Aveyron : augmentation des accidents de la route, la Ligue contre la violence routière dénonce le laxisme des pouvoirs-publics

28 avril 2011

Au 15 avril 2011, 12 personnes ont perdu la vie sur les routes de l’Aveyron en 3 mois et demi seulement, contre 19 au cours de l’ensemble de l’année 2010. Pourquoi un bilan aussi dramatique en ce début d’année 2011, alors même que la météorologie a été pour le moins favorable ? Pourquoi en si peu de temps, peut-on enregistrer autant de morts sur nos routes ? Pourquoi une telle hécatombe ?

Dans son numéro daté du 15 avril, l’hebdomadaire Le Ruthénois s’interroge et tente d’apporter un début de réponse en ouvrant ses colonnes aux responsables départementaux de la Prévention Routière et de la Ligue contre la Violence Routière.

Selon Madame Christiane Poinsot, fondatrice et présidente de la Ligue contre la Violence Routière de l’Aveyron, les raisons d’une telle recrudescence des accidents de la route en Aveyron ne font aucun doute : elles résultent de l’assouplissement des règles de retrait des points du permis de conduire, adoptées en fin d’année 2010 par le Parlement. Pour preuve, ces derniers mois, le niveau des accidents de la route serait reparti à la hausse un peu partout en France. Selon Mme Poinsot, ces assouplissements vont à l’encontre de la politique de sécurité routière menée depuis 2002 qui avait abouti à sauver plus de 25 000 vies. Un record en France où le nombre de tués sur les routes a baissé de prés de 50% pour atteindre en 2010 un peu moins de 4 000 victimes par an ; ce qui est encore trop.

Mme Poinsot s’insurge contre la remise en cause des sanctions prévues ; une décision qui serait purement et simplement irresponsable au regard du comportement meurtrier de certains automobilistes qui commettent régulièrement des infractions graves. Pour elle, la solution passe par le maintien d’une présence régulière de la police et de la gendarmerie sur les routes car la peur du gendarme reste dissuasive pour de nombreux automobilistes, mais plus certainement par une plus grande sévérité des sanctions pour les auteurs de fautes graves. En effet, seule la sanction est efficace et dissuasive. Parallèlement, la Violence routière de l’Aveyron participe régulièrement à des actions d’information et de sensibilisation auprès de tous publics et plus particulièrement des scolaires. L’association intervient régulièrement auprès de la Préfecture, au travers du Plan Départemental d’Actions de Sécurité Routière, du Conseil général, des maires et des élus en général. Elle dispose également d’une cellule de soutien psychologique et juridique pour les victimes d’accidents de la route.

Mme Poinsot se réjouit de la mise aux normes autoroutières d’une partie de la RN88, tout en regrettant les retards pris dans l’aménagement de cet axe routier majeur qui est aujourd’hui saturé. C’est notamment le cas lors des grands weekends et des vacances scolaires, générant ainsi de nombreux accidents mortels. Elle rappelle que selon les chiffres officiels de la Sécurité Routière, une baisse de seulement 1% de la vitesse moyenne des automobilistes, diminue de 4% les risques de mortalité. D’où l’intérêt de poursuivre l’effort engagé ces dernières années pour continue à faire baisser la vitesse moyenne, y compris par l’utilisation régulière de radars.

Il est incontestable que les efforts réalisés sur le département de l’Aveyron pour améliorer les infrastructures routières, qu’il s’agisse de l’Etat ou du Conseil général, ont conduit à réduire considérablement l’accidentologie départementale. La récente mise en service de la déviation de Pont-de-Salars (sur la RD 911), il y a une semaine, tout comme les prochaines mises en service des déviations de Curlande (RD 988), puis de la RN 88 à 2 x 2 voies entre Carmaux et Rodez, vont contribuer largement la sécurisation du réseau routier aveyronnais qui avait pris beaucoup de retard et se trouve aujourd’hui saturé. Il reste encore à l’Etat à aménager la portion, parmi les plus accidentogènes du département, la RN 88 entre Rodez et Séverac-le-Château. Il y a urgence à engager au plus vite ce goulot d’étranglement de 45 km afin de sécuriser durablement les routes aveyronnaises et préserver ainsi de très nombreuses vies. Mais pour cela, encore faut-il parallèlement maintenir la pression, pour ne dire la répression, sur les automobilistes récalcitrants.

