Projet d’aménagement de la RN88 / Rocade de Rodez

12 décembre 2017

Ce 11 décembre 2017, se tenait à Rodez l’une des deux réunions publiques dans le cadre de la concertation préalable à l’enquête d’utilité publique relative au dénivellement des ronds-points de la rocade de Rodez (RN 88). La réunion était organisée par la DREAL Occitanie en charge de la maîtrise d’oeuvre du dossier pour le compte de l’État.

L’étude en cours concerne la réalisation d’échangeurs autoroutiers sur les trois ronds-points de la rocade de Rodez (RN88) en vue de fluidifier le trafic aujourd’hui arrivé à saturation avec près de 35 000 véhicules/jours. Celui-ci devrait d’ailleurs augmenter de l’ordre de 10 % dans les 10 ans à venir.

D’où l’urgence à engager les travaux pour adapter le trafic de la rocade de Rodez, alors que la RN88, sera portée à 2 x 2 voies entre Toulouse et Rodez dès 2019. Tout en facilitant le trafic en transit, le projet vise d’abord à répondre aux exigences de l’agglomération de Rodez, aujourd’hui coupée en deux par la rocade, en facilitant la desserte de l’ensemble des quartiers, mais aussi en intégrant la nécessité de préserver les circulations douces et la qualité de vie des riverains.

En étroite collaboration avec les services de Rodez-agglomération et du Conseil départemental, le projet présenté par la DREAL tente de répondre à l’ensemble de ces exigences, tout en prenant en compte les contraintes liées à la localisation de la rocade (habitations proches, zone inondable, ruisseau de l’Auterne, ouvrages SNCF importants, …). Précision importante apportée par le cabinet spécialisé en charge des études de trafic : la circulation en transit ne représenterait à l’heure actuelle moins de 10 % de celui-ci, contre plus de 90 % pour la circulation locale.

La dénivellation des ronds-points de la rocade de Rodez

Les trois ronds-points concernés, sont ceux de Saint Félix, les Moutiers et Saint Marc.

  • Le rond-point de Saint Félix (échangeur vers RD 840 (Decazeville / Figeac / Brive) & RD 994 (Villeranche-de-Rouergue / Cahors / Montauban) :

Trois projets ont été présentés concernant l’aménagement de cet échangeur. Un seul semble aujourd’hui privilégié en raison des moindres contraintes au regard des autres projets. Il s’agit d’aménager la rocade en passage supérieur, au-dessus de l’actuel rond-point. Le trafic local continuant à ce faire via l’actuel rond-point, tout en permettant de se connecter directement à la rocade, sauf vers Albi où en raison de l’espace réduit, l’accès à la rocade se fera, soit via le rond-point de la Gineste qui reliera la rocade vers Albi, ou via l’échangeur des Moutiers.

  • Le rond-point des Moutiers (échangeur vers RD 901 (Marcillac-Vallon / Conques)

Compte-tenu des contraintes importantes liées au viaduc SNCF, un projet unique est proposé. Il consiste à faire passer la rocade au niveau actuel, avec réalisation d’un passage supérieur pour la desserte locale composé de deux petits ronds-points de chaque côté de la rocade pour les échanges avec entrées et sorties directes vers la rocade.

Le coût est estimé des deux échangeurs est estimé à 29 millions d’euros

  • Le rond-point de Saint Marc (échangeur vers RD 988-920 (Espalion / Aurillac / St Flour)

Parmi les trois projets, l’option privilégiée en raison des contraintes, consiste à faire passer la rocade au niveau actuel, avec un passage supérieur pour l’échangeur qui disposera de deux petits ronds-points à chacune des extrémités pour la desserte locale et la liaison vers la rocade.

Le coût prévisionnel de cet échangeur est estimé à 14 millions d’euros.

Chacun des trois échangeurs prendra en compte les contraintes liées à la proximité des habitations et la nécessité de faciliter la desserte locale. A cet effet, des murs anti-bruit seront dressés à proximité des habitations, notamment du côté de Saint Eloi. Par ailleurs, des passages sécurisés réservés aux piétons et cyclistes seront aménagées au niveau de chacun des échangeurs, de manière à faciliter et sécuriser les circulations douces.

Le calendrier et le coût des travaux

Pour des raisons de leur proximité, les travaux devraient débuter simultanément par les deux échangeurs de Saint Félix et des Moutiers. De par son ampleur, ce chantier qui devrait durer plus d’un an, et entraîner d’importantes perturbations au niveau du trafic routier.

Les travaux de l’échangeur de Saint Marc devraient être entrepris ultérieurement.

