Rodez agglomération : Les futurs chantiers routiers pour aménager la rocade et faciliter la traversée de l’agglomération

23 novembre 2017

Ces dernières années, la circulation sur la rocade de Rodez n’a fait que se dégrader au fur et à mesure de l’augmentation du trafic automobile. Les habitants de l’agglomération de Rodez et des environs n’en peuvent plus d’être quotidiennement bloqués, notamment aux heures de pointe, en raison de la saturation des divers ronds-points de la rocade, à Saint Félix, aux Moutiers et à Saint Marc mais aussi dans Rodez, au tristement célèbre rond-point de Saint Eloi.

La mise en service en 2019 de l’intégralité de la RN88 à 2 X 2 voies entre Toulouse et Rodez va accentuer un peu plus les difficultés actuelles du fait de la forte augmentation du trafic routier en transit via la rocade. Il y a donc urgence à trouver des solutions pour désengorger celle-ci au plus vite..La rocade actuelle a été aménagée pour partie en boulevard urbain où la vitesse est limitée à 70 km/h. Initialement, elle devait conserver cette vocation afin de protéger les riverains des diverses pollutions qu’aurait généré une autoroute urbaine traversant de nombreux quartiers résidentiels d’Olemps, Rodez et Onet-le-Château. Pour ce faire, elle devait conserver un trafic strictement local alors que le trafic en transit devait emprunter le grand contournement autoroutier de Rodez via l’ouest et le nord.

Hélas, depuis plus de 15 ans, à défaut d’un accord entre les diverses parties prenantes de ce dossier (région, département, Rodez agglomération) et d’un véritable soutien au projet de grand contournement, l’Etat a laissé traîner le dossier qui est progressivement tombé aux oubliettes par manque de volonté politique pour le faire aboutir. A cela s’ajoute les fortes contraintes budgétaires auxquelles doit faire face l’Etat aujourd’hui. Pour ces raisons, il n’est plus en capacité de financer le projet de contournement qui n’est d’ailleurs plus à l’ordre du jour. C’est regrettable mais c’est ainsi !

Priorité aux travaux d’aménagement de la rocade de Rodez

Aujourd’hui, les élus de Rodez agglomération, soutenus par le Conseil départemental de l’Aveyron et la région Occitanie portent un projet alternatif qui consiste en l’aménagement complet de la rocade actuelle à 2×2 voies avec réalisation de carrefours dénivelés, en lieu et place des actuels ronds-points. Ce projet s’élève à environ 40 millions d’euros pour l’aménagement des trois giratoires en échangeur. A l’heure actuelle, le contrat de plan Etat-Région Occitanie 2015-2020 a prévu seulement 10 millions d’euros auquel devrait s’ajouter une participation du Conseil départemental et de l’agglomération. Il reste donc prés de 30 millions d’euros à financer.

Les études sont actuellement en cours pour un début des travaux attendu courant 2020. Dans un premier temps, les travaux de réalisation des échangeurs devraient concerner les ronds-points de Saint Félix et des Moutiers, situés sur la portion centrale et la plus fréquentée de la rocade. Les travaux sont prévus pour durer plus d’un an. La deuxième phase d’aménagement concernerait l’aménagement du rond-point de Saint Marc également transformé en échangeur. Ces travaux devraient entraîner le déclassement de la rocade actuelle de boulevard urbain en autoroute urbaine pour laquelle la vitesse maximale serait portée à 90 km/h.

Ces importantes améliorations des conditions de circulation sur la rocade de Rodez sont attendues avec impatience. Sauf peut-être les riverains, qui au fil de l’augmentation du trafic, vont devoir en supporter les contraintes, à commencer par le bruit et la pollution atmosphérique croissante source de tant de problèmes de santé. Après l’abandon du projet de grand contournement pour défaut de financement, il n’y avait hélas guère d’autres alternatives pour les élus locaux que de porter ce projet avec ses inconvénients, sous peine de reporter aux calendes grecques l’aménagement de la rocade de Rodez et le prolongement de la RN88 à deux fois deux voies.

