Pollution de l’air : la France devant la Cour de justice de l’UE pour son inaction

28 mai 2018

La menace planait depuis plusieurs années. Finalement, la 17 mai, la France vient d’être renvoyée devant la Cour de justice de l’Union européenne pour non-respect des normes de la qualité de l’air au même titre que l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, la Hongrie et la Roumanie.

Si certains efforts ont été réalisés, ils restent nettement insuffisants car la situation reste très préoccupante dans une bonne douzaine de zones soumises notamment à des niveaux de dioxyde d’azote NO2 très élevés. Les émissions d’oxydes d’azote (monoxyde d’azote plus dioxyde d’azote) apparaissent lors de la combustion de à haute température de combustibles fossiles (charbon, fuel, pétrole…). Si le monoxyde d’azote (NO) n’est pas toxique pour l’homme à faibles concentration ; à l’inverse, le dioxyde d’azote NO2 est un gaz irritant fortement toxique pour les bronches.

Le trafic automobile est responsable de plus de la moitié des émissions d’oxyde d’azote NOx, suivi par le chauffage (environ 20%).

L’OMS (Organisation mondiale de la santé) tire le signal d’alarme. Elle recommande que la concentration moyenne en NO2 de l’air respiré (moyenne mesurée sur un an) ne dépasse pas les 40 μg/m3 et préconise de ne pas s’exposer à une concentration moyenne horaire de plus 200 μg/m3.

De nombreux travaux sur des sujets allergiques ont cependant montré que la réactivité bronchique aux allergènes est augmentée en présence de concentrations modérées de NO2 avec des seuils parfois doubles de ceux préconisés par l’OMS. Les études épidémiologiques révèlent également une diminution de la fonction pulmonaire des populations exposées aux concentrations actuellement mesurées dans les grandes villes d’Europe et d’Amérique du Nord.

Pollution de l’air : un problème de santé publique majeur pour la France

Plusieurs zones parmi les plus gravement touchées par la pollution de l’air NO2 dépassent régulièrement les normes de l’OMS de 40 g/m3 en moyenne annuelle. Il s’agit de la région parisienne, Marseille, Nice, Toulon, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Valence, Vallée de l’Arve, Strasbourg, Reims, Montpellier, Toulouse et la Martinique. Si prompte à donner les leçons, la France serait bien inspirée de prendre ce grave problème de santé à bras le corps. Le pays reste l’un des plus mauvais élèves en Europe en matière de pollution de l’air.

D’ailleurs, le récent classement réalisé par Greenpeace concernant la qualité de l’air dans les capitales européennes place Paris à l’avant dernier rang, juste devant Moscou. Les capitales européennes où la qualité de l’air est la meilleure sont, dans l’ordre : Oslo, Copenhague, Zurich, Bruxelles, Vienne, Amsterdam, Madrid, Londres, Rome et Berlin… Comme par hasard, il s’agit des villes où les circulations douces (piétons, vélos) et les transports en communs sont rois et où la voiture n’est pas la bienvenue !

La mise en demeure de la Commission européenne adressée à la France fait suite à de nombreux avertissements restés sans suite ces dernières années. Compte-tenu des niveaux records de concentration de NO2 dans certaines régions françaises et européennes, il y a une véritable urgence sanitaire. Dans son dernier rapport, l’OMS rappelle en effet que la pollution de l’air tue chaque année plus de 500 000 personnes pour la seule Europe dont environ 48 000 en France.

La pollution de l’air est un tueur silencieux et redoutable. Un grave problème de santé publique que nos gouvernants et autorités sanitaires ne semblent guère prendre au sérieux depuis 10 ans..

Les mesures présentées récemment dans la feuille de route du ministre de la transition écologique Nicolas Hulot n’ont pas convaincu la Commission européenne. Elles ont été jugées très insuffisantes et la Commission a exigé que des mesures radicales et rapides soient prises en matière de pollution de l’air dans les régions concernées. La France paie ici comptant l’héritage de décennies de laisser aller et de complaisance à l’égard des lobbies du secteur de l’automobile et des transports, au détriment des déplacements écologiques et de la santé des français.

Aujourd’hui, de trop nombreux français situés dans les zones les plus exposées meurent dans l’indifférence, impuissants face à la passivité des pouvoirs-publics. Hélas, du côté des mouvements et élus écologistes, ce n’est hélas guère mieux alors qu’il s’agit là d’un combat juste et durable qui pourrait mobiliser de nombreux français. Ces derniers se gardent bien de dénoncer publiquement cette situation indigne d’un pays développé.

Cette passivité, pour ne pas dire complicité avec les pollueurs, explique en grande partie le peu de résonnance de ce grave problème de santé publique dans les médias qui préfèrent des sujets plus faciles et lus porteurs d’audience. Et pourtant, pas moins de 48 000 français meurent annuellement des problèmes liés à la pollution principalement automobile, ce dans l’indifférence générale.

Certains préfèrent trop souvent faire le buzz sur quelques dossiers mineurs, au demeurant sans grand impact en matière de santé publique comme sur les compteurs Linky qui n’ont encore causé la mort de personne et alors même que chaque foyer vit déjà depuis des décennies au milieu d’ondes les plus diverses : 3G/4G, wifi, cpl, bluetooth… et bien plus encore ! Des gesticulations reprises béatement par certains médias toujours à l’affut de l’audimat, quitte à vendre du vent ! Tout cela est grand guignolesque au regard des enjeux réels en matière de santé.

Un dysfonctionnement qui en dit long sur l’état de décomposition et d’indifférence de notre société à l’égard des personnes les plus vulnérables en matière de santé publique, notamment les enfants ! Tout cela parce que personne dans ce pays comme ailleurs, n’a le courage d’interdire à la circulation les véhicules les plus polluants en matière de Nox et NO2 et notamment les vieux diésels de plus de 10 ans pour ne pas déplaire aux automobilistes. Preuve que la vie de milliers de personnes innocentes compte moins que la satisfaction de quelques électeurs !

Enfin de véritables contrôles techniques des véhicules

Chacun s’accordait à reconnaître que les actuels contrôles techniques réalisés en France ne servaient à pas grand-chose car trop sommaires, rendant à la circulation automobile de nombreux véhicules souvent très anciens, peu sûrs et surtout fortement polluants.

La France, avec plus de 4 ans de retard, au nom de l’amélioration de la sécurité routière, a fini par transposer la directive européenne de 2014 concernant les contrôles techniques en matière automobile avec sa nouvelle grille de test beaucoup plus rigoureux. Depuis le 20 mai, les contrôles techniques instaurés en 1992, deviennent enfin beaucoup plus sévères et performants.

En France, les contrôles techniques sont obligatoires pour les véhicules de plus de 4 ans, puis renouvelés tous les 2 ans par la suite à partir de cette date. Annuellement, ce sont plus de 25 millions de contrôles techniques qui sont réalisés en France pour un prix moyen de 50 à 65 euros, selon les promotions du moment. Jusqu’alors, seuls 123 points étaient soumis à contrôle, soit 450 défauts, dont 196 soumis à contre-visite dans le délai de deux mois. Désormais, ce sont dorénavant 132 points de contrôle qui seront examinés, soit 606 défaillances possibles, dont 340 donnant lieu à contre-visite sous deux mois.

