Rodez : La chute des ventes de véhicules diesel fragilise l’industrie automobile et Robert Bosch en particulier

15 avril 2019

Le site Robert Bosch France d’Onet-le-Château (agglomération de Rodez) est depuis longtemps le principal site industriel de l’Aveyron et l’un des plus importants d’Occitanie. Il est spécialisé dans la production de systèmes d’injection diesel de type « Common rail » qui équipe depuis plus d’une décennie la majorité des véhicules diésel. Or, le site est aujourd’hui menacé par la forte baisse d’activité ces dernières années en raison de la chute des ventes de motorisations diesels en Europe et dans le monde.

Les moteurs diesels récents produits grâce aux nouveaux systèmes d’injection Bosch sont beaucoup moins polluants

L’usine de Rodez produit actuellement une nouvelle génération de systèmes d’injection particulièrement performants et au final, émettant peu de CO2 et surtout beaucoup moins de particules fines qui étaient le point faible des diesels de génération précédente, à l’origine de graves problèmes de santé publique. Or, la plupart de ces derniers sont toujours en circulation et personne ne semble s’en émouvoir alors qu’il faudrait retirer l’ensemble des véhicules diesels de plus de 10 ans d’âge car extrêmement nocifs pour la santé.

Depuis quelques années, la nouvelle génération de moteurs diesels n’émet que très peu de particules fines très novices pour la santé alors qu’à l’inverse, certains nouveaux moteurs essence sont devenus plus nocifs.

Le comble, c’est qu’aujourd’hui probablement par manque d’information, le consommateur s’est détourné massivement des véhicules diesels en raison de leur nocivité sur la santé (ce qui était exact pour les véhicules produits ces dernières années) et s’est précipité sur les véhicules essence récents, qui consomment moins mais sont pourtant plus nocifs pour la santé. Au passage, même les véhicules électriques prétendument propres émettent un niveau de particules fines proche des diesels récents en raison notamment de leurs pneumatiques et du système de freinage.

Cette évolution absurde du consommateur s’explique par les incessantes campagnes anti-diesel, qui étaient tout à fait justifiées en ce qui concerne les anciennes générations mises en service jusqu’en 2015/2016. Mais ces mêmes campagnes de dénigrement des moteurs diesels ont oublié de préciser que l’industrie automobile avait réalisé d’importants progrès en produisant une nouvelle génération de moteurs diesels bien plus propres et beaucoup moins nocifs.

Or, au même moment, elle produisait aussi de nouveau véhicules essence, certes plus performants en consommations mais bien plus nocifs que les précédents au niveau des NOx. Aussi surprenant que ce soit, cette évolution n’a fait l’objet d’aucune communication auprès du grand public.

Le Dieselgate a jeté un total discrédit sur les moteurs diesels

Bien sûr, il ne fallait pas compter sur les mouvements écologiques pour éclairer les consommateurs sur ces évolutions, alors que pour elles, seul le véhicule électrique aurait de l’avenir alors même qu’il est au moins aussi polluant que les véhicules thermiques les plus récents. Mais c’est un autre débat !

Plus surprenant, comment se fait-il que les industriels de l’automobile européenne, pourtant si puissants que ce soit en Allemagne ou en France, eux qui ont encouragé la production de cette nouvelle génération de véhicules diesels performants et très peu polluants, n’aient pas été en mesure de communiquer massivement pour expliquer les progrès considérables de ces nouveaux moteurs diesels ? Pourquoi les gouvernements allemands et français notamment au cours des années 2015/2016 n’ont pas été en capacité de communiquer sur le sujet plutôt que de laisser se répandre l’idée selon laquelle tous les moteurs diesels seraient finalement très nocifs pour la santé ? Pourquoi avoir ainsi laissé travestir la réalité au risque de conduire l’industrie automobile à la faillite ?

A cela, force est de reconnaître que l’affaire du truquage à grande échelle du système de contrôle anti-pollution des véhicules diesels par Volkswagen afin de minimiser les effets nocifs de ces motorisations (notamment Nox et CO2), a été désastreux sur le grand public (cf. affaire Dieselgate découverte en 2015). Cette colossale affaire, à laquelle sont liés la plupart des constructeurs allemands, a porté un tort considérable à l’image des moteurs diesels et explique en grande partie le fait que de nombreux consommateurs se soient finalement tournés vers les moteurs essence et dans un degré moindre, l’électrique.

Ainsi, subrepticement, avec une médiatisation considérable de l’affaire des moteurs diesels équipés de dispositifs de mesure de pollution truqués, de plus en plus de consommateurs ont décidé de tourner la page du moteur diesel. Ni les constructeurs, ni les gouvernements, ni les élus, les syndicats et les organismes de consommateurs n’ont osé aller à l’encontre de l’opinion générale. Une réaction étonnante de la part des équipementiers automobiles alors qu’une nouvelle génération de moteurs beaucoup moins polluants était en passe d’équiper les nouveaux véhicules !

Pourquoi ne pas avoir fait la promotion de la toute dernière génération de moteurs diesels, bien plus propres ? Le mal a ainsi été fait et les moteurs diesels paraissent aujourd’hui irrémédiablement condamnés, tout comme le seront les moteurs essence demain. Les responsables de cette situation se trouvent à tous les échelons de l’industrie et de la société.

Le site ruthénois de Robert Bosch face à la crise du diesel

Cinq ans plus tard, les dégâts sont en passe d’apparaître au grand jour au niveau de l’industrie automobile européenne. Pourquoi avoir attendu si longtemps sans véritable réaction alors que le problème est né voici bien des années déjà ? Pourquoi si peu d’anticipation des uns et des autres qui semblent aujourd’hui découvrir le sujet ? Pourquoi jouer aujourd’hui les vierges effarouchées sur le sujet ?

Certes on peut toujours manifester ici et là en brandissant régulièrement des pancartes pour se donner bonne conscience ! Mais cela ne changera rien car le mal a été fait.

A défaut d’avoir la main sur le dossier, certains élus ruthénois, dont le maire d’Onet-le-Château et le président de Rodez agglomération ainsi que quelques parlementaires, ont au moins le mérite de se bouger, que ce soit auprès du ministre de l’économie (mais que peut-il ?), en allant même jusqu’à rencontrer les dirigeants du groupe Robert Bosch à leur siège de Stuttgart pour attirer l’attention sur le devenir de l’unité de Rodez. Même si le résultat est loin d’être gagné, au moins a-t-on sensibilisé ceux qui ont quelques pouvoirs pour faire bouger les choses.

En effet, seule une reconversion des entreprises concernées vers des technologies du futur pourra compenser la perte d’emplois dans ce secteur de l’ancienne industrie. Ceci n’est hélas qu’un début, car avec la fin programmée des véhicules thermiques vers 2040, c’est toute l’industrie automobile qui va devoir se réorganiser sachant que la production de véhicules électriques ou à hydrogène ne nécessitera qu’un personnel très réduit au regard de celui employé aujourd’hui dans l’industrie automobile.

