Allemagne : la lente descente aux enfers de la chancelière Angela Merkel ?

29 mars 2011

Face à la crise mondiale, les gouvernements en place en Europe connaissent de nombreux revers. Ce 27 mars 2011, en France, l’UMP a connu une sévère défaite électorale aux élections cantonales, avec un taux d’abstention de 56% en raison de la forte impopularité de Nicolas Sarkozy, le Président de la République.  En Allemagne, le puissant parti chrétien-démocrate (CDU) de la solide chancelière allemande Angela Merkel a connu un gros revers électoral aux élections régionales.

Après divers échecs électoraux, dont du land-ville de Hambourg récemment, ce même dimanche 27 mars, c’est le riche et puissant land industriel du Bade-Wurtemberg, fief historique de la CDU (Union Chrétienne Démocrate) depuis 1945 qui vient de lui échapper. C’est très certainement le Vert, Winfried Kretschmann, allié aux démocrates-sociaux (SPD) qui devrait en prendre prochainement la présidence. Une colossale catastrophe politique  pour la droite allemande qui marque le coup, désemparée et incapable d’enrayer cette descente aux enfers.

Et pourtant, l’Allemagne traverse plutôt bien la crise actuelle et son économie tourne à plein régime, soutenue par la croissance en Asie où elle exporte avec beaucoup de succès ses produits made in Germany. Alors pourquoi de tels échecs électoraux pour la CDU, la parti de Mme Merkel ?  Ces dernières semaines, sentant probablement le vent souffler, cette dernière s’était abstenue sur la résolution des Nations-Unies proposant une intervention en Libye pour sauver les populations civiles des mains de Kadhafi, alors que la plupart des pays européens la soutenait. Cette prise de distance par rapport à ses alliés Français et Britanniques n’aura trompé personne et surtout pas les électeurs allemands.

Quelques semaines avant le scrutin, à la surprise de nombreux industriels et responsables de la CDU, elle avait unilatéralement pris la décision de geler le prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires les plus anciennes afin de rassurer les électeurs inquiets et de couper l’herbe sous les pieds des écologistes. A quelques jours du scrutin, Angela Merkel était allée beaucoup plus loin, quitte à contredire ses décisions antérieures. Elle avait carrément annoncé que l’Allemagne allait s’engager vers un désengagement complet de la filière nucléaire. Manifestement, ces reniements successifs n’ont pas suffit à calmer et convaincre les électeurs allemands.

L’effet désastreux du grave accident nucléaire à la centrale de Fukushima au Japon du 11 mars dernier, suite au tremblement de terre et du tsunami, a manifestement joué contre elle et renforcé la peur des allemands pour l’énergie nucléaire. Cela a donné un sérieux avantage au parti des Grünen, qui sont arrivés en tête dans le länder du Bade-Wurtemberg. En matière de politique intérieure, cette année 2011 s’annonce extrêmement délicate pour Mme Merkel car elle doit faire face à plusieurs scrutins dans les länders ; ce qui risque de réduire, voire de faire basculer le Bundesrat, la chambre haute qui représente les 16 länders allemands.

Mme Merkel a qualifié de « très douloureuse » la perte de l’Etat du Bade-Wurtemberg que la CDU contrôlait depuis 56 ans. Le FDP (Parti Libéral Démocrate) de son allié Guido Westerwelle, avec moins de 5% des voix, a été éliminé de deux Parlements régionaux dans le Saxe-Anhalt et en Rhénanie-Palatinat et se maintient de justesse dans le Bade-Wurtemberg avec 5,3%, soit deux fois moins qu’en 2006. Voilà qui promet des mois à venir très chauds pour Angela Merkel qui se concentre aujourd’hui principalement à sa politique intérieure pour tenter d’enrayer la spirale de l’échec. Dans son propre parti, on s’interroge déjà sur l’avenir de la chancelière.

