Rio 2012 : 20 ans après, un coup pour rien

28 juin 2012

C’est à Rio de Janeiro, l’ancienne capitale du Brésil, que s’est tenu fin juin 2012 un nouveau sommet de la Terre « RIO + 20 » pour célébrer le 20ème anniversaire du 1er Sommet du Développement Durable de la planète de 1992.

Vingt ans après les promesses et les espoirs suscités par le premier sommet de la Terre, nous avons assisté à un nouvel échec. Ce n’est pas l’enthousiasme et la détermination à relever le plus grand défi de l’histoire que nous avons vus, bien au contraire. Une fois de plus, la communauté internationale, y compris l’Europe et la France de François Hollande, se sont contentée du plus petit dénominateur commun. Oublié l’Organisation mondiale de l’environnement et les engagements chiffrés.

La déclaration de Rio + 20, ce n’est en définitive qu’un triste papier sans ambition signant le triomphe d’une époque : celle du consensus mou cher à certains, y compris en France. Les engagements ont été réduits au rang de promesse vague et sans aucun lendemain. Après l’échec du sommet sur le climat de Copenhague en décembre 2009, Rio +  20 sonne le glas des grands-messes internationales. Celles-ci ne sont finalement  rien d’autre qu’un théâtre couteux pour amuser les peuples. L’avenir de l’humanité est bien sombre.

La régulation internationale des crises – financière, climatique, alimentaire – demeure aux abonnés absents, tout simplement parce qu’une partie du monde refuse de remettre en cause ses pratiques et rejette toute idée de régulation au nom de la protection des libertés et de l’indépendante de chacun. Une absurdité qui risque de coûter très cher à l’humanité toute entière.

Ce Rio + 20 n’aura donc pas servi à grand-chose. Et dire qu’en France, il n’y a pas si longtemps, notamment à l’issue du sommet de Copenhague en 2009, certains élus de gauche n’hésitaient pas à critiquer l’inaction du gouvernement français ! 3 ans plus tard alors que les écologistes font partie de la coalition de gauche au pouvoir en France, alors que le sommet de Rio 2012 est un échec total, on n’a pas entendu grand monde à gauche pour s’en émouvoir et le regretter.

« Il est temps d’exploser Les Verts qui ont tué l’écologie » a déclaré récemment Gabriel Cohn-Bendit à Atlantico. Dans un entretien publié dans Libération, son frère Daniel Cohn-Bendit a lâché : « Aujourd’hui, nous incarnons souvent l’insoutenable légèreté de l’arrivisme », en forme de réquisitoire contre la direction des écologistes actuelle. Au moment où le mouvement écologiste devrait être fort pour imposer des changements importants pour faire face au défi du changement climatique, on ne peut que regretter son absence de ce grand débat notamment en France.

Plus d’infos sur le sommet de Rio de Janeiro 2012 :

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France : le couple germano-français, moteur de l’Europe, au bord de l’implosion ?

25 juin 2012

Il y a quelques jours, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a exprimé son scepticisme quant à la décision de la France de rétablir partiellement l’âge de la retraite à 60 ans au vu de l’évolution démographique actuelle. « En Europe, nous avons décidé d’adapter nos systèmes de protection sociale à l’évolution démographique. Nos pays sont tous vieillissants », a-t-il expliqué dans un entretien publié mercredi par La Stampa. « Mais la décision du président Hollande d’abaisser l’âge de la retraite ne correspond pas à cette décision. »

Wolfgang Schäuble a également estimé qu’il n’y avait aucun risque que l’Italie devienne la prochaine victime de la crise de la zone euro si elle mettait en oeuvre les réformes établies par le président du Conseil Mario Monti. « L’Espagne aussi est sur la bonne voie ; elle ne nécessite pas un programme d’aide. Elle a un problème particulier avec son secteur bancaire et je suis certain qu’elle le résoudra. »