Alors oui, on ne peut que soutenir la Bosch à Rodez et ailleurs, mais c’est d’abord aux entreprises concernées de s’adapter à la nouvelle industrie, si possible sans oublier son unité de production ruthénoise qui a largement participé au développement et la richesse de Robert Bosch GmbH. L’objectif doit effectivement de tout mettre en œuvre pour maintenir l’emploi à son niveau actuel de 1 600 personnes.

Hélas, ni les élus locaux, ni le gouvernement n’ont la clef du dossier. Il reste à espérer que l’usine Robert Bosch d’Onet-le-Château pourra bénéficier d’un véritable programme de reconversion qui assurera la pérennité de l’établissement d’Onet-le-Château, si important pour le devenir de l’agglomération.

 

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Rodez : Le musée Soulages 5 ans après sa création

9 avril 2019

Porté par Rodez agglomération, le musée Soulages inauguré le 30 mai 2014 va prochainement fêter son cinquième anniversaire.

Après les longs et interminables débats qui ont précédé sa création, le moment est venu d’un premier bilan. Contrairement aux oiseaux de mauvais augure qui soutenaient que le musée serait un échec et plomberait durablement les finances de l’agglomération, force est de constater qu’il n’en a rien été.

Bien au contraire, après ces cinq premières années d’activité, chacun s’accorde à reconnaître que le musée Soulage est un succès incontestable, tant en termes d’attractivité et de notoriété, qu’en terme de soutien à l’activité économique de l’agglomération.

Une fréquentation soutenue depuis 2014

Alors que les prévisions les plus optimistes ne dépassaient pas une fréquentation annuelle de l’ordre de 80 000 visiteurs, elle a été en moyenne de 160 000 visiteurs par an. En effet, entre son ouverture en mai 2014 et la fin 2018, c’est plus de 800 000 visiteurs qui ont fréquenté le musée Soulages même si 2018 marque une baisse sensible.

Cette fréquentation soutenue a donné à l’agglomération ruthénoise une autre dimension dont on ne peut que se réjouir ; preuve que la culture peut aussi trouver sa place dans une ville moyenne et contribuer à son dynamisme. Il suffit de voir le nombre de nouveaux commerces parmi les plus divers qui se sont ouverts ces dernières années et la fréquentation du centre-ville à la belle saison, comme en atteste l’augmentation de 54% du nombre de nuitées ou de 61% des recettes liées à la taxe de séjour, entre 2013 et 2017.

Incontestablement, les expositions temporaires ont grandement assuré le succès. Parmi elles : Outrenoir en Europe (172 000) en 2014, Le Bleu de œil de Claude Lévêque (99 800) en 2015, Soto une rétrospective (41 300) et Picasso (90 900) en 2016, Calder forgeron de géantes libellules (91 200) en 2017, Le Corbusier (35 300) et Gutaï l’espace et le temps (55 900) en 2018.

Même si la dernière exposition Gutaï a quelque peu déçu en termes de fréquentation, probablement en raison de la faible notoriété de l’art Gutaï en France et d’une promotion locale insuffisante (ce sont d’abord les visiteurs issus du département qui ont fait défaut pour cette exposition). En cette année du Japonisme en France, ce fût pourtant une bien belle exposition insuffisamment relayée par les médias nationaux comme trop souvent.

Preuve que le choix des expositions temporaires reste délicat, tout en restant dans des fourchettes de prix raisonnables pour les finances de Rodez agglomération. Nul doute que les responsables du musée Soulages sauront trouver de nouvelles expositions qui conforteront le succès du musée Soulages.

Une architecture reconnue au niveau mondial

Financé par Rodez agglomération, le musée Soulages a été réalisé par le cabinet d’architecte catalan, RCR Arquitectes : Ramon Vilalta, Carme Pigem et Rafael Aranda. Une conception contemporaine et harmonieuse à base d’acier corten qui s’intègre parfaitement dans la pente du jardin public et de l’esplanade des Rutènes, mais aussi avec la cathédrale en arrière-plan. Une superbe réalisation qui vaut à elle seule le détour car il n’est pas sans rappeler quelques autres grands musées mondiaux célèbres.

RCR Arquitectes a d’ailleurs reçu en 2017 le prix Pritzker, considéré comme le prix Nobel de l’architecture. RCR Arquitectes a travaillé sur des projets en Espagne, en Belgique et en France. Parmi leurs réalisations les plus marquantes, outre la médiathèque Waalse Krook de Gand (Belgique), on trouve le musée Soulages qui constitue un ensemble unique fait de lignes droites et d’angles, avec des parois en acier corten pour donner à l’ensemble une teinte rouille.

Rappelons qu’en 2015, ce même cabinet d’architecture catalan s’était vu remettre le grand prix international par la Fondation d’architecture contemporaine espagnole pour la réalisation du Musée Soulages, la plus haute distinction architecturale espagnole.

Outre le musée Soulages, une aile du bâtiment abrite également le café Bras, une grande brasserie ruthénoise renommée, tenue par la famille des célèbres chefs internationalement connus : Michel et Sébastien Bras.

Un cadre exceptionnel pour un musée d’art moderne où les œuvres de Pierre Soulages sont merveilleusement mises en valeur.

Rodez fête le centenaire de Pierre Soulages

L’année 2019, est aussi l’année des 100 ans de pierre Soulages, né le 24/12/1919 à Rodez.

L’occasion pour la ville de Rodez et Rodez agglomération de marquer cet évènement en relation avec le siècle et l’œuvre de Pierre Soulages. C’est en effet à Rodez qu’il est aujourd’hui possible de contempler la plus importante collection des œuvres de l’artiste ruthénois.

Le musée Soulages est ainsi devenu l’un des tous premiers musées de province par sa fréquentation et un lieu culturel incontournable de France. Un atout considérable pour le développement et l’attractivité de Rodez et de son agglomération.

A l’occasion du centenaire de Pierre Soulages, un ensemble de manifestations culturelles sont proposées tout au long de l’année 2019 aux quatre coins de la ville.

Le programme détaillé : Le siècle Soulages Rodez 2019

L’avenir du musée Soulages et du pôle muséal

Le succès du musée Soulages repose aussi sur la qualité de son conservateur Benoît Decron et ses assistants qui ont su valoriser et vendre le musée à l’extérieur. C’est un combat de tous les jours, sachant que la communication dans le domaine de la culture est d’autant plus difficile que Rodez n’est qu’une petite ville moyenne avec des moyens limités qui doit faire face aux grands musées, principalement parisiens, sachant que la plupart des journalistes ne jurent que par Paris en matière culturelle. On mesure l’ampleur du défi à relever pour le musée Soulages qui doit se faire une place dans ce microcosme parisien.

Afin de faire face à ces défis, comme cela avait été initialement envisagé et comme le souhaite Pierre Soulages lui-même pour assurer la pérennité du musée dans le temps, les élus de Rodez agglomération ont fait le choix de confier la gestion du musée Soulages à un EPCC (établissement public de coopération culturelle).

Cet EPCC sera composé à parts égales par chacune des collectivités locales (Rodez agglo, la région Occitanie et le département de l’Aveyron) et par l’Etat. Les statuts de l’EPCC ainsi que sa gouvernance devraient être valisés par les partenaires dans les mois à venir. Si tout se passe comme prévu, l’EPCC en charge de la gestion du musée Soulages devrait voir le jour au plus tard en fin d’année 2019. Il devrait permettre d’offrir une plus grande dynamique au musée et lui donner les moyens de son développement en répartissant les frais de gestion entre les partenaires.

