Aéroport de Rodez Aveyron : 2017 devrait marquer un nouveau départ

14 février 2017

L’année 2016 n’a pas été pour l’aéroport de Rodez-Aveyron à la hauteur des espérances des gestionnaires.

L’aéroport de Rodez-Aveyron connaît, depuis 2013, une baisse constante de sa fréquentation qui est passée de prés de 160 000 passagers en 2012 (dont prés de 90 000 passagers pour les seuls vols low-cost opérés par Ryanair), à 106 000 passagers en 2015, avant de tomber à seulement 70 000 passagers en 2016 (dont seulement 28 000 passagers pour Ryanair, après l’arrêt de la desserte de London-Stanted). Mais cela n’explique pas tout.

Cette baisse de fréquentation depuis 4 ans est aussi en grande partie due à Hop ! (Air-France) dont la liaison avec Paris avait connu une baisse constante ces dernières années, notamment en raison des tarifs élevés pratiqués mais aussi des nombreux retards et incidents techniques qui ont découragé nombre de passagers. Rappelons qu’au plus fort de la fréquentation, la ligne Rodez-Paris enregistrait prés de 70 000 passagers contre seulement 40 000 en 2016, soit prés de 10 000 passagers en moins pour cette seule année où la ligne est opérée par une nouvelle compagnie Eastern Airways.

Après un démarrage plus difficile que prévu, la nouvelle compagnie britannique semble aujourd’hui en mesure de regagner une partie des passagers perdus dés 2017 grâce à des tarifs plus attractifs, une ponctualité en forte hausse et l’utilisation de jets beaucoup plus rapides que les ATR42 exploités par Hop ! Par delà la baisse de fréquentation des vols low-cost opéré par Ryanair depuis Rodez, il est primordial pour l’aéroport de retrouver une bonne fréquentation de la ligne régulière Rodez-Paris.

Le nouveau directeur de l’aéroport, Eric Bommetton ne cache pas l’ampleur du défi à relever pour l’aéroport : « C’est une bataille de tous les jours pour récupérer des compagnies. Ryanair est très exigeante concernant le taux de remplissage et ils ont énormément de demandes… ». Rappelons que le taux moyen de remplissage exigé par Ryanair est de l’ordre de 80% au minimum (il n’était que de 75% pour Rodez-Londres) et que de nombreux aéroports desservis par elle, sont très proches de Rodez, comme celui de Brive-Souillac.

Pour casser cette spirale de baisse de fréquentation, les responsables de l’aéroport misent sur l’international. En 2016, les deux lignes opérées par Ryanair vers Dublin et Charleroi durant l’été ont progressé de prés de 8% et devraient continuer à croître légèrement. Pour doper la fréquentation, deux nouvelles lignes devraient voir le jour dés l’été 2017, l’une vers Southampton (sud de l’Angleterre) et l’autre vers Millan (Italie) à raison de deux allers-retours par semaine avec un avion de 50 places pour des tarifs aller-retour de l’ordre de 150 € à 180 €.

A ces nouveaux vols internationaux, viendra s’ajouter la réouverture de la ligne Rodez-Lyon à raison de 3 allers-retours par semaine avec un avion de 29 places dés la mi-mars. Rappelons que cette ligne qui avait été stoppée il y a quelques années en raison de son manque de rentabilité, est très attendue du monde économique et notamment par la société Robert Bosch France.

Ces nouvelles destinations seront opérées par la compagnie Eastern Airways qui dessert déjà Paris-Orly.

A cela viendront s’ajouter durant l’été des vols charters vers le Portugal, Madère, les Baléares ou la Slovénie et la Croatie.

Enfin, les gestionnaires de l’aéroport attendent une augmentation du trafic de l’ordre de 10% vers Paris-Orly (3 vols par jour et un le samedi et le dimanche) est attendu en 2017, notamment grâce à des tarifs un peu plus compétitifs de l’ordre de 180 € à 240 € l’aller-retour certains jours.

Il ne reste plus à espérer que ces nouvelles destinations permettront à l’aéroport de Rodez-Aveyron de trouver un second souffle. Il en a les atouts.

