Rodez : Un conseil municipal entre démocratie participative et démagogie

11 novembre 2014

La démocratie participative était à l’ordre du jour du dernier Conseil Municipal de Rodez. Pas moins de cinq organisations différentes pour écouter les jeunes, les quartiers, les anciens, les enfants, plus un conseil de développement.

Ce qui a pour conséquence de mettre en place douze structures (il ya en effet huit quartiers) composées au minimum d’une vingtaine de membres chacune. Au total ce sont 250 à 300 personnes qui sont appelées à « participer »!

Si l’on estime à quatre réunions par an en moyenne le rythme des exercices de participation, c’est un minimum de 60 réunions pour lesquelles les services municipaux doivent assumer le secrétariat : préparation et tenue de la réunion plus les inévitables comptes rendus qu’il faut ensuite envoyer aux participants.

Tout cela représente du temps passé par le personnel municipal, donc une dépense à la charge du contribuable. Si la population ruthénoise devait au bout du compte trouver dans ce dispositif un véritable accès à l’information municipale ainsi que la possibilité de s’exprimer et surtout de se faire entendre, le jeu en vaudrait peut-être la chandelle, mais ce quadrillage en règle évoque plus le fonctionnement d’une organisation de commissaires politiques qu’un forum ouvert aux débats des citoyens.

Car il est permis de douter de la bonne foi du Maire de Rodez quand on sait d’expérience qu’il affirme une contre vérité chaque fois qu’il ouvre la bouche. Sans doute compte-t-il sur le fait que le même mensonge répété soixante fois par ans devant autant d’auditoires différents, finisse par devenir vérité.

Démagogie participative serait un titre plus conforme à la véritable finalité de l’initiative.

Rubrique « Libre expression » de RodezNews


Régions : Un faux débat pour un faux problème

5 mai 2014

Quelle mouche a piqué Manuel Valls pour qu’il ouvre une fois de plus le débat sur la dimension des régions françaises? Depuis 1964 et la création des CODER qui découpaient déjà le territoire national selon la cartographie des régions actuelles, on ne compte plus les propositions tendant à revoir les limites des 22 espaces régionaux métropolitains. Chaque fois avec le même leitmotiv argumentaire : les régions françaises ne font pas le poids dans le concert européen. Voilà une contre vérité qui a la peau dure! Que deux ou trois d’entre elles portent le pêché originel d’un découpage plus dicté par des rivalités politiques que par une logique dimensionnelle ne permet pas de généraliser le reproche à l’ensemble. Rappelons quelques chiffres:

  • La taille
  • Avec une moyenne de 25 000 km2 les régions françaises actuelles, y compris les anomalies évoquées ci-dessus, occupent par la taille le deuxième rang des 252 régions de l’Union. Midi-Pyrénées avec ses 45 348 km2 se place devant des Etats comme la Belgique ou le Danemark.
  • La démographie
  • Avec 2,92 millions habitants en moyenne, les régions françaises sont à la quatrième place des Etats de l’Union.

Autre argument avancé par le premier Ministre, les économies d’échelle. Ça reste à prouver. La plupart des dépenses des régions, en tout cas les plus importantes telles la formation professionnelle, l’enseignement (les lycées), les transports, sont directement proportionnels à la dimension du territoire administré. Rien ne permet d’affirmer qu’en agrandissant ce territoire on réduirait les couts de fonctionnement. Si c’était le cas, on se demande bien pourquoi la France se serait lancée dans la décentralisation. Existe-t-il un optimum dimensionnel que l’on atteindrait en divisant par deux le nombre de régions? Il est permis d’en douter.

En revanche, s’il est un chiffre qui révèle des écarts abyssaux c’est celui du budget. A titre d’exemple deux régions voisines comparables en bien des points, la Catalogne et Midi-Pyrénées affichent en 2014 un budget de 39 milliards d’euros pour la première et 1,18 Milliards d’euros pour la seconde. Un coefficient multiplicateur de 33 entre la Région française et l’Autonomie espagnole! La différence de richesse n’explique rien, le PIB de la Catalogne n’est que deux fois et demie supérieur à celui de Midi-Pyrénées. C’est dans les compétences et donc dans le degré de décentralisation que se trouve la seule explication. Les régions françaises sont des nains politiques comparées aux italiennes ou aux espagnoles, et ne parlons pas des états fédéraux tels que l’Allemagne, l’Autriche et la Belgique.