De son côté, les formules d’Angela Merkel ont atteint leur but en Allemagne. Lorsqu’il s’agit d’asséner leurs quatre vérités aux donneurs de leçons, à commencer par la France, coupables aux yeux de la chancelière de vouloir relancer la « croissance à la pompe ». « le faux débat entre la croissance et la rigueur budgétaire, c’est n’importe quoi ! », a lancé la chancelière avec une familiarité dont elle n’est pas coutumière, preuve de son exaspération. Le mot « quatsch » qu’elle a utilisé et qui peut se traduire par «conneries» en est un signe. L’Allemagne se targue à juste titre d’être le seul pays producteur de croissance et à ce titre le pôle de stabilité en Europe. Avec un regard appuyé vers le nouveau président français, Angela Merkel n’a pas manqué de rappeler le niveau du coût du travail et les performances économiques de l’Allemagne par rapport à la France. La comparaison est cruelle pour Hollande : pour ne parler que du seul PIB de l’Allemagne, au premier trimestre 2012, avec 0,6 % il équivaut à la prévision de croissance annuelle de la France ! On peut donc comprendre que les leçons de croissance de ce dernier soient mal perçues venant de la France qui est le mauvais élève en la matière et se refuse à toute mesure de rigueur ou de réformes de structures pourtant engagées en Espagne et en Italie qui doivent être l’un des moteurs de la croissance future.

Par ailleurs, l’Allemagne estime payer très largement sa part pour sauver l’Europe du sud (la cigale de l’Europe) et ne pas pouvoir contribuer au-delà de ce qui a été fait. En échange de sa contribution, Berlin exige maintenant des garanties ; ce qui n’a rien d’anormal. Le traité de Maastricht, en échange de l’abandon de son cher deutsche mark, était sensé assurer à l’Allemagne l’indépendance de la BCE et la garantie que les États ne voleraient pas au secours les uns des autres. Une exigence bafouée à maintes reprises depuis le début de la crise, au grand dam des allemands, très attachés au respect des textes. Dans ces conditions, on comprend mieux que la vertueuse Allemagne se refuse à être réduite à un simple rôle de banquier, tant que des pays comme la France ne s’engageront pas fermement à respecter les traités européens.

Au demeurant, à moyen terme, l’Allemagne ne paraît pas totalement hostile aux eurobonds, à condition que les pays de la zone euros s’engagent rapidement vers une Europe fédérale. Une réelle avancée proposée par l’Allemagne de nature à sauver l’Europe de l’impasse actuelle. On aimerait que la France réponde positivement à cette proposition allemande qui permettrait de régler biens des problèmes à moyen terme. La première avancée pour la France serait d’ailleurs d’adopter au plus vite la fameuse règle d’or ; ce que fera le Bundestag dés le lendemain du sommet de Bruxelles, le 29 juin.

Et que dire de la réception par le Premier ministre et le chef de l’Etat français des leaders de l’opposition allemande à Angela Merkel, moins d’un mois après leur arrivée au pouvoir, alors même que la chancelière allemande Angela Merkel n’a toujours pas été officiellement reçue en France ? Des pratiques inadmissibles et peu respectueuses du protocole qui en disent long sur l’amateurisme de Hollande et de son gouvernement qui ne présage rien de bon dans les relations franco-allemandes et risquent de conduire la France à l’isolement au sein de l’Europe. Il serait temps que la France comprenne que son propre intérêt et celui de l’Europe c’est d’arriver à des compromis avec nos amis allemands qui ont tout à fait raison sur le fond.

En attendant, l’urgence pour la zone euro est de réaliser des avancée vers le fédéralisme prôné par Angela Merkel et quelques autres. La France aura-t-elle le courage de sacrifier un peu de son indépendance au profit de l’Union ? Le sommet européen de fin juin devrait être décisif.


Europe : David Cameron raille la politique fiscale de François Hollande

20 juin 2012

En prélude au sommet du G20 à Los Cabos (Mexique), devant un parterre de représentants du monde des affaires, le Premier ministre britannique David Cameron est allé droit au but.

Après avoir critiqué le projet du président français François Hollande de relever le taux d’imposition des contribuables les plus riches, il s’est dit prêt à accueillir les entreprises qui fuiraient l’impôt en France.

