Cyberguerre : les nouvelles armes de destructions massives ? (1)

28 septembre 2010

Ces derniers mois, à l’instar du très sérieux magazine économique britannique « The Economist », dans le monde entier de nombreux journaux, revues, livres ou reportages TV consacrent une large place à ce que l’on appelle la « Cyber guerre », preuve qu’il ne s’agit plus de faits marginaux et ponctuels, mais bel et bien d’opérations de mieux en mieux organisées, souvent initiées directement par certains Etats eux-mêmes à des fins politiques ou militaires.

De quoi s’agit-il ? La toile Internet a connu un développement considérable au cours de la décennie 2000, au point qu’au jour d’aujourd’hui, la quasi-totalité des systèmes informatiques des entreprises de la planète, y compris les organisations gouvernementales, est reliée directement au réseau internet. Qu’il s’agisse des administrations, de l’armée, des services de distribution de l’énergie, des réseaux de transport et de télécommunications… , le réseau Internet est devenu incontournable et indispensable au bon fonctionnement des Etats et des économies en général. Cette situation n’a échappé à personne et surtout pas aux espions et aux criminels.

Les premières alertes importantes remontent à l’année 2003 où plusieurs institutions et entreprises américaines, dont la NASA et le constructeur de matériel militaire Lockheed Martin avaient été victimes d’attaques informatiques coordonnées, émanent de pirates chinois et russes. En 2007, lorsque l’Estonie décide d’éliminer de son sol toute trace de la présence russe, un ensemble d’attaques a visé les principaux sites publics estoniens : Parlement, gouvernement, banques, journaux. Il apparaît aujourd’hui que des hackers russes, probablement au service du Kremlin, étaient responsables de cette attaque massive et ciblée. Plus récemment, c’est le réseau de cyber espionnage chinois Ghostnet qui a été identifié. Celui-ci aurait permis d’infiltrer de nombreuses organisations gouvernementales occidentales et ordinateurs personnels d’opposants.

Plus récemment, fin de septembre 2010,  un ver informatique agressif, dénommé Stuxnet aurait affecté gravement divers sites industriels iraniens et peut-être atteint la centrale nucléaire de Bouchehr, récemment mise en service avec l’aide de la Russie. Ce ver complexe serait capable de prendre le contrôle des systèmes informatiques en charge de la surveillance des installations industrielles. Stuxnet exploiterait notamment les différentes failles de sécurité du système d’exploitation Windows pour se reproduire et se transformer. Il aurait pu être introduit via  Internet ou de simples clés USB contaminées. Bien que cela ait été démenti, ce ver ciblerait principalement un logiciel conçu par Siemens pour contrôler et sécuriser les centrales.

D’après les spécialistes, ce ver sophistiqué n’aurait pu être mis au point et inoculé que par un groupe organisé, maitrisant parfaitement ce genre de virus informatique et disposant de moyens financiers et humains importants. De là à penser qu’il s’agit d’une réaction de pays occidentaux pour contrer la politique poursuivie par l’Iran, tant au regard de la prolifération nucléaire que des atteintes aux droits de l’homme (on sait que la dictature islamique bloque la plupart des sites internet de l’opposition iranienne  et surveille étroitement les échanges de données pour empêcher l’organisation d’action de protestation), certains n’hésitent pas à franchir le pas.

Une chose est certaine, le monde est entré dans l’ère de la cyber-guerre.

Prochainement : Les risques liés à la cyber guerre – Comment se protéger


Retraites : qui manipule ? Qui prépare l’avenir ?

26 septembre 2010

Les grèves et manifestations contre la réforme envisagée par le gouvernement pour assurer le financement des régimes de retraites se poursuivent en ce début d’automne, comme souvent dans ce pays. Une grande classique de la riposte des syndicats pourtant si peu représentatifs en France.

