France : Limiter la vitesse à 80 km/h sur les routes pour sauver un maximum de vies

15 janvier 2018

Fidèle à ses engagements, le gouvernement d’Edouard Philippe a présenté le 09 janvier 2018 au Comité interministériel de sécurité routière (CISR) les prochaines propositions de son gouvernement pour faire baisser significativement le nombre de victimes d’accidents de la route. La mesure phare de ce projet concerne la limitation de la vitesse de 90 km/h à 80 km/h sur les axes nationaux et départementaux, bidirectionnels sans séparateur médian.

Rien de bien surprenant à cela lorsque l’on connaît le piètre bilan des accidents de la route en France. A l’exception de l’année 2013 qui avait connu le plus faible nombre de victimes d’accident de la route avec 3 268 tués, le bilan n’a eu de cesse de se dégrader, preuve s’il en est du manque de volonté politique à faire respecter la loi sur les routes. Force est de constater que ces dernières années, les contrôles routiers ont été réduits à la portion congrue et ne n’ont pas été la priorité des gouvernements de M. Hollande.

Sous l’impulsion des divers gouvernements depuis 1996, le nombre de tués par accident de la route avait en effet connu une baisse importante passant de 8 000 par an à moins de 4 000 en 2012. Pour ce faire, les gouvernements avaient alors fait de la lutte contre les accidents de la route une réelle priorité avec une véritable politique répressive visant à faire respecter les limitations de vitesse par les conducteurs récalcitrants, grâce notamment à la mise en place des radars automatiques. En ce domaine, comme dans d’autres, on sait en effet que le moyen le plus efficace de lutter contre l’insécurité sur les routes est d’accentuer les contrôles et de sanctionner plus lourdement les infractions au code de la route. Bien qu’impopulaires, ces mesures courageuses de bon sens avaient permis de faire baisser de manière importante le nombre de morts sur les routes.

La preuve de leur efficacité a ainsi été apportée, en France, comme dans la plupart des pays. On le sait : il faut une réelle volonté politique pour s’attaquer au fléau des morts sur nos routes et rester ferme et déterminé face aux divers lobbys automobiles très influents. Depuis 2012, les automobilistes n’ont pas manqué de noter un relâchement des contrôles routiers et ont peu à peu repris leurs mauvaises habitudes (excès de vitesse de plus en plus fréquents, dépassements dangereux, téléphone en conduisant, prise d’alcool au volant, absence de clignotant…). Cette augmentation des incivilités sur les routes du fait de moindres contrôles de police et de gendarmerie est à l’origine d’une sensible augmentation du nombre de victimes sur les routes.

Rappelons que conformément aux orientations données par les Nations unies et l’Union européenne ces dernières années, les gouvernements français s’étaient fixés pour objectif de faire baisser le nombre de morts sur les routes sous la barre des 2 000 à l’horizon 2020. A moins de deux ans de l’échéance, avec près de 3 500 tués, il est clair que la France ne respectera pas cet engagement alors qu’un peu partout en Europe, le nombre de victimes de la route ne cesse de baisser.

Pourquoi la France continuerait-elle d’être le mauvais élève de l’Europe et accepterait-elle qu’un nombre important de personnes, dont de nombreux jeunes, soient tuées sur ses routes ? Le gouvernement d’Edouard Philippe a pris le problème à bras le corps et semble aujourd’hui déterminé à s’attaquer à ce fléau pour le moins indigne d’un pays qui se dit développé ! Comment accepter qu’autant de personnes continuent d’être tuées du fait du comportement irresponsable et dangereux d’une minorité d’automobilistes qui refusent de respecter le code de la route ?

Pour une fois, le courage politique l’a finalement emporté face aux lobbies et à une majorité de français hostiles à toute répression sur les routes. La liberté ne saurait en effet constituer une autorisation de tuer son prochain ! Et contrairement à ce qu’affirment certains automobilistes de mauvaise foi, rouler un peu moins vite ne veut pas dire qu’il y aura plus de ralentissements ou de bouchons ; bien au contraire cela devrait fluidifier le trafic routier sans que les temps de transport en soient pour autant allongés, du moins pour les trajets locaux. Pour les longs trajets, il reste les autoroutes et autres voies rapides dont les chaussées disposent d’un séparateur central qui ne sont pas concernées par cette limitation, sans oublier les transports en commun.

