Catalogne : Madrid passe en force pour reprendre le pouvoir à Barcelone au risque de renforcer un peu plus les tensions

22 octobre 2017

Pour mettre fin au bras de fer engagé avec le gouvernement catalan, le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a réuni d’urgence ce samedi 20 octobre un Conseil des ministres extraordinaire. A l’issue de celui-ci, il a annoncé avoir demandé au Sénat de lui confier les pleins pouvoirs pour de révoquer le gouvernement catalan et l’empêcher de prononcer l’indépendance. M. Rajoy exige la destitution de la Generalitat de Catalunya, le gouvernement catalan présidé par Carles Puigdemont et la convocation de nouvelles élections.

Aucune mesure ne pourra cependant être prise par le gouvernement espagnol avant que le Sénat, où le parti du chef du gouvernement dispose de la majorité absolue, n’ait donné son accord. Il s’est par ailleurs assuré le soutien du Parti socialiste et de Ciudadanos, soit une large majorité au parlement.

Et maintenant, que va-t-il se passer concrètement en Catalogne ?

Nul ne peut le dire aujourd’hui car nous sommes ici sur un terrain inconnu.

Dans un pays démocratique, il s’agit d’une véritable épreuve de force, même si elle repose sur une application de la constitution. Au fait, que vaut la constitution de circonstance adoptée dans l’après-guerre à un moment où le pays sortait d’une dictature sans précédent pour faire face à une crise des institutions et éviter l’éclatement d’un pays ? N’oublions pas cette constitution avait pour but premier d’éviter la sécession de certaines régions en les maintenant de fait dans les frontières espagnoles. Que vaut la décision d’une cour constitutionnelle où les membres qui ont rendu la décision conforme à la demande de l’Etat espagnol sont entièrement nommés par le gouvernement de ce même pays ?

Une fois l’accord du Sénat obtenu par M. Rajoy, la région catalane devrait passer de fait sous le contrôle du gouvernement espagnol de Madrid, via des organismes mis en place à cet effet comme l’avait expliqué le chef du gouvernement. Ce dernier devrait aussi dissoudre le parlement catalan et convoquer de nouvelles élections dans les six mois  ; une prérogative habituelle du président de la Generalitat.

Le gouvernement de M. Rajoy demande également au Sénat, tant qu’à faire, de lui permettre de nommer, démettre et remplacer tous les responsables et organismes qui dépendent de la Generalitat. En quelque sorte, le gouvernement espagnol demande les pleins pouvoirs pour neutraliser durablement la Generalitat de Catalunya et en prendre le contrôle effectif. Ce qui revient, ni plus, ni moins, à dire que le gouvernement espagnol réalise un coup d’Etat en Catalogne. Un aveu d’échec pas très glorieux pour un pays démocratique !

La meilleure preuve est la probable prise de contrôle par Madrid du Centre de télécommunications et de technologies de l’information de Catalogne qui coordonne tous les systèmes informatiques du gouvernement régional catalan, à commencer par la chaine de télévision TV3 et la radio publique Catalunya Radio. Motif invoqué : « garantir la transmission d’une information fiable, objective et équilibrée » !!! Des positions vues dans d’autres situations qui n’ont rien de bien rassurant dans un pays démocratique.

L’échec des états-nations et l’inéluctable montée en puissance des régions-nations

Manifestement M. Rajoy est dépassé par les évènements qu’il a en partie lui-même favorisé. L’attitude générale d’extrême fermeté et de refus de tout dialogue du chef du gouvernement à l’égard de la Catalogne, de ses institutions et de ses dirigeants, n’a fait qu’empirer les choses et accentuer un peu plus la volonté d’indépendance des catalans, lassés de voir le gouvernement central se refuser à la moindre petite concession. Aujourd’hui, la tension est à son comble et il sera bien difficile de revenir en arrière.

Quoi qu’il en soit, les tensions entre catalans et espagnols et notamment castillans ne vont que s’amplifier au fil des mois ; ce qui va rendre la position du gouvernement de Madrid insoutenable. D’ailleurs, ce samedi 20 octobre, près de 500 000 personnes sont encore descendues dans les rues de Barcelone en signe de protestation contre la décision de l’Etat espagnol de destituer l’ensemble des organes de la région de Catalogne et d’en prendre le contrôle.

La démocratie espagnole est aujourd’hui à la croisée des chemins. Peut-on en 2017, dans un pays de l’Union européenne, réaliser un coup d’Etat contre une partie de son peuple qui ne partage plus les valeurs de la nation espagnole et souhaite s’auto-déterminer ? La force de la démocratie n’est-elle pas de respecter ses propres minorités ? Après tout, pourquoi le nationalisme exacerbé de certains états démocratiques serait-il supérieur et préférable à celui de certaines régions qui existent sur la base de frontières inchangées depuis la nuit des temps ?

Depuis l’après-guerre, le monde a profondément changé et la fin de règne des états-nations a sonné. L’avenir de l’Union européenne passera demain par un ensemble de régions de pays très différents qui travailleront en synergie, loin des frontières actuelles des états. Même si des décennies seront nécessaires pour y parvenir, il faudra se faire progressivement à l’idée que l’Europe sera demain une fédération de régions qui ont décidé de s’allier et de vivre ensemble leur diversité, hors des frontières traditionnelles.

