Rodez : A mi-mandat municipal, les investissements reprennent enfin

16 juillet 2017

Alors que certains investissements prévus depuis fort longtemps semblaient remis au calendes grecques, lors du dernier Conseil municipal de juin dernier, le maire de Rodez a profité du débat relatif au vote du compte administratif 2016 pour faire un point sur un ensemble d’investissements à venir, ville et agglomération confondus pour ne pas changer. Rejetant l’un des arguments de l’opposition concernant la baisse des investissements, Christian Teyssèdre a finalement annoncé le démarrage prochain de quelques grands chantiers municipaux dont la plupart dormaient dans les cartons depuis 2008.

Au premier rang des futurs grands chantiers du centre-ville : la place et le parking Foch. Rappelons que cette place piétonne est utilisée depuis de longues années comme parking extérieur et qu’elle souffre d’un revêtement très dégradé qui n’assure plus l’étanchéité du parking souterrain depuis bien longtemps. S’agissant du parking souterrain de prés de 400 places, il date de plus de 50 ans (ce fût le premier parking souterrain qui avait été concédé à GTM Entrepose). Au terme de la concession, il a été exploité en régie directe par la ville, sans qu’aucun travaux de rénovation n’aient jamais été réalisés. Il est aujourd’hui en mauvais état et très peu fonctionnel, sans ascenseur pour desservir ses 3 étages.

L’ancienne municipalité battue en 2008, n’avait pu mener à bien le projet de rénovation qu’elle avait envisagé. Depuis cette date, l’actuelle municipalité avait régulièrement différé le dossier et plusieurs projets différents avaient d’ailleurs été évoqués avant d’être abandonnés. Au final, la maire de Rodez a annoncé la reprise du dossier de l’ancienne municipalité prévoyant outre la rénovation complète du parking, l’ouverture de la place Foch directement sur le boulevard Gally, avec des escaliers permettant l’accès à la place et peut-être une fontaine et des jets d’eau.

Ce chantier d’un coût estimé à 4 millions d’euros devrait débuter avant la fin de l’année 2017 par la réfection de la place Foch avec la réalisation de l’étanchéité, puis le parking qui devrait être légèrement agrandi et porté à 400 places. Voilà un projet qui devrait permettre de remodeler agréablement ce quartier du centre-ville, sachant qu’il s’agit aussi du parking le mieux situé et le plus fréquenté. Ce qui devrait donner une bien meilleure image de notre ville aux visiteurs qui fréquentent actuellement ce lieu en piteux état. Espérons seulement que la place Foch retrouvera définitivement sa vocation première : une place entièrement piétonne dédiée à l’animation de la ville.

L’autre grand projet, lui aussi très ancien, concerne le réaménagement complet de la place de la Cité, l’une des grandes places de la ville aujourd’hui dans un état lamentable alors même qu’elle est incontournable avec son marché du samedi, ses terrasses de cafés et son office de tourisme.

Le projet de l’ancienne municipalité qui prévoyait un parking souterrain au-dessous a été abandonné par l’actuelle majorité voici des années en raison des coûts prohibitifs des fouilles nécessaires à sa construction, sachant que nous sommes ici au cœur de la vielle cité gallo-romaine des Ruthènes. Cet abandon a engendré un retard considérable en raison des divers projets plus ou moins aboutis qui n’ont toujours pas vu le jour. Le dernier présenté aux seuls élus de la majorité municipale prévoyait la remise à niveau de l’ensemble de la place, devenue entièrement piétonne et comportant l’œuvre d’un artiste local. Celle-ci faisant la part belle aux terrasses des cafés, tout en permettant le maintien du marché du samedi.

Cet espace piéton devant être complété par l’aménagement des places autour de la cathédrale, de la rue Frayssinous et de la rue du Terral, avec le maintien de quelques places de stationnement temporaires.

