France : les licences 4G pour la bande des 800 Mhz attribuées

23 décembre 2011

Jeudi 22 décembre, l’Arcep a publié le résultat des enchères pour les fréquences 4G de la bande des 800 Mhz. Les opérateurs SFR, Orange et Bouygues-Télécom remportent chacun des fréquences tandis que Free Mobile recalé, obtient un accord d’itinérance chez SFR.

Cette enchère des 800 Mhz, la plus importante, était très attendue en raison de la valeur de ses fréquences. Elle faisait suite à celle organisée en septembre dernier pour la bande 2,6 GHz, réservée aux zones denses et urbaines qui avait vu les 4 opérateurs  se répartir les licences pour des sommes bien plus modestes.

Après avoir validé les dossiers présentés, l’Arcep a annoncé les résultats de l’attribution des licences 4G pour la bande des 800 Mhz en France.

  • Bloc A : Bouygues Telecom, pour 683 millions d’euros
  • Bloc B et C : SFR, pour 1,07 milliard d’euros
  • Bloc D : Orange, pour 891 millions d’euros €

Comme prévu, c’est SFR qui s’offre la part du lion et emporte deux blocs de fréquences. L’opérateur avait économisé lors du premier tour en vue de l’acquisition des fréquences de la bande 2,6 GHz.

Au final, avec les 936 millions d’euros obtenus pour la bande 2,6 GHz en septembre et les 2,64 milliards d’euros générés par la bande 800 MHz, le gouvernement va récupérer 3.6 milliards d’euros, une somme bien supérieure à l’estimation de 2,5 milliards d’euros attendue. Voilà de quoi conforter grandement les finances de l’Etat. « Le résultat de l’appel d’offres va au-delà de nos espérances. C’est un succès intégral puisque nous atteignons un milliard d’euros de recettes supplémentaires par rapport aux 2,5 milliards initialement prévus » pour l’ensemble des licences, a déclaré le ministre.

Les trois opérateurs obtiennent une bande passante de 10 MHz duplex. Ils ont tous pris l’engagement d’accueillir les MVNO et de couvrir 99.60% de la population en 4G, avec un minimum d’au moins 95% dans chaque département et le suivi d’un calendrier précis pour les zones les moins denses du territoire.

Free Mobile n’a donc pas obtenu de bloc de fréquence en propre dans la bande des 800Mhz en raison d’une enchère insuffisante.  » La société Free Fréquences, candidate recevable et qualifiée, n’a pas été retenue à l’issue de la phase de sélection pour l’attribution d’une autorisation, compte tenu des offres des autres candidats « , explique l’Arcep, indiquant que le quatrième opérateur ne s’est pas aligné sur ses concurrents.

Pour autant, rien n’est perdu pour Free Mobile qui dispose déjà de fréquences dans la bande 2,6 GHz. L’opérateur pourra bénéficier d’un accord automatique d’itinérance en bande 800 MHz  » pour la couverture d’une zone de déploiement prioritaire, constituée des zones les moins denses du territoire.  » Free Mobile pourra activer cet accord d’itinérance auprès de son concurrent SFR qui a récupéré deux blocs de fréquences. Cette disposition pourra entrer en vigueur dès que Free aura atteint une couverture de 25% de la population via son propre réseau 4G dans la bande 2,6 GHz.

L’Arcep délivrera les licences d’attribution aux trois opérateurs sélectionnés SFR, Orange et Bouygues Télécom en janvier 2012. Les premières offres commerciales 4G devraient apparaître vraisemblablement courant 2013 dans les zones urbaines.


France : les vrais raisons de la probable remise en cause de la note AAA

19 décembre 2011

En assortissant ces derniers jours la note AAA de la France, ainsi que celle d’autres pays de la zone euro d’une perspective négative, les principales agences de notation avec en tête Standard and Poors, ont enclenché le processus conduisant à la remise en cause de la note maximale. Si la France figure en bonne place parmi les futurs pays qui risquent de se voir dégradés, les autres AAA de la zone euro, à commencer par l’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas (les bons élèves de la zone euro) risquent de subir le même sort.