« Quand la France instituera un taux de 75% pour la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, nous déroulerons le tapis rouge et nous accueillerons plus d’entreprises françaises, qui paieront leurs impôts au Royaume-Uni », a déclaré lundi soir  David Cameron, qui devait sans doute songer aux patrons qui s’exileraient de France. « Cela paiera nos services publics et nos écoles », a-t-il ajouté ironiquement, après avoir rappelé qu’il avait abaissé l’imposition des très hauts revenus en Grande-Bretagne.

Alors humour britannique ou simple raillerie à l’encontre du nouveau gouvernement de gauche français ? Probablement les deux à la fois.

Par delà ces déclarations faites devant le monde économique, ces propos ont le mérite de montrer les limites de quelques mesures purement idéologiques que compte mettre en œuvre le président socialiste français. Dans un monde plus ouvert que jamais, y compris au sein de l’Europe, pour conserver son attractivité y compris au plan fiscal, il est impératif de faire converger les politiques fiscales plutôt que d’en accentuer les divergences comme s’apprêtent à le faire la France.

Cruelle coïncidence, le cabinet Ernst & Young vient juste de publier le baromètre annuel des pays les plus attractifs. Il confirme la première place, et de loin, du Royaume-Uni pour le nombre de projets d’investissements étrangers (679), devant l’Allemagne (597), tandis que la France jusqu’alors deuxième du classement, rétrograde à la 3ème place derrière l’Allemagne, avec 540 projets seulement. Preuve s’il en est que le Royaume-Uni peut se permettre, au moins sur ce point, d’ironiser sur le manque d’attractivité des mesures fiscales envisagées par la France.

Alors que le pays traverse une grave crise et qu’il ne sera probablement pas en mesure de respecter les engagements pris en matière de réduction des déficits et de retour à l’équilibre, par simple démagogie politique, le gouvernement français va-t-il se laisser aller à des mesures fiscales allant à contre-courant des réalités de 2012 et de la nécessaire compétitivité et convergence des économies européennes ? Espérons qu’il n’en sera rien et que la raison et le réalisme finiront par l’emporter sur les vieilles idéologies socialistes ! Un peu de courage et de bon sens…


Législatives Aveyron 2012 : le département échappe à la vague rose

18 juin 2012

En Aveyron, c’est la 1ère circonscription de Rodez, qui attirait l’attention. Beaucoup à gauche, du côté de la mairie de Rodez notamment, avaient spéculé sur une défaite du député sortant Yves Censi, en espérant surfer sur la vague rose attendue après l’élection de François Hollande. Finalement, il n’en a rien été, à la grande déception des élus socialistes ruthénois.

Yves Censi (UMP) l’emporte avec 50.67% des voix, soit 645 voix d’avance sur Monique Bultel-Herment (PS) qui obtient 49.33% des voix. Un résultat certes serré mais qui confirme l’ancrage à droite de la circonscription de Rodez où Nicolas Sarkozy était resté en tête au deuxième tour de la présidentielle avec 50.37%. Le score du député sortant est d’autant plus significatif qu’au niveau national la gauche a connu une sensible poussée lors de ce deuxième tour des législatives. Ce résultat est probablement le fruit de la reconnaissance du travail de terrain accompli par Yves Censi ces dernières années, au service de ses concitoyens.

S’il a réalisé un excellent score sur les cantons ruraux du nord-Aveyron avec 73.66 % des voix à Laguiole, 69.76% à Sainte Geneviève-sur-Argence, 65.43% à Mur-de-Barrez, 64.57% à Estaing, 64.26% à Saint Amans-des-Cots, 64.04% à Saint Geniez d’Olt, 61.27% à Espalion, 57.08% à Entraygues-sur-Truyère…, Yves Censi n’en doit pas moins  savourer ses résultats encourageants sur la ville de Rodez, acquise par la gauche en 2008. Alors que Nicolas Sarkozy n’y avait réalisé qu’un modeste 43.97% au deuxième tour de la présidentielle, le député sortant y progresse légèrement en pleine vague rose.

Une victoire en forme de désaveu pour les élus socialistes ruthénois qui ne profitent pas de la situation nationale favorable pour conforter leur position. Voilà qui ne devrait pas déplaire au député réélu.

