventes de matériels militaires à ces pays ?

Vouloir faire croire que le monde libre, par ses décisions et son comportement, aurait favorisé l’émergence du djihadisme islamique n’est que pure fumisterie. Ceci ne fait que cautionner un peu plus l’action sanglante des terroristes islamiques à notre encontre. Cet aveu de faiblesse et d’amnésie, pour ne pas dire de lâcheté, des élites occidentales à l’égard du salafisme n’a fait qu’accentuer le développement du terrorisme au cœur de nos pays. Le mal étant fait, il est vain de pleurer la liste des victimes qui ne cesse de s’allonger.

Le terrorisme islamique ne fait que faire payer au monde libre le constat de son propre échec. Contrairement à l’idée que voudraient répandre certains, les djihadistes nous frappent non pour ce que nous faisons, mais uniquement parce que nous sommes. C’est notre existence même et notre propre mode de vie qui leur sont insupportable. Ne l’oublions pas ! Le reste n’est que balivernes irresponsables.

La lutte contre le terrorisme islamique passe par l’éradication des groupes salafistes en Europe

Dans une récente tribune dans le journal Le Figaro, le philosophe Pascal Bruckner déclarait : « … A éviter de désigner la religion comme la cause du terrorisme, on s’égare dans une multitude d’interprétations fumeuses, comme le colonialisme, l’humiliation arabo-musulmane, le réchauffement climatique, le conflit israélo-palestinien….Il faut nommer les choses. Nous sommes face à une maladie à l’intérieur de l’islam. Cette religion produit régulièrement des générations de guerriers prêts à sacrifier leur vie pour la gloire de Dieu… »

En d’autres termes, les européens doivent ouvrir les yeux et regarder enfin la réalité. Rappelons-nous qu’à l’aube de l’an 2000, les salafistes se contenter d’imposer leurs règles principalement dans les pays islamiques et il n’y avait pas ou très peu de femmes en Europe portant le voile islamique et encore moins la burqa ou autre niqâb qu’aucun verset du coran n’impose d’ailleurs à la femme musulmane. En 2017, et ces dernières années pourtant, de nombreuses jeunes femmes musulmanes portent ces signes distinctifs, y compris au cœur des villes moyennes française, à Rodez et ailleurs. C’est là est un signe de la montée du prosélytisme islamique et l’activisme des groupes salafistes les plus radicaux qui prônent la charia et la reconquête d’une partie de l’Europe.

Que l’on ne s’y trompe pas, le terrorisme prôné par les salafistes est un moyen pour parvenir à leur fin et imposer la charia partout. L’Espagne est d’ailleurs leur cible privilégiée et les récents attentats de Barcelone ne doivent hélas rien au hasard.

Ne soyons pas dupes du double jeu des salafistes qui n’ont qu’un seul et unique objectif : détruire nos sociétés par tous moyens pour les islamiser. Les Etats européens doivent agir conjointement avec fermeté pour éradiquer durablement le terrorisme islamique tant qu’il en est temps.


Simone Veil : Une très grande Dame vient de s’en aller… mais son œuvre restera pour longtemps

2 juillet 2017

Quelques jours après le chancelier allemand Helmut Kohl, l’Europe et la France viennent de perdre une autre personnalité d’exception de la même génération : Simone Veil.

Difficile de passer sous silence leur disparition, tellement cet homme et cette femme politique ont marqué durablement leurs pays respectifs et l’Europe de leur empreinte. Même si elle s’était retirée de la vie publique depuis de nombreuses années, pour de nombreux français, Simone Veil a été une femme politique courageuse et d’une extrême droiture, très aimée de tous.

