Clearstream : Villepin victime ou manipulateur ?

28 septembre 2009

Voilà à nouveau l’affaire Clearstream à la une de presse française ! A croire que cette affaire intéresse encore les français qui ont bien d’autres chats à fouetter… Le seul intérêt médiatique est que cette affaire concerne deux protagonistes de premier plan. Une affaire bien classique jusqu’alors, qui concernait la diffusion d’une liste de noms de personnalités titulaires de comptes secrets au sein de cet établissement financier luxembourgeois, pour le moins clair : Clearstream (filiale de Deutsche Börse Group).

Cette affaire serait restée dans l’ombre si la liste communiquée au juge Van Ruyn Beck au cours de l’année 2005 par un certain corbeau, aujourd’hui identifié (Jean-Louis Gergorin), n’avait pas été falsifiée par l’adjonction de quelques personnalités françaises de premier plan, au rang desquelles Nicolas Sarkozy. Cette opération aurait semble-t-il été réalisée par un informaticien (Imad Laoud). Après la plainte déposée par la plupart des faux titulaires de comptes cités (une quarantaine), dont ce dernier, les deux juges désignés pour l’instruire ont décidé, en toute indépendance, que les éléments du dossier méritaient des suites correctionnelles. Telles sont aujourd’hui les raisons de ce procès correctionnel au cours duquel messieurs Dominque de Villepin, Jean-Louis Gergorin, Imad Laoud et quelques autres, sont invités à s’expliquer.

Ce procès a pour but de permettre d’établir les responsabilités ou non des prévenus, et notamment de savoir si M. Villepin est directement ou indirectement à l’origine de la falsification de ce listing et de l’inscription des noms de Nicolas Sarkozy et quelques autres. En effet, M. Villepin alors ministre de l’intérieur, puis Premier ministre de Jacques Chirac, était en conflit ouvert avec Nicolas Sarkozy qu’il avait fini par obtenir le départ du gouvernement. M. Villepin, comme Sarkozy, avaient tous les deux le projet d’être désignés comme candidat unique de la droite pour la présidentielle de 2008. Aussitôt parti du gouvernement, Nicolas Sarkozy avait pris le contrôle du principal parti de droite (le parti du président) pour le transformer, en fusionnant les divers partis de la droite et du centre au sein de la nouvelle UMP.

La rapidité de la prise de contrôle de l’UMP, ajouté à l’efficacité et la puissance de cette machine électorale entièrement aux mains de Nicolas Sarkozy qui en était devenu le président, constituait manifestement un gros handicap pour Dominique de Villepin dans sa course à l’Elysée. Aurait-il, pour tenter de déstabiliser son adversaire, tenté de le compromettre et le discréditer en montant cette affaire Clearstream de toute pièce comme semble en être convaincu Nicolas Sarkozy ? La haine de Villepin aurait-elle été jusqu’à demander la falsification des listings pour y apposer le nom de son ennemi parmi quelques autres ? L’enjeu principal de ce procès est de savoir qui a demandé à Laoud et Gergorin de falsifier ce listing et de le diffuser au juge Van Ruyn Beck ?

Tout le reste n’a pas grand intérêt et ne mérite pas le traitement médiatique démesuré actuel (plus de 50 journalistes suivent les débats). Les récentes déclarations rageuses de Villepin, tentant de faire porter la responsabilité de cette affaire sur le président de la République, n’est qu’un artifice de pure fantaisie. Et si l’attitude haineuse et agressive de Villepin, qui semble perdre son sang froid dés l’ouverture du procès dans lequel il est cité à comparaître, était finalement l’aveu d’une réelle appréhension pour ce procès ? Si M. Villepin n’a rien à se reprocher dans cette affaire et s’il est aussi « clean » qu’il le prétend, pourquoi s’inquiète-t-il face à la justice de la République ?

