France : moins d’un an après son élection, la république « irréprochable » voulue par M. Hollande apparaît aujourd’hui au grand jour

25 février 2013

Par delà les beaux discours, en ce mois de février, Mme Lebranchu, ministre de la fonction publique vient de décider, à la surprise générale et avec l’aval de M. Hollande, que l’égalité entre fonctionnaires et salariés du privé n’était pas pour demain. En supprimant le jour de carence maladie institué par le précédent gouvernement concernant les agents publics, le gouvernement socialiste n’hésite pas, une fois de plus, à faire dans le clientélisme pur et dur. Probablement en remerciement des fonctionnaires qui avaient largement voté à gauche en mai 2012 et tenter, autant que faire ce peu, de neutraliser leur humeur revendicative. Nous avons en effet un gouvernement qui gère les affaires publiques à la petite semaine ! A moins, une fois de plus, que ce ne soit pour liquider l’héritage de Nicolas Sarkozy qui semble leur objectif principal, à défaut de véritable programme. Selon la ministre, ce jour de carence pour les fonctionnaires était «inutile, inefficace et humiliant», pas moins que çà.

A y regarder de plus prés, il n’en est rien ; bien au contraire. Inutile ? La suppression coûtera 65 millions d’euros au titre des agents de l’État, probablement un peu plus pour la fonction publique hospitalière et sans doute autant pour les collectivités. Soit pas moins de 200 millions d’euros par an. Au vu de la pâle situation des finances de l’Etat, tout cela relève de la démagogie et de l’enfumage. Inefficace ? Toutes les enquêtes réalisées sur le sujet établissent clairement que la mise en place du jour de carence a été très efficace en réduisant l’absentéisme de l’ordre 7 % dans le public, et notamment les hôpitaux (14 jours dans le privé contre 21 dans le public). Humiliant ? La ministre ne se rend même pas compte qu’elle insulte par là-même les salariés du privé. Si un jour de carence est humiliant pour un fonctionnaire, que sont trois jours de carence pour un salarié du privé, et notamment le bon tiers qui y est effectivement assujetti ? Force est de constater que pour le gouvernement socialiste, les fonctionnaires déjà privilégiés en ce temps de crise et de licenciements méritent sa plus grande attention.

A moins que cette que cette suppression ne soit une carotte pour mieux faire passer une baisse prochaine des rémunérations ou mieux encore une prochaine réforme du statut de la fonction publique ? Malheureusement, vu le peu de courage de ce gouvernement à s’attaquer aux dépenses publiques et son attachement viscéral à privilégier les fonctionnaires, il y a peu de chances que cela arrive ! Voilà encore une décision malheureuse, pour ne pas dire choquante, qui vient renforcer le coût de fonctionnement du service public et donc nos déficits, tout en continuant à dresser un peu plus les salariés du privé contre les fonctionnaires. Difficile de faire pire !

Choquante et du plus mauvais effet, est également la nomination de Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes à la vice-présidence de la Banque Publique d’Investissement (BPI), aux côtés de Jean-Pierre Jouyet. Des nominations de pure complaisance, mais là n’est pas l’essentiel du problème. Par contre, passe encore de nommer à la tête de la BPI (le principal outil financier de l’État doté de 42 milliards d’euros), un ami de la famille Hollande ; mais en profiter pour caser son ex-conjoint Mme Royal comme vice-présidente, ainsi que Jean-Paul Huchon, président socialiste de la région Ile-de-France, est pour le moins choquante lorsque l’on se rappelle, qu’il y a moins d’un an encore, un certain Hollande y allait de l’affirmation : «Moi, Président, la République sera exemplaire !» Et pourtant…

Les français ne s’y sont d’ailleurs pas trompés puisque prés de 80% d’entre eux désapprouvent la nomination de Mme Royal à la vice-présidence de la BPI. Au vu de l’excellent travail effectué en toute indépendance par le prédécesseur à la tête du FSI (Fonds Stratégique d’Investissement), pourtant nommé par un certain Nicolas Sarkozy, on est en droit de douter de la capacité de la nouvelle équipe, strictement politique et sans grande expérience du monde de l’entreprise, à remplir sa mission au service des entreprises industrielles françaises. Espérons que la BPI sera au moins à la hauteur du FSI et ne sera pas un nouveau Crédit Lyonnais !