Après l’Allemagne, nul doute que l’électorat de nombreux pays européens se montrera très sensible aux engagements politiques qui seront pris dans les prochaines années en ce qui concerne l’énergie nucléaire. La France, le pays le plus nucléarisé du monde avec 58 réacteurs pour 78% d’énergie d’origine nucléaire,  n’y échappera pas elle aussi.

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Aveyron : la majorité départementale du Conseil général sort renforcée des élections

27 mars 2011

Les résultats définitifs des élections cantonales en Aveyron du 27 mars 2011 ont sensiblement renforcé la majorité départementale (de droite) du Conseil général. Au total, elle emporte 15 sièges (dont 2 pris à la gauche : Saint Sernin-sur-Rance et Rodez-Est) contre 7 seulement à la gauche qui gagne Mur-de-Barrez.

Au final, la majorité départementale passe ainsi de 25 à 26 sièges et la gauche baisse de 22 à 20 sièges. Voilà qui vient conforter Jean-Claude LUCHE, le président du Conseil général qui devrait être réélu haut la main à la tête du Conseil général dans les prochains jours. Nul doute que ce dernier va savourer sa victoire face à une gauche qui perd du terrain sur la quasi-totalité des cantons ; elle qui avait pourtant affiché sa volonté de faire tomber le dernier Conseil général de Midi-Pyrénées encore à droite.

Sur 22 cantons renouvelables, la majorité départementale avait gagné 10 cantons au 1er tour : Belmont-sur-Rance, Campagnac, Estaing, La Salvetat-Peyralés, Laissac, Montbazens, Pont-de-Salars, Saint Amans-des-Côts, Saint Sernin-sur-Rance et Vezins-de-Lévezou. Au 2ème tour, elle a ajouté 5 cantons : Entraygues, Bozouls, Laguiole, Nant et Rodez-Est. De son côté la gauche, se contente des 7 cantons restants : Marcillac-Vallon, Najac et Naucelle au 1er tour et Mur-de-Barrez, Millau-Ouest, Saint Affrique et Villefranche-de-Rouergue au 2ème tour .

  • BOZOULS > Jean-Michel LALLE (UMP) réélu avec  55.99% des voix
  • ENTRAYGUES-SUR-TRUYÈRE > Jean-François ALBESPY (DVD), réélu avec 63.07% des voix
  • LAGUIOLE > Vincent ALAZARD (DVD), élu avec  59.75% des voix
  • MILLAU-OUEST > Jean-Dominique GONZALES (SOC), réélu avec 50.49 % des voix
  • MUR-DE-BARREZ > Daniel TARISSE (SOC), élu avec 53.41%
  • NANT > Jean-François GAILLARD (DVD), élu avec 55.12 % des voix
  • RODEZ-EST > Bernard SAULES (DVD), élu avec 52.30% des voix
  • SAINT-AFFRIQUE > Jean-Luc MALET (SOC), réélu avec 62.25% des voix
  • VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE > Eric CANTOURNET (RDG), élu avec 54.79% des voix

A la surprise générale, la gauche recule dans la quasi-totalité des cantons, et notamment dans les villes de Rodez et de Millau qu’elle avait emporté aux élections municipales de 2008.  Voilà qui augure mal de l’avenir de la gauche dans ces deux villes.

De nombreux enseignements sont à tirer de ces élections cantonales 2011 en Aveyron.

1.       La gauche paie comptant le prix du mécontentement de certains électeurs déçus notamment à Rodez : à mi mandat,  le bilan est contesté et les incessants règlements de comptes au sein du conseil municipal et de l’agglomération font très mauvais effet et risquent de se poursuivre dans les mois à venir. Elle ne profite pas des difficultés de la droite nationale.

2.       A Rodez, moins de 3 ans après son élection, la gauche subit un sérieux revers en perdant le canton de Rodez-Est au profit de Bernard Saules (DVD) qui recueille 52.30% des voix.

3.       Toujours à Rodez, une part non négligeable des électeurs d’Emily Tessedre-Jullian, candidate écologiste, ne s’est pas reportée au deuxième tour sur le candidat socialiste.

