France : Le diagnostic lucide du rapport Spinetta pour sauver le transport ferroviaire

19 février 2018

Le 15 février dernier, M. Jean-Cyril Spinetta, ancien PDG d’Air France-KLM, a remis au Premier ministre Edouard Philippe son rapport sur « l’avenir du transport ferroviaire français ».

Ce rapport de 127 pages, réalisé à la demande du Premier ministre, dresse l’état un état des lieux du transport ferroviaire français avec ses atouts et ses faiblesses, ses déséquilibres financiers malgré les diverses tentatives de réformes. Il formule 43 recommandations qu’il appartiendra au gouvernement de reprendre ou non à son compte dans la prochaine loi d’orientation des mobilités.

Pour Edouard Philippe, le rapport présente « Un diagnostic complet et lucide. » Pour lui « la refondation de notre modèle de transport ferroviaire est urgente ». Au final, les 43 préconisations formulées restent pour la plupart réalistes mais directes ; ce qui ne manquera pas de susciter des réactions. Parmi celles-ci, la gouvernance et le traitement de la dette restent des points essentiels qui détermineront l’avenir du transport ferroviaire en France.

Parmi les propositions fortes : transformer les deux branches de la SNCF en sociétés anonymes ; modifier l’actuel statut d’Epic qui lui permet aujourd’hui de s’endetter sans limite ; cesser le recrutement sur la base du statut actuel des nouveaux personnels ; mettre en place un plan de départs volontaires ; évaluation précise des petites lignes… Ces diverses recommandations vont bien sûr faire l’objet d’un examen attentif du gouvernement qui ne va pas manquer d’engager une large concertation sur la réforme du système ferroviaire, avec la direction de la SNCF, les syndicats, les régions et les usagers.

D’autres propositions ont également trait à l’ouverture à la concurrence prévue en 2019 pour les LGV et 2023 pour le reste du réseau ferroviaire. Pour Jean-Cyril Spinetta, c’est l’occasion « de renouveler le contrat social de la SNCF et une occasion unique de moderniser le système ferroviaire français en lui offrant une perspective de renouveau, au moment où les innovations et la concurrence se font jour dans le domaine de la mobilité ». Outre l’épineux sujet du statut des personnels dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, le rapport interpelle sur les modalités d’ouverture du réseau aux transports régionaux ou au transport longue distance.

La concertation avant la mise en œuvre de la réforme

Le gouvernement va s’engager rapidement dans une large concertation avec les interlocuteurs du transport ferroviaire. Pour le Premier ministre : « Ce rapport démontre sans ambiguïté la nécessité et l’urgence d’engager sans tarder une refondation de notre système ferroviaire » aujourd’hui à bout de souffle et, à terme, voué à la faillite. Pour le gouvernement, cette réforme de la SNCF mainte fois reportée par manque de courage politique face aux syndicats, constitue un objectif majeur. L’échec est interdit sous peine d’impacter directement les prochaines réformes prévues dans la fonction publique.

De ce point de vue, les français ne peuvent que se réjouir de cette volonté d’engager les réformes qui prépareront la France aux nombreux défis de demain. Chacun peut constater qu’aujourd’hui que la SNCF est exsangue et à bout de souffle. Hormis le TGV qui fonctionne à peu près correctement (mais à quel coût !), l’essentiel du réseau est vétuste et inadapté à un transport moderne, peu fiable et en rapport avec la demande de la clientèle, avec de nombreux retards. La SNCF et l’Etat paient la politique du tout TGV et le sous-investissement des dernières décennies dans les lignes « InterCités » et autres TER dont le confort, la propreté et la régularité laisse souvent à désirer comparé aux grands pays européens, tels l’Allemagne, le Royaume-Uni et même l’Italie et l’Espagne.

Au fil des ans, la SNCF a totalement laissé à l’abandon de nombreuses lignes et pas uniquement les moins bien fréquentées. Le rapport reconnaît ainsi le vieillissement du réseau ferroviaire. Malgré des efforts de rénovation, notamment via le financement de certaines régions : « un quart des voies sont aujourd’hui au-delà de leur durée de vie normale« . La signalisation reste l’autre principale cause de retard liée à l’infrastructure avec les caténaires et ouvrages d’art qui sont les plus touchés. La comparaison avec l’Allemagne a de quoi faire pâlir : « Les voies et aiguillages y sont en moyenne deux fois plus jeunes. »

L’avenir des petites lignes peu fréquentées en question

Le rapport met aussi en évidence le fait que 90% des voyageurs circulent sur seulement 30% du réseau français et que parallèlement, chaque année plus de 15% des investissements publics, soit 1,7 milliard d’euros, sont alloués à l’entretien des « petites lignes représentant pourtant moins de 2% des voyageurs, là où la route permettrait d’offrir des services comparables pour un coût beaucoup moins élevé… »

L’avenir de ces petites lignes ne peut qu’interpeller les régions qui ont lourdement investi dans leur maintien dans le cadre des contrats Etat-Région et peuvent difficilement accepter de les fermer aujourd’hui. C’est notamment le cas en Occitanie et Auvergne Rhône-Alpes où le réseau des TER desservant les métropoles est très important.

Le rapport invite évaluer avec plus d’objectivité et de transparence la pertinence économique des petites lignes. Il préconise que SNCF Réseau réalise, grâce à une méthode fiable et indiscutable, un état des lieux avant l’élaboration des prochains contrats de plan Etat-Régions de « cette partie la moins utilisée du réseau en présentant, ligne par ligne, l’état de l’infrastructure, le besoin de rénovation et le bilan socio-économique des investissements ».