Pour mémoire, rappelons qu’il y a quelques mois, ce même Hollande, a nommé Olivier Schrameck, proche de Lionel Jospin à la tête du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) alors même que ce dernier n’a aucune connaissance des dossiers de l’audiovisuel, contrairement à son prédécesseur Michel Boyon. Une autre nomination très politique de la part de Hollande qui accusait pourtant son prédécesseur d’avoir nommé des proches dans les médias publics. Finalement, on est bien loin de la république exemplaire ! Au moins, avec Nicolas Sarkozy, les nominations même politiques concernaient toujours des professionnels reconnus dans leur domaine et non des amateurs de premier ordre, incapables de prendre par eux-mêmes les décisions qui s’imposent. A y réfléchir…

Choquante encore, la bataille médiatique entre le patron de l’entreprise américaine Titan et le ministre du redressement productif, toujours dans les mauvais coups pour détruire l’image de la France. Passe encore qu’un cow-boy ne fasse pas dans la dentelle après l’échec de longues discussions avec un certain syndicat pour la reprise du site Goodyear d’Amiens-nord. On peut tout à fait comprendre l’exaspération de ce dernier à l’égard du gouvernement français qui soutenait ce même syndicat. Mais qu’un ministre de la République descende aussi bas dans l’injure et la provocation, est purement et simplement affligeant et consternant. Après avoir pris à partie les patrons d’Arcelor-Mittal, de PSA et bien d’autres entreprises et donné une image désastreuse de la France à l’étranger, quelle crédibilité accorder à ce ministre et son gouvernement pour redresser l’économie de notre pays ? On aurait d’ailleurs aimé entendre le chef de l’Etat sur le sujet, mais il était aux abonnés absents. Espérons que les entreprises étrangères désireuses de s’installer dans notre pays ne reculeront pas devant une telle image peu flatteuse de notre pays et l’incompétence de nos gouvernants.

Que dire encore de ce déni d’austérité de la part des responsables politiques de notre pays alors que nous devons, plus que jamais, nous attacher à réduire drastiquement à nos dépenses publiques pour retrouver la croissance, plutôt que d’augmenter les impôts, comme l’ont fait avant nous l’Allemagne, puis l’Irlande, la Grèce, l’Espagne, l’Italie et même le Royaume-Uni… ?  M. Ayrault n’a de cesse de marteler : «Nous devons réduire nos déficits et soutenir la croissance». Hélas, augmenter les impôts sans réduction importante des dépenses publiques ne mène nulle part, sauf à la faillite. Sans nous attaquer énergiquement aux dépenses publiques, la France continue d’alimenter ses déficits et mine durablement sa croissance. Un piège mortel que ce gouvernement est incapable d’enrayer.

D’ailleurs, les déficits publics de la France sont à la dérive et l’objectif de limiter ceux-ci à 3% du PIB en 2013 ne sera pas atteint puisque nous devrions être à 3.7% en 2013 et même 3.9% en 2014, soit bien loin du compte. Corrélativement, après une croissance nulle en 2012, notre pays devrait se stabiliser à 0.1% en 2013 et probablement 1% en 2014, bien loin de l’objectif de 2% fixé par le gouvernement. Dans ces conditions, il ne fait aucun doute que la France est bien aujourd’hui l’enfant malade de l’Europe.

La gestion actuelle du gouvernement socialiste donne une désagréable impression d’incompétence, d’improvisation et de colmatage permanents, de politique au fil de l’eau, avec des mesures incohérentes et souvent contradictoires. Rien de très rassurant pour l’avenir de la France.

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France : entre les propos outranciers du patron de Titan, la surenchère de M. Montebourg et l’attitude du « syndicat fou » de Goodyear à Amiens-nord, c’est l’image de la France à l’étranger qui a du plomb dans l’aile

21 février 2013

Après des mois de négociations, le 11 février 2013, M. Montebourg, ministre du redressement productif avait dû se résoudre à annoncer que le groupe Titan, basé dans l’Illinois et spécialisé dans les pneus agricoles, jetait définitivement l’éponge. Ce dernier ne cachait d’ailleurs pas sa déception de n’avoir pas réussi à redonner vie à ce projet de reprise par Titan qui aurait évité le désastre social auquel ne manquera pas de conduire la fermeture du site de Goodyear à Amiens-nord.