Depuis plus de 10 ans, avec de modestes moyens mais avec une extrême détermination, Mme Christiane Poinsot et les membres de la Ligue contre la Violence routière de l’Aveyron se battent au quotidien pour faire baisser le nombre de victimes de la route et leur venir en aide. Un combat de tous les instants qui exige une grande disponibilité et présence sur le terrain. Un grand bravo à cette association qui lutte sans relâche pour préserver de précieuses vies humaines.

La Ligue contre la Violence Routière de l’Aveyron tiendra son assemblée générale annuelle le vendredi 27 mai à 16 heures dans les locaux de l’UDAF 1 rue du Gaz à Rodez.

Pour plus d’informations :

      Association Ligue contre la Violence Routière de l’Aveyron

     1 rue du Gaz BP93330  12033 Rodez cedex 9

     Tél : 05 65 42 21 63 – Mail : lcvr12@orange.frwww.violenceroutiere.org


Grand Rodez : l’avenir de l’agglomération compromis par l’incapacité des élus à impulser et poursuivre son développement

25 avril 2011

Plus de trois ans après l’élection du nouveau Conseil d’agglomération du Grand Rodez, en avril 2008, il faut bien avouer qu’il ne s’est pas passé grand-chose, à part la poursuite de quelques projets lancés par l’équipe précédente. Son nouveau président, M. Ludovic Mouly  reste extrêmement discret sur les dossiers en cours, en supposant qu’il en existe, et plus généralement sur la politique suivie par l’agglomération. Tout laisse d’ailleurs à penser qu’il n’y a pas de véritable projet et que le pilotage se fait à vue, au gré des vents et de l’influence des uns et des autres.

L’impuissance et la paralysie de l’agglomération du Grand Rodez depuis 3 ans tranchent singulièrement avec le dynamisme et les importantes avancées de celle-ci au cours des vingt dernières années qui avaient largement contribué au développement et l’expansion du Grand Rodez. Il est vrai que, jusqu’en 2008, la communauté d’agglomération travaillait dans une ambiance sereine avec l’ensemble des élus de toutes les communes, petites et grandes et de tous bords politiques, dans un esprit positif au profit d’un projet de développement global et cohérent de l’agglomération.

Depuis 2008, tout cela semble bien loin et l’agglomération, autrefois lieu de dialogue et de rassemblement, est devenu un lieu d’affrontement où quelques communes, notamment les plus importantes telle Rodez, n’ont de cesse de vouloir imposer leurs vues aux autres. Inutile de revenir ici sur les tiraillements et autres règlements de comptes politiques au sein de la gauche pour le contrôle de l’agglomération. Les équilibres entre les communes, pourtant souvent du même bord politique, sont aujourd’hui rompus et les tensions persistent au sein de la communauté d’agglomération. Dans ces conditions, difficile de construire des projets consensuels et porteurs de développement pour la collectivité toute entière.

Très récemment pourtant, Ludovic Mouly, le président de l’agglomération et Christian Teyssedre, le maire de Rodez, ont fait la paix le temps d’une intervention publique pour dénoncer le projet résultant de la réforme territoriale en cours, tel que proposé récemment par les autorités préfectorales de l’Aveyron. A les entendre, les travaux issus de la commission départementale de coopération intercommunale, présidée par la préfète de l’Aveyron, ignoreraient purement et simplement l’agglomération du Grand Rodez. En effet, contrairement à ce qui se passe un peu partout en France et dans la région, dans le projet actuel, aucune nouvelle commune ne prévoit d’intégrer l’agglomération du Grand Rodez.

Une exception aveyronnaise que l’on ne retrouve pas ailleurs où la réforme territoriale prévoit le plus souvent, au contraire, de renforcer le poids des agglomérations existantes en encourageant les communes plus ou moins proches à intégrer la communauté d’agglomération. Ces dernières se verraient ainsi confortées et étendues, portant souvent le nombre de communes membres de l’intercommunalité à plus de 30, voire même plus de 60. Ce serait le cas de la plupart des zones urbaines voisines telles Albi, Montauban et Castres qui verraient leur population approcher ou même franchir la barre des 100 000 habitants.