Pour autant, cela ne sera pas sans quelques soucis et ajustements car jusqu’à maintenant, la gestion du musée Soulages s’inscrivait dans le cadre pôle muséal de Rodez agglomération qui prendra donc fin à cette date. En effet, seul le musée Soulages relevant de l’EPCC, se posera alors la question de la gestion des deux autres musées ruthénois : Fenailles et Denys Puech.

Voilà qui ne va pas manquer de relancer de longs et délicats débats au sein de Rodez agglo. Gestion agglo ou retour à une gestion municipale ? Rodez peut-il conserver deux musées à côté de Soulages ? Pour quels coûts ?

Plus d’infos :


La mise en garde de Santé publique France concernant les méfaits de l’alcool

1 avril 2019

A l’instar de nombreux pays, le gouvernement, via Santé publique France vient de lancer mardi 26 mars 2019 une campagne de sensibilisation sur les méfaits d’une consommation régulière d’alcool.

Contrairement à une idée faussement répandue en France depuis des décennies, toutes les études scientifiques sérieuses convergent aujourd’hui pour assurer qu’ « aucun niveau de consommation d’alcool n’est réellement protecteur pour la santé. »

Cette campagne recommande de ne pas boire plus de deux verres d’alcool par jour et pas tous les jours de la semaine.

Pourquoi un telle campagne au pays du vin ?

1 – Toutes les études scientifiques récentes contestent le mythe selon lequel un verre de vin quotidien serait bon pour la santé

C’est notamment le cas de l’étude prônant le « zéro alcool« , publiée par la revue scientifique de santé britannique « The Lancet » en août 2018. Celle-ci établit clairement que boire un verre d’alcool par jour pendant un an augmente de 0,5% le risque de développer des problèmes de santé liés à l’alcool comme les cancers, les maladies cardiovasculaires, les accidents, les violences, les AVC ou bien encore la cirrhose.

Selon la co-auteure de l’étude, la Dr Emmanuela Gakidou de l’Institut de métrologie et d’évaluation de la santé (IHME de l’Université de Washington), seul le « zéro alcool » minimalise le risque global de maladies : « Les risques pour la santé associés à l’alcool sont énormes. (…) Le mythe selon lequel un ou deux verres par jour sont bons pour vous n’est qu’un mythe« .

Cette publication évalue en réalité les différents niveaux de consommation d’alcool et leurs effets sur la santé. La période étudiée s’étend de 1990 à 2016. Au total, 195 pays ont été étudiés. Ces nouveaux résultats sur la fréquence et l’impact de la consommation d’alcool jettent un froid. Boire même de faibles quantités, un verre de vin ou une bière par jour, comporte un vrai risque pour la santé.

Selon cette étude, en 2016, prés de 3 millions d’individus sont décédés à cause de l’alcool. La même année, la consommation de boissons alcoolisées a été le septième facteur de risque de décès prématuré et d’invalidité à l’échelle de la planète et la principale cause de décès chez les personnes âgées de 15 à 49 ans (suicides, accidents de la circulation, tuberculose notamment).

Un buveur sur trois meurt de problèmes de santé liés à l’alcool chaque année.  Les buveurs d’alcool de part le monde sont environ 2.5 milliards, dont 65% d’hommes. En France, la consommation d’alcool est de l’ordre, en moyenne, de 4,9 verres par jour chez les hommes et de 2,9 chez les femmes.

2 – Cette étude scientifique conclut qu’il n’y a pas de niveau sûr de consommation d’alcool. Seule une consommation d’alcool nulle réduit le risque global de perte de santé.

L’étude ne fait aucune distinction entre la bière, le vin et l’alcool en raison du manque de preuves lors de l’estimation de la charge de morbidité. Cependant, les chercheurs ont utilisé des données sur tous les décès liés à l’alcool en général et sur les résultats de santé connexes pour déterminer leurs conclusions.

Les modes de consommation d’alcool varient considérablement selon les pays et les sexes, la consommation moyenne par buveur et la charge de morbidité imputable. La « consommation moyenne » fait référence à une boisson standard, définie dans l’étude comme étant 10 grammes d’alcool pur, consommée quotidiennement par une personne, soit environ l’équivalent de :

  • un petit verre de vin rouge (100 ml) à 13% d’alcool en volume,
  • ou une canette de bière (375 ml) à 3,5% d’alcool en volume,
  • ou un verre de whisky ou d’autres spiritueux (30 ml) à 40% d’alcool en volume.

L’étude fournit des résultats sur la prévalence de la consommation courante, la prévalence de l’abstention, la consommation d’alcool chez les buveurs actuels et les décès et la mauvaise santé globale attribuables à l’alcool pour 23 problèmes de santé, tels que maladies transmissibles et non transmissibles et traumatismes : maladies cardiovasculaires, cancers, maladies non transmissibles telle la cirrhose du foie, maladies transmissibles, blessures intentionnelles ou involontaires, blessures liées au transport

Pour l’éditeur du Lancet : « Nous comprenons maintenant que l’alcool est l’une des principales causes de décès dans le monde aujourd’hui »… « Nous devons agir maintenant. Nous devons agir d’urgence pour prévenir ces millions de morts. »

Cette étude exhaustive se fonde sur 694 sources de données sur la consommation d’alcool individuelle et au niveau de la population, ainsi que 592 études prospectives et rétrospectives sur le risque de consommation d’alcool. Il s’agit de la plus grande base de données collectées à ce jour qui démontre la nocivité de l’alcool sur la santé.

En 2016, l’étude a montré que huit des dix principaux pays où le taux de mortalité attribuable à la consommation d’alcool était le plus faible chez les 15-49 ans se trouvaient au Moyen-Orient : Koweït, Iran, Palestine, Libye, Arabie saoudite, Yémen, Jordanie et Syrie. Les deux autres étaient les Maldives et Singapour. Inversement, sept des dix pays les plus touchés par le taux de mortalité étaient localisés dans les régions de la Baltique, de l’Europe ou de l’Asie centrale, notamment la Russie, l’Ukraine, la Lituanie, la Biélorussie, la Mongolie, la Lettonie et le Kazakhstan. Les trois autres étaient le Lesotho, le Burundi et la République centrafricaine.

Selon cette étude, il y a urgence à revoir les politiques pour encourager, soit à abaisser les niveaux de consommation d’alcool, soit à s’abstenir totalement.

