France : La réalité sur ces « pauvres et malheureux retraités » qui seraient les mal-aimés

8 octobre 2018

Ces derniers mois, les médias français ont fait leurs choux gras sur le mécontentement de certains retraités qui s’estiment injustement pénalisés par le gouvernement de M. Edouard Philippe. De leur côté, les opposants politiques s’en sont également donné à cœur joie en dénonçant la « maltraitance des retraités » par un gouvernement qui n’hésiterait pas à « faire les poches de ces pauvres et malheureux retraités » pour faire rentrer quelques recettes fiscales.

Quels sont les retraités soumis au supplément de CSG depuis début 2018 ?

Rappelons tout d’abord que sont totalement exonérés de CSG & CRDS les retraités dont le revenu fiscal de référence 2017 est inférieur à 11 018 € pour une part ou 16 902 € pour 2 parts, ainsi que les titulaires de l’allocation supplémentaire d’invalidité, de l’allocation de solidarité aux personnes âgées ou de l’allocation veuvage. Par ailleurs, le taux réduit de la CSG de 3.8% est resté inchangé en 2018 pour les pensions supérieures au seuil d’exonération et mais inférieures au revenu fiscal de référence 2017 de 14 404 € pour une personne seule ou 22 096 € pour 2 parts. Ces seuils pouvant être majorés sensiblement en fonction des ½ parts supplémentaires auxquelles peut prétendre le foyer.

Jusqu’en 2017, les retraités dont le revenu fiscal de référence est supérieur au seuil de 14 404 € pour une part ou 22 096 € pour deux parts, étaient taxés à la CSG au taux plein de 6.6%. Depuis janvier 2018, ces mêmes retraités sont également assujettis à un supplément de CSG au taux de 1.7% suite à la décision prise par le gouvernement dans le cadre de la loi de finances pour 2017. Ainsi, pour cette seule catégorie de retraités, le taux de retenue au titre de la CSG est passé à 8.3%.

A titre de comparaison, pour les actifs, le taux de CSG s’établit à 9.2% en 2018. Un taux qui reste donc inférieur pour les retraités.

Si l’augmentation de la retenue au titre de la CSG de 1.7% est loin d’être négligeable pour les retraités situés au niveau du seuil dont les pensions sont comprises entre 1 300 € et 1 800 € par mois, c’est loin d’être le cas pour de nombreux retraités dont la pension mensuelle dépasse 1 800 € et bien plus. Si erreur il peut y avoir eu de la part du gouvernement, c’est d’avoir retenu un seuil relativement bas pour l’application de la majoration. En effet, certaines petites retraites sont parfois complétées par quelques revenus annexes (revenus fonciers liés à la location d’un appartement par exemple ou poursuite d’activité) qui s’ajoutent à la pension et ont ainsi fait dépasser le seuil de 1 300 € ou 2 000 € du revenu fiscal de référence.

Les raisons de l’instauration d’une augmentation de 1.7% de la CSG pour certains retraités

L’augmentation de la CSG pour les retraités en 2018 n’a donc concerné qu’un certain niveau de pensions, souvent bien supérieur aux revenus dont disposent une majorité de salariés, parfois jusqu’à leur retraite. Au final, c’est environ 60% des retraités qui sont impactés par cette augmentation de la CSG en 2018 : le reste des retraités étant soit exonérés, soit restant assujettis au taux réduit de 3.8%.

En contrepartie de cette hausse de la CSG pour les retraités, les salariés du privé ne paient plus de cotisation de maladie et de chômage depuis d’octobre 2018, date d’entrée en vigueur du plein effet de la mesure. De fait, leur salaire net devrait augmenter de l’ordre de 1.45% (la hausse de la CSG ne compensant que partiellement la baisse des cotisations). Enfin, à partir de 2019, les créateurs d’entreprises seront également exonérés de ces mêmes cotisations sociales. Ainsi, pour une personne payée au SMIC, le salaire net devrait augmenter de l’ordre de 135 € par an en 2018 et 263 € en 2019, en année pleine.

Le but avoué du gouvernement n’est autre que d’augmenter les revenus des salariés les plus modestes et notamment les plus jeunes qui disposent trop souvent de revenus insuffisants pour assurer leurs besoins élémentaires. On appelle aussi cela la solidarité entre les générations. Il faut bien reconnaître qu’une partie des retraités français sont plutôt bien lotis sur le plan financier au regard des plus jeunes, dont d’ailleurs les retraites sont aujourd’hui très loin d’être assurées à l’horizon de 10/20 ans et sera nécessairement beaucoup moins favorable que pour les retraités d’aujourd’hui.

Probablement conscient d’avoir mis le seuil un peu trop bas, le gouvernement a prévu un rééquilibrage du dispositif initial dans le cadre de la loi de finances pour 2019 visant à exonérer d’augmentation de CSG près de 350 000 foyers supplémentaires dès l’an prochain. Concrètement, seuls les foyers ayant dépassé plus de deux années consécutives le seuil prévu, seront assujettis au supplément de cotisation de 1.7%.

En ces temps de vaches maigres pour les finances publiques et la majorité des salariés, la décision d’augmenter la CSG pour les retraités les mieux lotis est justifiée, courageuse et de bon sens. Il serait temps que certains retraités notamment parmi les plus privilégiés, soutenus par les médias et les opposants de tous bords, cessent de se considérer comme des victimes dans cette affaire !

Globalement, les retraités français restent parmi les mieux lotis d’Europe

En France, prés des deux tiers des retraités sont propriétaires de leur logement contre environ un tiers des salariés seulement. La majorité des retraités dispose par ailleurs de revenus disponibles conséquents qui leur permettent généralement un niveau de vie tout à fait acceptable, supérieur à des nombreux salariés. Outre le fait que la France soit le pays de l’OCDE où les retraités partent le plus tôt (surtout chez les hommes) entre 60 et 62 ans, de nombreuses études confirment que ces derniers, notamment ceux âgés de plus de 65 ans, ont le niveau de vie le plus élevé par rapport à l’ensemble de la population (ratio de 103% contre 88% seulement en moyenne pour les pays de l’OCDE).

Parallèlement, la France est le pays ou l’espérance de vie au moment de la retraite reste la plus élevée d’Europe, soit en 2017 de 28 ans pour les femmes et 24 ans pour les hommes. Dans un tel contexte, alors même que les jeunes générations, et notamment les enfants et petits-enfants ne sont pas assurés d’avoir une retraite décente, quoi de plus normal que d’avoir demandé un tout petit effort à certains retraités parmi les plus à l’aise dans la vie, au titre de la solidarité ?

Preuve que l’excellent niveau de vie d’une majorité de retraités, ce sont aujourd’hui ces derniers qui font le succès des croisiéristes et des voyagistes en général. Dés les beaux jours, il suffit également de regarder les hordes de campings-caristes qui sillonnent l’Europe. Il s’agit dans l’immense majorité de retraités plutôt aisés puisque ce genre de véhicule représente à lui seul un investissement conséquent de l’ordre de 50 000 € à 100 000 € que même la plupart des salariés en fin de carrière ne peuvent hélas se payer.

Certains retraités devraient faire preuve d’un peu plus de générosité et d’humilité. Cessons de pleurnicher sur le sort des retraités français car la majorité d’entre eux ne sont pas à plaindre au regard de la situation de nombreux français qui ont du mal à boucler les fins de mois !

Sans oublier qu’au final, d’ici 2020, l’ensemble des français et donc des retraités se verra totalement et définitivement exonéré de taxe d’habitation pour leur résidence principale, soit entre 800 € et 2 500 € en moyenne par an de gain contre un surcoût de CSG de 200 € à 600 € par an. De quoi largement compenser l’augmentation de la CSG.

Quand les politiciens en manque d’imagination tentent de surfer sur la vague de mécontentement de quelques retraités

Une fois de plus, à défaut de proposer un véritable projet politique alternatif crédible qui permettra au pays d’affronter les difficiles années à venir, la plupart des dirigeants politiques d’opposition, y compris les représentants des partis de gouvernement comme les Républicains ou le PS, jouent les vierges effarouchées auprès des français et des médias, allant jusqu’à parler de « racket et de maltraitance » de la part du gouvernement, à l’égard des retraités. Tout cela est grotesque… Le populisme encore et toujours !