Compte-tenu du fait que l’enquête d’utilité publique n’interviendra pas avant 2019, les travaux ne devraient pas pouvoir débuter avant 2020 et pourraient durer 3 ans. Dans le meilleur des cas, on peut espérer une mise en service définitive des trois échangeurs de la rocade en 2022.

Le coût des travaux, selon l’option retenue, sont de l’ordre de 45 millions d’euros.

A ce jour, seuls 10 millions d’euros sont affectés à ce chantier dans le cadre du contrat de plan Etat-Région de 2015-2020. Ils vont permettre de lancer les études et d’engager les premiers travaux. Il reste toutefois à financer les 35 millions d’euros manquants à ce jour. Le financement devrait être assuré à hauteur de 50 % seulement par les services de l’État, maître d’oeuvre via la DREAL Occitanie. Les autres 50% seront à la charge de la région Occitanie, du Conseil départemental de l’Aveyron et de Rodez-Agglomération.

Quid du grand contournement de Rodez ?

Le vieux serpent de mer du grand contournement de Rodez n’a pas manqué de revenir sur le devant de la scène. A défaut d’avoir été porté en son temps, ce projet couteux ne semble plus aujourd’hui d’actualité pour diverses raisons.

Voilà prés de 10 ans qu’il n’a pas avancé d’un iota. Aujourd’hui, du fait du faible trafic de transit supporté par la rocade de Rodez (moins de 10%), son utilité ne semble pas se justifier notamment en raison de son coût élevé et du peu d’impact qu’il aurait sur le trafic de la rocade de Rodez.

Par ailleurs, au dire de certains, la pollution automobile notamment au niveau du CO2, du NOx et des particules fines aurait sensiblement baissé depuis les années 2006, notamment en raison des nouvelles normes anti-pollution euro6. On demande à voir !

Du coup, l’aménagement en boulevard urbain de la rocade entre les carrefours des Moutiers et celui de Saint Marc, devrait être transformé en autoroute urbaine avec une vitesse limitée à 90 km/h au lieu de 70 km/h.

L’aménagement de la RN88 entre Rodez et Séverac-le-Château ?

Nombre d’intervenants ont insisté sur la nécessité de poursuivre au plus vite l’aménagement de la RN88 à 2 x 2 voies entre Rodez et Séverac-le-Château (A75), soit 45 km pour un coût estimé à environ 300 millions d’euros.

Il va sans dire que l’arrivée prochaine de la RN 88 à 2 x 2 voies à Rodez va immanquablement densifier le trafic routier en direction de l’autoroute A75 et vice-versa ; ce qui ne va pas manquer de saturer cet axe déjà bien chargé et accidentogène.

Pour l’instant, à part le barreau de Saint Mayme, en cours d’aménagement par le Conseil départemental, reliant la rocade de Rodez au Causse-Comtal en contournant Sébazac-Concourés, les travaux ne semblent pas prêts de débuter.

On peut cependant espérer que cet important axe autoroutier national sera inscrit au prochain contrat de plan Etat-Région Occitanie pour 2020-2025. C’est ce qui peut être raisonnablement envisagé. Aux dires de la DREAL, des études sont actuellement en cours sur ce tronçon et les services de l’Etat envisagent à moyen terme la continuité de cet axe majeur pour l’Aveyron et la région nord de l’Occitanie.

Plus d’information sur la concertation en cours : Aménagement de la RN88 – Rocade de Rodez

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Premier magistrat ou autocrate ?

8 décembre 2017

Communiqué :

C’est par un article dans la presse locale que les amateurs de ballon, qu’il soit rond ou ovale, ont appris que la municipalité de Rodez allait investir plusieurs millions d’euros dans la réalisation d’une nouvelle tribune au stade Paul Lignon. C’est par le même article que les conseillers municipaux de la ville l’ont appris. Pas seulement les élus d’opposition, mais même les élus de la majorité.

Pas même l’adjoint aux finances ? Pas même lui, puisque aucune commission « Affaires techniques et investissements » n’a évoqué cette réalisation.

Au moins en a-t-il discuté avec l’adjoint aux travaux ? Si seulement il y en avait un ! Pas d’adjoint aux travaux, pas d’adjoint aux sports…

Il y a quand même une ligne budgétaire prévue ? Non pas.

Autant dire que, contrairement aux affirmations de Monsieur le Maire de Rodez, les choses n’iront pas aussi vite qu’il l’a annoncé. Cinq millions d’euros pour la première tribune puis treize millions d’euros pour achever le complexe n’ont rien d’anodin et demandent études et concertations. « Ça peut aller très vite », « avant la fin de l’été prochain » telles sont les promesses de Monsieur le Maire !