En d’autres termes, l’Etat doit envoyer un signal fort en ne consacrant plus de crédit aux lignes dont l’intérêt socio-économique n’est pas démontré ! Il est aussi suggéré d’assouplir la procédure juridique de fermeture de ligne, trop longue et complexe. De ce point de vue, l’avenir des lignes SNCF du Massif-Central et de l’Aveyron en particulier est plus qu’incertain vu le trafic extrêmement faible des dernières années, et ce malgré les investissements réalisés par la région Occitanie. Force est de constater que si les liaisons autoroutières vers Toulouse, Montpellier de Clermont-Ferrand ont désenclavé l’Aveyron, elles pénalisent le train peu compétitif sur un parcours montagneux.

Une priorité : traiter la dette excessive et faire payer le billet à son juste prix

Le rapport rappelle le coût élevé pour les finances publiques du système ferroviaire français qu’il évalue à plus de 10 milliards d’euros par an, hors charge de la dette. Et de poursuivre : « Malgré ces contributions publiques massives, le modèle économique du système ferroviaire français demeure globalement déséquilibré. » La dérive actuelle de la dette du groupe SNCF, devenue abyssale, ne pourra être maîtrisée sans intervention de l’Etat pour son traitement et le nécessaire ajustement du réseau. Ainsi propose-t-il de mettre un terme à la plupart des liaisons LGV en projet, trop coûteuse et non rentables.

Il y a urgence à sauver le transport ferroviaire français montré du doigt partout en Europe. Si les français ont longtemps dénigré les réformes ferroviaires au Royaume-Uni qui avait lors de sa privatisation un réseau bien plus vétuste que celui de la France aujourd’hui, force est de constater que 25 ans plus tard, les choses se sont inversées au détriment de la France. Même si les résultats ont été longs à aboutir, le Royaume-Uni a connu une incontestable modernisation de son réseau ferré aujourd’hui sûr et très confortable. Même si les lignes les moins fréquentées ont été fermées et si les tarifs restent élevés, nos amis britanniques ont bel et bien sauvé leur transport ferroviaire et bénéficient aujourd’hui d’un réseau moderne de transport ferroviaire.

Si en France les tarifs sont globalement compétitifs (même si c’est loin d’être le cas pour certaines lignes), le coût réel pour le contribuable reste supérieur au coût supporté par l’usager britannique. La question est de savoir s’il faut faire payer le billet au client qui utilise le train ou au contribuable, sachant que l’Etat français est par ailleurs parmi les plus endettés de l’UE ? Parmi les recettes pour améliorer les recettes, M. Spinetta propose pour les lignes les plus importantes d’augmenter sensiblement les tarifs réservés aux professionnels par rapports aux tarifs loisirs, mais aussi de mettre fin aux tarifs extrêmement bas pratiqués dans le cadre de Ouigo.

Les marges de manoeuvre pour sauver le transport ferroviaire français sont aujourd’hui très étroites. Gageons que le rapport Spinetta ne restera pas lettre morte et que le transport ferroviaire français pourra être sauvé et retrouvera un second souffle, à l’instar des autres pays européens. Il n’est que temps de mettre un terme aux conservatismes de toutes sortes, plus enclins à défendre de petits intérêts particuliers que l’intérêt général du pays.

 

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France : La recomposition de la droite à marche forcée, mais à quel prix ?

12 février 2018

Au cours de l’année 2017, la droite française a connu sa plus grande défaite de tous les temps, éliminée du deuxième tour de l’élection présidentielle. Cet échec sans précédent, alors qu’en fin d’année 2016 elle était encore données largement favorite, la droite ne l’avait pas vu venir en soutenant le plus mauvais candidat qui soit : François Fillon.

Une fois de plus la droite française s’est avérée être la plus bête du monde. En effet, il n’était pas nécessaire d’être un politologue averti pour comprendre que la droite incarnée par Fillon courrait à sa perte. On ne peut d’ailleurs que s’étonner du soutien que lui ont apporté la plupart des parlementaires et responsables du parti. Pourquoi avoir persisté à soutenir un candidat aussi radical, replié sur lui-même qui incarnait la politique à l’ancienne et si peu ouvert aux autres composantes de la droite et du centre ?

Les français ont choisi une France moderne, tournée vers l’avenir et refusé les recettes du passé

Les français attendaient autre chose et notamment une droite plus moderne et ouverte face aux problèmes de notre société et qui propose une véritable rupture pour sortir notre pays de l’impasse actuelle. Au final, une partie de la droite et du centre n’a eu d’autre choix que de soutenir le seul candidat crédible qui incarnait le renouveau et l’espoir. D’ailleurs, dans les mois qui ont suivi l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence, nombre de parlementaires et membres influents de la droite et du centre ont, soit rejoint le parti présidentiel, soit fait montre d’une certaine sympathie à l’égard de son gouvernement. Pourquoi persister à le nier ?

Près d’un an après son élection, même si tout est loin d’être parfait, force est de reconnaître que l’image de la France a évolué très positivement à l’étranger et que notre pays avance aujourd’hui dans le bon sens, même si beaucoup reste à faire. La faute à qui ?  Bien des réformes effectuées ou en cours auraient dû être faites il y a bien longtemps, y compris par cette même droite qui ose aujourd’hui se laisser aller à une critique systématique. C’est tellement plus facile mais si peu constructif.

Heureusement pour le pays, la volonté d’avancer, le courage et l’autorité semblent enfin de retour. Mais le travail à accomplir pour remettre la France sur les rails est immense.