Plus d’informations :


Les impôts locaux à Rodez en 2017. Quelles perspectives pour demain ? (3)

29 janvier 2017

N’en déplaise à certains, globalement, la fiscalité locale à Rodez est restée stable depuis 20 ans et demeure sensiblement dans la moyenne régionale. Pour autant, des efforts restent à faire pour rendre la fiscalité plus attractive et parmi les plus basses de la région qui doit être l’objectif à moyen terme.

La taxe d’habitation

A Rodez, malgré la baisse des taux d’imposition de la taxe d’habitation, le taux en vigueur pour l’année 2017 est de 16.38%. Ce taux devrait vraisemblablement baisser aux alentours de 15.50% en 2018 après suppression définitive de l’abattement général à la base. Ce taux restera dans la fourchette des villes moyennes d’Occitanie, comme cela a toujours été le cas depuis plus de 20 ans.

Pour autant, le taux reste cependant à un niveau relativement élevé. Ceci freine l’arrivée de nouveaux habitants sur Rodez, notamment si l’on compare les taux en vigueur en 2015 dans les principales communes voisines : 8.70% à Onet-le-Château, 10.60% à Olemps ou 11.70% à Luc La Primaube. Même si aucune comparaison n’est possible en raison des charges de centralité supportées par Rodez, il y a urgence pour la ville de Rodez à baisser progressivement son taux d’imposition de taxe d’habitation pour se rapprocher des 13%.

Ceci est d’autant plus d’actualité, qu’il ne fait plus aucun doute que les communes centrales de l’agglomération, au moins dans un premier temps, sont appelées à fusionner dans les années à venir en attendant une future extension du périmètre de l’agglomération. Dans ce contexte, pour la ville de Rodez, l’heure est maintenant venue d’envisager sérieusement une baisse réelle et durable en vue de faire converger les taux de la taxe d’habitation avec les communes voisines. L’attractivité de la ville en dépend.

A titre d’informations, les taux de la taxe d’habitation en vigueur pour l’année 2015 dans les villes comparables de la région Occitanie étaient les suivants : Narbonne 11.33%, Montauban 13.25%,   Albi 15.33%, Carcassonne 15.94% et Rodez 16.38% (taux 2016). Dans les villes voisines hors région : Aurillac 21.77% et Le Puy-en-Velay 18.90%. Même si Rodez reste dans la moyenne, cette comparaison permet de mesurer les efforts qui restent à réaliser en matière de baisse de la taxe d‘habitation dans les années à venir pour atteindre les 13%.

La taxe foncière sur les propriétés bâties

La taxe foncière sur les propriétés bâties à Rodez demeure inchangée depuis de nombreuses décennies avec un taux de 28.94% pour l’année 2017. A cela, il faut ajouter la part départementale de 20.61%, en sensible augmentation en 2016, comme sur l’ensemble de la France. Globalement, le taux de taxe foncière de la ville à Rodez reste comparable aux villes moyennes de la région, mais aussi de la plupart des communes de l’agglomération pourtant bien plus petites.

A titre de comparaison, en 2015 (dernière année connue), les taux de taxe foncière sur les propriétés bâties en région Occitanie étaient les suivants : Béziers 26.54%, Narbonne 28.34%, Albi 28.80%, Montauban 29.13%, Tarbes 29.43%, Cahors 38.25%, Carcassonne 41.69% et Auch 44.27%. Dans les villes voisines hors région : Aurillac 27.94% et Le Puy-en-Velay 28.05%.

A terme, même si elle se situe dans la fourchette régionale, la ville de Rodez ne pourra également faire l’économie d’une baisse progressive du taux.

Rodez n’a d’autres choix que de s’engager résolument dans une baisse réelle et durable des impôts locaux

La baisse des impôts locaux est d’autant plus envisageable que la situation financière de la ville de Rodez est relativement saine, avec une dette dorénavant contenue, des charges maitrisées et une capacité d’autofinancement favorable. A cela, il faut ajouter le dynamisme des recettes fiscales du fait de la construction ces dernières années. Pour les deux ans à venir, prés de 1000 logements neufs sont en construction. A cela, il faut ajouter l’instauration de la taxe sur les logements vacants depuis 2016.

Dans ce contexte, il ne reste plus qu’à espérer que l’actuelle municipalité de Rodez saura anticiper cette évolution et s’engagera rapidement dans une baisse réelle des taux d’imposition qui permettra à terme de pérenniser l’attractivité de l’agglomération ruthénoise dans son ensemble.

