France : Le grand retour de Nicolas Sarkozy

21 septembre 2014

Même si ce n’était un secret pour personne, Nicolas Sarkozy a mis fin à des mois se supputations et de suspense médiatique. A croire que l’ancien président de la République manquait grandement au microcosme politico-médiatique parisien.

Cette fois-ci, c’est officiel : Nicolas Sarkozy est de retour sur la scène politique nationale française.

Par ces temps de crise généralisée dans un pays en pleine dépression et au bord de la faillite après deux ans et demi de présidence par le socialiste Hollande, personne ne sen plaindra. Voilà au moins un retour qui promet l’instauration d’un débat démocratique salutaire et la renaissance de la droite et du centre aujourd’hui inexistants. Enfin l’opposition parlementaire va faire entendre sa voix qui était devenue inaudible depuis son départ en 2012. Enfin, la droite française va retrouver la place qui est la sienne sur l’échiquier politique, permettant ainsi de renvoyer les extrémistes du Front national à leurs chères études.

N’en déplaise à certains, le retour de Nicolas Sarkozy constitue un véritable évènement qui va, de fait, contribuer à un rééquilibrage du débat politique. Ce dont les français ne peuvent que se réjouir. Son objectif avoué est de surprendre, tout en bousculant les clivages politiques et en créant un large rassemblement au-delà de l’actuelle UMP.

Après la lamentable conférence de presse de François Hollande la semaine dernière, les français pourront découvrir le nouveau Nicolas Sarkozy ce dimanche 21 septembre sur France 2 à 20 heures. Nul doute que le contraste sera saisissant !

Voici la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy publiée le 19 septembre sur sa page Facebook : https://fr-fr.facebook.com/nicolassarkozy

« …Depuis 2012, j’ai pris le temps de la réflexion après toutes ces années d’activités intenses. J’ai pu prendre le recul indispensable pour analyser le déroulement de mon mandat, en tirer les leçons, revenir sur ce que fut notre histoire commune, mesurer la vanité de certains sentiments, écarter tout esprit de revanche ou d’affrontement. J’ai pu échanger avec les Français, sans le poids du pouvoir qui déforme les rapports humains. Ils m’ont dit leurs espoirs, leurs incompréhensions et parfois aussi leurs déceptions. J’ai vu monter comme une marée inexorable le désarroi, le rejet, la colère à l’endroit du pouvoir, de sa majorité mais plus largement de tout ce qui touche de près ou de loin à la politique. J’ai senti chez beaucoup de Français la tentation de ne plus croire en rien ni en personne, comme si tout se valait, ou plutôt comme si plus rien ne valait quoi que ce soit. Cette absence de tout espoir si spécifique à la France d’aujourd’hui nous oblige à nous réinventer profondément. Je me suis interrogé sans concession sur l’opportunité d’un retour à la vie politique que j’avais arrêtée sans amertume et sans regret. C’est au terme d’une réflexion approfondie que j’ai décidé de proposer aux Français un nouveau choix politique. Car, au fond, ce serait une forme d’abandon que de rester spectateur de la situation dans laquelle se trouve la France, devant le délitement du débat politique, et la persistance de divisions si dérisoires au sein de l’opposition. Je suis candidat à la présidence de ma famille politique. Je proposerai de la transformer de fond en comble, de façon à créer, dans un délai de trois mois, les conditions d’un nouveau et vaste rassemblement qui s’adressera à tous les Français, sans aucun esprit partisan, dépassant les clivages traditionnels qui ne correspondent plus aujourd’hui à la moindre réalité. Ce vaste rassemblement se dotera d’un nouveau projet, d’un nouveau mode de fonctionnement adapté au siècle qui est le nôtre et d’une nouvelle équipe qui portera l’ambition d’un renouveau si nécessaire à notre vie politique. J’aime trop la France ; je suis trop passionné par le débat public et l’avenir de mes compatriotes pour les voir condamnés à choisir entre le spectacle désespérant d’aujourd’hui et la perspective d’un isolement sans issue. Je ne peux me résoudre à voir s’installer dans le monde l’idée que la France pourrait n’avoir qu’une voix secondaire. Nous devons faire émerger de nouvelles réponses face aux inquiétudes des Français, à leur interrogation sur la pérennité de la France, à la nécessité d’affirmer sa personnalité singulière, à la promotion de son message culturel qui est sans doute la plus belle part de notre héritage. On ne fait rien de grand sans l’unité de la nation. On ne fait rien de grand sans espérance, sans perspective. Pour construire une alternative crédible, il nous faut donc bâtir la formation politique du XXIème siècle. Je le ferai avec le souci du plus large rassemblement, la volonté d’apaiser les tensions, et en même temps de susciter l’intérêt passionné de tous ceux qui ne peuvent se résoudre à l’abaissement de la France. Nous aurons besoin de toutes les intelligences, de toutes les énergies, de toutes les bonnes volontés. Il nous faut tourner la page des divisions et des rancunes afin que chacun puisse s’inscrire dans un projet, par nature, collectif. Je connais les difficultés qui nous attendent. Mais l’enjeu nous dépasse tellement, les perspectives sont si exaltantes, le redressement si nécessaire qu’à mes yeux les obstacles paraissent dérisoires. Ensemble, par la force de notre engagement, par notre conscience commune de la gravité des enjeux, nous rendrons possible le sursaut dont nul ne peut douter de la nécessité et de l’urgence. Que chacun soit convaincu de la force et de la sincérité de mon engagement au service de la France. »

