Les forces d’extrême-droite veulent utiliser les élections européennes pour déstabiliser l’UE, avec le soutien de puissances et personnalités étrangères

Les élections au Parlement européen du 26 mai sont l’occasion pour les partis d’extrême-droite européen de renforcer leur alliance, en dépit de divergences parfois importantes.

La montée d’un nationalisme forcené au cœur même des pays européens n’est pas sans rappeler les périodes les plus sombres de l’histoire récente de l’Europe. Alors que ces formations politiques souvent récentes se fondent principalement sur le nationalisme, le populisme et le rejet de toute forme d’immigration, voilà que ces partis d’extrême-droite européenne (Italie, France, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, …) ont scellé une alliance européenne au grand jour pour tenter de peser le plus possible sur ce scrutin et envoyer le plus grand nombre d’élus au Parlement. A défaut d’avoir une majorité qu’ils ne sont pas prêts d’obtenir (au pire 150 députés sur 750), ils entendent former une alliance dont l’objectif premier est de bloquer toute avancée de l’Europe.

Si l’on ne peut que regretter la lourdeur, la lenteur et la lourdeur de son fonctionnement, il faut bien reconnaître que sur de nombreux sujets parmi les plus importants, l’Union européenne, même si c’est imparfaitement, a réalisé d’importantes réformes et adopté nombre de réglementations sanitaires, sociales et individuelles qui sont venues protéger considérablement les citoyens européens. L’Union européenne et la monnaie unique ont permis le développement d’un important marché intérieur relativement protégé qui a favorisé le développement et la prospérité de nombreuses entreprises.

Sur un plan économique, l’harmonisation progressive des politiques économiques, budgétaires, fiscales et sociales a contribué à renforcer le marché intérieur et à le protéger des effets les plus néfastes de la mondialisation. Au jour d’aujourd’hui, sans l’Union européenne, la quasi-totalité des pays qui la composent, à l’exception peut-être de l’Allemagne, auraient été confrontés à de graves difficultés en raison de leur poids modeste à l’échelle mondiale. Force est de reconnaître que l’Union européenne permet aux pays qui la composent d’exister et surtout, de peser avec ses 500 millions d’habitants et le plus gros PIB mondial. C’est notamment le cas en ce qui concerne les négociations sur le commerce mondial où les négociations se font avec les Etats-Unis, mais surtout la Chine et demain l’Inde. Que pèse un pays comme la France ?

Sans l’Union européenne, nos pays se seraient trouvés un peu plus isolés et fragilisés, sauf à rentrer dans le giron des « grands » et devenir de simples croupions. L’Union européenne fait aujourd’hui partie des grands ensembles économiques qui comptent, qui peuvent se faire respecter et même imposer leurs règles comme pour le RGPD (protection des données personnelles face aux géants de l’Internet et même taxer fiscalement les grandes multinationales telles les GAFAM sur les bénéfices réalisés en Europe. De nombreux projets relatifs aux technologies de demain sont en cours et devraient permettre à l’UE d’accentuer son développement en profitant mieux de son marché intérieur.

En réalité, l’Union européenne jouît aujourd’hui d’une situation enviable au niveau mondial et reste un acteur incontournable. C’est probablement pour ces raisons que notre traditionnel allié les USA, mais aussi la Chine ou même la Russie qui pèsent sur un plan politique et militaire, font tout pour fragiliser l’UE. Depuis une petite décennie et plus assurément ces dernières années avec Trump, Xi Jinping ou Poutine, on assiste à une véritable guerre engagée contre l’Europe. Cette dernière empêche en effet les « grands » de se partager et régner sur le monde. Et cela, ils ne le supportent pas et ne manquent pas une occasion de s’attaquer à elle pour tenter de l’affaiblir.

N’en déplaise à certains, l’Union européenne fait des envieux de par le monde et devraient à l’avenir, prendre une place de plus en plus importante dès lors qu’elle aura une politique étrangère et une défense commune.

Ces dernières années, il est de notoriété publique que la Russie, les Etats-Unis et même la Chine, déploient beaucoup de moyens pour affaiblir et faire éclater l’Union européenne. Même s’ils ont pesé y compris par des moyens pas toujours légaux pour encourager le Brexit qui, de toute façon, sera demain un échec pour le Royaume-Uni, les forces anti-européennes ne renoncent pas et mettent en œuvre tous les moyens possibles pour parvenir à leur fin. La Russie de Poutine soutient ouvertement nombre de partis européens d’extrême-droite et va jusqu’à les financer pour tenter de fragiliser l’UE, à défaut de pouvoir la faire éclater, avec la complicité de médias russes.

A la veille des élections européennes, même le sulfureux homme d’affaires Steve Bannon, chargé de la campagne présidentielle de Trump et spécialiste des fake-news, qui n’a pas hésité à détourner les données Facebook pour manipuler certains électeurs (cf le scandale Cambridge Analytica) et a apporter un soutien actif aux partisans du Brexit au Royaume-Uni, est revenu en France pour soutenir ses amis européens d’extrême-droite et notamment Mme Le Pen.

Point besoin d’être un spécialiste de la vie politique pour comprendre que sous de faux prétextes, l’alliance des formations populistes et nationalistes en vue des élections européennes relève d’une manipulation  parfaitement organisée. Elle n’a d’autre but non avoué que d’affaiblir les institutions de l’Union européenne au profit de puissances étrangères.

Dans ces conditions, comment de présumés nationalistes et autres souverainistes osent-ils faire campagne contre les intérêts de leurs pays et plus généralement de l’Europe en étant en partie financés et soutenus par des pays étrangers ? Comment peut-on voter pour des formations dont le but premier n’est autre que de créer le chaos dans les pays européens afin d’en récupérer le pouvoir un jour plutôt que de défendre les intérêts des citoyens européens ?

Certes les institutions européennes ne sont pas exemptes de reproches et n’ont pas toujours été exemplaires dans leur fonctionnement. Il appartient aux Etats qui la composent de reprendre les choses en main et d’engager les réformes nécessaires pour que l’Europe se rapproche davantage de ses citoyens et soit plus à son écoute. Encore faut-il en finir avec les votes à l’unanimité pour revenir à la majorité qualifiée et cela, les nationalistes et populistes n’en veulent pas !

Les élections du 26 mai prochain n’ont de sens que si les citoyens votent le plus largement possible sur les sujets qui relèvent de l’Europe et non sur des considérations qui n’ont rien à voir ou qui visent, ni plus, ni moins à sa désagrégation. Le 26 mai doit marquer une date fondatrice pour l’Union européenne ; celle de sa renaissance.

L’Europe doit se remettre en marche pour franchir une nouvelle étape et peser dans les négociations internationales. Votons pour défendre l’Union européenne et nos propres intérêts.

 

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