Que comptent quelques heures perdues dans une vie au regard des nombreuses victimes qui y ont trouvés la mort du fait de l’irresponsabilité de quelques automobilistes ? Depuis des décennies, la Sécurité routière, comme la Ligue contre la violence routière ou la Prévention routière ne cessent de rappeler que la vitesse reste la principale cause de mortalité et constitue toujours un facteur aggravant dans la majorité des accidents.

La plupart des experts en accidentologie sont d’accord pour affirmer que baisser la limitation de vitesse de 90 km/h à 80 km/h sur les routes à deux ou trois voies non séparées permettrait de sauver entre 300 et 400 vies par an au minimum. Ceci est confirmé par les résultats de l’expérimentation menée entre juillet 2015 et juillet 2017 sur 81 km de routes nationales et départementales dans quatre départements sur cette nouvelle limitation : « La vitesse moyenne a baissé d’environ 7% et l’accidentalité a connu une réduction de 25%, avec 50% de tués en mois : 3 morts contre 6 l’année précédente.» Qui peut encore raisonnablement contester le fait que diminuer la vitesse réduit automatiquement et significativement le nombre de victimes de la route ?

Même avec un des meilleurs réseaux routiers au monde, y compris sur les voies secondaires avec la présence de très nombreux ronds-points (record du monde) qui sécurisent les intersections, la France reste l’un des pays occidentaux qui a le plus grand nombre de morts sur ses routes. Mais contrairement à bien des pays, les contrôles routiers en France restent peu nombreux et peu redoutés des automobilistes qui prennent de plus de plus de liberté avec le code de la route. Comme dans d’autres domaines, il n’est que temps que l’Etat face là aussi respecter la loi sur nos routes.

Au-delà des terribles drames familiaux provoqués par les accidents de la route, dont rappelons-le la majorité des victimes sont totalement innocentes, la baisse de la mortalité au volant constitue un enjeu économique majeur. En 2016, l’insécurité routière aurait coûté plus de 50 milliards d’euros à la collectivité, soit 2.20% du PIB contre seulement 1.5% pour l’Allemagne et la plupart des pays de l’Union européenne.

Avec ce projet de loi relatif à la sécurité routière, le gouvernement fait ici preuve de courage et d’ambition pour sauver le plus de vies sur nos routes, même si cela doit se faire contre l’avis des automobilistes eux-mêmes. Outre la vitesse excessive, le projet vise également à réprimer plus lourdement les conducteurs qui continuent à braver l’interdiction de téléphoner en conduisant ou qui conduisent sous l’emprise de l’alcools ou de drogues, mais également en protégeant davantage les usagers vulnérables que sont les piétons et les cyclistes.

Un projet de loi sera prochainement présenté en ce sens pour une entrée en application au 1er juillet 2018.

On ne peut donc que se féliciter de cette décision en espérant qu’elle sera suivie d’autres, tout aussi spectaculaires et impopulaires comme l’interdiction à la circulation des véhicules diésel de plus de 10 ans qui contribue grandement à la pollution atmosphérique qui ferait près de 45 000 morts en France.  Rappelons que les véhicules diésels émettent des oxydes d’azote (NOx), mais aussi les dangereux dioxydes d’azote (NO2) qui s’attaquent aux voies respiratoires ainsi que nombre de particules fines toxiques pour les poumons et reconnues comme cancérigène par l’OMS depuis 2012.

En quelques années seulement, la ville de Pékin a ainsi retrouvé un niveau de pollution atmosphérique acceptable en matière de santé publique, notamment du fait de l’interdiction pure et simple des véhicules les plus polluants. Pourquoi la France en serait-elle incapable, sauf à accepter de laisser mourir autant de personnes innocentes, tout simplement parce que la mesure serait impopulaire ?

Gouverner c’est aussi défendre l’intérêt général et protéger les français contre quelques intérêts particuliers égoïstes.

Plus d’information :

Publicités

Musée Soulages Rodez : Le Corbusier, exposition temporaire du début d’année 2018

7 janvier 2018

La dernière exposition temporaire du musée Soulages vient juste de se terminer. Selon les premières indications données ici et là, la magnifique exposition consacrée à l’artiste américain Alexander Calder a connu un beau succès. Sur l’ensemble de l’année 2017, la fréquentation totale du musée devrait se situer autour de 140 000 entrées, dont près de 90 000 pour la seule exposition Calder qui a fait le plein au mois d’octobre après un mois d’août en demi-teinte.