Une belle carte à jouer pour Rodez, au moment où d’autres collectivités engluées dans leur dette et les dépenses de fonctionnement, se voient contraintes d’augmenter leurs taux d’imposition.


Aveyron : Jean-François Galliard élu président du Conseil départemental

24 janvier 2017

Jean-Claude Luche, président du Conseil départemental de l’Aveyron depuis 2008, avait annoncé son départ de la présidence dés le 23 janvier 2017. Compte-tenu de l’entrée en vigueur prochaine de la loi prévoyant le non cumul des mandats, il a choisi de conserver son mandat de sénateur de l’Aveyron. Il redevient ainsi un simple conseiller départemental de son canton de Lot et Palanges (Saint Geniez d’Olt et Laissac)

L’élection du nouveau président du Conseil départemental avait lieu ce 24 janvier. Pour faciliter la désignation du nouveau président et éviter tout risque de guerre de succession comme cela c’est parfois vu ici et là, une élection primaire pour désigner le candidat qui représenterait la majorité départementale avait été organisée en fin d’année 2016. Parmi les candidats, c’est finalement Jean-François Galliard, conseiller départemental du canton de Millau 2 (Millau, Aguessac, Compeyre, Paulhe, Nant et Saint Jean-du-Bruel) et ancien maire de Nant qui l’avait emporté d’une courte avance. Du coup, l’élection d’aujourd’hui ne devait être qu’une formalité.

Sans surprise, les conseillers départementaux de la majorité (Les Républicains-UDI) ont désigné dés le premier tour de scrutin, Jean-François Galliard, président du Conseil départemental par 30 voix contre 5 à Anne Blanc et 11 abstentions. Le nouveau président était jusqu’alors vice-président du Conseil départemental, rapporteur du budget et président d’Aveyron Culture.

Pour la première fois depuis des décennies, le président du Conseil départemental sera un élu du sud-Aveyron, après de longues décennies de présidences assurées par des élus du nord Aveyron. Voilà qui ne devrait pas déplaire aux gens du sud qui ont parfois pu se sentir un peu à l’écart du reste du département. Ce rééquilibrage aveyronnais vers le sud devrait, à n’en pas douter, profiter à l’ensemble du territoire ; ce dont personne ne se plaindra.

Reste maintenant à voir les priorités du nouveau président et le mode de gouvernance qui sera adopté. Nul doute qu’il laissera une grande place à l’ouverture et à l’écoute de l’ensemble des aveyronnais.

En s’adressant à l’assemblée lors de sa première intervention, le nouveau président a mis l’accent sur la continuité dans laquelle il s’inscrit, notamment celle du projet d’attractivité Cap 300 000 habitants. Il a insisté sur la nécessité « d’œuvrer au coude à coude, toutes forces vives de l’Aveyron confondues, en mutualisant nos idées et nos moyens ». Il s’est adressé plus particulièrement aux communautés de communes, auxquelles il propose un partenariat renforcé avec le Conseil départemental.

Jean-François Galliard a ajouté que la collectivité départementale « restera mobilisée sur ce qui est sa fonction première, le domaine social ».

En conclusion, le président Galliard a défini la manière dont il entend conduire son action : « Agir avec un seul repère : le service de l’intérêt général, celui des Aveyronnais sans exclusive et celui de l’Aveyron », en indiquait qu’il occuperait ce poste avec « une vision ouverte et attentive aux autres ».

La commission permanente du Conseil départemental, comme dans la précédente assemblée, sera composée des 46 élus. Le nombre de vice-présidences restera inchangé à 13 : André At, Simone Anglade, Danièle Vergonnier, Jean-Claude Anglars, Bernard Saules, Gisèle Rigal, Magali Bessaou, Annie Cazard, Annie Bel, Vincent Alazard et Christophe Laborie. Deux nouveaux font également leur entrée en remplacement des deux sénateurs qui redeviennent de simples conseillers départementaux : Christian Tieulié et Jean-Philippe Sadoul.

Bon vent à Jean-François Galliard et au nouveau Conseil départemental de l’Aveyron !


