France : les raisons du basculement du Sénat à gauche

30 septembre 2011

Voilà des décennies que la gauche affirmait que le découpage électoral (favorisant les zones rurales plutôt classées à droite) et le mode de scrutin lui interdisaient de fait de pouvoir contrôler un jour le Sénat, la Chambre haute du Parlement, en charge de la représentation des collectivités territoriales.

Elus par un collège de plus de 150 000 grands électeurs (dont 144 000 délégués des Conseils municipaux) au suffrage universel indirect, pour partie au scrutin proportionnel et pour partie au scrutin uninominal à deux tours, les sénateurs (au nombre de 348 en 2011), détiennent le pouvoir législatif au même titre que les députés, même si ces derniers ont toujours le dernier mot au plan législatif. Depuis la Vème République, le Sénat a toujours été détenu par la droite, notamment en raison du poids des sénateurs centristes généralement élus par les grands électeurs sans étiquette politique, comme cela est souvent le cas dans les communes rurales.

Lors du dernier scrutin du 25 septembre 2011, un tiers des sénateurs étaient renouvelables. Alors que l’on s’attendait à un résultat serré entre la gauche et la droite, c’est finalement la gauche qui l’a assez largement emporté avec prés de 10 sièges d’avance, faisant ainsi basculer le Sénat dans son camp.

Ce résultat paraît conforme aux dernières élections locales largement emportées par la gauche depuis plus de 10 ans, qu’il s’agisse des grandes et moyennes villes, des Conseil généraux et Conseil régionaux. Les grands électeurs étant issus de ces collectivités, il était inéluctable et normal que la gauche finisse par l’emporter à un moment ou un autre. Elle avait d’ailleurs marqué une sérieuse avancée lors des dernières élections sénatoriales en 2008. Dans ce contexte, sa victoire était inscrite dans le marbre.

Pour autant, la défaite de la droite, qui perd ainsi l’un de ses bastions, est cinglante et sans appel.

A l’approche des élections présidentielles et législatives de 2012, voilà qui n’augure rien de bon pour elle. Même s’il est indiscutable que le résultat de l’élection sénatoriale repose d’abord sur le choix des seuls grands électeurs, qui plus est, désignés sur la base des derniers scrutins locaux largement emportés par la gauche, cette large victoire au Sénat n’a pu se dessiner qu’avec l’appui d’un certain nombre de grands électeurs modérés de centre-doit ou sans étiquette, probablement déçus par la politique gouvernementale et la réforme des collectivités territoriale telle que mise en œuvre. Ce scrutin sénatorial constitue donc un très sérieux avertissement pour la droite.

La droite, et plus particulièrement Nicolas Sarkozy, pourront-ils récupérer les électeurs déçus par les 5 ans de gestion de crise ? La gauche va-t-elle faire bloc derrière son candidat et proposer un programme crédible qui permette d’affronter la grave crise actuelle qui lui permette de s’imposer lors des prochains scrutins nationaux de 2012 ? Rien n’est moins sûr.

S’il elle compte capitaliser sur la grave crise qui touche aujourd’hui de plein fouet les français les plus modestes, en tentant d’imputer celle-ci au gouvernement actuel, il n’est pas acquis que les électeurs suivent. En effet, aujourd’hui, personne n’est dupe et chacun sait qu’il est urgent de prendre très rapidement des mesures d’austérités beaucoup plus importantes pour endiguer la crise actuelle et notamment l’augmentation de la dette et des dépenses publiques. Dans ce contexte, la France ne pourra s’en tirer sans que chacun soit mis à contribution, des bas revenus aux plus hauts, en proportion de leurs moyens.

A 7 mois du premier tour de l’élection présidentielle, si la gauche a effectivement marqué un point en emportant le Sénat, rien n’est encore joué.


Grand Rodez : le grand contournement de l’agglomération durablement en panne !