A cela s’ajoutent 127 défaillances plus sévères, dites « critiques » qui immobiliseront le véhicule jusqu’à réparation chez un professionnel. Parmi les points soumis aux nouveaux contrôles et repris dans un rapport détaillé. Du fait de l’ampleur des contrôles, la durée de la visite devrait se trouver augmentée de 15 à 20%.

Selon les tests réalisés par les professionnels, de l’ordre de 25% à 30% des véhicules devraient être recalés avec ces nouvelles normes, contre environ 18% au cours de l’année 2017. Quant aux défaillances « critiques », elles devraient concerner seulement 3 à 4% des véhicules.

Pour l’association 40 Millions d’automobilistes, il n’y a pas de quoi s’inquiéter : « …Les défauts critiques s’appliquent à des choses majeures pour la sécurité, comme un pare-brise fendu en plein champ de vision du conducteur. Globalement, le nouveau contrôle technique ne pose pas de problème… à part sont coût majoré de 10 à 20%. ». Le prix de la nouvelle visite devrait ainsi être majoré de l’ordre de 20 à 30 euros pour atteindre 70 à 90 euros hors promotions.

L’absence de contrôle techniques à jour entraîne une amende de 135 € et l’interdiction d’utiliser son véhicule jusqu’à régularisation. A terme, pour être efficace et lutter contre les épaves qui sillonnent les routes et polluent considérablement, il y aurait lieu d’accentuer les contrôles routiers et de saisir dés constatation de l’infraction d’absence de certificat de contrôle technique en cours de validité.

Si l’on ne peut que se réjouir que les contrôles antipollution des véhicules à moteurs soient sérieusement renforcés dès 2019, notamment concernant le taux de particules rejetées NO2 ; comment ne pas regretter que ces tests ne concernent que les seuls moteurs diesel récents Euro 5 ou Euro 6, vendus à partir de 2011 et 2015 ? En effet, le contrôle des NOx est repoussé à plus tard ! Manifestement, parvenir à mesurer les oxydes d’azote de manière fiable, dans le cadre d’une visite technique périodique, n’est toujours pas chose aisée en France.

Du coup, la mesure des NOx lors des contrôles techniques ne devrait pas intervenir avant 2022, le temps que tous les « problèmes techniques » soient résolus. Ce qui revient à dire que les vieux véhicules diesel, pourtant les plus fortement polluants et tueurs en puissance, en seront exemptés et pourront continuer à polluer en toute légalité.

Une décision ubuesque dont l’Etat français a le secret ! Assurer la sécurité sanitaire des français ne devrait-il pas être la seule priorité ?

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France : En finir avec les grèves politiques à répétition du secteur public

7 mai 2018

Une fois de plus, les transports publics français et notamment la SNCF, sont paralysés depuis plus d’un mois par une grève strictement politique menée par les syndicats les plus radicaux : la CGT et Sud. Personne ne s’y trompe, cette nouvelle grève n’a aucune justification sociale car ni les emplois, ni les rémunérations, ni le statut, ni le système de retraite privilégié ne sont menacés d’aucune manière par le gouvernement. Quant à la prétendue défense du service public, la justification est un peu courte vu l’état de dégradation du service ferroviaire (retards de plus en plus importants, absence de réelle information des usagers, trains souvent en mauvais état et peu propres, rallongement régulier du temps de transports, prix élevés, sécurité défaillante… )

Pour ces syndicats, il s’agit avant tout d’instaurer un rapport de force politique en causant le plus de dommage possible aux usagers particuliers et professionnels. Au risque d’affaiblir un peu plus la SNCF, l’objectif avoué n’est autre que de dissuader le gouvernement de toute réforme du système ferroviaire français qui remonte à l’après-guerre et qui est aujourd’hui totalement dépassé et au bord de la faillite.

Bien étrange et cynique manière pour ces syndicats, aujourd’hui en perte de représentativité, que de prétendre défendre les personnels et le service public alors qu’il s’agit uniquement de défendre leurs petits intérêts particuliers, incapables de s’adapter à l’évolution du monde.

La lente mais inexorable agonie du transport ferroviaire français

Contrairement aux mensonges propagés par certains syndicats, le but de la réforme gouvernementale n’est autre que de sauver le système ferroviaire français aujourd’hui à l’agonie, incapable de proposer des services de qualité aux usagers avec des prestations qui se dégradent de jours en jours en dépit de prix élevés et surtout de lui permettre de faire face à la concurrence qui doit intervenir prochainement sur le réseau ferré européen. L’urgence est de transformer le statut d’EPIC (Etablissement Public Industriel et Commercial) de l’entreprise publique en société commerciale à capitaux publics détenue par l’Etat. Ce qui lui permettra d’avoir le même régime que les autres entreprises avec une gestion beaucoup plus rigoureuse et transparente face à la concurrence.

Quel que soit son statut, comment expliquer l’incapacité de l’entreprise publique à faire face à l’avenir alors que ses concurrents publics voisins (DB, CFF, FS ou RENFE) ont su se réformer et proposer aujourd’hui des services de haut niveau à des prix compétitifs (trains très modernes et propres, ponctualité, horaires adaptés, services à bord… ) ? Les français connaissent la réponse : le manque de courage politique des divers gouvernements depuis 30 ans face aux syndicats de la SNCF. Le résultat c’est en dépit des dizaines de milliards d’euros injectés en pure perte par l’Etat (le contribuable) dans le secteur ferroviaire, celui-ci est aujourd’hui dans une situation catastrophique dont il ne pourra se relever sans une véritable et courageuse réforme et la reprise par l’Etat de la colossale dette de 45 milliards d’euros qui obère son avenir.

L’attitude de la CGT et de Sud dans ce conflit est consternante. Comment peut-on oser prétendre défendre les « travailleurs » en conduisant le service public et l’ensemble des personnels dans le mur par une opposition systématique à toute réforme durant des décennies ? Au passage, s’il y a des salariés à défendre, ils sont du côté du secteur privé mais ils n’ont hélas pas les moyens de faire grève pour un oui ou pour un non, sous peine de se trouver à la porte. En dépit d’un régime extrêmement favorable (statut, salaires, avantages sociaux, retraite…) qui ruinerait toute entreprise commerciale, les personnels de la SNCF persistent à valoir profiter égoïstement de leur situation avantageuse au détriment de l’ensemble des français pour préserver leurs petits intérêts particuliers.

Edouard Philippe, le Premier ministre et ancien maire du Havre a clairement mis les pieds dans le plat en constatant les faits : « Les français, qu’ils prennent ou non le train, payent de plus en plus cher pour un service public qui marche de moins en moins bien… » ajoutant : « La vitesse frôle parfois le surplace en jouant avec les nerfs des usagers. » Difficile pour les usagers du train d’être en désaccord avec cette affirmation.