Les réactions de M. Villepin et de certains médias après les propos pour le moins malencontreux de Nicolas Sarkozy sur cette affaire, sont par ailleurs disproportionnées et pour le moins infondées. Les déclarations du président de la République semblent bel et bien avoir été détournées du contexte de la phrase citée. Il apparait clairement que « les coupables » correspondaient à une qualification générale qui ressortait de l’instruction du dossier et non de personnes prévenues en particulier. Deux d’entre elles ont d’ailleurs reconnu les faits, sans que l’on sache qui a demandé d’ajouter le nom de Sarkozy. Il est bien évident que dans une affaire de falsification, ce dernier peut légitimement saisir la justice pour qu’elle juge les coupables connus ou à venir. Il n’y a là aucune atteinte à la présomption d’innocence des prévenus, à moins d’être de mauvaise foi. Quand à la prétendue pression exercée sur la justice de la République, même si le plaignant est le chef de l’Etat, on cherche encore !

Pour autant, on peut avoir un petit regret dans cette triste affaire : que le président de la République ne soit pas resté à l’écart. S’il est indéniable que cette affaire ne s’explique que par la volonté de certaines personnes de lui porter préjudice personnellement, sa fonction eu mérité une plus grande distance.

Clearstream : une affaire en eaux pas aussi limpides qu’on aurait pu le penser ?

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Angela Merkel : la force tranquille et l’efficacité plébicitées

27 septembre 2009

Les élections législatives du 27 septembre 2009 en Allemagne ont été conformes aux attentes. Sans grande surprise, la CDU-CSU amenées par une Angela Merkel, qui reste la chancelière la plus populaire auprès des allemands, est largement arrivée en tête du scrutin avec prés de 34% des voix (- 1.5%), loin devant son grand rival SPD de Frank-Walter Steinmeier qui ne recueille que 24% des voix (- 9%, le plus mauvais résultat depuis 60 ans).

Les autres vainqueurs du scrutin sont les petits partis, à commencer par le FDP (libéraux) conduit par Guido Westerwelle qui réalise, avec plus de 14.5% des voix (+4.5%), sont meilleur score. De leur côté, Die Linke (extrême gauche) réalisé 12% des voix (+2%) et Die Grünen (écologistes) 10.5% (+1.5%).

Les électeurs ont largement exhaussé les vœux de Madame Angela Merkel qui avait clairement indiqué pendant la campagne, ne pas vouloir reconduire la coalition avec le SPD et privilégier celle avec le FDP. La CDU-CSU et le FDP ayant obtenu une large majorité au Bundestag (plus 320 sièges), l’Allemagne sera donc dirigée par la nouvelle coalition plus marquée au centre-droit que la précédente avec à sa tête, la chancelière Angela Merkel reconduite pour 4 ans.

Si les positions européennes de l’Allemagne ne seront pas remises en cause, certains ajustements restent possibles du fait des nouveaux alliés libéraux du FDP. Toutefois, le nouveau gouvernement ne devrait pas modifier substantiellement sa politique. Elle devra cependant composer avec le Bundesrat (Chambre haute) où elle risque de perdre sa majorité en raison des récentes victoires du SPD et de ses alliés dans certains Landers.

Pour autant, le couple germano-français Angela Merkel et Nicolas Sarkozy devrait poursuivre sur sa lancée et même renforcer sa position en Europe pour mieux faire avancer les grands dossiers (traité de Lisbonne, changement climatique, mise en place des mesures de régulation financière…).

La femme la plus puissante du monde et habile négociatrice s’il en est, va pourvoir poursuivre son chemin. En Europe, pas grand monde ne s’en plaindra, bien au contraire !


Nicolas Sarkozy : un président sur tous les fronts

25 septembre 2009

Dans le prolongement de sa présidence de l’Union européenne de 2008, Nicolas Sarkozy est reparti de plus belle à l’assaut de la politique internationale, faisant de la France et de l’Europe, un pilier ferme et résolu face aux USA. Entraînant avec lui Angela Merkel et Gordon Brown, le trio France, Allemagne et Grande-Bretagne ont présenté un front uni sur de nombreux sujets.