Le découpage régional tel que nous le connaissons date de 1960 année de création des « circonscriptions d’action régionale ». Cette longue durée a permis de mettre en place des structures, des organisations, des relations, des réseaux, et de forger une forte notion d’appartenance identitaire au sein des populations. Or cette conscience d’appartenir à une communauté de destin est la première condition pour faire partager par les acteurs de la société un projet de développement durable qui exprime la volonté de maitriser un destin commun. Un redécoupage autoritaire réduirait à néant ce lent processus de construction identitaire. L’enjeu en vaut-il la chandelle? S’il faut attendre un demi-siècle pour que se stabilise une nouvelle architecture régionale, la réponse est non.

La deuxième condition d’une réelle efficacité des Régions passe par les moyens dont elles disposent ou plus exactement par les compétences que l’Etat accepte de lui reconnaitre. Entre la situation actuelle d’un Etat unitaire, la France et une quasi fédération à l’espagnole ou une décentralisation à l’italienne, il existe une marge suffisante pour que la république décentralisée, trouve un nouvel équilibre entre l’Etat et ses Région. IL ne s’agit pas de transformer le nain politique en géant mais de mettre à disposition des régions françaises les indispensables outils de pilotage de son développement. Au premier rang desquels l’enseignement secondaire et universitaire, la recherche, la formation professionnelle, la culture, le patrimoine, l’environnement…et pourquoi pas un pouvoir d’adapter à des circonstances locales certaines normes, voire certaines législations. L’optimisation des rôles réciproques de l’Etat et des Régions afin de rechercher le niveau le plus efficient de gestion du territoire, génèrerait à coup sur plus d’économies pour la nation qu’un hypothétique redécoupage dont l’utilité reste à démontrer.

Enfin si se pose une condition de dimension géographique dans un domaine déterminé, les coopérations interrégionales, y compris transfrontalières, répondent bien mieux à la diversité des problèmes posés que ne le ferait la rigidité de nouvelles limites administratives. Le cas de la Communauté de travail des Pyrénées qui réunit depuis de nombreuses années les régions françaises et espagnoles entre lesquelles se partage le massif montagneux, illustre parfaitement cette approche. On pourrait citer maints exemples semblables pratiquement dans toutes les régions.

Quant au trop fameux millefeuille de la gestion territoriale, la France, à l’instar de la plupart des pays de l’Union européenne, possède trois niveaux de collectivités territoriales, Régions, Communes plus un niveau intermédiaire, département chez nous, Provinces en Belgique, en Italie ou en Espagne, arrondissements en Allemagne…En revanche nous nous distinguons par une double disposition constitutionnelle: l’absence de tutelle d’un niveau sur un autre, ainsi que la clause générale de compétence. Ce qui veut dire en clair que chaque niveau peut intervenir en tout domaine sans qu’aucune règle ne permette à l’un d’entre eux d’imposer une nécessaire coordination aux autres. De cette véritable exception française, découle un imbroglio politico-administratif dont le cout pour la nation, assurément très important n’a jamais pu être évalué.

Paradoxalement la « clause générale de compétence » supprimée le 16 décembre 2010 pour les régions et les départements par la droite, a été rétablie le 27 janvier 2014 par la gauche! Comprenne qui pourra.

En conclusion, si personne ne conteste l’urgence de rationaliser l’architecture de la gestion territoriale de la France, Manuel Valls, en ciblant de faux problèmes lance un faux débat. On est en droit de se poser dès lors une question : le coté provocateur ainsi que les échéances annoncées situées au-delà de 2017, ont-ils un autre but que de participer à une stratégie de communication en forme de coup de menton, destinée à affirmer l’autorité du nouveau premier ministre ?

 

Rubrique « Libre expression » de RodezNews


Restrictions budgétaires, les collectivités territoriales ont du souci à se faire !

17 avril 2014

Marchons, marchons chantent en piétinant sur place les hallebardiers à l’opéra. Economisons, économisons scandent Manuel Valls et ses ministres sans vraiment passer à l’acte.

Les politologues convoqués en grand nombre à la télévision tentent en vain de faire l’exégèse des discours du premier ministre pour répondre à la question du jour: qui va faire les frais des économies annoncées ? Les fonctionnaires ? Les salariés du privé ? La solidarité ? La santé ? Les collectivités territoriales ? Chacun y va de son estimation sans vraiment apporter de réponse certaine.

Pourtant, à y regarder de plus près un chiffre devrait faire réagir les élus locaux. La seule menace précise et chiffrée du catalogue des économies potentielles concerne les collectivités territoriales. Il ne s’agit pas de la réforme du millefeuille administratif, de la suppression des départements où du regroupement des Régions. Non! Ce serpent de mer brandi depuis trente ans par la droite autant que par la gauche, n’émergera vraiment qu’en 2021. C’est-à-dire à la fin du mandat du prochain Président de la République.