Plus d’infos : Projet d’aménagement de la rocade de Rodez

De son côté, la ville de Rodez va aménager le carrefour Saint Eloi

En complément des travaux d’aménagement de l’actuelle rocade, la ville de Rodez devrait engager les travaux d’aménagement du carrefour Saint Eloi qui demeure le principal point noir de la circulation à Rodez ces dernières années.

Le transfert prochain de l’université Jean-François Champollion à proximité de l’actuel IUT, prés de Saint Eloi, va en effet densifier un peu plus la circulation dans un quartier où elle est devenue de plus en plus difficile ces dernières années. C’est la raison pour laquelle la ville de Rodez devrait sortir des cartons le projet qui date de plus de 15 ans déjà. Il viserait à réaménager complètement la circulation du carrefour Saint Eloi, reliant l’avenue de Bordeaux, l’avenue du Mal Joffre et la rocade. Si la municipalité tient ses engagements, les travaux pourraient être réalisés concomitamment à l’aménagement de la rocade, c’est-à-dire à partir de 2019/2020.

Ce nouveau carrefour devrait prévoir un accès direct pour les véhicules en provenance du Bd Paul Ramadier vers la gare SNCF, mais aussi vers l’actuel rond-point des Moutiers. En prélude à ces travaux futurs, un nouveau giratoire a été mis en service au carrefour du bd du Maréchal Joffre et de l’avenue du 8 mai 1945. Gageons que cet aménagement majeur de la circulation à la principale entrée de Rodez, différé depuis de trop nombreuses années, verra enfin le jour pour le confort des ruthénois.

Le Conseil départemental réalise le barreau de Saint Mayme, reliant la rocade de Rodez au Causse Comtal

De son côté, le Conseil départemental ne perd pas de temps et, conformément à ses engagements, a lancé l’appel d’offre courant janvier 2016 pour les travaux du barreau de Saint Mayme, reliant la rocade de Rodez au Causse-Comtal (RD 988). Ces travaux ont démarré en 2017 avec la réalisation du rond-point sur la RD 988 entre Sébazac-Concourés et Lioujas et les divers ouvrages d’art.

Ils concernent l’aménagement d’une voie rapide de 9 km avec une chaussée à 2 et 3 voies, entièrement nouvelle, pour un coût total estimé à 25 millions d’euros, entièrement financés par le Conseil départemental bien que s’agissant d’une route nationale. Ces travaux, qui permettront de relier le nord Aveyron à l’actuelle rocade de Rodez en contournant la zone commerciale nord de Sébazac-Concourés, s’inscrivent dans le prolongement de la future liaison autoroutière entre Rodez et Séverac d’Aveyron (A75). Ils devraient se terminer en 2019.

Le prolongement de la RN88 à 2X2 voies entre Rodez et Séverac toujours en panne

Reste à espérer que le calendrier des travaux sera respecté et qu’à l’horizon de 2022, les difficultés de circulation dans le secteur de l’actuelle rocade de Rodez ne seront plus qu’un mauvais souvenir.

S’il est maintenant acquis que la RN88/A68 arrivera aux portes de Rodez fin 2019 et que la rocade de Rodez sera mise à niveau, il subsistera un important point noir entre Rodez et Séverac-le-Château (A75).

L’aménagement à 2X2 voies de cette importante voie du sud Massif-Central est toujours bloqué du fait de l’Etat qui n’a de cesse de faire traîner les choses, arguant d’un trafic insuffisant. Ce dernier tronçon aveyronnais de la RN88 est pourtant vital pour l’économie des départements de l’Aveyron, du Cantal et de la Lozère, les plus directement concernés. Au total, il ne s’agit pourtant que de 42 km pour un coût de l’ordre de 300 millions d’euros, soit une goutte d’eau pour l’Etat.

Le dossier relève en effet de sa compétence exclusive. A noter que l’actuel contrat de plan Etat-Région Occitanie 2015-2020 n’a prévu de 2 dérisoires millions d’euros d’études sur ce tronçon pourtant vital pour le département ! On est encore loin du compte.