Dans ce contexte, il est vain de vouloir accuser les agences de notation d’impartialité au regard de la situation du Royaume-Uni dont la note AAA ne devrait pas être dégradée dans l’immédiat au moins. Les propos tenus récemment par le président de la banque de France et le premier Ministre François Fillon, cachent le désarroi du pays face à une décision inéluctable.

N’oublions pas que si la dette du Royaume-Uni est aujourd’hui supérieure à celle de la France (86% du PIB contre 81%), ce ne saurait être le seul critère pour juger une notation. Tout d’abord, nos amis britanniques ne font pas parti de la zone euro et ne sont donc pas liés par le traité de Maastricht ; ils battent par ailleurs leur propre monnaie, la livre sterling, qu’ils peuvent à tout moment dévaluer. Enfin, et c’est probablement le plus important et ce qui manque au plan de rigueur français : il porte sur prés de 80 milliards d’euros, contre 8 pour la France, et sur une réduction massive des dépenses publiques, y compris au niveau social, de la santé et de l’enseignement. Nous sommes en France bien loin de cette politique de rigueur extrême, échéances électorales oblige. C’est la principale raison pour laquelle le Royaume-Uni devrait pourvoir conserver son AAA, pour l’instant au moins.

Le sort de la France est directement lié à celui de la zone euro. Le seul moyen de redonner confiance dans la zone euro est de voir dans l’ensemble des pays, converger les politiques économiques, sociales et budgétaires au plus vite, y compris du sud de l’Europe. Pour cela, une politique de rigueur budgétaire visant à réduire massivement les dépenses publiques est le préalable. Elle seule peut permettre de retrouver la croissance et l’emploi. Il est vrai que tout cela reste contradictoire et qu’il convient de trouver le bon dosage entre réduction des dépenses et l’augmentation des impôts.

Contrairement à d’autres pays, tels la Grèce, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal, l’Italie ou le Royaume-Uni, une fois de plus, la France a choisi la facilité en limitant au strict minimum les réductions de dépenses au profit des augmentation d’impôts et de taxes. Tout cela pour tenter de ne pas trop freiner la croissance et de protéger la majorité des français des effets de la crise. Pas sûr que ce soit le bon choix.

C’est probablement, pour partie, en raison du manque de volonté du gouvernement français à s’attaquer largement et durablement aux dépenses publiques, que la France est aujourd’hui en passe de perdre son AAA. L’autre raison est que la France appartient à la zone euro dont les politiques budgétaires divergent et manquent singulièrement de rigueur du fait de l’absence de sanctions automatiques. Ce que devrait prévoir le futur traité. Tous les pays de la zone euro étant dans le même bateau, tous paient aujourd’hui pour le manque de rigueur des pays du sud.

Un dernier facteur ne plaide pas pour le maintien du AAA à la France : le contexte politique français où le candidat de l’opposition ne semble pas, loin s’en faut, être déterminé à poursuivre une politique de rigueur budgétaire pour les années à venir et demande même une renégociation du nouveau traité envisagé le 8 décembre dernier par les 26 membres, pour sauver la zone euro. Comme aux USA, il y a 6 mois, en raison des profondes divergences entre démocrates et républicains, la situation politique française est tendue en raison des divergences profondes entre le gouvernement français et le parti socialiste sur les mesures à prendre pour sortir de la présente crise.

La récente déclaration de François Hollande, candidat socialiste à propos de ce qu’il appelle « le triple échec » de Nicolas Sarkozy, ne contribue pas à rassurer les marchés sur la volonté de ce dernier à s’attaquer aux dépenses publiques. Ce dernier oubli un fait essentiel : la France et la zone euro traversent l’une des plus graves crises financières de leur histoire, totalement étrangère au président français qui ne fait que la subir, pour l’instant, plutôt bien que mal. Mais pas sûr que cela dure car la pression politique de l’élection présidentielle pèse de plus en plus sur les décisions. Si la dette française est aujourd’hui à plus de 80% du PIB, c’est le fruit de 30 années de mauvaise gestion par les gouvernements successifs, y compris socialistes. Alors, un peu de modestie dans les critiques !