Nous n’avons rien contre le football ou le rugby, bien au contraire. Nous estimons qu’il est important que la commune soutienne les clubs qui œuvrent tant pour la renommée de la ville que pour sa jeunesse. Mais cela ne doit pas être au prix du mensonge.

Rappelons que le maire d’une commune n’est pas un autocrate gérant la ville selon son bon vouloir, mais son premier magistrat qui doit inscrire son action dans le respect des règles et des lois.

A quand une gestion de la ville concertée pour les Ruthénois ?

Nathalie Auguy-Perie, conseillère municipale, Rodez


La mérule est entrée dans Rodez

5 décembre 2017

Communiqué

Le Maire de Rodez semble confondre budget municipal et budget électoral. Lorsque l’élection municipale pointe son nez, on emprunte, on dépense, on construit. Mais dans le clinquant, le visible, ce qui fait la une des journaux. Monsieur le Maire de Rodez veut qu’on le voit couper du cordon d’inauguration : salle des fêtes, musée Soulages, jardin public. Et une avenue Victor Hugo à l’image des Champs-Élysées. En miniature bien sûr, mais Rodez n’est pas Paris et Monsieur le Maire n’est pas Haussman.

Mais tout cela coûte cher. Vient alors la deuxième phase une fois l’élection passée : vente des biens de la commune, immeubles ou parking ; arrêt de l’entretien de la voirie, les petites rues comme les grandes que seuls les riverains arpentent n’intéressent pas Monsieur le Maire. Place de la Cité dégradée, îlot Bonal quasiment en friche, parking Foch délabré ; seul le quartier de Bourran semble trouver grâce aux yeux de Monsieur le Maire. Autant de coupes sombres de façon à présenter en fin de mandat un budget pimpant, prêt pour de nouvelles dépenses de prestiges en vue des élections.

Cet abandon du quotidien, mission pourtant essentielle d’une commune, a des conséquences graves. Ainsi, en début de mandat, un immeuble a été acquis par la mairie dans la perspective d’une mise au norme de la maison de retraite attenante. Mais les considérations financières semblant plus importantes que le bien-être de nos aînés, la municipalité n’a engagé aucuns travaux, n’a même pas assuré l’entretien courant de cet immeuble. Aujourd’hui, il est infecté par la mérule.

La mérule est un champignon qui s’attaque au bois dans les maisons. Certains l’appellent le cancer du bâtiment parce que ses filaments peuvent traverser les murs telles des métastases. Quand rien n’est fait, la maison atteinte est condamnée. Mais même les traitements ne parviennent que difficilement à l’éradiquer. Il peut rester en dormance pendant des années avant de se réveiller, digérer les bois d’œuvre sans qu’on ne s’en rende compte et, de proche en proche, contaminer tout un pâté de maisons. Déjà l’immeuble mitoyen est touché et c’est le propriétaire de celui-ci qui a donné l’alerte.

Alors que l’Aveyron était jusqu’ici épargné par ce fléau, l’incurie de la majorité municipale a permis son apparition dans Rodez, mettant ainsi en péril le patrimoine de tous les Ruthénois.

Alors même que cette maison infestée vient d’être achetée par la municipalité pour étendre la maison de retraite attenante, est maintenant à l’étude le déplacement pur et simple de la maison de retraite : gestion sans concertation confirmée.

Lors du dernier conseil municipal du 17 novembre 2017, nous nous sommes opposées au remboursement anticipé d’un emprunt de 2013 d’un montant de plus d’un million d’euros. Cette somme empruntée n’a pas été utilisée. On peut se demander pourquoi cet emprunt a été contracté si c’était pour ne pas l’utiliser. Nous avons estimé qu’au lieu de rembourser cette somme disponible, il valait mieux l’utiliser pour entretenir le patrimoine communal. Mais Monsieur le Maire a préféré soigner l’apparence de son budget plutôt que de soigner la santé des immeubles et de la voirie de Rodez.

A quand une vraie politique de la ville pour les Ruthénois ?

Nathalie Auguy-Périé, Anne-Sophie Monestier-Charrié, conseillères municipales


France : L’inégalité croissante des français devant l’impôt

3 décembre 2017

En 1985, la part des foyers français acquittant l’impôt sur le revenu était de l’ordre de 65%. Celle-ci a régulièrement baissé depuis lors en raison de la réduction du nombre de tranches et une baisse des taux marginaux d’imposition, pour descendre en dessous de 50% dans le courant des années 2000. En 2011, à l’issu du mandat présidentiel de Nicolas Sarkozy, la part des foyers imposables était remontée à 53.5%, soit 36.5 millions de foyers fiscaux pour 19.5 millions de foyers effectivement imposables.