La recomposition de la droite : une fuite en avant pour ne pas disparaître

C’est dans un contexte difficile où elle se trouve placée hors du jeu politique actuel que la droite tente de se recomposer, tant bien que mal. Mais à quel prix, à défaut d’avoir réellement tiré les leçons de ses échecs successifs. Après une campagne interne pour le moins expéditive, organisée à la hâte, non sans surprise l’ambitieux Laurent Wauquiez a finalement été élu haut la main à la présidence des Républicains en janvier dernier. Le projet politique porté par le président de la Région Rhône-Alpes-Auvergne est indiscutablement le plus marqué à droite que le parti n’ait jamais porté et en opposition frontale avec le gouvernement actuel, qui comporte pourtant nombre de ses anciens membres et qui conduit une politique de centre-droit.

On peut donc s’étonner du choix d’une ligne aussi radicale fait par M. Wauquiez qui est pourtant un homme politique brillant. Ce positionnement très à droite ne peut en effet qu’indisposer fortement une partie importante de son électorat traditionnel situé au centre et sur sa gauche qui se sent de fait exclut de son mouvement. Dans un tel contexte, cet électorat modéré qui soutien aujourd’hui très largement le gouvernement d’Edouard Philippe, n’a maintenant d’autre choix que d’abandonner Les Républicains pour soutenir La République en Marche. Bien étrange calcul !

Il paraît suicidaire pour Les Républicains de Wauquiez de se couper durablement de cet important électorat qui lui est indispensable pour reconquérir le pouvoir demain. Même s’il récupère une partie de l’électorat de Mme Le Pen, cela ne lui suffira pas pour prétendre gouverner demain d’autant que la position actuelle des Républicains ne fait que contribuer à renforcer le parti présidentiel.

Avec un parcours sans faute, le président Macron pourrait bien être en passe de réussir son pari de remettre la France sur les voies du succès avant le terme de son mandat. Dans cette hypothèse, il est acquis qu’une part importante de l’électorat du centre-droit se rangera alors à ses côtés car le plus important pour elle n’est pas l’avenir de la droite mais bien l’intérêt du pays.

Les Républicains incapables de contenir la fuite des sympathisants et des électeurs déçus

Les attaques incessantes de M. Wauquiez et des Républicains à l’encontre du gouvernement d’Edouard Philippe ne font qu’isoler un peu plus le parti et le marginaliser à droite. En effet, sur la plupart des sujets, le président Macron et son gouvernement qui mènent au demeurant une politique libérale plutôt de centre-droit, ne font que mettre en œuvre des politiques et réformes que la droite elle-même a été incapable de mener lorsqu’elle était au gouvernement, notamment par manque de courage politique. Comment, dans un tel contexte, la partie de la droite et du centre exclue par Wauquiez des Républicains pourrait-elle ne pas se tourner vers le gouvernement actuel ?

Même si les problèmes engendrés par l’immigrations massive de ces dernières années sont au cœur des préoccupations des français et notamment d’une large part de l’électorat traditionnel de la droite, ce ne peut être à lui seul le facteur fédérateur de l’unité de la droite. Ce qui manque à la droite c’est un véritable projet politique global et cohérente autour de l’Europe. En effet, l’Europe, les réformes de structures, la maîtrise des déficits publics, le chômage, la protection sociale et notre système de santé sont essentiels et doivent être réglés au plus vite. Hélas, de ce côté-là, on ne voit guère les propositions crédibles de M. Wauquiez et c’est bien ce qu’il y a de plus inquiétant pour l’avenir de son parti.

Les prochaines élections européennes seront un test important pour le gouvernement et l’ensemble des formations politiques. Pourquoi pas une liste commune pour les formations pro-européennes ? Cela aurait beaucoup de sens aux yeux de nombreux français car, n’en déplaise à quelques nostalgiques d’un passé révolu, l’avenir de la France est directement lié à celui de l’Union européenne qui doit maintenant reprendre sa marche en avant. Une élection qui pourrait bien redistribuer les cartes politiques en France au détriment de la droite actuelle si elle n’y prend garde.


France : Les points faibles du système de santé français

3 février 2018

Durant des décennies, les français ont prétendu avoir l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur système de santé au monde. Malheureusement, depuis maintenant une dizaine d’année, force est de constater qu’il n’en est rien. En effet, en l’espace d’une dizaine d’année, les français peuvent apprécier quotidiennement de l’état de délabrement de notre système de santé, tant au niveau des soins que de son financement.

Hôpitaux surchargés avec liste d’attente, difficultés à recruter certains spécialistes, personnels infirmiers insuffisants et sous pression permanente… La médecine de ville n’est hélas guère mieux lotie : non remplacement de nombreux médecins partis à la retraite, généralistes et spécialistes en nombres insuffisants, salles d’attente bondées, délais d’obtention d’un rendez-vous de plusieurs mois…

Le diagnostic sans concession de l’OCDE

Dans son panorama de la santé de 2017 en France, publié courant novembre dernier, l’OCDE pointe certains travers persistants du système de santé alors que les dépenses par habitant y sont pourtant de 15% supérieure à la moyenne des pays membres de l’organisation.

La France a pris du retard et de nombreux efforts restent à faire pour progresser dans de nombreux domaines, notamment la lutte contre les addictions. Avec 12 litres par habitant et par an, la France est ainsi nettement au-dessus de la moyenne en matière de consommation d’alcool, devant l’Allemagne 11 litres, le Royaume-Uni 9.5 litres et l’Espagne 9.2 litres. S’agissant de l’autre fléau qu’est le tabac, la situation n’est pas meilleure avec 22.5% des plus de 15 ans qui fument contre 18% en moyenne dans l’OCDE. Pour y remédier, le gouvernement français a récemment décidé d’augmenter fortement le prix du tabac d’ici à 2020. Cela suffira-t-il ?

