Rodez et Grand Rodez : après les élections qui n’auront pas changé grand-chose, retour aux réalités

22 avril 2014

On pouvait penser que les élections municipales de mars 2014 étaient de nature à changer la donne ruthénoise et que les choses allaient peut-être enfin changer dans le bon sens, après 6 années de gestion chaotique pour le moins désastreuse, tant à la mairie de Rodez qu’à la communauté d’agglomération du Grand Rodez.

Eh bien non ! Même si beaucoup de ruthénois ont manifesté une réelle volonté de changement du fait de la personnalité très contestée du maire de Rodez et de ses piètres résultats, les électeurs ont finalement boudé le scrutin comme en atteste la modeste participation. Probablement par manque d’adhésion à la seule liste qui présentait pourtant une réelle alternative au maire sortant, celle de Rodez Uni, Rodez en Grand. Le piètre résultat obtenu constitue un échec cinglant pour la droite et le centre ruthénois qui n’ont pas réussi à mobiliser leur propre électorat en dépit d’un programme et d’une équipe de qualité. Cet échec est d’autant plus insupportable que partout ailleurs en France, y compris dans des villes profondément ancrées à gauche depuis des décennies, la vague bleue nationale l’a largement emporté.

Dans ce contexte, comment ne pas comprendre l’extrême déception de beaucoup de ruthénois. La droite ruthénoise ne pourra plus longtemps se voiler la face ; le temps est pour elle venu de changer de cap et de braquet sous peine d’être marginalisée. Pour l’instant, c’est loin d’être gagné… En attendant, espérons que les ruthénois auront au moins une véritable opposition municipale qui saura se faire entendre face aux mensonges et autres manipulations du maire de Rodez.

Conséquence de cet échec, la municipalité socialiste a été reconduite jusqu’en 2020, même si c’est avec seulement 48% des suffrages exprimés et 30% des inscrits. Fort de leurs pleins pouvoirs, les élus socialistes ruthénois, dés le 1er Conseil municipal, se sont empressés de s’octroyer les indemnités maximales prévues pour la ville au profit du maire et ses 10 adjoints. Pourquoi se priver, au moment même où tant de foyers voient leur rémunération ou pension de retraite baisser et leurs impôts augmenter ? Pourquoi imiter les nombreuses municipalités qui ont décidé de baisser substantiellement leurs indemnités par esprit de solidarité et de rigueur des finances locales ? Les électeurs ruthénois apprécieront surtout lorsqu’ils recevront la prochaine augmentation de la taxe d’habitation ! Rendez-vous en 2015.

Du côté de l’agglomération du Grand Rodez, ont était en droit de s’attendre à quelques changements, notamment en raison de la défaite Fabrice Geniez, le maire socialiste d’Onet-le-Château. Compte-tenu des voix de cette dernière et d’une majorité de communes peu enchantées à l’idée de reconduire le maire de Rodez à la présidence de l’agglomération, les conditions semblaient réunies pour un possible basculement.

Finalement, il n’en sera rien. Bien au contraire, après négociation, la quasi-totalité des communes de l’agglomération, y compris les plus à droite, se sont entendues avec le maire de Rodez et ont décidé unanimement de lui apporter leur soutien. De quoi s’interroger lorsque l’on connaît le bilan désastreux de 6 années de gestion socialiste de l’agglomération du Grand Rodez (explosion des impôts locaux, de la dette et des dépenses de fonctionnement, absence de projet d’agglomération). C’est dire combien les enjeux locaux et autres promesses faites à quelques communes ont primés sur les intérêts de l’agglomération, quelque peu oubliés.

Les élus de l’agglomération ont rapidement cédé aux avances du magicien Teyssèdre. Malin comme il est, il a su s’attirer l’adhésion de l’ensemble des élus à commencer par ceux des principales communes pourtant censées se situer politiquement au centre-droit (Onet-le-Château, Luc-La Primaube, Baraqueville, Druelle, Sainte Radegonde…). Alors même qu’aucun projet n’a été soumis aux membres du Conseil d‘agglomération, et bien que le passif du mandat précédent soit très lourd, Christian Teyssèdre a été élu président de l’agglomération du Grand Rodez dés le premier tour avec pas moins de 38 voix sur 51. Sur la lancée, 15 vice-présidents ont été élus, soit le maximum autorisé par le code général des collectivités territoriales. Pourquoi se priver des indemnités de l’agglomération et tant pis pour ses finances exsangues !