La plupart des gens sensés et responsables dans ce pays, à droite comme à gauche, reconnaissent la nécessite de cette réforme des retraites qui était  devenue indispensable pour assurer la pérennité du financement du régime. Dans ce contexte, le bras de fer engagé par les syndicats et certains partis de gauche apparaît d’autant plus surprenant que la réforme ne remet nullement en cause, ni le régime par répartition actuel, ni les régimes spéciaux très favorables mais coûteux chers aux syndicats ; qu’elle  ne se traduit ni par une augmentation des cotisations pour les salariés, ni par une diminution du montant des retraites versées.

Etrange réaction pour une petite réforme qui ne règle pas les problèmes de financement au-delà de 2018 ! Pour l’immense majorité des salariés, l’espérance de vie se situe aujourd’hui entre 25 ans et 30 ans après le départ en retraite (contre 10 à 15 ans seulement dans les années 1950). Qu’y a-t-il de choquant que l’âge légal soit porté de 60 à 62 ans, alors que celui-ci est généralement supérieur et va même jusqu’à 67 ans dans la plupart des pays de l’Union européenne ? Comprenne qui pourra la réaction de certains français !

Contre vents et marées, les opposants, sous la houlette des syndicats et partis de gauche, semblent persister à vouloir maintenir le bras de fer avec le gouvernement. Jusqu’à quand et dans quels buts ? En attendant, que ce soit du côté des chiffres officiels ou des syndicats, il est incontestable que la dernière grève et manifestation a marqué le pas, c’est le moins que l’on puisse dire. La réalité des chiffres se trouve probablement dans la moyenne des chiffres annoncés de part et d ‘autre. Si l’on tient compte que les partis de gauches ont fortement mobilisé, notamment auprès des collégiens, lycéens et des retraités pourtant peu concernés par cette réforme, il faut bien reconnaître que les syndicats ne ressortent pas en position de force. Moins de 5% des français dans la rue, c’est vraiment très peu.

De son côté, le gouvernement s’est jusqu’à maintenant montré peu ouvert au dialogue et aux ajustements, laissant une marge de négociation aux interlocuteurs sociaux plutôt réduite. De ce point de vue, on peut regretter la tentative de passage en force du gouvernement, contestable à bien des égards même si, au final, la réforme envisagée préserve l’essentiel pour les salariés. Reste maintenant à lui apporter des améliorations concernant les carrières longues, la pénibilité et les femmes qui jusqu’à ces dernières années avaient moins cotisé.

Dans ce contexte, face à une bien modeste réforme qui, il est vrai, ne règle pas durablement son financement, l’opposition a beau jeu de critiquer le gouvernement ; elle qui s’oppose à toute remise en cause des régimes spéciaux et de la retraite par répartition. Comment peut-on reprocher au gouvernement de ne pas avoir engagé une réforme de fond ? Une fois encore, la critique est facile surtout quand on n’est pas en mesure de proposer d’alternative crédible qui financerait durablement les retraites.

Dans quelques années, de gré ou de force, les français n’auront hélas d’autre choix que d’accepter une réforme bien moins favorable parce qu’ils n’ont pas voulu en payer le juste prix lorsqu’il le fallait. Hélas, ce sont les nouvelles générations qui vont trinquer pour les vieux qui n’ont finalement d’autre souci que de préserver leurs petits intérêts personnels plutôt que de préparer l’avenir de leurs enfants et petits-enfants.

Une fois encore : courage, fuyons… telle est la devise de certains français !


L’occitan, langue préférée au Val d’Aran

24 septembre 2010

Le 22 septembre 2010, la Parlement de Catalogne a approuvé la loi sur l’aranais.

L’occitan (aranais en Val d’Aran) est ainsi devenu la « langue de préférence d’utilisation » des institutions du Val d’Aran (Catalogne) et « la langue normalement utilisée » par le gouvernement dans le tout  territoire aranais.