En avril 1944 à quelques mois de la fin de la guerre, âgée de seulement 16 ans et son baccalauréat en poche, Simone Veil avec ses parents, son frère et sa sœur ont été arrêtés puis déportés. Seule elle et sa sœur survivront de cette terrible épreuve du camp d’Auschwitz-Birkenau. Malgré l’horreur des camps de la mort, profondément meurtrie, elle en revient plus forte et déterminée que jamais. Bien qu’elle ait veillé à témoigner de ce que fût la Shoah, elle le fera à son image avec discrétion, veillant à ne pas s’étendre sur cette douloureuse période de sa vie et les pires humiliations subies du seul fait de sa religion juive. Son instinct de survie ne l’a jamais quitté et la souffrance endurée lui a permis de se forger de solides convictions dans le respect d’autrui, la tolérance et le refus des idéologies.

Dés la fin de la guerre, pour éviter que les générations futures n’aient à endurer à nouveaux ces horreurs, elle milite très activement pour la réconciliation avec l’Allemagne et pour la création de l’Union européenne. Après une carrière dans la magistrature et divers cabinets ministériels, Simone Veil est appelée en 1974 par le président Valéry Giscard d’Estaing pour être sa ministre de la Santé et de la famille, poste qu’elle occupera sous trois gouvernements : Chirac et Barre de 1974 à 1979 et Balladur de 1993 à 1995.

Pour le grand public, c’est en 1974 que Simone Veil se révèle. Elle livre au Parlement sa première grande bataille politique en défendant la loi en faveur de la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) promise par le nouveau président de la République. La bataille parlementaire qui s’en suivra restera l’une des plus rudes de la Vème République. Face à l’aile la plus conservatrice de la droite et une immense majorité d’hommes, Simone Veil tiendra bon en faisant preuve d’une détermination inébranlable malgré les multiples attaques dont elle fera l’objet. A force de conviction et d’explications, le texte sera finalement voté grâce à l’appui d’une grande partie de la gauche et de moins de 100 députés de la majorité, principalement centristes. Elle sortira grandie par cette épreuve en dépit de débats qui laisseront des traces au sein de la société.

En 1979, Simone Veil a conduit à la victoire la liste française de la droite et du centre pour la première élection au Parlement européen. Elle a été brillamment élue par ses pairs européens, à la présidence de ce dernier. Elle était une européenne convaincue et n’a eu de cesse de militer pour le renforcement de l’Union entre les divers pays, probablement pour éviter que l’Europe n’ait à revivre les pages sombres endurées. Elle siégera plus de 13 ans au Parlement européen.

Elle sera également élue au Conseil Constitutionnel en 2007 puis à l’Académie française en 2010. Simone Veil était Grand Croix de la Légion d’honneur.

Quoi qu’il lui en ait coûté, Simone Veil aura toujours été du côté des causes justes, notamment celle de la cause des femmes, mais aussi des plus fragiles et démunis. Esprit libre s’il en est, sur un plan politique, si elle s’est toujours reconnue dans le centre-droit tout en restant très méfiante à l’égard de la politique, elle a veillé à garder ses distances avec la plupart de ses leaders. Mais son cœur et ses convictions étaient au centre-gauche où elle avait de solides amitiés dont Michel Rocard. Pendant des décennies, elle a été pour une majorité de français de tous bords, une grande femme qui surclassait le monde politique, en restant la personnalité préférée et la plus aimée.

La classe politique française et européenne, toutes tendances politiques confondues, lui a unanimement rendu hommage. En voici quelques brefs extraits :

Emmanuel Macron : « L’esprit de la nation se nourrit de vies exemplaires. La vie de Simone Veil fut de celles-ci. Elle fit honneur à la France et nous montre ce que nous savons être lorsque nous livrons les combats de la liberté et du progrès. »

Valéry Giscard d’Estaing : « Bouleversé par sa disparition, la vie de cette femme exceptionnelle reste une référence pour les plus jeunes. »

Nicolas Sarkozy : « Simone Veil reste immortelle. J’ai admiré Simone Veil et j’ai aimé Simone Veil dont l’amitié ne m’a jamais fait défaut »

Fondation Chirac : « C’est la grande dame de la République qui s’en est allée, mais son message demeure et continuera longtemps à rayonner »