3 – TAUX DE MORT ATTRIBUABLES À L’ALCOOL (par 100 000 personnes), 15-49 ans, 2016

Taux les plus élevés:

  1. Lesotho: 145,3
  2. Russie: 118,4
  3. République centrafricaine: 108,8
  4. Ukraine: 92,2
  5. Burundi: 81,1
  6. Lituanie: 76,1
  7. Biélorussie: 71,2
  8. Mongolie: 67,6
  9. Lettonie: 65,5
  10. Kazakhstan: 62,2

Taux les plus bas:

  1. Koweït: 0.3
  2. Iran: 0.4
  3. Palestine: 0,4
  4. Libye: 0,7
  5. Arabie Saoudite: 0.7
  6. Yémen: 0.9
  7. Jordanie: 1,3
  8. Maldives: 1,4
  9. Singapour: 1,6
  10. Syrie: 1,7

PRÉVALENCE (%) DES BOISSONS ACTUELLES, tous âges, 2016

Prévalence la plus élevée chez les hommes :

  1. Danemark: 97,1
  2. Norvège: 94,3
  3. Argentine: 94,3
  4. Allemagne: 94,3
  5. Pologne: 93,8
  6. France 93.1
  7. Corée du Sud: 91,3
  8. Suisse: 91,2
  9. Grèce: 90,8
  10. Islande: 90,3

Prévalence la plus basse:

  1. Pakistan: 0,9
  2. Bangladesh: 1.0
  3. Egypte: 1.1
  4. Mali: 2,5
  5. Maroc: 3.0
  6. Sénégal: 3.2
  7. Mauritanie: 3,2
  8. Syrie: 5.0
  9. Indonésie: 7,2
  10. Palestine: 7,9

Cette longue et exhaustive étude réalisée par The Lancet est corroborée par de nombreuses autres études mondiales.

4 – Une récente étude de l’INSERM va dans le même sens. (Pr Mickaël Naassila, directeur de l’équipe Inserm ERI 24, « Groupe de recherche sur l’alcool & les pharmacodépendances » (GRAP) et Bertrand Nalpas, directeur de recherche à l’Inserm et chargé de la mission « Addiction »

La consommation d’alcool en France reste élevée

Bien que sa consommation diminue régulièrement en France, 10% des adultes sont encore aujourd’hui sous la dépendance de l’alcool. Cette surconsommation entraîne des complications hépatiques, cardiovasculaires, neurologiques ainsi que des cancers, et l’alcool reste la deuxième cause de mortalité en France.

Les données de Santé publique pour 2014 indiquent qu’environ 13,6% des adultes ne boivent jamais et 9,7% boivent tous les jours (14,6 % des hommes et 4,9% des femmes). Le vin reste de loin la boisson la plus consommée.

La consommation débute le plus souvent à l’adolescence, période durant laquelle la bière et les prémix (boissons alcoolisées, sucrées et aromatisées) sont les boissons les plus populaires. L’âge moyen de la première ivresse est de 15,2 ans.  En 2014, 58,9% des adolescents âgés de 17 ans déclaraient avoir déjà été ivres au cours de leur vie, et plus d’un quart (25,3%) avait connu au moins trois épisodes d’ivresse au cours des 12 derniers mois (Source : Escapad 2014).

L’alcool présente une toxicité importante pour l’organisme

La consommation d’alcool expose à de multiples risques pour la santé en fonction des quantités absorbées. Elle est responsable de plus de 200 maladies et atteintes diverses.

Certaines de ces maladies sont exclusivement attribuables à l’alcool, notamment la cirrhose alcoolique ou certaines atteintes neurologiques. Pour d’autres pathologies, l’alcool constitue un facteur de risques supplémentaire.

C’est le cas de certains cancers (bouche, pharynx, larynx, œsophage, foie, sein, cancer colorectal) et de maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle, cardiopathie ischémique). Des troubles cognitifs sont en outre observés chez plus de 50% des personnes alcoolodépendantes : altération de la mémoire, inadaptation de certains mouvements… Ces troubles sont lentement réversibles.

Principale victime de l’alcool : le foie. Plusieurs maladies hépatiques peuvent être provoquées par la consommation excessive d’alcool : stéatose (accumulation de lipides dans le foie), hépatite alcoolique, cirrhose.

Une étude française effectuée auprès de 2 000 consommateurs excessifs hospitalisés a montré que seulement 11% d’entre eux avaient un foie normal : 34% présentaient une cirrhose alcoolique, 46% une stéatose associée ou non à une fibrose et 9% une hépatite alcoolique aiguë.

L’alcool, deuxième cause de mortalité prématurée en France

À dose excessive, la consommation d’alcool contribue de façon directe ou indirecte à 13% des décès masculins et à 3% des décès féminins. L’alcool constitue la deuxième cause de mortalité prématurée en France. Ainsi, en 2009, 49 000 décès étaient imputables à l’alcool en France, dont 22% des décès des 15-34 ans, 18% des décès des 35-64 ans et 7% des décès après 65 ans.

Il s’agissait surtout de cancers (15 000 décès), de maladies cardio-vasculaires (12 000 décès), de maladies digestives (8 000 morts dues à des cirrhoses) et d’accidents et suicides (8 000 morts). Les autres décès relevaient d’autres maladies dont des troubles mentaux liés à l’alcool.

Les conséquences sociales de la consommation excessive d’alcool sont également lourdes. En 2006, les tribunaux ont prononcé plus de 271 condamnations pour homicide involontaire sous emprise de l’alcool. Et dans 28 % des cas de violences conjugales enregistrées en région parisienne, l’auteur consommait régulièrement des quantités importantes d’alcool.

5 – Les recommandations récentes de l’autorité Santé Publique France en matière d’alcool en 2019 :

Il est possible de réduire considérablement les risques en suivant une règle simple : maximum 2 verres d’alcool par jour, et pas tous les jours.

Cela signifie qu’au cours d’une semaine, il est recommandé :

  •  d’avoir plusieurs jours sans consommation d’alcool,
  •  de ne pas boire plus de 2 verres dits « standards » les jours où l’on consomme de l’alcool,
  •  et globalement, de ne pas consommer plus de 10 verres standards par semaine.

Ces repères de consommation sont valables pour les hommes comme pour les femmes (sauf si elles sont enceintes). Un verre « standard » s’entend de 10 grammes d’alcool pur, quel que soit le type de boisson alcoolisée (vin, bière, apéritif ou alcool fort). En deçà de ces seuils, le risque d’atteinte toxique liée à l’alcool est largement diminué mais n’est pas nul, en particulier en ce qui concerne le risque de cancer.

Même consommé en quantité quotidienne faible, équivalente à 13 grammes (soit 1,3 verre), l’alcool serait responsable de 1 100 morts par an.

C’est pourquoi ces seuils sont discutés et pourraient encore être abaissés à l’avenir.

Pour mémoire, un verre de bière (250-300 ml), un verre de vin (150 ml) et une mesure de spiritueux (30-50 ml) contiennent une quantité voisine d’alcool (environ 10 g d’éthanol).

Plus d’informations :


Rodez : Vers la gratuité des transports urbains ?

26 mars 2019

A l’approche des élections municipales de 2020, l’un des arguments de campagne pourrait être la gratuité des transports urbains, et pas uniquement dans les petites villes.

Même la ville de Paris, via sa maire Anne Hidalgo, avait lancé le débat sur la gratuité des transports parisiens voici quelques mois. Au point que la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse en charge de l’exploitation des transports en commun parisiens (Ile-de-France Mobilités – ex STIF), a dû elle aussi, s’engager sur ce terrain pour le moins glissant.