Quand à la croissance et à l’emploi, ils ne sont hélas que la principale résultante de la présente crise. La France limite les dégâts au plan social par rapport à de nombreux pays européens, mais pour combien de temps ? Que M. Hollande ne se trompe pas, c’est par un effort de réduction des dépenses publiques sans précédent, dans le respect des engagements européens de la France, que notre pays pourra retrouver les chemins de la croissance et de l’emploi et non par quelques incantations électoralistes. A quelques mois de la présidentielle, les propos de François Hollande ne sont rien d’autre que de la poudre de PerlinPinpin qui ne trompe personne.

Si dégradation de la note AAA de la France il y a, ce ne sera que le prix à payer pour 30 années de laisser-aller et de non maitrise des dépenses publiques et non la faute aux agences de notations qui auraient d’ailleurs du tirer le signal d’alarme bien plus tôt. Les français l’ont bien compris, le moment est venu où il va falloir régler l’addition, élection présidentielle ou pas. Espérons que l’on commencera par faire payer ceux qui en ont les moyens et qui ont largement profité de la situation économique de ces dernières années !


Europe : le nouveau traité européen de Bruxelles consacre l’existence de deux Europe

12 décembre 2011

La grave crise que traverse la zone euro n’en finit pas face à l’incapacité des 27 Etats membres de l’Union européenne à s’entendre. Le dernier sommet de Bruxelles des 8 et 9 décembre 2011 semble cependant avoir franchi un pas décisif dans la résolution de la crise. Après de nombreuses rencontres en tête à tête entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, le couple franco-allemand a permis à l’Union de faire un grand pas. Pour autant, cet accord est loin d’être parfait et soulève nombre d’interrogations. Réussira-t-il à régler durablement la crise de l’euro ?

A l’exception du Royaume-Uni, à qui les membre de l’Union ont refusé les demandes formulées par le premier ministre David Cameron visant à préserver les petits avantages accordés aux établissements financiers de la City, les Etats membres ont décidé à la majorité de 26 sur 27, de proposer un projet de réforme des traités européens en vue notamment de renforcer la discipline budgétaire des Etats qui seront soumis à des sanctions en cas de non respect des critères définis.

Dans un entretien au quotidien le Monde, le président de la République Nicolas Sarkozy a précisé la teneur de cet accord et les conséquences pour l’Europe.

Pour le chef de l’Etat, il est clair que « si les économies de la zone ne convergent pas, elles ne peuvent pas conserver durablement la même monnaie ». Tout le monde est d’accord sur ce point. C’est l’avenir et la pérennité de la zone euro qui étaient en jeu lors de ce sommet mais pas uniquement. « L‘euro est le cœur de l’Europe. S’il explose, l’Europe n’y résistera pas ». Ce sommet aura malgré tout marqué « une étape décisive vers l’intégration européenne » et d’affirmer qu’ « une autre Europe qui est en train de naître : celle de la zone euro, où les maîtres mots seront la convergence des économies, des règles budgétaires, de la fiscalité ». On veut y croire.

Selon lui, ce sommet a du faire face à une crise sans précédent de la zone euro en raison même des insuffisances qui ont marqué la mise en place de la monnaie unique : « rien n’avait été prévu quant à la convergence des politiques économiques des pays membres de l’euro. Ensuite, certains pays ont été accueillis au sein de la zone alors qu’ils n’y étaient pas préparés », a rappelé le président de la République. Le sommet de Bruxelles permettra un véritable progrès démocratique, puisque « la responsabilité de la gouvernance reviendra désormais aux chefs d’Etat et de gouvernement ».

Le président de la République affirme que cet accord n’est pas un transfert de souveraineté et devrait permettre « un exercice partagé de la souveraineté par des gouvernements démocratiquement élus ». Un tel accord était le meilleur moyen pour notre pays de conforter « sa souveraineté et son indépendance en l’exerçant avec ses amis, ses alliés, ses partenaires ».