Dans un récent courrier adressé à M. Montebourg, le patron de Titan, Maurice M. Taylor Jr déplore de n’avoir pu conclure un accord en vue de la reprise du site de l’usine Goodyear d’Amiens-nord en raison de l’attitude des syndicats. Ce dernier y dénonce la surenchère du syndicat majoritaire qui aurait voulu imposer au repreneur des conditions économiquement non viables, réduisant ainsi à néant les chances de reprise de l’établissement en difficulté.

Le patron de Titan n’y va pas avec le dos de la cuillère. Parlant de l’usine d’Amiens-nord : « J’ai visité cette usine plusieurs fois. Les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures. Je l’ai dit en face aux syndicalistes français. Ils m’ont répondu que c’était comme ça en France […]. Monsieur (parlant de Montebourg), votre lettre fait état du fait que vous voulez que Titan démarre une discussion. Vous pensez que nous sommes si stupides que ça ? Titan a l’argent et le savoir-faire pour produire des pneus. Qu’a le syndicat fou ? Il a le gouvernement français… » En conclusion : «Vous pouvez garder vos soi-disant ouvriers […] Titan n’est pas intéressé par l’usine d’Amiens-nord.»

Dans un entretien téléphonique au quotidien Les Echos, M. Taylor Jr a persiste et signe, tout en promettant à la France des jours difficiles : « Mais qu’est-ce que vous croyez ? Que vous allez pouvoir aller au restaurant, manger et boire du vin sans payer ? Et émettre une opinion sur tout en prime ? Vous allez finir comme la Grèce, c’est une question de temps […] En Allemagne, oui, ils travaillent, c’est bien mieux là-bas, ils ont la tête sur les épaules [… ] Le meilleur lieu de production en Europe, c’est l’Angleterre, eux ils font le boulot et ils n’ont pas d’imbéciles au gouvernement »

Par delà l’aspect provocateur et excessif des propos du patron de Titan, bien connu aux USA et dans l’Illinois pour ses excès de langage, il n’en reste pas moins que ces derniers traduisent une certaine exaspération face à la France qui persiste à vouloir donner des leçons aux autres. Même si la plupart des entreprises étrangères et américaines en particulier ne partagent pas du tout les propos de M. Taylor Jr, le désenchantement ne cesse de monter au sein des entreprises étrangères, notamment face à l’archaïsme de notre pays dans un monde en pleine mutation, aux difficultés du dialogue social qui conduisent souvent à des blocages, au manque de compétitivité du pays et sa bureaucratie omniprésente qui freinent lourdement son développement économique.

Dans ce contexte, on ne peut que regretter la surenchère de M. Montebourg envers le patron de Titan. Ce qui ne grandit guère la France qui donne l’impression de soutenir les syndicats les plus jusqu’au-boutistes, quitte à ruiner définitivement les chances de reprises du site par un nouveau repreneur et à précipiter ainsi sa fermeture et le licenciement de l’ensemble des salariés. Le ministre a ainsi assuré M. Taylor Jr, qui annonçait son intention de produire en Chine ou en Inde des pneus qu’il exporterait vers la France, « de pouvoir compter sur [lui] pour faire surveiller par les services compétents du gouvernement français avec un zèle redoublé les pneus d’importation.» Par de tel propos, dignes d’une république bananière, la France tombe bien bas.

Après ces propos outranciers de part et d’autre, une fois encore, pas sûr que l’image de la France en sorte intacte à l’étranger ! Reste maintenant à M. Montebourg le plus difficile à faire, à savoir, trouver enfin un repreneur pour le site de Goodyear Amiens-Nord. Pas sûr que toute cette publicité peu flatteuse pour le site d’Amiens soit de nature à lui faciliter la tâche.

Une fois de plus, le jusqu’au-boutisme de la CGT, alliée à M. Montebourg, risque de coûter très cher aux salariés de Goodyear à Amiens-nord.


France : La 4 G, nouveau terrain de bataille pour les opérateurs mobiles

13 février 2013

Fin 2012, SFR et Orange avaient dégainé leurs offres mobiles 4 G sur les villes de Lyon, Marseille et Montpellier notamment.

Début janvier, Bouygues-Télécom et Free Mobile ont également lancé leurs offres pour l’instant très limitée. Le 29 janvier SFR et Orange ont ouvert partiellement leur réseau 4 G en région parisienne ; le premier dans le quartier d’affaires de La Défense, le second dans le quartier de l’Opéra. Même si l’ouverture globale des réseaux 4G à Paris ne devrait pas intervenir avant fin 2013, dés ce premier trimestre, de nombreuses villes française devraient être couvertes dont Toulouse, Lille, Strasbourg et Nantes par les deux opérateurs.