Edouard Balladur : « Sa personne et son histoire font honneur à notre pays »

Jean-Luc Mélenchon : « Madame Veil appartient au meilleur de notre histoire »

Jean-Claude Junker : « Simone Veil avait su par son engagement politique contribuer à bâtir une paix durable en Europe »

Rarement en France, une femme ou un homme politique aura reçu un tel hommage. Preuve s’il en est que Madame Simone Veil a été une très grande Dame dans un monde politique largement dominé par les hommes. On peut simplement regretter qu’elle n’ait eu une plus grande place dans notre pays. Mais la politique telle qu’elle est menée en France depuis des décennies n’était manifestement pas sa tasse de thé. Dommage pour la France !

Femme hors du commun, Simone Veil restera pour longtemps un exemple pour les générations présentes et futures.

JD


60 ans après sa création, l’Union européenne reste plus que jamais la seule perspective d’avenir pour les pays du vieux continent

26 mars 2017

Le 25 mars 1957 à Rome, l’Allemagne (République fédérale), la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas, le Luxembourg et la France signaient le traité de Rome créant la Communauté économique européenne (CEE), entré en vigueur en janvier 1958. C’était il y a 60 ans la naissance de ce qui est aujourd’hui l’Union européenne.

La CEE avait pour objectif, par l’établissement d’un marché commun et le rapprochement progressif des politiques économiques des Etats membres, de promouvoir un développement harmonieux des activités économiques dans l’ensemble de la Communauté, une expansion continue et équilibrée, une stabilité accrue, une élévation du niveau de vie et des relations plus étroites entre les Etats membres.

En 1958, la CEE était constituée de 6 Etats membres qui avaient la volonté commune d’avancer. Par la suite, forte de son attrait, l’élargissement a conduit de nombreux pays à rejoindre l’Union.

  • En 1973 (09 membres) : entrée du Royaume-Uni, à l’Irlande et aux Pays-Bas,
  • En 1981 (10 membres) : entrée de la Grèce,
  • En 1986 (12 membres) : entrée de l’Espagne et du Portugal,
  • En 1995 (15 membres) : entrée de l’Autriche, de la Suède et de la Finlande,
  • En 2003 (25 membres) : entrée de Chypre, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République slovaque et la Slovénie,
  • En 2007 (27 membres) : entrée de la Bulgarie et de la Roumanie
  • En 2013 (28 membres) : entrée de la Croatie

Après la sortie prochaine du Royaume-Uni, l’Union européenne reviendra à 27 membres et 450 millions d’habitants (6% de la population mondiale) pour un PIB représentant 21% du PIB mondial.

60 ans après, force est de constater que l’Europe a connu au cours de ces années une période de croissance, de développement et de paix sans précédent même si depuis 1995, les élargissements successifs et probablement trop rapide des anciens pays de l’Europe de l’est ont fortement déstabilisé l’Union européenne. Pendant longtemps, l’Europe a ainsi été une référence pour le monde même si aujourd’hui, elle traverse probablement la plus grave crise de son existence. L’Europe n’a pas su s’adapter aux profonds changements induits par la chute du mur de Berlin en 1989 et n’a pas su engager les réformes nécessaires.

Les dirigeants européens ont longtemps cru que la création de la monnaie unique européenne réglerait d’un seul coup les fragilités monétaires et budgétaires liées à son élargissement. La crise financière et bancaire de 2008 a rapidement balayé cette illusion. De même, la libre circulation à l’intérieur de l’UE n’a pas résisté à la crise migratoire de ces dernières années. Il n’y a pas eu de solution européenne ; au contraire, chaque Etat s’est retrouvé seul. Preuve s’il en est des dysfonctionnements de l’Union européenne ces dernières années imputables aux seuls responsables politiques des grands pays qui se sont avérés impuissants à proposer des solutions.