4.       Enfin, la droite unie a su se mobiliser autour de son candidat pour porter un coup à une gauche arrogante et sûre d’elle.

Finalement, la Conseil général de l’Aveyron n’a pas basculé à gauche comme l’avaient annoncé imprudemment certains socialistes et Jean-Claude LUCHE, son président se trouve aujourd’hui conforté, preuve de la confiance des aveyronnais dans sa gestion non politicienne. Par contre, les électeurs ont adressé un message clair de défiance à la gauche aveyronnaise et au parti socialiste en particulier. En tireront-ils toutes les conséquences ?

Les résultats complets en Aveyron : Préfecture de l’Aveyron : élections cantonales 2011


Aveyron : le 2ème tour des élections cantonales 2011 confirmera-t-il la majorité départementale ?

24 mars 2011

Au 1er tour des élections cantonales du 20 mars dernier, la majorité départementale du Conseil général de centre-droit, a engrangé 10 élus contre 3 pour la gauche, sur les 22 cantons renouvelables. Il reste 9 cantons à pourvoir pour le 2ème tour de dimanche 27 mars : Entraygues, Laguiole, Mur-de-Barrez, Bozouls, Nant, Rodez-Est, Villefranche-de-Rouergue, Millau-ouest et Saint Affrique.

Jusqu’au 19 mars 2011, la majorité départementale détenait 25 élus et tandis que la gauche en comptait 21 : soit un avantage de 4 sièges seulement pour la droite. A l’issue du 1er tour, sur les 9 sièges restant en ballotage, la droite est assurée d’en remporter au moins 3 (Entraygues, Laguiole et Bozouls) et se trouve en position précaire sur deux cantons où le sortant de la majorité ne se représentait pas : Mur-de-Barrez et Nant. A l’issue du premier tour, les candidats apposés à la gauche sur ces deux cantons disposent en effet d’une légère réserve de voix à Mur-de-Barrez, contre un sensible déficit à Nant. Autant dire que rien n’est acquis. Cela n’a pas échappé à la gauche qui redouble d’efforts pour soutenir ses candidats dans ces deux cantons historiquement à droite.

De son côté, la gauche devrait aisément gagner dans ses deux bastions de Millau-ouest et de Saint Affrique. Par contre, deux de ses sortants ont été accrochés à Rodez-est et à Villefranche-de-Rouergue. Même si elle dispose d’une certaine avance en voix, la victoire ne sera possible que si le report s’effectue dans de bonnes conditions à gauche. Ce qui est loin d’être assuré en raison de certaines tensions en son sein, sur ces deux cantons.

Pour résumer, après les résultats du 1er tour, la majorité départementale conduite par Jean-Claude Luche aborde le deuxième tour en étant assurée de disposer d’au moins 23 sièges, tandis que la gauche serait à 19 sièges. Reste 4 sièges (2 à droite et 2 à gauche) qui peuvent basculer d’un côté, comme de l’autre, au gré des reports de voix et de la participation. Il suffit donc à la majorité départementale actuelle d’emporter l’un des quatre cantons indécis : Mur-de-Barrez, Nant, Rodez-est ou Villefranche-de-Rouergue pour être assurée de la majorité du Conseil général. Jean-Claude Luche n’hésite d’ailleurs pas à afficher  son ambition de gagner les quatre et porter sa majorité à 27 sièges contre 25 dans l’assemblée départementale sortante. Un pari osé et pour le moins difficile, mais pas impossible.

Par contre, la gauche doit impérativement emporter les 4 sièges indécis pour prétendre faire basculer le Conseil général, au bénéfice de l’âge. Elle obtiendrait alors 23 sièges sur 46, à égalité avec la droite. Après avoir annoncé qu’elle comptait faire basculer le Conseil général de l’Aveyron (le seul de Midi-Pyrénées qui ne soit pas à gauche), les résultats du 1er tour ont quelque peu atténué ses ambitions. Pour autant, elle a mobilisé une flopée de ténors nationaux, régionaux et départementaux pour tenter de motiver ses troupes pour ce deuxième tour qui s’annonce très chaud.