Dans le projet actuel de réforme territoriale, la communauté d’agglomération du Grand Rodez, forte de 8 communes représentant 56 000 habitants, resterait figée dans sa configuration initiale alors que sa zone d’influence urbaine s’étend pourtant à prés de 100 000 habitants, si l’on prend en compte les cantons satellites de Bozouls, Marcillac-Vallon, Baraqueville, Pont-de-Salars… En l’état, voilà effectivement une situation pour le moins inquiétante pour l’avenir de l’agglomération ruthénoise. Mais plutôt que de gesticuler à tort et à travers et d’accuser la préfète de l’Aveyron, le président de l’agglomération et le maire de Rodez qui n’ignoraient rien de la mise en place de la réforme territoriale et de ses enjeux depuis plus d’un an, auraient été mieux inspirés de travailler à renforcer l’unité et l’attractivité de l’agglomération. Aujourd’hui, il est un peu tard pour pleurnicher.

Qu’ont fait les élus du Grand Rodez pour favoriser l’extension de l’agglomération depuis 2008 ? Strictement rien hélas ! Au contraire, ils ont largement participé à sa division qui pourrait, à terme, conduire à son implosion. Beau travail messieurs les élus du Grand Rodez ! Il eut en effet été difficile de faire pire. Et dire qu’un certain Christian Teyssedre, durant la campagne municipale de 2008, se faisait fort d’étendre le périmètre de l’agglomération du Grand Rodez à un grand nombre de communes voisines…. A l’en croire, l’extension de l’agglomération s’était chose acquise d’avance. Trois ans plus tard, force est de constater que voilà encore un dossier qui a fait  pschitt… ! Plutôt que d’accuser une fois encore les autres de tous les problèmes, M. Teyssedre serait mieux inspiré de balayer devant sa porte et de faire son mea-culpa. Les seuls responsables de cette situation, ce sont les élus de l’agglomération du Grand Rodez, à commencer par son président et lui-même.

Devant l’incapacité de l’agglomération à conduire une véritable politique territoriale dans le respect de l’intérêt et de la diversité des communes qui la compose, et face aux conflits entre certains élus ces derniers mois, comment peut-on imaginer un seul instant que des communes voisines aient envie de sceller leur avenir à celui du Grand Rodez ? Manifestement, aucune collectivité, même de gauche, n’a souhaité rejoindre la pétaudière du Grand Rodez. On ne peut hélas que les comprendre au vu de la situation actuelle. En aucun cas, , ni la préfète de l’Aveyron, ni l’Etat, ne sauraient être responsables du manque d’attractivité du Grand Rodez vis-à-vis des communes voisines car la réforme territoriale, sauf cas très particulier, ne saurait imposer à des communes de rejoindre une structure intercommunale contre son avis.

Dans ce contexte, on voit mal comment la réforme territoriale pourrait profiter à l’agglomération du Grand Rodez. Encore une situation qui lui échappe et qui risque de lui coûter fort cher pour son développement futur. Par incompétence et mauvaise gouvernance, les élus de l’agglomération conduisent la communauté d’agglomération du Grand Rodez à l’isolement et à l’échec. C’est tout simplement dramatique.


Aveyron : la déviation de Pont-de-Salars en service

21 avril 2011

Elle était attendue depuis des décennies, à tel point que de nombreuses personnes désespéraient de la voir un jour se réaliser. Et pourtant, ce 19 avril 2011, la déviation de Pont-de-Salars a finalement été mise en service pour le grand plaisir des riverains et des nombreux véhicules et camions empruntant cet axe départemental majeur qu’est la RD 911, reliant à Millau et l’autoroute A 75 à Rodez.

Parmi les grands chantiers engagés par Jean-Claude Luche à son arrivée à la tête du Conseil général de l’Aveyron en 2008, la déviation de Pont-de-Salars était une priorité au vu notamment de la forte augmentation du trafic poids-lourds et de la dangerosité de la traversée du village en contrebas. Débutée en 2009, la déviation est longue d’environ 5 km pour un coût de 25 millions d’euros. Elle comporte un viaduc de 300 m de long, trois créneaux de dépassement d’un kilomètre chacun (deux vers Millau et un vers Rodez). La déviation est dotée d’un échangeur au sud-est (côté Millau) permettant l’accès au village et vers Salles-Curan et Saint Affrique et d’un rond-point à son accès nord-ouest (côté Rodez). La vitesse est bien entendu limitée à 90 km/h.

Une bien belle réalisation, entièrement financée par le Conseil général, qui permet de sécuriser grandement la traversée de Pont-de-Salars, tout en permettant au trafic en transit de contourner le village dans d’excellentes conditions, en gagnant au passage quelques minutes sur le trajet Rodez-Millau. Les habitués de la RD 911 ne manqueront pas d’apprécier ce nouveau tronçon qui vient compléter les travaux réalisés sur une longueur de 3 km sur le même axe, reliant Millau au péage du viaduc de Millau sur l’A 75.