28 septembre 2011

Le dossier du grand contournement de Rodez était porté à bout de bras par Marc Censi, le président de la communauté d’agglomération du Grand Rodez jusqu’en 2008. A cette époque, un fuseau de 300 m de large avait d’ailleurs été arrêté par les services de l’Etat pour son tracé, allant de Luc-La Primaube à Lioujas-Causse Comtal. Il semble même que l’enquête d’utilité publique aurait pû être lancée rapidement.  C’est dire si le grand contournement paraissait alors bien engagé. Ce dossier faisait alors partie des priorités de l’agglomération ruthénoise et, à ce titre, était défendu avec détermination par les élus d’alors. Une éventuelle concession du contournement de Rodez avait même été évoquée afin de faciliter son financement et d’accélérer ainsi sa réalisation.

A ce moment là, le président de la communauté d’agglomération du Grand Rodez était aussi le président du syndicat mixte d’étude et de promotion de l’axe Toulouse-Lyon (SMEAPTL), dont le siège était alors à Rodez. Depuis 2008, ce dernier dont le siège a été transféré à Mende, est présidé par Jean-Paul Pourquier, président du Conseil général de la Lozère. Depuis leur élection, ni le maire de Rodez, ni le président de l’agglomération du Grand Rodez, ne participent aux travaux de ce syndicat qui est pourtant un outil essentiel pour faire avancer la RN88 dans sa globalité, y compris la déviation de Rodez.

Les nouveaux élus en 2008 ont manifestement laissé les choses en plan et n’ont pas repris le dossier à leur compte. Bien mal leur en a pris. S’agissant d’un investissement lourd normalement à la charge de l’Etat, seule la pression et la détermination des élus locaux étaient de nature à permettre l’aboutissement d’un tel projet. Il apparaît aujourd’hui que les nouveaux élus ruthénois ont manqué de conviction à défendre ce dossier, sans parler des effets désastreux et contre-productifs des attaques régulières du maire de Rodez contre les représentants de l’Etat. Une attitude pour le moins irresponsable pour une collectivité qui sollicite l’intervention de l’Etat sur un dossier aussi capital pour le développement du Grand Rodez.

Aujourd’hui, force est de constater que le projet de grand contournement de Rodez est bel et bien dans l’impasse du fait de l’incapacité des élus ruthénois à le porter et le mener à son terme ; alors même qu’il était bien engagé quelques années plus tôt. C’est la raison pour laquelle, par delà l’opposition de façade du maire de Rodez à la mise aux normes autoroutières de l’actuelle rocade de Rodez, ce dernier semble s’être fait une raison et s’être bel et bien résigné à en passer par la transformation des giratoires actuels en échangeurs pour permettre d’absorber le flux autoroutier arrivant d’Albi. Bel aveu d’impuissance et d’échec de M. Teyssèdre et des élus de l’agglomération ruthénoise en général.

Si un tel projet autoroutier au cœur de l’agglomération du Grand Rodez devait, hélas, finir par voir le jour, ce serait purement et simplement dramatique, sachant que la pollution générée par l’augmentation du trafic routier deviendra très vite insupportable pour les habitants résidant à proximité. Les électeurs ne pourront que s’en souvenir le moment venu, mais le mal aura été fait. En attendant, on aimerait entendre les protestations des élus écologistes sur ce dossier ô combien sensible !

Par delà les questions de personnes et d’égos surdimensionnés du côté de certains, il est grand temps que les élus de l’agglomération ruthénoise prennent enfin le dossier du grand contournement de Rodez et de la RN88 entre Rodez et l’A75, à bras le corps, aux côtés des élus du Conseil général, du Conseil régional, des parlementaires et des autorités de l’Etat. Même si beaucoup de temps a été perdu inutilement, il n’est peut-être pas trop tard  pour agir. A défaut, l’agglomération ruthénoise en paiera le prix fort durant des décennies. Le maire de Rodez serait bien inspiré de s’occuper sérieusement des grands dossiers qui concernent l’avenir de la ville et de l’agglomération dont il est élu, sous peine de devoir en payer le plus fort prochainement. Croit-il sincèrement que si demain le PS revenait au pouvoir, il suffira au maire de Rodez de montrer sa carte pour obtenir les 150 à 200 millions d’euros nécessaires au grand contournement de Rodez ?

Les ruthénois devront-ils assister impuissants à la transformation de leur rocade, actuellement classée en boulevard urbain (raison pour laquelle la vitesse est limitée à 70 km/h), en véritable autoroute urbaine utilisée par de nombreux camions, sur laquelle la vitesse sera limitée à 110 km/h parce que leurs élus n’auront pas été capable d’imposer le grand contournement ?