Voilà des changements qui n’en sont pas et que ne permettent pas de regarder l’avenir de la cité ruthénoise avec beaucoup d’optimisme, loin s’en faut.

Une fois de plus, l’agglomération du Grand Rodez a été sacrifiée au profit des petits arrangements politiques locaux. Plutôt que de conduire un véritable projet d’agglomération ambitieux et porteur d’avenir, les élus de l’agglomération ont préféré privilégier leur commune ; confortant ainsi l’EPCI dans son rôle stérile de simple guichet intercommunal destiné à alimenter les petits projets locaux. Une dérive dramatique à l’opposé de ce que doit être aujourd’hui une communauté d’agglomération moderne, unie sur un projet d’agglomération et tournée vers l’avenir.

Au moment où le gouvernement souhaite réduire le nombre de régions et supprimer les départements, il est paradoxal que les délégués de l’agglomération privilégient la défense de leurs petits intérêts communaux aujourd’hui dépassés. Ils ne semblent pas avoir compris (au moins pour le plus grand nombre d’entre eux) qu’ils ont été élus pour défendre les intérêts de l’agglomération du Grand Rodez et non l’inverse ! Vivement la fusion des entités communales de l’agglomération au sein d’une seule et même commune : Rodez.

Une fois de plus, le manque de courage des élus, obsédés par la préservation de leur petit prés carré et leur réélection constituent un frein au développement du Grand Rodez ! Il est temps que cela change si nous voulons que notre agglomération retrouve les voies de la croissance, de l’emploi et de la confiance en son avenir et celui des générations futures.

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Restrictions budgétaires, les collectivités territoriales ont du souci à se faire !

17 avril 2014

Marchons, marchons chantent en piétinant sur place les hallebardiers à l’opéra. Economisons, économisons scandent Manuel Valls et ses ministres sans vraiment passer à l’acte.

Les politologues convoqués en grand nombre à la télévision tentent en vain de faire l’exégèse des discours du premier ministre pour répondre à la question du jour: qui va faire les frais des économies annoncées ? Les fonctionnaires ? Les salariés du privé ? La solidarité ? La santé ? Les collectivités territoriales ? Chacun y va de son estimation sans vraiment apporter de réponse certaine.

Pourtant, à y regarder de plus près un chiffre devrait faire réagir les élus locaux. La seule menace précise et chiffrée du catalogue des économies potentielles concerne les collectivités territoriales. Il ne s’agit pas de la réforme du millefeuille administratif, de la suppression des départements où du regroupement des Régions. Non! Ce serpent de mer brandi depuis trente ans par la droite autant que par la gauche, n’émergera vraiment qu’en 2021. C’est-à-dire à la fin du mandat du prochain Président de la République.

En matière d’effet d’annonce, difficile de faire mieux. En revanche, le rabot qui menace les finances des collectivités territoriales est déjà à l’œuvre depuis un an et aggravera ses effets au cours des trois prochaines années. Onze milliards d’euros! C’est la somme dont l’Etat va amputer La DGF (Dotation Globale de Fonctionnement), qui est versée chaque année aux communes, communautés, départements et Régions.

Son montant global étant d’environ cent milliards d’euro pour l’ensemble, c’est une diminution de plus de 10% de l’une des principales recettes des collectivités territoriales qui va autoritairement leur être imposée. Comment réagiront-elles ? Comment s’adapteront-elles ?

Une chose est certaine, ceux qui ont eu l’imprudence d’inclure une baisse des impôts locaux dans leurs promesses électorales ont du souci à se faire. Qu’en sera-t-il à Rodez ?

Libre expression de RodezNews


Rodez : quand la droite la plus bête du pays préfère favoriser la réélection du maire socialiste

3 avril 2014

Le deuxième tour des élections municipales en France a permis à la droite (UMP) et au centre (UDI) d’engranger un nombre record de victoires (plus de 155 villes de plus de 9 000 habitants gagnées en dépit de nombreuses triangulaires). Une victoire quelque peu inattendue pour la droite, soutenue par l’abstention et le vote protestataire de l’électorat de gauche, manifestement très déçu par M. Hollande et ses promesses non tenues.