Nombre de villes moyennes françaises semblent s’orienter vers la gratuité des transports pour 2020

Si la majorité municipale de la ville de Paris est favorable à la gratuité des transports, après étude, la présidente de région Ile-de-France s’y est dite opposée. En effet, outre le coût très élevé de la gratuité des transports en région parisienne estimé à plus de 2.5 milliards d’euros par an, Valérie Pécresse a tenu à préciser : « Je suis contre l’idée que tous les services publics doivent être gratuits. Le service public a un coût. » Voilà qui est dit !

Si ce coût d’exploitation reste généralement très élevé dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants, il reste plus modeste dans les villes de moindre importance qui disposent généralement d’un simple service d’autobus sur quelques lignes. D’ailleurs, en 2019, une bonne trentaine de villes petites et moyennes françaises pratiquent déjà la gratuité pour tous dont : Châteauroux, Castres, Compiègne, Gap, Manosque…

Par contre, seulement quelques agglomérations de plus de 100 000 habitants : Aubagne, Niort et Dunkerque ont généralisé la gratuité des transports. Mais il s’agit là de cas particuliers dans la mesure où ces dernières ont la particularité de bénéficier de véritables rentes financières qui leur permettent de financer largement la gratuité, sans avoir recours à la fiscalité. Ce qui est loin d’être le cas de nombreuses villes.

La plupart des études menées concluent cependant que le ratio de couverture des dépenses d’exploitation des transports en commun par les recettes commerciales dans les villes de plus de 100 000 habitants demeure très défavorable. En effet, il se situe généralement à moins de 30%, contre plus de 50% il y a 30 ans, dés lors qu’il existe un réseau métropolitain ou de tramways beaucoup plus onéreux en exploitation. Soit un déficit d’exploitation à financer de variant de 70% à 90% ! Du coup, on comprend les réticences des grandes villes opter pour la gratuité.

Cette évolution vers la gratuité des transports en commun semble pourtant inéluctable et devrait s’amplifier à l’occasion des élections de 2020, notamment pour les petites et moyennes agglomérations. En effet, depuis plusieurs années déjà, nombre d’agglomérations n’ont cessé de faire évoluer leurs tarifs publics fortement à la baisse. C’est le cas de Rodez où le ticket coûte actuellement 0.30 € depuis plus de 10 ans contre près d’un euro antérieurement.

AggloBus Rodez en chiffres

Le service AggloBus de Rodez est géré par la communauté urbaine de Rodez Agglomération. L’exploitation du réseau d’autobus a été confié par délégation de service public à la SATAR (Société anonyme des transports automobiles ruthénois) ; celle-ci lui a été renouvelé en 2018.

Le réseau AggloBus se compose actuellement de 21 autobus pour 13 lignes et 290 arrêts. 75 salariés animent l’ensemble.

  • Ligne A (Rodez-Centre/Onet-le-Château) cadencée toutes les 15 mn en heure de pointe, puis toutes les 30 mn
  • Ligne B (Rodez-Centre/La Mail-Bourran & Olemps) cadencée toutes les 15 mn, toute la journée entre Rodez et Le Mail
  • Ligne C, D, E, F, G, H, J, K & S (cadencées toutes les 30 mn ou 1 h)

Le budget annexe de Rodez Agglomération alloué à AggloBus Rodez est sensiblement inférieur à 7 millions d’euros. En 2017, la communauté urbaine a alloué une subvention d’exploitation de 530 000 € alors que les recettes commerciales s’établissaient à environ 300 000 €, soit environ 5% du budget.

Les tarifs pratiqués sont en effet très bas depuis près de 10 ans. Moyennant le rechargement par carte magnétique, le coût unitaire d’un trajet est de 0.30 € (10 tickets à 3 € ou 50 tickets à 15 €). L’abonnement mensuel illimité pour l’ensemble du réseau est à 10 € et l’abonnement annuel à 100 €. Les étudiants, demandeurs d’emplois et titulaires du RSA, CMU bénéficient d’un tarif annuel à 50 €. Difficile de faire moins cher !

En 2018, le nombre de voyageurs transportés annuellement était de l’ordre de deux millions, contre un million en 2010.

AggloBus Rodez demain

Rodez Agglomération pèse actuellement 60 000 habitants. S’agissant d’une ville moyenne où le coût d’exploitation du réseau de transport urbain reste pour le moins modéré, en dépit d’un réseau relativement long et étoffé, la question de la gratuité peut effectivement se poser. Sans pour autant perdre de vue que les transports urbains sont très largement subventionnés par les collectivités et que leur coût réel ne peut être ignoré.

Encore faudrait-il que le choix de la gratuité conduise à améliorer la desserte, notamment en activant les parkings d’approche existants et à venir, mais surtout en réduisant sensiblement l’utilisation des véhicules en centre-ville au quotidien, tout en augmentant progressivement le trafic voyageur. La gratuité des transports doit d’abord favoriser le déplacement des salariés se rendant sur leur lieu de travail en semaine.

Par contre, si la gratuité ne conduit pas à la diminution sensible du trafic de véhicules au sein de l’agglomération, on est en droit de se poser la question de la pertinence d’un tel choix compte-tenu du coût réel pour la collectivité et les ruthénois en général. La gratuité oui, mais pas à n’importe quel prix ! C’est le point faible de la gratuité des transports.

Au dire des spécialistes, la gratuité ne réduit pas sensiblement le trafic automobile, déresponsabilise les usagers et prive les collectivités d’un moyen de régulation et de modulation tout créant une dépendance à l’égard de la dépense publique.

Quoi qu’il en soit, nul doute que le sujet de la gratuité, même s’il relève d’une décision de la communauté urbaine, ne manquera pas d’apparaître au programme de plusieurs communes de l’agglomération ruthénoise, comme d’autres.

D’ores et déjà, Christian Teyssèdre, maire de Rodez et président de Rodez Agglomération a laissé entendre lors d’une récente réunion de comité de quartier que le projet de gratuité des transports serait à son programme municipal pour 2020. Probablement en a-t-il surpris plus d’un, car personne n’a réagi pour l’instant. En fin stratège qu’il est, il a manifestement pris ses opposants de court !


Les dirigeants des principales filiales étrangères lancent un appel pour que la France ne renonce pas aux réformes

19 mars 2019

Un collectif de dirigeants de filiales étrangères en France fait entendre sa voix. Cet appel s’inscrit dans le cadre du grand débat organisé par le quotidien économique Les Echos.

« La France ne doit ni renoncer ni faire une pause dans les réformes.

Dans le grand débat, nous souhaitons faire entendre notre voix. Nous tous présidons aux destinées de filiales françaises de sociétés multinationales. Nous appartenons à une communauté qui apporte à notre pays une contribution essentielle. Les 28.000 entreprises étrangères en France y emploient 2 millions de personnes, concourent à hauteur de 16 % au chiffre d’affaires de l’économie française, assurent le tiers des exportations françaises, réalisent 21 % de l’investissement corporel du secteur industriel et assument 21 % de la R & D.

Cette contribution est aujourd’hui en jeu. Avant que la « crise des gilets jaunes » n’éclate, notre pays venait subitement d’entrer en état de grâce auprès de nos maisons mères et son image y était à son zénith. Celles-ci, constatant que la France s’était enfin engagée sur la voie de sa transformation, ont multiplié des annonces concernant leurs projets de s’y développer.