La loi confirme le statut officiel de l’occitan au Val d’Aran, découlant du statut de 2006 qui stipulait que tout citoyen peut communiquer avec le gouvernement dans cette langue en Catalogne. La réglementation spécifique à propos des noms de lieux en occitan, fait en sorte que seule la mention en occitan figure au Val d’Aran. Le système scolaire se fait en aranais par « l’apprentissage des langues normalement pratiquées » et la loi oblige les médias à diffuser une partie de leur programmation dans cette langue.

Il est intéressant de noter que la loi annonce le caractère « préférentiel » pour la langue occitane, suite à l’arrêt de la Cour constitutionnelle qui avait déclaré inconstitutionnelle la loi sur l’espagnol précisément sur le caractère préférentiel du catalan en Catalogne. D’où la satisfaction de Barcelone et  Vielha

Le vice-président, le catalan Josep Lluis-Carod-Rovira a souligné que « la Catalogne est le seul pays de l’Union européenne avec trois langues officielles sur le même territoire » et a déclaré que la loi n’est pas seulement bonne pour la vallée d’Aran, mais aussi pour « l’occitan dans le monde » qui « de fait, gagne une légitimité, une justification et un indispensable renforcement de son identité juridique. Frances Boya, a déclaré hier que la loi « peut signifier un tournant historique, du fait de la normalisation dans des domaines tels que les médias. Boya fait aussi observer que l’adoption de la loi doit être accompagnée de « plus de ressources » afin d’être correctement mise en application.

Bien belle victoire de l’occitan en Val d’Aran ! Mais nous sommes en Catalogne et pas en France… De quoi regretter de ne pas être catalan, à défaut de pouvoir être occitan…

Au nom de combats d’arrière garde, la France persiste à se réfugier derrière une constitution conservatrice et figée pour imposer par la force le français, partout sur son territoire, au détriment des langues régionales telles l’occitan, le breton, le basque, l’alsacien, le corse et bien d’autres. Dans l’Union européenne, la France se singularise ainsi un peu plus en restant le seul pays à refuser de reconnaître les langues régionales sur son territoire ; ce qui lui vaut régulièrement de nombreuses condamnations. Etrange attitude pour le pays qui se veut celui des droits de l’homme et de la liberté !

Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’un combat perdu d’avance pour la France. En 2010, l’occitan a acquis le statut de langue officielle dans la région du Piémont (Italie) et en Catalogne (Espagne). Cette avancée de l’occitan et des autres langues régionales bien plus anciennes et authentiques que le français, est appelée à s’imposer également en France dans les prochaines années.  Cette évolution est inéluctable dans l’Europe d’aujourd’hui que cela plaise ou non à la France.

Lo temps es arribat de cambiar e de parlar lo lenga nostra : l’occitan es aqui per totjorn !

(Source : MónDivers) Pour plus d’informations :  Mondivers.cat – Eurominority.euEblul-france.euInstitut d’Estudis Occitans – IEO


Compétitivité mondiale : le palmarés 2010

22 septembre 2010

Le Forum économique mondial (World Economic Forum) publie tous les ans le rapport sur la compétitivité de 133 pays du monde. Le WEF passe au peigne fin ces pays sur 12 critères, dont la qualité des institutions, l’efficacité du marché du travail, la qualité des services publics et des infrastructures, la sophistication des instruments financiers, la situation financière, l’innovation… qui permettent de mesurer le niveau de compétitivité.

En ces temps de crise, petit tour d’horizon de la compétitivité mondiale…

En 2010, la Suisse se maintien au premier rang, devant la Suède 2ème et Singapour 3ème. A l’inverse, les Etats-Unis habitués à faire la course en tête de ce classement, rétrogradent à la 4ème place.

Selon le rapport, la Suisse apparaît aujourd’hui comme « un pays très productif et disposant d’une importante capacité de rebond et d’innovation ». Le pays brille aussi par la qualité de ses institutions publiques et la redoutable efficacité de la recherche scientifique qui travaille en étroite collaboration avec  les entreprises. Par contre, la nouvelle rétrogradation des Etats-Unis qui occupaient la tête du classement il y a deux ans, s’explique par le creusement de leurs déséquilibres macro-économiques, l’affaiblissement des institutions publiques et privées et les craintes relatives à l’état de leurs marchés financiers.