Ces mêmes dirigeants politiques ont la mémoire bien courte, eux qui étaient au gouvernement ces dernières décennies et qui ont été incapables de réformer le pays en renonçant, par manque de courage, à engager les réformes indispensables à la modernisation, assurer l’équilibre des finances publiques et la réduction de la dette qui mine le pays pour longtemps.

Si les français se disent au prime abord favorables aux réformes, c’est bien entendu sous réserve qu’elles ne remettent pas en cause leurs petits avantages personnels. En bons gaulois, le français est par nature réfractaire au changement et pense d’abord à lui-même. L’avenir du pays et des générations futures n’est pas sa préoccupation première. Eh oui, en France, réformer c’est nécessairement faire des mécontents, surtout quand les marges de manœuvres financières sont inexistantes du fait de la mauvaise gestion antérieure.

Comme pour le reste, les précédents gouvernements n’ont pas été capables de mettre en place un système de retraite pérenne pour les prochaines décennies. On s’est contenté de simples ajustements à court terme par manque de courage politique. Chacun le sait pourtant, la véritable réforme des retraites passe nécessairement par le report de l’âge légal de la retraite de 62 ans à 65 ans, dans un premier temps, comme l’ont fait la plupart des pays où l’espérance de vie des retraités est pourtant bien moindre qu’en France.

Laisser entendre que les retraités français d’aujourd’hui sont les laissés pour compte, abandonnés à leur triste sort par le gouvernement, est purement scandaleux de la part d’élus responsables. La majorité des 60% de retraités qui a dû supporter l’augmentation de la CSG début 2018, est globalement titulaire de pensions de retraites qui les mettent à l’abri du besoin jusqu’à la fin de leur vie. Cette hausse sera d’ailleurs largement compensée par la prochaine disparition de la taxe d’habitation pour les résidences principales. C’est aussi cela la solidarité entre les générations.

N’oublions pas que le gouvernement a également prévu une augmentation sensible des petites retraites, non concernées par l’augmentation de la CSG. Pour le reste, même si la revalorisation des pensions sera sensiblement inférieure au niveau de l’inflation en 2019 et pour l’avenir, la situation de la majorité des retraités reste actuellement satisfaisante au regard de la pauvreté qui progresse chez les jeunes notamment.

Passe que la presse tente de s’attirer la sympathie des retraités avec des titres racoleurs du style « Le gouvernement essore les retraités » mais que les politiques accusent le gouvernement de « faire les poches des retraités ou de les maltraiter » est purement et simplement inacceptable. Que ne ferait-on pas pour tenter d’affaiblir le gouvernement et s’attirer le vote des retraités ?

Les réformes impliquent nécessairement des efforts pour tous les français. Laisser croire le contraire est irresponsable. Ce n’est pas ainsi que la France va se sortir des difficultés qui sont les siennes du fait des errements et renoncements des précédents gouvernements. Chacun le sait, le populisme conduit à une impasse politique, pour ne pas dire au chaos. Les exemples sont hélas nombreux. Est-ce cela que veulent les français ?

Publicités

France : Moins de 3 mois après la limitation de vitesse à 80 km/h, les accidents de la route sont enfin en baisse sensible

15 septembre 2018

Depuis que le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé la mise en œuvre de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes à double sens de circulation, sans séparateur de voies, les associations d’automobilistes et de motards, suivies par certains d’élus locaux et de parlementaires, se sont lancés dans une vaste campagne de dénigrement et d’opposition systématique en avançant des arguments totalement faux et éculés. La preuve que pour quelques poignées d’excités de la route, la jouissance égoïste de la vitesse au volant compte plus que les dizaines de milliers de victimes innocentes des accidents de la route.

Probablement pour tenter de s’attirer la sympathie de quelques lecteurs ou auditeurs supplémentaires, nombre de médias ont d’ailleurs relayé, parfois sans retenue, une argumentation pour le moins fantaisiste et dénuée du moindre fondement. Comment peut-on s’opposer à une loi qui vise plus précisément à protéger la vie des personnes ? Le populisme le plus absurde et rétrograde apparaît ici au grand jour et montre son plus mauvais visage.

Dans ce dossier, le gouvernement a fait preuve de lucidité et de beaucoup de courage face aux lobbies de la route de tous poils. Il a pris en compte l’intérêt général et notamment l’avis de celles et ceux qui sont les victimes des accidents de la route et qui en paient le prix fort, dans la plus grande indifférence d’une minorité d’automobilistes et d’élus qui font montre d’un profond mépris pour la vie d’autrui.

Le seul objectif pour la loi : réduire le nombre de victimes de la route en abaissant la vitesse à 80 km/h sur les routes les plus accidentogènes

Parmi les missions régaliennes de l’Etat, il y a celle d’assurer la santé et la sécurité des français, y compris sur les routes. Le fléau des accidents de la route n’est en effet en rien une fatalité. Contrairement à de nombreux pays européens, le nombre de victimes de la route reste en France à un niveau inacceptable et constitue à ce titre un réel problème de santé publique. Outre les terribles traumatismes que subissent la dizaine de milliers de victimes annuellement (morts ou handicapés à vie) et leur famille, s’ajoute un coût exorbitant pour la collectivité. Pour ces raisons, il est du ressort de l’Etat, et de lui seul, de tout mettre en œuvre pour réduire au strict minimum le nombre de victimes.

Toutes les études le montrent, à un degré divers, la majorité des accidents de la route sont dus à une vitesse inadaptée, sur des routes souvent à grande circulation à doubles sens de circulation. A cet égard, les nationales et les grandes routes départementales à deux voies, situées en zone rurale, sont en cause dans la majorité des accidents de la circulation en France. De ce seul point de vue, les élus départementaux en charge des infrastructures auraient dû se féliciter d’une telle mesure qui va épargner la vie d’un grand nombre de leurs concitoyens.

Depuis maintenant plus de 4 ans, l’augmentation du nombre de victimes correspond à un moindre respect des limitations de vitesse par les automobilistes. On sait aussi que plus la vitesse est élevée, plus les accidents de la route sont graves. D’ailleurs les chiffres officiels sont hélas très clairs : après une décennie de baisse, ces dernières années où la vitesse moyenne a sensiblement augmenté, le nombre d’accidents de la route n’a cessé de progresser inexorablement et corrélativement, le nombre de tués et de blessés graves.

En 2017, selon l’observatoire national interministériel de la sécurité routière 3 684 personnes ont perdu la vie lors de 58 613 accidents corporels, et plus de 73 384 personnes ont été blessées, dont 27 732 ont dû être hospitalisées, parmi lesquelles 10% conservera des séquelles lourdes. Parmi les victimes en forte augmentation, on trouve les cyclistes et les motocyclistes.

C’est sur la base de ce constat d’augmentation des accidents de la route et du non-respect des vitesses autorisées et à la demande des associations de victimes d’accidents de la route que le gouvernement a pris ses responsabilités et décidé de baisser la vitesse à 80 km/h, de manière uniforme, sur les routes les plus accidentogènes du pays.

Fin juin dernier, le Premier ministre Édouard Philippe avait indiqué clairement : « L’objectif, c’est de faire en sorte qu’il y ait moins de morts et moins de blessés graves », soit au moins 300 à 400 vies sauvées sur une année et des milliers de blessés en moins A terme, l’objectif est de ramener le nombre de tués aux alentours de 2 000 par an, comme chez la plupart de nos voisins européens. Une décision qui ne peut qu’être approuvée par les français de bon sens, attachés à la vie.

C’est ainsi que le 1er juillet 2018 est entrée en vigueur la nouvelle limitation de la vitesse à 80 km/h sur près de 400 000 km de routes non pourvues de séparateur central.

Les premiers résultats de la limitation de vitesse à 80 km/h très encourageants

Le nombre de morts sur les routes métropolitaines a baissé sensiblement en août 2018 avec seulement 251personnes tuées, soit un recul de 15.50% par rapport au mois d’août 2017. Parallèlement, le nombre de personnes hospitalisées suite aux accidents du dernier mois sont également en baisse de 13.30%.

La baisse s’était d’ailleurs accentuée depuis mai dernier ; preuve s’il en est que la fermeté à l’égard des infractions routières paye. Selon Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière : « On a énormément parlé de sécurité routière et plus on parle de sécurité routière, plus on a de bons résultats » rappelant toutefois qu’il faudra « se donner du temps pour voir » les effets précis de l’abaissement de la limitation.