Contrairement à ce qui se passe chez nos voisins européens, depuis 2012 et l’arrivée de François Hollande à la présidence de la République, une majorité croissante de foyers français se sont vus exonérés de l’impôt sur le revenu suite à la réforme du barème de cet impôt (tranche comprise entre 15 000 € et 20 000 €). Cette décision a conduit à exonérer d’impôt prés de 3 millions de foyers supplémentaires. De fait, en 2016, seuls 16.1 millions de foyers (42.7%) seulement payent l’impôt sur le revenu sur un total de 37.7 millions de foyer. Cette large exonération d’impôt sur le revenu des foyers fiscaux s’explique aussi par les nombreuses niches fiscales qui donnent droit à diverses réductions d’impôts, restitutions et autres crédits d’impôts.

En France, les recettes de l’impôt sur le revenu n’ont jamais été aussi basses (72 milliards d’euros en 2016, contre 145 milliards pour la TVA et 33 milliards pour l’impôt sur les sociétés), représentent aujourd’hui de l’ordre de 8.5 % seulement du PIB, soit sensiblement moins que dans les grands pays de l’OCDE (Allemagne, Royaume-Uni, Italie, USA, Canada, Australie et de l’Europe du nord où il se situe entre 9.5% et 12%.

Si le nombre de foyers non-imposables à l’impôt sur le revenu a fortement baissé depuis 2012, à l’inverse, ceux qui continuent à contribuer à l’impôt (à partir de 20 000 € annuels de revenus), ont généralement vu leur cotisation augmenter sensiblement. La progressivité de l’impôt sur le revenu s’est d’ailleurs fortement atténuée au fil des ans puisque seulement 12% des foyers fiscaux, dont le revenu annuel dépasse 50 000 €, payent aujourd’hui à eux seuls 70% de l’impôt total. Mieux encore, 2.5% des foyers français acquittent 40% de l’impôt sur le revenu.

Autant dire que la progressivité de l’impôt sur le revenu a quasiment disparu et que les inégalités devant l’impôt se sont accrues considérablement ces dernières années. Cette augmentation jamais vue du nombre de foyers non imposables à l’impôt sur le revenu est d’autant plus surprenante que les difficultés budgétaires de la France n’ont jamais été aussi grandes. La démagogie fiscale à des fins électoralistes n’a pas de limite pour certains politiques. Voilà une manière d’attiser un peu plus la fracture sociale entre les classes en opposant fiscalement les français entre eux.

Cette pratique d’exonération massive et sans précédent d’une majorité de contribuables de l’impôt sur le revenu est-elle conforme à l’esprit de notre constitution au moment où nos finances publiques exigent l’effort de tous ? Il est permis d’en douter.

Selon une analyse constitutionnelle de 2011 de M. Olivier Fouquet concernant le Conseil constitutionnel et l’égalité devant l’impôt : «…| Il appartient au législateur de déterminer, dans le respect des principes constitutionnels et compte tenu des caractéristiques de chaque impôt, les règles selon lesquelles doivent être appréciées les facultés contributives (c’est à dire les règles d’assiette), en fondant son appréciation sur des critères objectifs et rationnels en fonction des buts qu’il se propose. Mais cette appréciation ne doit pas entraîner une rupture d’égalité devant les charges publiques : notamment l’impôt de doit pas revêtir un caractère confiscatoire ou faire peser sur les contribuables une charge excessive au regard de leurs facultés contributives… »

Compte-tenu de la complexité de l’impôt sur le revenu en France, on est en droit de s’interroger sur le bien-fondé de la mise en place, dans la plus grande précipitation, de la retenue à la source par M. Hollande à la veille de l’élection présidentielle de 2017. Il s’agit manifestement d’une véritable usine à gaz qui va contribuer à complexifier l’impôt sur le revenu, sans réel avantage en termes de coût et d’efficacité pour l’administration, mais avec un réel surcoût pour les entreprises tandis que les contribuables risquent de ne pas y trouver leur compte.

Plus globalement, en ces temps de difficultés budgétaire, le fait de concentrer progressivement une part importante des contributions fiscales sur une minorité de contribuables (impôts sur le revenu, impôts locaux…), généralement les mêmes, ne peut que contribuer à entretenir le ras-le-bol fiscal et à fragiliser un peu plus le consentement des français à l’impôt à un moment où notre pays doit rétablir ses finances publiques mises à mal par des décennies de mauvaise gestion publique.

Ne serait-il pas plus équitable et démocratique que faire en sorte que chacun, quel que soit ses revenus, contribue personnellement à l’effort commun en fonction de l’ensemble de ses revenus, et ce même de manière modeste ?

