Rodez : Baisse de la taxe foncière et hausse de la taxe d’habitation pour 2018

24 septembre 2017

Lors du Conseil municipal du 22/09/2017, le maire de Rodez a annoncé que la municipalité avait fait le choix de baisser le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties de 5% dés 2018, en ramenant son taux de 28.94%, inchangé depuis plus d’une décennie, à 27.49%. Corrélativement, la municipalité a décidé de supprimer définitivement l’abattement général à la base de 5% dont bénéficiaient tous les foyers en matière de taxe d’habitation. Cette suppression aura pour effet d’augmenter la base d’imposition et par voie de conséquence la cotisation due par les foyers qui en sont redevables.

En d’autres termes, cette décision de la municipalité de gauche aura finalement pour conséquence pour les propriétaires résidents à Rodez, de neutraliser la baisse de la taxe foncière sur les propriétés bâties. A l’inverse, les propriétaires-bailleurs bénéficieront de l’intégralité de la baisse de la taxe foncière puisque la taxe d’habitation est payée par le locataire. Par contre, pour les locataires, sauf exonération ou de plafonnement, ils devraient supporter, comme les propriétaires résidents, l’augmentation de la taxe d’habitation imputable à la suppression de l’abattement général à la base de 5% sans aucune contrepartie.

L’abattement général à la base applicable en matière de taxe d’habitation

L’abattement général à base est un abattement facultatif dont bénéficie l’ensemble des résidents de la commune au titre du logement qu’ils occupent, qu’ils soient simples locataires ou propriétaires. Cet abattement avait été voté par la ville de Rodez il y a bien longtemps ; il avait un but social : diminuer la valeur locative imposable du logement favorisant les logements de petite ou moyenne surface. En effet, cet abattement est calculé sur la valeur locative moyenne de la commune ; il est plafonné au-delà d’une certaine valeur locative. Peu de communes comparables à Rodez ont cependant voté cet abattement qui à l’inconvénient de faire apparaître un taux de taxe d’habitation supérieur à la pression fiscale réelle.

Il était de 15%, soit le maximum en 2008 et a été ramené à 10% en 2009, puis à 5% en 2016 par décision de la municipalité actuelle. Pour 2018, cet abattement sera définitivement supprimé compte-tenu du récent vote de la majorité municipale du Conseil municipal. Ce qui conduira mathématiquement à une augmentation de la cotisation de taxe d’habitation, à laquelle s’ajoutera l’actualisation des valeurs locatives qui sera voté en fin d’année par le Parlement dans le cadre de la loi de finances pour l’année 2018. Raison pour laquelle le groupe de la droite et du centre au Conseil municipal a voté contre cette suppression.

Rappelons que la diminution de ce même abattement de 5% en 2009, puis à nouveau 5% en 2016 par la municipalité avait été suivi d’une baisse de corrélative du taux de la taxe d’habitation de 5%. Ce qui avait conduit, selon la valeur locative du logement, à neutraliser tout ou partie du coût financier lié à sa suppression. Même si cela n’avait pas entraîné de baisse notable de la cotisation de taxe d’habitation pour tous les ruthénois (exception faite des contribuables ayant bénéficié de l’abattement pour personnes à charges ou pour handicap), les précédentes baisses de taux avaient au moins le mérite d’une meilleure lisibilité fiscale en réduisant de facto l’écart de taux avec les communes voisines. Il en ira différemment en 2018 puisque le taux de la taxe d’habitation restera inchangé.

Coup de frein à la baisse de la taxe d’habitation

La logique et la cohérence de la fiscalité locale aurait voulu que la suppression des derniers 5% de l’abattement général à la base dés 2018, soit suivi d’une baisse au moins égale du taux de la taxe d’habitation comme cela a été le cas pour les années 2009 et 2016. Le coût aurait été moindre pour les contribuables, mais aussi pour la collectivité, tout en ayant l’avantage de ramener le taux de la taxe d’habitation de 16.38% actuellement, à environ 15.60%. C’eût été plus équitable pour les propriétaires occupants et les locataires qui font le dynamisme de la ville.

Chacun s’accorde en effet à reconnaître que la taxe d’habitation, qui est due par les occupants de tout logement au 1er janvier (sauf exonération ou plafonnement en fonction des revenus), qu’il soit locataire ou propriétaire, reste un impôt relativement injuste, d’autant plus que les logements récents, y compris les logements sociaux, sont globalement surimposés au regard des logements anciens souvent sous-évalués. Seule une réforme des valeurs locatives, reportée par les gouvernements successifs en raison de sa complexité, aurait été de nature à rétablir une plus grande équité.