Enfin les français et les adolescents en particulier, ne pratiquent pas assez régulièrement une activité physique ; ce qui accentue les risques en matière de santé publique. IL faut cependant relativiser, avec seulement 17% de la population ayant un IMC (indice de masse corporelle) supérieur à 30, la population française présente sensiblement moins de risques qu’aux Etats-Unis (38%), au Royaume-Uni (27%) ou en Allemagne (23%). La France doit donc poursuivre ses efforts en ce domaine.

La défiance des français envers les vaccins reste également très forte, raison pour laquelle le gouvernement français va dorénavant rendre obligatoire certains d’entre eux dès 2018, surtout pour les moins de 2 ans. Ce sera le cas de la vaccination contre la rougeole qui reste inférieure aux autres pays.

Autre inquiétude, l’utilisation trop systématique des antibiotiques. En ce domaine, la France reste en effet le mauvais élève avec une utilisation supérieure de près de 50% à la moyenne des pays de l’OCDE. Ce qui accroît considérablement le risque de résistance à l’avenir et pourrait constituer demain un vrai problème de santé publique. Quant-au recours aux médicaments génériques, il plafonne à moins de 30% contre 52% pour la moyenne des pays de l’OCDE.

Enfin, même si des progrès importants ont été réalisés ces dernières années dans les hôpitaux, la France reste à la traîne des pays développés concernant le développement de la chirurgie ambulatoire (hospitalisation de jour, sans nuit sur place), beaucoup moins coûteuse et tout aussi efficace.

Le coût de la santé en France reste important, pour des résultats insuffisants

La France consacre prés de 12% de son PIB pour ses dépenses de santé, ce qui constitue un budget très important. La moyenne des pays de l’OCDE est de 9.5% du PIB seulement. Parmi les pays les plus généreux en matière de santé, on trouve en % du PIB : les Pays-Bas (12%), l’Allemagne (11.6%), la Suisse (11.4%), le Royaume-Uni (9.8%). Les dépenses de santé recouvrent les soins, les médicaments, les frais d’hospitalisation… qui sont financés, soit par des fonds publics (impôts et cotisations sociales) ; soit par des fonds privés (assurances, mutuelles et malades).

Les professionnels de santé sont environ un million. En 2016, on recensait ainsi 210 000 médecins, 480 000 infirmières, 42 000 dentistes, 75 000 pharmaciens et plus de 150 000 auxiliaires médicaux. Mais les financements ne suivent pas les dépenses ; ce qui génère un déficit annuel de l’assurance-maladie de l’ordre de 10 milliards d’euros.

L’autre mal français est le niveau élevé de consommation des médicaments (+ 40 % par rapport à la moyenne de l’OCDE), notamment des médicaments récents et coûteux avec moins de génériques. Une évolution que les Pouvoirs-Publics n’ont toujours pas été en mesure d’endiguer en dépit de maintes campagnes de sensibilisation des patients et des médecins.

Contrairement à la plupart des pays de l’OCDE, les français restent cependant des privilégiés au regard du reste à charge modéré en matière de santé. Avec un taux moyen de seulement 7%, il reste le moins élevé des pays de l’OCDE (taux de 20% en moyenne). De fait, ce faible coût à charge des soins facilite grandement le recours aux soins. C’est une réalité française d’autant plus vraie que pour les populations à faibles revenus ou les plus fragiles, la prise en charge est généralement totale via la CMU.

La France est aussi l’un de rares pays où l’assurance santé, plus généralement les assurances complémentaires santé, prennent en charge une part plus ou moins importante de frais coûteux que sont les lunettes, les soins auditifs et dentaires. Dans de nombreux pays, ce type de dépense est rarement pris en charge. A noter que M. Emmanuel Macron, le nouveau président français a promis un reste à charge de zéro sur les dépenses de prothèses dentaires, auditives et de lunettes d’ici 2022. Ce qui ne va pas manquer de détériorer un peu plus le financement des dépenses de santé déjà très déficitaires.

Dans ce contexte, les déficits de plus en plus importants et récurrents de l’assurance-maladie sont sources d’inquiétude et suscitent des interrogations concernant le financement de l’une des composantes essentielles de l’État-providence français. Compte-tenu du niveau élevé des dépenses de santé en France, il est probable que dans les années à venir les assurances privées seront de plus en plus sollicitées pour assurer l’équilibre des dépenses.

Des progrès importants restent à réaliser par la France notamment en matière d’automédication qui représente moins de 15% des ventes de médicaments contre plus de 50% en Allemagne ou au Royaume-Uni. En effet, de nombreuses pathologies bénignes devraient pourvoir être traitées directement par les pharmaciens plutôt que par les médecins ou les urgences à conditions toutefois de lever nombre de restrictions sur certains médicaments qui devraient être en vente libre et non remboursés.


France : Le gouvernement met un terme au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes

22 janvier 2018

Voilà plus de 30 ans que les élus locaux bretons de tous poils portaient à bout de bras le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Ils estimaient que le développement des régions Bretagne et Pays de Loire passait impérativement par la construction d’un nouvel aéroport situé à 25 km au nord de Nantes pour mieux desservir la Bretagne et faire face à une augmentation du trafic d’ici 2020.