Le prochain chantier routier important, outre la déviation de Curlande en cours sur la RD 988, devrait démarrer en début d’année 2012. Il s’agit de la fameuse déviation d’Espalion, attendue depuis plus longtemps encore. Longue de 5 km, elle permettra de relier le carrefour des 4 Routes dans la côté d’Espalion (RD 920), à la même RD 920 du côté de la route d’Estaing, à hauteur de La Bouysse. Grâce à ces deux réalisations du Conseil général, à son tour, le nord-Aveyron se rapprochera un peu plus de Rodez, à moins que ce ne soit l’inverse.

Ces travaux contribueront ainsi à une meilleure desserte routière du département et à une plus grande sécurité des automobilistes qui empruntent le réseau départemental.


Désastre nucléaire au Japon : quelles conséquences pour l’énergie nucléaire en France ?

18 avril 2011

Nul doute que les enseignements de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon seront tirés partout dans le monde, à commencer par les nations les plus atomisées. En Europe, aussitôt connu le désastre japonais, la Commission a exigé que toutes les centrales nucléaires fassent l’objet de « stress tests » dans les meilleurs délais pour tester la sécurité des installations en service et, le cas échéant, mettre hors service celles qui ne répondraient pas aux critères exigés. Espérons que ces tests seront réalisés avec rigueur et dans la plus grande transparence. De son côté, François Fillon, le Premier ministre français, a demandé un état des lieux précis et circonstancié des centrales nucléaires françaises.

Alors que  les problèmes rencontrés par un seul réacteur nucléaire peuvent mettre en cause la sécurité d’une grande part de la planète, peut-on continuer à laisser les gouvernements des pays nucléarisés contrôler et sécuriser seuls leurs propres installations ? Manifestement, non, surtout aujourd’hui où certains pays sont en train de mettre en service des réacteurs «  low cost » à prix et sécurité minima, sans pour autant maitriser l’exploitation du cycle nucléaire. Plus que jamais, une organisation mondiale de contrôle des installations nucléaires disposant de larges pouvoirs et dotée d’une véritable autorité doit s’imposer à tous les pays disposant d’un arsenal nucléaire civil et militaire. En cela, le rôle de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) dans sa mission de contrôle de la sécurité de l’ensemble des installations nucléaires mondiales ne pourra qu’être renforcé.

Probablement faudra-il aussi avoir le courage de renoncer à construire ou exploiter des installations nucléaires de qualité médiocre, construites à la va-vite et à moindre coût, qui n’assurent pas une totale sécurité du cœur du réacteur nucléaire, notamment en cas de fusion de celui-ci suite à accident. La question se pose notamment avec acuité pour certains pays en voie de développement qui voudraient contrôler eux-mêmes leurs installations. Outre des exigences de sécurité renforcées, il paraît inévitable de fermer définitivement les centrales les plus anciennes et vétustes, datant de plus de 30 ans, plutôt que de tenter de prolonger leur durée de vie. L’ASN (Autorité française de Sécurité Nucléaire) a récemment émis des réserves sur la sécurité de certaines centrales nucléaires, notamment au regard de leur exposition aux risques naturels.

La France devrait donner l’exemple en mettant hors service ses installations les plus anciennes, à commencer par la centrale de Fessenheim sur le Rhin. Deuxième puissance nucléaire mondiale avec 58 réacteurs, contre 107 pour les Etats-Unis, la France va inéluctablement devoir réviser sa politique et notamment son fameux mix énergétique (78% de l’énergie électrique est d’origine nucléaire, contre 52% en Belgique, 25% au Japon, 20% en Allemagne et aux USA). Même s’il faudra de longues décennies pour assurer un rééquilibrage, le moment est venu pour elle de diminuer progressivement la part de l’énergie nucléaire et de favoriser massivement les énergies propres et renouvelables, telles le solaire et l’éolien.

La relative unanimité de la classe politique française, de droite comme de gauche, concernant l’énergie nucléaire, ne pourra perdurer bien longtemps. Depuis 50 ans, cette politique a conduit notre pays à tout miser sur l’énergie nucléaire qui représente plus de 78% de notre électricité, un seuil inégalé dans le monde. A cause de ce dogme du tout nucléaire, la France a raté sa diversification énergétique, notamment dans les énergies sûres, durables et renouvelables qui sont pourtant les énergies de demain. Qu’elle le veuille ou non, la France n’a pas d’autre alternative que de changer progressivement son fusil d’épaule et d’adopter au plus vite les énergies vertes et renouvelables.