L’enquête du journal Le Monde confirme l’existence d’une France à deux vitesses due à la politique du tout TGV

Une récente enquête du journal Le Monde publiée le 02 mai 2018, établie à partir du tableau officiel des horaires publiés par la SNCF sur une trentaine de villes françaises, confirme qu’au cours de la dernière décennie, les temps de transport vers de nombreuses villes, ont eu tendance à s’allonger parfois de manière non négligeable. Ceci est en partie dû à la priorité donnée au tout TGV au détriment du reste du réseau, et notamment les trains Intercités (Amiens, Caen, Cherbourg, Le Havre, Limoges, Clermont-Ferrand…). Globalement, la rénovation et l’entretien du réseau ferré hors TGV a été laissé à l’abandon avec des travaux réduits à leur plus simple expression. D’où aussi les récents accidents ferroviaires. La carte de France des lignes SNCF fait ainsi apparaître un pays à deux vitesses. Les régions hors du réseau TGV sont bien entendu les parents pauvres comme la Normandie et la Picardie, mais aussi le centre de la France et l’ensemble du Massif-Central.

Alors que des gains importants de temps avaient été réalisés sur les principales lignes depuis les années 1960 jusqu’aux environs des années 2000, pour les deux tiers des lignes étudiés en 2017 (les principales), le constat est sans appel. Les temps de trajets se sont sensiblement allongés, y compris les lignes à grande vitesse ; et ce hors des habituels retards qui ne sont pas comptabilisés. L’origine de ces rallongements de temps de transport est souvent la même : ralentissements dus au mauvais état du réseau ou à des travaux d’entretien et de rénovation, saturation du réseau sur certaines portions notamment dans les grandes zones urbaines… Tout cela est le résultat des retards considérables pris dans la rénovation du réseau ces dernières décennies. Ce sont hélas les Intercités qui ont fait les frais de cette politique du tout TGV.

Deux exemples régionaux. Le train Intercité Brive-Limoges-Paris qui dessert Rodez en TER met dans le meilleur des cas la capitale à 6h15 de Rodez contre à peine plus de 6h avec feu le Capitole voici déjà 30 ans. Parfois même, la SNCF propose de rejoindre Paris via Toulouse et Bordeaux, quand ce n’est pas via Montpellier et Lyon avec des temps et tarifs invraisemblables. Pas étonnant que dans ces conditions, les usagers aient tendance à déserter ces lignes !

S’agissant de la ligne TER Rodez-Albi-Toulouse, le meilleur temps en 2018 est de 2h07 mais pour la plupart trains, la durée se situe entre 2h21 et 2h35. Un temps considérable alors qu’il y a plus de 10 ans, les trains bien plus vétustes ne mettaient que 2h01, hors les habituels retards de cette ligne. Comment expliquer qu’en 2018 les TER mettent encore en moyenne 2h20 pour relier Rodez à Toulouse alors qu’avec l’autoroute A68 voisine, bien que non encore achevée, on ne met guère plus de 1h30 de la sortie de Rodez à Balma, aux portes de Toulouse. Le tout pour le tarif prohibitif de 27 euros l’aller. Pourtant, sur cette ligne, le réseau ferré n’est pas en cause puisque l’intégralité des voies, comme de nombreuses autres lignes de la région, a été entièrement refait il y quelques années pour un investissement global par la région Midi-Pyrénées de l’ordre de 200 millions d’euros. On peut donc s’interroger sur le bien fondé de ce lourd investissement de la région dès lors qu’il ne s’est accompagné d’aucune amélioration notable des temps de transports, bien au contraire !

De son côté, Air-France est affaiblie par des grèves à répétition des pilotes et se trouve en grande difficulté vis-à-vis de ses concurrents

A Air-France, autre entreprise publique, les choses sont très différentes. Il s’agit avant tout d’un conflit salarial qui concerne principalement les pilotes qui ont les plus hauts salaires de la compagnie et probablement de la concurrence. Ces derniers refusent tout accord d’entreprise et exigent une augmentation exorbitante de leurs salaires de +10.7%. La grève en cours, comme d’habitude à Air-France, est due aux seuls pilotes de la compagnie alors que les pilotes des filiales du groupe sont souvent bien moins rémunérés. Le groupe Air-France/KLM (alliance SkyTeam) est aujourd’hui convalescent avec des résultats en demi-teinte principalement dus à la bonne gestion de la compagnie hollandaise KLM. La situation d’AIr-France reste en effet précaire au regard de ses principaux concurrents que sont British-Airways (Alliance oneworld) et Lufthansa (Star Alliance) aujourd’hui en position de force.

Au moment où la compagnie doit faire des choix stratégiques pour son avenir avec le renouvellement d’une importante flotte d’avions, Air-France est clouée au sol et son image fortement dégradée dans un ciel européen où la concurrence fait rage. La compagnie nationale française apparaît ainsi plus que jamais fragilisée alors que le ciel européen évolue vers une concentration sur quelques grandes compagnies seulement. Alors que British-Airways contrôle désormais Iberia et Lufthansa est en train d’acquérir les restes d’Air-Berlin et probablement d’Alitalia qui était pourtant alliée à Air-France au travers de SkyTeam, l’horizon de cette dernière s’assombrit quelque peu. Sans parler de la toute puissance des low-costs aux supers profits que sont Ryanair et easyjet et quelques autres qui ne cessent de lui tailler des croupières.

Dans ce contexte, l’attitude des pilotes d’Air-France qui sont particulièrement privilégiés au niveau salarial et conditions de travail apparaît scandaleuse car elle met en danger l’avenir de l’ensemble du groupe et de ses personnels. Il s’agit là d’une prise d’otage totalement abusive que la compagnie risque de payer au prix fort. A terme, sa survie est loin d’être assurée notamment avec la récente démission de son président suite au rejet du plan proposé.

Vers une loi pour limiter le droit de grève dans le secteur public

Au final, force est de constater que certains syndicats français du secteur public, en s’opposant pour des motifs purement politiques aux réformes ne font qu’affaiblir régulièrement nos entreprises, favorisant ainsi l’arrivée des concurrents sur le marché ferroviaire et aérien français.

Personne ne peut aujourd’hui défendre l’indéfendable et la prise en otage régulière des usagers par quelques syndicats qui usent et abusent des avantages du service public pour tenter d’imposer leur position suicidaire. 2018 aura probablement été la grève de trop pour les syndicats de la SNCF car il ne fait aucun doute que le gouvernement va prendre ses responsabilités et imposer sa juste et équitable réforme du système ferroviaire français. C’est d’ailleurs l’avis d’une large majorité des français lorsqu’on leur expose objectivement les tenants et aboutissants du dossier. Maintenant, çà suffit !

Ne nous y trompons pas. Après le vote des grands principes de la réforme ferroviaire à l’Assemblée nationale il y a quelques jours à une très grande majorité, la réception par le Premier ministre des syndicats du ferroviaire ce 7 mai doit constituer une porte de sortie honorable pour tout le monde. Dommage que certains s’obstinent. L’objectif de la réforme n’est autre que de sauver le ferroviaire français de la faillite tant qu’il en est temps.

Par-delà ce énième conflit de la SNCF et d’Air-France, l’actuel gouvernement et les prochains vont devoir se pencher sérieusement sur le régime du droit de grève dans le secteur des transports publics comme cela a déjà été fait dans la plupart des pays européens. Il doit être mis fin aux multiples abus manifeste du droit de grève qui minent le secteur public et pénalisent les usagers.