Depuis mai 2018, ces chiffres confirment la tendance à la baisse de la mortalité routière en France. Avec (-8,4 %) en mai, (-9,3 %) en juin et (-5,5 %) en juillet, pour la première fois depuis 4 ans, la tendance à l’augmentation du nombre de victimes de ces dernières années s’est nettement infléchie. A ce stade, les résultats sont pour le moins encourageants, mais encore faut-il que l’Etat poursuivre ses efforts pour faire respecter la loi sur les routes françaises en continuant à installer des radars automatiques de plus en plus performants et en veillant à ce que les forces de l’ordre et la justice fassent preuve de la plus grande fermeté à l’encontre des délits routiers les plus importants (excès de vitesse important, conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de drogues, téléphone au volant, comportements dangereux, destruction de radars…).

Les quelques motards et automobilistes récalcitrants, opposés par principe à la limitation de vitesse sous toutes ses formes qui n’ont de cesse de se plaindre de la forte augmentation des contraventions pour excès de vitesse, devront tôt ou tard se rendre à l’évidence. La vitesse tue et traumatise à vie des dizaines de milliers de familles tous les ans. Le seul moyen de faire baisser significativement le nombre de victimes est de faire respecter scrupuleusement la loi sur les routes, à commencer par les limitations de vitesse. Ce n’est pas l’attitude imbécile que quelques poignées d’automobilistes qui tentent de détruire ou mettre hors service quelques radars automatiques qui changera quelque chose à la détermination de l’Etat à faire appliquer la loi sur la route comme ailleurs.

Si certains automobilistes trouvent les sanctions financières et administratives liées à leurs infractions trop lourdes, qu’ils fassent comme la majorité des conducteurs qui se confortent à la réglementation routière et ne supportent aucune sanction d’aucune sorte. Les choses sont d’autant plus simples qu’il existe aujourd’hui sur la majorité des véhicules, y compris les plus puissants, des régulateurs ou limiteurs de vitesse très efficaces en attendant mieux !

Le comportement citoyen des automobilistes doit s’imposer progressivement pour les routes françaises redeviennent un lieu de respect de la vie, plutôt que de mort ou handicap. Quoi de plus normal dans un pays qui se dit développé ?


France : Quand la démagogie et le populisme poussent certains élus à oublier l’essentiel

2 juillet 2018

Face à une concurrence mondiale exacerbée et à la force pression des migrants économiques d’Afrique et des pays en guerre, la France et l’Europe connaissent une forte poussée du nationalisme et du populisme en général.

En France, le nouveau président élu en mai 2017 hérite d’une situation économique, sociale et budgétaire particulièrement dégradée, avec au final très peu de marges de manoeuvres. Malgré les difficultés, sa première année de mandat paraît pourtant encourageante au vu des nombreuses réformes engagées, avec une véritable vision à moyen et long-terme de l’avenir, comme il y a bien longtemps dans ce pays. Pourtant, même les mécontents du fonctionnement actuels s’opposent à la moindre réforme ou changement dés que le pouvoir veut faire bouger les lignes.

Privilégier l’intérêt général plutôt que de sombrer dans le populisme en vue d’assurer sa réélection

Les français sont en effet de grands râleurs et de véritables conservateurs dans l’âme, quitte à scier la branche sur laquelle ils sont assis. Eh oui, trop souvent, le français pense avoir raison tout seul, contre tout le monde. Et pas que les parisiens ! Lui d’abord et les autres après ! Difficile dans ces conditions de faire avancer le pays. Pourtant, être élu, c’est d’abord être responsable et préparer le meilleur avenir pour le plus grand nombre et non prendre des décisions en fonctions de ses petits intérêts personnels en vue de sa réélection.

Ces dernières décennies, on ne peut pas dire que nos dirigeants et représentants des principales formations politiques français aient fait preuve d’un grand courage, à l’exception peut-être de Nicolas Sarkozy qui a largement contribué à contenir la crise financière de 2008 qui aurait pu aboutir à un véritable désastre mondial. Du coup, tout le reste de son mandat a été plombé par la crise qui s’en est suivie mais que les français ont superbement ignoré, du fait des amortisseurs sociaux qui en ont limité l’impact.

Emmanuel Macron, malgré l’ampleur des difficultés, a le mérite de faire bouger les lignes en imposant avec un certain courage, une autre manière de gouverner, avec un véritable projet et une vision qui faisait tant défaut jusqu’alors aux politiques. En cela, le sursaut politique généré pourrait être salvateur, tellement la classe politique française semble dépassée, sclérosée et impuissante.

Aujourd’hui, la droite, comme le centre et la gauche, n’ont hélas aucun projet à proposer pour demain. Ils pilotent à vue alors que le monde traverse probablement la plus grosse tempête de son histoire et que le pays et l’Europe menacent de se disloquer à la moindre vague. Pourquoi tant d’inertie, d’immobilisme et de conservatisme ? Pourquoi ne pas entendre la souffrance de nombreux français face à la mondialisation et à l’explosion de l’immigration économique ? Gouverner c’est prévoir, assurer la sécurité des français et préparer l’avenir.

Les partis traditionnels doivent cesser d’être obnubilés par les prochaines échéances électorales et leur réélection. Le courage, c’est au contraire défendre un programme cohérent et crédible qui prépare le pays au futur. C’est plus important que l’avenir d’un parti ou d’une personne ! Pour cela, il faut assumer son programme, même impopulaire, comme l’avait fait en son temps, Gerhard Schröder le chancelier allemand qui fût balayé d’une courte tête en 2005 face à Angela Merkel, après avoir engagé des réformes sans précédent. Une partie de son électorat ne lui a pas pardonné les sacrifices imposés et pourtant, son courage a permis de sauver l’Allemagne d’une période difficile et lui vaut aujourd’hui d’avoir l’une des économies mondiales les plus dynamiques, avec un taux de chômage parmi les plus bas d’Europe et un budget largement excédentaire. L’Allemagne et Angela Merkel ne peuvent que le remercier.

La France attend aujourd’hui son Schröder pour remettre le pays en marche après avoir fait la cigale durant des décennies.

La France a de nombreux défis à surmonter. Pourtant, les opposants au président Macron n’ont hélas rien à proposer, si ce n’est de caresser les français dans le sens du vent. Mais qu’ont-ils fait durant leurs mandats respectifs : rien ou si peu et surtout beaucoup d’électoralisme en vue de leur réélection ! On en voit aujourd’hui le triste résultat.

Le pragmatisme et le bon sens doivent l’emporter sur la démagogie

Nombre de parlementaires et autres responsables politiques de l’opposition ne cessent de dénoncer la dérive des déficits publics et de la dette, en exigeant des mesures réelles d’économie budgétaires du nouveau gouvernement, estimant les mesures prises insuffisantes. Or, une telle exigence est d’autant plus surréaliste que, pour la première année en 2017, le déficit budgétaire est passé sous les seuil de 3% du PIB alors que lorsqu’ils étaient aux affaires, les déficits et la dette n’ont au contraire cessé d’augmenter pour atteindre les records d’aujourd’hui. Ils ont manifestement la mémoire courte.

Dans le même genre, le gouvernement de M. Philippe a voté une loi de programmation militaire qui prévoit de porter à 2% du PIB le budget de la défense en 2022, afin de faire face aux besoins d’une armée moderne et opérationnelle. C’est un niveau qui n’avait pas été atteint depuis des décennies car les gouvernements précédents avaient sacrifié la défense sur l’autel de l’austérité. Certains semblent aujourd’hui l’oublier !

Afin de réduire la dette colossale qui atteint 97.6 % du PIB, le gouvernement s’est engagé à réduire sensiblement les dépenses de fonctionnement de l’Etat. Il a également demandé aux 320 principales collectivités territoriales (régions, départements, villes & agglomérations de + 50 000 h…) de faire elles-aussi des efforts substantiels en réduisant de 2.6 milliards d’euros par an leurs dépenses de fonctionnement : soit environ de 1.2% hors inflation. Ce qui est finalement peu et correspond à un simple effort de maîtrise des dépenses de fonctionnement que toute collectivité devrait avoir à cœur de réaliser. Pourtant, à ce stade, aussi surprenant que cela puisse paraître, seules 70% des collectivité ont contractualisé avec l’Etat. Parmi les 30% qui ont refusé, on trouve une minorité de collectivités de droite, du centre et de gauche, prétextant une atteinte à l’autonomie des collectivités. Comment reprocher à l’Etat ce que l’on refuse de faire soit même, au nom de la réduction des déficits et de la dette ? Qu’en pensent les français ?