Comme les années précédentes, la plupart des pays de l’Union Européenne figurent aux premières places de ce classement.

La suite du classement est le suivant :  5 – Allemagne ; 6 – Japon ; 7 –  Finlande ; 8 – Pays-Bas ; 9 – Danemark ; 10 – Canada ; 11 – Hong-Kong ; 12- Royaume-Uni ; 13 – Taïwan ; 14 – Norvège ; 15 – France ; 16 – Australie ; 17 – Qatar ; 18 – Autriche ; 19 – Belgique ; 20 – Luxembourg ; 21 – Arabie Saoudite ; 22 – Corée ; 23 – Nouvelle Zélande ….

Pour sa part, la France progresse légèrement à la 15ème place mondiale. Le pays reste très bien placé pour la qualité de ses infrastructures, la relative qualité de son système éducatif et de santé. A l’inverse, « un certain nombre de faiblesses empêchent la France d’exploiter pleinement son potentiel compétitif ». Ainsi, l’importance des déficits publics et de la dette publique sont nettement pointés du doigt. Encore beaucoup d’effort à faire pour la France !

A la suite du classement figurent la Chine au 27ème rang, devant le Brésil au 58ème rang, tous deux en progression et la Russie au 63ème rang, en perte de vitesse.

Le classement complet de la compétitivité 2010 établi par le WEF: http://www3.weforum.org/docs/WEF_GCR_Highlights_2010-11.pdf

Plus d’informations sur le WEF : http://www.weforum.org/en/initiatives/gcp/Global%20Competitiveness%20Report/index.htm


Aveyron : des NRA-ZO pour réduire les zones d’ombre ADSL (2)

20 septembre 2010

Les premiers NRA-ZO financés par le Conseil général de l’Aveyron ont été activés dés le 13 juillet 2010 et les derniers courant septembre, permettant enfin à ces zones reculées un accès ADSL de qualité. Le processus de migration des lignes téléphoniques avait démarré par la commune de Saint Parthem où le premier NRA-ZO aveyronnais (8AA12) a été ouvert en juillet, suivi des NRA 8AK12 et 8AH12 situés sur ka commune de Salles-Curan, puis par celui de Murols (8AE12) où les lignes étaient jusqu’alors reliées à Lacroix-Barrez, NRA situé entre 5 et 13 km.

Liste des principaux NRA-ZO de l’Aveyron raccordés ou en passe de l’être en septembre 2010 : 8AQ12 La Bastide Solages – 8AW12 Prades d’Aubrac – 8AX12 Laval-Rocquecezière – 8AT12 – Laguiole (Le Bousquet– St Rémy) – 8AZ12 Arnac-sur-Dourdou – 8BA12 Taurines et Tayac – 8BB12 Peyrusse-le-Roc – 8BD12 Vabres l’Abbaye – 8BE12 Aurelle-Verlac – 8AS12 Fondamente – 8AB12 St Julien de Rodelle et Alac à Bozouls – 8AC12 Bor et Bar – 8AD12 Pradines à St André-de-Najac – 8AF12 – Villevayre et La Salvetat des Carts à Najac – 8AG12 Coudols à Viala-du-Tarn – 8AL12 Lagarde à Sénergues – 8AM12 La fon de Pruns Pruns, Pruns, Le Pouget, Beauregard à Camboulazet et Les Tavernes à Baraqueville – 8AN12 Mélagues – 8AP12 Brasc – 8AQ12 La Bastide Solages – 8AR12  Ambrans à Bozouls et St Pierre à Béssuéjouls – 8AS12 St Maurice De Sorgues à Fondamente et Mélagues – 8AW12 Station de ski Brameloup à Prades d’Aubrac – 8AY12 Saint Félix-de-Sorgues.