Aveyron : la CCI entend être un acteur majeur au service de l’économie départementale

26 septembre 2011

Dans un récent entretien paru la presse locale, Manuel Cantos, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de l’Aveyron a fait un point sur la situation économique départementale et tracé les priorités de celle-ci pour les années à venir. L’occasion pour ce dernier de rappeler le rôle clef de l’organisme consulaire dans le développement de l’économie aveyronnaise qu’il entend conforter.

Si un certain nombre de secteurs subissent de plein fouet la crise économique actuelle (le commerce, l’industrie du meuble et les BTP notamment) et connaissent une situation difficile,  d’autres secteurs tirent leur épingle du jeu. Ainsi la sous-traitance mécanique, automobile et aéronautique profitent de bons carnets de commandes passés et résistent plutôt bien à la crise. C’est aussi le cas de la filière agroalimentaire, le secteur parmi les plus importants de l’économie départementale, qui maintient son activité ainsi que l’industrie touristique qui constitue un secteur d’avenir.

Manuel Cantos, ancien industriel, se plait à rappeler que la CCI de l’Aveyron est la deuxième de Midi-Pyrénées par l’importance de son secteur industriel ; ce qui constitue un atout pour le département. La réforme des chambres de commerce et d’industrie (les chambres départementales sont placées sous le contrôle de la chambre régionale de Midi-Pyrénées) et la crise mondiale actuelle, imposent d’être plus efficace avec un budget de l’ordre de 14 millions d’euros, appelé à se restreindre jusqu’en 2014.

Plus que jamais, la CCI de l’Aveyron doit compter sur ses propres forces pour accompagner le développement économique du département dans cette période incertaine. Le président peut compter sur l’appui des 40 membres élus, des 20 membres associés, des 30 conseillers techniques et des 200 salariés. La CCI de l’Aveyron compte s’appuyer sur ses importants relais au sein de la chambre régionale de Toulouse où elle dispose de 6 élus sur un total de 65, d’une vice-présidence générale et de deux présidences de commissions, dont celle de l’industrie, et de 3 vice-présidences. De quoi peser au plan régional et faire entendre la voix de l’Aveyron à Toulouse.

Moins d’un an après avoir été porté à la tête de la CCI de l’Aveyron (née de la fusion des CCI de Rodez et de Millau en 2010), et après avoir mesuré sur le terrain les difficultés des entreprises, le président Manuel Cantos entend passer à la vitesse supérieure et faire en sorte que la chambre joue pleinement son rôle au service du développement économique du territoire. Constatant l’impasse dans laquelle se trouvent certains dossiers importants pour l’avenir du département (urbanisme commercial et enseignement supérieur notamment) et l’absence de réelle collaboration avec les politiques locaux sur ces mêmes dossiers, il souhaite que la CCI mette tout en œuvre pour mieux faire entendre la voix des professionnels qui ont leur mot à dire.

Il déplore notamment le développement excessif des grandes surfaces commerciales aux périphéries des villes de Rodez et Villefranche-de-Rouergue qui pénalise gravement le petit commerce de proximité. Un déséquilibre qui, selon lui, ne va pas manquer de pénaliser le développement du commerce en centre-ville à Rodez. Et de regretter que la CCI, dont l’une des missions est de veiller à un développement harmonieux de l’urbanisme commercial, ne soit pas davantage associée et entendue par les élus locaux sur des dossiers sensibles qui engagent l’avenir.

Le président s’inquiète aussi du périmètre actuel de l’agglomération du Grand Rodez qui est très insuffisant et ne reflète pas, loin s’en faut, l’influence de l’agglomération au-delà de ses limites actuelles. En effet, le Grand Rodez ne pourra continuer à se développer et maintenir son dynamisme qu’en s’appuyant sur une agglomération la plus vaste possible, forte et compétitive par rapport à d’autres unités urbaines comparables. A cet effet, la CCI entend peser de tout son poids pour que le SCOT (Schéma de cohérence territoriale) prenne en compte la nécessité d’une extension de l’agglomération ruthénoise actuelle.