Compte-tenu des erreurs passées des élus locaux sur ce dossier et du non-respect par l’Etat des engagements pris, il faut espérer que les élus départementaux vont dorénavant faire bloc et parler d’une seule voix face à l’Etat pour débloquer au plus vite ce grand chantier de désenclavement, indispensable au développement économique du département et de tout le sud Massif-Central.

Il y va de l’avenir des territoires ruraux évoqués par le président Emmanuel Macron dans sa campagne. On attend des actes concrets de l’Etat sur ce dossier.

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Occitanie-Aveyron : Plaidoyer pour l’aménagement rapide de la RN88 à 2X2 voies entre Rodez et Séverac d’Aveyron/A75

30 octobre 2017

Voici quelques jours, devant les membres du Conseil départemental de l’Aveyron, M. le préfet en tant que représentant de l’Etat, s’est voulu rassurant en affirmant que ce dernier s’engageait à soutenir activement les investissements dans notre département.

Pas sûr qu’il ait convaincu de nombreux conseillers départementaux, sachant que les seuls travaux de mise à 2X2 voies de la RN88 entre La Mothe et Les Molinières, aux portes de Rodez, a pris deux ans de retard du seul fait de l’Etat. Par ailleurs, si sa réalisation était normalement à son entière charge, au final, elle aura été financée pour moitié par la région Occitanie et les départements du Tarn et de l’Aveyron. Initialement prévue fin 2017, la mise en service de l’intégralité de cette voie rapide entre Rodez et Toulouse n’interviendra, dans le meilleur des cas, que fin 2019. Par contre, aucun calendrier n’est avancé concernant le début des travaux de mise à 2X2 voies de la RN88 entre Rodez et Séverac (A75). On peut donc comprendre la prudence des élus locaux face aux engagements de l’Etat à soutenir l’économie départementale.

Force est de constater que pendant trop longtemps, l’Etat qui a une mission de solidarité territoriale, a purement et simplement oublié certains d’entre eux. Même si ces dernières décennies, le département de l’Aveyron, bien qu’enclavé entre Toulouse, Montpellier et Clermont-Ferrand, ne s’en est pas trop mal sorti grâce notamment au dynamisme économique de l’agglomération du Grand Rodez, le département souffre d’un handicap important du fait de l’absence de continuité autoroutière entre Rodez et l’autoroute A75.

Le développement de l’agglomération du Grand Rodez et du département de l’Aveyron sont freinés par cette absence de liaison autoroutière pour développer les échanges avec les métropoles régionales de Toulouse, Montpellier, Clermont-Ferrand et Lyon.

L’importance de la RN88 a pourtant été reconnue dès 1992 avec son inscription au Schéma directeur routier national et en 1995 à Mende par le Premier ministre de l’époque M. Edouard Balladur, qui s’était engagé à ce que l’Etat réalise dans les 10 ans l’aménagement autoroutier de l’axe Toulouse-Lyon (RN88-A68) via Albi, Rodez, Mende, Le Puy-en-Velay et Saint Etienne. L’axe avait alors été classé dans son intégralité en grande liaison d’aménagement du territoire (GLAT). 22 ans plus tard, les choses n’ont guère avancé sur cet axe, notamment entre Rodez et Le Puy. Une fois de plus, l’Etat n’a pas respecté ses engagements en la matière.

Si une partie de la RN88 à 2 x 2 voies entre Rodez et Toulouse devrait être mise en service en 2019, le tronçon Rodez/Séverac d’Aveyron (échangeur A75) en est toujours au même stade de simple projet. aucun travaux ne sont prévus dans le cadre du Programme de Modernisation des Itinéraires Routiers (PDMI) et du contrat de plan Etat-Région Occitanie 2015-2020 alors que la déclaration d’utilité publique a été réalisée il y a déjà fort longtemps.