Depuis son ouverture en mai 2014, le musée Soulages de Rodez aurait ainsi attiré près de 700 000 visiteurs, soit plus de trois fois plus qu’espéré par les plus optimistes. Ce qui ferait aujourd’hui du musée Soulages le plus important en fréquentation de la région Occitanie !

Pour autant, ce succès indéniable n’est pas acquis sur le moyen terme et doit être conforté.

La prochaine exposition temporaire sera consacrée à Le Corbusier

La future exposition Le Corbusier du musée Soulages aura lieu du 27 janvier au 20 mai 2018 et s’intitulera : « L’atelier de la recherche patiente »

A cette occasion, prés de 90 pièces seront présentées, pour la plupart issues de la fondation Le Corbusier. Il faut en effet savoir que l’œuvre de Le Corbusier s’étend bien au-delà de l’architecture qu’on lui connaît. Outre l’urbaniste, il était aussi décorateur, peintre, sculpteur et homme de lettres.

Charles-Edouard Jeanneret-Gris, de son vrai nom (1887-1965), était un homme complexe et passionnant à bien des égards. Il a eu une vie foisonnante au cours de laquelle il a effectué de nombreux voyages à l’étranger pour acquérir des techniques et des connaissances les plus diverses. Il fût l’un des premiers représentant du modernisme, en introduisant des idées nouvelles comme le fonctionnalisme, le purisme et le lien entre nature et architecture.

Les 90 pièces de l’exposition Le Corbusier proposeront une déambulation chronologique à travers l’œuvre de l’architecte. Pour le conservateur en chef du musée Soulages, Benoît Decron, l’exposition comprendra : « Des peintures d’époques, des maquettes, des sculptures, des photographies, des tapisseries et des dessins permettront d’appréhender l’ensemble de la vie et de l’œuvre de Le Corbusier. »

Une future gestion du musée Soulages via un établissement public de coopération culturelle (EPCC)

Le Conseil d’agglomération de Rodez agglo a récemment approuvé la création d’un établissement public de coopération culturelle (EPCC) qui aura prochainement en charge la gestion du musée Soulages. Il a aussi validé le nouveau tarif unique de 11 euros, comprenant l’entrée à l’exposition temporaire et l’accès aux deux autres musées : Fenaille et Denys Puech.

La création effective de cet EPCC devrait intervenir au plus tôt au 1er juillet 2018 et au plus tard le 1er janvier 2019. Outre Rodez agglo, cette structure regroupera l’Etat, la région Occitanie et le département de l’Aveyron qui ont donné leur accord de principe. Les mois à venir devraient permettre d’affiner la participation de chaque collectivité ainsi que la gouvernance de l’EPCC : adoption des statuts, composition du conseil d’administration et du conseil scientifique…

Cet EPCC devrait permettre d’offrir une plus grande dynamique au musée, tout en lui donnant les moyens de son développement. Elle répond aussi à une demande de Pierre Soulages lui-même qui entend donner toutes les chances au musée qui lui est dédié.

En attendant d’en savoir un peu plus sur le nouveau mode de fonctionnement du musée Soulages, rendez-vous à la prochaine exposition temporaire dédiée à Le Corbusier.

Plus d’information : Musée Soulages de Rodez I Fondation Le Corbusier


Sébastien Bras rédacteur en chef du n° spécial du magazine Gourmets de France consacré à l’Aveyron

20 décembre 2017

Le magazine Gourmets de France, entièrement dédié à la gastronomie et à l’art de vivre, vient de publier un n° spécial Aveyron avec pour rédacteur en chef Sébastien Bras, célèbre ambassadeur de la cuisine française.

Gourmets de France est un magazine haut de gamme qui fait régulièrement la promotion des produits alimentaires français de qualité en donnant la parole à un jury gastronomique formé par un grand chef français. Dans son dernier numéro daté de décembre, Sébastien Bras en est le rédacteur en chef. Avec le jury composé par ses soins, il met en avant quelques-uns des meilleurs produits du département.