L’autre grande priorité pour la CCI, c’est le développement de l’enseignement supérieur à Rodez. M. Cantos rappelle que la CCI est un acteur important de la formation universitaire au plan départemental, aux côtés de l’université Jean-François Champollion, de l’IUT de Rodez et de l’Ecole des Mines d’Albi.  Ainsi, la CCI est la seule école dans le département à délivrer un diplôme d’ingénieur en informatique et dispense de nombreuses formations en relation avec l’entreprise, de niveau licence et master. Et de regretter, une fois encore, le manque de collaboration avec les collectivités : « Il se parle beaucoup d’enseignement supérieur en Aveyron mais nous n’y sommes jamais associés. ». Forte de son expérience et de son savoir-faire, loin des petites polémiques politiciennes locales, la CCI de l’Aveyron souhaite être associée à la mise en place des filières d’enseignement supérieur dans le département.

Voilà un programme ambitieux et cohérent qui ne devrait pas manquer de favoriser le développement économique et l’emploi dans notre département. Espérons que les élus locaux sauront appuyer la démarche de la CCI de l’Aveyron notamment et travailler en étroite et intelligente collaboration, notamment en ce qui concerne les dossiers majeurs de l’urbanisation commerciale et de l’enseignement supérieur.


Grand Rodez : la prison devrait enfin prochainement voir le jour

22 septembre 2011

Voici de longues années que le dossier du transfert de la prison à Druelle, à la périphérie de l’agglomération du Grand Rodez, traîne et n’en fini pas d’être reporté, à tel point que ces derniers mois, on pouvait se demander si le dossier n’était pas définitivement enterré. Installée au cœur de l’ancien hôpital,  tout retard dans son déménagement bloquait jusqu’alors le projet de reconstruction de l’ensemble de l’espace Combarel qui ne cesse à son tour de prendre du retard.

Après l’attribution du marché de reconstruction de la prison au groupe Eiffage, des entreprises aveyronnaises écartées du marché avaient déposé un recours devant le Tribunal administratif. Ce dernier ayant récemment débouté le groupement d’entreprise et confirmé la régularité du marché, désormais plus aucun obstacle ne s’opposait au début des travaux de construction.

Voilà qui devrait définitivement faire oublier les péripéties d’un dossier qui n’en finissait plus. Sauf nouvelle surprise, la verrue que constitue l’actuelle prison de Rodez devrait prochainement disparaître (courant 2013), permettant enfin de débloquer la reconstruction de  du nouveau quartier Combarel. En ces temps difficiles et de vaches maigres, voilà enfin une bonne nouvelle de nature à rassurer les ruthénois. Cahin-caha, les choses finissent par avancer au sein de l’agglomération du Grand Rodez.

La nouvelle prison, conforme aux standards actuels de sécurité et d‘accueil, devrait héberger dans des conditions autrement plus satisfaisantes qu’aujourd’hui un peu plus de 100 détenus à Druelle, surveillés par 55 gardiens. Réalisée par la société Eiffage Construction Midi-Pyrénées, le coût de la nouvelle prison est estimé à 20 millions d’euros, financés à hauteur de 80% par l’Etat et 20% par la communauté d’agglomération du Grand Rodez. Après la notification du marché à la société, les travaux devraient débuter d’ici la fin de l’année 2011 pour s’achever fin 2012. A noter que 40% du marché devrait être sous-traité auprès d’entreprises locales.

Le comité de pilotage chargé du suivi du chantier a été mis en place récemment, par Mme Polvé-Montmasson, préfète de l’Aveyron. La nouvelle prison devrait être opérationnelle au plus tard en juin 2013. Le vieux serpent de mer de la prison de Rodez devrait enfin devenir réalité…  Ouf, enfin un dossier débloqué !


Primaire socialiste : un premier débat pour le moins décevant

19 septembre 2011

Que dire de ce premier débat, très encadré et chronométré, qui laissait peu de place à l’improvisation et à la spontanéité ?

Ce qui saute aux yeux, au premier abord, c’est que les candidats se sont globalement peu livrés et que l’on a surtout assisté à tout, sauf à un véritable débat de fond. Chacun des candidats ayant d’abord essayé de ne pas perdre la face plutôt que de rechercher à emporter la conviction des électeurs sur la capacité de chacun à faire face demain aux problèmes considérables qui se posent à notre pays et à l’Europe.