Le nouveau Sarkozy 2014 est arrivé…

Probablement que les audiences des médias vont encore exploser ; de quoi doper les finances exsangues des chaînes et radios d’information. A part les partis de gauche et le Front national qui font déjà grise mine, les français ne devraient pas bouder ce retour après 30 mois d’absence sur la scène médiatique.

Nicolas Sarkozy est en marche et ne l’arrêtera plus jusqu’en 2017. L’espoir que les choses changent enfin positivement pour les français.

 

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France : moins d’un an après l’élection de Hollande, les déficits publics explosent et l’image du pays se dégrade fortement

13 mai 2013

Selon la Commission européenne, les déficits publics de la France devraient atteindre 3.9% du PIB en 2013 et 4.2% en 2014, bien loin des objectifs fixés par l’Union européenne d’un maximum de 3% du PIB en 2013. Pendant ce temps, les déficits publics de l’Allemagne, le bon élève de l’Europe, devraient être proche de 0% à la fin de l’année 2013.

Ce manque de convergence des finances publiques en Europe, notamment au sein des grands pays de l’UE, n’a jamais été aussi important et ne s’explique pas uniquement, comme voudraient le laisser croire certains, par la faible croissance (le taux de croissance de l’économie allemande ne sera que de 0.3.% en 2013 contre -0.1% en France) ou d’un héritage passé (rappelons qu’en dépit de l’importance de la crise, Nicolas Sarkozy avait considérable réduit les déficits de 6.8% du PIB en 2009 à 4.5% en 2011, avec un objectif de 3.5% en 2012 au lieu des 4.8% obtenus).

En dépit de la grave crise de 2008, à fin 2011, Nicolas Sarkozy avait ramené les déficits à un niveau raisonnable, permettant de respecter le seuil maximum de 3% dés 2012 et ce en dépit d’une croissance très modeste, grâce à une bonne maitrise des dépenses publiques. D’ailleurs, à fin 2001, la France était en ligne avec la plupart des pays de l’Europe du nord et de l’Allemagne, même si la réduction était moins marquée. Force est de constater que cette évolution favorable des dépenses publiques a été remise en cause par l’arrivée de la gauche au pouvoir en mai 2012.  Cette situation traduit un réel manque de volonté politique de s’attaquer à la cause réelle des déficits publics qu’est le niveau très élevé et non maitrisé des dépenses publiques.

Face à la dérive des finances publiques en France en 2012 et 2013, la Commission européenne a finalement lâché du lest, en dépit du principe de rigueur imposé par les pays de l’Europe du nord. Au final, la France, qui s’avère incapable de tenir ses engagements de réduction des déficits pour 2013 et 2014, se voit accordée un délai supplémentaire de deux ans pour rentrer dans les clous, c’est-à-dire ramener ses déficits de moins de 3% du PIB au plus tard en 2015.