Aux dernières nouvelles, le projet semble à nouveau enlisé et le réaménagement de ce haut lieu de la vie ruthénoise s’éternise. En effet, si le maire a confirmé l’engagement prochain des travaux, il a pris soin de n’avancer aucune date alors que la municipalité avait initialement annoncé le début des travaux fin 2017. Plus vraisemblablement, ces travaux ne devraient pas débuter avant l’automne 2018 et peut-être même 2019, à moins qu’ils ne soient simplement reportés après les élections. Ce qui est profondément regrettable car l’image de la ville, avec le succès du musée Soulages, mérite que cette place centrale soit réaménagée au plus vite !

Pourquoi ces aménagements structurants pour le centre-ville n’ont-ils pas été engagé depuis 2014 et même avant ? Probablement pas pour des raisons financières puisque les finances de la ville sont plutôt bonnes avec une dette en forte baisse, du fait notamment de la faiblesse des investissements de ces dernières années. A moins que cette concentration des principaux investissements en fin de mandat n’ait d’autre motivation que politicienne, à l’approche des élections de 2020 comme certains le laissent entendre ? Plus vraisemblablement, il s’agit simplement d’une incapacité pour les services de la ville et la municipalité à mettre en œuvre ces projets.

Les autres chantiers à venir sont à l’initiative de Rodez agglomération. Il s’agit de la maison de santé du Faubourg, qui sera suivie par celle de Gourgan et bien sûr de l’aménagement de Combarel resté en friche depuis 2008 et qui a connu cette année ses premiers coups de pelle, en attendant les travaux de construction de l’EPHAD.

Au final, même si on peut déplorer un important retard pris dans de nombreux travaux, l’essentiel est que ces investissements structurants pour la ville finissent par être réalisés. Mieux vaut tard que jamais !


Calder, le forgeron de géantes libellules au musée Soulages à Rodez

5 juin 2017

Le musée Soulages prépare sa saison estivale 2017.

Du 24 juin au 29 octobre prochain, le musée propose une exposition exceptionnelle en France avec l’artiste américain Alexander Calder, intitulée : « Calder le forgeron de géantes libellules »

Alexander Calder (1898-1976) est un célèbre sculpteur et peintre américain, issue d’une riche famille d’artistes de la côte Est, prés de Philadelphie. Il est surtout connu pour ses mobiles, des assemblages de formes animées par les mouvements de l’air et ses stabiles. Une de ses premières grandes réalisations fût un modèle réduit de cirque animé : le grand cirque Calder en 1927. La dernière grande exposition en France qui lui fût consacrée se déroula au centre Georges Pompidou en 2009.

Ingénieur de formation, il préfère l’art qu’il a déjà pratiqué en amateur grâce au matériel et aux outils fournis par son père. Dès 1906, il fabrique des poupées pour sa sœur, puis il perfectionne son art à l’Art Students League de New-York. En 1926, il débarque à Paris où il crée des jouets articulés, avant que l’artiste passionné de cirque se consacre au Cirque de Calder, un ensemble de 200 personnages en fils de fer tordus et bouts de chiffons qu’il présente et expose à Paris, Berlin, New York…

Si l’artiste est connu pour ses mobiles colorés faits de fil de fer au délicat équilibre aérien, il conçut également des stabiles parfois monumentaux constitués de plaques d’acier, mais aussi des jouets sur le thème du cirque et des gouaches aux couleurs lumineuses. L’essentiel des palettes de l’artiste sera exceptionnellement réuni au cours de l’été 2017 à Rodez, au travers d’une centaine de pièces de l’artiste.

Ses célèbres mobiles et stabiles, dressés au cœur du musée Soulages, devraient s’intégrer parfaitement avec la structure en acier corten du musée, mais aussi avec l’œuvre de Pierre Soulages.

L’ouvre d’Alexander Calder se fond naturellement dans l’esprit du musée Soulages. Il fût l’un des emblématiques représentants des liens artistiques transatlantiques au cours du 20ème siècle et l’attraction entre les Etats-Unis et la France ne se démenti jamais. Aujourd’hui, Pierre Soulages reste l’un des artistes contemporains parmi les plus célèbres outre Atlantique.

Du 2 juin au 5 novembre, le musée Soulages exposera également 9 nouvelles œuvres de Pierre Soulages, datées de 1948 à 2002, gracieusement prêtées par le Centre Georges Pompidou, partenaire de l’exposition Calder.