Voilà bientôt une dizaine d’année que Sébastien Bras a repris les rênes du célèbre restaurant du Suquet à Laguiole. Son père Michel Bras avait obtenu sa 3ème étoile au guide Michelin en 1999 et a régné en maître durant plus d’une décennie sur la gastronomie française aux côtés des plus grands chefs français et mondiaux. Ces dernières années, le restaurant Bras figure d’ailleurs régulièrement parmi les meilleures tables mondiales.

A 46 ans, Sébastien Bras a repris avec brio le restaurant Bras et a su rester au plus haut niveau. Dans ce numéro spécial de Gourmets de France, il y célèbre sa cuisine de terroir, faite de produits locaux de grande qualité, mais aussi cette terre d’Aubrac qui lui est si chère et avec laquelle il fait corps. Hier méconnu, grâce aux Bras et quelques autres familles qui ont cru en leur territoire, l’Aubrac terre de caractère s’il en est, fait aujourd’hui preuve d’un dynamisme et d’un renouveau que beaucoup de territoires ruraux de France ne peuvent qu’envier.

Les 12 membres du jury présidé par Sébastien Bras ont ainsi testé une palette de produits aveyronnais et sélectionné les meilleurs. Les membres du jury : Pascal Auriat (Boulanger à Laguiole), Sergio Calderon (sommelier au Suquet), Philippe Caralp (chef au Méjane à Espalion), Christophe Chaillou (chef au Café Bras à Rodez), Marc Cordy (chef à l’auberge du Château à Muret-le-Château), Nicole Fagegaltier (chef étoilé au Le Vieux Pont à Belcastel), Gilles Heliez (sommelier au Vieux Pont à Belcastel), Emilie et Thomas Roussey (chefs au Parfum des Délices à Rodez), Michel Truchon (chef étoilé Le Sénéchal à Sauveterre-de-Rouergue et Guillaume Viala (chef étoilé au Belvédère à Bozouls)

Parmi les produits sélectionnés en collaboration avec Gourmets de France, on peut citer :

Une belle palette de produits aveyronnais de qualité.

On peut aussi retrouver l’intégralité des produits sélectionnés par les plus grands chefs de France ces dernières années sur : http://www.tests-produit-gourmets.fr/

Plus d’infos : Le magazine Gourmets de France spécial Aveyron


Projet d’aménagement de la RN88 / Rocade de Rodez

12 décembre 2017

Ce 11 décembre 2017, se tenait à Rodez l’une des deux réunions publiques dans le cadre de la concertation préalable à l’enquête d’utilité publique relative au dénivellement des ronds-points de la rocade de Rodez (RN 88). La réunion était organisée par la DREAL Occitanie en charge de la maîtrise d’oeuvre du dossier pour le compte de l’État.

L’étude en cours concerne la réalisation d’échangeurs autoroutiers sur les trois ronds-points de la rocade de Rodez (RN88) en vue de fluidifier le trafic aujourd’hui arrivé à saturation avec près de 35 000 véhicules/jours. Celui-ci devrait d’ailleurs augmenter de l’ordre de 10 % dans les 10 ans à venir.

D’où l’urgence à engager les travaux pour adapter le trafic de la rocade de Rodez, alors que la RN88, sera portée à 2 x 2 voies entre Toulouse et Rodez dès 2019. Tout en facilitant le trafic en transit, le projet vise d’abord à répondre aux exigences de l’agglomération de Rodez, aujourd’hui coupée en deux par la rocade, en facilitant la desserte de l’ensemble des quartiers, mais aussi en intégrant la nécessité de préserver les circulations douces et la qualité de vie des riverains.

En étroite collaboration avec les services de Rodez-agglomération et du Conseil départemental, le projet présenté par la DREAL tente de répondre à l’ensemble de ces exigences, tout en prenant en compte les contraintes liées à la localisation de la rocade (habitations proches, zone inondable, ruisseau de l’Auterne, ouvrages SNCF importants, …). Précision importante apportée par le cabinet spécialisé en charge des études de trafic : la circulation en transit ne représenterait à l’heure actuelle moins de 10 % de celui-ci, contre plus de 90 % pour la circulation locale.

La dénivellation des ronds-points de la rocade de Rodez

Les trois ronds-points concernés, sont ceux de Saint Félix, les Moutiers et Saint Marc.