Une évolution qui n’est pas du goût de tous les allemands, y compris du ministre des Finances,Wolfgang Schäuble, qui s’inquiète publiquement des dérives budgétaires françaises et du manque de détermination à s’attaquer à la réduction des dépenses publiques de l’autre côté du Rhin.  D’autres vont plus loin et ne cachent pas : « C’est un mauvais signal donné … ; allonger les délais, c’est simplement dire continuez comme cela ». En d’autres termes, on verra bien plus tard ! N’est-ce pas là un moyen d’encourager le laxisme en France et au sein de l’Europe du sud, pays qui ont toujours beaucoup de mal à mettre en œuvre des programmes durables de réduction des dépenses publiques ?

De source européenne, au travers de cet assouplissement : « Il n’est pas question d’accorder ce délai sans engagement fort de la France …. Pour Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques : « Il faut que la France dévoile rapidement des mesures précises de réformes structurellesau moins aussi important que la poursuite de l’assainissement budgétaire ».

Pour être clair, au risque de déplaire à l’aile gauche du PS, la France n’en est qu’au début de la rigueur qui devrait se faire sentir rapidement. Pour François Hollande : « Ce serait une vue de l’esprit d’imaginer que la France puisse se dispenser du sérieux budgétaire indispensable. Quelle que soit la liberté que nous donne l’Europe, nous nous sommes fixé un objectif : que la dépense publique n’augmente pas d’une année sur l’autre ».

Rappelons que le niveau de dépenses publiques de la France atteint un record en 2013, soit 57.20% du PIB, le taux le plus élevé de toute l’Union européenne. Pour 2014, ce taux devrait encore sensible croître ; ce qui fait apparaître la France comme le mauvais élève de l’Europe qui s’obstine, seule contre tous les pays de l’Union, à se refuser à engager un véritable programme de réduction des dépenses et mettre en œuvre les réformes de structures qui s’imposent.

Espérons que les bonnes intentions affichées par Hollande et son gouvernement ne sont pas une nouvelle fois des paroles en l’air et que la France va enfin réduire durablement ses dépenses publiques, et pas que dans l’armée. Car à terme, avec une dette qui dépasse mi 2013 les 92% du PIB, contre 85.6% à fin 2011, celle-ci pourrait exploser rapidement et vite devenir insupportable pour le pays. Plus vite la France sera vertueuse, plus vite la dette sera maitrisée et la croissance et l’emploi seront au rendez-vous. Allez, un peu de courage M. Hollande !


France : Et si Sarkozy avait eu raison ?

11 septembre 2012

« Et si Sarkozy avait eu raison ? ». Tel est le titre de la une du dernier n° de l’Express paru le 7 septembre.

Et le magazine l’Express d’ajouter en sous-titre : « Roms, compétitivité, sécurité, Allemagne, traité européen, rythme des réformes… ». Quatre mois après son élection, François Hollande est au pied du mur et doit rompre avec l’immobilisme pour affronter les réalités de la crise qui sévit en Europe depuis plusieurs années.

On se rappelle que durant la campagne présidentielle, ce dernier avait purement et simplement nié la réalité de la grave crise que traversent la France et l’Europe, allant jusqu’à accuser le président sortant d’imposer l’austérité aux français en s’alignant sur l’Allemagne d’Angela Merkel. Ceci attitude avait largement contribué à verrouiller la campagne en grujant les électeurs et les privant de tout débat de fond.

Ainsi, les promesses les plus rocambolesques et fantaisistes ont été faites pour convaincre les électeurs qu’ils n’auraient pas à serrer la ceinture puisque, à entendre les socialistes, il y avait une autre alternative que la réduction des dépenses publiques et l’augmentation des impôts puisque la crise des finances publiques n’était qu’une pure invention de Nicolas Sarkozy pour imposer l’austérité aux français ! Ce fût manifestement un plan de campagne efficace puisqu’il déstabilisa le président sortant et fini par convaincre une courte majorité de français.

En ce mois de septembre 2012, le voile rose déployé par Hollande et ses troupes lors de la campagne s’est aujourd’hui totalement dissipé et la réalité, au fil des mois, est apparue cruellement aux français : la crise est là, profonde et tenace et il va bien falloir passer à la caisse pour restaurer les finances publiques durant de longues années, sans échappatoire possible. Après avoir sciemment ignoré l’ampleur de la crise, Hollande et les socialistes feignent aujourd’hui d’en découvrir l’ampleur, pour augmenter massivement les impôts plutôt que de réduire drastiquement les dépenses publiques.