Sauf à revenir à la bonne vieille bougie, ceux qui ne veulent pas du nucléaire devront choisir. L’heure des choix a sonné. La France doit se doter d’un parc éolien conséquent, et ce, aux quatre coins de l’hexagone, pour palier à la diminution progressive de l’énergie nucléaire. Le gouvernement vient d’ailleurs de valider un certain nombre de grands parcs off-shore sur la Manche et au large des côtes de Bretagne. C’est un début. Ne vaut-il pas mieux quelques beaux mâts éoliens à proximité de sa maison qu’une centrale nucléaire ou même des lignes à haute tension ? Il faudra aussi que les français finissent par comprendre que l’énergie est précieuse, rare et sera donc de plus en plus chère. Nous avons tous une responsabilité individuelle et l’heure est venue pour chacun de réduire drastiquement sa propre consommation d’énergie en adoptant une éco-attitude qui préserve notre environnement. En cela, les constructions BBC et à énergie passive ont un bel avenir.

Compte tenu de la singularité de sa situation et de l’urgence à agir, la France ne pourra faire l’économie d’un grand débat public sur l’énergie en général et le nucléaire en particulier. Nul doute que ce débat sera un thème fort de la campagne présidentielle française de 2012. N’oublions pas qu’il s’agit de l’avenir de chacun et de celui de la planète route entière.

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Rodez : les dossiers à « emmerdement maximum » ou l’aveu d’impuissance

13 avril 2011

Le 8 mars 2011, se tenait une réunion du Conseil municipal de Rodez. En guise d’introduction de séance, une motion a été soumise en soutien aux sinistrés du Japon et pour demander un grand débat national sur l’avenir de l’énergie en France, suite à la catastrophe nucléaire à laquelle doit faire face ce pays.

Une motion qui ne pouvait qu’avoir l’assentiment des membres du conseil municipal. Si le maire a apporté son soutien à cette motion, une fois de plus, il n’a pu s’empêcher d’en rajouter une couche en se lançant dans un discours pro-nucléaire, allant jusqu’à affirmer que les risques nucléaires en France n’étaient pas comparables avec ceux du Japon. On entend là le discours bien rodé et cher au syndicaliste d’EDF qu’il a été. Probablement un vieux réflexe, mais que connaît-il de ce dossier, comme d’autres ? Les écologistes qui siègent au conseil municipal à ses côtés, ont du particulièrement apprécier de telles affirmations, eux qui militent ni plus ni moins, pour la sortie immédiate du tout nucléaire ! Après Fukushima, et tous les autres accidents, comment peut-on oser affirmer que les risques nucléaires en France sont faibles ? Voilà encore un sujet sur lequel M. Teyssedre aurait gagné à rester silencieux !

Après avoir félicité Bernard Saules pour son élection au Conseil général du canton de Rodez-Est, M. Teyssedre s’est empressé de faire remarquer son absence à la séance du Conseil municipal, oubliant au passage que ce dernier s’était excusé pour raisons professionnelles et avait donné procuration à sa collègue Régine Taussat. C’est aussi oublier que les élus de droite exercent habituellement une activité professionnelle, par toujours facile à concilier avec un mandat politique, contrairement aux élus de gauche qui sont habituellement des professionnels de la politique. Voilà qui est de bonne guerre en ces temps de tensions à gauche : un peu de diversion ne fait pas de mal, après l’échec du candidat socialiste sur ce même canton.

Deux sujets ont concentré l’attention de l’assistance. La future école de Bourran et le fameux dossier de l’îlot Balard : le serpent de mer de la municipalité.

Concernant la nouvelle école de Bourran que la municipalité s’est engagée à construire pour remplacer celle de Calcomier,  le maire a reconnu qu’il devait faire face à des contre-temps et que les choses n’avançaient pas comme il l’entendait. Après l’acquisition des terrains le long du mail, voici plus d’un an, pour la coquette somme de 1.5 millions d’euros, voilà maintenant que l’on découvre que le dossier est bloqué parce qu’il reste une bande de terre de quelques mètres carrés qui n’ont pas été acquis et qui partagent la parcelle en deux. La mairie reconnaît ne posséder que 98% de la superficie mais n’entend pas perdre le bénéfice de cet investissement pour le moins couteux.