Que dire aussi de ces trop nombreuses collectivités qui embauchent sans compter et investissent dans des projets si peu structurants et utiles en bénéficiant massivement de subventions d’Etat ? Que dire des équipements multiples et en doublons, généralement sous utilisés dans de nombreuses agglomérations au nom de l’indépendance des communes ? A quand la fusion des communes qui permettra d’importantes économies budgétaires et une plus grande efficacité au service des populations et des entreprises ? Quand les élus locaux sauront-ils regarder l’avenir de leur collectivité et non celle du clocher de leur village ? Le monde a changé durablement. Il serait temps que les élus locaux le comprennent et sortent de leur petite bulle ! L’argent va se faire de plus en plus rare et le temps de l’augmentation des impôts locaux est révolu.

Quand certains politiques oublient leur raison d’être : défendre l’intérêt général et donner l’exemple

Comment ne pas évoquer certaines réactions irresponsables suite à mise en place par le Premier ministre de la réduction de la vitesse à 80 km/h. Face au nombre élevé de victimes d’accidents de la route, cette mesure phare n’a qu’un seul but : réduire drastiquement de l’ordre de 400 tués et plusieurs milliers de blessés et handicapés par an, sur les routes départementales disposant de chaussées sans séparateur central à partir du 1er juillet 2018. Une décision courageuse sachant que la politique de sécurité routière relève en France de l’Etat car il s’agit d’un problème de santé publique qui coûte extrêmement cher à la collectivité en vies humaines, en blessés et handicapés et bien sûr sur un plan financier.

Les statistiques des accidents de la route permettent en effet d’établir que près de la moitié des accidents de la route ont principalement pour origine la vitesse et que ces derniers ont lieu majoritairement sur des routes départementales à double sens de circulation et très peu en zone urbaine ou sur autoroute. Par ailleurs, il est scientifiquement démontré que plus on réduit la vitesse, moins les accidents sont nombreux et graves.

Malgré cela, probablement par simple esprit de contradiction mais surtout pour faire plaisir à une majorité de conducteurs (hommes !) hostiles, par principe à toute limitation de vitesse, certains élus ont tenté de s’opposer par tous moyens à cette mesure de bon sens visant à protéger la vie d’un maximum de français. Certains ont même été jusqu’à accuser le gouvernement de vouloir pénaliser les campagnes au détriment des villes ! Des arguments grotesques et indignes d’élus responsables ! En réalité, on sait que sur un trajet départemental moyen de 40 km où la vitesse moyenne ne dépasse souvent pas les 80 km/h, la perte de temps est dérisoire, voire imperceptible.

Sans oublier que les morts en France le sont principalement sur les routes départementales, si chères à ces mêmes élus !!! Quand bien même il y aurait une perte de temps de l’ordre de 1mn 30 et 3 mn par jour, que pèse ces quelques secondes au regard des centaines de vies, des milliers de blessés et handicapés épargnés ? Manifestement, certains élus s’en moquent éperdument pourvu qu’ils puissent se faire réélire par leurs électeurs. Plus grave, en mêlant leur voix aux automobilistes et autres motocyclistes opposés aux limitations de vitesse à 80 km/h décidée par l’Etat, ces élus ont donné le mauvais exemple en laissant penser aux automobilistes qu’une telle limitation de vitesse et son respect étaient aussi injustes et contestables !!! C’est tout simplement indigne d’un pays civilisé et d’élus responsables.

Hélas, en France, de nombreux exemples tendent à monter que certains élus n’hésitent pas à pratiquer le clientélisme et le populisme au détriment de l’intérêt général pour tenter de discréditer leurs adversaires, plutôt que de faire des propositions constructives ou soutenir des dispositions qu’ils partagent par-delà les clivages politiques traditionnels. Pas sûr que ce soit là la meilleure méthode pour rendre la parole politique audible et crédible. Dans ces conditions, ne nous étonnons pas que le nationalisme et autre populisme gagne du terrain de jour en jour !

Faire de la politique, c’est d’abord faire preuve de courage, de lucidité et de vision pour demain quitte à déplaire à ses propres électeurs. Evitons de nourrir le populisme !


Pollution de l’air : la France devant la Cour de justice de l’UE pour son inaction

28 mai 2018

La menace planait depuis plusieurs années. Finalement, la 17 mai, la France vient d’être renvoyée devant la Cour de justice de l’Union européenne pour non-respect des normes de la qualité de l’air au même titre que l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, la Hongrie et la Roumanie.

Si certains efforts ont été réalisés, ils restent nettement insuffisants car la situation reste très préoccupante dans une bonne douzaine de zones soumises notamment à des niveaux de dioxyde d’azote NO2 très élevés. Les émissions d’oxydes d’azote (monoxyde d’azote plus dioxyde d’azote) apparaissent lors de la combustion de à haute température de combustibles fossiles (charbon, fuel, pétrole…). Si le monoxyde d’azote (NO) n’est pas toxique pour l’homme à faibles concentration ; à l’inverse, le dioxyde d’azote NO2 est un gaz irritant fortement toxique pour les bronches.

Le trafic automobile est responsable de plus de la moitié des émissions d’oxyde d’azote NOx, suivi par le chauffage (environ 20%).

L’OMS (Organisation mondiale de la santé) tire le signal d’alarme. Elle recommande que la concentration moyenne en NO2 de l’air respiré (moyenne mesurée sur un an) ne dépasse pas les 40 μg/m3 et préconise de ne pas s’exposer à une concentration moyenne horaire de plus 200 μg/m3.

De nombreux travaux sur des sujets allergiques ont cependant montré que la réactivité bronchique aux allergènes est augmentée en présence de concentrations modérées de NO2 avec des seuils parfois doubles de ceux préconisés par l’OMS. Les études épidémiologiques révèlent également une diminution de la fonction pulmonaire des populations exposées aux concentrations actuellement mesurées dans les grandes villes d’Europe et d’Amérique du Nord.

Pollution de l’air : un problème de santé publique majeur pour la France

Plusieurs zones parmi les plus gravement touchées par la pollution de l’air NO2 dépassent régulièrement les normes de l’OMS de 40 g/m3 en moyenne annuelle. Il s’agit de la région parisienne, Marseille, Nice, Toulon, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Valence, Vallée de l’Arve, Strasbourg, Reims, Montpellier, Toulouse et la Martinique. Si prompte à donner les leçons, la France serait bien inspirée de prendre ce grave problème de santé à bras le corps. Le pays reste l’un des plus mauvais élèves en Europe en matière de pollution de l’air.

D’ailleurs, le récent classement réalisé par Greenpeace concernant la qualité de l’air dans les capitales européennes place Paris à l’avant dernier rang, juste devant Moscou. Les capitales européennes où la qualité de l’air est la meilleure sont, dans l’ordre : Oslo, Copenhague, Zurich, Bruxelles, Vienne, Amsterdam, Madrid, Londres, Rome et Berlin… Comme par hasard, il s’agit des villes où les circulations douces (piétons, vélos) et les transports en communs sont rois et où la voiture n’est pas la bienvenue !

La mise en demeure de la Commission européenne adressée à la France fait suite à de nombreux avertissements restés sans suite ces dernières années. Compte-tenu des niveaux records de concentration de NO2 dans certaines régions françaises et européennes, il y a une véritable urgence sanitaire. Dans son dernier rapport, l’OMS rappelle en effet que la pollution de l’air tue chaque année plus de 500 000 personnes pour la seule Europe dont environ 48 000 en France.

La pollution de l’air est un tueur silencieux et redoutable. Un grave problème de santé publique que nos gouvernants et autorités sanitaires ne semblent guère prendre au sérieux depuis 10 ans..