Son discours devant l’assemblée de l’ONU du 23 septembre a été un modèle d’ambition et de détermination à faire aboutir les grands dossiers : réforme de l’institution onusienne et du conseil de sécurité, plus grande représentativité de tous les continents en son sein, renforcement du multilatéralisme, mise en place d’une véritable politique de coopération entre les pays du nord et du sud, instauration d’une organisation mondiale chargée de la protection de l’environnement… pour ne citer que les plus significatives. Au final, un discours ambitieux et volontariste de la France pour faire avancer la paix et la sécurité dans le monde qui n’a pas, semble-t-il, laissé l’assistance indifférente.

Le lendemain, devant le conseil de sécurité de l’ONU présidé pour la première fois par Barack Obama, le même Nicolas Sarkozy s’est montré direct et très ferme en rappelant les graves manquements de l’Iran et de la Corée du nord à leurs engagements en matière de non prolifération nucléaire et l’incapacité pour le Conseil de sécurité de faire respecter les décisions prises. Un fois de plus, le président français a dénoncé l’attitude de l’Iran qui joue un double jeu et fait trainer les choses afin de gagner du temps, pour poursuivre le développement de son programme nucléaire militaire, au nez et à la barbe du Conseil de sécurité et de l’AIEA. Et d’appeler le Conseil de sécurité à faire preuve d’une extrême fermeté vis-à-vis de l’Iran dont le comportement menace directement la sécurité d’Israël, membre de l’ONU et du reste du monde.

En prélude au sommet de Pittsburgh, suite à la confirmation de l’existence d’un deuxième centre jusqu’alors secret d’enrichissement de l’uranium en Iran, équipement qui ne peut qu’être destiné au développement d’armes nucléaires, les présidents Obama et Sarkozy et le premier ministre Brown sont montés au créneau pour dénoncer fermement l’attitude de l’Iran et exiger le respect immédiat des décisions du conseil de sécurité de l’ONU. Pour une fois, cette nouvelle condamnation et mise en garde à l’Iran a fait l’unanimité des membres du conseil de sécurité, y compris la Russie et la Chine. Enfin une détermination commune de nature à faire pression sur l’Iran et permettre de mettre un terme à la poursuite de son programme nucléaire militaire.

Le sommet du G20 de Pittsburgh qui a suivi, avait pour objet de mettre en place un ensemble de régulations mondiales, destinées à limiter les dérives financières des établissements bancaires qui ont conduit à la présente crise mondiale. Les pressions exercées par les européens, sous la houlette de Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Gordon Brown promettaient des discussions difficiles avec les USA, peu enclins à réguler leur secteur financier. Au final, et même si les européens n’ont pas eu entièrement satisfaction, notamment sur le plafonnement des bonus (mais est-ce bien là l’essentiel ?), il semble qu’un certain nombre de mesures qui seront mises en application dans les deux prochaines années aboutissent à mieux réguler le secteur financier et à favoriser une plus grande transparence. Mais comme toujours, c’est un compromis probablement insuffisant mais qui a le mérite de marquer une volonté des gouvernants de mieux contrôler les dérives financières (augmentation des fonds propres des banques, ratios d’endettement à respecter, bonus mieux contrôlés, meilleure transparence des normes comptables, encadrement du secret bancaire et des paradis fiscaux…).

Après cette semaine très chargée aux USA, il semble que le président de la République française souhaite maintenant se consacrer pleinement au succès du sommet de Copenhague en décembre prochain, à un moment où ses alliés européens paraissent moins enclins à le soutenir dans ce nouveau challenge pour enrayer le changement climatique. Voilà un nouveau défi planétaire majeur pour lequel, en raison des divergences profondes entre certains pays du nord et du sud, il est bien difficile de prédire s’il sera ou non un succès. Espérons…


Israël-Iran : la tension monte…

21 septembre 2009

La récente réélection d’Ahmadinejad à la tête de l’Iran, en dépit des fraudes massives et la répression sanglante contre l’opposition qui s’en est suivie, constitue une grave menace pour la paix et la sécurité de cette région et du monde. L’opposition iranienne, en dépit de ses actions résistance, ne sera probablement pas en mesure de briser l’étau de la dictature avant de nombreuses années. En attendant, comment empêcher l’Iran de développer l’arme nucléaire et d’alimenter massivement le terrorisme au plan régional ?