Nicolas Sarkozy est revenu sur ses relations avec Angela Merkel et l’importance de l’axe franco-allemand : « A ceux qui se plaignent et me reprochent l’axe franco-allemand, je demande ce qu’ils proposent comme stratégie alternative ». Pour ce qui est des accusations de capitulation de la France devant les exigences allemandes, il déclare : « Je me sens français au plus profond de moi-même, mais mon amour de la France ne m’a jamais conduit à accuser nos voisins, nos alliés, nos amis. Et ceux qui cherchent à nourrir la germanophobie se déconsidèrent », assène-t-il avec force, en faisant référence aux déclarations de certains membres du Parti socialiste.

Globalement, à l’exception de la presse britannique, la presse européenne s’est largement réjouie de l’accord qui a conclu le sommet européen du 9 décembre, estimant que le nouveau traité devrait permettre à l’Union européenne de sortir de la crise actuelle et de se trouver ainsi renforcée.

Cette unanimité politique à droite et à gauche, au sein de l’Union européenne, tranche singulièrement avec la décision de François Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle, qui a déclaré ce lundi 12 décembre que ce traité serait renégocié s’il était élu à la présidence de la République. Voilà une position pour le moins légère et irresponsable alors que 26 Etats sur 27, dont la France, ont validé la mise en place d’un nouveau traité pour mettre fin à la crise de l’euro. Quand on sait que M. Hollande s’est avéré incapable de s’imposer face à EELV et Eva Joly, on ne peut que sourire à l’idée saugrenue qu’il pourrait être en capacité de renégocier un traité européen signé par 26 membres.

Soit M. Hollande n’a pas compris la force et la portée d’un tel accord (s’il est élu il n’aura d’autre choix que de respecter le choix des autres Etat membres et les engagements de la France), soit il prend les électeurs pour ce qu’ils ne sont pas ! Si par hasard il devrait être élu, les français doivent savoir qu’il ne pourra que respecter le traité de Bruxelles et adopter la « règle d’or » qu’il refuse de signer pour des raisons strictement électoralistes. En d’autres termes, que cela lui plaise ou non, Hollande devra se résoudre à une politique de rigueur absolue durant de longues années ! Est-il prêt à affronter cette dure réalité et à en convaincre ses électeurs ?


France : Nicolas Sarkozy adopte la rigueur à l’allemande pour sauver l’euro et la France de la faillite (2)

7 décembre 2011

On peut être en désaccord avec Nicolas Sarkozy sur de nombreux points mais il y a des réalités que l’on ne peut occulter, y compris au sein de la gauche française.  La communauté internationale reconnaît volontiers  le rôle tenu le président français dans la résolution de la crise financière de 2008. Indiscutablement, par son activisme et sa vision sur la crise d’alors, il a été l’artisan du sauvetage du système bancaire international et contribué à sauver le monde d’une crise systémique majeure. S’il y a des procès et reproches à lui faire (c’est vrai qu’ils ne manquent pas), ce n’est certainement pas sur ce point.

Sarkozy reste probablement l’un des responsables politiques les mieux à même d’affronter les crises internationales. C’est peut-être ce qui gène le parti socialiste et qui lui vaut les récentes attaques politiciennes. Au demeurant, ce type de polémique est pour le moins stérile alors que notre pays traverse l’une des plus graves crises de son histoire.

Les français s’interrogent beaucoup sur ces polémiques et la violence des propos des principaux responsables socialistes à l’encontre du chef de l’Etat alors même qu’ils n’ont aucune proposition crédible à formuler. Avec Angela Merkel, sera-t-il à la hauteur ces 8 et 9 décembre, à l’occasion d’un Conseil européen décisif pour l’avenir de l’euro et de l’Europe ? Difficile à dire tellement sa marge de manoeuvre est extrêmement étroite du fait des divergences importantes avec certains pays. Manifestement, en dépit de la promesse d’un nouveau traité, l’Europe fédérale n’est pas pour demain. Ce qui empêche un règlement rapide et durable de la crise de la dette dans la zone euro.