Contrairement à ce qu’affirment certains nostalgiques du passé, les difficultés actuelles de l’Union européenne sont principalement dues à l’absence de volonté politique des Etat membres de donner les moyens à l’Europe de se réformer, et notamment de la France qui fût pendant longtemps le moteur de la construction européenne aux côtés de l’Allemagne. A cet égard, le quinquennat de M. Hollande au regard de l’Europe, comme dans d’autres domaines, est un cinglant échec.

Le fonctionnement actuel de l’Union européenne repose principalement sur le traité de Lisbonne de 2009, qui fût adopté après le rejet par la France et les Pays-Bas du traité établissant une constitution pour l’Europe. Eh oui, la France a une grosse par de responsabilité en ce domaine. Pour être crédible et efficace, l’Union européenne doit aujourd’hui évoluer tout en restant plus proche et à l’écoute de ses citoyens. Pour cela, les institutions européennes doivent être adaptées et modernisées pour répondre aux défis mondiaux d’aujourd’hui (isolationnisme des USA, montée en puissance de l’Asie et de la Chine, visées expansionnistes de la Russie…). C’est probablement le dossier prioritaire pour les actuels dirigeants européens.

Les Etats européens doivent rapidement donner un nouveau souffle à l’Union européenne et lui permettre, avec ses 510 millions d’habitants, de redevenir un acteur majeur et incontournable de la scène internationale. Elle doit retrouver la confiance des européens par un fonctionnement plus démocratique et proche des citoyens. Face aux défis du monde actuel, des avancées notables doivent être faites dans les domaines de la sécurité intérieure, de la défense, de la politique étrangère, de la protection de l’environnement et de la transition énergétique.

L’Union européenne est la seule chance pour les pays qui la compose de faire face à la mondialisation et aux importants défis à venir. Laisser croire aux électeurs français que l’avenir passe par le repli sur soi et à la fermeture de nos vieilles frontières n’est qu’une vaste fumisterie, pour ne pas dire une escroquerie !. En 2017, aucune nouvelle ligne Maginot ne permettra de régler nos problèmes.

Pour assurer son développement futur, la France doit redevenir un acteur majeur de la nouvelle Union européenne qui reste la seule solution crédible pour le vieux continent.


Europe : Galiléo bientôt opérationnel

2 janvier 2017

GPS : Galileo arrive enfin !

Le lancement réussi, le 17 novembre 2016 de 4 satellites de télécommunication via la fusée Ariane 5 marque une étape cruciale pour le projet européen de système de géolocalisation mis en route il y a déjà dix-sept ans. Malgré beaucoup de retard et autres péripéties, l’Europe dispose dorénavant d’un nombre suffisant de satellites Galileo pour couvrir le monde entier. Le système européen Galiléo, concurrent du GPS a donc été mis en service de manière expérimentale en décembre 2016.

Pour les équipes de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui chapeautent le programme, le bout d’un long tunnel est enfin en vue. Mais le monde a-t-il encore besoin d’un nouveau système de géolocalisation ? Le paysage a beaucoup changé depuis 1999, lorsque le GPS américain n’était opérationnel que depuis cinq ans et que le concurrent russe « Glonass » était à la dérive après l’effondrement de l’Union soviétique. Moscou a depuis lors réussi à redresser la situation. De son côté, la Chine a déployé son alternative, baptisée « Beidou ». Le GPS est aujourd’hui un élément essentiel de géolocalisation pour un grand nombre d’utilisateurs de smartphone.

L’Europe, pour des raisons stratégiques, doit pouvoir offrir son propre système de géolocalisation. Difficile en effet pour l’Europe de prétendre jouer un rôle de premier plan technologique et dans l’espace s’il passe à côté de la géolocalisation. A l’avenir, le système de positionnement par satellite est devenu essentiel dans un nombre toujours plus vaste de domaines, du monde militaire à celui des transports.