France : L’évolution à la hausse de la fiscalité directe locale pénalise et fragilise les contribuables comme les collectivités territoriales (2)

16 janvier 2017

La sémantique entre baisse des impôts locaux et baisse des taux d’imposition ou comment augmenter les impôts tout en baissant les taux

Contrairement à une idée très largement répandue, les taux d’imposition ne sont pas les seuls facteurs à prendre en compte pour juger du niveau d’imposition local.

Certains élus locaux se sont effectivement abstenus d’augmenter les taux d’imposition, mais ont par contre réduit ou supprimé certains abattements facultatifs liés à la taxe d’habitation (abattement général à la base, abattement pour enfants à charges ou personnes handicapées). Ces derniers ne sont en vigueur que dans une minorité de communes dont Rodez ; ce qui rend les comparaisons difficiles avec la plupart de communes voisines qui n’en ont pas. Ces abattements facultatifs variant de 5% à 15%, pouvant se cumuler, viennent en effet réduire les valeurs locatives et, par voie de conséquence, diminuer la base d’imposition, et donc la cotisation due. Leur suppression entraîne de facto une augmentation sensible de la taxe tout en ayant conservé un taux d’imposition inchangé, voire en l’ayant baissé.

Cela a été le cas à la ville de Rodez où la nouvelle majorité de gauche élue en 2008, au nom d’une prétendue baisse des impôts locaux, a ramené l’abattement général à la base de 15% à 10%, avec une baisse corrélative du taux d’imposition à hauteur de 5%, répartie sur 5 ans. Malgré la majoration de l’abattement pour personnes à charges et l’instauration d’un abattement pour handicapé, la cotisation de taxe d’habitation a continué à augmenter au cours des années 2008 à 2012 pour une majorité de contribuables. Ce qui ne permet pas au maire de Rodez d’affirmer qu’il a baissé la taxe d’habitation, bien au contraire !

Mis à part cette manipulation, à Rodez, la suppression de l’abattement général à la base appliqué à la taxe d’habitation a été globalement compensé par la baisse des taux d’imposition à due proportion, notamment en 2015 (réduction de l’abattement de 5%, compensé par une baisse simultanée des taux de 5%). Ce qui n’est pas le cas de nombreuses communes qui ont carrément supprimé cet abattement, sans pour autant baisser les taux d’imposition. Ce qui s’est traduit par une sensible augmentation de la cotisation de taxe d’habitation dans ces communes.

Autre difficulté, l’avis d’imposition est relativement détaillé mais pas toujours facile à lire. L’impôt est déterminé pour chaque collectivité (commune, intercommunalité, département…) en fonction des taux d’imposition votés et des éventuels abattements. Ainsi, en 2016, les contribuables ont généralement subit une forte augmentation de leur cotisation globale de taxe foncière sur les propriétés bâties. La lecture détaillée de l’avis d’imposition permet de vérifier que l’augmentation est souvent imputable au seul département, et non à la commune ou à l’intercommunalité. Prudence donc !

La revalorisation annuelle des valeurs locatives, ou la dynamique des impôts locaux

Outre les abattements évoqués ci-avant, les collectivités voient leurs recettes fiscales augmenter automatiquement du fait d’une revalorisation annuelle des valeurs locatives. Cette revalorisation qui était de 1.13% en 1983 a été ramenée aux alentours de 1% depuis l’an 2000. Celle-ci ne sera plus que de 0.4% à partir de l’année 2017, soit un peu plus que l’inflation.

De ce seul fait, sans augmenter les taux d’imposition, les collectivités ont vu leurs recettes augmenter automatiquement de 1% tous les ans durant des décennies. Ceci explique l’incompréhension de certains contribuables qui voient leur cotisation s’envoler au fil des ans alors que certains élus affirment ne pas avoir augmenté les taux d’imposition. Cela justifie d’ailleurs qu’en 30 ans, les cotisations acquittées au titre des impôts locaux aient augmenté au minimum de 30% à Rodez et partout ailleurs, en dépit d’une stabilité des taux. Cette augmentation des impôts locaux, car c’est bien une augmentation, n’est cependant pas imputable aux élus locaux.

Cette revalorisation annuelle des valeurs locatives (taxe d’habitation et taxe foncière) est votée par le Parlement, dans le cadre de la loi de finances de chacune des années. Les élus locaux n’ont donc aucune marge de manœuvre sur ce point.