C’est probablement la raison pour laquelle le président Emmanuel Macon a opté pour une exonération de 80% des foyers qui en sont redevables plutôt que de monter une nouvelle usine à gaz du type de la retenue à la source. Il reste cependant des interrogations sur sa mise en œuvre qui, en tout état de cause, placera un peu plus les collectivités territoriales sous la dépendance du bon vouloir de l’Etat pour le remboursement de cette coûteuse exonération.

Dans ce contexte, la précipitation de la majorité municipale de gauche à stopper brutalement cette évolution à la baisse de la taxe d’habitation pour 2018 reste incompréhensible. Il s’agit probablement là d’un effet pervers de la réforme prochaine de la taxe d’habitation voulue le président Macron, qui n’a en aucune manière pour objet d’inciter les collectivités à stopper la baisse de la taxe d’habitation et réduire les efforts de convergence de la fiscalité locale !

La baisse du taux de la taxe d’habitation avait pour logique de réduire l’écart avec ceux des autres communes de l’agglomération. Or, en dépit de la baisse des taux de la taxe d’habitation en 2009 et 2016, avec un taux de 16.38% en 2017, celui-ci reste encore beaucoup plus élevé que les autres communes (Sce DGCL – données 2015) : Onet-le-Château (8.70%), Luc La Primaube (11.70%), Olemps (10.60%), Sébazac-Concourés (9.13%)… pour ne citer que les principales communes.

Avec des écarts de 5% à 8% avec les principales communes de l’agglomération, la convergence des taux de la taxe d’habitation ne semble pas pour demain. Même si à brève échéance seulement 20% des foyers l’acquittent, le taux de la taxe d’habitation resta durablement, au moins autant que celui de la taxe foncière sur les propriétés bâties, un élément de comparaison et d’attractivité important pour les nouveaux arrivants dans l’agglomération.

Baisse de la taxe foncière sur les propriétés bâties

Le choix de privilégier la baisse de la taxe foncière, plutôt que la taxe d’habitation, est pour le moins étonnant de la part d’une municipalité de gauche. En règle générale, les collectivités penchent en faveur de la baisse taxe d’habitation qui est l’impôt local acquitté par l’ensemble des ménages et notamment les plus modestes.

Le maire de Rodez a reconnu que la baisse de la taxe foncière était un choix délibéré et assumé, allant jusqu’à se féliciter que la ville de Rodez soit la première dans la région Occitanie à franchir le pas ! Ce choix paraît pour le moins contestable pour plusieurs raisons :

  1. Pourquoi privilégier à ce point les propriétaires, sachant par ailleurs qu’à Rodez plus de 40% d’entre eux n’habitent pas la ville (ce qui est considérable au regard d’autres villes) ? Les 40% sont constitués pour une grande part de propriétaires-bailleurs pour qui, comme chacun le sait, le montant de la taxe foncière n’a aucune incidence sur leurs choix puisque leur seule préoccupation est la rentabilité du bien et l’avantage fiscal qui en découle. La municipalité voudrait favoriser les propriétaires bailleurs qu’elle ne s’y prendrait pas autrement.
  2. Cette baisse de la taxe foncière est d’autant plus surprenante que son taux actuel à Rodez de 28.94% (27.49% en 2018) reste parmi les plus bas des villes de la strate au plan régional. En outre, la comparaison avec les communes de Rodez-Agglomération permet de constater que les écarts sont bien moindres qu’en matière de taxe d’habitation, notamment avec Onet-le-Château dont le taux était de 25.29% en 2015.
  3. Enfin, la baisse des taux de la taxe foncière, en dépit de la baisse concomitante de l’abattement général à la base, demeure d’un coût bien plus élevé que ne l’aurait été la baisse du taux de la taxe d’habitation.

Les effets pour le moins discutables de la baisse de la taxe foncière

Après avoir baissé les taux de la taxe d’habitation, la baisse de la taxe foncière envisagée pour 2018 par la municipalité semble manquer cruellement de cohérence et n’aura probablement que des effets très limités sur l’attractivité fiscale de la ville.

Cette décision favorise les propriétaires-bailleurs déjà fort nombreux sur la ville de Rodez au détriment des propriétaires résidents qui eux devront, en outre, supporter l’augmentation de la taxe d’habitation liée à la suppression de l’abattement général à la base de 5%. Il s’agit là d’une forme de mépris pour les résidents de la ville qui acquittent la taxe d’habitation bien que son taux soit très supérieur aux communes de l’agglomération.