Les mesures présentées récemment dans la feuille de route du ministre de la transition écologique Nicolas Hulot n’ont pas convaincu la Commission européenne. Elles ont été jugées très insuffisantes et la Commission a exigé que des mesures radicales et rapides soient prises en matière de pollution de l’air dans les régions concernées. La France paie ici comptant l’héritage de décennies de laisser aller et de complaisance à l’égard des lobbies du secteur de l’automobile et des transports, au détriment des déplacements écologiques et de la santé des français.

Aujourd’hui, de trop nombreux français situés dans les zones les plus exposées meurent dans l’indifférence, impuissants face à la passivité des pouvoirs-publics. Hélas, du côté des mouvements et élus écologistes, ce n’est hélas guère mieux alors qu’il s’agit là d’un combat juste et durable qui pourrait mobiliser de nombreux français. Ces derniers se gardent bien de dénoncer publiquement cette situation indigne d’un pays développé.

Cette passivité, pour ne pas dire complicité avec les pollueurs, explique en grande partie le peu de résonnance de ce grave problème de santé publique dans les médias qui préfèrent des sujets plus faciles et lus porteurs d’audience. Et pourtant, pas moins de 48 000 français meurent annuellement des problèmes liés à la pollution principalement automobile, ce dans l’indifférence générale.

Certains préfèrent trop souvent faire le buzz sur quelques dossiers mineurs, au demeurant sans grand impact en matière de santé publique comme sur les compteurs Linky qui n’ont encore causé la mort de personne et alors même que chaque foyer vit déjà depuis des décennies au milieu d’ondes les plus diverses : 3G/4G, wifi, cpl, bluetooth… et bien plus encore ! Des gesticulations reprises béatement par certains médias toujours à l’affut de l’audimat, quitte à vendre du vent ! Tout cela est grand guignolesque au regard des enjeux réels en matière de santé.

Un dysfonctionnement qui en dit long sur l’état de décomposition et d’indifférence de notre société à l’égard des personnes les plus vulnérables en matière de santé publique, notamment les enfants ! Tout cela parce que personne dans ce pays comme ailleurs, n’a le courage d’interdire à la circulation les véhicules les plus polluants en matière de Nox et NO2 et notamment les vieux diésels de plus de 10 ans pour ne pas déplaire aux automobilistes. Preuve que la vie de milliers de personnes innocentes compte moins que la satisfaction de quelques électeurs !

Enfin de véritables contrôles techniques des véhicules

Chacun s’accordait à reconnaître que les actuels contrôles techniques réalisés en France ne servaient à pas grand-chose car trop sommaires, rendant à la circulation automobile de nombreux véhicules souvent très anciens, peu sûrs et surtout fortement polluants.

La France, avec plus de 4 ans de retard, au nom de l’amélioration de la sécurité routière, a fini par transposer la directive européenne de 2014 concernant les contrôles techniques en matière automobile avec sa nouvelle grille de test beaucoup plus rigoureux. Depuis le 20 mai, les contrôles techniques instaurés en 1992, deviennent enfin beaucoup plus sévères et performants.

En France, les contrôles techniques sont obligatoires pour les véhicules de plus de 4 ans, puis renouvelés tous les 2 ans par la suite à partir de cette date. Annuellement, ce sont plus de 25 millions de contrôles techniques qui sont réalisés en France pour un prix moyen de 50 à 65 euros, selon les promotions du moment. Jusqu’alors, seuls 123 points étaient soumis à contrôle, soit 450 défauts, dont 196 soumis à contre-visite dans le délai de deux mois. Désormais, ce sont dorénavant 132 points de contrôle qui seront examinés, soit 606 défaillances possibles, dont 340 donnant lieu à contre-visite sous deux mois.

A cela s’ajoutent 127 défaillances plus sévères, dites « critiques » qui immobiliseront le véhicule jusqu’à réparation chez un professionnel. Parmi les points soumis aux nouveaux contrôles et repris dans un rapport détaillé. Du fait de l’ampleur des contrôles, la durée de la visite devrait se trouver augmentée de 15 à 20%.

Selon les tests réalisés par les professionnels, de l’ordre de 25% à 30% des véhicules devraient être recalés avec ces nouvelles normes, contre environ 18% au cours de l’année 2017. Quant aux défaillances « critiques », elles devraient concerner seulement 3 à 4% des véhicules.

Pour l’association 40 Millions d’automobilistes, il n’y a pas de quoi s’inquiéter : « …Les défauts critiques s’appliquent à des choses majeures pour la sécurité, comme un pare-brise fendu en plein champ de vision du conducteur. Globalement, le nouveau contrôle technique ne pose pas de problème… à part sont coût majoré de 10 à 20%. ». Le prix de la nouvelle visite devrait ainsi être majoré de l’ordre de 20 à 30 euros pour atteindre 70 à 90 euros hors promotions.

L’absence de contrôle techniques à jour entraîne une amende de 135 € et l’interdiction d’utiliser son véhicule jusqu’à régularisation. A terme, pour être efficace et lutter contre les épaves qui sillonnent les routes et polluent considérablement, il y aurait lieu d’accentuer les contrôles routiers et de saisir dés constatation de l’infraction d’absence de certificat de contrôle technique en cours de validité.

Si l’on ne peut que se réjouir que les contrôles antipollution des véhicules à moteurs soient sérieusement renforcés dès 2019, notamment concernant le taux de particules rejetées NO2 ; comment ne pas regretter que ces tests ne concernent que les seuls moteurs diesel récents Euro 5 ou Euro 6, vendus à partir de 2011 et 2015 ? En effet, le contrôle des NOx est repoussé à plus tard ! Manifestement, parvenir à mesurer les oxydes d’azote de manière fiable, dans le cadre d’une visite technique périodique, n’est toujours pas chose aisée en France.

Du coup, la mesure des NOx lors des contrôles techniques ne devrait pas intervenir avant 2022, le temps que tous les « problèmes techniques » soient résolus. Ce qui revient à dire que les vieux véhicules diesel, pourtant les plus fortement polluants et tueurs en puissance, en seront exemptés et pourront continuer à polluer en toute légalité.

Une décision ubuesque dont l’Etat français a le secret ! Assurer la sécurité sanitaire des français ne devrait-il pas être la seule priorité ?

Plus d’informations :


France : En finir avec les grèves politiques à répétition du secteur public

7 mai 2018

Une fois de plus, les transports publics français et notamment la SNCF, sont paralysés depuis plus d’un mois par une grève strictement politique menée par les syndicats les plus radicaux : la CGT et Sud. Personne ne s’y trompe, cette nouvelle grève n’a aucune justification sociale car ni les emplois, ni les rémunérations, ni le statut, ni le système de retraite privilégié ne sont menacés d’aucune manière par le gouvernement. Quant à la prétendue défense du service public, la justification est un peu courte vu l’état de dégradation du service ferroviaire (retards de plus en plus importants, absence de réelle information des usagers, trains souvent en mauvais état et peu propres, rallongement régulier du temps de transports, prix élevés, sécurité défaillante… )

Pour ces syndicats, il s’agit avant tout d’instaurer un rapport de force politique en causant le plus de dommage possible aux usagers particuliers et professionnels. Au risque d’affaiblir un peu plus la SNCF, l’objectif avoué n’est autre que de dissuader le gouvernement de toute réforme du système ferroviaire français qui remonte à l’après-guerre et qui est aujourd’hui totalement dépassé et au bord de la faillite.

Bien étrange et cynique manière pour ces syndicats, aujourd’hui en perte de représentativité, que de prétendre défendre les personnels et le service public alors qu’il s’agit uniquement de défendre leurs petits intérêts particuliers, incapables de s’adapter à l’évolution du monde.

La lente mais inexorable agonie du transport ferroviaire français

Contrairement aux mensonges propagés par certains syndicats, le but de la réforme gouvernementale n’est autre que de sauver le système ferroviaire français aujourd’hui à l’agonie, incapable de proposer des services de qualité aux usagers avec des prestations qui se dégradent de jours en jours en dépit de prix élevés et surtout de lui permettre de faire face à la concurrence qui doit intervenir prochainement sur le réseau ferré européen. L’urgence est de transformer le statut d’EPIC (Etablissement Public Industriel et Commercial) de l’entreprise publique en société commerciale à capitaux publics détenue par l’Etat. Ce qui lui permettra d’avoir le même régime que les autres entreprises avec une gestion beaucoup plus rigoureuse et transparente face à la concurrence.