D’ailleurs à Rodez, bien que les taux d’imposition votés par les diverses majorités municipales soient restés inchangés depuis des décennies, les cotisations ont continué à croître de ce seul motif. Le taux de revalorisation n’étant plus que de 0.40% à partir de 2017, cette évolution à hausse sera partiellement atténuée.

Pour ces raisons, il n’est pas toujours aisé pour le contribuable d’identifier l’origine des hausses de cotisation d’impôt. Est-elle imputable à la collectivité ou non ? Est-elle imputable à une hausse des taux (facile à déceler) et/ou à une suppression/réduction de certains abattements facultatifs (difficile à identifier) ou tout simplement à la revalorisation automatique annuelle des valeurs locatives par l’Etat ? Pas si simple pour le commun des mortels !

D’où, ici et là, certaines manipulations de quelques élus sans scrupules qui ont tenté d’enfumer les électeurs. Hélas, incapable d’appréhender et décoder une fiscalité bien complexe,  la presse fait bien pire en faisant très régulièrement des appréciations erronées à propos de la fiscalité locale ! Non, une baisse des taux d’imposition n’implique pas nécessairement une baisse des impôts locaux ! Rodez en est la preuve…


Rodez : Un budget sans grande ambition en attendant 2018

19 décembre 2016

Lors de sa séance du 16 décembre dernier, le Conseil municipal de Rodez a adopté le budget 2017. Un budget sans grande surprise aux ambitions somme toute limitées en attendant l’année 2018.

Le budget primitif de fonctionnement pour 2017 s’établit à 31,523 millions d’euros (identique à 2016) :

Principales dépenses de fonctionnement du budget principal :

  • Charges de personnel :  15,200 M€ (+1.36%)
  • Charges à caractère général :  5,502 M€ (+7.36%)
  • Autres charges de gestion courante (dont subventions aux associations : 3,041 M€ (-11.39%)

Principales recettes de fonctionnement du budget principal :

  • Impôts et taxes :  23,148 M€ (+0.69%) dont 17,500 M€ d’impôts locaux,
  • Dotations et participations :  6,405 M€ (-3.11%)
  • Produits des services :  1,388 M€ (-9.34)

L’épargne brute ressort à 7,470 millions d’euros, représentant 23.72% des recettes de fonctionnement. L’épargne nette, après déduction de l’annuité de la dette de 1,966 millions d’euros, s’établit à 5,504 millions d’euros.

Le budget primitif d’investissement s’établit à 12,287 millions d’euros, contre 11,006 millions en 2016 :

Principales dépenses d’investissement (9,420 M€)

  • Dépenses patrimoniales :  4,15 M€ (dont voirie : 2,699 M€…)
  • Crédits de paiement des programmes AP/CP : 3,125 M€ (dont îlot Béteille : 1 M€, quartier Saint Eloi : 0,773 M€, Quartier Tarayre/St Cyrice : 0,512 M€, regroupement services techniques : 0,700 M€…)
  • Dépenses programmées :  2,144 M€ (dont rénovation place Foch : 0,500 M€, programme ADAP : 0,500 M€)

Principales recettes d’investissement (4,816 M€)

  • Produits des cessions :  2,41 M€ (cessions immobilières diverses)
  • Dotation d’investissement :      1,425 M€ (TCTVA, taxe urbanisme, amendes… )

Les impôts locaux en 2017 (taxe d’habitation, taxe foncière et taxe foncière sur les propriétés non bâties) resteront inchangées par rapport à 2016 à respectivement : 16,38% (TH), 28,94% (TF) et 91,00% (TFPNB). Pour les années à venir, la municipalité envisage une évolution des taux à la baisse, en allant au-delà de la baisse liée à la suppression de l’abattement général à la base qui n’est plus que de 5% en 2016 (celui-ci était de 15% en 2008). A suivre !

Evolution de la dette :

Comme en 2016, aucun emprunt ne devrait être souscrit en 2017. Au 31/12/2016, la dette consolidée de la ville de Rodez (budget principal + budgets annexes) devrait s’établir à 20,389 M€, dont 16,597 M€ pour le budget principal). A fin 2017, la dette consolidée prévisionnelle devrait être de l’ordre de 18,200 M€, dont 14,600 M€ pour le budget principal. A noter que la dette des budgets annexes concerne principalement le budget des parcs de stationnement (parking du Foirail réalisé en 2013).