Il paraît donc peu vraisemblable que la baisse de la taxe foncière envisagée pour 2018 puisse redonner du pouvoir d’achat au plus grand nombre de ruthénois. Si augmentation du pouvoir d’achat pour les foyers les plus modestes il y a, ce sera plutôt du fait du gouvernement en raison de l’exonération de 80% des foyers redevables de la taxe d’habitation, et non de la municipalité.

Enfin, le réalisme permet de douter que la baisse de la taxe foncière puisse être de nature à inciter les ruthénois à venir résider à Rodez, plutôt que dans les autres communes de l’agglomération ou des communes extérieures alors que le taux de la taxe d’habitation y reste nettement plus élevé. Si elle est fortement souhaitable, la convergence de la fiscalité locale au sein de l’agglomération et la mise en œuvre d’un véritable pacte fiscal ne semblent pas pour demain.

Nul doute qu’il eût été préférable de poursuivre la baisse du taux de la taxe d’habitation en 2018 ; ce d’autant plus que son rendement est nettement moins important pour la collectivité et donc moins coûteux. Ceci aurait aussi permis de réduire l’exposition de la commune vis-à-vis de l’Etat qui, à terme, risque de ne prendre en charge qu’une partie de l’exonération qui lui incombe au titre des exonérations de taxe d’habitation.

Une fois de plus, il s’agit d’abord d’une mesure d’affichage médiatique. Les ruthénois pourront juger sur pièce à l’automne 2018.

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Rodez : Un conseil municipal entre démocratie participative et démagogie

11 novembre 2014

La démocratie participative était à l’ordre du jour du dernier Conseil Municipal de Rodez. Pas moins de cinq organisations différentes pour écouter les jeunes, les quartiers, les anciens, les enfants, plus un conseil de développement.

Ce qui a pour conséquence de mettre en place douze structures (il ya en effet huit quartiers) composées au minimum d’une vingtaine de membres chacune. Au total ce sont 250 à 300 personnes qui sont appelées à « participer »!

Si l’on estime à quatre réunions par an en moyenne le rythme des exercices de participation, c’est un minimum de 60 réunions pour lesquelles les services municipaux doivent assumer le secrétariat : préparation et tenue de la réunion plus les inévitables comptes rendus qu’il faut ensuite envoyer aux participants.

Tout cela représente du temps passé par le personnel municipal, donc une dépense à la charge du contribuable. Si la population ruthénoise devait au bout du compte trouver dans ce dispositif un véritable accès à l’information municipale ainsi que la possibilité de s’exprimer et surtout de se faire entendre, le jeu en vaudrait peut-être la chandelle, mais ce quadrillage en règle évoque plus le fonctionnement d’une organisation de commissaires politiques qu’un forum ouvert aux débats des citoyens.

Car il est permis de douter de la bonne foi du Maire de Rodez quand on sait d’expérience qu’il affirme une contre vérité chaque fois qu’il ouvre la bouche. Sans doute compte-t-il sur le fait que le même mensonge répété soixante fois par ans devant autant d’auditoires différents, finisse par devenir vérité.

Démagogie participative serait un titre plus conforme à la véritable finalité de l’initiative.

Rubrique « Libre expression » de RodezNews


Régions : Un faux débat pour un faux problème

5 mai 2014

Quelle mouche a piqué Manuel Valls pour qu’il ouvre une fois de plus le débat sur la dimension des régions françaises? Depuis 1964 et la création des CODER qui découpaient déjà le territoire national selon la cartographie des régions actuelles, on ne compte plus les propositions tendant à revoir les limites des 22 espaces régionaux métropolitains. Chaque fois avec le même leitmotiv argumentaire : les régions françaises ne font pas le poids dans le concert européen. Voilà une contre vérité qui a la peau dure! Que deux ou trois d’entre elles portent le pêché originel d’un découpage plus dicté par des rivalités politiques que par une logique dimensionnelle ne permet pas de généraliser le reproche à l’ensemble. Rappelons quelques chiffres:

  • La taille
  • Avec une moyenne de 25 000 km2 les régions françaises actuelles, y compris les anomalies évoquées ci-dessus, occupent par la taille le deuxième rang des 252 régions de l’Union. Midi-Pyrénées avec ses 45 348 km2 se place devant des Etats comme la Belgique ou le Danemark.
  • La démographie
  • Avec 2,92 millions habitants en moyenne, les régions françaises sont à la quatrième place des Etats de l’Union.