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Sur ce même sujet, la fondation IFRAP, un Think tank dédié à l’analyse des politiques publiques et laboratoire d’idées innovantes, a publié le 26/04/2018 une analyse intéressante relative aux actuelles grèves à la SNCF et Air-France. En voici ci-dessous l’essentiel.

> Accéder à l’intégralité de l’article original de l’IFRAP


Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, la France avance enfin…

23 avril 2018

Depuis bientôt un an, la France est présidée par Emmanuel Macron. Un jeune président quasi-inconnu du monde politique français il y a encore un an.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la vieille France a pris un coup de jeune. Ce nouveau président de la République a ringardisé l’ensemble de la classe politique française où jusqu’alors les personnalités de premier plan étaient présentes sur l’échiquier politique depuis 30 ans, voire bien plus pour certaines. De ce point de vue, ce renouvellement a été salutaire, tellement certains politiques, s’accrochaient au pouvoir par tous moyens. La nouvelle assemblée nationale issue du scrutin de juin 2017 est à cet égard un pari sur le renouveau du pays avec une majorité de femmes et d’hommes jeunes et issus de l’ensemble de la société civile avec les expériences les plus diverses.

Une rupture avec une classe politique française sclérosée plutôt de bon augure face aux défis à relever. Un changement majeur que les partis politiques traditionnels, Républicains et Socialistes en tête, n’ont pas vu venir, convaincus que leurs formations allaient continuer à régner en alternance, en dépit des crises. C’était sous-estimer la lassitude des français à leur égard et une réelle volonté de changement, au-delà des clivages politiques traditionnels.

France is back !

L’autre avantage incontestable est que la France s’est dotée d’un président en phase avec les réalités d’aujourd’hui. La mondialisation en cours va imposer aux vieilles nations européennes de s’adapter et effectuer une véritable révolution sous peine de se trouver marginalisé et d’entrer dans un lent mais inexorable processus de déclin. Emmanuel Macron dispose d’une relative connaissance des évolutions en cours et a une vision claire de ce que devra être la France demain, aux antipodes de celle d’aujourd’hui basée sur le monde ancien. L’objectif du président est de moderniser la France en douceur pour lui permettre d’affronter la mondialisation avec ses meilleurs atouts.

Pour y parvenir, Emmanuel Macron a su s’entourer de femmes et d’hommes jeunes et plutôt brillants qui constituent une force indéniable, tant les réformes et les changements à engager sont considérables pour adapter la France à l’évolution du monde.

Depuis l’élection de M. Macron à la présidence de la République, après il est vrai un quinquennat purement catastrophique, la France est aujourd’hui perçue comme un pays en voie de modernisation, confiant en son avenir. Cette image très positive de notre pays en si peu de temps, elle est exclusivement due à la personnalité du nouveau président, sa jeunesse, sa modernité et sa volonté de réformer un pays à bout de souffle, sans véritable cap. Au risque de déplaire à certains, la France a enfin trouvé un président qui sait s’imposer et faire preuve d’autorité. Ce qui tranche avec un passé récent.

Au moment où l’Allemagne a perdu de son assurance sur un plan politique, la France semble être en mesure de peser sur la destinée de notre veille Europe et de prendre la relève pour assurer une forme de leadership pour sortir l’Union européenne de l’impasse actuelle. Le président français l’a bien compris, l’avenir de la France ne pourra être assuré qu’au sein d’une Europe plus unie et plus forte sur le plan économique, politique, social et militaire.

Une vague de réformes à marche forcée sans précédent

Jamais la France n’avait connu un tel rythme de réformes en si peu de temps. Globalement, on peut affirmer sans crainte que la France est en bonne voie de rétablissement, même si la convalescence sera encore longue. Même s’il est trop tôt pour tirer un premier bilan, force est de reconnaître que le bilan est nettement positif. La meilleure preuve en est que les investisseurs parfois réticents et critiques à l’égard de la France ces dernières années, semblent aujourd’hui vouer une confiance totale dans sa nouvelle classe dirigeante et investir comme jamais dans son économie. Qui s’ne plaindra ?

L’importante réforme du code du travail a finalement été mise en œuvre malgré l’hostilité de certains syndicats. Menée tambour battant, elle permet d’assurer une plus grande souplesse du code du travail et favorisé la plus large concertation entre employeurs et salariés, tout en maintenant un niveau de protection élevé. A terme, en se rapprochant des règles sociales en vigueur en Europe, cette réforme devrait permettre de favoriser l’emploi.

Comme annoncé, la France s’est engagée à respecter ses engagements envers l’Union européenne en matière de déficits publics. Ainsi, contrairement aux années précédentes, le déficit budgétaire a été contenu à 2.6% pour l’année 2017. Une performance pour la France qui n’arrivait pas à revenir sous les fameux 3% ces dernières années. Le déficit devrait s’établir autour de 2% en 2018 pour un retour à l’équilibre en 2022. Pour autant, les dépenses publiques ont continué à croître de l’ordre de 2.5%, pour représenter près de 56.5% du PIB. Un niveau trop élevé de dépenses qui devrait faire l’objet d’importantes économies dès 2018 et les années suivantes.

Une réforme fiscale partielle a été engagée. Elle a porté sur les particuliers avec la suppression progressive de la taxe d’habitation, le transfert de cotisations salariales sur la CSG des retraités, la réforme de la fiscalité du capital (remplacement de l’ISF pat l’IFI)… et les entreprises avec notamment la réduction du taux d’impôt sur les sociétés de 33.33% à 25% de manière progressive.

La réforme de l’éducation reste l’une des priorités et va se faire progressivement de la maternelle à l’université. Celle du bac a été lancée et un nouvel examen devrait voir le jour en 2021, faisant la part belle au contrôle continu. Concernant la formation professionnelle et l’assurance chômage, après l’échec des négociations entre syndicats et patronat, le gouvernement a pris en choses en main. Le projet de loi pour « la liberté de choisir son avenir professionnel » sera présenté en Conseil des ministres prochainement. Seront également évoquées la prise en charge des salariés démissionnaires et des indépendants, le compte personnel de formation en euro et la création de France Compétences, l’agence nationale qui va absorber les structures paritaires de formation…

Les autres grandes réformes en cours et à venir : la SNCF et le transport ferroviaire ; mise ne place d’un système de retraite universel ; modification constitutionnelle visant à réduire le nombre de parlementaires et instaurer une dose de proportionnelle dans les scrutins ; redéfinition des missions des administrations et réduction du nombre de fonctionnaires ; instauration d’un service militaire obligatoire et universel….

Une recomposition politique en stand by

L’élection d’Emmanuel Macron et d’une large majorité présidentielle à l’Assemblée nationale a profondément et durablement modifié les équilibres politiques du pays.

Les deux grands partis de gouvernement, les Républicains-UDI d’un côté et le Parti socialiste-PRG de l’autre, n’ont pas atteint le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017. Du jamais vu ! Ces deux groupes politiques n’ont pas dépassé à eux seuls le niveau de 30% des voix, de très loin le plus faible score enregistré depuis des décennies. Rappelons qu’habituellement, ces derniers atteignaient ensemble entre 50% à 70% des voix. A l’inverse, les deux formations d’extrême-droite et d’extrême-gauche ont ensemble dépassé le score des partis de gouvernement. C’est dire l’ampleur du désaveu pour ces formations de gouvernement.