Tour d’horizon des quatre cantons les plus disputés du deuxième tour le 27 mars :

  • Mur-de-Barrez : Pierre Miquel (SE) s’est finalement facilement imposé avec un score de 34.64 % face à Marie-Pierre Guimonteil, la candidate soutenue par la majorité départementale, tandis que Daniel Tarisse (PS) arrivait en tête avec 41.63 % des voix, profitant de la présence de trois candidatures sur sa droite. Pour aborder ce deuxième tour, Pierre Miquel dispose en théorie d’un potentiel de 58% des voix face à son adversaire qui n’a plus aucune réserve. Fort de ses longues expériences, de sa capacité de mobilisation et d’un large soutien de la population, le conseiller municipal de Brommat et membre de la communauté de communes du Carladez devrait pouvoir l’emporter et défendre ainsi activement les intérêts de son canton qu’il connaît si bien. Mur-de-Barrez est un canton stratégique pour la majorité départementale.
  • Rodez-Est : Bernard Saules (DVD), soutenu par la majorité départementale, est arrivé largement en tête au 1er tour avec 39.78 % des voix, devant le sortant, Stéphane Bultel qui a du se contenter d’un score de 31.48% des voix. S’il dispose que quelques réserves, il n’est pas certain qu’il puisse faire le plein des voix d’autant que les tensions de ces derniers mois au sein de la majorité de gauche du conseil municipal de Rodez et à la communauté d’agglomération du Grand Rodez ont laissé quelques traces. De son côté, les réserves de voix de Bernard Saules sont limitées. Les clefs de ce canton sont entre les mains de la candidate de Cap21 – Europe Ecologie, Emily Teyssedre-Jullian, qui a réalisé 15.20 % des voix. Elle sera l’arbitre de ce second tour. Une situation qui ne devrait pas déplaire à Bernard Saules qui paraît en position de reprendre ce canton à la gauche et de marquer ainsi un frein à la suprématie de la gauche à Rodez.
  • Nant : Jean-François Galliard (DVD), candidat de la majorité départementale, est arrivé en tête avec 39.17% des voix, devançant sensiblement Bernard Saquet (PS) avec 31.59% des voix. Il aura toutefois besoin de l’apport de l’intégralité des voix des candidats écologiste et du front de gauche pour gagner au deuxième tour. Pour autant, Jean-François Galliard n’a pas dit son dernier mot et entend mobiliser les électeurs pour conserver le canton de Nant à la majorité départementale.
  • Villefranche-de-Rouergue : Ce bastion de la gauche a réservé deux surprises au 1er tour. D’une part, Serge Roques (UMP), maire de Villefranche-de-Rouergue, soutenu par la majorité départementale, est arrivé largement en tête avec 42.12% des voix ; et d’autre part,  le sortant Claude Penel (PS) n’a réalisé que 23.85% des suffrages, ce qui l’a placé en troisième position derrière son challenger de gauche Eric Cantournet (PRG) qui a recueilli 24.75% des voix. C’est donc ce dernier qui tentera de récupérer le siège de conseiller général face à Serge Roques qui ne dispose d’aucune réserve et devra compter sur la mobilisation des électeurs et d’éventuels problèmes de reports à gauche pour l’emporter.

Après les bons résultats des candidats de la majorité départementale au 1er tour, la droite espère renforcer son avance en siège au second tour et empêcher ainsi la gauche de réaliser son objectif de faire basculer le Conseil général de l’Aveyron. Manifestement, les électeurs ont entendu Jean-Claude Luche, le Président du Conseil général et lui ont accordé leur confiance. En sera-t-il de même au second tour ?