Cette pratique française de financer la dépense publique par un impôt payé par de moins en moins de contribuables ne pourra perdurer alors que les prélèvements obligatoires atteignaient en 2016 un niveau record de 45.7% au sein des pays de l’OCDE (contre 42.5% en 2012). Ce niveau élevé d’imposition en France, supporté par une minorité de contribuables, est probablement en partie responsable de la faiblesse de la croissance française ces dernières décennies face aux autres pays de l’OCDE, et à l’origine de notre manque de compétitivité et du niveau élevé du chômage.

Il ne reste qu’à espérer que le président Emmanuel Macron sera à la hauteur des enjeux et ne tombera pas dans le piège de la démagogie fiscale et de la gestion à court terme de la France.

 


Rodez agglomération : Les futurs chantiers routiers pour aménager la rocade et faciliter la traversée de l’agglomération

23 novembre 2017

Ces dernières années, la circulation sur la rocade de Rodez n’a fait que se dégrader au fur et à mesure de l’augmentation du trafic automobile. Les habitants de l’agglomération de Rodez et des environs n’en peuvent plus d’être quotidiennement bloqués, notamment aux heures de pointe, en raison de la saturation des divers ronds-points de la rocade, à Saint Félix, aux Moutiers et à Saint Marc mais aussi dans Rodez, au tristement célèbre rond-point de Saint Eloi.

La mise en service en 2019 de l’intégralité de la RN88 à 2 X 2 voies entre Toulouse et Rodez va accentuer un peu plus les difficultés actuelles du fait de la forte augmentation du trafic routier en transit via la rocade. Il y a donc urgence à trouver des solutions pour désengorger celle-ci au plus vite..La rocade actuelle a été aménagée pour partie en boulevard urbain où la vitesse est limitée à 70 km/h. Initialement, elle devait conserver cette vocation afin de protéger les riverains des diverses pollutions qu’aurait généré une autoroute urbaine traversant de nombreux quartiers résidentiels d’Olemps, Rodez et Onet-le-Château. Pour ce faire, elle devait conserver un trafic strictement local alors que le trafic en transit devait emprunter le grand contournement autoroutier de Rodez via l’ouest et le nord.

Hélas, depuis plus de 15 ans, à défaut d’un accord entre les diverses parties prenantes de ce dossier (région, département, Rodez agglomération) et d’un véritable soutien au projet de grand contournement, l’Etat a laissé traîner le dossier qui est progressivement tombé aux oubliettes par manque de volonté politique pour le faire aboutir. A cela s’ajoute les fortes contraintes budgétaires auxquelles doit faire face l’Etat aujourd’hui. Pour ces raisons, il n’est plus en capacité de financer le projet de contournement qui n’est d’ailleurs plus à l’ordre du jour. C’est regrettable mais c’est ainsi !

Priorité aux travaux d’aménagement de la rocade de Rodez

Aujourd’hui, les élus de Rodez agglomération, soutenus par le Conseil départemental de l’Aveyron et la région Occitanie portent un projet alternatif qui consiste en l’aménagement complet de la rocade actuelle à 2×2 voies avec réalisation de carrefours dénivelés, en lieu et place des actuels ronds-points. Ce projet s’élève à environ 40 millions d’euros pour l’aménagement des trois giratoires en échangeur. A l’heure actuelle, le contrat de plan Etat-Région Occitanie 2015-2020 a prévu seulement 10 millions d’euros auquel devrait s’ajouter une participation du Conseil départemental et de l’agglomération. Il reste donc prés de 30 millions d’euros à financer.

Les études sont actuellement en cours pour un début des travaux attendu courant 2020. Dans un premier temps, les travaux de réalisation des échangeurs devraient concerner les ronds-points de Saint Félix et des Moutiers, situés sur la portion centrale et la plus fréquentée de la rocade. Les travaux sont prévus pour durer plus d’un an. La deuxième phase d’aménagement concernerait l’aménagement du rond-point de Saint Marc également transformé en échangeur. Ces travaux devraient entraîner le déclassement de la rocade actuelle de boulevard urbain en autoroute urbaine pour laquelle la vitesse maximale serait portée à 90 km/h.

Ces importantes améliorations des conditions de circulation sur la rocade de Rodez sont attendues avec impatience. Sauf peut-être les riverains, qui au fil de l’augmentation du trafic, vont devoir en supporter les contraintes, à commencer par le bruit et la pollution atmosphérique croissante source de tant de problèmes de santé. Après l’abandon du projet de grand contournement pour défaut de financement, il n’y avait hélas guère d’autres alternatives pour les élus locaux que de porter ce projet avec ses inconvénients, sous peine de reporter aux calendes grecques l’aménagement de la rocade de Rodez et le prolongement de la RN88 à deux fois deux voies.