Depuis lors, les scènes d’extrême violence qui ont tourné en boucle dans les médias internationaux, au-delà de leur impact sur les activités de nombre d’entre nous,  menacent d’entamer ce formidable capital que notre pays n’avait jamais su auparavant réunir auprès de nos quartiers généraux. Et nous voilà, alors qu’enfin nous étions dans nos compétitions intragroupes respectés et redoutés, inquiets de voir notre pays prendre le risque de se tirer une balle dans le pied.

Si la France souhaite continuer à être irriguée par des investissements étrangers qui viennent enrichir, notamment par les emplois créés, notre pays, celui-ci doit manifester cette capacité de rebond dont il a si souvent dans le passé su faire preuve.

Nous qui sommes les ambassadeurs de la France auprès de nos maisons mères ne saurions nous résoudre à renoncer à les convaincre de continuer à croire en elle, à y investir et y créer des emplois. Il en va de notre prospérité, qui est la première condition du « mieux vivre » auquel les Français aspirent.

Nous y contribuons tous en tant qu’employeurs attentifs au pouvoir d’achat de nos salariés, et pleinement engagés pour que la croissance de notre pays soit inclusive et durable.

Les conclusions qui seront tirées du grand débat qui s’achève joueront donc un rôle capital. Depuis dix-huit mois, la France a fait des choix décisifs en matière d’attractivité. Réforme du code du travail, suppression de l’ISF, instauration de la flat tax, baisse de l’impôt sur les sociétés et diminution des charges ont joué un rôle majeur dans le regain de confiance de nos quartiers généraux dans notre pays. Nous avons pris acte qu’il n’était pas question de revenir sur ce qui nous avait replacés sur l’écran de leurs projets d’investissements. Le faire, alors que nous avons été si longtemps pénalisés par notre inconstance et notre instabilité, porterait un coup sévère à notre attractivité retrouvée.

Pour chasser les doutes, la France ne doit ni renoncer ni faire une pause. Elle doit, au contraire, intensifier les réformes, notamment dans le domaine de la diminution du coût du travail, de la réduction de la dépense publique, de la simplification administrative et de la recherche d’une meilleure compétitivité fiscale où demeurent des progrès à faire.

Nous attendons aussi de notre pays, qu’à la veille d’élections européennes essentielles pour son attractivité, il ne cède pas aux démons du populisme et du souverainisme et qu’il adresse au monde le message d’un pays confiant dans son avenir et dans celui d’une Europe ouverte sur les autres et sur le monde. »

Le texte complet de l’appel du collectif de dirigeants de filiales étrangères en France publié par le quotidien Les Echos I Les Echos

Ce texte a été signé par 63 dirigeants de filiales étrangères en France, dont :

3M France, ABB France, Accenture France, Adecco Group, American Express Carte France, Astrazeneca France, BASF France, Carglass France, Coca-Cola France, Compass Group France, DHL Express France, DHL Global Forwarding France, DXC Technology France, Ericsson France, Esso Exxonmobil France, Ferrero France, General Mills, GSK France, Heineken France, Henkel France, Hewlett Packard Enterprise, HP Inc France, ING Bank France, ITRON Inc France, Janssen France, Kone Corporation, Lenovo, Marsh France, Metro France, Otis, Pfizer France, Riso France, Robert Bosch France, Roche France, Siemens France, SKF France, Smurfit Kappa France, Tomtom, Toyota Motor France, Unilever France, Xerox…


Vers un inexorable déclin de la droite française ?

10 mars 2019

Le déclin de la droite parlementaire est enclenché depuis l’échec de Nicolas Sarkozy au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2012, La descente aux enfers des Républicains (LR) n’a jamais cessé depuis lors et s’est même accentuée depuis le terrible échec de François Fillon dés le 1er tour de l’élections présidentielle de 2017.

La lente agonie des Républicains sous la présidence de Laurent Wauquiez ?

L’arrivé de Laurent Wauquiez à la tête de LR, loin de stopper l’hémorragie, n’a fait que l’accentuer, favorisant le départ ou la prise de distance de personnalités parmi les plus influentes du mouvement, mais aussi de nombreux sympathisants.

A la veille des élections au Parlement européen du 26 mai prochain, le parti qui pesait encore prés de 27% des voix au 1er tour de la présidentielle de 2012, n’a réalisé que 20% au 1er tour de la présidentielle de 2017 et 17.8% aux 1er tour des élections législatives de la même année.

Selon les derniers sondages, les Républicains recueilleraient entre 10% et 12% des voix à l’élection européenne de mai 2019, contre 21% lors de la dernière élection en 2014. Même si l’élection européenne se déroule selon un scrutin proportionnel, force est de constater que rien ne semble enrayer la chute.

A y regarder de plus près, cette évolution paraissait pourtant être devenue inéluctable au vu des orientations prises par les responsables de cette formation politique sous la direction de Laurent Wauquiez. Pourquoi un tel aveuglement ? Contrairement à Nicolas Sarkozy qui par son leadership incontesté avait réussi à unifier et faire travailler ensemble divers courants politiques allant du centre à la droite conservatrice, son départ a progressivement favorisé l’éclosion de tensions entre courants et personnalités qui ont fait voler en éclat l’unité du parti.

A cet égard, il faut bien reconnaître que la campagne lamentable de François Fillon, avec un programme extrêmement radical, a considérablement affaibli LR. De nombreux électeurs ont ainsi été dégouté et ils auraient souhaité qu’un autre candidat soit désigné à sa place. Nul doute que les dirigeants du parti paient aujourd’hui l’erreur d’avoir voulu cautionner jusqu’à bout un candidat indéfendable qui n’avait aucune chance.

Ce alors que le choix de l’expérimenté Alain Juppé, avec un solide programme beaucoup plus consensuel, aurait probablement préservé les chances de LR, tout en conservant l’unité du mouvement.

Après une série d’échecs retentissants, les Républicains se sont repliés sur eux-mêmes

Le lourd échec de François Fillon, suivi de l’élection d’Emmanuel Macron à qui une partie de la droite centriste avait apporté son soutien dés le premier tour, a irrémédiablement par réapparaître les deux grands courants chez les Républicains : d’un côté, les sociaux-libéraux centristes et de l’autre, la droite la plus conservatrice.

Les élections législatives qui s’en sont suivies ont confirmé le fait qu’une partie des électeurs de la droite modérée avait rejoint le camp d’Emmanuel Macron, dont ils étaient indiscutablement plus proches sur de nombreux points.

Loin de tirer les enseignements de ces échecs répétés et de tenter de convaincre ces électeurs de les rejoindre, les dirigeants de LR et en particulier son nouveau président Laurent Wauquiez ont, au contraire, défendu une ligne plus intégriste et radicale, s’apparentant sur certains points à celle de l’extrême-droite.

L’autre erreur a probablement été de ne pas soutenir clairement certaines réformes mises en œuvre par le gouvernement d’Edouard Philippe alors qu’au cours des années où Les Républicains étaient au pouvoir, ils avaient été incapables de les adopter. Certains électeurs ne le pardonneront pas car il s’agit d’abord de moderniser et préparer l’avenir du pays.