Voici qui n’est guère courageux de la part des socialistes et d’une certaine presse qui ont trompé les électeurs afin de battre Nicolas Sarkozy par tous moyens. Manifestement, l’avenir de la France et des français, y compris les plus modestes qu’ils prétendent défendre, était bien leur dernière des préoccupations.

Le retour aux réalités est rude pour Hollande, son gouvernement et les socialistes qui s’avèrent aujourd’hui incapables de faire face à la crise, au moment où une partie des français s’aperçoivent, bien tardivement, qu’il ont été purement et simplement été roulés dans la farine à des fins strictement électoralistes. Le désarroi du président et de son gouvernement, au plus bas dans les sondages, explique la paralysie et l’immobilisme du pouvoir actuel. Le réveil risque d’être brutal et la pression ne va pas manquer de monter face à un gouvernement figé et incapable de prendre les bonnes décisions.

Avec le recul, force est de constater que Nicolas Sarkozy avait probablement raison sur toute la ligne parce qu’il avait décelé l’ampleur de la crise et avait une vision claire des décisions à prendre pour sortir de la crise. Au final, les français ne peuvent qu’être consternés de découvrir qu’après avoir longtemps rejeté les décisions envisagées par Nicolas Sarkozy, François Hollande et son gouvernement font aujourd’hui marche arrière et tendent à revenir à une ligne politique plus réaliste et proche de leur prédécesseur.

Beaucoup de français en sont aujourd’hui réduit à penser qu’en ces temps de forte tempête qui balaie l’Europe, mieux aurait valu que le pays fût gouverné par un Nicolas Sarkozy qui avait au moins le mérite d’avoir fait ses preuves par gros temps depuis 2007. Ce n’est pas un hasard si Hollande revient en arrière toute et s’inspire ouvertement de certaines positions de son prédécesseur, comme l’adoption de la fameuse règle d’or et son inscription dans la constitution.

Pas sûr que ce brutal retournement réussisse à convaincre certains électeurs de gauche. Dans ce contexte, les grandes réformes structurelles dont la France à besoin pour se relancer ne sont pas pour demain. Allez, M. Hollande, un peu moins d’idéologie et plus de pragmatisme et de courage !


France : le gouvernement de M. Hollande au pied du mur. Réduction des dépenses publiques ou augmentations d’impôts ?

29 mai 2012

La participation de François Hollande aux sommets européens et du G8 courant mai 2012 n’ont pas pleinement convaincu les observateurs, loin s’en faut au regard de l’absence de réelles avancées. Cela dit, est-ce bien le rôle de ces manifestations ? Ce n’est pas certain. Au mieux, on peut se rassurer en remarquant qu’au sommet européen, le nouveau président, à défaut d’avoir imposé ses vues, a obtenu un succès de curiosité. Pas sûr que cela dure !

S’agissant des relations franco-allemandes, elles sont essentielles à la construction européenne. Bien que parfois difficiles, les rapports entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont permis d’avancer et de consolider la zone euro qui était au bord de l’éclatement ne l’oublions pas. Si la zone euro connaît aujourd’hui des difficultés, ce n’est certainement du fait de ces derniers, même si parfois, ils ont paru tarder dans certaines prises de décisions. La responsabilité incombe d’abord aux gouvernements signataires du Traité de Maastricht le 07 février 1992 (c’était alors un gouvernement et un président de gauche), puis à ceux qui ont accepté (toujours le même gouvernement de gauche) que les pays d’Europe du sud, parmi lesquels la Grèce, le Portugal et l’Espagne, intègrent la zone euro alors même qu’ils ne respectaient pas depuis plusieurs années les critères de convergence prévus par le traité.

Si l’Europe traverse aujourd’hui une profonde crise, elle le doit aussi à l’absence d’évolution du statut de l’Europe qui est resté figé, avec une zone euro faite de pays aux économies disparates et divergentes (rigueur budgétaire au nord et laxisme au sud). Dans ce contexte, les marges de manœuvres de Sarkozy et Merkel étaient extrêmement réduites et les critiques à leur encontre apparaissent pour le moins infondées à bien des égards. Le seul moyen d’atténuer la crise de la zone euro et de la résorber n’est autre, pour la France comme pour d’autres, que de s’engager vers plus de rigueur dans les dépenses publiques. Dans un pays normal, on appelle cela le courage et le pragmatisme ! Que cela plaise ou non, Hollande ou pas, les français ne pourront rétablir l’équilibre des finances publiques sans un petit effort de tous. C’est le prix à payer pour ne pas devenir un jour la Grèce et devoir tout perdre.