  • Le rond-point de Saint Félix (échangeur vers RD 840 (Decazeville / Figeac / Brive) & RD 994 (Villeranche-de-Rouergue / Cahors / Montauban) :

Trois projets ont été présentés concernant l’aménagement de cet échangeur. Un seul semble aujourd’hui privilégié en raison des moindres contraintes au regard des autres projets. Il s’agit d’aménager la rocade en passage supérieur, au-dessus de l’actuel rond-point. Le trafic local continuant à ce faire via l’actuel rond-point, tout en permettant de se connecter directement à la rocade, sauf vers Albi où en raison de l’espace réduit, l’accès à la rocade se fera, soit via le rond-point de la Gineste qui reliera la rocade vers Albi, ou via l’échangeur des Moutiers.

  • Le rond-point des Moutiers (échangeur vers RD 901 (Marcillac-Vallon / Conques)

Compte-tenu des contraintes importantes liées au viaduc SNCF, un projet unique est proposé. Il consiste à faire passer la rocade au niveau actuel, avec réalisation d’un passage supérieur pour la desserte locale composé de deux petits ronds-points de chaque côté de la rocade pour les échanges avec entrées et sorties directes vers la rocade.

Le coût est estimé des deux échangeurs est estimé à 29 millions d’euros

  • Le rond-point de Saint Marc (échangeur vers RD 988-920 (Espalion / Aurillac / St Flour)

Parmi les trois projets, l’option privilégiée en raison des contraintes, consiste à faire passer la rocade au niveau actuel, avec un passage supérieur pour l’échangeur qui disposera de deux petits ronds-points à chacune des extrémités pour la desserte locale et la liaison vers la rocade.

Le coût prévisionnel de cet échangeur est estimé à 14 millions d’euros.

Chacun des trois échangeurs prendra en compte les contraintes liées à la proximité des habitations et la nécessité de faciliter la desserte locale. A cet effet, des murs anti-bruit seront dressés à proximité des habitations, notamment du côté de Saint Eloi. Par ailleurs, des passages sécurisés réservés aux piétons et cyclistes seront aménagées au niveau de chacun des échangeurs, de manière à faciliter et sécuriser les circulations douces.

Le calendrier et le coût des travaux

Pour des raisons de leur proximité, les travaux devraient débuter simultanément par les deux échangeurs de Saint Félix et des Moutiers. De par son ampleur, ce chantier qui devrait durer plus d’un an, et entraîner d’importantes perturbations au niveau du trafic routier.

Les travaux de l’échangeur de Saint Marc devraient être entrepris ultérieurement.

Compte-tenu du fait que l’enquête d’utilité publique n’interviendra pas avant 2019, les travaux ne devraient pas pouvoir débuter avant 2020 et pourraient durer 3 ans. Dans le meilleur des cas, on peut espérer une mise en service définitive des trois échangeurs de la rocade en 2022.

Le coût des travaux, selon l’option retenue, sont de l’ordre de 45 millions d’euros.

A ce jour, seuls 10 millions d’euros sont affectés à ce chantier dans le cadre du contrat de plan Etat-Région de 2015-2020. Ils vont permettre de lancer les études et d’engager les premiers travaux. Il reste toutefois à financer les 35 millions d’euros manquants à ce jour. Le financement devrait être assuré à hauteur de 50 % seulement par les services de l’État, maître d’oeuvre via la DREAL Occitanie. Les autres 50% seront à la charge de la région Occitanie, du Conseil départemental de l’Aveyron et de Rodez-Agglomération.

Quid du grand contournement de Rodez ?

Le vieux serpent de mer du grand contournement de Rodez n’a pas manqué de revenir sur le devant de la scène. A défaut d’avoir été porté en son temps, ce projet couteux ne semble plus aujourd’hui d’actualité pour diverses raisons.

Voilà prés de 10 ans qu’il n’a pas avancé d’un iota. Aujourd’hui, du fait du faible trafic de transit supporté par la rocade de Rodez (moins de 10%), son utilité ne semble pas se justifier notamment en raison de son coût élevé et du peu d’impact qu’il aurait sur le trafic de la rocade de Rodez.

Par ailleurs, au dire de certains, la pollution automobile notamment au niveau du CO2, du NOx et des particules fines aurait sensiblement baissé depuis les années 2006, notamment en raison des nouvelles normes anti-pollution euro6. On demande à voir !