Quel que soit son statut, comment expliquer l’incapacité de l’entreprise publique à faire face à l’avenir alors que ses concurrents publics voisins (DB, CFF, FS ou RENFE) ont su se réformer et proposer aujourd’hui des services de haut niveau à des prix compétitifs (trains très modernes et propres, ponctualité, horaires adaptés, services à bord… ) ? Les français connaissent la réponse : le manque de courage politique des divers gouvernements depuis 30 ans face aux syndicats de la SNCF. Le résultat c’est en dépit des dizaines de milliards d’euros injectés en pure perte par l’Etat (le contribuable) dans le secteur ferroviaire, celui-ci est aujourd’hui dans une situation catastrophique dont il ne pourra se relever sans une véritable et courageuse réforme et la reprise par l’Etat de la colossale dette de 45 milliards d’euros qui obère son avenir.

L’attitude de la CGT et de Sud dans ce conflit est consternante. Comment peut-on oser prétendre défendre les « travailleurs » en conduisant le service public et l’ensemble des personnels dans le mur par une opposition systématique à toute réforme durant des décennies ? Au passage, s’il y a des salariés à défendre, ils sont du côté du secteur privé mais ils n’ont hélas pas les moyens de faire grève pour un oui ou pour un non, sous peine de se trouver à la porte. En dépit d’un régime extrêmement favorable (statut, salaires, avantages sociaux, retraite…) qui ruinerait toute entreprise commerciale, les personnels de la SNCF persistent à valoir profiter égoïstement de leur situation avantageuse au détriment de l’ensemble des français pour préserver leurs petits intérêts particuliers.

Edouard Philippe, le Premier ministre et ancien maire du Havre a clairement mis les pieds dans le plat en constatant les faits : « Les français, qu’ils prennent ou non le train, payent de plus en plus cher pour un service public qui marche de moins en moins bien… » ajoutant : « La vitesse frôle parfois le surplace en jouant avec les nerfs des usagers. » Difficile pour les usagers du train d’être en désaccord avec cette affirmation.

L’enquête du journal Le Monde confirme l’existence d’une France à deux vitesses due à la politique du tout TGV

Une récente enquête du journal Le Monde publiée le 02 mai 2018, établie à partir du tableau officiel des horaires publiés par la SNCF sur une trentaine de villes françaises, confirme qu’au cours de la dernière décennie, les temps de transport vers de nombreuses villes, ont eu tendance à s’allonger parfois de manière non négligeable. Ceci est en partie dû à la priorité donnée au tout TGV au détriment du reste du réseau, et notamment les trains Intercités (Amiens, Caen, Cherbourg, Le Havre, Limoges, Clermont-Ferrand…). Globalement, la rénovation et l’entretien du réseau ferré hors TGV a été laissé à l’abandon avec des travaux réduits à leur plus simple expression. D’où aussi les récents accidents ferroviaires. La carte de France des lignes SNCF fait ainsi apparaître un pays à deux vitesses. Les régions hors du réseau TGV sont bien entendu les parents pauvres comme la Normandie et la Picardie, mais aussi le centre de la France et l’ensemble du Massif-Central.

Alors que des gains importants de temps avaient été réalisés sur les principales lignes depuis les années 1960 jusqu’aux environs des années 2000, pour les deux tiers des lignes étudiés en 2017 (les principales), le constat est sans appel. Les temps de trajets se sont sensiblement allongés, y compris les lignes à grande vitesse ; et ce hors des habituels retards qui ne sont pas comptabilisés. L’origine de ces rallongements de temps de transport est souvent la même : ralentissements dus au mauvais état du réseau ou à des travaux d’entretien et de rénovation, saturation du réseau sur certaines portions notamment dans les grandes zones urbaines… Tout cela est le résultat des retards considérables pris dans la rénovation du réseau ces dernières décennies. Ce sont hélas les Intercités qui ont fait les frais de cette politique du tout TGV.

Deux exemples régionaux. Le train Intercité Brive-Limoges-Paris qui dessert Rodez en TER met dans le meilleur des cas la capitale à 6h15 de Rodez contre à peine plus de 6h avec feu le Capitole voici déjà 30 ans. Parfois même, la SNCF propose de rejoindre Paris via Toulouse et Bordeaux, quand ce n’est pas via Montpellier et Lyon avec des temps et tarifs invraisemblables. Pas étonnant que dans ces conditions, les usagers aient tendance à déserter ces lignes !

S’agissant de la ligne TER Rodez-Albi-Toulouse, le meilleur temps en 2018 est de 2h07 mais pour la plupart trains, la durée se situe entre 2h21 et 2h35. Un temps considérable alors qu’il y a plus de 10 ans, les trains bien plus vétustes ne mettaient que 2h01, hors les habituels retards de cette ligne. Comment expliquer qu’en 2018 les TER mettent encore en moyenne 2h20 pour relier Rodez à Toulouse alors qu’avec l’autoroute A68 voisine, bien que non encore achevée, on ne met guère plus de 1h30 de la sortie de Rodez à Balma, aux portes de Toulouse. Le tout pour le tarif prohibitif de 27 euros l’aller. Pourtant, sur cette ligne, le réseau ferré n’est pas en cause puisque l’intégralité des voies, comme de nombreuses autres lignes de la région, a été entièrement refait il y quelques années pour un investissement global par la région Midi-Pyrénées de l’ordre de 200 millions d’euros. On peut donc s’interroger sur le bien fondé de ce lourd investissement de la région dès lors qu’il ne s’est accompagné d’aucune amélioration notable des temps de transports, bien au contraire !

De son côté, Air-France est affaiblie par des grèves à répétition des pilotes et se trouve en grande difficulté vis-à-vis de ses concurrents

A Air-France, autre entreprise publique, les choses sont très différentes. Il s’agit avant tout d’un conflit salarial qui concerne principalement les pilotes qui ont les plus hauts salaires de la compagnie et probablement de la concurrence. Ces derniers refusent tout accord d’entreprise et exigent une augmentation exorbitante de leurs salaires de +10.7%. La grève en cours, comme d’habitude à Air-France, est due aux seuls pilotes de la compagnie alors que les pilotes des filiales du groupe sont souvent bien moins rémunérés. Le groupe Air-France/KLM (alliance SkyTeam) est aujourd’hui convalescent avec des résultats en demi-teinte principalement dus à la bonne gestion de la compagnie hollandaise KLM. La situation d’AIr-France reste en effet précaire au regard de ses principaux concurrents que sont British-Airways (Alliance oneworld) et Lufthansa (Star Alliance) aujourd’hui en position de force.

Au moment où la compagnie doit faire des choix stratégiques pour son avenir avec le renouvellement d’une importante flotte d’avions, Air-France est clouée au sol et son image fortement dégradée dans un ciel européen où la concurrence fait rage. La compagnie nationale française apparaît ainsi plus que jamais fragilisée alors que le ciel européen évolue vers une concentration sur quelques grandes compagnies seulement. Alors que British-Airways contrôle désormais Iberia et Lufthansa est en train d’acquérir les restes d’Air-Berlin et probablement d’Alitalia qui était pourtant alliée à Air-France au travers de SkyTeam, l’horizon de cette dernière s’assombrit quelque peu. Sans parler de la toute puissance des low-costs aux supers profits que sont Ryanair et easyjet et quelques autres qui ne cessent de lui tailler des croupières.

Dans ce contexte, l’attitude des pilotes d’Air-France qui sont particulièrement privilégiés au niveau salarial et conditions de travail apparaît scandaleuse car elle met en danger l’avenir de l’ensemble du groupe et de ses personnels. Il s’agit là d’une prise d’otage totalement abusive que la compagnie risque de payer au prix fort. A terme, sa survie est loin d’être assurée notamment avec la récente démission de son président suite au rejet du plan proposé.

Vers une loi pour limiter le droit de grève dans le secteur public

Au final, force est de constater que certains syndicats français du secteur public, en s’opposant pour des motifs purement politiques aux réformes ne font qu’affaiblir régulièrement nos entreprises, favorisant ainsi l’arrivée des concurrents sur le marché ferroviaire et aérien français.