On se rappelle que la municipalité avait préféré s’engager dans la réalisation de deux écoles au lieu d’une seule prévue, initialement au milieu de l’avenue Boscary Monsservin, entre les quartiers de Saint Félix et de Bourran. Outre le coût très élevé de l’acquisition des terrains à Bourran, le nouvel emplacement parait fort mal indiqué pour une école primaire, en bordure d’un mail à double voie de circulation et très fréquenté, avec des difficultés de stationnement et une pollution intense qui ne va que s’amplifier. Qu’à cela ne tienne, si M. Teyssedre reconnaît des difficultés dans la gestion du dossier, il persiste contre vents et marées. Quoi qu’il arrive et même si au final, l’école doit être confinée sur une petite parcelle, elle sera bien construite d’ici la fin du mandat quoi qu’il en coûte. Peu lui importe le résultat final et l’intérêt des enfants, pourvu que sa promesse électorale soit respectée !

L’Îlot Balard, ce long fleuve tranquille qui alimente les conversations des ruthénois et les débats du conseil municipal depuis 3 ans, n’en finit pas d’être reporté et de subir des modifications incessantes.  Un dossier avec des « emmerdements maximum » pour la municipalité qu’il faut malgré tout gérer, tellement les habitants du quartier n’en peuvent plus des voltes-faces successives et autres reculades de la mairie. M. Teyssedre a confirmé qu’il n’y aurait pas de halle couverte puisque aucun commerçant, sédentaire ou non, ne semble en vouloir. Après l’étrange exploration d’une piste de skate voici quelques mois, il évoque maintenant l’idée d’y réaliser un espace dédié aux artisans de l’art de Rodez ! En demain ?

Pour le reste, le dossier semble bel et bien  bloqué et les travaux d’aménagement de l’îlot Balard ne sont pas pour demain. Après avoir renoncé à poursuivre le projet « Cité, cœur de ville » finalisé par l’équipe précédente, qui selon elle était définitivement ficelé et prêt à démarrer dés 2008, l’équipe Teyssedre n’en finit pas de s’embourber dans ce dossier sans fond en accusant son prédécesseur d’être à l’origine des difficultés actuelles. Selon le maire, certains immeubles n’ayant pas été acquis dans le cadre de la déclaration d’utilité publique, ne peuvent plus l’être aujourd’hui dés lors que celle-ci a pris fin. 3 ans après, la ficelle est un peu grosse à avaler et les ruthénois s’impatientent de ne rien voir venir pour remplace le projet « Cité cœur de ville » et revitaliser le centre-ville.

Plus étonnant, encore voilà maintenant que les Bâtiments de France s’opposeraient à la destruction de l’immeuble Balard, qui devait permettre d’ouvrir l’espace Balard sur la place de la cité. Bien étrange alors que jusque là, personne ne s’était jamais opposé à cette destruction. Voilà, en tout cas, qui arrive à temps pour justifier le blocage du dossier de réaménagement du quartier. Plus amusant, on affirme dorénavant que ce bâtiment datant du début du 20ème siècle, sans aucun intérêt architectural, s’inscrirait dans un projet de préservation du patrimoine du centre-ville. Manifestement, tous les moyens sont permis pour expliquer l’impuissance de la mairie à conduire ce projet majeur de réaménagement du centre-ville.

Voilà qui en dit long sur l’incapacité de la municipalité socialiste à faire avancer les dossiers majeurs pour le développement du centre et de la ville de Rodez en général. On n’a pas fini de faire avaler des couleuvres aux ruthénois !


Cantonales Aveyron 2011: les enseignements à tirer pour la droite

11 avril 2011

Alors que la gauche aveyronnaise se voyait déjà à la tête du Conseil général, les élections cantonales de mars 2011 ont marqué le retour en grâce de la droite auprès des électeurs si l’on en juge par le renforcement de la majorité départementale conduite par Jean-Claude Luche. Dans l’ensemble, les candidats soutenus par la majorité sortante ont en effet réalisés des scores honorables à la grande satisfaction de Jean-Claude Luche, le président du Conseil général réélu dans un fauteuil.