Du coup, l’aménagement en boulevard urbain de la rocade entre les carrefours des Moutiers et celui de Saint Marc, devrait être transformé en autoroute urbaine avec une vitesse limitée à 90 km/h au lieu de 70 km/h.

L’aménagement de la RN88 entre Rodez et Séverac-le-Château ?

Nombre d’intervenants ont insisté sur la nécessité de poursuivre au plus vite l’aménagement de la RN88 à 2 x 2 voies entre Rodez et Séverac-le-Château (A75), soit 45 km pour un coût estimé à environ 300 millions d’euros.

Il va sans dire que l’arrivée prochaine de la RN 88 à 2 x 2 voies à Rodez va immanquablement densifier le trafic routier en direction de l’autoroute A75 et vice-versa ; ce qui ne va pas manquer de saturer cet axe déjà bien chargé et accidentogène.

Pour l’instant, à part le barreau de Saint Mayme, en cours d’aménagement par le Conseil départemental, reliant la rocade de Rodez au Causse-Comtal en contournant Sébazac-Concourés, les travaux ne semblent pas prêts de débuter.

On peut cependant espérer que cet important axe autoroutier national sera inscrit au prochain contrat de plan Etat-Région Occitanie pour 2020-2025. C’est ce qui peut être raisonnablement envisagé. Aux dires de la DREAL, des études sont actuellement en cours sur ce tronçon et les services de l’Etat envisagent à moyen terme la continuité de cet axe majeur pour l’Aveyron et la région nord de l’Occitanie.

Plus d’information sur la concertation en cours : Aménagement de la RN88 – Rocade de Rodez


Premier magistrat ou autocrate ?

8 décembre 2017

Communiqué :

C’est par un article dans la presse locale que les amateurs de ballon, qu’il soit rond ou ovale, ont appris que la municipalité de Rodez allait investir plusieurs millions d’euros dans la réalisation d’une nouvelle tribune au stade Paul Lignon. C’est par le même article que les conseillers municipaux de la ville l’ont appris. Pas seulement les élus d’opposition, mais même les élus de la majorité.

Pas même l’adjoint aux finances ? Pas même lui, puisque aucune commission « Affaires techniques et investissements » n’a évoqué cette réalisation.

Au moins en a-t-il discuté avec l’adjoint aux travaux ? Si seulement il y en avait un ! Pas d’adjoint aux travaux, pas d’adjoint aux sports…

Il y a quand même une ligne budgétaire prévue ? Non pas.

Autant dire que, contrairement aux affirmations de Monsieur le Maire de Rodez, les choses n’iront pas aussi vite qu’il l’a annoncé. Cinq millions d’euros pour la première tribune puis treize millions d’euros pour achever le complexe n’ont rien d’anodin et demandent études et concertations. « Ça peut aller très vite », « avant la fin de l’été prochain » telles sont les promesses de Monsieur le Maire !

Nous n’avons rien contre le football ou le rugby, bien au contraire. Nous estimons qu’il est important que la commune soutienne les clubs qui œuvrent tant pour la renommée de la ville que pour sa jeunesse. Mais cela ne doit pas être au prix du mensonge.

Rappelons que le maire d’une commune n’est pas un autocrate gérant la ville selon son bon vouloir, mais son premier magistrat qui doit inscrire son action dans le respect des règles et des lois.

A quand une gestion de la ville concertée pour les Ruthénois ?

Nathalie Auguy-Perie, conseillère municipale, Rodez


La mérule est entrée dans Rodez

5 décembre 2017

Communiqué

Le Maire de Rodez semble confondre budget municipal et budget électoral. Lorsque l’élection municipale pointe son nez, on emprunte, on dépense, on construit. Mais dans le clinquant, le visible, ce qui fait la une des journaux. Monsieur le Maire de Rodez veut qu’on le voit couper du cordon d’inauguration : salle des fêtes, musée Soulages, jardin public. Et une avenue Victor Hugo à l’image des Champs-Élysées. En miniature bien sûr, mais Rodez n’est pas Paris et Monsieur le Maire n’est pas Haussman.