L’enjeu est particulièrement sensible sur le terrain de la Défense. Actuellement, les armées européennes dépendent du GPS américain, qui est sous contrôle des militaires de l’US Army. Pour les spécialistes : « C’est une question d’autonomie; si vous n’êtes pas capable de générer un signal de positionnement dont vous avez la clé, vous êtes en position d’infériorité« . Cette recherche d’une souveraineté dans le domaine de la géolocalisation n’est pas qu’une affaire de principe. N’oublions pas que durant la guerre du Kosovo [1998-1999], les États-Unis avaient brouillé le signal GPS, ce qui rendait les armées européennes aveugles et sans repères, et ce en plein cœur de l’Europe.

L’avènement prochain de Galileo va donc changer la donne pour les armées européennes et les sortir de leur dépendance envers la technologie américaine. Pour les utilisateurs civils ou militaires, l’avantage de la solution européenne est de proposer une véritable alternative d’autant que celle-ci permet une beaucoup plus grande précision. Galiléo est en effet plus précis que le GPS avec un positionnement à 5 mètres près (dans sa version gratuite) et même 1 mètre, via son option payante, contre seulement 10 mètres pour le GPS.

Une différence qui l’emportera notamment pour les corps de métier qui vont avoir besoin de la plus grande précision possible. « Dans des domaines comme le transport, le BTP ou encore dans la prospection du pétrole et pour le travail des services de secours, cela peut jouer un rôle crucial« . Le piéton ou l’automobiliste ne verra pas forcément la différence sur son smartphone. Néanmoins, les avantages de Galileo sur le GPS ne s’arrêtent pas à la précision. Selon les ingénieurs : »Le signal est aussi plus robuste« . Par ailleurs, la version européenne du GPS fonctionnera mieux en milieu urbain où la densité de population et des constructions perturbent parfois la réception du signal GPS.

Enfin, le projet Galileo repose sur une philosophie différente qui, à terme, peut jouer en sa faveur. Il est en effet le seul système de position qui sera géré par un organisme civil, l’Agence européenne de navigation par satellite (GSA). Le GPS, Glonass ou Beidou sont tous entre les mains des militaires. Galiléo présente donc un avantage non négligeable de garantie de transparence par rapport à ses concurrents.

Au final, le grand public n’aura probablement pas à choisir. Actuellement déjà, peu de férus de smartphone savent que leur téléphone combine souvent à la fois une puce GPS avec celle de Glonass. Galileo peut très bien venir ajouter son grain de géolocalisation au smartphone sans avoir à mettre le GPS hors-jeu.

Cohabitation ou concurrence féroce ? Le prochain enjeu de la bataille de la géolocalisation va connaître une phase de « négociations et d’accords entre États et avec les opérateurs » pour savoir comment faire une place au système européen de positionnement par satellite.

L’Europe avance, lentement mais sûrement, vers son indépendance.

Plus d’infos : Galileo by ESA


Les enseignements des récents votes sur le Brexit et Trump

13 novembre 2016

Le 09 novembre 2016 marquera, à n’en pas douter, une date importante pour le monde occidental. Donald Trump, le milliardaire populiste candidat du parti Républicain, sans aucune expérience politique, a fini par emporter haut la main l’élection présidentielle américaine face à la candidate démocrate Hillary Clinton, en déjouant tous les pronostics.

Outre la présidence, le parti Républicain emporte également la majorité du Sénat et de la Chambre des Représentant ; ce qui donnera les pleins pouvoirs à Donald Trump.

En début de la campagne, Donald Trump était considéré comme un candidat marginal n’ayant aucune chance de pouvoir représenter les Républicains, et à plus forte raison d’emporter la présidentielle. Un outsider sans envergure. D’ailleurs les médias américains ne le prenaient pas au sérieux et mettaient en avant ces frasques et attaques grossières contre ses adversaires, lui réservant souvent leur une, avant de changer d’avis et de faire ouvertement campagne contre lui. De son côté, le président Barak Obama et son épouse, ont mené ces dernières semaines une campagne très active en faveur d’Hillary Clinton.