En matière d’effet d’annonce, difficile de faire mieux. En revanche, le rabot qui menace les finances des collectivités territoriales est déjà à l’œuvre depuis un an et aggravera ses effets au cours des trois prochaines années. Onze milliards d’euros! C’est la somme dont l’Etat va amputer La DGF (Dotation Globale de Fonctionnement), qui est versée chaque année aux communes, communautés, départements et Régions.

Son montant global étant d’environ cent milliards d’euro pour l’ensemble, c’est une diminution de plus de 10% de l’une des principales recettes des collectivités territoriales qui va autoritairement leur être imposée. Comment réagiront-elles ? Comment s’adapteront-elles ?

Une chose est certaine, ceux qui ont eu l’imprudence d’inclure une baisse des impôts locaux dans leurs promesses électorales ont du souci à se faire. Qu’en sera-t-il à Rodez ?

Libre expression de RodezNews


Rodez : Une vision stratégique

21 mars 2014

Les électrices et les électeurs, submergés de documents de campagne ne prennent pas toujours la peine de leur accorder l’attention qu’ils méritent. Il est vrai que les listes à la Prévert qui s’y développent à longueur de page éveillent plus d’étonnement incrédule que d’espoir de concrétisation. Aussi, n’est ce point dans ces promesses trop souvent démagogiques que réside le véritable intérêt  de ces déclarations. Paradoxalement les non dits, les thèmes oubliés, les impasses volontaires ou inconscientes en disent beaucoup plus long sur le candidat que sa logorrhée  électoraliste.

La production littéraire de Christian Teyssèdre illustre à la perfection cette analyse en creux. Pas la moindre allusion à une vision stratégique de Rodez et de son Agglomération! Est-ce grave docteur ? Plus que grave, un tel oubli devrait logiquement disqualifier un candidat au fauteuil de premier magistrat de la commune.

La mission d’un maire et de son conseil municipal consiste certes à mettre à la disposition des habitants les équipements et les services qui facilitent et améliorent leur vie quotidienne. C’est la fonction d’édilité publique, qui constitue la partie émergée de l’iceberg, la liste à la Prévert. Mais le maire endosse une autre responsabilité, moins visible mais oh! Combien plus importante! : concevoir et maîtriser le destin de sa ville. Telle est la signification de la vision stratégique.

On ne construit pas une vision stratégique un soir de campagne sur une table de bistrot. C’est un travail de longue haleine qui se réfère à des conditions géographiques, historique, économiques, sociales et doit impliquer de nombreux acteurs partenaires.  A partir de cette approche objective et sans concession on peut bâtir et réaliser un projet collectif que la population s’appropriera.

Force est de constater que la seule liste à proposer cette démarche, fondée sur la volonté de qualifier Rodez en tant que pôle d’attraction du Sud Massif Central est celle conduite par Yves Censi : Rodez uni, Rodez en grand. 

Libre expression de RodezNews


Rodez : L’équilibre financier du parking souterrain du Foirail en question

21 mars 2014

Même si chacun avait pu le vérifier depuis son ouverture en octobre dernier, la presse est récemment venue confirmer que le nouveau parking souterrain du Foirail ne connait qu’un très faible taux de remplissage.

A peine 300 véhicules par jour dont un tiers stationnent gratuitement, conformément à l’accord passé par la mairie avec le multiplexe de cinéma. Rappelons que la commune a réalisé l’ouvrage de 400 places pour une somme d’un peu plus de 9 millions d’euros dont 6 millions d’emprunt.

Question: Combien de véhicules faut-il pour équilibrer l’opération?

Si l’emprunt court sur 30 ans (comme pour les parcs réalisés par le privé) la commune aura dépensé :

  • 3 millions d’autofinancement
  • 6 millions d’emprunt
  • 5 millions d’intérêts (calculés)

Soit un total de 14 millions d’euros ou 466 000 €/an. A quoi il faut ajouter les frais de fonctionnement et d’entretien estimés à 120 000€/an pour 400 places, ce qui aboutit à un total arrondi à 600 000 euros/an.

Compte tenu de  15 jours de fermeture annuelle pour entretien, maintenance … et  d’un ticket moyen de 1.5 euros par place occupée,  il faut environ 1 200 véhicules/jour pour atteindre le point d’équilibre.

A 200 véhicules payants par jour (chiffre actuel) le cout résiduel pour le contribuable ruthénois est de 500 000€ par an. Sachant que la taxe d’habitation rapporte bon an mal an  6.3 millions d’euros, chaque contribuable ruthénois consacre 8% de sa taxe d’habitation pour payer le parking souterrain du Foirail. Alors que la plupart d’entre eux ne l’utiliseront probablement jamais.

A chacun d’apprécier la gestion financière du maire sortant.