Revenons un instant sur la situation des grands aéroports français. En 2016, les principaux aéroports en nombre de passagers étaient, par ordre d’importance : Paris-Roissy Charles-de-Gaulle : 66 millions ; Paris-Orly : 31 millions ; Nice-Côte d’Azur : 12.5 millions ; Lyon-Saint Exupéry : 9.6 millions, Marseille-Provence : 8.5 millions ; Toulouse-Blagnac : 8.1 millions ; Bâle-Mulhouse : 7.3 millions ; Bordeaux-Mérignac : 5.8 millions et Nantes-Atlantique : 4.7 millions.

L’aéroport de Nantes-Atlantiques n’arrive qu’en 9ème place, derrière ceux de Toulouse et Bordeaux qui sont des villes bien plus importantes mais dont les aéroports sont également localisés au cœur de l’agglomération. Il y a quelques années déjà, le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait mis fin à un projet de nouvel aéroport à Toulouse alors même que son trafic est bien plus important qu’à Nantes et que la présence de l’importante usine d’assemblage d’Airbus aurait pu le justifier, compte-tenu de sa prochaine saturation et des nuisances sur la ville rose.

Un projet inadapté et largement surdimensionné

Le projet de Notre Dame des Landes paraissait pour le moins démesuré à l’échelle de la région en dépit d’une augmentation régulière du trafic, notamment en raison de sa localisation et de son emprise au sol représentant plus de 1 600 ha pour un prix avoisinant un milliard d’euros.

Quoi de plus aberrant en effet que ce projet alors qu’une simple extension et modernisation de l’aéroport actuel de Nantes-Atlantiques suffit à faire face à l’augmentation du trafic pour les 10 ans à venir ; et ce pour un coût modéré de l’ordre de 300 millions d’euros. S’agissant des nuisances de l’aéroport actuel, si elles sont réelles, elles le sont tout autant pour les agglomérations de Nice, Toulouse ou Bordeaux qui ont un trafic plus important, sachant qu’un nouvel aéroport apporte globalement tout autant de nuisances. Va-t-on pour autant construire un nouvel aéroport pour ces viles ? Bien évidemment que non !

C’est oublier un peu vite que les progrès considérables de l’aéronautique et des nouvelles générations de moteurs d’avions permettent de réduire de l’ordre de 20% les nuisances sonores et les rejets de toutes sortes. Et cette évolution ne va cesser de s’accentuer dans la décennie à venir. Ce qui atténue sensiblement l’importance des nuisances. S’agissant plus particulièrement de l’actuel aéroport de Nantes, on sait aussi qu’une simple modernisation et adaptation des pistes et taxiways doit permettre de limiter considérablement l’impact du trafic sur l’agglomération.

Autre inconvénient de taille du projet d’aménagement du nouvel aéroport, il pénalisait lourdement la région sud des Pays de Loire, notamment les départements de la Vendée et le Maine-et-Loire pour qui la desserte de l’aéroport actuel est essentielle pour leur désenclavement.

Enfin, la proximité de nombreux aéroports régionaux en région Bretagne nord (Rennes-Bretagne, Brest-Bretagne, Lorient-Bretagne sud et Dinard-St Malo) offre déjà la meilleure desserte aérienne de proximité de France alors que le nouvel aéroport serait venu les concurrencer directement mettant un peu plus à mal leur rentabilité. Autre avantage considérable, la desserte par TGV de la région est aussi l’une des plus complète de France avec les principales gares TGV à moins de deux heures de Paris : Rennes/LeMans/Angers (1h20) et Nantes (1h56). Peu de villes françaises bénéficient d’une telle qualité de desserte permettant une liaison rapide avec les aéroports de la capitale.

Des arguments infondés et fallacieux

L’un des arguments avancés par les porteurs du projet était que le nouvel aéroport devrait permettre de créer un véritable hub aérien à l’ouest de la France, qui aurait permis une desserte aérienne transcontinentale directe, tout en permettant de délester les aéroports parisiens. Or, tous les spécialistes du transport aérien le savent, il est très difficile de rentabiliser plusieurs hubs sur un même pays européen comme le démontre les échecs rencontrés en ce domaine par les aéroports de Lyon ou Nice qui ont pourtant un trafic supérieur à 10 millions de passagers, soit le double de Nantes. Aujourd’hui, seuls les grands aéroports européens de plus de 40 millions de passagers comme Londres, Paris, Frankfort, Milan ou Amsterdam ont la taille requise.

Les faits sont là. Ils sont aisément vérifiables et ne sont pas contestables. Que ce soit sur un plan économique, au niveau du désenclavement ou de l’environnement, en 2018, rien ne pouvait justifier la construction d’un nouvel aéroport à Notre Dame des Landes pour la desserte des régions Bretagne et Pays de Loire.

S’agissant du prétendu déni de démocratie évoqué par divers élus locaux de tous bords, ces derniers seraient mieux inspirés de rester discret sur le sujet plutôt que de jouer les vierges effarouchées. Ce vote du 26 juin 2016 n’avait en effet aucune légitimité. Celui-ci a été organisé au dernier moment par les élus locaux, soutenus par l’ancien 1er Ministre de M. Hollande et ancien maire de Nantes : Jean-Marc Ayrault, pour tenter de forcer la main à l’Etat. Le choix du questionnement et surtout la décision d’organiser le vote au niveau du seul département de Loire-Atlantique avait en effet de fortes chances de leur être favorable. A l’inverse, s’il avait été organisé sur l’ensemble des départements directement concernés et par ailleurs membres du syndicat mixte de l’aéroport ou plus largement au sein de la région Pays de Loire, le résultat n’aurait très certainement pas été favorable. Tout le monde le savait ; c’est probablement la raison pour laquelle les partisans du projet ont pris la décision d’ignorer purement et simplement une part importante des électeurs pourtant directement impactés par le projet. Ne soyons pas dupes ; il s’agit d’une supercherie de bas étage qui n’honore pas certains élus régionaux.