Si le chemin de l’indépendance de la Catalogne promet d’être long et difficile, il a le mérite de poser le problème de celui de nombreuses régions d’Europe, qui constituent généralement à elles-seules, de véritables nations. On peut citer l’Ecosse, La Lombardie, la Flandre, le Pays-Basque, la Corse et bien d’autres sachant qu’au fil des ans, c’est un mouvement inéluctable, d’autres grandes régions vont manifester leur volonté d’émancipation.

Cette évolution doit beaucoup à la construction européenne qui ne peut que s’en réjouir à terme.

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France : Pourquoi l’exonération de taxe d’habitation pour 80% des français est une erreur

6 septembre 2017

Emmanuel Macron, le nouveau président de la République française avait annoncé lors de sa campagne électorale vouloir exonérer 80% des foyers français de la taxe d’habitation. Beaucoup alors, à droite et à gauche, y avaient vu une mesure démagogique, particulièrement électoraliste et surtout peu réaliste au regard de son coût exorbitant (estimé à 6 milliards d’euros par an).

La taxe d’habitation et les impôts locaux en général sont très critiqués, comme le fût en son temps la taxe professionnelle remplacée par la contribution financière des entreprises (CFE). Ils restent cependant extrêmement difficiles à réformer car il s’agit de sommes considérables qui servent à financer les collectivités locales. Si l’Etat réduit les recettes de ces taxes, d’une manière ou d’une autre, il doit aussitôt les compenser pour maintenir les recettes fiscales des collectivités et préserver leur autonomie financière qui reste fragile.

Pour autant, contrairement à ce que beaucoup de gens sensés pensaient, quelques semaines après son élection, le projet de réforme visant à réduire la cotisation de taxe d’habitation de 80% des foyers a été confirmé par le nouveau gouvernement. Pris au piège des promesses, le président Macron a semble-t-il tranché. Image oblige !

La réforme des impôts locaux : un dossier explosif toujours reporté

La taxe d’habitation, avec la taxe foncière et la contribution foncière des entreprises, constitue la principale ressource des collectivités locales et notamment des communes. A elle seule, la taxe d’habitation représente actuellement 25 milliards d’euros sur un total de 130 milliards d’euros de recettes pour l’ensemble des collectivités territoriales. La taxe d’habitation concerne environ 28 millions de foyers fiscaux et 33 millions de logements.

La taxe est due par toute personne occupant le logement au 1er janvier de l’année d’imposition ainsi que pour les logements vacants, si la délibération a été prise par la collectivité. Selon les informations connues à ce jour, l’exonération de la taxe d’habitation concernerait les ménages dont le revenu imposable annuel serait inférieur à 20 000 € par part fiscale, soit environ 5 000 euros par mois pour un couple avec deux enfants (3 parts).

L’application d’une telle mesure conduirait ipso-facto à la disparition d’une part importante des ressources propres des communes et les mettrait dans une situation de dépendance sans précédent depuis des décennies, vis-à-vis de l’Etat. Même si la perte de recettes fiscales liée à cette exonération de taxe d’habitation devrait être compensée par l’Etat, au vu de sa mauvaise situation financière et de l’importance de la dette, il est probable que la compensation ne sera pas totale. Rappelons à ce propos que depuis 2012, les divers gouvernements de M. Hollande n’ont eu de cesse de baisser considérablement les dotations publiques de l’Etat allouées aux collectivités. Ce qui a considérablement affaibli nombre de communes déjà fragiles sur le plan financier.

En outre, ces importantes baisses des dotations publiques ont engendré une forte baisse des investissements des collectivités ; ce qui pénalise lourdement le tissu économique et social au plan local.

Enfin, la mise en place de cette exonération pour 80% des foyers fait supporter à seulement 20% des français la charge de la taxe d’habitation et introduit une forme d’inégalité devant l’impôt qui ne paraît pas conforme à notre constitution dont une jurisprudence constante rappelle que chaque foyer fiscal français doit être égal devant l’impôt. Dans ces conditions, il n’est pas acquis que le Conseil constitutionnel valide une telle exonération massive de cet impôt. Rappelons qu’au jour d’aujourd’hui, selon les communes, entre 20% et 35% des foyers fiscaux sont déjà exonérés partiellement ou totalement de la cotisation de taxe d’habitation en raison de leurs faibles revenus. Ce qui n’est pas rien.

Faire supporter à seulement 20% des français la taxe d’habitation ne peut que contribuer un peu plus au ras-le-bol fiscal de nombreux français dont, il faut le rappeler, plus de 53% des foyers sont par ailleurs totalement exonérés d’impôt sur le revenu. Un niveau jamais atteint jusqu’alors en raison des allégements consentis par M. Hollande depuis 2012 en faveur des bas revenus. Pas certain que, dans un tel contexte, faire supporter une plus large part des impôts à moins de 20% des français soit équitable au plan fiscal et contribue à encourager efficacement nos concitoyens à entreprendre dans ce pays.