Les partis traditionnels se sont avérés totalement incapables de proposer une véritable alternative aux défis auxquels la France doit aujourd’hui faire face et n’ont pas pris au sérieux le nouveau parti créé de toute pièce en moins d’un an par Emmanuel Macron. Face à l’archaïsme de ces vieux partis repliés sur eux-mêmes et incapable de se moderniser, la jeunesse et le projet d’avenir de M. Macron ont fait la différence. Face aux montées des extrêmes qui conduirait inéluctablement à l’échec, une majorité de français du centre-droit et du centre-gauche, notamment les classes moyennes et les retraités, ont adhéré massivement aux projets de M. Macron.

Au jour d’aujourd’hui, tout laisse à croire que LREM est en mesure de s’imposer durablement sur l’échiquier politique français. La gauche modérée est aujourd’hui bien éclatée et ne semble pas en mesure de se reconstruire dans l’immédiat, tant les divergences sont profondes. Chez les Républicains et l’UDI, les choses ne vont guère mieux, même si l’aile la plus conservatrice s’est rassemblée autour de Laurent Wauquiez. Sauf que ce dernier n’a d’yeux que sur sa droite et oublie que pour gouverner, il lui faudra impérativement reconquérir la droite modérée et le centre. Ce qui est loin d’être gagné au vu du programme de son parti.

Hormis les partis extrêmes qui prospèrent sur le populisme et l’incapacité des partis de gouvernement à proposer une alternative crédible, seul LREM (La République En Marche) le parti du président, domine aujourd’hui la vie politique française. Le tout nouveau parti a largement profité de la déconfiture du PS et des Républicains dont une part importante des électeurs habituels ont fait faut bon pour rejoindre directement LREM.

Pour LREM, les élections européennes de 2019 seront donc capitales. Deux ans après son émergence politique, la formation devra confirmer sa place dans une élection taillée pour elle puisqu’il s’agira de l’avenir de l’Europe qui lui est si chère, mais avec un scrutin proportionnel beaucoup plus favorable aux partis contestataires et avec un gouvernement qui accentuera un peu plus les réformes structurelles qui toucheront de plus en plus de français. Les effets positifs attendus des réformes se feront-ils suffisamment sentir pour entrainer une large adhésion des français au parti pro-européen ?

C’est le défi que devra relever LREM pour réussir.


Catalogne : Madrid passe en force pour reprendre le pouvoir à Barcelone au risque de renforcer un peu plus les tensions

22 octobre 2017

Pour mettre fin au bras de fer engagé avec le gouvernement catalan, le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a réuni d’urgence ce samedi 20 octobre un Conseil des ministres extraordinaire. A l’issue de celui-ci, il a annoncé avoir demandé au Sénat de lui confier les pleins pouvoirs pour de révoquer le gouvernement catalan et l’empêcher de prononcer l’indépendance. M. Rajoy exige la destitution de la Generalitat de Catalunya, le gouvernement catalan présidé par Carles Puigdemont et la convocation de nouvelles élections.

Aucune mesure ne pourra cependant être prise par le gouvernement espagnol avant que le Sénat, où le parti du chef du gouvernement dispose de la majorité absolue, n’ait donné son accord. Il s’est par ailleurs assuré le soutien du Parti socialiste et de Ciudadanos, soit une large majorité au parlement.

Et maintenant, que va-t-il se passer concrètement en Catalogne ?

Nul ne peut le dire aujourd’hui car nous sommes ici sur un terrain inconnu.

Dans un pays démocratique, il s’agit d’une véritable épreuve de force, même si elle repose sur une application de la constitution. Au fait, que vaut la constitution de circonstance adoptée dans l’après-guerre à un moment où le pays sortait d’une dictature sans précédent pour faire face à une crise des institutions et éviter l’éclatement d’un pays ? N’oublions pas cette constitution avait pour but premier d’éviter la sécession de certaines régions en les maintenant de fait dans les frontières espagnoles. Que vaut la décision d’une cour constitutionnelle où les membres qui ont rendu la décision conforme à la demande de l’Etat espagnol sont entièrement nommés par le gouvernement de ce même pays ?

Une fois l’accord du Sénat obtenu par M. Rajoy, la région catalane devrait passer de fait sous le contrôle du gouvernement espagnol de Madrid, via des organismes mis en place à cet effet comme l’avait expliqué le chef du gouvernement. Ce dernier devrait aussi dissoudre le parlement catalan et convoquer de nouvelles élections dans les six mois  ; une prérogative habituelle du président de la Generalitat.

Le gouvernement de M. Rajoy demande également au Sénat, tant qu’à faire, de lui permettre de nommer, démettre et remplacer tous les responsables et organismes qui dépendent de la Generalitat. En quelque sorte, le gouvernement espagnol demande les pleins pouvoirs pour neutraliser durablement la Generalitat de Catalunya et en prendre le contrôle effectif. Ce qui revient, ni plus, ni moins, à dire que le gouvernement espagnol réalise un coup d’Etat en Catalogne. Un aveu d’échec pas très glorieux pour un pays démocratique !

La meilleure preuve est la probable prise de contrôle par Madrid du Centre de télécommunications et de technologies de l’information de Catalogne qui coordonne tous les systèmes informatiques du gouvernement régional catalan, à commencer par la chaine de télévision TV3 et la radio publique Catalunya Radio. Motif invoqué : « garantir la transmission d’une information fiable, objective et équilibrée » !!! Des positions vues dans d’autres situations qui n’ont rien de bien rassurant dans un pays démocratique.

L’échec des états-nations et l’inéluctable montée en puissance des régions-nations

Manifestement M. Rajoy est dépassé par les évènements qu’il a en partie lui-même favorisé. L’attitude générale d’extrême fermeté et de refus de tout dialogue du chef du gouvernement à l’égard de la Catalogne, de ses institutions et de ses dirigeants, n’a fait qu’empirer les choses et accentuer un peu plus la volonté d’indépendance des catalans, lassés de voir le gouvernement central se refuser à la moindre petite concession. Aujourd’hui, la tension est à son comble et il sera bien difficile de revenir en arrière.

Quoi qu’il en soit, les tensions entre catalans et espagnols et notamment castillans ne vont que s’amplifier au fil des mois ; ce qui va rendre la position du gouvernement de Madrid insoutenable. D’ailleurs, ce samedi 20 octobre, près de 500 000 personnes sont encore descendues dans les rues de Barcelone en signe de protestation contre la décision de l’Etat espagnol de destituer l’ensemble des organes de la région de Catalogne et d’en prendre le contrôle.

La démocratie espagnole est aujourd’hui à la croisée des chemins. Peut-on en 2017, dans un pays de l’Union européenne, réaliser un coup d’Etat contre une partie de son peuple qui ne partage plus les valeurs de la nation espagnole et souhaite s’auto-déterminer ? La force de la démocratie n’est-elle pas de respecter ses propres minorités ? Après tout, pourquoi le nationalisme exacerbé de certains états démocratiques serait-il supérieur et préférable à celui de certaines régions qui existent sur la base de frontières inchangées depuis la nuit des temps ?