La gauche a senti le vent tourner et a mobilisé tous les ténors pour soutenir ses candidats dans les cantons stratégiques. Ces dernières semaines, après Arnaud Montebourg et Martine Aubry, la première secrétaire du PS, le maire de Paris Bertrand Delanoë et Martin Malvy Malvy, le président de région de Midi-Pyrénées, se sont rendus à plusieurs reprises dans le département pour soutenir les candidats qui ont également bénéficié du soutien actif des deux sénateurs PS : Alain Fauconnier et Anne-Marie Escoffier. Le grand jeu politique pour séduire les électeurs. Pas sûr que cette avalanche de personnalités pour soutenir quelques candidats aux élections cantonales suffisent à convaincre les électeurs aveyronnais qui en ont vu d’autres.

Les résultats du 27 mars dépendront d’abord de la qualité des candidats, des reports de voix notamment à gauche et surtout du taux de participation des électeurs.

Plus d’informations : les résultats complets du 1er tour du 20 mars 2011 par la Préfecture de l’Aveyron


France : l’abstention a été la grande gagnante du 1er tour des élections cantonales 2011

23 mars 2011

Les résultats du 1er tour des élections cantonales du dimanche 20 mars ont marqué un nouveau record historique du niveau d’abstention qui s’est établi à 55,60 % des inscrits. Dans un pays de râleurs et autres mécontents permanents, ce refus de participer à la vie démocratique ne peut que surprendre. Comment peut-on critiquer la classe politique et la manière dont sont conduites les affaires du pays si l’on refuse de s’exprimer le moment venu ? Bien curieuse attitude des abstentionnistes alors que tant de pays à travers le monde rêvent de pourvoir exercer ce droit démocratique élémentaire ! D’autant que les Conseils généraux exercent des missions qui touchent à la vie de tous les jours (solidarité, aide aux personnes âgées, collèges, transports, infrastructures routières, économie…).

Même si les élections cantonales n’ont qu’un enjeu local, cette faible participation des électeurs n’est pas très rassurante pour la vitalité de notre démocratie et notre capacité à affronter la difficile période qui est la nôtre. Manifestement la peur de l’avenir et le repli sur soi semblent avoir pris le dessus sur la confiance et l’espoir.  Pourtant, à y regarder de plus prés, la France n’est-elle pas l’un des pays de la vieille Europe qui s’en sort pas si mal et qui a su, jusqu’à aujourd’hui, conserver son avantageux système social et de solidarité qui coûte pourtant si cher à la collectivité ? Les français se comporteraient-ils comme des enfants gâtés ?

Le taux élevé d’abstentionnisme présente deux inconvénients majeurs. D’une part, il discrédite les formations politiques traditionnelles et nuit gravement à la vie politique nationale et, d’autre part, il favorise l’émergence de partis extrémistes qui ne font que surfer sur la vague de mécontentement du moment. Avec 25% pour le PS et 18% seulement pour l’UMP, les résultats 2011 marquent un des plus bas niveaux des partis de gouvernement. Même s’il faut atténuer le faible score de l’UMP du fait que de nombreux candidats ont préféré l’être sous la rubrique des  « divers-droite » ou autres « sans-étiquette », les résultats demeurent très inférieurs au score habituel de ces partis, généralement entre 28% et 35%.

Le plus inquiétant ce n’est pas que de nombreux électeurs appartenant aux classes dites « populaires » aient déserté l’UMP pour rejoindre le FN, parti d’extrême droite qui ne propose pourtant aucune alternative aux problèmes des français et se contente de moissonner les mécontents. C’est plutôt que le PS ne soit pas en mesure de récupérer une partie de ces électeurs dont un certain nombre se situent à gauche. Les raisons de ce mécontentement sont pourtant bien connus : problèmes liés à l’augmentation de l’immigration, insécurité croissante, problèmes de chômage et de précarité en général… Le message est clair : ces votes protestataires visent à interpeler les partis politiques traditionnels pour leur faire savoir leur mécontentement au vu des maigres résultats obtenus dans ces domaines par le gouvernement et du manque de projet clair et lisible du parti socialiste sur ces sujets.