De leur côté les deux autres musées de Rodez ne seront pas en reste. En cette année du bicentenaire de l’assassinat de Fualdés, le musée Fenaille présente une exposition complète sur la célèbre « affaire Fualdés » qui, en son temps, passionna l’Europe toute entière et défraya la chronique. De son côté, le musée Denys Puech consacrera Guy Brunet, un passionné de cinéma hollywoodien.

Avec un tel programme, nul doute que le musée Soulages et les musées de Rodez devraient attirer une foule de visiteurs cet été et automne 2017. Ce dont personne ne se plaindra et surtout pas les ruthénois !

Plus d’infos :


Rodez : La nuit du Gospel le 1er juillet 2017 en la cathédrale Notre Dame

21 mai 2017

Communiqué :

LA NUIT DU GOSPEL présente depuis 14 ans les grands groupes de Gospel Américain, avec une programmation toujours renouvelée.

Un spectacle riche et complet d’une grande qualité.

Les artistes invités par LA NUIT DU GOSPEL jouissent d’une immense notoriété outre-Atlantique. Ces voix exceptionnelles se sont produites dans les plus grands festivals du continent Nord Américain. Citons notamment : le « New Orleans Jazz & Heritage »

Fest » et ses 400.000 spectateurs, le « Newport Jazz Festival » entre autre…

Ils sont également les invités des grands festivals français et européens: « Jazz à Nice », « Jazz à Vienne », « Jazz à Juan », « Jazz in Marciac », « North sea Jazz Festival » pour ne citer que les plus grands…

TOUTE L’ACTUALITE DE LA NUIT DU GOSPEL SUR : www.lanuitdugospel.com

A l’occasion de cette 14ème Edition, la Nuit du Gospel accueillera EMMANUEL PI DJOB

Après le Zénith de Montpellier avec 500 choristes et 4500 spectateurs, un passage très remarqué sur TF1, le King du Gospel et de la Soul Music, Emmanuel PI DJOB et ses chanteurs et musiciens nous feront l’honneur d’être les invités très spéciaux de la 14éme édition de la Nuit du Gospel pour 3 concerts exclusifs. à ne pas manquer…

> Le 1er Juillet à Rodez – Cathédrale Notre Dame

Plus d’informations : www.lanuitdugospel.com


Aéroport de Rodez Aveyron : 2017 devrait marquer un nouveau départ

14 février 2017

L’année 2016 n’a pas été pour l’aéroport de Rodez-Aveyron à la hauteur des espérances des gestionnaires.

L’aéroport de Rodez-Aveyron connaît, depuis 2013, une baisse constante de sa fréquentation qui est passée de prés de 160 000 passagers en 2012 (dont prés de 90 000 passagers pour les seuls vols low-cost opérés par Ryanair), à 106 000 passagers en 2015, avant de tomber à seulement 70 000 passagers en 2016 (dont seulement 28 000 passagers pour Ryanair, après l’arrêt de la desserte de London-Stanted). Mais cela n’explique pas tout.

Cette baisse de fréquentation depuis 4 ans est aussi en grande partie due à Hop ! (Air-France) dont la liaison avec Paris avait connu une baisse constante ces dernières années, notamment en raison des tarifs élevés pratiqués mais aussi des nombreux retards et incidents techniques qui ont découragé nombre de passagers. Rappelons qu’au plus fort de la fréquentation, la ligne Rodez-Paris enregistrait prés de 70 000 passagers contre seulement 40 000 en 2016, soit prés de 10 000 passagers en moins pour cette seule année où la ligne est opérée par une nouvelle compagnie Eastern Airways.

Après un démarrage plus difficile que prévu, la nouvelle compagnie britannique semble aujourd’hui en mesure de regagner une partie des passagers perdus dés 2017 grâce à des tarifs plus attractifs, une ponctualité en forte hausse et l’utilisation de jets beaucoup plus rapides que les ATR42 exploités par Hop ! Par delà la baisse de fréquentation des vols low-cost opéré par Ryanair depuis Rodez, il est primordial pour l’aéroport de retrouver une bonne fréquentation de la ligne régulière Rodez-Paris.