Autre argument avancé par le premier Ministre, les économies d’échelle. Ça reste à prouver. La plupart des dépenses des régions, en tout cas les plus importantes telles la formation professionnelle, l’enseignement (les lycées), les transports, sont directement proportionnels à la dimension du territoire administré. Rien ne permet d’affirmer qu’en agrandissant ce territoire on réduirait les couts de fonctionnement. Si c’était le cas, on se demande bien pourquoi la France se serait lancée dans la décentralisation. Existe-t-il un optimum dimensionnel que l’on atteindrait en divisant par deux le nombre de régions? Il est permis d’en douter.

En revanche, s’il est un chiffre qui révèle des écarts abyssaux c’est celui du budget. A titre d’exemple deux régions voisines comparables en bien des points, la Catalogne et Midi-Pyrénées affichent en 2014 un budget de 39 milliards d’euros pour la première et 1,18 Milliards d’euros pour la seconde. Un coefficient multiplicateur de 33 entre la Région française et l’Autonomie espagnole! La différence de richesse n’explique rien, le PIB de la Catalogne n’est que deux fois et demie supérieur à celui de Midi-Pyrénées. C’est dans les compétences et donc dans le degré de décentralisation que se trouve la seule explication. Les régions françaises sont des nains politiques comparées aux italiennes ou aux espagnoles, et ne parlons pas des états fédéraux tels que l’Allemagne, l’Autriche et la Belgique.

Le découpage régional tel que nous le connaissons date de 1960 année de création des « circonscriptions d’action régionale ». Cette longue durée a permis de mettre en place des structures, des organisations, des relations, des réseaux, et de forger une forte notion d’appartenance identitaire au sein des populations. Or cette conscience d’appartenir à une communauté de destin est la première condition pour faire partager par les acteurs de la société un projet de développement durable qui exprime la volonté de maitriser un destin commun. Un redécoupage autoritaire réduirait à néant ce lent processus de construction identitaire. L’enjeu en vaut-il la chandelle? S’il faut attendre un demi-siècle pour que se stabilise une nouvelle architecture régionale, la réponse est non.

La deuxième condition d’une réelle efficacité des Régions passe par les moyens dont elles disposent ou plus exactement par les compétences que l’Etat accepte de lui reconnaitre. Entre la situation actuelle d’un Etat unitaire, la France et une quasi fédération à l’espagnole ou une décentralisation à l’italienne, il existe une marge suffisante pour que la république décentralisée, trouve un nouvel équilibre entre l’Etat et ses Région. IL ne s’agit pas de transformer le nain politique en géant mais de mettre à disposition des régions françaises les indispensables outils de pilotage de son développement. Au premier rang desquels l’enseignement secondaire et universitaire, la recherche, la formation professionnelle, la culture, le patrimoine, l’environnement…et pourquoi pas un pouvoir d’adapter à des circonstances locales certaines normes, voire certaines législations. L’optimisation des rôles réciproques de l’Etat et des Régions afin de rechercher le niveau le plus efficient de gestion du territoire, génèrerait à coup sur plus d’économies pour la nation qu’un hypothétique redécoupage dont l’utilité reste à démontrer.

Enfin si se pose une condition de dimension géographique dans un domaine déterminé, les coopérations interrégionales, y compris transfrontalières, répondent bien mieux à la diversité des problèmes posés que ne le ferait la rigidité de nouvelles limites administratives. Le cas de la Communauté de travail des Pyrénées qui réunit depuis de nombreuses années les régions françaises et espagnoles entre lesquelles se partage le massif montagneux, illustre parfaitement cette approche. On pourrait citer maints exemples semblables pratiquement dans toutes les régions.

Quant au trop fameux millefeuille de la gestion territoriale, la France, à l’instar de la plupart des pays de l’Union européenne, possède trois niveaux de collectivités territoriales, Régions, Communes plus un niveau intermédiaire, département chez nous, Provinces en Belgique, en Italie ou en Espagne, arrondissements en Allemagne…En revanche nous nous distinguons par une double disposition constitutionnelle: l’absence de tutelle d’un niveau sur un autre, ainsi que la clause générale de compétence. Ce qui veut dire en clair que chaque niveau peut intervenir en tout domaine sans qu’aucune règle ne permette à l’un d’entre eux d’imposer une nécessaire coordination aux autres. De cette véritable exception française, découle un imbroglio politico-administratif dont le cout pour la nation, assurément très important n’a jamais pu être évalué.