Depuis l’après-guerre, le monde a profondément changé et la fin de règne des états-nations a sonné. L’avenir de l’Union européenne passera demain par un ensemble de régions de pays très différents qui travailleront en synergie, loin des frontières actuelles des états. Même si des décennies seront nécessaires pour y parvenir, il faudra se faire progressivement à l’idée que l’Europe sera demain une fédération de régions qui ont décidé de s’allier et de vivre ensemble leur diversité, hors des frontières traditionnelles.

Si le chemin de l’indépendance de la Catalogne promet d’être long et difficile, il a le mérite de poser le problème de celui de nombreuses régions d’Europe, qui constituent généralement à elles-seules, de véritables nations. On peut citer l’Ecosse, La Lombardie, la Flandre, le Pays-Basque, la Corse et bien d’autres sachant qu’au fil des ans, c’est un mouvement inéluctable, d’autres grandes régions vont manifester leur volonté d’émancipation.

Cette évolution doit beaucoup à la construction européenne qui ne peut que s’en réjouir à terme.


France : Pourquoi l’exonération de taxe d’habitation pour 80% des français est une erreur

6 septembre 2017

Emmanuel Macron, le nouveau président de la République française avait annoncé lors de sa campagne électorale vouloir exonérer 80% des foyers français de la taxe d’habitation. Beaucoup alors, à droite et à gauche, y avaient vu une mesure démagogique, particulièrement électoraliste et surtout peu réaliste au regard de son coût exorbitant (estimé à 6 milliards d’euros par an).

La taxe d’habitation et les impôts locaux en général sont très critiqués, comme le fût en son temps la taxe professionnelle remplacée par la contribution financière des entreprises (CFE). Ils restent cependant extrêmement difficiles à réformer car il s’agit de sommes considérables qui servent à financer les collectivités locales. Si l’Etat réduit les recettes de ces taxes, d’une manière ou d’une autre, il doit aussitôt les compenser pour maintenir les recettes fiscales des collectivités et préserver leur autonomie financière qui reste fragile.

Pour autant, contrairement à ce que beaucoup de gens sensés pensaient, quelques semaines après son élection, le projet de réforme visant à réduire la cotisation de taxe d’habitation de 80% des foyers a été confirmé par le nouveau gouvernement. Pris au piège des promesses, le président Macron a semble-t-il tranché. Image oblige !

La réforme des impôts locaux : un dossier explosif toujours reporté

La taxe d’habitation, avec la taxe foncière et la contribution foncière des entreprises, constitue la principale ressource des collectivités locales et notamment des communes. A elle seule, la taxe d’habitation représente actuellement 25 milliards d’euros sur un total de 130 milliards d’euros de recettes pour l’ensemble des collectivités territoriales. La taxe d’habitation concerne environ 28 millions de foyers fiscaux et 33 millions de logements.

La taxe est due par toute personne occupant le logement au 1er janvier de l’année d’imposition ainsi que pour les logements vacants, si la délibération a été prise par la collectivité. Selon les informations connues à ce jour, l’exonération de la taxe d’habitation concernerait les ménages dont le revenu imposable annuel serait inférieur à 20 000 € par part fiscale, soit environ 5 000 euros par mois pour un couple avec deux enfants (3 parts).

L’application d’une telle mesure conduirait ipso-facto à la disparition d’une part importante des ressources propres des communes et les mettrait dans une situation de dépendance sans précédent depuis des décennies, vis-à-vis de l’Etat. Même si la perte de recettes fiscales liée à cette exonération de taxe d’habitation devrait être compensée par l’Etat, au vu de sa mauvaise situation financière et de l’importance de la dette, il est probable que la compensation ne sera pas totale. Rappelons à ce propos que depuis 2012, les divers gouvernements de M. Hollande n’ont eu de cesse de baisser considérablement les dotations publiques de l’Etat allouées aux collectivités. Ce qui a considérablement affaibli nombre de communes déjà fragiles sur le plan financier.

En outre, ces importantes baisses des dotations publiques ont engendré une forte baisse des investissements des collectivités ; ce qui pénalise lourdement le tissu économique et social au plan local.

Enfin, la mise en place de cette exonération pour 80% des foyers fait supporter à seulement 20% des français la charge de la taxe d’habitation et introduit une forme d’inégalité devant l’impôt qui ne paraît pas conforme à notre constitution dont une jurisprudence constante rappelle que chaque foyer fiscal français doit être égal devant l’impôt. Dans ces conditions, il n’est pas acquis que le Conseil constitutionnel valide une telle exonération massive de cet impôt. Rappelons qu’au jour d’aujourd’hui, selon les communes, entre 20% et 35% des foyers fiscaux sont déjà exonérés partiellement ou totalement de la cotisation de taxe d’habitation en raison de leurs faibles revenus. Ce qui n’est pas rien.

Faire supporter à seulement 20% des français la taxe d’habitation ne peut que contribuer un peu plus au ras-le-bol fiscal de nombreux français dont, il faut le rappeler, plus de 53% des foyers sont par ailleurs totalement exonérés d’impôt sur le revenu. Un niveau jamais atteint jusqu’alors en raison des allégements consentis par M. Hollande depuis 2012 en faveur des bas revenus. Pas certain que, dans un tel contexte, faire supporter une plus large part des impôts à moins de 20% des français soit équitable au plan fiscal et contribue à encourager efficacement nos concitoyens à entreprendre dans ce pays.

Réformer les impôts locaux plutôt que d’accentuer les exonérations au profit d’un plus grand nombre de contribuables

Depuis 1970, la taxe d’habitation et la taxe foncière sont assises sur une valeur locative cadastrale établie à cette époque. Pour ce faire, les valeurs locatives font l’objet d’actualisations et autres revalorisations annuelles censées correspondre à la réalité du terrain. Or, il n’en est rien ; bien au contraire. Si les constructions récentes sont à peu prés correctement évaluées, les constructions anciennes qui ont souvent fait l’objet d’importants travaux de mises aux normes du confort moderne sont généralement sous-évaluées car nombre de déclarations d’achèvement des travaux n’ont jamais été faites ou ont été largement minorées. A l’inverse, les constructions modestes récentes, de type HLM, qui bénéficient de tout le confort, apparaissent nettement surévaluées.

Un vrai casse-tête pour les collectivités, surtout celles qui disposent d’un important centre ancien rénové. Dans ce contexte, nombre de propriétaires et occupants sont sensiblement sous imposés depuis de longues années ; ce qui constitue une importante perte de recettes fiscales pour les grandes communes. Le seul moyen d’y remédier est que la commission communale des impôts, en collaboration avec les services du cadastre, engage d’importants travaux de révision des valeurs locatives des logements les plus anciens. Une tache extrêmement longue et difficile à mener, mais extrêmement payante menée par certaines communes.

Pour remédier à ces disparités, depuis des décennies, les divers gouvernements avaient dans les cartons un projet de réforme des valeurs locatives cadastrales servant d’assiette aux taxes d’habitation et foncières. Hélas, devant la complexité de la réforme et surtout les importantes augmentations de cotisation que cela entraînerait pour de nombreux contribuables, la réforme a toujours été reportée aux calendes grecques !