Marie-Lou Marcel, députée sortante (PS) la deuxième circonscription de Villefranche-de-Rouergue qui avait échoué de peu au 1er tour, l’emporte aisément au deuxième tour avec 63.49% des voix, face au jeune Laurent Tranier (UMP) qui obtient 36.51% des voix. Malgré ce score un peu décevant, il y a fort à parier que ce dernier n’en restera pas là !

Dans le sud Aveyron, le député sortant Alain Marc (UMP) a été facilement réélu avec 53.95% des voix, contre 46.05% à la candidate Marie-Thérèse Foulquier (EELV-PS). Au final, la multiplicité de candidature au centre ne lui ont pas porté préjudice.  Alain Marc a probablement largement profité de sa bonne implantation, notamment dans les zones rurales et surtout des dissensions apparues à gauche, entre la candidate officielle EELV-PS et la dissidente socialiste Béatrice Marre, soutenue par certains élus de gauche.

Au final, le département de l’Aveyron a reconduit les sortants : deux UMP et un PS. Une exception au sein de la région Midi-Pyrénées qui ne compte désormais plus que 4 députés de droite et du centre dont 2 UMP en Aveyron (Yves Censi et Alain Marc), 1 UMP à Toulouse (Jean-Luc Moudenc) et 1 Alliance centriste à Castres (Philippe Foliot) contre 22 pour la gauche. Difficile pour la gauche d’aller plus loin même si elle espérait secrètement faire le grand chelem en Midi-Pyrénées.


Aveyron : les résultats du 1er tour des élections législatives 2012 donnent l’avantage aux députés sortants

11 juin 2012

Le 1er tour des élections législatives 2012 en Aveyron est finalement conforme à ce qui était attendu. Les sortants y réalisent des scores satisfaisants et devraient être reconduits dimanche prochain. Alors qu’au niveau national le taux d’abstention frôle les 42%, il est nettement inférieur sur le département avec 33.50% dans les 1ère et 3ème circonscription et 37.20% dans la deuxième.

Dans la 1ère circonscription de Rodez, Yves Censi, député sortant (UMP) est en ballotage avec 39.85% des suffrages, devant Monique Bultel-Herment (PS) avec 28.30% des suffrages et Stéphane Mazars (PRG) qui réalise un honorable 14.20%. Suivent ensuite Jean-Guillaume Remise (FN) 8.14% ; Guilhem Serieys (FG) 5.54% et Bruno Bérardi (EELV) 3.02 %. A gauche, les dissensions entre les candidats de la gauche et adjoints à la mairie de Rodez durant la campagne risquent de coûter cher à Monique Bultel-Herment qui ne paraît pas en mesure de rassembler l’ensemble des voix de gauche sur son nom, notamment celles d’EELV et du PRG. D’ailleurs, sur la ville de Rodez, où François Hollande avait réalisé 54% des voix il y a un mois, la candidate PS ne réalise que 30.30% des voix alors qu’Yves Censi atteint les 33%.

Bien que disposant de peu de réserves de voix sur le papier, Yves Censi semble cependant en position de l’emporter au deuxième tour en rassemblant largement les voix de la droite et du centre, dont certaines en provenance de Stéphane Mazars qui avait attiré au 1er tour nombre de voix centristes qui ne se reporteront pas sur la candidate PS. N’en déplaise à M. Teyssèdre le maire de Rodez, la victoire est à la portée d’Yves Censi, l’un des parlementaires parmi les plus actifs de l’Assemblée nationale.

La situation est relativement claire dans la 2ème circonscription de Villefranche-de-Rouergue. Sans surprise, la députée sortante, Marie-Lou Marcel (PS) est arrivée largement en tête dans la circonscription la plus à gauche du département avec 49.64% des voix. Elle devance Laurent Tranier (UMP) qui réalise 27.46% des voix et Philippe Bramm (FN). Les autres candidats ne dépassant pas les 5%. Le deuxième tour ne sera qu’une formalité pour la gauche.