Globalement, on ne sait pas grand-chose de plus sur le programme des favoris à la primaire et les priorités qui seraient les leurs. On a retrouvé quelques banalités, communes aux candidats de droite, du centre et de gauche : réduire la dette, augmenter les impôts sur les plus riches, baisser les impôts et taxe sur les petites et moyennes entreprises, s’attaquer au chômage…

Sur les principaux sujets, les quelques 5 millions de téléspectateurs (pas tous socialistes) sont un peu restés sur leur faim :

  • sur la réduction des dépenses de l’Etat (hormis Manuel Walls, on n’a pas senti de volonté politique en ce sens, bien au contraire),
  • sur la réduction du nombre de fonctionnaires en général (on est resté discret, même si François Hollande n’a pas pu s’empêcher de promettre la création de 60 000 agents dans l’éducation nationale – un dérapage ?),
  • sur l’évolution des impôts (la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, avec mise en place de la retenue à la source et élargissement de l’assiette y compris aux retraités, proposée par Manuel Walls, est intéressante mais pas nouvelle),
  • sur la remise en cause de la retraite à 60 ans (le PS semble finalement faire marché arrière, même si Martine Aubry continue à affirmer qu’elle sera remise en cause pour certaines catégories de salariés – un progrès puisque qu’elle avait affirmé, il y a quelques mois, vouloir la remettre en cause dans sa globalité),
  • sur la croissance et l’emploi (on a pas été convaincu),
  • sur la réduction de la part de l’énergie nucléaire (beaucoup de promesses, surtout de la part de Mme Aubry, mais on se garde de dire comment y parvenir sans déstabiliser notre économie)

Espérons que les prochains débats permettront d’aller beaucoup plus loin et que les candidats seront en mesure de proposer un véritable programme, basé sur les réalités actuelles de la France et non celles d’il y a 30 ans. Les français attendent du concret et du réalisme et non quelques généralités.

Si dans ce premier débat François Hollande a montré une certaine détermination à s’affirmer en tant que candidat, Martine Aubry est apparue peu à l’aise et spontanée, quelque peu figée dans une posture de 1ère secrétaire, gardienne de la doctrine socialiste.

Le grand gagnant de ce premier débat est indiscutablement Manuel Walls. L’outsider a développé avec beaucoup de spontanéité et de réalisme les priorités qui seraient les siennes s’il était investi de la fonction suprême. La cohérence et le pragmatisme de son projet tranche singulièrement avec le programme socialiste et de ses principaux concurrents, quelque peu déconnectés de la réalité d’aujourd’hui. Nul doute que la relative jeunesse de ce fin politique, homme de terrain s’il en est, ne manquera pas de séduire, par delà les socialiste, de nombreux français.


La France va prochainement ouvrir son réseau mobile à haut débit 4G / LTE

15 septembre 2011

L’appel à candidature pour les fréquences 4G a été lancé par l’Arcep il y a quelques mois. Le processus d’attribution définitif des licences interviendra courant 2012. Deux groupes de fréquences seront proposés : 4 blocs concernant la bande des 800 MHz et 15 blocs sur la bande des 2,6 GHz. Au total, le gouvernement compte dégager 2,5 milliards d’euros de l’attribution de ces nouvelles fréquences 4G. Les dossiers doivent être remis avant le 15 septembre 2011 pour la bande des 2,6 GHz et avant le 15 décembre 2011 pour la bande des 800 MHz. On peut s’attendre à ce que ces blocs de fréquences soient équitablement répartis entre Orange, SFR, Bouygues Télécom et Free Mobile.

Selon Eric Besson, le ministre notamment chargé de l’économie numérique, l’appel à candidatures devra répondre à trois objectifs essentiels :  « La couverture des territoires, l’accroissement de la concurrence et la valorisation du patrimoine immatériel de l’État ».