Rodez : Verbiages et cafouillages sont les deux mamelles du PS

19 mars 2014

Du haut en bas de la hiérarchie, du sommet de l’Etat à la commune de Rodez le pouvoir socialiste emploie les mêmes méthodes.

Le verbiage mensonger se pratique tant au plan national qu’au plan local. La seule différence tient à la nature des médias qui restent encore pluralistes à Paris, où certains n’hésitent pas à démasquer les menteurs, alors qu’à Rodez ils jettent un voile complice sur les affabulations du maire sortant. Mentir semble d’ailleurs devenu consubstantiel au socialisme depuis que ses principes de gouvernement autant que ses valeurs de référence, l’obligent à travestir la réalité pour tenter de cacher ses échecs.

Mais voilà que le cafouillage, spécialité incontestée du gouvernement Ayrault et de ses ministres gagne également l’équipe du maire sortant et de ses colistiers.  Dans une interview récente de la Dépêche du Midi, assortie d’une photo, on voit messieurs Albagnac et Mazars expliquer leurs intentions en matière d’aménagement et d’urbanisme.

La surprise vient d’une annonce concernant la rue Béteille :  » les immeubles acquis par la commune seront démolis … ». Il est exact en effet que les prédécesseurs de Christian Teyssèdre à la mairie de Rodez, avaient progressivement acquis nombre d’immeubles vétustes rue Béteille, à gauche en montant, en vue d’une rénovation urbaine.

Non seulement rien n’a été fait pendant six ans, mais par une délibération du 16 novembre 2012 (No 13-220) le conseil municipal a décidé de revendre à un particulier l’immeuble sis au No 36 de la rue Béteille, à l’angle de la rue Dominique Turc, pour la somme de 145 000 euros! Ce qui à l’évidence contredit les propos des deux candidats.

Loin d’être unique cette revente est devenue quasi systématique. Elle concerne notamment des immeubles place de la Cité et ilot Bonald, compromettant toute rénovation de ce site sensible. Ajoutons pour faire bonne mesure les 4000m2 de la Sainte Famille, abandonnés à un promoteur privé ancien associé de Claude Albagnac et l’on aura une idée de l’ampleur des contradictions entre  les faits et les promesses électorales du maire sortant.

Libre expression de RodezNews


Pollution de l’air et grand contournement de Rodez

18 mars 2014

Alors que l’on constate un peu partout en France des pics alarmants de pollution, les ruthénois se réjouissent de la qualité de l’air qu’ils respirent dans leur bonne ville. En sera-t-il toujours ainsi? Qu’adviendra-t-il lorsque la RN 88 en 2×2 voies sera le trajet le plus court pour relier Toulouse à Lyon?

En 2010 l’Observatoire Régional de l’Air de Midi-Pyrénées écrivait en conclusion d’une étude sur la pollution: « La proximité d’une voie rapide augmente de plus de 40% la mortalité, y compris à l’intérieur des habitations : Il faut donc refuser toute transformation de rocade urbaine ou de boulevard urbain en autoroute ». Et plus loin: « Pour le territoire du Grand Rodez, les émissions de polluants règlementés et de gaz à effet de serre issue du trafic routier se situent majoritairement sur les communes d’Onet-le-Château et de Rodez. »

C’est la raison pour laquelle nous devons être extrêmement vigilants sur le devenir de la Rocade de Rodez. Il existe tout d’abord une impossibilité technique à faire cohabiter sur le même trajet le futur trafic autoroutier Toulouse-Lyon et la desserte urbaine de l’Agglomération sur l’épine dorsale qui de La Primaube à Sébazac,  est vouée à devenir un boulevard urbain.  Surtout, quels responsables politiques prendront la responsabilité de soumettre à un risque grave de pollution les quelques 20 000 habitants concernés par la notion de proximité évoquée par l’ORAMIP? Laquelle précise dailleurs dans la même étude: « On peut imaginer que des riverains de voies à grande circulation se retournent contre les responsables qui dûment avertis n’ont pas fait le nécessaire pour diminuer la pollution (boulevard urbain devenu autoroute par exemple) ».

Quelle que soit l’échéance de Toulouse-Lyon en 2×2 voies, le projet a été confirmé par l’Etat, il se réalisera tôt ou tard. Le grand contournement de Rodez est inscrit dans ce projet.  Mais si les élus aveyronnais et notamment le  futur maire de Rodez, ne se défendent pas bec et ongles pour refuser que la rocade se transforme en autoroute, la solution de facilité prévaudra et les ruthénois connaîtront à leur tour les méfaits de la pollution.

A une semaine des élections municipales les électeurs doivent impérativement prendre en compte dans leur choix les intentions des candidats sur un sujet aussi lourd de conséquences, pour eux-mêmes et plus encore pour leurs enfants.

Libre expression de RodezNews