Le choix lucide et courageux du gouvernement

Après 10 ans d’atermoiements et de non décision de l’Etat suivant la délivrance du permis de construire, après un dernier rapport d’experts, Emmanuel Macron et son Premier ministre Edouard Philippe ont enfin tranché courant janvier 2018 : le projet de création de l’aéroport de Notre Dame des Landes est définitivement abandonné. Il était temps car la crédibilité de l’Etat français était en cause. On ne peut que se féliciter de cette décision, somme toute courageuse et responsable.

Un grand bravo à ce gouvernement qui n’a pas cédé aux pressions de toutes sortes qui n’hésite à aller à l’encontre d’une majorité de français et d’élus lorsque l’intérêt du pays l’exige.

Oui, gouverner c’est préparer l’avenir, défendre l’intérêt général et non quelques intérêts particuliers, maîtriser les dépenses publiques et décider rapidement. Voilà qui est fait même si cela déplaît à certains ; la crédibilité de l’Etat ne s’en portera que mieux.

Rester maintenant à faire respecter la loi sur le terrain. La zone de non droit squattée par quelques extrémistes radicaux qui se sont approprié les terrains et les voies publiques devra être évacuée dès le printemps par la force si nécessaire. Le respect des droits et l’autorité de l’Etat sont ici en jeux.

 


France : Limiter la vitesse à 80 km/h sur les routes pour sauver un maximum de vies

15 janvier 2018

Fidèle à ses engagements, le gouvernement d’Edouard Philippe a présenté le 09 janvier 2018 au Comité interministériel de sécurité routière (CISR) les prochaines propositions de son gouvernement pour faire baisser significativement le nombre de victimes d’accidents de la route. La mesure phare de ce projet concerne la limitation de la vitesse de 90 km/h à 80 km/h sur les axes nationaux et départementaux, bidirectionnels sans séparateur médian.

Rien de bien surprenant à cela lorsque l’on connaît le piètre bilan des accidents de la route en France. A l’exception de l’année 2013 qui avait connu le plus faible nombre de victimes d’accident de la route avec 3 268 tués, le bilan n’a eu de cesse de se dégrader, preuve s’il en est du manque de volonté politique à faire respecter la loi sur les routes. Force est de constater que ces dernières années, les contrôles routiers ont été réduits à la portion congrue et ne n’ont pas été la priorité des gouvernements de M. Hollande.

Sous l’impulsion des divers gouvernements depuis 1996, le nombre de tués par accident de la route avait en effet connu une baisse importante passant de 8 000 par an à moins de 4 000 en 2012. Pour ce faire, les gouvernements avaient alors fait de la lutte contre les accidents de la route une réelle priorité avec une véritable politique répressive visant à faire respecter les limitations de vitesse par les conducteurs récalcitrants, grâce notamment à la mise en place des radars automatiques. En ce domaine, comme dans d’autres, on sait en effet que le moyen le plus efficace de lutter contre l’insécurité sur les routes est d’accentuer les contrôles et de sanctionner plus lourdement les infractions au code de la route. Bien qu’impopulaires, ces mesures courageuses de bon sens avaient permis de faire baisser de manière importante le nombre de morts sur les routes.

La preuve de leur efficacité a ainsi été apportée, en France, comme dans la plupart des pays. On le sait : il faut une réelle volonté politique pour s’attaquer au fléau des morts sur nos routes et rester ferme et déterminé face aux divers lobbys automobiles très influents. Depuis 2012, les automobilistes n’ont pas manqué de noter un relâchement des contrôles routiers et ont peu à peu repris leurs mauvaises habitudes (excès de vitesse de plus en plus fréquents, dépassements dangereux, téléphone en conduisant, prise d’alcool au volant, absence de clignotant…). Cette augmentation des incivilités sur les routes du fait de moindres contrôles de police et de gendarmerie est à l’origine d’une sensible augmentation du nombre de victimes sur les routes.

Rappelons que conformément aux orientations données par les Nations unies et l’Union européenne ces dernières années, les gouvernements français s’étaient fixés pour objectif de faire baisser le nombre de morts sur les routes sous la barre des 2 000 à l’horizon 2020. A moins de deux ans de l’échéance, avec près de 3 500 tués, il est clair que la France ne respectera pas cet engagement alors qu’un peu partout en Europe, le nombre de victimes de la route ne cesse de baisser.

Pourquoi la France continuerait-elle d’être le mauvais élève de l’Europe et accepterait-elle qu’un nombre important de personnes, dont de nombreux jeunes, soient tuées sur ses routes ? Le gouvernement d’Edouard Philippe a pris le problème à bras le corps et semble aujourd’hui déterminé à s’attaquer à ce fléau pour le moins indigne d’un pays qui se dit développé ! Comment accepter qu’autant de personnes continuent d’être tuées du fait du comportement irresponsable et dangereux d’une minorité d’automobilistes qui refusent de respecter le code de la route ?