L’autre raison du manque de compétitivité de la France par rapport à l’Allemagne, qui est aussi à l’origine du chômage important dans notre pays, c’est la généralisation des 35 heures imposée par le gouvernement socialiste de M. Jospin en 2002 alors que l’Allemagne s’engageait dans des réformes importantes relatives au droit du travail. N’oublions pas le coût colossal des 35 heures en perte de compétitivité, de destructions d’emplois et de stress généré auprès des salariés les plus modestes. Merci la gauche car 10 ans plus tard, les français en payent encore l’addition.

Si les déficits ont cru et la dette creusée lourdement depuis 2008 en France, comme partout en Europe, c’est la simple résultante de la crise financière de 2008 et non comme le prétend la gauche et certaines personnes de mauvaise foi, le résultat d’une mauvaise gestion et de prétendus cadeaux faits aux plus riches ! L’explosion des dépenses publiques et de la dette résultent à plus de 80% du fait que l’Etat a du voler au secours de nombreuses banques et entreprises au bord de la faillite en injectant plusieurs centaines de milliards d’euros alors que ses recettes fiscales chutaient de plus de 100 milliards. Là est la réalité.

En cela, la position de Nicolas Sarkozy de s’aligner sur une certaine politique de rigueur budgétaire chère à l’Allemagne allait tout à fait dans le bon sens : faire en sorte que la France rentre dans le rang en respectant les critères de convergence édictés par le Traité de Maastricht (déficit inférieur à 3% du PIB et dette publique inférieure à 80% du PIB) et retrouve ainsi progressivement une situation budgétaire équilibrée (déficit de 3% du PIB en 2013 et équilibre budgétaire prévu en 2016). Le tout en donnant l’exemple aux pays de l’Europe du sud dont elle est très proche. Que peut-on redire à cela ? Doit-on laisser croire aux français que le pays pourra supporter indéfiniment de laisser filer ses déficits, sans véritable effort sur la réduction des dépenses ? Est-il responsable, comme l’a fait M. Hollande durant sa campagne, de laisser penser que la France pourra accroître ses dépenses publiques et s’opposer à la signature de la règle d’or budgétaire ?

S’agissant des fameux eurobonds (euro-obligations), ils n’ont pas de sens dans l’Europe de 2012 qui n’est autre qu’une Union de pays avec des économies divergentes. Ce serait en revenir à faire payer les bons élèves de l’Europe du nord pour les cancres du sud. Peut-on espérer une Union européenne construites sur ces bases, alors que ces pays du nord ont déjà engloutis des centaines de milliards pour venir en aide à ces mêmes pays du sud ? Ceci explique la fermeté, parfois excessive il est vrai, mais tout à fait compréhensible d’Angela Merkel et de bien d’autres pays.

L’une des solutions pour sortir de la crise de l’euro, rarement évoquée, c’est de faire franchir un nouveau grand pas à l’Europe en optant pour une Union fédérale intégrant les pays de l’actuelle zone euro. Ainsi, on pourrait voir cohabiter des économies très différentes, comme cela est le cas aux USA, sans peser sur l’euro puisque la dette des pays serait alors mutualisée de fait. Nicolas Sarkozy était plutôt un partisan de cette évolution en douceur vers une Europe fédérale en sortant par le haut. Manifestement, à l’intérieur même de la France, y compris au sein du parti socialiste et dans de nombreux pays européens, les esprits ne sont pas encore mûr pour cette évolution majeure. Dommage car c’est probablement le moyen de construire d’Europe de demain et de nous sauver de la crise actuelle. M. Hollande aura-t-il le courage de soutenir la construction d’une Europe fédérale ?

Quoi qu’il en soit, l’avenir de l’Europe passe par la cohésion franco-allemande et M. Hollande devra s’adapter, y compris en avalant quelques couleuvres et en faisant quelques entorses à l’idéologie socialiste avec laquelle il devra prendre ses distances. Il serait vain pour lui de croire qu’une alternative réside dans une tentative d’alliance avec l’Italie, et dans un degré moindre avec l’Espagne alors que ces pays ont, contrairement à la France, engagé de profondes réformes de structures et devraient dans les prochaines années retrouver dynamisme et croissance. Plutôt que de céder à la facilité de l’augmentation des impôts, le nouveau président aura-t-il le courage politique d’engager les réformes de structures indispensables, qui seules permettront la réduction durable des dépenses publiques, pour préparer la France aux défis de demain ?

