France : le programme présidentiel de Hollande résumé en 60 engagements

Il y avait eu  les 110 propositions du candidat François Mitterrand, lors de la présidentielle de 1981. En 2012, François Hollande, qui n’a jamais été un proche de ce dernier, ne manque pas de s’inspirer volontiers de l’œuvre de l’ancien président socialiste pour sa propre campagne. Depuis la maison des métallos, ce haut lieu du syndicalisme parisien, M. Hollande a en effet annoncé son programme présidentiel au travers de 60 engagements pour la France en 40 pages. Tout le gratin du parti socialiste était présent à cette présentation officielle devant la presse, à commencer par les candidats à la primaire socialiste.

Le programme prévoit plus de 20 milliards d’euros de dépenses par an d’ici à 2017, avec notamment l’annonce d’une réforme de la fiscalité, de dispositions en faveur des PME et des propositions sur l’éducation et la jeunesse, avec notamment la création d’emplois d’avenir (?), de 500.000 contrats de génération et de 60 000 postes dans l’éducation nationale pour 7 milliards d’euros. S’agissant de la retraite à 60 ans pour ceux qui auront cotisé 41 ans, le coût est évalué de 5 milliards d’euros jusqu’en 2017.

Ces dépenses seraient financées par 20 milliards de recettes dont une partie serait supportées par les salariés à hauteur de 5 milliards de hausse de cotisations de retraites, mais aussi par des redéploiements de crédits et de gel de dépenses de l’Etat. De leur côté, les entreprises verraient leurs cotisations d’impôt sur les sociétés augmenter de 5 milliards d’euros et disparaître l’exonération de charges sur les heures supplémentaires, même si la défiscalisation des heures supplémentaires pour les très petites entreprises est évoquée.

Globalement, les hausses d’impôts et de charges l’emportent largement avec un coût de 29 milliards d’euros, dont prés de 12 milliards pour les seuls ménages, même si celles-ci devraient concerner les plus aisés. Côté entreprises, le coût s’élèverait à 17 milliards (hausse des cotisations d’épargne salariale et de l’impôt sur les sociétés, réduction du dégrèvement des cotisations de valeur ajoutée…).
M. Hollande a affirmé sa volonté de tenir ses engagements et de ne promettre que ce qu’il est capable de tenir. Pas sûr que cela suffise pour permettre à la France de retrouver les chemins de la croissance et de l’emploi, alors que notre pays travers la plus grave crise financières qu’ait rencontré notre pays. Encore une fois, le candidat socialiste ne semble pas avoir pris la mesure de l’ampleur des défis que la France doit relever et les contraintes extérieures qui pèsent sur lui en général.

Beaucoup de questions restent sans réponse : les prévisions de croissance envisagées sont-elles réalistes ? Comment s’attaquer à la réduction des déficits sans poursuivre la politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ? Comment peut-on vouloir réduire les licenciements et faciliter l’embauche sans envisager plus de flexibilité dans les conditions d’emplois ? Les mesures envisagées ne vont-elles pas au contraire pénaliser le coût global du travail dans notre pays par rapport à nos partenaires ? Où sont les réformes visant à réduire les coûts de structures et de fonctionnement qui plombent la croissance de notre pays ?

Globalement, les critiques venant de la gauche du parti-socialiste, du Modem et de l’UMP mettent en cause le flou et le manque de crédibilité du programme de M. Hollande. Selon François Bayrou, le candidat MoDem : « Ce ne sont que des mesurettes… On ne reviendra pas à l’équilibre avec ce programme-là. Ce n’est pas vrai, ce n’est pas imaginable ». De leurs côtés, l’UMP et le gouvernement l’ont accusé de vouloir pénaliser les classes moyennes. C’est un projet « qui met le modèle social et la crédibilité de la France en péril et qui menace les Français », a déclaré la porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse.

Au final, un programme pour le moins à minima et en retrait, sans rapport avec l’ampleur des réformes à engager pour sortir le pays de l’ornière creusée par 30 ans de dérives budgétaires et de manque de rigueur dans les finances publiques. Cela suffira-t-il pour revenir à l’équilibre budgétaire prévu en 2017 pour les pays de la zone euro ? Pas si sûr surtout si la croissance n’est pas au rendez-vous. Ce qui manque le plus à François Hollande, c’est un cap, une véritable vision de l’avenir de notre pays.

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One Response to France : le programme présidentiel de Hollande résumé en 60 engagements

  1. Thomas Besset dit :

    Hollande est pas en tant que candidat, mais son programme ne serait pas bénéfique pour le pays : trop de dépenses alors que la dette du pays est déjà tellement lourde…

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