Avant ce 1er tour, la situation dans la 3ème circonscription de Millau était extrêmement compliquée en raison de la multiplicité des candidatures à droite, face au député sortant Alain Marc (UMP) et à gauche, où l’état-major parisien du PS avait décidé de donner son investiture à un candidat EELV, face à l’opposition des élus PS du sud-Aveyron. Finalement, à l’issue de ce 1er tour de scrutin, Alain Marc sort largement renforcé avec 38.20% des voix, devançant le candidat officiel (PS-EELV) Marie-Thérèse Foulquier qui n’obtient que 21.75% des voix, devançant la candidate dissidente du PS, Béatrice Marre qui obtient un score de 15.50%. Les autres candidats se répartissent comme suite : Marie-Claude Fayard (FN) 8.50% ; Jean-Luc Pouget (FG-PCF) 5.75% ; Philippe Ramondenc (SE) 4.87% et Norbert Castelltort (PRV) 2.83%.

Compte-tenu des rancœurs à gauche à l’issue du 1er tour dans le sud Aveyron, c’est un véritable boulevard qui s’ouvre pour le député sortant Alain Marc qui devrait l’emporter très largement dimanche prochain.


France : à l’approche des élections législatives, Hollande impose par décret le rétablissement partiel de la retraite à 60 ans

7 juin 2012

Comme promis durant la campagne, le dernier Conseil des ministres du gouvernement socialiste a tranché : la retraite à 60 ans sera rétablie à partir du 1er novembre 2012. La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a présenté les contours d’un décret qui autorisera un départ à la retraite dés 60 ans pour celles et ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans et auront cotisé au moins 41 ou 41.5 années selon leur âge.

Cette décision devrait concerner environ 110 000 personnes, salariés du public comme du privé, et ce dès 2013 pour un coût estimé à 3 milliards d’euros en année pleine. Cette mesure  sera financée exclusivement par l’augmentation des cotisations de retraite des salariés et des employeurs à part égale, soit une augmentation de l’ordre de 0.1 point de cotisation. Au final, compte tenu de l’alourdissement du coût du travail, le montant global de la facture pourrait, à terme, atteindre les 4 à 5 milliards d’euros par an.

Désormais, deux trimestres de chômage pourront être pris en compte dans le calcul des durées de cotisation permettant d’accéder au dispositif « carrière longue » ; ce qui devrait d’améliorer la situation des chômeurs de longue durée. Pour les mères de famille, celles-ci pourront valider deux trimestres de congés maternité qui viendront s’ajouter aux quatre trimestres pouvant déjà être validés au titre des arrêts maladie et/ou des arrêts maternité et/ou des arrêts pour accidents du travail dont peuvent déjà bénéficier tous les assurés….

Enfin, les chômeurs de longue durée proches des 60 ans pourront partir en retraite sans être pénalisés par l’arrêt de versement d’une indemnisation chômage à un âge où ils ont très peu de chance de retrouver un emploi. Le décret qui doit encore être examiné par le Conseil d’État, sera publié au Journal officiel au début de l’été.

Cette mesure sur les retraites est la plus onéreuse prise jusqu’ici par le nouvel exécutif du président Hollande, un mois après son entrée en fonction. Pas sûr qu’en ces temps de nécessaire réduction des dépenses publiques, une mesure aussi dispendieuse soit de bon augure. La France se montre ainsi peu rigoureuse et exemplaire au moment où l’on attend d’elle une stricte discipline budgétaire. Une mesure d’abord électoraliste, prise à la veille des élections législatives, qui s’avère pour le moins risquée alors les marchés ont placé la France sous surveillance.

N’y avait-il pas de mesures plus urgentes et importantes à prendre pour sortir le pays de la crise actuelle ? Probablement, mais elles n’auraient pas eu le même impact électoral ! Espérons qu’après les élections, le nouveau gouvernement sorti des urnes aura le courage de s’attaquer à la maîtrise des dépenses publiques. Il y va de l’avenir de la France et probablement de toute l’Europe.


France : aveuglé par les échéances électorales, le gouvernement Ayrault refuse de voir l’ampleur de la crise et les mesures de rigueur à prendre. Jusqu’à quand ?