Enfin, et ce n’est pas la moindre des évolutions, d’une vision relativement pro-européenne défendue par Nicolas Sarkozy (au Parlement européen, LR est apparenté au groupe PPE – Parti populaire européen qui préside actuellement le parlement), les Républicains se sont progressivement enfermés dans une posture d’euroscepticisme, propre à certaines formations populistes européennes. Ces derniers mois, le refus des Républicains de se désolidariser de l’abominable Premier ministre hongrois Viktor Orban n’en est-il pas la meilleure preuve ?

Cette évolution vers un national-populisme stérile et radical n’a pu que décevoir un grand nombre de ses anciens électeurs qui ne se reconnaissent plus dans ces orientations politiques. Ils ont ainsi apporté leur soutien au président de la République, le seul aujourd’hui en position de défendre les valeurs sociales, réformistes et européennes, qui doivent permettre à la France de retrouver sa place au sein de l’Union européenne et dans le nouveau monde.

Après les électeurs, par dépit, nombre de cadres et d’élus ont été contraints de quitter le navire des Républicains

Il n’est pas anodin que deux anciens Premier ministres qui furent des figures historiques de l’UMP et des Républicains, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, apportent aujourd’hui leur total soutien à Emmanuel Macron dont ils partagent la vision et le projet. Une position loin d’être marginale depuis la présidentielle de 2017. Force est constater qu’au fil des mois, de nombreux cadres, parlementaires et élus locaux ont quitté le navire LR, se sentant exclus de fait par les nouvelles orientations politiques du mouvement.

Il y a quelques jours, même Jean-François Copé, maire de Meaux, à propos de la récente convocation de Jean-Pierre Raffarin devant le conseil de LR par Laurent Wauquiez, mettait en garde son parti : « Je ne suis pas sûr que ce soit génial de jeter l’anathème sur des personnes plus centristes qui sont consubstantielles de notre famille politique sinon on se rabougrit. »

A propos de la tribune pour l’Europe : « Une renaissance européenne » publiée ce mardi dans plusieurs médias de l’Union européenne par Emmanuel Macron, il a déclaré : « Quand j’ai lu cette tribune, je me suis dit que c’est ma famille politique qui aurait dû l’écrire ». Et d’ajouter : « Je suis sorti de la politique politicienne au sens du commentaire quotidien. J’aurais signé cette tribune car elle correspond exactement à mes convictions européennes et ce sont normalement les convictions de mon parti politique. »

Venant de Jean-François Copé, ancien secrétaire-général puis président du parti pendant plus de 5 ans, c’est peu dire de l’état de décomposition de LR.

Pour nombre d’électeur du centre-droit, après 30 années d’immobilisme, la priorité est aujourd’hui de reconstruire et moderniser la France, plutôt que de soutenir une formation politique qui a abandonné ses valeurs humanistes et européennes pour tenter de surfer sur la vague de populisme qui sévit en Europe. Le repli nationaliste de LR est suicidaire pour elle-même et le pays tout entier.

Manifestement, les dirigeants de LR ont oublié que nombre d’électeurs parmi les plus modérés, votent d’abord en fonction de l’intérêt du pays et non d’intérêts personnels ou partisans !

Les atouts de la France résident dans son appartenance à l’Union européenne qu’il faut aujourd’hui renforcer en la rendant plus transparente et démocratique. Tout autre discours n’est que mensonge et mystification.


France : La priorité doit enfin être donnée à la réduction de la dépense publique

3 mars 2019

Dans le cadre du Grand débat voulu par le président de la République, on a vu émerger ici et là les propositions les plus fantaisistes et contradictoires visant généralement à augmenter les impôts, plutôt que de les baisser. Etonnant alors que la plupart des français ne cessent de se plaindre d’impôts et taxes trop élevés qui rognent le pouvoir d’achat.

C’est oublier l’essentiel : le poids excessif de la fiscalité en France. L’autre problème,c’est l’importance de sa dette et ses déficits publics qui atteignent des records au sein des pays de l’OCDE. Eh oui, depuis trop longtemps la France vit à crédit et nettement au-dessus de ses moyens. Pour autant, peu de propositions sérieuses et significatives visant à réduire les dépenses publiques qui sont pourtant les plus élevées des pays de l’OCDE (57% du PIB), ont été faites.

La seule alternative crédible pour la France est de réduire drastiquement les principales dépenses publiques

La seule alternative possible n’est pourtant autre que la réduction massive des principales dépenses : celles liées à la fonction publique, aux dépenses sociales et aux retraites et non par quelques mesures très marginales proposées ici et là. Ceci est d’autant plus d’actualité que les services publics en France sont dépassés et ne répondent plus aujourd’hui à l’attente des citoyens en de nombreux domaines.

Comme de nombreux pays l’on fait, il est possible de réduire la dépense publique ainsi que le nombre de fonctionnaires, tout en améliorant substantiellement la qualité et l’efficacité de ce dernier. Pour cela, il convient de redéfinir les missions de services public d’aujourd’hui. Les besoins actuels n’ont plus grand-chose à voir avec ceux de l’après-guerre, en raison notamment des évolutions technologiques, de la formation et de la répartition des populations dans le pays.

En France, les recettes nettes du budget de l’Etat, après reversement aux collectivités territoriales et à l’Union européenne, représentaient 243 milliards d’euros en 2018, contre des dépenses nettes de 329 milliards d’euros. Ce qui fait apparaître un déficit du budget pour 2018 à 86 milliards d’euros. C’est dire l’ampleur des économies à faire au cours des années à venir.

Voici quelques dépenses à réduire en priorité pour dégager des marges de manœuvre et ramener progressivement le budget en équilibre comme l’ont fait la plupart des pays du nord de l’Union européenne.

Les principales dépenses publiques (Sce Budget de l’Etat 2018)

  • Enseignement : 71.6 milliards € (21.76%)
  • Défense : 42.5 milliards € (12.92%)
  • Engagement financier de l’Etat : 41.8 milliards € (12.71%)
  • Recherche & enseignement sup. : 27.7 milliards € (8.42%)
  • Sécurité publique : 19.7 milliards € (5.96%)
  • Cohésion des territoires : 17.2 milliards € (5.23%)
  • Travail & emploi : 15.6 milliards € (4.74%)
  • Ecologie & développement durable : 11.3 milliards € (3.43%)
  • Gestion finances publiques : 10.9 milliards € (3.31%)
  • Justice : 8.7 milliards € (2.64%)
  • Agriculture, alimentation & forêts : 3.4 milliards € (1.3%)
  • Administration générale & territoriale de l’Etat : 2.5 milliards € (0.76%)
  • Direction & action du gouvernement : 1.5 milliards  (0.46%)

Ces principales dépenses de l’Etat représentent à elles seules 300.3 milliards d’€, soit 91.3% du total des dépenses. Les 4 principaux budgets représentent à eux seuls 176 milliards €, soit 55.8 % de l’ensemble des dépenses. A l’inverse, les seules dépenses liées à l’action du gouvernement représentent moins de 0,50% du total.