Les français aimeraient être rassurés rapidement et si possible avant les législatives, histoire de faire leur choix en toute connaissance de cause.


Présidentielle 2012 : Hollande succède à Sarkozy à l’Elysée

8 mai 2012

Finalement, sans grande surprise, François Hollande a emporté la présidentielle 2012 avec 51.3% des voix.

Disposant d’une avance substantielle depuis le lancement de sa campagne en fin d’année 2011, largement favori des instituts de sondage qui lui avaient donné une avance allant jusqu’à 20 points par rapport à Nicolas Sarkozy, le nouveau président ne l’a finalement devancé que d’un plus de 3 points. Autant dire qu’au fil des semaines, son avance a sensiblement fondu. Mais l’essentiel n’était-il pas de gagner le scrutin le 6 mai ? Voilà qui est fait pour Hollande.

Au final, ce dernier remporte l’élection sans panache, avec un score relativement modeste et un taux de participation en baisse à 81%. Rappelons qu’en 2007, Nicolas Sarlozy avait été élu avec plus de 53% des voix avec une participation de prés de 86%. Voilà qui en dit long sur le faible intérêt des français pour la campagne et leur peu de motivation à aller voter, après une morne campagne marquée par la quasi-absence de propositions pour sortir de la crise et surtout l’alliance des 9 candidats contre le président sortant, en lui faisant porter le chapeau de tous les maux du pays. C’était effectivement plus facile que de parler des solutions à la crise !

Face un président sortant affaibli par la crise et au plus bas dans les sondages depuis plusieurs années, force est constater qu’avec seulement 51.3% des voix, François Hollande est loin d’avoir convaincu. Et pour cause, il n’a pas apporté de réponse claire aux problèmes liés à la grave crise actuelle, ni su galvaniser les français sur un véritable projet fédérateur pour préserver l’avenir de la France. S’il l’emporte, c’est davantage par la relative faiblesse de Nicolas Sarkozy et surtout l’anti-Sarkozysme qu’il a habilement distillé tout à long de cette campagne que par l’adhésion à sa personne.

Elu principalement par rejet du sortant, le nouveau président de la République n’a qu’une légitimité limitée. Il devra au plus vite rassurer les français quant-à sa capacité à assumer les plus hautes fonctions en ces temps de crise et surtout prendre rapidement les bonnes décisions, à commencer par la réduction des dépenses publiques. Il n’y aura guère d’état de grâce d’autant que le nouveau président doit maintenant emporter les élections législatives ; un résultat qui n’est pas acquis même si habituellement, les français ont donné une majorité aux élections législatives qui ont suivi l’élection de ce dernier.

De son côté, parti de très loin et au plus bas dans les sondages, Nicolas Sarkozy a réalisé une lente mais belle remontée pour terminer à 48.37% des voix. Malgré la position difficile du sortant, qui a du traverser la crise financière de 2008, puis celle de la dette de la zone euro en 2010 à 2012, il a mené une campagne de terrain courte mais courageuse pour tenter d’expliquer sa gestion et proposer son programme. Hélas, il est souvent apparu un peu seul dans cette campagne, parfois basée sur des thématiques marginales, qui ont probablement nuit à la lisibilité et à la cohérence de son projet.

Comme au cours des diverses crises qu’il a du affronter, Nicolas Sarkozy s’est battu jusqu’au bout face à une coalition sans précédent, unie comme lui, avec l’énergie hors de commun qu’on lui connaît. Dommage que cette énergie et cette expérience précieuse ne reste pas au service de la France.

Quoi qu’il en soit, le nouveau président devrait entrer en fonction dés le 15 mais prochain et désigner rapidement son gouvernement en vue d’affronter les élections législatives des 10 et 17 juillet prochains. Gageons que ces dernières nous réserveront quelques surprises, tant à gauche qu’à droite, où l’UMP devra faire face à un Front national sorti renforcé de la dernière présidentielle.