Dorénavant, les abonnés raccordés à ces NRA-ZO peuvent enfin surfer dans d’excellentes conditions techniques et financières. En effet, grâce à l’installation de ces nouveaux NRA, l’affaiblissement de la plupart de ces lignes a été divisé par 20 à 30 (de 100 dB avant, jusqu’à 5 dB aujourd’hui) et les tarifs d’abonnement, bien que ces NRA ne soient pas dégroupés, sont identiques à ceux des zones non dégroupées, à partir de 34.90 euros/mois. Bien sûr, la plupart des FAI ADSL proposent leurs prestations sur ces NRA-ZO : Orange, SFR, Free ou Bouygues-Télécom, certains incluant l’abonnement téléphonique.

Les NRA-ZO ont vocation à être complémentaires de la couverture WiMax Aveyron. Malgré l’effort financier important du Conseil général de l’Aveyron, tous les abonnés aveyronnais ne seront pas encore éligibles à ces NRA-ZO ou au Wimax. En attendant quelques nouveaux NRA-ZO, la seule alternative pour eux est de s’équiper d’une connexion satellite dont les conditions sont aujourd’hui techniquement et financièrement satisfaisantes via SES Astra (NordnetVivéole), ou via Eutelsat (NuméoSat2Way).

A l’instar du Conseil général, la communauté d’agglomération du Grand Rodez serait bien inspirée de financer les NRA-ZO nécessaires à la suppression des zones d’ombres en haut-débits de l’agglomération, comme cela a été fait par la communauté d’agglomération d’Albi.

Pour plus d’informations :


Roms : quand la commissaire européenne Viviane Reding dérape…

16 septembre 2010

Mardi 14 septembre, Viviane Reding, vice-présidente de la commission européenne et commissaire luxembourgeoise à la Justice et aux Droits fondamentaux, a vertement critiqué la politique du gouvernement français à l’égard des Roms et menacé de poursuivre Paris devant les tribunaux pour sanctionner les expulsions de Roms. Elle en avait profité pour accuser les autorités françaises de duplicité et fait un parallèle avec la Deuxième Guerre mondiale avant de s’excuser le lendemain pour ses propos prétendument mal interprétés.

Bien étranges et tristes propos de Mme Reding qui ne connaît manifestement pas très bien l’Histoire. Comment peut-on en arriver de tels dérapages verbaux ? Qui y-a-t-il, en effet, de comparable entre la terrible déportation et extermination de millions des Juifs et le renvoi par la France, dans leur pays d’origine, de quelques Roms, sachant qu’ils sont pris en charge avec tous les égards jusqu’à leur transfert et qu’il leur est même accordé un petit pécule pour survivre dans leur propre pays ? De tels propos sont grossiers et insultants pour la France car cela n’a strictement rien à voir.

Depuis des siècles, y compris ces dernières années au sein de l’Europe, les Roms sont régulièrement maltraités dans leurs pays d’origine la Bulgarie et la Roumanie où ils sont des parias exclus de tout. Qui s’en est inquiété jusqu’alors en Europe ? Certainement pas Mme Reding ou M. Baroso. Pourquoi la France, qui accueille déjà un nombre considérable de gens du voyage, non sans certains problèmes de cohabitation, devrait-elle aussi accueillir massivement des milliers de Roms qui voient en la France, et son système d’aide sociale généreux, un eldorado inattendu pour poursuivre leur vie ?

Pourquoi la France devrait-elle supporter quasiment seule, les nombreux inconvénients liés à la prise en charge de cette population extrêmement pauvre alors même que l’Union européenne, conscience des problèmes liés à l’intégration de ces millions de Roms, a accepté en 2007 l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Europe sans régler la question ? Pourquoi l’Europe n’est-elle pas venue en aide à ces pays pour favoriser l’intégration des Roms ? Pour ces raisons, l’Europe est particulièrement mal placée pour juger la France qui reste le pays qui accueille le plus de Roms sur son sol. Doit-elle les accueillir tous à ses propres frais et sans rien dire, parce que les autres pays n’en veulent pas ? Un peu facile Mme Reding !