Pour une fois, le courage politique l’a finalement emporté face aux lobbies et à une majorité de français hostiles à toute répression sur les routes. La liberté ne saurait en effet constituer une autorisation de tuer son prochain ! Et contrairement à ce qu’affirment certains automobilistes de mauvaise foi, rouler un peu moins vite ne veut pas dire qu’il y aura plus de ralentissements ou de bouchons ; bien au contraire cela devrait fluidifier le trafic routier sans que les temps de transport en soient pour autant allongés, du moins pour les trajets locaux. Pour les longs trajets, il reste les autoroutes et autres voies rapides dont les chaussées disposent d’un séparateur central qui ne sont pas concernées par cette limitation, sans oublier les transports en commun.

Que comptent quelques heures perdues dans une vie au regard des nombreuses victimes qui y ont trouvés la mort du fait de l’irresponsabilité de quelques automobilistes ? Depuis des décennies, la Sécurité routière, comme la Ligue contre la violence routière ou la Prévention routière ne cessent de rappeler que la vitesse reste la principale cause de mortalité et constitue toujours un facteur aggravant dans la majorité des accidents.

La plupart des experts en accidentologie sont d’accord pour affirmer que baisser la limitation de vitesse de 90 km/h à 80 km/h sur les routes à deux ou trois voies non séparées permettrait de sauver entre 300 et 400 vies par an au minimum. Ceci est confirmé par les résultats de l’expérimentation menée entre juillet 2015 et juillet 2017 sur 81 km de routes nationales et départementales dans quatre départements sur cette nouvelle limitation : « La vitesse moyenne a baissé d’environ 7% et l’accidentalité a connu une réduction de 25%, avec 50% de tués en mois : 3 morts contre 6 l’année précédente.» Qui peut encore raisonnablement contester le fait que diminuer la vitesse réduit automatiquement et significativement le nombre de victimes de la route ?

Même avec un des meilleurs réseaux routiers au monde, y compris sur les voies secondaires avec la présence de très nombreux ronds-points (record du monde) qui sécurisent les intersections, la France reste l’un des pays occidentaux qui a le plus grand nombre de morts sur ses routes. Mais contrairement à bien des pays, les contrôles routiers en France restent peu nombreux et peu redoutés des automobilistes qui prennent de plus de plus de liberté avec le code de la route. Comme dans d’autres domaines, il n’est que temps que l’Etat face là aussi respecter la loi sur nos routes.

Au-delà des terribles drames familiaux provoqués par les accidents de la route, dont rappelons-le la majorité des victimes sont totalement innocentes, la baisse de la mortalité au volant constitue un enjeu économique majeur. En 2016, l’insécurité routière aurait coûté plus de 50 milliards d’euros à la collectivité, soit 2.20% du PIB contre seulement 1.5% pour l’Allemagne et la plupart des pays de l’Union européenne.

Avec ce projet de loi relatif à la sécurité routière, le gouvernement fait ici preuve de courage et d’ambition pour sauver le plus de vies sur nos routes, même si cela doit se faire contre l’avis des automobilistes eux-mêmes. Outre la vitesse excessive, le projet vise également à réprimer plus lourdement les conducteurs qui continuent à braver l’interdiction de téléphoner en conduisant ou qui conduisent sous l’emprise de l’alcools ou de drogues, mais également en protégeant davantage les usagers vulnérables que sont les piétons et les cyclistes.

Un projet de loi sera prochainement présenté en ce sens pour une entrée en application au 1er juillet 2018.

On ne peut donc que se féliciter de cette décision en espérant qu’elle sera suivie d’autres, tout aussi spectaculaires et impopulaires comme l’interdiction à la circulation des véhicules diésel de plus de 10 ans qui contribue grandement à la pollution atmosphérique qui ferait près de 45 000 morts en France.  Rappelons que les véhicules diésels émettent des oxydes d’azote (NOx), mais aussi les dangereux dioxydes d’azote (NO2) qui s’attaquent aux voies respiratoires ainsi que nombre de particules fines toxiques pour les poumons et reconnues comme cancérigène par l’OMS depuis 2012.

En quelques années seulement, la ville de Pékin a ainsi retrouvé un niveau de pollution atmosphérique acceptable en matière de santé publique, notamment du fait de l’interdiction pure et simple des véhicules les plus polluants. Pourquoi la France en serait-elle incapable, sauf à accepter de laisser mourir autant de personnes innocentes, tout simplement parce que la mesure serait impopulaire ?

Gouverner c’est aussi défendre l’intérêt général et protéger les français contre quelques intérêts particuliers égoïstes.

Plus d’information :


Musée Soulages Rodez : Le Corbusier, exposition temporaire du début d’année 2018

7 janvier 2018

La dernière exposition temporaire du musée Soulages vient juste de se terminer. Selon les premières indications données ici et là, la magnifique exposition consacrée à l’artiste américain Alexander Calder a connu un beau succès. Sur l’ensemble de l’année 2017, la fréquentation totale du musée devrait se situer autour de 140 000 entrées, dont près de 90 000 pour la seule exposition Calder qui a fait le plein au mois d’octobre après un mois d’août en demi-teinte.

Depuis son ouverture en mai 2014, le musée Soulages de Rodez aurait ainsi attiré près de 700 000 visiteurs, soit plus de trois fois plus qu’espéré par les plus optimistes. Ce qui ferait aujourd’hui du musée Soulages le plus important en fréquentation de la région Occitanie !

Pour autant, ce succès indéniable n’est pas acquis sur le moyen terme et doit être conforté.

La prochaine exposition temporaire sera consacrée à Le Corbusier

La future exposition Le Corbusier du musée Soulages aura lieu du 27 janvier au 20 mai 2018 et s’intitulera : « L’atelier de la recherche patiente »

A cette occasion, prés de 90 pièces seront présentées, pour la plupart issues de la fondation Le Corbusier. Il faut en effet savoir que l’œuvre de Le Corbusier s’étend bien au-delà de l’architecture qu’on lui connaît. Outre l’urbaniste, il était aussi décorateur, peintre, sculpteur et homme de lettres.