Le nouveau directeur de l’aéroport, Eric Bommetton ne cache pas l’ampleur du défi à relever pour l’aéroport : « C’est une bataille de tous les jours pour récupérer des compagnies. Ryanair est très exigeante concernant le taux de remplissage et ils ont énormément de demandes… ». Rappelons que le taux moyen de remplissage exigé par Ryanair est de l’ordre de 80% au minimum (il n’était que de 75% pour Rodez-Londres) et que de nombreux aéroports desservis par elle, sont très proches de Rodez, comme celui de Brive-Souillac.

Pour casser cette spirale de baisse de fréquentation, les responsables de l’aéroport misent sur l’international. En 2016, les deux lignes opérées par Ryanair vers Dublin et Charleroi durant l’été ont progressé de prés de 8% et devraient continuer à croître légèrement. Pour doper la fréquentation, deux nouvelles lignes devraient voir le jour dés l’été 2017, l’une vers Southampton (sud de l’Angleterre) et l’autre vers Millan (Italie) à raison de deux allers-retours par semaine avec un avion de 50 places pour des tarifs aller-retour de l’ordre de 150 € à 180 €.

A ces nouveaux vols internationaux, viendra s’ajouter la réouverture de la ligne Rodez-Lyon à raison de 3 allers-retours par semaine avec un avion de 29 places dés la mi-mars. Rappelons que cette ligne qui avait été stoppée il y a quelques années en raison de son manque de rentabilité, est très attendue du monde économique et notamment par la société Robert Bosch France.

Ces nouvelles destinations seront opérées par la compagnie Eastern Airways qui dessert déjà Paris-Orly.

A cela viendront s’ajouter durant l’été des vols charters vers le Portugal, Madère, les Baléares ou la Slovénie et la Croatie.

Enfin, les gestionnaires de l’aéroport attendent une augmentation du trafic de l’ordre de 10% vers Paris-Orly (3 vols par jour et un le samedi et le dimanche) est attendu en 2017, notamment grâce à des tarifs un peu plus compétitifs de l’ordre de 180 € à 240 € l’aller-retour certains jours.

Il ne reste plus à espérer que ces nouvelles destinations permettront à l’aéroport de Rodez-Aveyron de trouver un second souffle. Il en a les atouts.

Plus d’informations :


Les impôts locaux à Rodez en 2017. Quelles perspectives pour demain ? (3)

29 janvier 2017

N’en déplaise à certains, globalement, la fiscalité locale à Rodez est restée stable depuis 20 ans et demeure sensiblement dans la moyenne régionale. Pour autant, des efforts restent à faire pour rendre la fiscalité plus attractive et parmi les plus basses de la région qui doit être l’objectif à moyen terme.

La taxe d’habitation

A Rodez, malgré la baisse des taux d’imposition de la taxe d’habitation, le taux en vigueur pour l’année 2017 est de 16.38%. Ce taux devrait vraisemblablement baisser aux alentours de 15.50% en 2018 après suppression définitive de l’abattement général à la base. Ce taux restera dans la fourchette des villes moyennes d’Occitanie, comme cela a toujours été le cas depuis plus de 20 ans.

Pour autant, le taux reste cependant à un niveau relativement élevé. Ceci freine l’arrivée de nouveaux habitants sur Rodez, notamment si l’on compare les taux en vigueur en 2015 dans les principales communes voisines : 8.70% à Onet-le-Château, 10.60% à Olemps ou 11.70% à Luc La Primaube. Même si aucune comparaison n’est possible en raison des charges de centralité supportées par Rodez, il y a urgence pour la ville de Rodez à baisser progressivement son taux d’imposition de taxe d’habitation pour se rapprocher des 13%.

Ceci est d’autant plus d’actualité, qu’il ne fait plus aucun doute que les communes centrales de l’agglomération, au moins dans un premier temps, sont appelées à fusionner dans les années à venir en attendant une future extension du périmètre de l’agglomération. Dans ce contexte, pour la ville de Rodez, l’heure est maintenant venue d’envisager sérieusement une baisse réelle et durable en vue de faire converger les taux de la taxe d’habitation avec les communes voisines. L’attractivité de la ville en dépend.