Réformer les impôts locaux plutôt que d’accentuer les exonérations au profit d’un plus grand nombre de contribuables

Depuis 1970, la taxe d’habitation et la taxe foncière sont assises sur une valeur locative cadastrale établie à cette époque. Pour ce faire, les valeurs locatives font l’objet d’actualisations et autres revalorisations annuelles censées correspondre à la réalité du terrain. Or, il n’en est rien ; bien au contraire. Si les constructions récentes sont à peu prés correctement évaluées, les constructions anciennes qui ont souvent fait l’objet d’importants travaux de mises aux normes du confort moderne sont généralement sous-évaluées car nombre de déclarations d’achèvement des travaux n’ont jamais été faites ou ont été largement minorées. A l’inverse, les constructions modestes récentes, de type HLM, qui bénéficient de tout le confort, apparaissent nettement surévaluées.

Un vrai casse-tête pour les collectivités, surtout celles qui disposent d’un important centre ancien rénové. Dans ce contexte, nombre de propriétaires et occupants sont sensiblement sous imposés depuis de longues années ; ce qui constitue une importante perte de recettes fiscales pour les grandes communes. Le seul moyen d’y remédier est que la commission communale des impôts, en collaboration avec les services du cadastre, engage d’importants travaux de révision des valeurs locatives des logements les plus anciens. Une tache extrêmement longue et difficile à mener, mais extrêmement payante menée par certaines communes.

Pour remédier à ces disparités, depuis des décennies, les divers gouvernements avaient dans les cartons un projet de réforme des valeurs locatives cadastrales servant d’assiette aux taxes d’habitation et foncières. Hélas, devant la complexité de la réforme et surtout les importantes augmentations de cotisation que cela entraînerait pour de nombreux contribuables, la réforme a toujours été reportée aux calendes grecques !

Plutôt que de concevoir une usine à gaz comme les français savent si bien le faire, certains proposent de réformer la taxe d’habitation actuelle pour la rendre plus équitable et profitable pour les collectivités. La valeur locative actuelle pourrait ainsi être remplacée par le revenu du foyer actuellement utilisé pour l’assiette de l’impôt sur le revenu. L’avantage serait une plus grande simplicité avec une base propre aux revenus du foyer pour lesquels une déclaration annuelle de revenus est souscrite. Pas sûr   cependant que ce soit la panacée.

De la nécessité à refondre nos impôts locaux pour les répartir plus équitablement

En 2017, moins de 47% des foyers fiscaux français sont imposables à l’impôt sur le revenu. L’actuel projet d’exonération de 80% des foyers de la cotisation de taxe d’habitation ne ferait qu’accroître la disparité entre ceux qui paient l’impôt et ceux qui en sont exonérés. Si l’on ajoute à cela les importantes aides sociales fondées sur les revenus déclarés, de telles évolutions ne peuvent qu’encourager l’assistanat permanent plutôt que d’aider les personnes à s’insérer dans la vie sociale. Ce qui tend d’ailleurs à pénaliser l’emploi et la croissance qui sont à l’origine des principales difficultés de la société française depuis des décennies.

La France doit donc entièrement revoir son système fiscal et social à bout de souffle, porté par de moins en moins de français contributeurs, aujourd’hui matraqués avec des taux de prélèvements obligatoires de 44%. Un taux insupportable jamais atteint dans un pays développé. A cela s’ajoute notre taux de dépenses publiques de plus de 57% du PIB qui n’est pas davantage soutenable (48.4% pour les pays de la zone euro et 44% pour l’Allemagne, un écart globalement non justifié).

Macron a reçu un mandat clair pour réformer massivement notre pays. Il doit aller jusqu’au bout de ses engagements quitte à y laisser quelques plumes car c’est de l’avenir de la France et de nos jeunes concitoyens qu’il s’agit. Demain il sera trop tard et nous n’aurons que nos yeux pour pleurer !

« Pour l’entretien de la force publique et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leur faculté ». La déclaration des droits de l’homme et du citoyen est tout à fait d’actualité. On ne saurait mieux dire aujourd’hui ! Probablement, faut-il revenir aux origines de l’impôt et élargir le nombre de foyers imposables aux impôts locaux et à l’impôt sur le revenu, quitte à ce que le montant de la contribution des bas revenus reste symbolique.

C’est aussi l’acceptabilité de l’impôt qui est aujourd’hui en cause.


France : Quand l’autorité de l’Etat de dégrade fortement, la Police et les forces de sécurité trinquent

27 octobre 2016

Ces dernières semaines, malgré l’interdiction qui leur est faite de manifester en tenue, aux quatre coins de France, de nombreux policiers expriment publiquement leur mécontentement face à une forme de mépris du gouvernement à leur égard. Il faut dire que les policiers, les gendarmes et les forces de sécurité en général, ont été fortement mis à contribution des dernières années et ont souvent payé de leur vie leur engagement à défendre nos concitoyens. Ils se sont régulièrement trouvés en première ligne face aux terroristes, aux criminels et autres trafiquants et voyous, sans que l’Etat manifeste à leur égard la reconnaissance qui leur est due.

Contrairement à ce qu’affirme le ministre de l’Intérieur, plus qu’un manque d’effectif qui serait imputable au précédent gouvernement (alors que les socialistes sont aux affaires depuis 4 ans ½,), les raisons du mécontentement des policiers sont parfaitement légitimes et bien connues. Ce qui manque, c’est une véritable volonté politique de soutenir la police et les forces de sécurité dans ces moments difficiles.