La vérité, il faut bien l’avouer, c’est que Sarkozy n’est en rien responsable de la crise de l’euro, exclusivement liée à la dette excessive des Etats. Pourquoi vouloir lui faire porter le chapeau si ce n’est pour des raisons purement politiciennes et électoralistes ?

Comment peut-on sérieusement contester le travail obstiné effectué par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel pour sauver la zone euro et mettre en place les outils de rigueur indispensables en vue de lutter contre la crise de la dette qui menace de faillite l’ensemble des pays de la zone euro ?

Les socialistes français, dont l’ambition semble se résumer à battre Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012 par tous moyens, sont-ils prêts à conduire le pays au chaos de peur que ce dernier ne profite de la crise pour s’imposer ? Pourquoi laisser penser que Sarkozy pourrait être responsable des lacunes qui ont accompagnées la mise en place de l’euro et passer sous silence la responsabilité des socialistes qui ont activement soutenu le traité de Maastricht sans prévoir les mécanismes de sanctions en cas de non respect des critères de convergence pour protéger l’euro ?

Pourquoi ignorer la grande responsabilité (irresponsabilité) des gouvernements qui se sont succédés depuis 30 ans, de droite comme de gauche, qui ont laissé filer la dette y compris en période de croissance en allant même jusqu’à distribuer une cagnotte pour certains ? Pourquoi tromper les français en laissant penser qu’il existerait d’autres alternatives que la rigueur et à la réduction des déficits pour maîtriser la dette, voire que la dette n’est pas un problème ?

Pourquoi les socialistes français, contrairement à leurs amis européens, s’opposent-ils à la signature de la « règle d’or » comme la plupart des pays de la zone euro ? N’ont-ils pas le courage de dire la vérité aux français ? Pourquoi laisser croire un seul instant que la France, qui fait partie de la zone euro et a signé le traité de Maastricht, pourrait continuer dans la voie de la dépense et de la dette sans ce soucier de ses alliés au sein de l’euro ?

Pourquoi sous-entendre que nos amis allemands et leur chancelière Angela Merkel seraient responsables de tous nos maux et voudraient nous imposer leur loi ? Pourquoi ne pas avouer que le seul moyen de sortir durablement de la crise de la dette actuelle, c’est de suivre la voie de la rigueur budgétaire et de la réforme de l’Etat suivie par l’Allemagne depuis 10 ans ?

S’ils veulent gagner la présidentielle, les socialistes français et François Hollande devront commencer par se mettre d’accord et revoir totalement leur programme aujourd’hui totalement obsolète. La zone euro ne retrouvera sa crédibilité que par  une politique de réduction des déficits publics et de désendettement. La France n’y échappera pas. Il faudra pour cela instaurer des règles de contrôle dans tous les pays et s’y conformer scrupuleusement pour garantir notre dette future.

Il y va de l’intérêt et de la survie de l’ensemble de la zone euro. Espérons que les socialistes français ne cèdent pas une nouvelle fois aux sirènes électoralistes et reviennent à la raison en s’inspirant de leurs amis sociaux-démocrates européens. Cela passe par une profonde révolution interne au PS. En sont-ils capables d’ici la présidentielle ?

En attendant, l’avenir de la zone euro et de la France se joue en cette fin de semaine à Bruxelles.


France : Nicolas Sarkozy adopte la rigueur à l’allemande pour sauver l’euro et la France de la faillite (1)

5 décembre 2011

Après le célèbre discours de Nicolas Sarkozy à Toulon en septembre 2008 ; il y a eu celui de Toulon le 1 décembre 2011 prononcé dans le contexte de crise que l’on connait.

Par delà les symboles que chacun veut y voir, il ne fait aucun doute que pour le président de la République, le discours de 2011 se veut celui de la refondation de la zone euro et d’un nouveau départ pour la France. Le ton était sobre, grave et empreint de pédagogie pour mieux convaincre de l’urgence des décisions.

Ce discours de Nicolas Sarkozy, à cinq mois de la présidentielle, constitue néanmoins un véritable discours de campagne et un coup de semonce à l’encontre de François Hollande, candidat socialiste, qui se trouve ainsi dans l’obligation de préciser sa position face à l’ampleur et à la gravité de la crise. C’est probablement là le véritable défi que devra surmonter le candidat socialiste, embarqué dans des engagements et un programme pour le moins inadaptés à la situation d’aujourd’hui.