Plus d’infos : Projet d’aménagement de la rocade de Rodez

De son côté, la ville de Rodez va aménager le carrefour Saint Eloi

En complément des travaux d’aménagement de l’actuelle rocade, la ville de Rodez devrait engager les travaux d’aménagement du carrefour Saint Eloi qui demeure le principal point noir de la circulation à Rodez ces dernières années.

Le transfert prochain de l’université Jean-François Champollion à proximité de l’actuel IUT, prés de Saint Eloi, va en effet densifier un peu plus la circulation dans un quartier où elle est devenue de plus en plus difficile ces dernières années. C’est la raison pour laquelle la ville de Rodez devrait sortir des cartons le projet qui date de plus de 15 ans déjà. Il viserait à réaménager complètement la circulation du carrefour Saint Eloi, reliant l’avenue de Bordeaux, l’avenue du Mal Joffre et la rocade. Si la municipalité tient ses engagements, les travaux pourraient être réalisés concomitamment à l’aménagement de la rocade, c’est-à-dire à partir de 2019/2020.

Ce nouveau carrefour devrait prévoir un accès direct pour les véhicules en provenance du Bd Paul Ramadier vers la gare SNCF, mais aussi vers l’actuel rond-point des Moutiers. En prélude à ces travaux futurs, un nouveau giratoire a été mis en service au carrefour du bd du Maréchal Joffre et de l’avenue du 8 mai 1945. Gageons que cet aménagement majeur de la circulation à la principale entrée de Rodez, différé depuis de trop nombreuses années, verra enfin le jour pour le confort des ruthénois.

Le Conseil départemental réalise le barreau de Saint Mayme, reliant la rocade de Rodez au Causse Comtal

De son côté, le Conseil départemental ne perd pas de temps et, conformément à ses engagements, a lancé l’appel d’offre courant janvier 2016 pour les travaux du barreau de Saint Mayme, reliant la rocade de Rodez au Causse-Comtal (RD 988). Ces travaux ont démarré en 2017 avec la réalisation du rond-point sur la RD 988 entre Sébazac-Concourés et Lioujas et les divers ouvrages d’art.

Ils concernent l’aménagement d’une voie rapide de 9 km avec une chaussée à 2 et 3 voies, entièrement nouvelle, pour un coût total estimé à 25 millions d’euros, entièrement financés par le Conseil départemental bien que s’agissant d’une route nationale. Ces travaux, qui permettront de relier le nord Aveyron à l’actuelle rocade de Rodez en contournant la zone commerciale nord de Sébazac-Concourés, s’inscrivent dans le prolongement de la future liaison autoroutière entre Rodez et Séverac d’Aveyron (A75). Ils devraient se terminer en 2019.

Le prolongement de la RN88 à 2X2 voies entre Rodez et Séverac toujours en panne

Reste à espérer que le calendrier des travaux sera respecté et qu’à l’horizon de 2022, les difficultés de circulation dans le secteur de l’actuelle rocade de Rodez ne seront plus qu’un mauvais souvenir.

S’il est maintenant acquis que la RN88/A68 arrivera aux portes de Rodez fin 2019 et que la rocade de Rodez sera mise à niveau, il subsistera un important point noir entre Rodez et Séverac-le-Château (A75).

L’aménagement à 2X2 voies de cette importante voie du sud Massif-Central est toujours bloqué du fait de l’Etat qui n’a de cesse de faire traîner les choses, arguant d’un trafic insuffisant. Ce dernier tronçon aveyronnais de la RN88 est pourtant vital pour l’économie des départements de l’Aveyron, du Cantal et de la Lozère, les plus directement concernés. Au total, il ne s’agit pourtant que de 42 km pour un coût de l’ordre de 300 millions d’euros, soit une goutte d’eau pour l’Etat.

Le dossier relève en effet de sa compétence exclusive. A noter que l’actuel contrat de plan Etat-Région Occitanie 2015-2020 n’a prévu de 2 dérisoires millions d’euros d’études sur ce tronçon pourtant vital pour le département ! On est encore loin du compte.

Compte-tenu des erreurs passées des élus locaux sur ce dossier et du non-respect par l’Etat des engagements pris, il faut espérer que les élus départementaux vont dorénavant faire bloc et parler d’une seule voix face à l’Etat pour débloquer au plus vite ce grand chantier de désenclavement, indispensable au développement économique du département et de tout le sud Massif-Central.

Il y va de l’avenir des territoires ruraux évoqués par le président Emmanuel Macron dans sa campagne. On attend des actes concrets de l’Etat sur ce dossier.


L’Europe de la défense décolle enfin…

20 novembre 2017

Le 13 novembre 2017 marquera, à n’en pas douter, une date importante pour l’Union européenne vers une large coopération militaire renforcée qui devrait constituer l’embryon de la future armée européenne.