L’avis sur le budget 2017 de la ville de Rodez :

Comme 2015 et 2016, le budget primitif pour 2017 est un budget de transition. Comme souvent, la majorité municipale attend l’approche des prochaines échéances électorales pour engager les grands travaux. En attendant, les investissements portent principalement sur des travaux d’entretien et de rénovation certes indispensables mais qui ne constituent pas à eux seuls un projet structurant. Ainsi, le projet d’aménagement de la place de la Cité et de ses alentours qui remonte à plus de 10 ans, ne cesse d’être différé alors qu’il s’agit d’un dossier majeur pour l’attractivité du centre-ville. Il faudra probablement attendre 2018 ou 2019 pour le voir se concrétiser en espérant que le projet sera à la hauteur des ambitions de Rodez.

Ce budget, comme les deux précédents, marque une pose et de fait, une baisse du niveau de la dette qui devrait atteindre à fin 2017 l’un de ses plus bas niveaux depuis bien longtemps. Rappelons toutefois que la dette ne fait que retrouver le niveau qui était habituellement le sien en 2007 aux alentours de 20 millions d’euros, étant précisé qu’elle avait atteint le niveau record de 32 M€ en 2013, sous l’actuelle majorité municipale. Il n’y a donc pas de quoi pavoiser puisqu’il ne s’agit là que d’un simple retour à la normale ! Plus vraisemblablement, cette baisse de la dette résulte aussi d’un manque de réels projets portés par l’actuelle majorité.

Si la baisse de la dette est généralement une bonne chose pour une collectivité, ce ne peut-être une fin en soit ! Alors que la ville de Rodez est parmi les moins endettées de France dans sa catégorie, au vu de l’actuelle baisse des taux d’intérêts, on peut s’interroger de savoir s’il ne serait pas judicieux d’emprunter modérément pour financer et anticiper les travaux de rénovation de la place de la Cité ? On peut ainsi s’interroger sur l’obsession du maire de Rodez vis-à-vis de la dette !

Outre la baisse des investissements, la baisse de la dette est confortée par l’importance des cessions de biens immobiliers de la ville comme jamais jusqu’alors. A ce rythme, la plupart des bijoux de famille de la ville de Rodez auront été cédés à la fin de l’actuel mandat.

En attendant, nul doute que les grands travaux attendus reprendront en 2018 et 2019, à la veille des prochaines élections municipales. Probablement un pur hasard de calendrier une fois encore !

 


Rodez agglomération : La société Robert Bosch impactée par la baisse des ventes de véhicules diesels

13 décembre 2016

Le groupe Robert Bosch GmbH dont le siège mondial est situé à Stuttgart (Allemagne) a été créé en 1886. En 2015, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 71 000 milliards d’euros et emploie 375 000 personnes au niveau mondial, reparties sur 118 sites industriels. L’activité principale du groupe concerne la sous-traitance automobile dont il est l’un des leaders mondiaux notamment via ses systèmes d’injection essence et diesel. Le groupe est aussi présent dans de nombreux autres secteurs dont l’outillage et l’électroménager.

Robert Bosch, première entreprise industrielle de l’Aveyron

Robert Bosch est présent en France via sa filiale Robert Bosch France SAS dont la principale unité de production est située à Onet-le-Château (agglomération du Grand Rodez).

L’usine, qui est l’une des vitrines du groupe, fabrique des éléments pour moteurs diesels (systèmes Common Rail). C’est le premier employeur privé de l’Aveyron avec prés de 1 800 personnes et fait vivre prés de 5 000 emplois indirects ; ce qui fait du site ruthénois le premier employeur privé de la région. Autant dire le poids économique considérable du site pour l’agglomération de Rodez et le département de l’Aveyron. Fondée en 1955, l’usine de Rodez est un élément essentiel du dispositif industriel de Robert Bosch. Le groupe allemand investit régulièrement pour moderniser le site : plus de 50 millions d’euros en deux ans.