Dans son discours, le président de la République appelle les français à l’effort face à la crise de la dette au sein de la zone euro. Il assume un discours de vérité et demande la mobilisation de tous. Il affirme que la France entre  « dans un cycle de désendettement qui ramènera le balancier de l’économie vers le travail et la production ». La seule et unique voie pour sortir de l’impasse actuelle et de rassurer les marchés, c’est de s’inspirer de la méthode allemande : travail, effort, maitrise des dépenses, dialogue social…

La France se bat sans relâche et avec « courage dans la tempête pour éviter le déclin et conjurer la peur. La révolution liée à la mondialisation a commencé. Rien ne sera plus comme avant… ». Il a rappelé qu’il n’y avait pour la France aucune autre alternative que de rester au sein de la zone euro et de s’attaquer sérieusement à la réduction de la dette. La sortie de l’euro conduirait irrémédiablement la France au chaos en doublant ipso-facto sa dette qu’il faudrait rembourser dans une monnaie très fortement dévaluée. D’où sa conviction que la seule solution responsable est de s’accrocher à l’Allemagne et de s’inspirer de sa rigueur pour renforcer l’euro. « La France et l’Allemagne unies, c’est l’Europe toute entière qui est unie et forte. »

Au cœur d’une crise sans précédent en Europe depuis la grande guerre, le chef de l’Etat se devait d’expliquer la situation, les enjeux et les risques qui sont ceux des français et des européens aujourd’hui. C’est son rôle d’indiquer publiquement la voie à suivre pour sortir au mieux et durablement de celle-ci et éviter la faillite qui ne manquerait pas de rejaillir brutalement sur l’ensemble des français, à commencer par les plus fragiles et modestes.

S’agissant d’une crise propre aux pays de la zone euro, Nicolas Sarkozy a tout à fait raison d’affirmer que la solution ne peut qu’être européenne et coordonnée avec les pays membres, à commencer par l’Allemagne. Quelque part, cela veut aussi dire que la France n’est pas seule maitre du jeu, d’autant plus qu’elle n’a pas été exemplaire dans la gestion de sa dette publique ces dernières décennies. C’est la raison pour laquelle, dans un premier temps, le président français se contente de fixer un cap pour les années à venir. Il était de sa responsabilité que de préparer les français à une politique de rigueur sans précédent qui nous obligera nous réformer comme jamais nous ne l’avons fait par le passé. Là est d’ailleurs le problème d’aujourd’hui.

A cet égard, il n’y a rien de choquant que la France se rallie finalement à la politique allemande,même si au final, elle aura aussi cédé sur de nombreux points à la France. Le pays qui a le mieux résisté à la dette, c’est bien l’Allemagne. Aujourd’hui, la seule porte de sortie pour les pays de la zone euro passe par la rigueur et l’effort.

Les premières décisions visant à refondre le fonctionnement de la zone euro devraient être prises lors du Conseil européen du 9 décembre 2011. Elles devraient être suivie d’une série d’autres dans les prochains mois et marquer une étape capitale dans sa refondation. Le but étant de mieux coordonner et contrôler les politiques nationales tant au plan fiscal, social que budgétaire, au niveau européen et permette une meilleure gouvernance en son sein.

Reste à renforcer le contrôle de la dette et des déficits au niveau de chacun des Etats qui passe probablement par un plus grand rôle du Parlement européen pour contrôler les institutions en place. C’est un premier pas vers une Europe fédérale tant attendue par certains qui devrait mettre définitivement fin à la crise de l’euro et permettre de retrouver les chemins de la croissance dans les années à venir. Comme l’a dit justement indiqué Nicolas Sarkozy, la souveraineté ne qu’être partagée avec les autres pays de l’Union et s’exercer dans le cadre des intérêts communs de l’Union et non des intérêts particuliers de chacun des Etats. L’avenir des européens est à ce prix.