Quel que soit le résultat, qu’ils le veillent ou non, les français vont devoir passer à la caisse. Espérons que ce ne sera pas pour rien ! Cette fin d’année 2012 risque de se révéler politiquement et socialement très chaude et délicate pour le nouveau pouvoir. Un test grandeur nature pour Hollande et son équipe.


Présidentielle 2012 : le débat télévisé entre Nicolas Sarkozy et François Hollande

3 mai 2012

Finalement, le débat de deuxième tour de l’élection présidentielle entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, n’aura attiré que 18 millions de téléspectateurs, contre prés de 20 millions en 2007. Un débat de prés de 3 heures qui n’a finalement pas apporté d’éléments nouveaux au fond.

Nicolas Sarkozy s’est montré calme et convaincant sur son programme, son bilan et dans ses attaques. A l’inverse, et ce fut probablement la surprise, François Hollande est apparu plutôt agressif, pour ne pas dire arrogant, plus habile à critiquer le bilan de son adversaire qu’à détailler et argumenter ses propositions. Il a ainsi confirmé une fois de plus son art de l’esquive.

Après ce débat où les français souhaitaient connaître un peu mieux le candidat François Hollande et mesurer ses capacités à assumer la fonction présidentielle, beaucoup de français ont du rester sur leur faim. Globalement, Nicolas Sarkozy par sa relative sérénité et son argumentation plutôt précise, a donné l’impression d’un président pausé et prêt à conduire la France à bon port, dans les conditions difficiles qui sont les siennes aujourd’hui.

Les réactions à gauche :

Laurent Fabius sur Europe 1 a déclaré : « Vous aviez d’un côté un président sortant, j’allais dire finissant, et de l’autre un président entrant« . Selon lui, « au fond, il (Nicolas Sarkozy) n’a pas grand-chose à dire sur le futur, et il est en voie de finir son mandat. » Au contraire, « on a vu hier et de loin que François Hollande avait la carrure« .

Pour Martine Aubry, le candidat socialiste a montré qu’il avait bien « l’étoffe présidentielle« , face à un « Nicolas Sarkozy (qui) n’assume pas son bilan« . A propos des accusations de mensonge que se sont adressées les deux débatteurs d’hier soir, la patronne du PS souligne que de son point de vue, « il y a faillite morale de la part du président sortant. Il a menti aux Français. François Hollande, lui, a été extrêmement clair et précis. » Hier soir, Martine Aubry a affirmé avoir trouvé François Hollande exceptionnel face à un Nicolas Sarkozy « sur la défensive« . Pour elle, le débat a illustré ce que serait sa présidence : « un cap clair et des valeurs de la France retrouvées« .

« Face à un adversaire sans idées et sans autre projet que celui de sa réélection, spécialiste des contre-vérités et des approximations, François Hollande  a démontré sa connaissance des dossiers. C’est le Président qu’il faut à la France« , a jubilé par communiqué, François Rebsamen, le M. Sécurité du PS. Ségolène Royal, a estimé sur son compte Twitter : « François a dominé le débat avec force et vérité. Le changement est en marche. L’espoir est là. »

Les réactions à droite :

« François Hollande fuit, il esquive les questions depuis des semaines. Nicolas Sarkozy était précis, c’est sa façon de respecter les Français« , a déclaré sur I-Télé Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy. Sur France Inter, elle s’est déclarée « étonnée » par le « côté agressif » de François Hollande lors du débat, qui tranche selon elle, avec son attitude « placide » en dehors des plateaux.

Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, a affirmé que « ce débat a permis à notre candidat d’atteindre tous les objectifs. C’était le moment de confrontation qui devait montrer de manière éclairante d’un côté la force d’un projet, celui de Nicolas Sarkozy, la détermination, la solidité d’un homme, et face à cela un François Hollande en retrait, en hésitation, en hyper agressivité sur la totalité des thèmes. »

Sur BFM TV, Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, a jugé que « finalement il y a un président sortant et il y a quelqu’un qui n’a jamais exercé de responsabilités donc il n’a pas de bilan, donc c’est facile de critiquer le bilan du sortant surtout quand il est passé à travers quatre années de crise terrible ».

« Après le débat de ce soir, les Français peuvent juger, face aux imprécisions, à l’arrogance et à l’agressivité du candidat socialiste, de la solidité, de la force de l’expérience et du sérieux des propositions de Nicolas Sarkozy nécessaires au redressement de notre pays« , écrit le ministre du Travail Xavier Bertrand.