Avec la démocratisation des smartphones et l’explosion de la consommation data, la 4G est très attendue en France, comme en Europe. Elle est d’ores et déjà opérationnelle aux USA, Japon, Suède, Norvège et Corée-du-Sud notamment. La forte augmentation des débits va permettre le développement d’une véritable économie mobile et stimuler de nombreuses activités aux quatre coins du pays. Egalement dénommée LTE, la 4G promet des débits sans commune mesure avec la 3G, et même la 3G+, avec des premiers déploiements de l’ordre de 100 Mbits et probablement beaucoup plus ultérieurement. Dans un premier temps, les débits devraient multipliés par quatre et la latence divisée par deux en 4G, par rapport aux performances de la 3G+ actuelle. Ce qui n’est pas mal pour un début.

Pour autant, la 4G ne sera mise en service que très progressivement à partir de la fin 2012, en priorité dans les zones urbaines les plus denses. D’ailleurs, à ce jour, la quasi-totalité des smartphones vendus en France ne supportent pas la 4G.

N’oublions pas que la 3G et 3 G+ (UMTS/HSDPA) ne couvrent mi 2011 qu’à peine 85% de la population alors qu’elle est déployée en France depuis prés de 7 ans déjà. Encore existe-t-il des différences importantes de couverture d’un opérateur à un autre. En 2010, l’ensemble des 3 réseaux 3G+ (HSDPA) proposaient des débits de 7.2 Mbits. SFR proposerait même un débit de 14.4 Mbits à 76% de la population, mais aussi du 21 Mbits dans les grandes villes. Des débits supérieurs sont expérimentés jusqu’à 48 Mbits, signe de l’amélioration progressive des débits 3G+ (HSPA).

Pour autant, ne rêvons pas, les zones rurales, à la population clairsemée, ont peu de chance de disposer un jour des plus hauts débits, mais du 7.2 Mbits n’est pas si mal en attendant la 4G et son minima de 100 Mbits. En Aveyron, les villes de Rodez et Millau n’ont été couvertes par la 3G qu’en 2007 et, au jour d’aujourd’hui, moins de 75% de la population du département bénéficie de la 3G/3G+. Cette couverture varie énormément d’un opérateur à un autre en Aveyron plus qu’ailleurs. Au vu des investissements, on ne peut espérer la 4G sur Rodez et Millau guère avant 2013, voire 2014. Tout dépendra de la vitesse de déploiement par les opérateurs et donc du niveau d’investissement.

A noter que Free Mobile, qui dispose également d’une licence nationale Wimax, parallèlement à son futur réseau 4G, pourrait également déployer un réseau Wimax, moins couteux, pour accélérer sa couverture nationale en haut débit mobile et ainsi mettre la pression sur ses concurrents, tout en limitant ses investissements. Avec quatre opérateurs mobiles, vu les enjeux financiers colossaux, la concurrence dans le domaine des hauts débits mobiles devrait être au rendez-vous en France. Une bonne nouvelle pour l’ensemble des consommateurs particuliers et professionnels.


France : l’urgence à engager une véritable politique de rigueur pour équilibrer les finances publiques

12 septembre 2011

Le dernier budget français en équilibre remonte de 1974, date du premier choc pétrolier.  Voici donc plus de 35 ans que le budget français présente un déficit en augmentation constante au fil des années. Ces déficits trouvent leur origine principalement dans l’incapacité des divers gouvernements à réduire les dépenses publiques, mais s’expliquent aussi par un déficit structurel lié à une étatisation excessive du pays qui génère à lui seul certains surcoûts. En 2010, plus de la moitié des dépenses de l’Etat français concernaient le paiement des seuls fonctionnaires, ce qui constitue un record mondial pour un pays développé.

Dans ces conditions, difficile de revenir à l’équilibre budgétaire sans une réforme en profondeur de l’Etat car la RGPP et le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux ne sauraient suffire. Contrairement à ce que voudraient laisser croire certains, l’important déficit public actuel reste très largement imputable à la crise financière mondiale plutôt qu’à la politique du gouvernement de François Fillon. Pour preuve, il a été contenu jusqu’en 2008, avant d’exploser sous le coup des plans d’aide aux banques et autres plans de relances, mais aussi du fait de la chute vertigineuse  de la croissance et des rentrées fiscales.