Le monde et l’Europe ont changés. Il est temps pour la France d’en prendre conscience et d’adopter les mesures nécessaires pour survivre, à commencer par la fameuse règle d’or que les socialistes français refusent de voter. C’était le sens du discours du chef de l’Etat. A défaut d’avoir convaincu une gauche obnubilée par la campagne électorale qui tarde à accepter de voir la vérité en face, Nicolas Sarkozy aura-t-il convaincu une majorité des français ?


Europe : la zone euro joue son va-tout lors du sommet du 9 décembre 2011

1 décembre 2011

Ces derniers jours, la presse allemande comme française, semble convaincue que Berlin et Paris sont en discussion avancée pour mettre en place un nouveau Pacte de stabilité entre les six pays notés AAA de la zone euro (Allemagne, France, Pays-Bas, Autriche, Finlande et Luxembourg). Beaucoup plus contraignant que le précédent, il aurait vocation à créer un groupe de pays stables et vertueux, susceptible de redonner confiance aux marchés. Il pourrait également être décidé la mise en place de ces fameuses euro-obligations qui seraient souscrites uniquement par ces mêmes pays notés AAA.

Cette rumeur a dopé les bourses européennes ce lundi 28 novembre, à l’instar du CAC 40 qui a progressé de 5.40% en fin de journée. Pour autant, ces informations ne reposent sur rien de réellement concret. Elles ont d’ailleurs été démenties par Berlin. De son côté, la Commission européenne s’est montrée hostile à la création de ce club des AAA de la zone euro.

A tort ou à raison, ces signaux sont interprétés par les marchés comme la preuve que des décisions imminentes se dessinent à la veille du sommet des ministres des Finances de Bruxelles et à quelques jours d’un sommet européen capital le 9 décembre, où devraient être prises des décisions importantes pour l’avenir de la zone euro.

Cet optimisme soudain est d’autant plus surprenant que de nombreuses mauvaises nouvelles ont été annoncées ces derniers jours : possible dégradation du AAA de tous les pays de la zone euro selon Moddy’s, perspective négative pour le AAA du Royaume-Uni, croissance en berne, voire récession dans la zone euro au 4ème trimestre 2011 selon l’OCDE…

Et si finalement, acculée à la faillite, la zone euro se donnait enfin les moyens de son avenir le 9 décembre prochain ?

Finalement, la création tant attendue d’un noyau dur autour des pays encore notés AAA de la zone euro, dotés d’une politique budgétaire stricte et rigoureuse, d’un fonctionnement de type fédéral et d’une gouvernance unique serait du meilleur effet pour sauver durablement l’euro et éviter la faillite de toute l’Europe. Espérons que cette fois-ci sera la bonne. Une chose est sûre, la voie de la rigueur tracée par l’Allemagne est aujourd’hui la seule porte de sortie. La France va devoir faire preuve de rigueur et respecter ses engagements de retour à l’équilibre d’ici 2017, sous peine de sanctions.

Pour y parvenir, la France va devoir mener une politique stricte de réduction de ses dépenses publiques durant de longues années pour converger avec les pays forts tels l’Allemagne et les Pays-Bas. Election présidentielle ou pas, la France n’a d’autres alternatives pour préserver son avenir, ses emplois, son système de protection sociale et retrouver le chemin de la croissance. Le candidat socialiste aura-t-il le courage de tenir le discours de la vérité face aux électeurs, plutôt que celui de la facilité et de la dépense qui conduirait notre pays à l’échec et l’Europe à l’éclatement ?

Dans le contexte dramatique qui est aujourd’hui celui de la zone euro, espérons que le discours de Nicolas Sarkozy à Toulon ce 1er décembre sera aussi fort que celui prononcé il y a 3 ans, qui avait permis de sauver les banques européennes de la faillite en 2008, sous l’impulsion de la présidence française. Aujourd’hui, les marchés et les citoyens attendent une feuille de route et une refondation de la zone euro. Campagne présidentielle ou pas, le rôle du président français est de gouverner en mettant tout en œuvre pour sauver le pays et l’Europe de la faillite.