La division Systèmes diesel de Robert Bosch à laquelle appartient l’usine de Rodez, développe, fabrique et met au point des systèmes pour moteur diesel qui contribuent à rendre les véhicules plus performants et économiques. Premier fabricant mondial de systèmes à injection diesel, le groupe propose la technologie la plus adaptée pour chaque type de véhicule et principalement des systèmes d’injection, de gestion des gaz d’échappement mais aussi des unités de contrôle moteur (ECU) et des capteurs.

La division Systèmes diesel propose un ensemble de produits allant du composant seul au système entier, pour tout type d’application moteur quelle que soit sa cylindrée. Les systèmes d’injection modernes comme les systèmes Common Rail et les systèmes de traitement des gaz d’échappement sont à la base du moteur diesel dernière génération.

Ces dernières années, l’usine de Rodez a investi sur des fabrications plus haut de gamme en injectant notamment 25 millions d’euros dans une nouvelle ligne de production réservée à des bougies en céramique pour moteurs diesels Premium.

Robert Bosch leader mondial des équipementiers automobiles touché par la crise du diesel

Pour autant, depuis le début de l’année 2016 et l’affaire Volkswagen (utilisation de logiciels frauduleux permettant de minimiser la pollution émises par les gaz d’échappement), les ventes de véhicules de la marque allemande ont nettement baissé et plus particulièrement ceux équipés de moteurs diesel. Il va sans dire que l’activité de l’usine de Rodez, spécialisée dans la production de systèmes d’injection Common Rail pour Volkswagen et Renault, est particulièrement impactée ces derniers mois.

Afin de permettre à l’entreprise d’ajuster ses moyens face à la baisse des commandes, depuis quelques mois, la direction générale de la Division diesel de Stuttgart avait souhaité un ralentissement des investissements à Rodez. Un comité d’entreprise exceptionnel convoqué mi-novembre 2016 est venu confirmer la nette baisse du carnet de commande des systèmes Common Rail en fin d’année qui se traduira par une sensible réduction de la durée du travail jusqu’en début d’année prochaine.

Comme le redoutaient les personnels, l’investissement de 17 millions d’euros prévu en 2017 en vue d’adapter les lignes de production à la fabrication de la nouvelle génération d’injecteurs diesels est reportée d’un an.

Même si par le passé le Groupe Robert Bosch a toujours su s’adapter au marché et traverser plusieurs crises, le défi à relever est ici important. C’est aujourd’hui l’avenir des véhicules à moteurs diesels qui est en cause en raison notamment des particules fines émises. Même si les moteurs diesel récents sont très performants, notamment en terme de rejets, la part des véhicules diesels ne cesse de baisser et risque de s’accentuer au fil des années au profit des moteurs essences, réputés moins polluants et des véhicules hybrides ou électriques.

A terme, le site de Rodez devra s’adapter aux nouvelles donnes technologiques

Gageons que le groupe Robert Bosch saura s’adapter une fois encore et trouver une solution pour, à terme, reconvertir le site avec les nouvelles technologies du futur.

L’avenir du site pourrait en réalité provenir de l’application de nouveaux process industriels : la fameuse usine du futur dont Bosch se veut à la pointe. Les ingénieurs maison estiment en effet qu’à terme, cette usine 4.0 peut permettre d’économiser 40% sur le coût de certaines pièces et de faire baisser les pannes de 60%. La maintenance prédictive, une nouvelle gestion des approvisionnements et des stocks, mais également l’échange d’informations entre différents ateliers… Le vivier des gains de productivité est immense.

Pour Robert Bosch, les nouveaux process de cette industrie connectée et numérique devraient permettre de pérenniser le site.

Robert Bosch ambitionne en effet de devenir l’un des leaders mondiaux de l’Internet des objets. Le groupe est présent dans les trois domaines de l’interconnexion : les appareils intelligents et connectés, les plateformes logicielles et les applications et services qui offrent un avantage supplémentaire au client.

Ces nouvelles technologies industrielles 4.0 sont le devenir de Robert Bosch et de l’agglomération de Rodez.

 


Rodez : Quartier Combarel, un chantier qui devrait enfin sortir de terre en 2017

7 décembre 2016

Courant novembre, Rodez agglomération a tenu une réunion publique pour faire le point sur la consultation engagée concernant le futur éco-quartier Combarel.