A titre d’informations, les taux de la taxe d’habitation en vigueur pour l’année 2015 dans les villes comparables de la région Occitanie étaient les suivants : Narbonne 11.33%, Montauban 13.25%,   Albi 15.33%, Carcassonne 15.94% et Rodez 16.38% (taux 2016). Dans les villes voisines hors région : Aurillac 21.77% et Le Puy-en-Velay 18.90%. Même si Rodez reste dans la moyenne, cette comparaison permet de mesurer les efforts qui restent à réaliser en matière de baisse de la taxe d‘habitation dans les années à venir pour atteindre les 13%.

La taxe foncière sur les propriétés bâties

La taxe foncière sur les propriétés bâties à Rodez demeure inchangée depuis de nombreuses décennies avec un taux de 28.94% pour l’année 2017. A cela, il faut ajouter la part départementale de 20.61%, en sensible augmentation en 2016, comme sur l’ensemble de la France. Globalement, le taux de taxe foncière de la ville à Rodez reste comparable aux villes moyennes de la région, mais aussi de la plupart des communes de l’agglomération pourtant bien plus petites.

A titre de comparaison, en 2015 (dernière année connue), les taux de taxe foncière sur les propriétés bâties en région Occitanie étaient les suivants : Béziers 26.54%, Narbonne 28.34%, Albi 28.80%, Montauban 29.13%, Tarbes 29.43%, Cahors 38.25%, Carcassonne 41.69% et Auch 44.27%. Dans les villes voisines hors région : Aurillac 27.94% et Le Puy-en-Velay 28.05%.

A terme, même si elle se situe dans la fourchette régionale, la ville de Rodez ne pourra également faire l’économie d’une baisse progressive du taux.

Rodez n’a d’autres choix que de s’engager résolument dans une baisse réelle et durable des impôts locaux

La baisse des impôts locaux est d’autant plus envisageable que la situation financière de la ville de Rodez est relativement saine, avec une dette dorénavant contenue, des charges maitrisées et une capacité d’autofinancement favorable. A cela, il faut ajouter le dynamisme des recettes fiscales du fait de la construction ces dernières années. Pour les deux ans à venir, prés de 1000 logements neufs sont en construction. A cela, il faut ajouter l’instauration de la taxe sur les logements vacants depuis 2016.

Dans ce contexte, il ne reste plus qu’à espérer que l’actuelle municipalité de Rodez saura anticiper cette évolution et s’engagera rapidement dans une baisse réelle des taux d’imposition qui permettra à terme de pérenniser l’attractivité de l’agglomération ruthénoise dans son ensemble.

Une belle carte à jouer pour Rodez, au moment où d’autres collectivités engluées dans leur dette et les dépenses de fonctionnement, se voient contraintes d’augmenter leurs taux d’imposition.


Aveyron : Jean-François Galliard élu président du Conseil départemental

24 janvier 2017

Jean-Claude Luche, président du Conseil départemental de l’Aveyron depuis 2008, avait annoncé son départ de la présidence dés le 23 janvier 2017. Compte-tenu de l’entrée en vigueur prochaine de la loi prévoyant le non cumul des mandats, il a choisi de conserver son mandat de sénateur de l’Aveyron. Il redevient ainsi un simple conseiller départemental de son canton de Lot et Palanges (Saint Geniez d’Olt et Laissac)

L’élection du nouveau président du Conseil départemental avait lieu ce 24 janvier. Pour faciliter la désignation du nouveau président et éviter tout risque de guerre de succession comme cela c’est parfois vu ici et là, une élection primaire pour désigner le candidat qui représenterait la majorité départementale avait été organisée en fin d’année 2016. Parmi les candidats, c’est finalement Jean-François Galliard, conseiller départemental du canton de Millau 2 (Millau, Aguessac, Compeyre, Paulhe, Nant et Saint Jean-du-Bruel) et ancien maire de Nant qui l’avait emporté d’une courte avance. Du coup, l’élection d’aujourd’hui ne devait être qu’une formalité.