La virulence des propos tenus récemment contre Israël, allant jusqu’à nier l’holocauste, révèle que le président iranien n’est rien d’autre qu’un voyou et un dictateur atteint de graves troubles psychiatriques. Sa bêtise et son ignorance ont atteint un niveau rarement égalé pour un grand Etat. Ce qui est bien triste pour la nation iranienne.

Le président Obama, pensant peut-être attendrir le régime d’Ahmadinejad, a proposé une trêve des sanctions économiques jusqu’à fin septembre 2009, en contrepartie d’un changement de position de l’Iran concernant les contrôle de ses sites nucléaires. A quelques jours de la date butoir, le régime continue de faire envers la communauté internationale. Dans ce contexte de blocage, la plupart des pays européens et les Etats-Unis ne vont avoir d’autre choix que de renforcer les sanctions, en espérant que pour une fois, la Chine et la Russie notamment, vont cesser de soutenir ce pays. Ce qui est loin d’être gagné !

C’est dans ce contexte que Barack Obama vient d’annoncer l’abandon définitif du projet de bouclier anti-missile lancé par son prédécesseur G-W Bush. Ce bouclier, dont le déploiement était prévu en Pologne et en Tchéquie, avait pour objectif avoué de neutraliser toute attaque iranienne contre les USA à partir de missiles longues portées. On sait que ce projet avait gravement contrarié les russes qui y voyaient là une arme redoutable, susceptible d’être utilisée contre eux. Les raisons de cet abandon, outre une amélioration des relations USA-Russie, se justifierait par le fait que l’Iran serait encore loin de disposer de tels missiles. Ce projet serait remplacé par un système d’armes plus conventionnel, capable de neutraliser les actuels missiles à courte et moyenne portée de l’Iran.

Bien que les avantages immédiats de l’abandon de ce projet soient importants pour les USA, est-ce bien là la principale raison de cette décision ? Ne s’agit-il pas d’une nouvelle tentative visant à faire baisser les tensions avec l’Iran et amener le pays à la table de négociation ? Toujours est-il que ce rapprochement avec les russes qui attendent beaucoup des coopérations sur le plan militaire, à un moment où les USA accentuent la pression sur l’Iran, est révélateur des changements importants de la diplomatie américaine.

Parallèlement, ces derniers mois, le nouveau gouvernement israélien du premier ministre Benyamin Netanyahou a lui aussi accéléré les discussions diplomatiques avec l’Europe et de nombreux pays parmi lesquels la Russie, allant jusqu’à y réaliser un voyage éclair dans le plus grand secret. Quelles sont les raisons profondes de ces tractations tous azimuts ?

Menacé par un Iran au bord de la guerre civile, Israël se sent plus que jamais en danger face à un Iran plus que jamais isolé au sein des pays musulmans et acculé à accélérer le développement de l’arme nucléaire pour peser sur la scène régionale. On sait qu’Israël est très inquiet du développement de l’arme atomique par ce pays et que ses services secrets surveillent précisément l’état de son avancement. Plus que tout autre pays, Israël sait anticiper les situations et prendre des mesures préventives pour préserver sa sécurité.

Dans ce contexte, on ne peut pas exclure qu’Israël ait pris toutes les dispositions lui permettant de détruire les installations nucléaires iraniennes dans les prochaines semaines, en s’assurant préalablement la neutralité bienveillante des grandes puissances et de la plupart des pays musulmans. Malgré les risques d’une telle opération, on ne peut aujourd’hui exclure une intervention éclair du type de celle effectuée jadis en Irak. Face à l’échec des sanctions économiques, ne serait-ce pas là le meilleur moyen de neutraliser définitivement et une bonne foi pour toute, les capacités nucléaires iraniennes et ôter ainsi une grosse épine aux mains des USA et des européens ?


Rodez : la pétaudière de la place d’Armes

19 septembre 2009

Depuis le début de l’été, prenant prétexte des travaux entrepris sur la cathédrale, la municipalité de Rodez en a profité pour tester, grandeur nature, le nouveau plan de circulation envisagé pour la place d’Armes. Prés de trois mois plus tard, force est de constater que celui-ci fait la quasi-unanimité des usagers contre lui, qu’il s’agisse des piétons ou des automobilistes.