Orange et SFR mettent en effet les bouchées doubles pour offrir au plus vite un réseau 4G le plus dense possible, ce dés, la fin de l’année 2013 afin de conserver leurs clients et de proposer des services à très haut débit de bonne qualité à des prix compétitifs en vue de contrer les offres low-cost de ces derniers mois. Ces nouvelles offres 4G visent à la fois les usages professionnels et grand-public.

Dans la ligne de mire, Free Mobile qui a lancé la guerre des prix avec son offre 3G grand-public à 20 €/mois. En effet, parti de rien, l’opérateur low-cost n’a d’autre choix que d’investir massivement pour développer son réseau 3G afin d’atteindre le niveau de couverture nationale exigé par l’autorité de régulation des télécoms. Compte-tenu de l’ampleur des investissements à réaliser et des difficultés à implanter ses émetteurs, Free Mobile va devoir faire de choix et se trouvera nécessairement en difficulté pour déployer et financer en même temps la 4G.

Dans ce contexte de vive concurrence, les opérateurs historiques ont tout intérêt à déployer leur réseau 4G pour séduire leur clientèle et les inciter à payer un peu plus cher pour des débits jusqu’à 5 fois plus importants et une qualité de surf et de téléchargement inégalée. Dans ce contexte, les clients de Free dont le réseau 3G actuel est loin d’être déployé sur l’ensemble du territoire, souffre de nombreuses défaillances, notamment dans les zones fortement urbanisées. Ce qui risque de les inciter à migrer vers un opérateur disposant d’un meilleur réseau offrant des débits conséquents.

D’où l’empressement de SFR et Orange qui disposent d’importants moyens financiers, à développer au plus vite leur réseau 4G en vue d’une couverture nationale à brève échéance pour couper l’herbe sous les pieds de Free Mobile que risque de ne pas être en mesure de suivre le rythme des investissements et des avancées technologiques.

Reste à voir quels seront les prix pratiqués par les opérateurs historiques pour la 4G. A l’heure actuelle, Orange semble s’orienter vers des offres prenium sensiblement plus chères que la 3G, de l’ordre de 5 à 10 € de supplément par mois. A l’inverse, SFR s’oriente vers des offres plus agressives en vue d’attirer les plus grand nombre de clients vers la 4G avec des forfaits à des prix identiques à ceux de la 3G, soit environ 30 € pour un forfait avec 2 Go de data. Ce qui est une consommation déjà intéressante, pouvant évoluer vers 4 Go ou 6 Go avec des prix également revus à la baisse.

La bataille de la 4G en France ne fait que commencer mais s’annonce rude. Dans le collimateur des opérateurs historiques, Free Mobile risque de se trouver asphyxié entre la nécessité de développer au plus vite son réseau 3G actuellement limité, tout en investissant également dans la 4G. Au vu de ses tarifs low-cost pratiqués et des besoins considérables en trésorerie, par sûr que la position de Free Mobile soit tenable longtemps, d’autant que l’arrivée de nouveaux clients risque de se ralentir rapidement au vue des conditions tarifaires privilégiées finalement accordées par les opérateurs concurrents.

Début 2014, la situation des télécommunications mobiles devrait avoir sensiblement évolué avec une couverture proche de 40% du territoire en 4G. Nous verrons alors quels seront les véritables gagnants et peut-être les perdants ! En attendant, les français vont pouvoir surfer sur la 4G dans les meilleures conditions techniques et tarifaires, d’autant qu’une dizaine de mobiles compatibles sont déjà disponibles sur le marché français. A ce rythme, les débits moyens de 5 à 10 Mbits proposés par l’ADSL vont bientôt devenir obsolètes.


Grand Rodez : l’avenir de l’unité de production Robert Bosch France se joue dans les prochains mois

5 février 2013

Fin 2012, la direction de Robert Bosch GmbH avait informé son unité de production d’Onet-le-Château (la plus importante en France) de l’engagement d’une étude en vue d’un possible développement visant à moderniser l’une des lignes de production « common rail » utilisant la technologie 2.16 en vue de la faire évoluer vers la 2.18 pour un investissement de l’ordre de 20 millions d’euros.