Sans surprise, les conseillers départementaux de la majorité (Les Républicains-UDI) ont désigné dés le premier tour de scrutin, Jean-François Galliard, président du Conseil départemental par 30 voix contre 5 à Anne Blanc et 11 abstentions. Le nouveau président était jusqu’alors vice-président du Conseil départemental, rapporteur du budget et président d’Aveyron Culture.

Pour la première fois depuis des décennies, le président du Conseil départemental sera un élu du sud-Aveyron, après de longues décennies de présidences assurées par des élus du nord Aveyron. Voilà qui ne devrait pas déplaire aux gens du sud qui ont parfois pu se sentir un peu à l’écart du reste du département. Ce rééquilibrage aveyronnais vers le sud devrait, à n’en pas douter, profiter à l’ensemble du territoire ; ce dont personne ne se plaindra.

Reste maintenant à voir les priorités du nouveau président et le mode de gouvernance qui sera adopté. Nul doute qu’il laissera une grande place à l’ouverture et à l’écoute de l’ensemble des aveyronnais.

En s’adressant à l’assemblée lors de sa première intervention, le nouveau président a mis l’accent sur la continuité dans laquelle il s’inscrit, notamment celle du projet d’attractivité Cap 300 000 habitants. Il a insisté sur la nécessité « d’œuvrer au coude à coude, toutes forces vives de l’Aveyron confondues, en mutualisant nos idées et nos moyens ». Il s’est adressé plus particulièrement aux communautés de communes, auxquelles il propose un partenariat renforcé avec le Conseil départemental.

Jean-François Galliard a ajouté que la collectivité départementale « restera mobilisée sur ce qui est sa fonction première, le domaine social ».

En conclusion, le président Galliard a défini la manière dont il entend conduire son action : « Agir avec un seul repère : le service de l’intérêt général, celui des Aveyronnais sans exclusive et celui de l’Aveyron », en indiquait qu’il occuperait ce poste avec « une vision ouverte et attentive aux autres ».

La commission permanente du Conseil départemental, comme dans la précédente assemblée, sera composée des 46 élus. Le nombre de vice-présidences restera inchangé à 13 : André At, Simone Anglade, Danièle Vergonnier, Jean-Claude Anglars, Bernard Saules, Gisèle Rigal, Magali Bessaou, Annie Cazard, Annie Bel, Vincent Alazard et Christophe Laborie. Deux nouveaux font également leur entrée en remplacement des deux sénateurs qui redeviennent de simples conseillers départementaux : Christian Tieulié et Jean-Philippe Sadoul.

Bon vent à Jean-François Galliard et au nouveau Conseil départemental de l’Aveyron !


France : L’évolution à la hausse de la fiscalité directe locale pénalise et fragilise les contribuables comme les collectivités territoriales (2)

16 janvier 2017

La sémantique entre baisse des impôts locaux et baisse des taux d’imposition ou comment augmenter les impôts tout en baissant les taux

Contrairement à une idée très largement répandue, les taux d’imposition ne sont pas les seuls facteurs à prendre en compte pour juger du niveau d’imposition local.

Certains élus locaux se sont effectivement abstenus d’augmenter les taux d’imposition, mais ont par contre réduit ou supprimé certains abattements facultatifs liés à la taxe d’habitation (abattement général à la base, abattement pour enfants à charges ou personnes handicapées). Ces derniers ne sont en vigueur que dans une minorité de communes dont Rodez ; ce qui rend les comparaisons difficiles avec la plupart de communes voisines qui n’en ont pas. Ces abattements facultatifs variant de 5% à 15%, pouvant se cumuler, viennent en effet réduire les valeurs locatives et, par voie de conséquence, diminuer la base d’imposition, et donc la cotisation due. Leur suppression entraîne de facto une augmentation sensible de la taxe tout en ayant conservé un taux d’imposition inchangé, voire en l’ayant baissé.