Plutôt que de concevoir une usine à gaz comme les français savent si bien le faire, certains proposent de réformer la taxe d’habitation actuelle pour la rendre plus équitable et profitable pour les collectivités. La valeur locative actuelle pourrait ainsi être remplacée par le revenu du foyer actuellement utilisé pour l’assiette de l’impôt sur le revenu. L’avantage serait une plus grande simplicité avec une base propre aux revenus du foyer pour lesquels une déclaration annuelle de revenus est souscrite. Pas sûr   cependant que ce soit la panacée.

De la nécessité à refondre nos impôts locaux pour les répartir plus équitablement

En 2017, moins de 47% des foyers fiscaux français sont imposables à l’impôt sur le revenu. L’actuel projet d’exonération de 80% des foyers de la cotisation de taxe d’habitation ne ferait qu’accroître la disparité entre ceux qui paient l’impôt et ceux qui en sont exonérés. Si l’on ajoute à cela les importantes aides sociales fondées sur les revenus déclarés, de telles évolutions ne peuvent qu’encourager l’assistanat permanent plutôt que d’aider les personnes à s’insérer dans la vie sociale. Ce qui tend d’ailleurs à pénaliser l’emploi et la croissance qui sont à l’origine des principales difficultés de la société française depuis des décennies.

La France doit donc entièrement revoir son système fiscal et social à bout de souffle, porté par de moins en moins de français contributeurs, aujourd’hui matraqués avec des taux de prélèvements obligatoires de 44%. Un taux insupportable jamais atteint dans un pays développé. A cela s’ajoute notre taux de dépenses publiques de plus de 57% du PIB qui n’est pas davantage soutenable (48.4% pour les pays de la zone euro et 44% pour l’Allemagne, un écart globalement non justifié).

Macron a reçu un mandat clair pour réformer massivement notre pays. Il doit aller jusqu’au bout de ses engagements quitte à y laisser quelques plumes car c’est de l’avenir de la France et de nos jeunes concitoyens qu’il s’agit. Demain il sera trop tard et nous n’aurons que nos yeux pour pleurer !

« Pour l’entretien de la force publique et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leur faculté ». La déclaration des droits de l’homme et du citoyen est tout à fait d’actualité. On ne saurait mieux dire aujourd’hui ! Probablement, faut-il revenir aux origines de l’impôt et élargir le nombre de foyers imposables aux impôts locaux et à l’impôt sur le revenu, quitte à ce que le montant de la contribution des bas revenus reste symbolique.

C’est aussi l’acceptabilité de l’impôt qui est aujourd’hui en cause.


France : Quand l’autorité de l’Etat de dégrade fortement, la Police et les forces de sécurité trinquent

27 octobre 2016

Ces dernières semaines, malgré l’interdiction qui leur est faite de manifester en tenue, aux quatre coins de France, de nombreux policiers expriment publiquement leur mécontentement face à une forme de mépris du gouvernement à leur égard. Il faut dire que les policiers, les gendarmes et les forces de sécurité en général, ont été fortement mis à contribution des dernières années et ont souvent payé de leur vie leur engagement à défendre nos concitoyens. Ils se sont régulièrement trouvés en première ligne face aux terroristes, aux criminels et autres trafiquants et voyous, sans que l’Etat manifeste à leur égard la reconnaissance qui leur est due.

Contrairement à ce qu’affirme le ministre de l’Intérieur, plus qu’un manque d’effectif qui serait imputable au précédent gouvernement (alors que les socialistes sont aux affaires depuis 4 ans ½,), les raisons du mécontentement des policiers sont parfaitement légitimes et bien connues. Ce qui manque, c’est une véritable volonté politique de soutenir la police et les forces de sécurité dans ces moments difficiles.

Après les lâches attentats de ces derniers mois contre des policiers, perpétrés par des criminels ayant prémédité leurs actes en vue de les tuer, le gouvernement a manqué de fermeté pour condamner ces criminels et fait preuve d’une lâcheté coupable à l’égard des policiers qui sont pourtant les garants de la sécurité publique et de l’autorité de l’Etat. Le dernier attentat perpétré à Viry-Châtillon par des trafiquants qui s’en sont pris à des policiers avec des cocktails Molotov, en allant jusqu’à les empêcher de sortir de leurs véhicules en feu, n’avait d’autre but que de les tuer. La réponse du gouvernement socialiste n’a, encore une fois, pas été à la hauteur.

Dans le présent contexte français, de tels attentats envers les forces de l’ordre exigeaient une réaction forte, rapide et déterminée du gouvernement. Au contraire, le ministre de l’Intérieur est même allé jusqu’à parler de « sauvageons » à l’égard de ces criminels qui ont tenté de tuer plusieurs policiers. Pour ces derniers, cette réaction totalement inappropriée a constitué la goutte d’eau qui a fait exploser leur mécontentement.

De plus en plus, ces dernières années, les policiers, gendarmes, pompiers… qui représentent l’autorité de l’Etat et exercent une mission essentielle de sécurité envers les français, sont directement et gravement pris à partie par des voyous et trafiquants avec l’intention de tuer. Dans un Etat de droit, ces pratiques quotidiennes sont inadmissibles. Ce laisser-faire constitue un manque cruel d’autorité de l’Etat qui renonce trop souvent à faire appliquer la loi républicaine dans certains quartiers du pays et contribue ainsi à encourager les voyous et les criminels. A cet égard, la lenteur et le manque de fermeté de la Justice constitue une véritable difficulté pour les forces de sécurité.

Il faut en finir avec le laxisme coupable de ces dernières années inspiré par une certaines Mme Taubira.

Quelques mesures de bons sens demandées par les policiers devraient permettre d’améliorer sensiblement la situation :

  • Cesser d’utiliser les policiers pour des gardes statiques de bâtiments publics ou des tâches administratives pour leur permettre d’être davantage sur le terrain,
  • Donner aux policiers et gendarmes les moyens matériels de lutter efficacement contre les criminels (véhicules adaptés, armement performant, moyens de surveillance et de protection efficaces…)
  • Permettre aux policiers d’utiliser leurs armes dés lors qu’ils sont menacés ou en danger, sans qu’ils soient obligés de justifier d’une situation de légitime défense comme tout citoyen,
  • Faire en sorte que le Justice condamne enfin à des peines exemplaires toute personne mettant en péril la vie de membres de forces de sécurité,
  • Mettre en application des peines planchers pour tous délinquants ou criminels, y compris mineurs.

Voilà quelques-unes des mesures concrètes qu’attendent les policiers et gendarmes aujourd’hui.

Par sûr que les quelques promesses bien tardives de M. Hollande suffisent à les rassurer. Ce n’est 250 millions d’euros qui vont changer grand-chose. Ce qu’ils demandent d’abord, c’est une juste considération de leur engagement et des moyens adaptés aux difficultés des missions qui sont les leurs.

Il faudra beaucoup de courage, de volonté et de détermination du futur gouvernement élu en juin prochain pour rétablir l’Etat de droit partout en France et rassurer durablement les forces de sécurité, aujourd’hui justement inquiètes sur leur avenir.