Paradoxalement la « clause générale de compétence » supprimée le 16 décembre 2010 pour les régions et les départements par la droite, a été rétablie le 27 janvier 2014 par la gauche! Comprenne qui pourra.

En conclusion, si personne ne conteste l’urgence de rationaliser l’architecture de la gestion territoriale de la France, Manuel Valls, en ciblant de faux problèmes lance un faux débat. On est en droit de se poser dès lors une question : le coté provocateur ainsi que les échéances annoncées situées au-delà de 2017, ont-ils un autre but que de participer à une stratégie de communication en forme de coup de menton, destinée à affirmer l’autorité du nouveau premier ministre ?

 

Rubrique « Libre expression » de RodezNews


Restrictions budgétaires, les collectivités territoriales ont du souci à se faire !

17 avril 2014

Marchons, marchons chantent en piétinant sur place les hallebardiers à l’opéra. Economisons, économisons scandent Manuel Valls et ses ministres sans vraiment passer à l’acte.

Les politologues convoqués en grand nombre à la télévision tentent en vain de faire l’exégèse des discours du premier ministre pour répondre à la question du jour: qui va faire les frais des économies annoncées ? Les fonctionnaires ? Les salariés du privé ? La solidarité ? La santé ? Les collectivités territoriales ? Chacun y va de son estimation sans vraiment apporter de réponse certaine.

Pourtant, à y regarder de plus près un chiffre devrait faire réagir les élus locaux. La seule menace précise et chiffrée du catalogue des économies potentielles concerne les collectivités territoriales. Il ne s’agit pas de la réforme du millefeuille administratif, de la suppression des départements où du regroupement des Régions. Non! Ce serpent de mer brandi depuis trente ans par la droite autant que par la gauche, n’émergera vraiment qu’en 2021. C’est-à-dire à la fin du mandat du prochain Président de la République.

En matière d’effet d’annonce, difficile de faire mieux. En revanche, le rabot qui menace les finances des collectivités territoriales est déjà à l’œuvre depuis un an et aggravera ses effets au cours des trois prochaines années. Onze milliards d’euros! C’est la somme dont l’Etat va amputer La DGF (Dotation Globale de Fonctionnement), qui est versée chaque année aux communes, communautés, départements et Régions.

Son montant global étant d’environ cent milliards d’euro pour l’ensemble, c’est une diminution de plus de 10% de l’une des principales recettes des collectivités territoriales qui va autoritairement leur être imposée. Comment réagiront-elles ? Comment s’adapteront-elles ?

Une chose est certaine, ceux qui ont eu l’imprudence d’inclure une baisse des impôts locaux dans leurs promesses électorales ont du souci à se faire. Qu’en sera-t-il à Rodez ?

Libre expression de RodezNews


Rodez : Une vision stratégique

21 mars 2014

Les électrices et les électeurs, submergés de documents de campagne ne prennent pas toujours la peine de leur accorder l’attention qu’ils méritent. Il est vrai que les listes à la Prévert qui s’y développent à longueur de page éveillent plus d’étonnement incrédule que d’espoir de concrétisation. Aussi, n’est ce point dans ces promesses trop souvent démagogiques que réside le véritable intérêt  de ces déclarations. Paradoxalement les non dits, les thèmes oubliés, les impasses volontaires ou inconscientes en disent beaucoup plus long sur le candidat que sa logorrhée  électoraliste.

La production littéraire de Christian Teyssèdre illustre à la perfection cette analyse en creux. Pas la moindre allusion à une vision stratégique de Rodez et de son Agglomération! Est-ce grave docteur ? Plus que grave, un tel oubli devrait logiquement disqualifier un candidat au fauteuil de premier magistrat de la commune.

La mission d’un maire et de son conseil municipal consiste certes à mettre à la disposition des habitants les équipements et les services qui facilitent et améliorent leur vie quotidienne. C’est la fonction d’édilité publique, qui constitue la partie émergée de l’iceberg, la liste à la Prévert. Mais le maire endosse une autre responsabilité, moins visible mais oh! Combien plus importante! : concevoir et maîtriser le destin de sa ville. Telle est la signification de la vision stratégique.

On ne construit pas une vision stratégique un soir de campagne sur une table de bistrot. C’est un travail de longue haleine qui se réfère à des conditions géographiques, historique, économiques, sociales et doit impliquer de nombreux acteurs partenaires.  A partir de cette approche objective et sans concession on peut bâtir et réaliser un projet collectif que la population s’appropriera.