Car si la droite ne paraît pas convaincante aux yeux d’un grand nombre d’électeurs, à leurs yeux, le PS ne fait finalement guère mieux. C’est la raison pour laquelle cet électorat fluctuant échappe à l’un et à l’autre pour se reporter majoritairement sur le parti d’extrême droite. Il est donc vital pour les formations traditionnelles de retrouver leur attractivité afin de réintégrer ces électeurs en leur sein. Plus qe des discours, les électeurs attendent des actes concrets.

Dans ce contexte, la question de savoir si les partis traditionnels éliminés du 2ème tour des élections cantonales par le FN, doivent ou non donner des consignes de vote en faveur du candidat PS ou UMP restant en lisse, paraît dépassé et manifestement contre productif. Il n’est d’ailelurs pas certain que ce type d’alliance contre nature, soit vraiment efficace pour lutter contre l’extrême droite. Au contraire, elle risque de favoriser un peu plus le vote protestataire. Au final, n’est-ce pas d’abord aux électeurs de décider eux-mêmes de leur vote en toute âme et conscience et non aux politiques de leur dicter le bon choix ?

Le meilleur moyen de lutter contre la montée des extrêmes exige par ailleurs que les élus de la nation soient exemplaires. Le débat actuel sur les consignes de vote au second tour des cantonales n’est que gesticulation politicienne et médiatique stérile et trahi le désarroi actuel des forces démocratiques.


Libye : sous la pression de la France et la Grande-Bretagne, l’ONU a donné son accord pour une intervention militaire

21 mars 2011

Le 17 mars, à la demande de la France, de la Grande-Bretagne et du Liban, l’ONU a adopté une résolution instituant une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Elle autorise le recours à la force contre l’armée libyenne de Kadhafi afin de : « Prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils et imposer un cessez-le-feu à l’armée libyenne ».

La résolution a été adoptée par 10 voix sur 15. La Chine et la Russie se sont abstenues mais n’ont pas utilisé leur droit de veto pour empêcher son adoption. Les trois autres pays qui se sont abstenus sont l’Allemagne, l’Inde et le Brésil. Aussitôt connue la décision, selon la chaîne d’information Al Jazeera, très présente en Libye aux côtés des opposants au régime de Kadhafi, la foule aurait explosé de joie à Benghazi et entonné : « One, two, three … thank you Sarkozy ».

Face au non respect du cessez le feu annoncé vendredi par Kadhafi, la France, le Royaume-Uni et les USA ont décidé de passer à l’action dés samedi en procédant à des frappes aériennes ciblées contre les forces de l’armée libyenne, sur l’ensemble du territoire. Ces premiers raids aériens ont été suivis par  une salve de 115 missiles de croisière Tomahawk, afin de neutraliser les stations radars et autres batteries anti-aériennes.

On se rappelle que la France, comme l’Europe, avait été critiquée pour avoir réagi mollement à la crise tunisienne. Aujourd’hui ministre des affaires étrangères, Alain Juppé est au devant de la scène. Il avait maintes fois dénoncé le manque de réaction de la communauté internationale face à la contre-attaque des troupes de Kadhafi pour réduire les bastions gagnés sur le terrain par l’opposition.

Appuyé par son brillant ministre des Affaires étrangères, Nicolas Sarkozy a remué ciel et terre ces dernières semaines pour mobiliser les pays occidentaux, à commencer par les Etats-Unis et la Ligue arabe, jusque là peu enclins à s’engager pour empêcher les troupe officielles d’anéantir la rébellion. L’Elysée avait même reçu des représentants de l’opposition libyenne et reconnu officiellement celle-ci comme la seule représentante de la Libye, allant même jusqu’à désigner un ambassadeur à Benghazi, le siège des rebelles. Un geste qu’aucun autre pays n’avait osé faire.