Rappelons que le projet communauté européenne de défense (CED) esquissée dès 1950 par l’Europe pour faire face à la guerre froide, avait avorté en 1954 en raison de l’opposition de la France et de certains pays au nom d’une prétendue souveraineté nationale en ce domaine.

Plus de 60 ans plus tard, le contexte est sensiblement différend avec des tensions internationales probablement plus importantes, créant une véritable instabilité à travers le monde. En effet, la Russie de Poutine se réarme massivement et reprend ses visées expansionnistes, comme en atteste l’annexion de la Crimée au détriment de l’Ukraine ; ce qui inquiète à juste titre les pays de l’Europe de l’Est. De son côté, l’arrivée au pouvoir aux USA, l’allié traditionnel de l’Europe, d’un président peu fiable et éloigné des préoccupations européennes n’est pas de nature à rassurer les européens. Si l’on ajoute le Brexit et le retrait prochain du Royaume-Uni de l’Union européenne, la défense européenne risque de se trouver moins opérationnelle.

L’Union européenne réagit enfin face aux menaces

C’est dans ce nouveau contexte international que vingt-trois pays de l’Union européenne ont décidé, courant novembre à Bruxelles, de s’engager dans une coopération militaire renforcée, pour relancer l’Europe de la défense et permettre de développer de nouveaux systèmes d’armes et la réalisation d’opérations extérieures communes. Cette structure militaire devrait être créée avant la fin de l’année.

Frederica Mogherini, responsable de la diplomatie de l’Union européenne a déclaré, à l’issue de l’accord sur les engagements jetant les bases de leur coopération structurée permanente (CSP) : « Nous vivons un moment historique pour la défense européenne. Ce nouvel outil va permettre de développer davantage nos capacités militaires pour renforcer notre autonomie stratégique ». Pour elle, la CSP devrait générer d’importantes économies d’échelle pour l’industrie de la défense européenne aujourd’hui trop fragmentée au regard de la concurrence américaine.

A ce stade, 4 pays ont décidé de ne pas rejoindre la CSP : Le Danemark, l’Irlande, le Portugal et Malte. Le Royaume-Uni du fait du Brexit, est de fait exclu de la CSP.

Pour la ministre allemande de la défense, Ursula von der Leyen : « Il était important pour nous, particulièrement après l’élection du président américain, que nous puissions nous organiser indépendamment, en tant qu’Européens. Ceci est complémentaire à l’Otan, mais nous voyons que personne ne va résoudre à notre place les problèmes de sécurité que l’Europe a dans son voisinage. Nous devons le faire nous-mêmes… »

Une défense européenne commune aux côtés de l’Otan

La position allemande, moins ouverte aux interventions militaires lointaines et risquées, semble l’avoir emporté sur la position française. La bonne santé économique de l’Allemagne alors que la France connaît une situation budgétaire plus difficile a fortement influencé les négociations. Rappelons que la France a dû récemment reporter son objectif d’atteindre le cap de 2% du PIB consacré aux dépenses militaires à 2025 !

La coopération, du moins dans un premier temps, devrait porter sur l’étude de projets de développement de matériels communs à l’ensemble des membres : blindés, drones, avions de combat, systèmes d’armes…. Il reste à espérer que les spécialistes européens de l’industrie de l’armement finiront par s’entendre et aboutiront rapidement à des coopérations exemplaires. A terme, l’objectif est de disposer d’un quartier général opérationnel pour les unités de combat et de mettre en place une plate-forme logistique d’opérations pour l’ensemble des membres.

La mise en place de ce pacte de défense européen imposera aux pays membres de consacrer une part significative de leur PIB à l’effort de défense. Parallèlement, l’Union européenne envisage de se doter d’un fonds dédié destiné à doper l’industrie européenne de la défense pour un montant de plus de 5 milliards d’euros par an.

L’Otan s’est dite favorable à cette initiative de défense européenne. La future armée européenne s’inscrit dans une coopération étroite avec l’Otan, du moins pour quelques décennies, le temps pour elle de mettre en place une défense pleinement opérationnelle, capable de faire face à aux menaces actuelles.

Plus d’infos :


France : Dans un paysage politique en pleine recomposition, l’avenir des Républicains se joue dans les mois à venir

13 novembre 2017

Avec l’élection surprise d’Emmanuel Macron, la dernière élection présidentielle de mai 2017 a fait imploser les partis politiques traditionnels qui régnaient pourtant sans partage depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, le parti socialiste comme le parti communiste luttent pour leur survie alors que la droite et le centre, tentent tant bien que mal à se recomposer pour retrouver la confiance des électeurs. La lutte s’annonce laborieuse.