Mais tout cela coûte cher. Vient alors la deuxième phase une fois l’élection passée : vente des biens de la commune, immeubles ou parking ; arrêt de l’entretien de la voirie, les petites rues comme les grandes que seuls les riverains arpentent n’intéressent pas Monsieur le Maire. Place de la Cité dégradée, îlot Bonal quasiment en friche, parking Foch délabré ; seul le quartier de Bourran semble trouver grâce aux yeux de Monsieur le Maire. Autant de coupes sombres de façon à présenter en fin de mandat un budget pimpant, prêt pour de nouvelles dépenses de prestiges en vue des élections.

Cet abandon du quotidien, mission pourtant essentielle d’une commune, a des conséquences graves. Ainsi, en début de mandat, un immeuble a été acquis par la mairie dans la perspective d’une mise au norme de la maison de retraite attenante. Mais les considérations financières semblant plus importantes que le bien-être de nos aînés, la municipalité n’a engagé aucuns travaux, n’a même pas assuré l’entretien courant de cet immeuble. Aujourd’hui, il est infecté par la mérule.

La mérule est un champignon qui s’attaque au bois dans les maisons. Certains l’appellent le cancer du bâtiment parce que ses filaments peuvent traverser les murs telles des métastases. Quand rien n’est fait, la maison atteinte est condamnée. Mais même les traitements ne parviennent que difficilement à l’éradiquer. Il peut rester en dormance pendant des années avant de se réveiller, digérer les bois d’œuvre sans qu’on ne s’en rende compte et, de proche en proche, contaminer tout un pâté de maisons. Déjà l’immeuble mitoyen est touché et c’est le propriétaire de celui-ci qui a donné l’alerte.

Alors que l’Aveyron était jusqu’ici épargné par ce fléau, l’incurie de la majorité municipale a permis son apparition dans Rodez, mettant ainsi en péril le patrimoine de tous les Ruthénois.

Alors même que cette maison infestée vient d’être achetée par la municipalité pour étendre la maison de retraite attenante, est maintenant à l’étude le déplacement pur et simple de la maison de retraite : gestion sans concertation confirmée.

Lors du dernier conseil municipal du 17 novembre 2017, nous nous sommes opposées au remboursement anticipé d’un emprunt de 2013 d’un montant de plus d’un million d’euros. Cette somme empruntée n’a pas été utilisée. On peut se demander pourquoi cet emprunt a été contracté si c’était pour ne pas l’utiliser. Nous avons estimé qu’au lieu de rembourser cette somme disponible, il valait mieux l’utiliser pour entretenir le patrimoine communal. Mais Monsieur le Maire a préféré soigner l’apparence de son budget plutôt que de soigner la santé des immeubles et de la voirie de Rodez.

A quand une vraie politique de la ville pour les Ruthénois ?

Nathalie Auguy-Périé, Anne-Sophie Monestier-Charrié, conseillères municipales


France : L’inégalité croissante des français devant l’impôt

3 décembre 2017

En 1985, la part des foyers français acquittant l’impôt sur le revenu était de l’ordre de 65%. Celle-ci a régulièrement baissé depuis lors en raison de la réduction du nombre de tranches et une baisse des taux marginaux d’imposition, pour descendre en dessous de 50% dans le courant des années 2000. En 2011, à l’issu du mandat présidentiel de Nicolas Sarkozy, la part des foyers imposables était remontée à 53.5%, soit 36.5 millions de foyers fiscaux pour 19.5 millions de foyers effectivement imposables.

Contrairement à ce qui se passe chez nos voisins européens, depuis 2012 et l’arrivée de François Hollande à la présidence de la République, une majorité croissante de foyers français se sont vus exonérés de l’impôt sur le revenu suite à la réforme du barème de cet impôt (tranche comprise entre 15 000 € et 20 000 €). Cette décision a conduit à exonérer d’impôt prés de 3 millions de foyers supplémentaires. De fait, en 2016, seuls 16.1 millions de foyers (42.7%) seulement payent l’impôt sur le revenu sur un total de 37.7 millions de foyer. Cette large exonération d’impôt sur le revenu des foyers fiscaux s’explique aussi par les nombreuses niches fiscales qui donnent droit à diverses réductions d’impôts, restitutions et autres crédits d’impôts.

En France, les recettes de l’impôt sur le revenu n’ont jamais été aussi basses (72 milliards d’euros en 2016, contre 145 milliards pour la TVA et 33 milliards pour l’impôt sur les sociétés), représentent aujourd’hui de l’ordre de 8.5 % seulement du PIB, soit sensiblement moins que dans les grands pays de l’OCDE (Allemagne, Royaume-Uni, Italie, USA, Canada, Australie et de l’Europe du nord où il se situe entre 9.5% et 12%.