Après les terribles échecs passés, ces résultats encourageants pour le centre-droit sont-ils l’hirondelle qui annonce le printemps ? Sont-ils le signe d’un possible retour de celle-ci sur le devant de la scène départementale dans les prochaines années ? Pas si sûr. La modeste participation des électeurs à ce scrutin appelle à la plus grande prudence. D’une manière générale, il semble que la faible mobilisation ait plutôt joué au détriment de la gauche, alors qu’à l’inverse, ici et là (Rodez-Est, Millau-Ouest, Nant et quelques autres cantons),  l’électorat de droite semble avoir retrouvé quelque peu le chemin des urnes, notamment à l’occasion du second tour.

Deux facteurs ont semble-t-il joué en faveur de la droite. D’une part, les attaques brutales menées par la gauche contre le président du Conseil général sortant ont probablement été mal perçues par une partie de l’électorat aveyronnais qui, après 3 ans de mandat, considère que Jean-Claude peut se prévaloir d’un bon bilan. De plus, il s’est le plus souvent montré ouvert, non sectaire et mobilisé pour défendre le département. Les aveyronnais ont, semble-t-il souhaité qu’il reste à la tête de l’institution départementale pour poursuivre son action collective. D’autre part, la gauche notamment à Rodez et Millau, après 3 ans de gestion, ne fait pas l’unanimité ; c’est le moins que l’on puisse dire. A Rodez, elle se déchire depuis plusieurs mois et les règlements de compte apparaissent au grand jour. Cette situation est mal perçue par une partie se son électorat modéré qui a probablement préféré rester à la maison pour marquer sa désapprobation.

L’autre enseignement important de cette élection, pour la première fois depuis bien longtemps, c’est la présence le plus souvent d’un seul candidat à droite. Face à une gauche éclatée au 1er tour, partout où le centre droit était uni, même avec des candidats de valeur inégale, la victoire a été le plus souvent acquise dés le 1er tour. Au 2ème tour, l’effet s’est même trouvé amplifié. C’est là un bel encouragement pour la droite et la preuve qu’il n’y a aucun salut pour elle dans la division et l’émiettement. L’électorat de centre-droit a manifestement apprécié. L’urgence de la reconstruction de la nouvelle droite aveyronnaise s’impose pour préparer les échéances futures.

Voilà qui explique en grande partie les résultats des élections cantonales 2011 en Aveyron. S’il y a un gagnant, au plan politique, ce ne sont pas les formations de droite et du centre, qui pour l’heure sont inexistantes en Aveyron, mais bel et bien Jean-Claude Luche qui apparaît aujourd’hui comme l’homme fort du département. D’autant que depuis les élections régionales 2010, ce dernier n’a pas rejoint l’UMP et que la plupart des candidats soutenus par la majorité départementale portaient la mention « sans étiquette » politique.

N’en déplaise à certains, cette victoire ne doit pas grand chose à l’UMP locale, et pour cause. Force est de constater que ces dernières années, l’UMP départementale est quasi-inexistante et porte une lourde responsabilité dans la décomposition de la droite locale.  On ne peut que regretter cet immobilisme persistant de la part d’une des principales formations politiques et son incapacité à se réorganiser pour préparer les échéances futures. L’état actuel de l’UMP au plan local constitue un handicap à la reconstruction durable de la droite. Ce n’est  hélas guère mieux du côté des formations politiques du centre.

A défaut d’une rapide et salutaire refondation de la droite aveyronnaise, les maires de Rodez et de Millau, mais aussi les parlementaires socialistes, ont encore de belles années devant eux. Ce n’est pas eux qui vont se plaindre de la situation !


France : vers une interdiction de l’exploration et de l’exploitation des gaz de schiste en France ?

8 avril 2011

Le 30 mai 2010, dans la plus grande indifférence générale, Jean-Louis Borloo alors ministre de l’Écologie avait octroyé un certain nombre de permis d’exploration de gaz de schistes localisés dans une vaste région, s’étendant sur prés de 10 000 km², comprise entre Montélimar (Drôme), Alés (Gard) et Nant (Aveyron). Cette zone inclue l’essentiel du sud Massif-Central et des Cévennes en particulier, jusqu’aux Grands Causses, couvrant ainsi une grande partie des départements de l’Hérault, du Gard,  de l’Aveyron, de la Lozère, de l’Ardèche et de la Drôme.