4 juin 2012

A l’approche d’échéances électorales majeures, la gauche jouerait-elle au poker menteur ? C’est la question qu’on est en droit de se poser au regard d’un certain nombre de déclarations.

Voici quelques semaines, Jérôme Cahuzac, le ministre délégué au Budget avait estimé que « des mesures supplémentaires »  seraient très certainement nécessaires pour rééquilibrer les comptes publics. Pas plus tard que la semaine dernière, le nouveau président lors de sa première intervention télévisée, n’avait pas publiquement reconnu qu’il faudrait faire de nouvelles économies, sans en préciser la nature et l’importance.

Voici une semaine, c’était au tour de la Commission européenne de s’alarmer de la situation des finances publiques françaises. Si l’objectif de réduction des déficits publics à 4.4 % du PIB en 2012 paraît devoir être  atteint, tel ne serait pas le cas pour l’année 2013 où le déficit devrait rester à un peu plus de 4% du PIB contre un objectif de 3%. Bruxelles estime que la réduction du déficit public reste un des principaux défis à relever par la France et qu’il va falloir réagir très rapidement et réaliser de nouveaux efforts si le pays veut respecter son objectif pour 2013. Dans son dernier rapport, la commission européenne pointe également la faiblesse de la croissance de la France : 0,5% en 2012 et probablement pas plus de 1.5% en 2013. Voilà qui ne va guère dans le bon sens pour le nouveau gouvernement français.

Le rapport de la Cour des comptes et l’inspection générale des finances ne font d’ailleurs que dire la même chose. La Cour des comptes a notamment identifié « quatre problèmes qui sont au cœur des promesses de François Hollande : les dépenses de personnel, les niches fiscales, les aides sociales à l’emploi ou au logement ainsi que le financement d’opérateurs de l’Etat » (Météo France, CNRS, Pôle emploi…).

Avec un taux de prélèvements obligatoires à 42,5 % du PIB, soit environ 7 points de plus que la moyenne européenne, la France était en 2010 le quatrième pays le plus taxé de l’Union européenne, selon des données publiées récemment par Eurostats. Elle arrive au deuxième rang pour la taxation du travail (41% en France contre 33,4% dans l’UE).  Malheureusement, ces taux risquent fort d’augmenter dans les prochains mois compte tenu des augmentations d’impôts prévues par François Hollande, à commencer par la seule mesure déjà annoncée pour le financement du retour partiel à la retraite à 60 ans. Dans ce contexte, pas sûr que les augmentations d’impôts prévues par le gouvernement pour retrouver l’équilibre budgétaire suffisent. Loin s’en faut, alors que les marges de manœuvres budgétaires restent très limitées.

Dans ce contexte, on voit mal comment le gouvernement socialiste pourrait respecter ses engagements de réduction des déficits publics avec un retour à l’équilibre dés 2016 pourrait être tenu sans une politique de rigueur exemplaire et une réduction massive des dépenses publiques, y compris au plan social.

Malgré cela, alors même que l’Europe semble s’enfoncer chaque jour davantage dans la crise, le ton semble changer sensiblement à entendre certains membres du gouvernement. Serait-ce l’approche du 1er tour des élections législatives ? Ainsi, lundi 04 juin à Bruxelles, Pierre Moscovici, le ministre français des Finances, a assuré que la France parviendra à ramener son déficit public à 3% du PIB en 2013, le tout « sans mesure d’austérité », s’il vous plaît. Après tout, plus c’est gros, plus çà passe !

Une chose est sûre, passé le second tour des élections, la gauche française n’aura pas d’autre alternative que de s’engager à son tour dans une politique de réduction des dépenses publiques, à moins d’ignorer les nombreux signaux d’alarmes et de plonger la France, l’Europe et le monde dans l’une des plus graves crises de son histoire. Les discussions s’annoncent très chaudes entre les diverses composantes du parti socialiste et les partis les plus à gauche. La rentrée risque donc d’être animée pour François Hollande, surtout si sa majorité est faible et qu’il doit, par la force des choses, recourir à une alliance avec ses alliés les plus virulents et démagogiques. Pas sûr que la France en sorte gagnante !