Les grandes masses de dépenses en France sur la base de 1 000 €

Dans un souci d’information et de transparence, le gouvernement a publié dans le cadre du Grand débat, une ventilation des dépenses annuelles de l’Etat pour 1 000 € de dépenses. Ce tableau a le mérite de mieux permettre d’identifier les dépenses les plus importantes pour proposer des alternatives au regard de l’enjeu des différents postes.

  • Protection sociale : 575 € (dont retraite : 268 €, assurance maladie : 191 €, famille : 42 €…)
  • Dépenses sectorielles : 143 € (dont Affaires économiques : 53 €, transports & équipements : 43 €…)
  • Education : 96 €
  • Administrations publiques : 66 €
  • Services publics : 60 € (dont défense : 31 €, sécurité : 25 €, justice : 4 €)
  • Recherche : 23 €
  • Charge de la dette : 37 €

Plus d’infos : Ce que financent 1 000 euros de dépenses publiques

Quelques axes pour réduire les dépenses publiques

Au vu de l’ampleur de certaines dépenses publiques, point n’est besoin d’être un grand expert en économie pour comprendre les enjeux et cibler les dépenses à réduire en priorité.

  • La fonction publique

De nombreux français se plaignent de plus en plus d’une administration lourde, tatillonne et peu à l’écoute des usagers. Contrairement à ce que l’on entend trop souvent, ce n’est pas un problème de moyen et de nombre de fonctionnaires, bien au contraire, l’administration française ressemble plus à « une armée mexicaine » totalement dépassée ! D’ailleurs, en dépit de la forte présence de l’administration dans les zones rurales depuis l’après-guerre, cela n’a pas empêché la désertification.

L’administration française doit être réformée pour l’adapter au monde d’aujourd’hui et la faire en sorte qu’elle soit à l’écoute des usagers, notamment via les portails internet. Il faut donc renforcer l’administration là où se trouve la population la plus importante et la réorganiser dans les zones peu peuplées par la mise en place de maisons de services publics, services itinérants, mutualisation diverses…

Tout cela doit se faire tout en réduisant les coûts de fonctionnements devenus excessifs au regard du peu de service rendu. La bonne administration en 2019 n’est pas qu’une affaire d’effectifs sinon cela se saurait. De nombreux pays tels l’Allemagne, le Royaume-Uni ou l’Espagne ont une administration bien plus efficace avec des moyens financiers et en personnels bien moins importants. Pour cela, il faut en finir avec la démagogie qui consiste à dire que la réduction du nombre de fonctionnaires nuit au bon fonctionnement du service public !

A quoi servent des administrations parfois pléthoriques quadrillant de nombreux départements ruraux où la population ne cesse de baisser depuis plus de 50 ans (des trésoreries, des centres de finances publiques, des gendarmeries…). Strictement à rien, il faut l’avouer !

Parallèlement, il faut traquer les effectifs superflus dans la fonction publique, notamment dans les administrations centrales à Paris, mais aussi dans les directions régionales et départementales. Trop de doublons et de postes redondants, notamment au niveau de l’encadrement supérieur en nombre pléthorique, souvent peu compétents et rarement à l’écoute des services de terrain.

A terme, les directions départementales actuelles (plus de 100) ne sont plus adaptées alors qu’une simple direction régionale serait bien plus efficace et adaptée. Obnubilés qu’ils sont par le déroulement de leur petite carrière personnelle, ils ne sont pas prêts à abdiquer. Il y a pourtant là des économies budgétaires considérables à réaliser, tout en rendant l’administration plus souple, efficace et au service de nos concitoyens.

  • La protection sociale

Le système de retraite : Pour permettre le financement à venir des pensions de retraite, la France n’a d’autre choix que de s’aligner sur les autres pays européens en portant progressivement la date de départ à la retraite à 65 ans et en supprimant les régimes spéciaux. Ceci est rendu nécessaire pour équilibrer le régime et maintenir le niveau de retraite des prochaines générations. C’est d’autant plus justifié que les retraités français sont, et de loin, les mieux lotis en Europe et qu’ils vivent en moyenne plus longtemps que dans les autres pays.

Les prestations sociales et de chômage : Il faut revoir notre système de protection, d’aides sociales et d’indemnisation du chômage aujourd’hui beaucoup trop dispendieux et dont l’efficacité est fortement contestée. La priorité doit être de refondre l’intégralité des aides publiques (RSA, prime d’activité, allocations logement et familiales, allocations de chômage…) pour les simplifier et les rendre plus transparentes et efficaces ; tout en mettant en place des mesures efficaces de lutte contre les fraudes.

  • Le millefeuille territorial

L’autre importante source d’économie concerne la réduction de strates administratives territoriales aux missions souvent redondantes qui coûtent très cher à la collectivité, généralement sans une réelle plus-value. Il faut revenir à des structures plus simples, légères, lisibles et beaucoup moins onéreuses.

Il y a urgence à encourager la fusion des communes, à commencer par celles de moins de 2 000 habitants pour les rendre plus compétitives et performantes, tout en réduisant leurs coûts de fonctionnement. De 35 000 communes, la France doit revenir à moins de 10 000 dans les 10 ans. De même, les communes ayant intégré des communautés de communes ou d’agglomérations doivent progressivement fusionner. Elles y gagneraient énormément en lisibilité, mais surtout en économies financières, tout en devenant plus efficaces et attractives.

Il convient par ailleurs de réduire massivement les dotations et subventions aux collectivités, en les réservant aux seules communes qui fusionnent ou aux communautés de communes ou d’agglomération dans le cadre de projets d’intérêt strictement communautaire.

Il faut aussi s’interroger sérieusement sur la nécessité de conserver l’échelon départemental. Après la réforme ratée des régions où des économies importantes restent à réaliser, les départements devraient pouvoir s’effacer progressivement en transférant leurs missions, d’une part, aux régions notamment les infrastructures routières, les transports et les collèges et d’autre part, aux communautés de communes, d’agglomérations et les métropoles pour les autres missions.

Quelques dépenses qui doivent malgré tout être revue à la hausse

Certaines dépenses afférentes aux missions régaliennes de l’Etat ont toutefois vocation à être revue à la hausse mais elles ne représentent globalement qu’une faible part des dépenses budgétaires.

Il s’agit principalement de la défense dont le budget doit remonter au-dessus du seuil de 2% du PIB contre 1.5% aujourd’hui ; ce qui est insuffisant pour faire face à la modernisation et à l’opérationnalité de nos forces armées. Les forces de sécurité nécessitent également un renforcement de leurs moyens. Quant à la justice qui dispose d’un des plus faibles budgets d’Europe, un effort financier important doit être consenti pour une meilleure exécution de notre justice.

Enfin, des moyens beaucoup plus importants doivent être alloués à la santé en général, notamment aux Ehpad et hôpitaux ; ce qui n’exclut pas des économies concernant certains remboursements de médicaments, d’actes et de soins non essentiels.

Le temps est venu pour la France de s’attaquer enfin à la réduction massive de ses dépenses publiques.

Plus d’infos : Ce que financent 1 000 euros de dépenses publiques en 2018