A la veille du scrutin, les organismes de sondages donnaient encore quelques points d’avance à Mme Clinton. Pourtant, au terme d’une campagne électorale au vitriol qui a profondément divisé le pays et stupéfié par ses outrances, coalisant contre lui le monde des médias, des grandes entreprises et plus généralement des élites du pays, à la surprise générale l’extravagant Donald Trump a fini par s’imposer sur le fil. Les propositions du milliardaire en matière de politique étrangère et d’économie suscitent une certaine inquiétude tant au plan national qu’international, et en Europe en particulier.

Les raisons de l’élection de Donald Trump

Elles résultent d’un ensemble de faits, qui mis bout à bout, ont contribué à faire de lui le candidat de l’alternative au système politique en place.

  • Au final, pour beaucoup d’américains modestes, Barak Obama n’a pas été à la hauteur de l’espoir qu’il avait suscité lors de son élection,
  • La candidature de la démocrate Hillary Clinton, s’est révélée inappropriée car peu appréciée des américains. Avec son mari Bill Clinton, elle domine la vie politique américaine depuis plus de 25 ans et doit sa longévité à une forte ambition personnelle et sa grande proximité avec le monde des grandes entreprises et des médias américains ; ce qui faisait d’elle une candidate trop éloignée des préoccupations du peuple,
  • Les Républicains n’ont pas été capables de présenter un candidat crédible qui puisse s’imposer rapidement dans la primaire, ce qui a favorisé l’émergence de Donald Trump,
  • Ce dernier, sans vergogne aucune, à coup de messages chocs et provocateurs a surfé sur la vague populiste et isolationniste que traverse le monde occidental, en profitant du mal être et du désespoir des classes les plus modestes, en apparaissant comme étant le seul à les écouter et à se démarquer de la classe politique traditionnelle,
  • Trump s’est présenté comme le champion des masses populaires ignorées par les divers gouvernements de Washington. Pour cela, il a promis monts et merveilles à l’électorat blanc délaissé des grandes banlieues et des campagnes américaines qui a été fortement impacté par la mondialisation de l’économie et la fermeture de nombreuses usines du fait des délocalisations,
  • Enfin, l’immigration massive notamment en provenance du Mexique, venue occuper les postes délaissés par les américains et répondre aux offres des entreprises attirées par une main d’œuvre à bas coûts pour faire face à la concurrence mondiale, a donné l’impression à certains américains d’être laissés pour compte et ignorés de leur propre gouvernement.

C’est cet ensemble d’éléments qui a contribué à l’élection de Donald Trump, candidat antisystème, lui le milliardaire qui traîne pourtant un passé sulfureux et a trempé dans de nombreuses affaires pour le moins suspectes. Plusieurs procédures judiciaires sont d’ailleurs actuellement en cours contre lui.

Cela ne l’a pas empêché de séduire un électorat, majoritairement blanc, de voter pour lui malgré ses nombreux excès de langages et ses propos misogynes et sexistes. Manifestement son électorat n’avait que faire de la personnalité du candidat ; ce qui lui importait avant tout c’était d’élire un candidat qui s’intéressait à eux et entendait s’attaquer à l’establishment politique en place à Washington.

Au vu des promesses irréalistes et pour le moins fantaisistes, cet électorat risque pourtant de déchanter très vite car il ne fait aucun doute que nombre d’entre-elles ne pourront être tenues. D’autant plus que le développement économique et la croissance imposent le respect d’un certain nombre de règles au niveau du commerce mondial qui limitent les marges de manœuvres des états réalisant un part importante de leur activité à l’international. Impossible en 2016, même pour les USA, de vivre repliés sur soi !

Le plus grand danger de ce vote, ce n’est pas la victoire de Donald Trump qui ne pourra que rentrer rapidement dans le rang, mais les raisons qui ont conduit les électeurs américains à le porter au pouvoir.

Quelles incidences en France et en Europe ?