Cela a été le cas à la ville de Rodez où la nouvelle majorité de gauche élue en 2008, au nom d’une prétendue baisse des impôts locaux, a ramené l’abattement général à la base de 15% à 10%, avec une baisse corrélative du taux d’imposition à hauteur de 5%, répartie sur 5 ans. Malgré la majoration de l’abattement pour personnes à charges et l’instauration d’un abattement pour handicapé, la cotisation de taxe d’habitation a continué à augmenter au cours des années 2008 à 2012 pour une majorité de contribuables. Ce qui ne permet pas au maire de Rodez d’affirmer qu’il a baissé la taxe d’habitation, bien au contraire !

Mis à part cette manipulation, à Rodez, la suppression de l’abattement général à la base appliqué à la taxe d’habitation a été globalement compensé par la baisse des taux d’imposition à due proportion, notamment en 2015 (réduction de l’abattement de 5%, compensé par une baisse simultanée des taux de 5%). Ce qui n’est pas le cas de nombreuses communes qui ont carrément supprimé cet abattement, sans pour autant baisser les taux d’imposition. Ce qui s’est traduit par une sensible augmentation de la cotisation de taxe d’habitation dans ces communes.

Autre difficulté, l’avis d’imposition est relativement détaillé mais pas toujours facile à lire. L’impôt est déterminé pour chaque collectivité (commune, intercommunalité, département…) en fonction des taux d’imposition votés et des éventuels abattements. Ainsi, en 2016, les contribuables ont généralement subit une forte augmentation de leur cotisation globale de taxe foncière sur les propriétés bâties. La lecture détaillée de l’avis d’imposition permet de vérifier que l’augmentation est souvent imputable au seul département, et non à la commune ou à l’intercommunalité. Prudence donc !

La revalorisation annuelle des valeurs locatives, ou la dynamique des impôts locaux

Outre les abattements évoqués ci-avant, les collectivités voient leurs recettes fiscales augmenter automatiquement du fait d’une revalorisation annuelle des valeurs locatives. Cette revalorisation qui était de 1.13% en 1983 a été ramenée aux alentours de 1% depuis l’an 2000. Celle-ci ne sera plus que de 0.4% à partir de l’année 2017, soit un peu plus que l’inflation.

De ce seul fait, sans augmenter les taux d’imposition, les collectivités ont vu leurs recettes augmenter automatiquement de 1% tous les ans durant des décennies. Ceci explique l’incompréhension de certains contribuables qui voient leur cotisation s’envoler au fil des ans alors que certains élus affirment ne pas avoir augmenté les taux d’imposition. Cela justifie d’ailleurs qu’en 30 ans, les cotisations acquittées au titre des impôts locaux aient augmenté au minimum de 30% à Rodez et partout ailleurs, en dépit d’une stabilité des taux. Cette augmentation des impôts locaux, car c’est bien une augmentation, n’est cependant pas imputable aux élus locaux.

Cette revalorisation annuelle des valeurs locatives (taxe d’habitation et taxe foncière) est votée par le Parlement, dans le cadre de la loi de finances de chacune des années. Les élus locaux n’ont donc aucune marge de manœuvre sur ce point.

D’ailleurs à Rodez, bien que les taux d’imposition votés par les diverses majorités municipales soient restés inchangés depuis des décennies, les cotisations ont continué à croître de ce seul motif. Le taux de revalorisation n’étant plus que de 0.40% à partir de 2017, cette évolution à hausse sera partiellement atténuée.

Pour ces raisons, il n’est pas toujours aisé pour le contribuable d’identifier l’origine des hausses de cotisation d’impôt. Est-elle imputable à la collectivité ou non ? Est-elle imputable à une hausse des taux (facile à déceler) et/ou à une suppression/réduction de certains abattements facultatifs (difficile à identifier) ou tout simplement à la revalorisation automatique annuelle des valeurs locatives par l’Etat ? Pas si simple pour le commun des mortels !

D’où, ici et là, certaines manipulations de quelques élus sans scrupules qui ont tenté d’enfumer les électeurs. Hélas, incapable d’appréhender et décoder une fiscalité bien complexe,  la presse fait bien pire en faisant très régulièrement des appréciations erronées à propos de la fiscalité locale ! Non, une baisse des taux d’imposition n’implique pas nécessairement une baisse des impôts locaux ! Rodez en est la preuve…