Jeannette Bougrab, secrétaire d’Etat à la Jeunesse a estimé : « Nicolas Sarkozy par sa compétence, son volontarisme, et sa connaissance des dossiers a mis en exergue l’inexpérience gouvernementale de François Hollande, et l’imprécision de ses propositions….  Le candidat socialiste a pour seul bilan d’avoir coulé son département pour des décennies. »

Au final, ce sont les électeurs qui désigneront le vainqueur dimanche 6 mai.


Présidentielle 2012 : un 1er mai un peu moins rouge que d’habitude grâce à Nicolas Sarkozy

1 mai 2012

A la veille du second tour de l’élection présidentielle, les syndicats français avaient appelés massivement leurs adhérents à manifester ce 1er mai 2012.

Avec un peu moins de 10% de l’ensemble des salariés, dont prés des ¾ issus de la fonction publique, les syndicats sont peu représentatifs en France. C’est d’ailleurs le principal handicap des syndicats français contrairement aux pays européens du nord où les salariés sont fortement syndiqués. De fait, le dialogue social y est permanent grâce à la responsabilité des syndicats beaucoup plus ouverts et tournés vers l’avenir que chez nous. C’est ce manque de représentativité qui contribue au blocage de la société française et aux faibles avancées sociales.

Malgré une participation en hausse sensible par rapport aux autres années, épaulés par de nombreux responsables et militants en provenance du front de gauche, d’Europe écologie Les Verts et du parti socialiste avec à leur tête Jean-Luc Mélenchon, Ségolène Royal, Martien Aubry et bien d’autres, les syndicats n’ont que  partiellement réussi leur démonstration. Prés de 50 000 personnes à Paris et 320 000 en France selon la Police, trois fois plus selon la CGT. Dans les défilés, beaucoup de drapeaux rouges comme au bon vieux temps, avec de nombreux slogans anti-Sarkozy et d’autres en faveur de Hollande. Au final, un défilé bien politique et très peu syndical comme c’est souvent le cas en France.

De son côté, Nicolas Sarkozy avait profité de ce 1er mai pour appeler ses supporters à le rejoindre pour un grand meeting de campagne du côté de la place du Trocadéro à Paris. Après tout, rien d’anormal d’organiser un 1er mai un grand  meeting à quelques jours d’un second tour important pour le pays. Prés de 200 000 personnes ont répondu présentes pour soutenir leur candidat et faire entendre, une fois n’est pas coutume, un autre son de cloche face aux syndicats. Une manifestation aux couleurs tricolores qui tranchait singulièrement de vivacité face à un morne défilé syndical tout de rouge.

Nicolas Sarkozy en a profité pour regretter l’attitude irresponsable des syndicats français trop retranchés sur des combats d’arrière-garde, totalement dépassés par les enjeux, plutôt que de défendre les intérêts des salariés qui doivent aujourd’hui faire face à une mondialisation des échanges qui fragilise bien des entreprises et pénalise l’emploi local. Et d’appeler les syndicats à faire preuve d’ouverture et d’un esprit de dialogue constructif, plutôt que de brandir systématiquement les drapeaux rouge.

N’est-ce pas hélas la réalité de la France aujourd’hui bloquée du fait de quelques syndicats qui regardent plus leurs petits intérêts que celui de leurs adhérents et de l’avenir du pays en général ?

Pendant ce temps, où était l’autre candidat à la présidentielle ? A Nevers, bien loin des tensions parisiennes, pour une prétendue commémoration. Une fois de plus François Hollande apparaît comme de roi de l’esquive, incapable d’affronter directement les évènements. Est-ce bien là une attitude responsable et crédible de la part de quelqu’un qui aspire à gouverner le pays ? Une fois de plus, il est permis de douter de ses capacités à faire face à la situation présente.

Par contre, une chose est sûre, Nicolas Sarkozy que ce soit en tant que président de la République ou simple candidat, fait régulièrement montre d’une grande capacité à affronter les situations de crise et d’une détermination peu courante qui semble faire défaut à son challenger du deuxième tour. Le choix du futur président sera fondamental pour l’avenir du pays car il faudra rapidement prendre des décisions très importantes, impopulaires et courageuses.