L’Europe et Mme Reding se discréditent totalement en montrant la France du doigt alors qu’eux-mêmes n’ont rien fait et ne font strictement rien pour aider les Roms. Et si certains veulent les accueillir chez eux, qu’ils n’hésitent pas un instant. Comme l’a suggéré Nicolas Sarkozy très justement, le très riche Luxembourg voisin, qui dispose d’un revenu par tête d’habitant parmi les plus élevés au monde, devrait commencer par donner l’exemple et en accueillir lui-même quelques milliers sur son sol. Lorsque chaque pays européen aura accueilli son quota de Roms, il pourra alors éventuellement donner des leçons à la France.

En attendant, de grâce M. Baroso et Mme Reding, un peu de décence et de responsabilité.


Turquie : référendum 2010, avancée démocratique ou renforcement de l’intégrisme musulman ?

15 septembre 2010

Le 12 septembre, la Turquie a voté « oui » à  prés de 58 % au référendum relatif à la révision de sa constitution.

Bien que saluée par Bruxelles et les États-Unis, la victoire du « oui » à la révision partielle de la constitution turque, il parait pour le moins prématuré d’affirmer qu’il s’agit là d’une avancée pour la démocratie turque et une avancées vers l’intégration européenne. En effet, les inquiétudes relayées par l’opposition ne peuvent être écartées. Car certains aspects de la réforme constitutionnelle validés par les électeurs, vont limiter sensiblement les pouvoirs de la hiérarchie judiciaire et de l’armée.

Ces deux grandes institutions historiques mises en place  par Mustapha Kemal Atatürk lors de la création de la République en 1923, garantes de la de la laïcité turque, semblent aujourd’hui contestées par le Premier ministre Recep Tayip Erdogan et son parti l’AKP, issu de la mouvance islamiste. En effet, depuis qu’il est arrivé au pouvoir, ce dernier n’a eu de cesse de tout mettre en œuvre pour réduire l’influence l’establishment kémaliste, laïc et nationaliste. On se rappelle aussi qu’à la surprise générale, l’islamiste Abdallah Gul, est devenu président de la République turque malgré la coutume qui voulait que ce poste soit réservé à un laïc.

Ces dernières années, la justice et l’armée ont maintes fois pesé de tout leur poids pour s’opposer à certaines réformes. On se rappelle qu’en 2008, le parti AKP avait échappé de justesse au verdict du Procureur général qui voulait le dissoudre purement et simplement. Un acte d’accusation avait été présenté contre lui pour activités anti-laïques.

Depuis Atatürk, la Turquie est un état laïque, doté d’un islam tolérant, résolument tourné vers la modernité ; il a ainsi vécu 80 ans de démocratie et de développement. Suite au référendum du 12 septembre 2010, l’opposition et de nombreux observateurs craignent que l’AKP veuille mettre en œuvre une politique visant à islamiser le pays, à commencer par l’encadrement de son armée. Un risque pourtant bien réel que l’Europe semble volontairement minimiser pour pas fâcher la Turquie que certains pays ne sont pas chauds à accueillir dans l’Union. De son côté, Erdogan nie toute intention de vouloir remettre en cause la laïcité et revendique son appartenance au camp des partis chrétiens-démocrates conservateurs de l’Union européenne.

Le dernier bastion de la laïcité en terre islamique serait-il en passe de basculer vers un islam intégriste ? Au vu de l’histoire turque, même si des doutes subsistent sur les conséquences réelles de cette réforme constitutionnelle, on peut penser que le Premier ministre Erdogan et son parti l’AKP ne briseront pas le rêve d’une majorité de turc de rejoindre rapidement l’Union européenne. Pour cela, la démocratie et la laïcité doivent sortir renforcés de ce référendum. Verdict dans les mois qui viennent.

Encore faudra-t-il que la Turquie fasse quelques pas supplémentaires en faveur de la reconnaissance de Chypre et du génocide arménien. La route vers l’UE risque encore d’être longue…