Pour s’en convaincre, il suffit d’observer la longueur des files d’attente pour accéder à la place, tant côté de la rue Béteille qui est souvent bloquée jusqu’au carrefour St Cyrice, ou à l’inverse, du côté du tour de ville, sur les boulevards Gambetta, Gally, de Guizard et même Laromiguière. Il n’est pas rare de devoir attendre 10 à 15 mn là où il fallait moins de 5 mn auparavant. Du jamais vu à Rodez, à tel point que certains risquent d’être incité à aller faire ses courses ailleurs !

Pour ce qui est des piétons, c’est la galère ! D’où que l’on vienne, il n’a jamais été aussi difficile et dangereux de traverser pour accéder à la place d’Armes et au centre-ville, sans parler de l’étroitesse du passage laissé aux piétons devant la cathédrale qui interdit à deux poussettes de se croiser. Que dire des feux de circulation et autres matériels situés sur place, au cœur de la saison touristique. Pas de quoi attirer les foules en ville. De l’aveu de nombreux touristes, ce projet d’aménagement fait l’unanimité contre lui et constitue un véritable désastre pour les ruthénois qui sont forcés d’emprunter la place !

Il ne fallait pourtant pas être un grand spécialiste, pour qui connaît l’importance du carrefour de la place d’Armes, pour imaginer que de tels aménagements sommaires permettraient une circulation fluide. En raison de la configuration du piton ruthénois, il est pour le moins farfelu de prétendre vouloir améliorer la circulation avec un tel projet.

De son côté, la municipalité fait la sourde oreille, feignant de ne pas entendre de remontées négatives ! Pourquoi s’est-elle ainsi précipitée à modifier le plan de circulation alors que l’aménagement de la place d’Armes n’a jamais été une préoccupation pour une majorité de ruthénois ? C’est un vrai mystère ! M. le maire a d’ailleurs pu constater, lors des dernières réunions de quartier, combien ce projet était pour le moins contesté et ne revêtait aucune priorité pour les habitants.

A défaut d’un véritable projet murement réfléchi, en osmose avec la place et la cathédrale, permettant une circulation fluide et un meilleur accès des piétons au centre-ville, la municipalité serait mieux inspirée de laisser les choses en l’état. D’autant qu’en cette période de crise, il y a des projets bien plus importants et vitaux pour le développement de la ville.

La sagesse impose qu’il soit mis fin à la pétaudière engendrée par l’actuel plan de circulation de la place d’Armes.


G20 Pittsburg : l’heure de vérité pour Obama

17 septembre 2009

Depuis son élection à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama s’est notamment engagé, comme il l’avait promis durant sa campagne, à moraliser et à réguler le fonctionnement des établissements financiers de son pays.

Force est de constater que 9 mois plus tard, alors que la présence crise mondiale est d’origine principalement anglo-saxonne, la situation n’a guère évolué et que l’on reste toujours aux déclarations d’intention. Comme toujours, c’était sans compter sur la puissance des lobbies de la finance aux Etats-Unis qui sont très influents, y compris au cœur de l’Etat américain.

Le dernier discours prononcé par Obama au Federal Hall de New-York, à quelques pas de Wall Street, à l’occasion de l’anniversaire de la faillite de la banque Lheman Brothers, est tout un symbole. La virulence et la fermeté des propos qu’il y a tenus, laissent à penser que la volonté de Barack Obama de réformer le système financier et de mieux le réguler reste intacte malgré les fortes pressions qu’il subit.

A la veille du sommet du G20 de Pittsburg, on ne peut que s’en réjouir. Quoi que l’on pense, les seuls pays européens, à fortiori individuellement, n’ont aucun moyen efficace de réformer durablement et efficacement le système financier mondial. Tenter de le faire à leur modeste niveau ne servirait strictement à rien, sinon de détruire la finance de son propre pays. Le problème étant aujourd’hui global, et le contrôle de la finance internationale se trouvant principalement aux USA, il est pour le moins ridicule de penser que la solution n’est autre que globale.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel l’ont bien compris. Les réformes défendues bec et ongle par ces derniers, avec l’appui de la plupart des pays européens et bien au-delà, vont dans le bons sens. Pour autant, ces réformes (régulation des organes financiers, plafonnement des salaires des traders, amélioration de la transparence financière, réglementation des paradis fiscaux, rôle du FMI…) ne pourront être mises en place que si les USA et le reste du monde s’engagent ensembles dans cette voie.