Après des semaines de tergiversations, hormis le soutien de David Cameron, le Président français semblait isolé sur la scène internationale face aux réticences des américains et européennes à intervenir en Libye. Finalement, les diplomaties françaises et britanniques ont uni leurs forces et fini par décider les américains et bon nombre de pays alliés, à l’exception notable de l’Allemagne. A croire que les prochaines échéances électorales de l’autre côté du Rhin sont plus importantes que l’aide au peuple libyen, pilonné par l’un des pires dictateurs que la planète ait connu.

Au final, le résultat est aussi spectaculaire qu’inattendu. Mais il était temps car l’opposition libyenne était en train de se faire tailler en pièces par les troupes fidèles à Kadhafi et de perdre peu à peu le terrain gagné. Une belle victoire diplomatique pour Nicolas Sarkozy et David Cameron. Mais le plus difficile reste à faire ; gagner la guerre et faire partir Kadhafi.


Aveyron : les résultats du 1er tour des élections cantonales 2011

20 mars 2011

En Aveyron, 22 cantons sur 46 étaient renouvelables en 2011. La majorité départementale au Conseil général, présidé par Jean-Claude LUCHE, disposait d’une courte majorité de l’ordre de 4 sièges ; ce qui permettait à la gauche d’espérer pouvoir faire basculer le département.

Les résultats du 1er tour semblent cependant conforter la majorité départementale qui emporte 10 sièges, avec le gain d’un canton à la gauche à Saint Sernin-sur-Rance. Au  2ème tour, la même majorité départementale devrait empocher aisément les cantons de Bozouls, Entraygues, Laguiole et peut espérer conserver ceux de Mur-de-Barrez et Nant et conquérir ceux de Rodez-Est et Villefranche-de-Rouergue (ces deux derniers cantons étant détenus par la gauche).

De son côté, la gauche qui a confirmé ses positions à Marcillac-Vallon, Najac et Naucelle, devrait l’emporter aisément au 2ème tour à Millau-Ouest et Saint Affrique. Par contre, elle paraît en grande difficulté sur les cantons de Rodez-Est et Villefranche-de-Rouergue qu’elle peut potentiellement perdre.

Reste à attendre les résultats du 2ème tour de dimanche 27 mars pour des analyses plus détaillées.

Voici les résultats définitifs du 1er tour des élections cantonales du 20 mars 2011 en Aveyron, publiés sur le site de la Préfecture de l’Aveyron :

Cantons de :

  • BELMONT-SUR-RANCE > Election au 1er tour de Monique ALIES (DVD)
  • BOZOULS > Ballotage pour Jean-Michel LALLE (UMP) avec 48,67% des voix
  • CAMPAGNAC > Election au 1er tour de Jean-Marie BLANQUET (UMP)
  • ENTRAYGUES-SUR-TRUYÈRE > Ballotage pour Jean-François ALBESPY (DVD) avec 42.54% des voix
  • ESTAING > Election au 1er tour de Jean-Claude ANGLARS (DVD)
  • LA SALVETAT-PEYRALÈS >  Election au 1er tour de André AT (UMP)
  • LAGUIOLE > Ballotage pour Vincent ALAZARD (DVD) avec 41.86% des voix
  • LAISSAC > Election de Jean-Paul PEYRAC (DVD)
  • MARCILLAC-VALLON > Election de Anne GABEN TOUTANT (SOC)
  • MILLAU-OUEST > Ballotage pour Jean-Dominique GONZALES (SOC) avec 27.81% des voix
  • MONTBAZENS > Election de Gisèle RIGAL (DVD)
  • MUR-DE-BARREZ > Ballotage entre Daniel TARISSE (SOC) avec 41.63% des voix et Pierre MIQUEL (DVD) avec 34.64% des voix
  • NAJAC > Election de Bernard VIDAL (DVG)
  • NANT > Ballotage pour Jean-François GAILLARD (DVD) avec 39.17% des voix
  • NAUCELLE > Election de Jean-Pierre MAZARS (RDG)
  • PONT-DE-SALARS > Election de Alain PICHON (DVD)
  • RODEZ-EST > Ballotage entre Bernard SAULES (DVD) avec 39.78% et Stéphane BULTEL (SOC) avec 31.48% des voix
  • SAINT-AFFRIQUE > Ballotage pour Jean-Luc MALET (SOC) avec 41.68% des voix
  • SAINT-AMANS-DES-COTS > Election de René LAVASTROU (DVD)
  • SAINT-SERNIN-SUR-RANCE > Election de Annie BEL (DVD)
  • VEZINS-DE-LÉVÉZOU > Election de Arnaud VIALA (DVD)
  • VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE > Ballotage pour Serge ROQUES (UMP) avec 42.12% des voix