Ces permis ont été accordés aux groupes Total, GDF-Suez et Schuepbach Energy LLC (USA), alors même qu’une part importante de la région visée est située au cœur de deux grandes zones protégées : le Parc National des Cévennes et le Parc Régional des Grands Causses. Le plus surprenant c’est que cette décision, prise en catimini au plus haut niveau de l’Etat, n’avait guère été reprise par les médias jusqu’à ces dernières semaines. Il a fallu que quelques maires et associations s’inquiètent à quelques semaines du début des opérations d’exploration pour que l’affaire éclate enfin au grand jour. Une fois de plus, on peut s’interroger sur la qualité et la pertinence des médias français plus enclins à faire la une sur des faits divers ou marginaux. Mais c’est un autre débat.

Un média français sauve l’honneur : Canal+. La chaîne cryptée a diffusé le 04 avril dernier un long extrait du documentaire américain  Gasland qui sera intégralement repris dans certaines salles de cinémas dés le 6 avril.  Gasland est un film documentaire américain réalisé en 2010 par Josh Fox. Il a pour objet d’alerter les populations sur l’impact environnemental et les risques sanitaires liés aux méthodes d’exploitation utilisées pour extraire les gaz de schistes des sous-sols rocheux : la défragmentation hydraulique. Exploités aux USA depuis de longues années au moyen de ce procédé mis au point par la tristement célèbre société texane Halliburton, ces gisements (plus de 500 puits à travers plus de la moitié des USA) entraînent de nombreux dégâts irréversibles. Outre les problèmes environnementaux liés à la pollution de la plupart des nappes phréatiques, les populations vivant dans les zones d’exploitation ou à proximité connaissent aujourd’hui de graves problèmes de santé avec notamment le développement de maladies cancéreuses.

Compte tenu de la triste expérience américaine, les risques environnementaux entourant l’extraction de ce gaz paraissent considérables et mettent gravement en danger les populations. De nombreux adjuvents chimiques, dont certains extrêmement toxiques, sont mélangés avec du sable et injectés dans la roche avec de l’eau à très haute pression selon le procédé de défragmentation hydraulique, afin d’en extraire les gaz emprisonnés dans le schiste. Les réserves mondiales de ce type de gaz seraient plus importantes que le gaz naturel et la France, comme l’Europe du nord, en recèlerait une part très importante. D’où les appétits des grandes sociétés pétrolières mondiales et américaines en particulier. Les profits à court terme que quelques sociétés peu scrupuleuses, qui n’hésitent pas à piller les ressources naturelles et sont prêtes à rendre la planète invivable dans quelques décennies, peuvent-ils justifier que l’Etat français les autorise, fussent-elles associées à des entreprises publiques françaises, à exploiter de tels procédés au mépris des populations locales directement impactées par cette décision ?

Manifestement non ! Déjà, aux quatre coins de France, les populations se mobilisent pour s’opposer à la mise en œuvre de ces permis d’exploration et la plupart des politiques, de droite comme de gauche, montent au créneau pour s’opposer à l’exploitation de ces permis. Le 4 février 2011, le ministère du Développement durable et de l’Économie, des Finances et de l’Industrie ont annoncé le lancement d’une mission conjointe du Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET) et du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) afin d’éclairer le gouvernement sur les enjeux économiques, sociaux et environnementaux des hydrocarbures de roche-mère (gaz et huiles de schiste). Un rapport d’étape doit être remis pour le 15 avril 2011 et le rapport final pour le 31 mai 2011. Les rapports seront rendus publics et les conclusions en seront tirées avant fin juin 2011.

Nathalie Kosciusko-Morizet, l’actuelle ministre de l’Ecologie et du développement durable attend les résultats de la mission demandée sur le sujet pour se prononcer.  De son côté, le Premier ministre François Fillon a prolongé le moratoire sur la recherche et le forage de gaz de schistes jusqu’au 15 juin. Dans un courrier adressé aux ministres de l’Ecologie, de l’Intérieur et de l’Economie, le Premier ministre a indiqué que le moratoire visera désormais les permis de recherche et les autorisations de travaux. Espérons que le bon sens et les intérêts des populations locales seront enfin pris en compte par les pouvoirs publics.

Les choses se sont accélérées au plan politique. Après le parti socialiste, les parlementaires UMP devraient soumettre très rapidement une proposition de loi interdisant l’exploration et l’exploitation de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels par des forages verticaux ou horizontaux au moyen de la technique de fracturation hydraulique. Ce texte a de bonne chances d’être adopté tellement les parlementaires de tous bords politiques, sous la pression des électeurs, sont déterminés.

Une manifestation d’opposition aux recherches et à l’exploitation des gaz de schiste est prévue à Nant (Aveyron) le 17 avril prochain. Agissons tant qu’il est encore temps !

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