Une poignée d’élus et techniciens de Rodez agglomération ont présenté les conclusions de cette enquête à un public clairsemé (guère plus de 30 personnes). Ce qui est un signe de relative indifférence envers une rencontre qui s’inscrit dans le cadre de la démocratie participative initiée par la mairie de Rodez depuis 2014. Il faut dire que le projet Combarel traîne en longueur depuis plus de 10 ans !

Ces derniers mois, les habitants du grand Rodez avaient été invités, via un questionnaire, à se prononcer sur différents équipements de ce futur quartier, sachant que le gros œuvre et notamment la construction des 350 logements, dont la moitié à caractère social, a été confiée à divers promoteurs immobiliers de la ville.

Au final, l’initiative laissée aux habitants s’avère extrêmement limitée puisqu’elle ne concerne que quelques menus aménagements annexes comme les espaces verts, les cheminements piétons, la place centrale et autres animations de quartiers. Les propositions faites par les habitants (un peu moins de 400 personnes) ont porté essentiellement sur l’aménagement des espaces piétons, des espaces verts, un jardin d’agrément, le développement des parkings-relais en périphérie, l’éclairage public… mais aussi le soutien à l’économie locale ou des modes de production locales, actions qui nécessitent des porteurs de projet.

Dominique Serieys, au nom des commerçants adhérents de Cassiopée n’a pû s’empêcher de rappeler une évidence : « Pour porter des projets et créer des associations de quartier, encore faut-il qu’il y ait des habitants du quartier. Hors le quartier en est actuellement au tout début de sa construction… »

De nombreuses questions sont restées sans réponses. Par contre, Mme Monique Herman-Bultel, vice-présidente de Rodez agglomération, a confirmé qu’aucun parking public souterrain ne serait finalement construit sous la place centrale, comme initialement prévue, en raison de son coût élevé. De même, si une maison de retraite sera effectivement construite par la ville, elle ne fera que remplacer l’actuelle maison de retraite de Saint Jacques gérée par l’hôpital qui sera fermée. Au final, le nombre de maisons de retraite à Rodez restera inchangé en dépit des besoins.

S’agissant du quadrilatère (bâtiments initiaux de l’hôpital Combarel comportant la chapelle), le bâtiment est protégé et ne peut faire m’objet que d’aménagements extérieurs limités. Des travaux de mises aux normes sont en cours au niveau du gros œuvre. Il devrait être finalement vendu par lots en plateaux qui seront ultérieurement aménagés par l’acquéreur lui-même. Ici aussi, contrairement au projet initial qui prévoyait l’aménagement des locaux en bureaux pour l’accueil de divers services de l’Etat : Police, agglomération, administrations financières, entreprises…, la vice-présidente de l’agglomération a confirmé qu’il n’y avait pour l’instant aucun projet de ce type. Un aveu d’échec de l’aménagement de ce quartier qui devait initialement accueillir quelques centaines d’emplois tertiaires. Aucune assurance de voir une administration ou entreprise rejoindre le quadrilatère à brève échéance.

Il a également été confirmé que cet espace ne comporterait aucun commerce en rez-de-chaussée afin de préserver le bâtiment.

Concernant les espaces de stationnement hors des immeubles de logements à construire, ils devraient être limités à quelques places, rue Combarel et le long de la nouvelle rue Boyer qui traversera l’espace Combarel. Concernant le manque de places de stationnement pour les visiteurs, aucune réponse n’a été faite si ce n’est de suggérer d’utiliser les transports publics pour se rendre dans ce nouveau quartier. Des commerces devraient également prendre place sur les deux rues. L’emplacement futur d’une possible maison de santé a également été évoqué, sans autre précision sachant qu’actuellement deux sont en projet : l’une au faubourg, dont la construction va démarrer, et très probablement une deuxième à Gourgan.

Quant au début des travaux de construction du nouveau quartier, ils devraient démarrer en début d’année 2017 pour se terminer au plus tard courant 2020.

Au final, l’actuel projet Combarel n’a plus grand-chose à voir avec le projet initial et on est en droit de s’interroger sur son avenir et son intégration entre l’esplanade des Ruthènes et le centre-ville. Nous sommes manifestement bien éloignés de l’ambitieux projet de l’équipe précédente sur ce quartier.