Après les lâches attentats de ces derniers mois contre des policiers, perpétrés par des criminels ayant prémédité leurs actes en vue de les tuer, le gouvernement a manqué de fermeté pour condamner ces criminels et fait preuve d’une lâcheté coupable à l’égard des policiers qui sont pourtant les garants de la sécurité publique et de l’autorité de l’Etat. Le dernier attentat perpétré à Viry-Châtillon par des trafiquants qui s’en sont pris à des policiers avec des cocktails Molotov, en allant jusqu’à les empêcher de sortir de leurs véhicules en feu, n’avait d’autre but que de les tuer. La réponse du gouvernement socialiste n’a, encore une fois, pas été à la hauteur.

Dans le présent contexte français, de tels attentats envers les forces de l’ordre exigeaient une réaction forte, rapide et déterminée du gouvernement. Au contraire, le ministre de l’Intérieur est même allé jusqu’à parler de « sauvageons » à l’égard de ces criminels qui ont tenté de tuer plusieurs policiers. Pour ces derniers, cette réaction totalement inappropriée a constitué la goutte d’eau qui a fait exploser leur mécontentement.

De plus en plus, ces dernières années, les policiers, gendarmes, pompiers… qui représentent l’autorité de l’Etat et exercent une mission essentielle de sécurité envers les français, sont directement et gravement pris à partie par des voyous et trafiquants avec l’intention de tuer. Dans un Etat de droit, ces pratiques quotidiennes sont inadmissibles. Ce laisser-faire constitue un manque cruel d’autorité de l’Etat qui renonce trop souvent à faire appliquer la loi républicaine dans certains quartiers du pays et contribue ainsi à encourager les voyous et les criminels. A cet égard, la lenteur et le manque de fermeté de la Justice constitue une véritable difficulté pour les forces de sécurité.

Il faut en finir avec le laxisme coupable de ces dernières années inspiré par une certaines Mme Taubira.

Quelques mesures de bons sens demandées par les policiers devraient permettre d’améliorer sensiblement la situation :

  • Cesser d’utiliser les policiers pour des gardes statiques de bâtiments publics ou des tâches administratives pour leur permettre d’être davantage sur le terrain,
  • Donner aux policiers et gendarmes les moyens matériels de lutter efficacement contre les criminels (véhicules adaptés, armement performant, moyens de surveillance et de protection efficaces…)
  • Permettre aux policiers d’utiliser leurs armes dés lors qu’ils sont menacés ou en danger, sans qu’ils soient obligés de justifier d’une situation de légitime défense comme tout citoyen,
  • Faire en sorte que le Justice condamne enfin à des peines exemplaires toute personne mettant en péril la vie de membres de forces de sécurité,
  • Mettre en application des peines planchers pour tous délinquants ou criminels, y compris mineurs.

Voilà quelques-unes des mesures concrètes qu’attendent les policiers et gendarmes aujourd’hui.

Par sûr que les quelques promesses bien tardives de M. Hollande suffisent à les rassurer. Ce n’est 250 millions d’euros qui vont changer grand-chose. Ce qu’ils demandent d’abord, c’est une juste considération de leur engagement et des moyens adaptés aux difficultés des missions qui sont les leurs.

Il faudra beaucoup de courage, de volonté et de détermination du futur gouvernement élu en juin prochain pour rétablir l’Etat de droit partout en France et rassurer durablement les forces de sécurité, aujourd’hui justement inquiètes sur leur avenir.


Attentat de Nice : Qui ment ? Qui manipule les français pour cacher de probables insuffisances de l’Etat concernant la sécurisation de la promenade des Anglais ?

26 juillet 2016

Quelques jours après la tuerie de Nice qui a fait 84 morts, les soupçons sur les failles de sécurité ne cessent de s’accumuler. Le quotidien Libération avait tiré le premier en diffusant une enquête selon laquelle aucun membre de la police nationale n’était présent à l’entrée du périmètre de sécurité au moment où le terroriste avait foncé dans la foule au volant d’un camion.

Ces affirmations étaient d’autant plus surprenantes qu’elles contredisaient les déclarations du ministre de l’Intérieur et de la préfecture des Alpes-Maritimes et semblaient ainsi donner raison à l’ancien maire de Nice, Christian Estrosi.

« J’aimerais comprendre comment ce camion a pu entrer dans la zone piétonne ? »

Estrosi, actuel président du Conseil régional PACA, tout de suite après la tuerie, avait publiquement mis en cause la responsabilité du gouvernement en affirmant : «J’aimerais comprendre comment ce camion a pu rentrer dans la zone piétonne». De nombreux français se posent la même question ! Si la police nationale avait été réellement présente, n’aurait-on pas pu réagir plus rapidement et sauver de nombreuses vies ?

Par communiqué du 16 juillet, la préfecture des Alpes-Maritimes avait déclaré : «La mission périmétrique était confiée pour les points les plus sensibles à des équipages de la police nationale, renforcés d’équipages de la police municipale. C’était le cas notamment du point d’entrée du camion, avec une interdiction d’accès matérialisée par le positionnement de véhicules bloquant l’accès à la chaussée. Le camion a forcé le passage en montant sur le trottoir».

La préfecture affirmait alors que le début de la zone piétonne était barré par des voitures de la police nationale pour éviter un éventuel passage en force. Ce qui ne paraît pas être le cas.