De leur côté, les partis d’extrême-gauche et d’extrême-droite qui s’en sont plutôt bien sortis en termes de voix, pensaient pouvoir surfer sur le vide sidéral laissés par les partis traditionnels pour les supplanter. Six mois plus tard, il n’en est rien et ils semblent eux aussi traverser une importante crise qui les empêche de peser sensiblement sur la vie publique ; du moins pour l’instant !

Pendant ce temps, le parti du président : La République en Marche, après quelques mois difficiles, le temps de trouver ses marques, semble aujourd’hui s’installer peu à peu sur l’échiquier politique national.

Que deviennent la droite et le centre dans tout cela ?

Les Républicains qui n’ont aujourd’hui plus de leader, traversent une grande période de doute et d’incertitude. Ils vont désigner leur futur président les 10 et 17 décembre prochain. Trois candidats et candidate visent le poste pour prendre le contrôle du parti : Florence Portelli, Maël de Calan et Laurent Vauquiez. Même si la bataille pour la présidence ne fait que commencer, il semble que Laurent Vauquiez soit en position de l’emporter assez largement face aux deux challengers. Mais sera-t-il en mesure de rassembler l’ensemble de la droite ? Pas si sûr, lui qui semble se placer aujourd’hui sur une ligne politique très droitière et plutôt anti-européenne, en pensant profiter des difficultés actuelles du FN pour récupérer une partie de son électorat !

Même Nicolas Sarkozy est sorti de sa réserve pour critiquer ouvertement le positionnement de M. Vauquiez qui revendique pourtant son soutien : « Celui qui ne rassemble pas, qui pense qu’une famille politique c’est une secte, ne peut pas défendre ses convictions ». En effet, la ligne politique que semble vouloir imposer Laurent Vauquiez risque de fracturer un peu plus Les Républicains et limiter sa capacité à rassembler durablement autour de lui. Celui qui ambitionne d’être candidat de la droite à la présidentielle de 2022 prend ainsi le risque de s’aliéner une part importante de l’électorat de droite modéré et du centre qui ne se reconnaît dans ces valeurs de repli.

D’ores et déjà, le groupe dissident Les Constructifs qui pèse prés de 40 parlementaires, du fait de l’exclusion de ses poids lourds des Républicains, va probablement créer d’ici la fin de l’année un nouveau parti politique qui regroupera celles et ceux qui, aux Républicains, ne partagent pas la ligne politique incarnée par M. Vauquiez. Ils devraient ainsi aspirer les nombreux adhérents et sympathisants modérés, libéraux et pro-européens qui sont aujourd’hui convaincu que la seule alternative actuelle est de soutenir le président Macron sur les projets de réformes qu’elle partage et que la droite n’a pas été capable de mettre en œuvre par le passé (réforme du code du travail, suppression de l’ISF, flat-tax…).

Alain Juppé et les Républicains modérés vont entrer en opposition frontale avec Laurent Vauquiez

Très discret depuis l’élection du président Macron, Alain Juppé, le pro-européen et créateur de l’UMP, monte progressivement au créneau aux côtés des Constructifs pour saluer certains aspects de la politique du président et de son gouvernement, dont le Premier ministre, Edouard Philippe n’est autre que l’un de ses anciens responsables de campagne.

Voici quelques jours, Alain Juppé a ainsi loué la politique européenne du président Macron allant jusqu’à se montrer ouvert à l’idée d’un grand rassemblement au centre pour les prochaines élections européennes. Alors : piège tendu par Emmanuel Macron ou scission probable au sein des Républicains dont l’aile modérée ne se reconnaît plus dans l’évolution actuelle du parti ? Probablement les deux.

L’Europe risque en effet d’être un facteur de division et probablement de scission au sein des Républicains. Alain Juppé, les Constructifs et une part importante des Républicains parmi les libéraux restent des européens convaincus qui ne pourront supporter longtemps les attaques de Laurent Vauquiez sans réagir. Dans ce contexte, Emmanuel Macron qui affiche une véritable ambition européenne à laquelle une partie de la droite et du centre sont très sensibles, aura ainsi beau jeu de proposer pour les élections européennes de 2019, la constitution d’une large liste d’union et de rassemblement des français favorables à la poursuite de la construction européenne.

Outre le renforcement du camp pro-européen et de sa crédibilité au sein de l’Union, une telle liste aurait aussi l’avantage d’affaiblir les formations politiques eurosceptique de l’extrême-gauche à l’extrême-droite.

Nul doute que le président Macron va mettre à profit ce début d’année 2018 pour fédérer autour de lui les pro-européens du centre, des Républicains et du Parti socialiste en vue ces échéances européennes ô combien importantes.