Courant janvier 2013, l’un des responsables de la division Diesel Systems mettait le doigt sur le coût sensiblement plus élevé de production de l’usine d’Onet-le-Château par rapport aux principales usines du groupe en Allemagne, notamment Hambourg et Bamberg (ville jumelée avec Rodez). Au cas particulier, selon les responsables allemands, le surcoût serait de l’ordre de 25 millions d’euros par rapport aux usines d’outre Rhin produisant le « common rail ». Autant dire qu’il s’agit là un écart important qui pénalise la production française.

Jusque là, rien de bien nouveau, puisque à l’on sait depuis plusieurs années que les coûts de productions sont sensiblement supérieurs en France qu’en Allemagne. Sauf qu’en l’espèce, le groupe Robert Bosch , exige une amélioration de la compétitivité de l’usine castonétoise, et notamment un allègement des coûts de structures relativement élevés, préalablement à la mise à niveau avec la dernière technologie « common rail 2.18 ».

Pour mémoire, en 2012, le groupe Robert Bosch GmbH a réalisé un chiffre d‘affaires global de 52 milliards d’euros  pour un résultat d’à peine un milliards d’euros, soit environ 2% du CA, bien loin de l’objectif fixé de 8%. Il emploie prés de 300 000 personnes à travers le monde. Rappelons également que le groupe n’est pas côté en bourse ; la majorité du capital (92%) étant détenu par la fondation Robert Bosch Stiftung GmbH qui ne dispose d’aucun droit de vote au sein de la société. Enfin, l’entreprise considérée comme un modèle au plan social, se montre relativement généreuse avec ses salariés :  conditions de travail parmi les meilleures du secteur automobile, des rémunérations élevées et un comité d’entreprise généreux au regard d’autres entreprises.

Ceci explique probablement, au moins en partie, la modeste rentabilité du groupe au regard des géants de l’automobile allemande qui affichent souvent un taux supérieur à 10%, mais aussi la relative fragilité de Robert Bosch GmbH qui se doit de maintenir des investissements élevés pour conserver son avantage technologique. Pour ce faire, il est vital pour sa survie de chasser en permanence, et plus encore en période de crise, les coûts de production et de structure en son sein.

Dans ce contexte, rien de surprenant que les dirigeants de Robert Bosch GmbH exigent quelques efforts de l’unité de Rodez et lui demande de se mettre à niveau par rapport aux usines allemandes du groupe. L’effort demandé à l’usine de Rodez serait de 4 millions d’euros. Selon le nouveau directeur de l’usine Olivier Pasquesoone, il n’y a pas d’autre alternative que d’envisager certaines mesures sociales pour parvenir à cet objectif. Et les responsables locaux d’affirmer que l’usine est dans une situation vulnérable et qu’il est indispensable de prendre des mesures rapidement pour réduire les coûts afin de redevenir compétitifs au regard des usines allemandes. Ce n’est qu’à ce prix que l’usine de Rodez pourra récupérer des volumes de production plus importants et ainsi maintenir l’emploi.

Face aux efforts demandés aux personnels, le directeur ruthénois de Robert Bosch France déclare : « C’est du gagnant-gagnant ! Le passage au 2.18 offre des perspectives de fabrication sur 4 à 5 ans. C’est une opportunité qu’il faut saisir. » Les salariés de l’usine ruthénoise sauront-ils saisir cette opportunité en négociant un accord « gagnant-gagnant » comme en Allemagne ?

Face à ce nouveau défi pour l’usine de Rodez, gageons que les salariés qui bénéficient d’importants avantages sociaux, sauront se montrer responsables et finiront pas accepter quelques concessions pour assurer la pérennité de leur établissement et des emplois directs et indirects qui lui sont liés. Par le passé, les salariés allemands ont acceptés quelques menus sacrifices pour préserver les emplois et permettre d’assurer le retour à la compétitivité de leurs entreprises. Aujourd’hui, ils profitent des efforts réalisés qui a permis le développement de l’emploi et des augmentations salariales. A leur tour, les syndicats français auront-ils l’intelligence d’accepter les quelques concessions  nécessaires pour préserver la compétitivité de l’outil de production et donc, à terme, l’emploi ?

L’enjeu, c’est non seulement l’avenir à long terme du site ruthénois de Robert Bosch, mais aussi et surtout l’avenir de toute la filière locale de la sous-traitance automobile, et par voie de conséquence, le devenir de l’ensemble de l’agglomération du Grand Rodez.