Après le vote des britanniques en faveur du Brexit en juin 2016, ce vote américain vient confirmer la montée du populiste et de la peur de l’avenir dans les pays occidentaux. Ce qui n’est guère rassurant ! Les britanniques avaient privilégié le repli sur soi, soutenu par les formations antisystème proches de l’extrême droite qui, pour mieux convaincre, n’avaient pas hésité à tromper les compatriotes face aux partisans de l’Europe. Ici aussi, on va voir qu’au fil des mois, le choix des électeurs favorables au Brexit va se traduire par de nombreux effets négatifs sur l’économie britannique, et par voie de conséquence, par des mesures désastreuses au niveau de l’emploi et plus généralement de la situation des personnes les plus fragiles.

On peut également craindre le pire au vu du programme de Trump et de l’absence d’expérience de son équipe. Dans un monde globalisé où les pays sont largement interdépendants, l’isolationnisme et le repli sur soi sont aux antipodes du développement économique, de la croissance et de l’emploi. Ils conduisent obligatoirement à la récession et au chaos !

En France, le Front National s’est félicité du Brexit, comme de la victoire de Donald Trump aux USA, laissant entendre que cette évolution serait de nature à lui laisser espérer une victoire prochaine. On peut toujours rêver même s’il est probable que les intentions de vote en faveur de l’extrême droite sont probablement supérieures à ce que laissent apparaître les sondages.

S’il y a effectivement certaines similitudes, la situation avec les USA reste sensiblement différente. Si en France l’élection d’un candidat de la droite républicaine à l’élection présidentielle de mai 2017 paraît aujourd’hui probable, rien n’est acquis. Encore faudra-t-il que ce candidat n’apparaisse pas comme le représentant d’un système politique à bout de souffle, porté par quelques groupes bien-pensants, soutenus par les médias. Sans pour autant faire nécessairement appel à des personnalités totalement nouvelles, la France comme les autres pays occidentaux, a besoin d’une nouvelle politique en adéquation avec ce qu’attendent la majorité des citoyens, à commencer par les plus exposés à la mondialisation.

La droite, puisque c’est elle qui est attendue, sans tomber dans des promesses irréalistes, se doit de répondre à l’attente de changement des français, sans céder à la démagogie. Cela passe par une réelle prise en compte des problèmes de chômage qui rongent notre société, par la lutte contre l’insécurité et le terrorisme qui frappent notre pays, par le contrôle de l’immigration avec expulsion immédiate des personnes en situation irrégulière et une plus grande solidarité à l’égard des français qui sont aujourd’hui dans la précarité. Enfin, cela passe aussi par l’aide sociale qui doit être simplifiée et faire l’objet de véritable contrôle afin d’en limiter les abus.

Cela implique que le prochain gouvernement soit exclusivement au service des français et non d’intérêts personnels ou partisans, composé de femmes et d’hommes dévoués et compétents. L’Etat et les futurs responsables des administrations devront être exemplaires sur ces points et jugés sur leurs résultats. Il faudra tenir les engagements pris devant les électeurs et engager la majorité des réformes dans les 100 premiers jours.

De son côté, l’Union européenne doit retrouver un fonctionnement plus démocratique en se réformant et étant plus proche et au service de ses concitoyens. Il est aujourd’hui temps pour l’Europe de passer à la vitesse supérieure, car n’en déplaise aux extrêmes et autres nationalistes de tous poils, seule l’Union européenne a la taille et les moyens de faire face à la mondialisation et de préserver nos acquis.

Face aux défis de la mondialisation des échanges et de l’immigration massive, les démocraties occidentales doivent revoir leur gouvernance en profondeur et rester à l’écoute des préoccupations de leurs concitoyens, sous peine de voir les forces extrémistes l’emporter et conduire nos pays vers une grave crise mondiale comme ce fût le cas lors de la grande dépression des années 1920 à 1920.

A cet égard, l’élection de Trump, comme le Brexit, sont un signal d’alarme qui doit inciter l’Europe et la France à en tirer les conséquences politiques qui s’imposent, sans céder à l’isolationnisme.