Charles-Edouard Jeanneret-Gris, de son vrai nom (1887-1965), était un homme complexe et passionnant à bien des égards. Il a eu une vie foisonnante au cours de laquelle il a effectué de nombreux voyages à l’étranger pour acquérir des techniques et des connaissances les plus diverses. Il fût l’un des premiers représentant du modernisme, en introduisant des idées nouvelles comme le fonctionnalisme, le purisme et le lien entre nature et architecture.

Les 90 pièces de l’exposition Le Corbusier proposeront une déambulation chronologique à travers l’œuvre de l’architecte. Pour le conservateur en chef du musée Soulages, Benoît Decron, l’exposition comprendra : « Des peintures d’époques, des maquettes, des sculptures, des photographies, des tapisseries et des dessins permettront d’appréhender l’ensemble de la vie et de l’œuvre de Le Corbusier. »

Une future gestion du musée Soulages via un établissement public de coopération culturelle (EPCC)

Le Conseil d’agglomération de Rodez agglo a récemment approuvé la création d’un établissement public de coopération culturelle (EPCC) qui aura prochainement en charge la gestion du musée Soulages. Il a aussi validé le nouveau tarif unique de 11 euros, comprenant l’entrée à l’exposition temporaire et l’accès aux deux autres musées : Fenaille et Denys Puech.

La création effective de cet EPCC devrait intervenir au plus tôt au 1er juillet 2018 et au plus tard le 1er janvier 2019. Outre Rodez agglo, cette structure regroupera l’Etat, la région Occitanie et le département de l’Aveyron qui ont donné leur accord de principe. Les mois à venir devraient permettre d’affiner la participation de chaque collectivité ainsi que la gouvernance de l’EPCC : adoption des statuts, composition du conseil d’administration et du conseil scientifique…

Cet EPCC devrait permettre d’offrir une plus grande dynamique au musée, tout en lui donnant les moyens de son développement. Elle répond aussi à une demande de Pierre Soulages lui-même qui entend donner toutes les chances au musée qui lui est dédié.

En attendant d’en savoir un peu plus sur le nouveau mode de fonctionnement du musée Soulages, rendez-vous à la prochaine exposition temporaire dédiée à Le Corbusier.

Plus d’information : Musée Soulages de Rodez I Fondation Le Corbusier


Sébastien Bras rédacteur en chef du n° spécial du magazine Gourmets de France consacré à l’Aveyron

20 décembre 2017

Le magazine Gourmets de France, entièrement dédié à la gastronomie et à l’art de vivre, vient de publier un n° spécial Aveyron avec pour rédacteur en chef Sébastien Bras, célèbre ambassadeur de la cuisine française.

Gourmets de France est un magazine haut de gamme qui fait régulièrement la promotion des produits alimentaires français de qualité en donnant la parole à un jury gastronomique formé par un grand chef français. Dans son dernier numéro daté de décembre, Sébastien Bras en est le rédacteur en chef. Avec le jury composé par ses soins, il met en avant quelques-uns des meilleurs produits du département.

Voilà bientôt une dizaine d’année que Sébastien Bras a repris les rênes du célèbre restaurant du Suquet à Laguiole. Son père Michel Bras avait obtenu sa 3ème étoile au guide Michelin en 1999 et a régné en maître durant plus d’une décennie sur la gastronomie française aux côtés des plus grands chefs français et mondiaux. Ces dernières années, le restaurant Bras figure d’ailleurs régulièrement parmi les meilleures tables mondiales.

A 46 ans, Sébastien Bras a repris avec brio le restaurant Bras et a su rester au plus haut niveau. Dans ce numéro spécial de Gourmets de France, il y célèbre sa cuisine de terroir, faite de produits locaux de grande qualité, mais aussi cette terre d’Aubrac qui lui est si chère et avec laquelle il fait corps. Hier méconnu, grâce aux Bras et quelques autres familles qui ont cru en leur territoire, l’Aubrac terre de caractère s’il en est, fait aujourd’hui preuve d’un dynamisme et d’un renouveau que beaucoup de territoires ruraux de France ne peuvent qu’envier.

Les 12 membres du jury présidé par Sébastien Bras ont ainsi testé une palette de produits aveyronnais et sélectionné les meilleurs. Les membres du jury : Pascal Auriat (Boulanger à Laguiole), Sergio Calderon (sommelier au Suquet), Philippe Caralp (chef au Méjane à Espalion), Christophe Chaillou (chef au Café Bras à Rodez), Marc Cordy (chef à l’auberge du Château à Muret-le-Château), Nicole Fagegaltier (chef étoilé au Le Vieux Pont à Belcastel), Gilles Heliez (sommelier au Vieux Pont à Belcastel), Emilie et Thomas Roussey (chefs au Parfum des Délices à Rodez), Michel Truchon (chef étoilé Le Sénéchal à Sauveterre-de-Rouergue et Guillaume Viala (chef étoilé au Belvédère à Bozouls)

Parmi les produits sélectionnés en collaboration avec Gourmets de France, on peut citer :

Une belle palette de produits aveyronnais de qualité.

On peut aussi retrouver l’intégralité des produits sélectionnés par les plus grands chefs de France ces dernières années sur : http://www.tests-produit-gourmets.fr/

Plus d’infos : Le magazine Gourmets de France spécial Aveyron