Dommage, une fois de plus, que les élus ne soient pas à la hauteur des enjeux. Plutôt que de monter une fois encore sur ses grands sabots et montrer du doigt la direction de l’usine en tentant de lui faire porter le chapeau, M. Teyssèdre prend le risque de faire monter la pression pour rien en ajoutant de l’huile sur le feu, plutôt que de calmer les esprits et d’aider à trouver un compromis qui assure la pérennité du site de Rodez. Il est vrai que le maire de Rodez est tout sauf un économiste reconnu et respecté.


Rodez : à partir du 1er avril 2013, HOP ! desservira l’aéroport de Rodez-Aveyron et ouvrira prochainement une liaison vers la Corse

1 février 2013

La restructuration du réseau régional d’Air-France (Brit’ Air, Régional et Airliner) a donné naissance à une nouvelle compagnie low-cost dénommée HOP !

HOP ! opérera à partir du 1 avril 2013 vers 69 destinations, dont 50 depuis la province, soit plus de 530 vols par jour en moyenne. Les prix promotionnels annoncés sont de 55 € pour un vol aller, pour environ 10% à 15% des billets, avec supplément pour les bagages. L’objectif alloué à la nouvelle compagnie est de renouer avec la rentabilité sur le segment des courts et moyens-courriers et répondre ainsi à l’offensive des compagnies low-cost en France qui réduisent peu à peu la part de marché de la compagnie nationale sur son propre territoire. A l’horizon 2015, HOP ! devrait permettre au groupe Air-France d’atteindre ses objectifs avec une réduction de 15% de ses coûts et le retour à l’équilibre.

Pour ce faire, l’effectif de la filiale régionale d’Air-France devrait se stabiliser autour de 3 500 personnes et la flotte d’avions être ramenée à 86 appareils seulement. Cette dernière, composée d’une part, de jet Bombardier et Embraer et, d’autre part, d’avions à hélices ATR de dernière génération, sera amenée à voler davantage afin de permettre des gains de productivité en exploitation.

S’agissant de la desserte de l’aéroport de Rodez-Aveyron, à partir du 1er avril, la compagnie HOP ! opérera la ligne vers Paris-Orly-Ouest à raison de 3 allers-retours par jour en semaine, à partir d’un nouvel appareil ATR 72-500 de 74 places qui remplacera l’ancien Bombardier CRJ 100 de 50 places, peu fiable et beaucoup plus couteux. En contrepartie, le trajet sera allongé d’environ 10 mn pour une durée moyenne de 1 h 30 environ.

Si le prix d’appel annoncé de 55 € l’aller (hors bagages) est compétitif, ce tarif ne concernera à priori qu’un nombre limité de places. Le prix moyen du billet aller sera probablement supérieur à 100 € et pourrait même approcher les 200 € pour les réservations de dernier moment.

Manuel Cantos, président de la CCI Aveyron et de la SAEML Air 12, la société d’exploitation de l’aéroport de Rodez-Aveyron, s’est félicité de cette nouvelle tarification. Il a toutefois rappelé qu’aucune information n’a été communiquée par la compagnie sur le nombre de places qui bénéficieront effectivement du tarif annoncé de 55 € l’aller ; souhaitant que l’écart entre ce tarif et le plus élevé soit le plus faible possible. Selon ce dernier, la ligne Rodez-Paris qui a transporté 61 000 passagers en 2012, a un potentiel d’au moins 85 000 passagers/an, ce qui laisse une belle marge de progression pour les années à venir pour peu que les tarifs annoncés par HOP ! soient au rendez-vous.

Le président de la SAEML Air 12 a également confirmé le maintien, au moins jusqu’en 2015, de la ligne Rodez-Lyon exploitée par Hex’ Air. Autre bonne nouvelle, outre les lignes exploitées par Ryanair depuis Rodez (Londres, Dublin, Porto et Bruxelles-Charleroi), à partir du 14 juin 2013 et jusqu’au 15 septembre, une nouvelle ligne Rodez-Ajaccio sera opérée par HOP ! durant les weekends. Voilà une nouvelle destination qui devrait ravir les aveyronnais et les habitants des départements voisins.

Rappelons également qu’au cours de l’été, divers vols charters seront au départ de Rodez-Aveyron, vers notamment la Croatie et les Baléares. De quoi voir l’aéroport de Rodez-Aveyron poursuivre son développement et le désenclavement de toute la région. En ces temps difficiles, personne ne s’en plaindra !