Personne ne peut aujourd’hui défendre l’indéfendable et la prise en otage régulière des usagers par quelques syndicats qui usent et abusent des avantages du service public pour tenter d’imposer leur position suicidaire. 2018 aura probablement été la grève de trop pour les syndicats de la SNCF car il ne fait aucun doute que le gouvernement va prendre ses responsabilités et imposer sa juste et équitable réforme du système ferroviaire français. C’est d’ailleurs l’avis d’une large majorité des français lorsqu’on leur expose objectivement les tenants et aboutissants du dossier. Maintenant, çà suffit !

Ne nous y trompons pas. Après le vote des grands principes de la réforme ferroviaire à l’Assemblée nationale il y a quelques jours à une très grande majorité, la réception par le Premier ministre des syndicats du ferroviaire ce 7 mai doit constituer une porte de sortie honorable pour tout le monde. Dommage que certains s’obstinent. L’objectif de la réforme n’est autre que de sauver le ferroviaire français de la faillite tant qu’il en est temps.

Par-delà ce énième conflit de la SNCF et d’Air-France, l’actuel gouvernement et les prochains vont devoir se pencher sérieusement sur le régime du droit de grève dans le secteur des transports publics comme cela a déjà été fait dans la plupart des pays européens. Il doit être mis fin aux multiples abus manifeste du droit de grève qui minent le secteur public et pénalisent les usagers.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Sur ce même sujet, la fondation IFRAP, un Think tank dédié à l’analyse des politiques publiques et laboratoire d’idées innovantes, a publié le 26/04/2018 une analyse intéressante relative aux actuelles grèves à la SNCF et Air-France. En voici ci-dessous l’essentiel.

> Accéder à l’intégralité de l’article original de l’IFRAP


Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, la France avance enfin…

23 avril 2018

Depuis bientôt un an, la France est présidée par Emmanuel Macron. Un jeune président quasi-inconnu du monde politique français il y a encore un an.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la vieille France a pris un coup de jeune. Ce nouveau président de la République a ringardisé l’ensemble de la classe politique française où jusqu’alors les personnalités de premier plan étaient présentes sur l’échiquier politique depuis 30 ans, voire bien plus pour certaines. De ce point de vue, ce renouvellement a été salutaire, tellement certains politiques, s’accrochaient au pouvoir par tous moyens. La nouvelle assemblée nationale issue du scrutin de juin 2017 est à cet égard un pari sur le renouveau du pays avec une majorité de femmes et d’hommes jeunes et issus de l’ensemble de la société civile avec les expériences les plus diverses.

Une rupture avec une classe politique française sclérosée plutôt de bon augure face aux défis à relever. Un changement majeur que les partis politiques traditionnels, Républicains et Socialistes en tête, n’ont pas vu venir, convaincus que leurs formations allaient continuer à régner en alternance, en dépit des crises. C’était sous-estimer la lassitude des français à leur égard et une réelle volonté de changement, au-delà des clivages politiques traditionnels.

France is back !

L’autre avantage incontestable est que la France s’est dotée d’un président en phase avec les réalités d’aujourd’hui. La mondialisation en cours va imposer aux vieilles nations européennes de s’adapter et effectuer une véritable révolution sous peine de se trouver marginalisé et d’entrer dans un lent mais inexorable processus de déclin. Emmanuel Macron dispose d’une relative connaissance des évolutions en cours et a une vision claire de ce que devra être la France demain, aux antipodes de celle d’aujourd’hui basée sur le monde ancien. L’objectif du président est de moderniser la France en douceur pour lui permettre d’affronter la mondialisation avec ses meilleurs atouts.

Pour y parvenir, Emmanuel Macron a su s’entourer de femmes et d’hommes jeunes et plutôt brillants qui constituent une force indéniable, tant les réformes et les changements à engager sont considérables pour adapter la France à l’évolution du monde.

Depuis l’élection de M. Macron à la présidence de la République, après il est vrai un quinquennat purement catastrophique, la France est aujourd’hui perçue comme un pays en voie de modernisation, confiant en son avenir. Cette image très positive de notre pays en si peu de temps, elle est exclusivement due à la personnalité du nouveau président, sa jeunesse, sa modernité et sa volonté de réformer un pays à bout de souffle, sans véritable cap. Au risque de déplaire à certains, la France a enfin trouvé un président qui sait s’imposer et faire preuve d’autorité. Ce qui tranche avec un passé récent.

Au moment où l’Allemagne a perdu de son assurance sur un plan politique, la France semble être en mesure de peser sur la destinée de notre veille Europe et de prendre la relève pour assurer une forme de leadership pour sortir l’Union européenne de l’impasse actuelle. Le président français l’a bien compris, l’avenir de la France ne pourra être assuré qu’au sein d’une Europe plus unie et plus forte sur le plan économique, politique, social et militaire.

Une vague de réformes à marche forcée sans précédent

Jamais la France n’avait connu un tel rythme de réformes en si peu de temps. Globalement, on peut affirmer sans crainte que la France est en bonne voie de rétablissement, même si la convalescence sera encore longue. Même s’il est trop tôt pour tirer un premier bilan, force est de reconnaître que le bilan est nettement positif. La meilleure preuve en est que les investisseurs parfois réticents et critiques à l’égard de la France ces dernières années, semblent aujourd’hui vouer une confiance totale dans sa nouvelle classe dirigeante et investir comme jamais dans son économie. Qui s’ne plaindra ?

L’importante réforme du code du travail a finalement été mise en œuvre malgré l’hostilité de certains syndicats. Menée tambour battant, elle permet d’assurer une plus grande souplesse du code du travail et favorisé la plus large concertation entre employeurs et salariés, tout en maintenant un niveau de protection élevé. A terme, en se rapprochant des règles sociales en vigueur en Europe, cette réforme devrait permettre de favoriser l’emploi.

Comme annoncé, la France s’est engagée à respecter ses engagements envers l’Union européenne en matière de déficits publics. Ainsi, contrairement aux années précédentes, le déficit budgétaire a été contenu à 2.6% pour l’année 2017. Une performance pour la France qui n’arrivait pas à revenir sous les fameux 3% ces dernières années. Le déficit devrait s’établir autour de 2% en 2018 pour un retour à l’équilibre en 2022. Pour autant, les dépenses publiques ont continué à croître de l’ordre de 2.5%, pour représenter près de 56.5% du PIB. Un niveau trop élevé de dépenses qui devrait faire l’objet d’importantes économies dès 2018 et les années suivantes.

Une réforme fiscale partielle a été engagée. Elle a porté sur les particuliers avec la suppression progressive de la taxe d’habitation, le transfert de cotisations salariales sur la CSG des retraités, la réforme de la fiscalité du capital (remplacement de l’ISF pat l’IFI)… et les entreprises avec notamment la réduction du taux d’impôt sur les sociétés de 33.33% à 25% de manière progressive.

La réforme de l’éducation reste l’une des priorités et va se faire progressivement de la maternelle à l’université. Celle du bac a été lancée et un nouvel examen devrait voir le jour en 2021, faisant la part belle au contrôle continu. Concernant la formation professionnelle et l’assurance chômage, après l’échec des négociations entre syndicats et patronat, le gouvernement a pris en choses en main. Le projet de loi pour « la liberté de choisir son avenir professionnel » sera présenté en Conseil des ministres prochainement. Seront également évoquées la prise en charge des salariés démissionnaires et des indépendants, le compte personnel de formation en euro et la création de France Compétences, l’agence nationale qui va absorber les structures paritaires de formation…

Les autres grandes réformes en cours et à venir : la SNCF et le transport ferroviaire ; mise ne place d’un système de retraite universel ; modification constitutionnelle visant à réduire le nombre de parlementaires et instaurer une dose de proportionnelle dans les scrutins ; redéfinition des missions des administrations et réduction du nombre de fonctionnaires ; instauration d’un service militaire obligatoire et universel….

Une recomposition politique en stand by

L’élection d’Emmanuel Macron et d’une large majorité présidentielle à l’Assemblée nationale a profondément et durablement modifié les équilibres politiques du pays.

Les deux grands partis de gouvernement, les Républicains-UDI d’un côté et le Parti socialiste-PRG de l’autre, n’ont pas atteint le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017. Du jamais vu ! Ces deux groupes politiques n’ont pas dépassé à eux seuls le niveau de 30% des voix, de très loin le plus faible score enregistré depuis des décennies. Rappelons qu’habituellement, ces derniers atteignaient ensemble entre 50% à 70% des voix. A l’inverse, les deux formations d’extrême-droite et d’extrême-gauche ont ensemble dépassé le score des partis de gouvernement. C’est dire l’ampleur du désaveu pour ces formations de gouvernement.