Force est de constater que la seule liste à proposer cette démarche, fondée sur la volonté de qualifier Rodez en tant que pôle d’attraction du Sud Massif Central est celle conduite par Yves Censi : Rodez uni, Rodez en grand. 

Libre expression de RodezNews


Rodez : L’équilibre financier du parking souterrain du Foirail en question

21 mars 2014

Même si chacun avait pu le vérifier depuis son ouverture en octobre dernier, la presse est récemment venue confirmer que le nouveau parking souterrain du Foirail ne connait qu’un très faible taux de remplissage.

A peine 300 véhicules par jour dont un tiers stationnent gratuitement, conformément à l’accord passé par la mairie avec le multiplexe de cinéma. Rappelons que la commune a réalisé l’ouvrage de 400 places pour une somme d’un peu plus de 9 millions d’euros dont 6 millions d’emprunt.

Question: Combien de véhicules faut-il pour équilibrer l’opération?

Si l’emprunt court sur 30 ans (comme pour les parcs réalisés par le privé) la commune aura dépensé :

  • 3 millions d’autofinancement
  • 6 millions d’emprunt
  • 5 millions d’intérêts (calculés)

Soit un total de 14 millions d’euros ou 466 000 €/an. A quoi il faut ajouter les frais de fonctionnement et d’entretien estimés à 120 000€/an pour 400 places, ce qui aboutit à un total arrondi à 600 000 euros/an.

Compte tenu de  15 jours de fermeture annuelle pour entretien, maintenance … et  d’un ticket moyen de 1.5 euros par place occupée,  il faut environ 1 200 véhicules/jour pour atteindre le point d’équilibre.

A 200 véhicules payants par jour (chiffre actuel) le cout résiduel pour le contribuable ruthénois est de 500 000€ par an. Sachant que la taxe d’habitation rapporte bon an mal an  6.3 millions d’euros, chaque contribuable ruthénois consacre 8% de sa taxe d’habitation pour payer le parking souterrain du Foirail. Alors que la plupart d’entre eux ne l’utiliseront probablement jamais.

A chacun d’apprécier la gestion financière du maire sortant.


Rodez : Verbiages et cafouillages sont les deux mamelles du PS

19 mars 2014

Du haut en bas de la hiérarchie, du sommet de l’Etat à la commune de Rodez le pouvoir socialiste emploie les mêmes méthodes.

Le verbiage mensonger se pratique tant au plan national qu’au plan local. La seule différence tient à la nature des médias qui restent encore pluralistes à Paris, où certains n’hésitent pas à démasquer les menteurs, alors qu’à Rodez ils jettent un voile complice sur les affabulations du maire sortant. Mentir semble d’ailleurs devenu consubstantiel au socialisme depuis que ses principes de gouvernement autant que ses valeurs de référence, l’obligent à travestir la réalité pour tenter de cacher ses échecs.

Mais voilà que le cafouillage, spécialité incontestée du gouvernement Ayrault et de ses ministres gagne également l’équipe du maire sortant et de ses colistiers.  Dans une interview récente de la Dépêche du Midi, assortie d’une photo, on voit messieurs Albagnac et Mazars expliquer leurs intentions en matière d’aménagement et d’urbanisme.

La surprise vient d’une annonce concernant la rue Béteille :  » les immeubles acquis par la commune seront démolis … ». Il est exact en effet que les prédécesseurs de Christian Teyssèdre à la mairie de Rodez, avaient progressivement acquis nombre d’immeubles vétustes rue Béteille, à gauche en montant, en vue d’une rénovation urbaine.

Non seulement rien n’a été fait pendant six ans, mais par une délibération du 16 novembre 2012 (No 13-220) le conseil municipal a décidé de revendre à un particulier l’immeuble sis au No 36 de la rue Béteille, à l’angle de la rue Dominique Turc, pour la somme de 145 000 euros! Ce qui à l’évidence contredit les propos des deux candidats.

Loin d’être unique cette revente est devenue quasi systématique. Elle concerne notamment des immeubles place de la Cité et ilot Bonald, compromettant toute rénovation de ce site sensible. Ajoutons pour faire bonne mesure les 4000m2 de la Sainte Famille, abandonnés à un promoteur privé ancien associé de Claude Albagnac et l’on aura une idée de l’ampleur des contradictions entre  les faits et les promesses électorales du maire sortant.

Libre expression de RodezNews