Le journal Libération affirme que seuls deux agents municipaux étaient présents à l’entrée de la promenade des anglais

Le quotidien Libération a toujours affirmé le contraire et mis en cause le manque de sécurisation du périmètre, notamment aux entrées. Photographies à l’appui, prises juste avant le drame, le quotidien assurait : « Seuls deux agents municipaux étaient présents à l’entrée de la promenade des Anglais, placés au milieu de la chaussée derrière deux barrières de sécurité. Aucune trace d’effectifs de la police nationale dans ce périmètre, tous ayant été relevés aux alentours de 20h30 par leurs collègues municipaux».

Il semble que les policiers nationaux aient de fait été relevés vers 21 heures. Aucune voiture de police ou policier national n’était donc plus présents à l’entrée du point d’accès pour bloquer le passage et intercepter toute intrusion.

Dans les faits, il apparaît que les premiers policiers nationaux présents sur place, étaient à priori postés à plus de 370 mètres plus bas, au cœur de la zone piétonne. Comme indiqué par le ministère de l’Intérieur, six fonctionnaires étaient effectivement présents sur place, ainsi que deux voitures stationnées le long de la chaussée. Celles-ci étaient placées dans le sens longitudinal ce qui ne leur permettait pas d’être en mesure de barrer la route du camion frigorifique.

Ceci explique qu’il ait fallu plus de 45 secondes après avoir forcé l’entrée pour que les policiers nationaux interceptent le camion du terroriste. Une éternité ! S’ils avaient été postés aux entrées, comme prévu initialement, le camion aurait certainement été intercepté bien plus tôt.

Les seuls arguments du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur sont de crier à la manipulation politique des élus de droite. Un peu court au regard des victimes !

Malgré les faits, le Premier ministre a rejeté toute faille des services de l’État devant le Palais Bourbon : « Je n’accepterai jamais les propos honteux qui insinuent que tout cela aurait pu être évité, car dire cela, c’est discréditer nos forces de sécurité qui se battent chaque jour et qui obtiennent des résultats ».

Tous les éléments factuels contredisent pourtant ce qu’avait affirmé le 16 juillet Bernard Cazeneuve à la sortie du conseil de défense : « La police nationale était présente et très présente sur la promenade des Anglais », ajoutant : «… des véhicules de police rendaient impossible le franchissement de la promenade des anglais ». De deux choses l’une, soit M. Cazeneuve ne connaît pas le dossier, soit il ment tout simplement.

Selon le Figaro qui rapporte les propos d’Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes et président du Conseil départemental, ces informations ne font que confirmer les accusations de l’ancien maire de Nice sur le manque de moyens policiers nationaux. De son côté, Rudy Salles, député UDI des Alpes-Maritimes et adjoint au tourisme de la mairie de Nice a déclaré : « Je ne veux accuser personne à ce stade, mais je ne peux pas accepter que l’Etat mette en cause la ville de Nice, qui s’est toujours pliée à ses exigences que ce soit pour les fan-zones, pour le carnaval ou pour le 14 juillet »

De nombreuses autres questions viennent à l’esprit et sèment le trouble :

  • Pourquoi ne pas avoir posté des policiers nationaux aux entrées de la promenade, avec leurs propres véhicules et leurs armes lourdes pour protéger les accès jusqu’à 23 h 30 au moins, au lieu de 21 h ?
  • Pourquoi de hauts responsables de la police nationale ont-ils harcelé la responsable du poste de surveillance vidéo de la police municipale de Nice pour exiger qu’elle mentionne dans son rapport la présence de la police nationale sur divers lieux de la manifestation, alors que ces derniers n’apparaissaient pas sur les images vidéos ?
  • Pourquoi la justice, par réquisition quelques jours après les attentats, a-t-elle exigé l’effacement des images vidéos des caméras ayant enregistré le massacre pour de prétendues raisons de sécurité, alors que les images sont stockées de manières sécurisée et sont systématiquement détruites le plus souvent dans les 10 jours qui suivent ? Voulait-on éviter que certains n’exploitent les insuffisances de la police nationale sur le terrain ?

Dans ce contexte pour le moins trouble en ce qui concerne le rôle de la police nationale, le ministre de l’Intérieur, comme le Premier ministre et le Chef de l’Etat, responsables de la sécurité des français, seraient mieux inspirés de faire preuve de modération et de responsabilité avant de crier au loup et à la manipulation politique.

Si les choses avaient été faites rigoureusement avec une réelle présence de la police nationale aux entrées de la Promenade jusqu’à minuit, la France n’aurait probablement pas eu à déplorer 84 victimes innocentes et une centaine de blessés ! Cette question relève de la seule responsabilité de l’Etat, donc du gouvernement et du ministre de l’Intérieur. Dans une démocratie, il n’est pas anormal que l’opposition et la population demandent des comptes lorsque qu’il y a des interrogations légitimes !

Il y a d’ailleurs des pays où pour de tels faits et comportements, les ministres concernés auraient démissionné depuis longtemps ! La France si prompte à donner des leçons de démocratie aux autres est encore une fois loin d’être exemplaire.

Reste à espérer qu’une enquête indépendante établira clairement les responsabilités de chacun et que de telles erreurs ne se reproduiront pas. Les survivants de cette tuerie et les proches des victimes ont le droit de savoir pourquoi cette tuerie a pu avoir lieu.