Les partis traditionnels se sont avérés totalement incapables de proposer une véritable alternative aux défis auxquels la France doit aujourd’hui faire face et n’ont pas pris au sérieux le nouveau parti créé de toute pièce en moins d’un an par Emmanuel Macron. Face à l’archaïsme de ces vieux partis repliés sur eux-mêmes et incapable de se moderniser, la jeunesse et le projet d’avenir de M. Macron ont fait la différence. Face aux montées des extrêmes qui conduirait inéluctablement à l’échec, une majorité de français du centre-droit et du centre-gauche, notamment les classes moyennes et les retraités, ont adhéré massivement aux projets de M. Macron.

Au jour d’aujourd’hui, tout laisse à croire que LREM est en mesure de s’imposer durablement sur l’échiquier politique français. La gauche modérée est aujourd’hui bien éclatée et ne semble pas en mesure de se reconstruire dans l’immédiat, tant les divergences sont profondes. Chez les Républicains et l’UDI, les choses ne vont guère mieux, même si l’aile la plus conservatrice s’est rassemblée autour de Laurent Wauquiez. Sauf que ce dernier n’a d’yeux que sur sa droite et oublie que pour gouverner, il lui faudra impérativement reconquérir la droite modérée et le centre. Ce qui est loin d’être gagné au vu du programme de son parti.

Hormis les partis extrêmes qui prospèrent sur le populisme et l’incapacité des partis de gouvernement à proposer une alternative crédible, seul LREM (La République En Marche) le parti du président, domine aujourd’hui la vie politique française. Le tout nouveau parti a largement profité de la déconfiture du PS et des Républicains dont une part importante des électeurs habituels ont fait faut bon pour rejoindre directement LREM.

Pour LREM, les élections européennes de 2019 seront donc capitales. Deux ans après son émergence politique, la formation devra confirmer sa place dans une élection taillée pour elle puisqu’il s’agira de l’avenir de l’Europe qui lui est si chère, mais avec un scrutin proportionnel beaucoup plus favorable aux partis contestataires et avec un gouvernement qui accentuera un peu plus les réformes structurelles qui toucheront de plus en plus de français. Les effets positifs attendus des réformes se feront-ils suffisamment sentir pour entrainer une large adhésion des français au parti pro-européen ?

C’est le défi que devra relever LREM pour réussir.


Catalogne : Madrid passe en force pour reprendre le pouvoir à Barcelone au risque de renforcer un peu plus les tensions

22 octobre 2017

Pour mettre fin au bras de fer engagé avec le gouvernement catalan, le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a réuni d’urgence ce samedi 20 octobre un Conseil des ministres extraordinaire. A l’issue de celui-ci, il a annoncé avoir demandé au Sénat de lui confier les pleins pouvoirs pour de révoquer le gouvernement catalan et l’empêcher de prononcer l’indépendance. M. Rajoy exige la destitution de la Generalitat de Catalunya, le gouvernement catalan présidé par Carles Puigdemont et la convocation de nouvelles élections.

Aucune mesure ne pourra cependant être prise par le gouvernement espagnol avant que le Sénat, où le parti du chef du gouvernement dispose de la majorité absolue, n’ait donné son accord. Il s’est par ailleurs assuré le soutien du Parti socialiste et de Ciudadanos, soit une large majorité au parlement.

Et maintenant, que va-t-il se passer concrètement en Catalogne ?

Nul ne peut le dire aujourd’hui car nous sommes ici sur un terrain inconnu.

Dans un pays démocratique, il s’agit d’une véritable épreuve de force, même si elle repose sur une application de la constitution. Au fait, que vaut la constitution de circonstance adoptée dans l’après-guerre à un moment où le pays sortait d’une dictature sans précédent pour faire face à une crise des institutions et éviter l’éclatement d’un pays ? N’oublions pas cette constitution avait pour but premier d’éviter la sécession de certaines régions en les maintenant de fait dans les frontières espagnoles. Que vaut la décision d’une cour constitutionnelle où les membres qui ont rendu la décision conforme à la demande de l’Etat espagnol sont entièrement nommés par le gouvernement de ce même pays ?

Une fois l’accord du Sénat obtenu par M. Rajoy, la région catalane devrait passer de fait sous le contrôle du gouvernement espagnol de Madrid, via des organismes mis en place à cet effet comme l’avait expliqué le chef du gouvernement. Ce dernier devrait aussi dissoudre le parlement catalan et convoquer de nouvelles élections dans les six mois  ; une prérogative habituelle du président de la Generalitat.

Le gouvernement de M. Rajoy demande également au Sénat, tant qu’à faire, de lui permettre de nommer, démettre et remplacer tous les responsables et organismes qui dépendent de la Generalitat. En quelque sorte, le gouvernement espagnol demande les pleins pouvoirs pour neutraliser durablement la Generalitat de Catalunya et en prendre le contrôle effectif. Ce qui revient, ni plus, ni moins, à dire que le gouvernement espagnol réalise un coup d’Etat en Catalogne. Un aveu d’échec pas très glorieux pour un pays démocratique !

La meilleure preuve est la probable prise de contrôle par Madrid du Centre de télécommunications et de technologies de l’information de Catalogne qui coordonne tous les systèmes informatiques du gouvernement régional catalan, à commencer par la chaine de télévision TV3 et la radio publique Catalunya Radio. Motif invoqué : « garantir la transmission d’une information fiable, objective et équilibrée » !!! Des positions vues dans d’autres situations qui n’ont rien de bien rassurant dans un pays démocratique.

L’échec des états-nations et l’inéluctable montée en puissance des régions-nations

Manifestement M. Rajoy est dépassé par les évènements qu’il a en partie lui-même favorisé. L’attitude générale d’extrême fermeté et de refus de tout dialogue du chef du gouvernement à l’égard de la Catalogne, de ses institutions et de ses dirigeants, n’a fait qu’empirer les choses et accentuer un peu plus la volonté d’indépendance des catalans, lassés de voir le gouvernement central se refuser à la moindre petite concession. Aujourd’hui, la tension est à son comble et il sera bien difficile de revenir en arrière.

Quoi qu’il en soit, les tensions entre catalans et espagnols et notamment castillans ne vont que s’amplifier au fil des mois ; ce qui va rendre la position du gouvernement de Madrid insoutenable. D’ailleurs, ce samedi 20 octobre, près de 500 000 personnes sont encore descendues dans les rues de Barcelone en signe de protestation contre la décision de l’Etat espagnol de destituer l’ensemble des organes de la région de Catalogne et d’en prendre le contrôle.

La démocratie espagnole est aujourd’hui à la croisée des chemins. Peut-on en 2017, dans un pays de l’Union européenne, réaliser un coup d’Etat contre une partie de son peuple qui ne partage plus les valeurs de la nation espagnole et souhaite s’auto-déterminer ? La force de la démocratie n’est-elle pas de respecter ses propres minorités ? Après tout, pourquoi le nationalisme exacerbé de certains états démocratiques serait-il supérieur et préférable à celui de certaines régions qui existent sur la base de frontières inchangées depuis la nuit des temps ?

Depuis l’après-guerre, le monde a profondément changé et la fin de règne des états-nations a sonné. L’avenir de l’Union européenne passera demain par un ensemble de régions de pays très différents qui travailleront en synergie, loin des frontières actuelles des états. Même si des décennies seront nécessaires pour y parvenir, il faudra se faire progressivement à l’idée que l’Europe sera demain une fédération de régions qui ont décidé de s’allier et de vivre ensemble leur diversité, hors des frontières traditionnelles.

Si le chemin de l’indépendance de la Catalogne promet d’être long et difficile, il a le mérite de poser le problème de celui de nombreuses régions d’Europe, qui constituent généralement à elles-seules, de véritables nations. On peut citer l’Ecosse, La Lombardie, la Flandre, le Pays-Basque, la Corse et bien d’autres sachant qu’au fil des ans, c’est un mouvement inéluctable, d’autres grandes régions vont manifester leur volonté d’émancipation.

Cette évolution doit beaucoup à la construction européenne qui ne peut que s’en réjouir à terme.