Attentat de Nice : Qui ment ? Qui manipule les français pour cacher de probables insuffisances de l’Etat concernant la sécurisation de la promenade des Anglais ?

26 juillet 2016

Quelques jours après la tuerie de Nice qui a fait 84 morts, les soupçons sur les failles de sécurité ne cessent de s’accumuler. Le quotidien Libération avait tiré le premier en diffusant une enquête selon laquelle aucun membre de la police nationale n’était présent à l’entrée du périmètre de sécurité au moment où le terroriste avait foncé dans la foule au volant d’un camion.

Ces affirmations étaient d’autant plus surprenantes qu’elles contredisaient les déclarations du ministre de l’Intérieur et de la préfecture des Alpes-Maritimes et semblaient ainsi donner raison à l’ancien maire de Nice, Christian Estrosi.

« J’aimerais comprendre comment ce camion a pu entrer dans la zone piétonne ? »

Estrosi, actuel président du Conseil régional PACA, tout de suite après la tuerie, avait publiquement mis en cause la responsabilité du gouvernement en affirmant : «J’aimerais comprendre comment ce camion a pu rentrer dans la zone piétonne». De nombreux français se posent la même question ! Si la police nationale avait été réellement présente, n’aurait-on pas pu réagir plus rapidement et sauver de nombreuses vies ?

Par communiqué du 16 juillet, la préfecture des Alpes-Maritimes avait déclaré : «La mission périmétrique était confiée pour les points les plus sensibles à des équipages de la police nationale, renforcés d’équipages de la police municipale. C’était le cas notamment du point d’entrée du camion, avec une interdiction d’accès matérialisée par le positionnement de véhicules bloquant l’accès à la chaussée. Le camion a forcé le passage en montant sur le trottoir».

La préfecture affirmait alors que le début de la zone piétonne était barré par des voitures de la police nationale pour éviter un éventuel passage en force. Ce qui ne paraît pas être le cas.

Le journal Libération affirme que seuls deux agents municipaux étaient présents à l’entrée de la promenade des anglais

Le quotidien Libération a toujours affirmé le contraire et mis en cause le manque de sécurisation du périmètre, notamment aux entrées. Photographies à l’appui, prises juste avant le drame, le quotidien assurait : « Seuls deux agents municipaux étaient présents à l’entrée de la promenade des Anglais, placés au milieu de la chaussée derrière deux barrières de sécurité. Aucune trace d’effectifs de la police nationale dans ce périmètre, tous ayant été relevés aux alentours de 20h30 par leurs collègues municipaux».

Il semble que les policiers nationaux aient de fait été relevés vers 21 heures. Aucune voiture de police ou policier national n’était donc plus présents à l’entrée du point d’accès pour bloquer le passage et intercepter toute intrusion.

Dans les faits, il apparaît que les premiers policiers nationaux présents sur place, étaient à priori postés à plus de 370 mètres plus bas, au cœur de la zone piétonne. Comme indiqué par le ministère de l’Intérieur, six fonctionnaires étaient effectivement présents sur place, ainsi que deux voitures stationnées le long de la chaussée. Celles-ci étaient placées dans le sens longitudinal ce qui ne leur permettait pas d’être en mesure de barrer la route du camion frigorifique.

Ceci explique qu’il ait fallu plus de 45 secondes après avoir forcé l’entrée pour que les policiers nationaux interceptent le camion du terroriste. Une éternité ! S’ils avaient été postés aux entrées, comme prévu initialement, le camion aurait certainement été intercepté bien plus tôt.

Les seuls arguments du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur sont de crier à la manipulation politique des élus de droite. Un peu court au regard des victimes !

Malgré les faits, le Premier ministre a rejeté toute faille des services de l’État devant le Palais Bourbon : « Je n’accepterai jamais les propos honteux qui insinuent que tout cela aurait pu être évité, car dire cela, c’est discréditer nos forces de sécurité qui se battent chaque jour et qui obtiennent des résultats ».

Tous les éléments factuels contredisent pourtant ce qu’avait affirmé le 16 juillet Bernard Cazeneuve à la sortie du conseil de défense : « La police nationale était présente et très présente sur la promenade des Anglais », ajoutant : «… des véhicules de police rendaient impossible le franchissement de la promenade des anglais ». De deux choses l’une, soit M. Cazeneuve ne connaît pas le dossier, soit il ment tout simplement.

Selon le Figaro qui rapporte les propos d’Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes et président du Conseil départemental, ces informations ne font que confirmer les accusations de l’ancien maire de Nice sur le manque de moyens policiers nationaux. De son côté, Rudy Salles, député UDI des Alpes-Maritimes et adjoint au tourisme de la mairie de Nice a déclaré : « Je ne veux accuser personne à ce stade, mais je ne peux pas accepter que l’Etat mette en cause la ville de Nice, qui s’est toujours pliée à ses exigences que ce soit pour les fan-zones, pour le carnaval ou pour le 14 juillet »

De nombreuses autres questions viennent à l’esprit et sèment le trouble :

  • Pourquoi ne pas avoir posté des policiers nationaux aux entrées de la promenade, avec leurs propres véhicules et leurs armes lourdes pour protéger les accès jusqu’à 23 h 30 au moins, au lieu de 21 h ?
  • Pourquoi de hauts responsables de la police nationale ont-ils harcelé la responsable du poste de surveillance vidéo de la police municipale de Nice pour exiger qu’elle mentionne dans son rapport la présence de la police nationale sur divers lieux de la manifestation, alors que ces derniers n’apparaissaient pas sur les images vidéos ?
  • Pourquoi la justice, par réquisition quelques jours après les attentats, a-t-elle exigé l’effacement des images vidéos des caméras ayant enregistré le massacre pour de prétendues raisons de sécurité, alors que les images sont stockées de manières sécurisée et sont systématiquement détruites le plus souvent dans les 10 jours qui suivent ? Voulait-on éviter que certains n’exploitent les insuffisances de la police nationale sur le terrain ?

Dans ce contexte pour le moins trouble en ce qui concerne le rôle de la police nationale, le ministre de l’Intérieur, comme le Premier ministre et le Chef de l’Etat, responsables de la sécurité des français, seraient mieux inspirés de faire preuve de modération et de responsabilité avant de crier au loup et à la manipulation politique.

Si les choses avaient été faites rigoureusement avec une réelle présence de la police nationale aux entrées de la Promenade jusqu’à minuit, la France n’aurait probablement pas eu à déplorer 84 victimes innocentes et une centaine de blessés ! Cette question relève de la seule responsabilité de l’Etat, donc du gouvernement et du ministre de l’Intérieur. Dans une démocratie, il n’est pas anormal que l’opposition et la population demandent des comptes lorsque qu’il y a des interrogations légitimes !

Il y a d’ailleurs des pays où pour de tels faits et comportements, les ministres concernés auraient démissionné depuis longtemps ! La France si prompte à donner des leçons de démocratie aux autres est encore une fois loin d’être exemplaire.

Reste à espérer qu’une enquête indépendante établira clairement les responsabilités de chacun et que de telles erreurs ne se reproduiront pas. Les survivants de cette tuerie et les proches des victimes ont le droit de savoir pourquoi cette tuerie a pu avoir lieu.