 

 


France : La longue traque contre le terrorisme islamique ne fait que commencer et doit être impitoyable

19 juillet 2016

Depuis début 2015, la France subit de plein fouet une série de monstrueux attentats perpétrés par les mêmes terroristes se réclamant d’une mouvance islamique radicale, dont il est ici nul besoin de rappeler le triste bilan en Syrie et en Irak. Jamais la France n’avait à ce point subit de pareils assauts de groupes terroristes. Après Paris, en janvier puis novembre 2015, Saint Quentin-Fallavier, Magnanville, en 18 mois, le terrorisme islamique a frappé une nouvelle fois à Nice en assassinant plus de 80 personnes et en faisant plus de 100 blessés. Que de vies et de familles innocentes brisées du fait de l’incapacité du gouvernement à protéger ses citoyens.

Ces attentats méticuleusement organisés relèvent de la même idéologie, issue de quelques groupes salafistes barbares qui voudraient imposer par la force leur loi à la France, pays profondément encré dans la culture judéo-chrétienne et aujourd’hui chantre de la laïcité et de la modernité. Le monde libre et la France en particulier, paient aujourd’hui leur laxisme passé face à quelques groupes islamistes radicaux qui, ces dernières années, ont mis à feu et à sang le Proche-Orient au nom d’un islam dans lequel la majorité des musulmans ne reconnaissent pas.

Nombre de jeunes musulmans désorientés, souvent baignés dans la délinquance dés leur plus jeune âge, ont ainsi été manipulés par la propagande de quelques salafistes, tenants d’un islam radical qui prône la charia et, ni plus ni moins, que le retour au Moyen-âge, avec tout ce qu’il y a de plus noir et répugnant. Ils oublient d‘ailleurs que l’islam qui connût son apogée au Moyen-âge était alors une religion moderne, tolérante et ouverte sur le monde, soit le contraire de leur vision actuelle. Face à cela, l’Etat français a laissé émerger des groupuscules islamistes radicaux au cœur même du pays qui en ont profité pour se développer comme le pire des cancers. Autant que les politiques de ce pays, les médias portent en ce domaine une lourde responsabilité.

Comment a-t-on pu accepter que certaines organisations islamiques ou mosquées aient été laissées aux mains de groupes salafistes qui prêchent la haine contre les français, tout en étant soutenues financièrement par des pays tiers qui se disent nos amis, comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar, pays qui ont ainsi permis la naissance du monstre qu’est Daech ?

Laisser croire aujourd’hui aux français que l’engagement de la France sur certains champs de bataille au Moyen-Orient et en Afrique expliquerait les actes terroristes commis en France ces dernières années est un peu court et méconnaît la réalité des groupes radicaux islamiques. Il s’agit là ni plus ni moins que d’une escroquerie car la France qui n’est pas le seul pays à intervenir, reste pourtant la principale cible des terroristes. Probablement par faiblesse, la France a laissé se développer un islam radical sur son territoire, sans se donner les moyens de le combattre efficacement et durablement autrement qu’à l’extérieur. Or l’ennemi est aujourd’hui à l’intérieur et il est urgent de l’anéantir au plus vite.

Les français sont maintenant d’accord pour dire haut et fort : « Cà suffit ! Assez de gesticulations et de discours stériles ! Donnons-nous les moyens d’éradiquer une bonne foi pour toute ce terrorisme qui vient assassiner, au cœur de notre pays, femmes et enfants au nom d’une idéologie étrangère, rétrograde et sanguinaire… Ces terroristes ne méritent pas de vivre un instant de plus… »

Depuis l’affaire de Toulouse jusqu’aux récents attentats, il est clairement établi que ce sont globalement les mêmes filières islamiques qui sont en cause. Les enseignements des récents attentats, comme l’a révélé une récente commission parlementaire, n’ont pas été tirés parce qu’il y a manifestement une réelle incapacité pour Hollande et ses gouvernements successifs à s’attaquer aux racines même du mal.

Amateurisme ? Incompétence ? Quoi qu’il en soit, cela ne peut plus durer.

L’Etat d’urgence n’est certainement pas la panacée dés lors qu’il dure car il immobilise et épuise les services de police et de gendarmerie, les empêchant de se consacrer en priorité au démantèlement des réseaux islamiques. Mettons-le à profit pour engager la longue traque contre les terroristes islamiques et ceux qui les organisent. Même si la tache est complexe, la France doit se réveiller et mobilier l’ensemble de ses forces de sécurité et de renseignement. Probablement faudra-t-il s’inspirer des méthodes utilisées par Israël pour neutraliser ces groupuscules terroristes qui utilisent les mêmes modes opératoires.

La France doit aussi soutenir la création d’un véritable service de renseignement intérieur à l’Union européenne, du type FBI, et exiger le renforcement rapide des frontières extérieures, notamment sur sa partie sud. Il doit s’agir là de priorités immédiates.

Même si le combat sera long et difficile, le terrorisme n’est pas une fatalité et doit être combattu fermement et avec la plus grande détermination. Malgré l’absence de confiance en ce gouvernement, les français exigent de ce dernier des actes forts pour anéantir rapidement et durablement et par tous moyens, le terrorisme islamique en France. La sécurité des français relève de leur responsabilité.