N’oublions pas  la lourde responsabilité des gouvernements passés, y compris socialistes, qui avaient bénéficié à certains moments d’une forte croissance qui aurait du permettre une réduction des déficits et de la dette. Comme toujours, le court terme l’emporte. Il est plus facile de laisser croître la dette et distribuer généreusement les revenus de la croissance plutôt que de réduire les dépenses, et plus généralement le train de vie de l’Etat. Résultat, la dette de la France représente aujourd’hui plus de 84% du PIB.

Au fil des ans,  la charge de la dette porte de plus en plus sur les générations futures. Face à cette situation, dans de nombreux pays européens, certains hommes politiques montent au créneau pour que soit inscrit dans la Constitution le principe du retour progressif à l’équilibre définitif et obligatoire des finances publiques. En ce sens, un projet de loi de réforme constitutionnelle a été adopté par le Parlement français en date du 13 juillet 2011. Selon Bercy, cette loi viserait à mieux encadrer la trajectoire budgétaire. Des planchers de recettes et des plafonds de dépenses seraient fixés annuellement. Les budgets proposés par le gouvernement et votés par le Parlement devraient ensuite se conformer à cette « règle d’or », sous peine d’être annulées par le Conseil constitutionnel.

Certains pays européens ont déjà inscrit la « règle d’or » dans leur constitution ; c’est le cas en Allemagne, …. A son tour, le gouvernement socialiste espagnol, soutenu par l’opposition du Parti Populaire, vient d’inscrire la règle d’or dans la constitution à une large majorité de son Parlement et l’Italie devrait suivre. En France, les socialistes (à l’exception de Manuel Walls) ne souhaitent pas l’instauration d’une telle règle, au moins avant la présidentielle de 2012. Bien étrange attitude des socialistes français ! Pourquoi attendre pour adopter une règle de bonne gestion qui devrait, à l’avenir, permettre de mieux encadrer les déficits publics ? Serait-ce parce que le parti socialiste n’entend pas se conformer à cette discipline budgétaire si demain il devait exercer le pouvoir ? Devant cette levée de bouclier, il semble que le président de la République ait décidé de reporter cette question après les élections. Il est vrai que cette question est tout à fait secondaire et qu’elle ne règle rien.

Pour autant, combien de temps va-t-on laisser croire aux français qu’on peut continuer à laisser filer nos déficits et notre dette, sans réduire drastiquement nos dépenses publiques ? L’Allemagne y est parvenue ces derniers mois, même si c’est avec une croissance plus importante, sans pour autant que le pays soit moins bien administré et géré. Alors, pourquoi pas la France ?

On ne peut que regretter le manque d’unanimité politique en matière de lutte contre les déficits ; ce qui, à l’approche d’une élection importante, laisse à penser que la France n’est toujours pas décidée à s’attaquer à ce fléau qui mine le pays. Que cela plaise ou non, tous les français devront pourtant passer à la caisse à hauteur de leurs moyens et rien ne sert d’attendre… L’ampleur de la crise des finances publiques l’impose. Et il va falloir frapper fort.

L’urgence est telle que la majorité des niches fiscales risque devrait être remise en cause et l’impôt sur les hauts revenus nettement revu à la hausse, tout comme l’augmentation de la TVA. A cela il faudra nécessairement ajouter une bonne pincée de réduction des dépenses publiques et d’amaigrissement de l’Etat. Voilà le seul programme possible pour le prochain gouvernement issu de l’élection présidentielle de 2012. A moins que Nicolas Sarkozy, devant l’urgence, oublie la prochaine échéance électorale pour se consacrer exclusivement à la résorption  de la crise financière actuelle, en engageant une politique d’austérité sans précédent pour rétablir les finances publiques. Ce serait un beau challenge qui honorerait la fonction présidentielle et par delà, l’homme. Mais le veut-il et le peut-il ? Devant tant d’obstacles, à commencer par celui des parlementaires de la majorité plus préoccupés par leur réélection que par le devenir de la France, c’est pas gagné.

Quoi qu’il en soit, français, le pire est à venir ! Les choses sont aujourd’hui très claires pour la France. Présidentielle ou pas, le programme est simple : labeur, sueur et larmes.

Plus d’infos :

Le livre du mois  : « L’échéance : français, vous n’avez encore rien vu » par François de Closets et Irène Inchauspé (31 août 2011 – Fayard)