De ce point de vue, le sommet de Pittsburg sera l’heure de vérité pour Barack Obama et le monde. La volonté d’avancer ensemble sur le sujet sera-t-elle là ? Va-t-on enfin se donner les moyens d’une véritable gouvernance mondiale avec de véritables réformes, impliquant le FMI et les outils de régulation nécessaire. La bataille devrait être très rude et fera probablement date pour Obama.

Compte tenu de la détermination des européens, soutenus par la plupart des pays du G20, il y a fort à parier que le président américain saura mettre de l’eau dans son vin, quitte à se faire quelques ennemis dans son pays. Le monde attend de véritables décisions qui changeront en profondeur la gouvernance du monde. Yes, they can…


France-Télécom : les terribles raisons d’un drame humain

15 septembre 2009

Quand France-Télécom va-t-elle se décider à mettre en œuvre une politique qui prenne en compte les problèmes de ses salariés et mettre un terme aux dramatiques suicides intervenus ces derniers mois ? Pas moins de 23 salariés morts en dix-huit mois et de nombreuses autres tentatives de suicide ! Pourquoi avoir attendu que les Pouvoirs publics interviennent pour réagir ? Croit-on vraiment que la situation s’améliorera par la création d’une ligne verte et de quelques postes de responsables de ressources humaines

La restructuration permanente de cette entreprise pour s’adapter à la concurrence qui sévit dans les télécoms ne peut justifier cette indifférence du management vis-à-vis des souffrances infligées aux personnels. Il y a urgence pour l’avenir de l’entreprise comme des salariés car la compétitivité et les performances ne peuvent durablement se faire au détriment des salariés.

Ce qui est dramatique dans ce dossier c’est que les principaux problèmes que rencontrent aujourd’hui les salariés de France-Télécom sont connus de tous (dirigeants, cadres, syndicats, professionnels de santé…) : restructuration incessantes à marche forcée, changement fréquents de poste et d’activité pour bon nombre de salariés obligés de passer d’un poste technique à un poste de commercial pour lequel ils ne sont pas qualifiés, mutations fréquentes et lointaines imposées, encouragement massif des personnels fonctionnaires à quitter l’entreprise, pression hiérarchique maximum, objectifs individuels fixés volontairement hors d’atteinte, concertation salariale quasi-inexistence, dépersonnalisation maximum, formation professionnelle limitée, dévalorisation des personnels, souffrances des personnels à devoir bâcler leur travail…et la liste est longue !

Les responsabilités des dirigeants de France-Télécom au plus haut niveau sont directement en cause et eux seuls portent l’entière responsabilité de ces dérives managériales qu’ils ont mises en place. Comment peut-on croire dans l’efficacité d’un tel management, si peu respectueux des personnels et de la dignité humaine ? Ses dirigeants sont-ils à ce point obnubilés par les performances statistiques de l’entreprise pour en oublier l’essentiel : à savoir que celle-ci ne pourra durablement subsister et se développer en persistant dans cette attitude de mépris pour ses salariés qui sont sa force et sa richesse.

Quelle que soit le secteur d’activité, la concurrence sur le marché et les mutations technologiques, rien ne saurait autoriser une telle forme de management. Si France-Télécom se veut en pointe, ce n’est certainement dans le domaine du management et de la gestion des ressources humaines.

Si l’entreprise veut survivre, elle ne peut continuer à ignorer les graves problèmes internes qui sont les siens et doit recourir à un management respectueux des droits et de la santé des salariés. A défaut d’un changement rapide en ce sens, pourquoi les clients devraient-ils continuer à faire confiance à cette entreprise si peu respectueuse de son personnel ? La concurrence ne manque pas et ne demande qu’à proposer ses services tout aussi performants, si ce n’est plus ! Ensemble, nous avons les moyens de faire changer France-Télécom.