Si le nombre de foyers non-imposables à l’impôt sur le revenu a fortement baissé depuis 2012, à l’inverse, ceux qui continuent à contribuer à l’impôt (à partir de 20 000 € annuels de revenus), ont généralement vu leur cotisation augmenter sensiblement. La progressivité de l’impôt sur le revenu s’est d’ailleurs fortement atténuée au fil des ans puisque seulement 12% des foyers fiscaux, dont le revenu annuel dépasse 50 000 €, payent aujourd’hui à eux seuls 70% de l’impôt total. Mieux encore, 2.5% des foyers français acquittent 40% de l’impôt sur le revenu.

Autant dire que la progressivité de l’impôt sur le revenu a quasiment disparu et que les inégalités devant l’impôt se sont accrues considérablement ces dernières années. Cette augmentation jamais vue du nombre de foyers non imposables à l’impôt sur le revenu est d’autant plus surprenante que les difficultés budgétaires de la France n’ont jamais été aussi grandes. La démagogie fiscale à des fins électoralistes n’a pas de limite pour certains politiques. Voilà une manière d’attiser un peu plus la fracture sociale entre les classes en opposant fiscalement les français entre eux.

Cette pratique d’exonération massive et sans précédent d’une majorité de contribuables de l’impôt sur le revenu est-elle conforme à l’esprit de notre constitution au moment où nos finances publiques exigent l’effort de tous ? Il est permis d’en douter.

Selon une analyse constitutionnelle de 2011 de M. Olivier Fouquet concernant le Conseil constitutionnel et l’égalité devant l’impôt : «…| Il appartient au législateur de déterminer, dans le respect des principes constitutionnels et compte tenu des caractéristiques de chaque impôt, les règles selon lesquelles doivent être appréciées les facultés contributives (c’est à dire les règles d’assiette), en fondant son appréciation sur des critères objectifs et rationnels en fonction des buts qu’il se propose. Mais cette appréciation ne doit pas entraîner une rupture d’égalité devant les charges publiques : notamment l’impôt de doit pas revêtir un caractère confiscatoire ou faire peser sur les contribuables une charge excessive au regard de leurs facultés contributives… »

Compte-tenu de la complexité de l’impôt sur le revenu en France, on est en droit de s’interroger sur le bien-fondé de la mise en place, dans la plus grande précipitation, de la retenue à la source par M. Hollande à la veille de l’élection présidentielle de 2017. Il s’agit manifestement d’une véritable usine à gaz qui va contribuer à complexifier l’impôt sur le revenu, sans réel avantage en termes de coût et d’efficacité pour l’administration, mais avec un réel surcoût pour les entreprises tandis que les contribuables risquent de ne pas y trouver leur compte.

Plus globalement, en ces temps de difficultés budgétaire, le fait de concentrer progressivement une part importante des contributions fiscales sur une minorité de contribuables (impôts sur le revenu, impôts locaux…), généralement les mêmes, ne peut que contribuer à entretenir le ras-le-bol fiscal et à fragiliser un peu plus le consentement des français à l’impôt à un moment où notre pays doit rétablir ses finances publiques mises à mal par des décennies de mauvaise gestion publique.

Ne serait-il pas plus équitable et démocratique que faire en sorte que chacun, quel que soit ses revenus, contribue personnellement à l’effort commun en fonction de l’ensemble de ses revenus, et ce même de manière modeste ?

Cette pratique française de financer la dépense publique par un impôt payé par de moins en moins de contribuables ne pourra perdurer alors que les prélèvements obligatoires atteignaient en 2016 un niveau record de 45.7% au sein des pays de l’OCDE (contre 42.5% en 2012). Ce niveau élevé d’imposition en France, supporté par une minorité de contribuables, est probablement en partie responsable de la faiblesse de la croissance française ces dernières décennies face aux autres pays de l’OCDE, et à l’origine de notre manque de compétitivité et du niveau élevé du chômage.

Il ne reste qu’à espérer que le président Emmanuel Macron sera à la hauteur des enjeux et ne tombera pas dans le piège de la démagogie fiscale et de la gestion à court terme de la France.