France : Le pays bloqué par des syndicalistes radicaux qui refusent la démocratie au nom d’une idéologie totalitaire

30 mai 2016

Après plusieurs semaines de blocages organisés par le syndicat CGT dans les seuls secteurs de l’énergie et des transports où elle est la plus représentative, la France a donné une fois de plus une image désastreuse à l’étranger. Tout cela pour une petite réformette du marché du travail, visant à favoriser les accords au sein des entreprises.

Par delà la réforme elle-même aux enjeux pourtant limités, il est plus probable que les forces d’extrême gauche aient voulu tout simplement marquer le terrain et montrer leurs crocs, face à un gouvernement affaibli qui tangue de toute part et qui tente tant bien que mal d’engager dans l’urgence quelques réformes de structures indispensables. L’objectif de la CGT et ses alliés est double : mobiliser les forces de la gauche extrême pour apparaître comme le seul syndicat qui défendrait les salariés mais aussi s’opposer par tous moyens au gouvernement socialiste pour le faire reculer et l’affaiblir un peu plus. Il y a manifestement là un règlement de compte politique qui se joue une fois de plus au détriment des français.

Quel que soit la modestie du texte relatif à la « loi Travail » de Mme El Khomri, il a au moins l’avantage d’aller vers plus de souplesse du marché du travail. L’article 2 de la loi Travail, tant critiqué par les opposants au projet de loi, introduirait une « inversion de la hiérarchie des normes ». En matière de temps de travail, il prévoit notamment qu’un accord négocié au sein de l’entreprise (accord d’entreprise) puisse remplacer les dispositions d’un accord de branche, même si ces dispositions sont plus favorables pour les salariés.

C’est un début modeste mais qui a le mérite d’aller dans le bon sens. Mais il faudra aller beaucoup plus loin très rapidement pour favoriser la croissance et l’emploi.

Ce qui est inquiétant, c’est justement que ces grèves, manifestations et blocages visent à figer le code du travail en France alors même qu’il est source de nombreuses complications et participe à maintenir un fort taux de chômage, de loin le plus mauvais au regard de nos partenaires européens. Dans ces conditions, toute opposition aux réformes du marché du travail est suicidaire pour les salariés français, mais la CGT n’en a cure et laisse croire le contraire. Face à un monde qui change et une concurrence qui s’intensifie, il est totalement faux et mensonger de laisser croire que la France pourra continuer à créer de l’emploi dans les conditions actuelles.

Les méthodes de la CGT en 2016 n’ont toujours rien de démocratique, bien au contraire. Si la grève reste un moyen d’action reconnu par la constitution, que dire des piquets de grève qui bloquent l’activité d’entreprises, de dépôts de carburant ou des barrages sur les routes et ronds-points qui paralysent la circulation et prennent en otage l’ensemble du pays ? Ces méthodes sont indignes de syndicats d’un grand pays démocratique ; mais le sommes-nous encore ? Comment ne pas évoquer également les pressions répétées du syndicat du livre CGT sur la presse ? En exigeant la diffusion d’un tract du secrétaire général du syndicat dans la presse française, le syndicat a une nouvelle fois empêché la parution des journaux jeudi dernier (à l’exception de son propre journal : l’Humanité). Ce qui est inadmissible et en dit long sur ce syndicat. Manifestement, le respect de la liberté de la presse et plus généralement de la démocratie, ce n’est pas le point fort de la CGT !

Dans tout pays démocratique digne de ce nom, aucun syndicat ne dicte sa loi au gouvernement comme en France. La CGT oublie volontiers qu’en France, le gouvernement issu des élections, sous le contrôle du Parlement, est en effet le seul légitime à légiférer et à imposer les réformes nécessaires dans l’intérêt général du pays, quand bien même l’on n’est pas d’accord. En démocratie, ce ne sont pas les syndicats qui gouvernent !

Même si le gouvernement socialiste a commis un certain nombre d’erreurs (manque de préparation du texte, dialogue avec les syndicats insuffisant, défaut d’explication de l’objet précis de cette réforme aux français…), la riposte des syndicats les plus marqués à gauche est totalement disproportionnée et abusive. Il s’agit ici de manifestations strictement politiques qui n’ont plus rien à voir avec un combat syndical démocratique.

Qui peut croire qu’un gouvernement, qui plus est de gauche, s’acharnerait à mettre en œuvre des réformes du marché du travail, simplement pour pénaliser les salariés au profit des entreprises ? Les arguments de la CGT ne sont que mensonge et manipulation pour laisser croire aux français qu’elle agit pour la défense de leurs intérêts. En réalité, c’est tout l’inverse. Comment s’acharner à vouloir maintenir le statu quo alors que la situation de l’emploi est la pire qui soit en France ? Continuer ainsi, sans engager certaines réformes est tout simplement suicidaire pour les français et inciter un peu plus les entreprises à ne pas embaucher, voire à se délocaliser.

Vu de l’étranger, la France apparaît comme un pays exsangue et replié sur lui-même qui défend bec et ongle ses petits privilèges d’autrefois, quitte à foncer dans le mur, en refusant de se moderniser et de regarder vers l’avenir comme l’ont fait la plupart des pays européens.