Tous les résultats complets du 1er des élections au Conseil général de l’Aveyron sur :  http://elections.interieur.gouv.fr/CN2011/012/index.html


Japon : après le désastre, le pays fait face avec courage et détermination

18 mars 2011

Le 11 mars 2011, une nouvelle fois le Japon a été gravement touché par un important séisme d’une magnitude de 8.9 sur l’échelle de Richter. Son épicentre était situé à environ 100 km au large des côtes du Japon. Comme si cela ne suffisait pas, quelques minutes plus tard, il a été suivi d’un colossal tsunami, avec des vagues de plus de 10 m de haut qui ont pénétré jusqu’à 5 km à l’intérieur des terres du nord-est de l’île, dans les provinces de Fukushima et de SendaÏ notamment. En dépit de systèmes d’alerte performants, la majorité de la population des villes situées en plaine, n’a pu  se mettre à l’abri des vagues mortelles.

Cette catastrophe a entrainé l’arrête automatique des réacteurs nucléaires situés à proximité, dont celui de Fukushima-Daiichi, exploité par Tokyo Electric Power Compagny. Ces brusques arrêts ont généré de graves problèmes sur quatre réacteurs dont le refroidissement n’a pu s’opérer correctement du fait de nombreuses défaillances successives des systèmes de sécurité. La surchauffe des réacteurs qui s’en est suivie a causé des dégâts importants au niveau du cœur de certains réacteurs, susceptibles d’entraîner des fissures, voire une explosion de l’enceinte de confinement du réacteur, et donc de générer des fuites radioactives.

Au final, le peuple japonais doit aujourd’hui faire face à une triple catastrophe. Une situation terrible pour les nombreux sinistrés déjà durement touchés (le nombre de victimes  risque hélas d’approcher les 30 000 morts ou disparus) qui manquent de tout et doivent maintenant face au risque nucléaire qui les menace directement, y compris la population de mégapole de Tokyo de plus de 35 millions d’habitants,distante de 250 km et jusque là épargnée.

C’est dire l’extrême gravité de la situation au Japon. Après deux décennies de relative stagnation économique, voilà qui ne va pas arranger la situation du pays et de ses habitants. Les dégâts sont estimés à plus de 200 milliards de dollars, mais probablement seront-ils bien plus importants. Comparé au séisme de Kobé, qui avait coûté un peu moins de 100 milliards de dollars, cette dernière catastrophe risque de plonger durablement le Japon dans une stagnation, voire une récession économique. Des tensions auxquelles ne vont pas échapper les pays asiatiques voisins, qu’il s’agisse de la Corée du Sud, de Taïwan et de la Chine.

Une nouvelle fois, la force et le courage du peuple japonais suffiront-ils à les aider à sortir rapidement de cette nouvelle épreuve ? Très certainement, mais il faudra du temps. Bien qu’étant l’un des pays les plus avancés et les plus riches du monde, le Japon risque de rester durablement marqué par ce désastre qui va mobiliser toute l’énergie de son peuple durant de longues années. Les grands pays alliés du Japon ou non, à commencer par l’Europe, ne peuvent que tout mettre en œuvre pour lui venir en aide pour surmonter au plus vite cette catastrophe. Plus vite le Japon aura pansé ses terribles blessures, plus vite le Japon et le monde retrouveront le chemin de la confiance et de l’espoir en l’avenir.

Amis japonais, dans la souffrance qui est la votre, le monde entier est à vos côtés.