Une rude sanction pour le parti socialiste qui ne s’y attendait pas et qui a assisté impuissant à la débandade. Ce qui n’a pas manqué d’ébranler les plus hautes autorités de l’Etat qui se sont vues obligées d’anticiper le changement de Premier ministre et de gouvernement, même si l‘on y retrouve la bonne vieille garde socialiste.

En Aveyron, comme partout ailleurs, la gauche a été lourdement sanctionnée notamment dans ses fiefs traditionnels comme à Decazeville, Onet-le-Château, Millau ou Baraqueville où des maires de droite ont été aisément élus. Pourtant, au cœur de cette vague bleu française et aveyronnaise, il subsiste une exception et de taille : la ville de Rodez.

En 2008, le socialiste Christian Teyssèdre avait profité des dissensions et autres querelles au sein de la droite et du centre ruthénois qui avaient présentés pas moins de 3 listes, pour emporter la mairie dés le 1er tour.

Après un mandat pour le moins désastreux qui a conduit la ville et l’agglomération du Grand Rodez dans la situation que l’on connait aujourd’hui (hausse des impôts, explosion de la dette, travaux dispendieux, nombreux chantiers laissés à l’état de friche, manque d’attractivité du centre-ville, problèmes de stationnement, défaut d’extension de l’université, asphyxie de la rocade et des entrées de la ville, et c…), de nombreux ruthénois pensaient que l’élection municipale pouvait être l’occasion du renouveau de la ville avec la liste conduite par la droite et le centre : Rodez Uni, Rodez en Grand avec Yves Censi.

En dépit d’un projet ambitieux et cohérent pour la ville et l’agglomération, soutenu par une équipe jeune, dynamique et largement renouvelée, au final c’est le maire sortant de Rodez qui a été réélu au deuxième tour avec 48.50% des voix. Compte-tenu du taux d’abstention élevé de 35.55%, c’est seulement 29.90% des inscrits qui ont réélu ce dernier. Une bien mauvaise élection qui en dit long sur le manque d’adhésion des ruthénois à leur maire.

Ce résultat que laissait augurer le 1er tour, peut effectivement surprendre alors que presque partout en Aveyron et en France, les électeurs ont largement apporté leurs voix aux candidats de droite et du centre. Si le score obtenu par la liste conduite par Yves Censi, qui n’a recueilli que 35.20% des voix, reste très décevant et est très loin de faire le plein des voix de droite et du centre, la 3ème liste divers gauche conduite par Bruno Bérardi a réalisé un résultat qu’elle n’osait probablement pas espérer à la veille de 1er tour. Avec 16.30%, Rodez Citoyens réalise une percée qui peut surprendre.

Si cette liste a pu réaliser ce score, c’est qu’elle a bénéficié de nombreuses voix venues de la droite et du centre. A l’inverse, la liste conduite par Yves Censi a été pénalisée par ce transfert de voix, mais aussi par le mauvais report des voix de la liste Danen et surtout, le taux d’abstention élevé, notamment dans les quartiers votants habituellement à droite où l’on a pu constater un taux d’abstention supérieur à 40% alors même que Bruno Bérardi y réalisait de bons résultats.

Manifestement, l’électorat de droite et du centre ne s’est pas mobilisé pour cette élection, preuve s’il en est, que les rancœurs et autres cicatrices des guéguerres fratricides du passé sont encore loin d’être refermées. Eh oui, à Rodez, certains préfèrent encore faire gagner l’adversaire plutôt que son propre camp. Ainsi va la droite ruthénoise qui ne cesse d’aligner les déconfitures électorales ! Une chose est maintenant acquise : la droite ruthénoise est certainement la plus bête de France. C’est le moins que l’on puisse dire alors que partout ailleurs les élus socialistes ont été boutés hors de leur mairie. Dommage pour Rodez !

Il appartient à chacun de tirer les véritables enseignements de ce nouvel échec pour qu’un tel résultat ne se reproduise pas car c’est l’avenir de Rodez et de son agglomération qui sont en jeu. Pour la droite ruthénoise, l’heure est venue de tourner la page au plus vite et de repartir à la reconquête des électeurs en créant les conditions d’une union durable. Mais le veut-elle vraiment ?

Joseph Donore