Pour s’en sortir et retrouver le plein emploi, à l’instar des autres pays d’Europe comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, le Bénélux… la France n’a d’autres choix que de mettre en œuvre des réformes courageuses pour sortir de l’impasse actuelle. Que ce soit un gouvernement de gauche ou demain de droite, il n’y a pas d’autres choix que de donner plus de souplesse au marché du travail et à revoir en profondeur le code du travail pour faciliter durablement l’embauche par les entreprises. Car au final, ce sont les entreprises qui embauchent et qui créent de la richesse pour le pays.

Reste à trouver le bon compromis entre la nécessaire protection des salariés et les indispensables marges de manœuvres dont ont besoin les entreprises pour embaucher et faire face à la concurrence.

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France : Face à la déliquescence de gouvernement socialiste, la droite s’inquiète de la perte d’autorité de l’Etat et de la radicalisation syndicale

23 mai 2016

Loin de s’améliorer, comme n’hésite pas à l’affirmer Hollande, la situation de la France ne cesse de se dégrader. Ainsi, en ce mois de mai 2016, elle est plus que jamais confrontée à de graves incertitudes sur son avenir et notamment sur sa capacité à se réformer pour retrouver rapidement le chemin de la croissance et de l’emploi.

Le gouvernement socialiste ne gouverne plus et ne fait qu’expédier les affaires courantes, non sans mal. Les quelques réformettes envisagées ont fait « pschitt » car la majorité socialiste est aujourd’hui profondément divisée et s’avère incapable de soutenir les quelques projets gouvernementaux. Ce qui oblige le gouvernement déjà très affaibli à mettre en œuvre l’article 49-3 de la constitution pour faire passer sa loi sur le travail.

Ce qui pousse un peu plus la gauche de la gauche se radicalise au fil des mois et à prendre en otage le pays tout entier pour faire pression sur le gouvernement et l’affaiblir davantage encore. Enfin, certains ministres font maintenant bande à part et n’hésitent plus à contester la politique gouvernementale ; ce qui fini par accentuer la cacophonie et l’absence de cap.

De reculades en reculades, le gouvernement socialiste est aujourd’hui bloqué face à la contestation de son aile gauche, la plus radicale. Aujourd’hui, la France est à l’agonie du fait de l’incapacité de son gouvernement à mener une politique globale, lisible et cohérente pour amener le pays sur le chemin de la croissance et de l’emploi qui reste la priorité des priorités, avec la sécurité. Combien de temps la France va-t-elle pouvoir tenir ainsi alors que d’importantes réformes de structures sont nécessaires pour dynamiser le pays et lui permettre de réduire ses coûts de fonctionnement et sa dette ?

Plus globalement, le plus inquiétant est la remise en cause croissante de l’autorité de l’Etat qui fait que l’administration est de plus en plus livrée à elle-même. Plus grave, les services de sécurité intérieure, la police et la gendarmerie, qui sont déjà fortement mobilisés dans la lutte anti-terroriste pour protéger le pays, sont aujourd’hui pris à partie par une poignée de gauchistes radicaux qui veulent profiter de la faiblesse de l’Etat socialiste. Pourtant, rien ne peut justifier les attaques répétées ces dernières semaines à l’encontre des forces de police et de gendarmerie. Les français attendent une réponse ferme face à ces voyous.

La liberté et la démocratie, ce n’est pas la chienlit ! Ces attaques contre les forces de l’ordre sont intolérables et doivent être lourdement sanctionnées par l’autorité publique.

Aucun pays démocratique, qui plus est en période d’état d’urgence pour risque terroriste, ne peut accepter qu’une poignés de personnes manipulées par quelques gauchistes radicaux, tente d’imposer par la force ses vues d’un autre âge. Dans une démocratie qui se respecte, seules les élections sont de nature de modifier la conduite d’un pays. Hors ces élections, aucun syndicat ou groupuscule n’est fondée à remettre en cause la légitimité du gouvernement en place, quel qu’il soit. C’est la crédibilité et l’autorité de l’Etat qui sont aujourd’hui en jeu en France.

Si certains ne sont pas aujourd’hui satisfaits du gouvernement socialiste actuel, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Qui a voté pour Hollande en 2012 et, dans la foulée, fait élire une large majorité de députés socialistes ??? En démocratie, chacun doit assumer les conséquences de ses propres choix.

Que de temps perdu depuis 2012. Le temps presse pour réformer la France avant qu’elle ne s’enfonce pour de bon dans une situation inextricable d’où il sera difficile de sortir.

Le 1er tour de la prochaine élection présidentielle n’aura lieu que le 23 avril 2017 et celui de l’élection législative le 11 juin 2016. Au vu de l’urgence à réformer et rétablir l’autorité de l’Etat, sans attendre les résultats de la primaire qui aura lieu les 20 et 27 novembre 2016, les partis de la droite et du centre préparent activement le futur programme de gouvernement qui servira de socle au futur président. La tâche est immense et mérite la plus grande attention pour réussir l’alternance.

De gré ou de force, le gouvernement issu des élections de juin 2017 devra rapidement mettre en œuvre le programme que les français attendent pour remettre notre pays sur les chemins de la confiance, de la compétitivité et de la croissance. Les réformes sont attendues dans de nombreux domaines : sécurité, immigration, éducation, réduction des dépenses publiques, maîtrise des prestations sociales, baisse des impôts, simplifications administratives, réformes de structures… Les priorités et le calendrier devraient être connus dés l’automne 2016.