Ce tronçon de seulement 42 km entre Rodez et Séverac d’Aveyron (A75), qui doit permettre de relier les autoroutes A68-A75 et A20 est aujourd’hui constitué de 2 voies uniques alors qu’il supporte un trafic de transit en très forte augmentation, avec de nombreux poids-lourds. Cette portion est arrivée à saturation avec des ralentissements importants aux heures de pointe et de fréquents accidents de la route.

Avec la traversée de Rodez qui reste encore à réaliser, c’est aujourd’hui le gros point noir au niveau de la circulation routière dans le département qui pénalise lourdement son développement économique et touristique. Le coût d’achèvement de cette liaison autoroutière est estimé à seulement 300 millions d’euros ; ce qui est peu au regard des retombées économiques attendues pour l’ensemble des départements concernés par la RN88 (hors Toulouse et Lyon, c’est plus 1.5 millions de d’habitants directement concernés et prés de 400 000 emplois).

Dans l’un de ses discours de campagne consacré à la ruralité, le président Emmanuel Macron a déclaré que les territoires ruraux ne seraient pas les oubliés et qu’il revenait à l’Etat de mettre fin à l’enclavement de certains territoires, en développant les liaisons à très haut débit partout en France et en achevant la réalisation des axes routiers indispensables au maillage du territoire. L’axe RN88 entre Rodez et Le Puy se situe exactement dans ce cadre. On attend toujours !

Il y a maintenant urgence à relancer la réalisation de la RN88/A68 entre Rodez et Le Puy afin d’achever au plus vite cet axe économique vital pour le développement de l’ensemble du sud Massif-Central et rompre l’isolement avec les métropoles de Toulouse, Montpellier et Lyon. Le déploiement du très haut débit en fibre, bien qu’indispensable, ne compensera jamais l’enclavement routier.

Au delà de Rodez et de l’Aveyron, c’est en effet un ensemble de villes moyennes (Albi, Rodez, Figeac-Decazeville, Aurillac, St Flour, Mende, Le Puy-en-Velay, Saint Etienne…) et 8 départements ruraux (Tarn, Lot, Aveyron, Cantal, Lozère, Haute-Loire, Ardèche et Loire) situés à proximité de cet axe qui attendent avec impatience son rapide aménagement aux normes autoroutières.

D’ores et déjà, l’ensemble des élus du département de l’Aveyron, toutes appartenances politiques confondues, s’est récemment prononcé en faveur de l’engagement rapide des travaux de mise à 2 X 2 voies de la RN88, entre Rodez et l’A75.

Il ne reste plus qu’espérer que la région Occitanie soutiendra activement cet aménagement dans le cadre du prochain plan Etat-Région et participera activement à son financement en vue d’accélérer sa réalisation rapide car il est essentiel que Mende et la Lozère soient reliés à la capitale régionale Toulouse. S’agissant de la région Rhône-Alpes-Auvergne, dont le président actuel a été maire du Puy-en-Velay, on ne peut que souhaiter que qu’elle soit au rendez-vous pour accompagner l’Etat en vue de la réalisation rapide de cet axe autoroutier majeur que constitue la RN88/A68 pour tout le sud Massif-Central.


France : Pourquoi l’exonération de taxe d’habitation pour 80% des français est une erreur

6 septembre 2017

Emmanuel Macron, le nouveau président de la République française avait annoncé lors de sa campagne électorale vouloir exonérer 80% des foyers français de la taxe d’habitation. Beaucoup alors, à droite et à gauche, y avaient vu une mesure démagogique, particulièrement électoraliste et surtout peu réaliste au regard de son coût exorbitant (estimé à 6 milliards d’euros par an).

La taxe d’habitation et les impôts locaux en général sont très critiqués, comme le fût en son temps la taxe professionnelle remplacée par la contribution financière des entreprises (CFE). Ils restent cependant extrêmement difficiles à réformer car il s’agit de sommes considérables qui servent à financer les collectivités locales. Si l’Etat réduit les recettes de ces taxes, d’une manière ou d’une autre, il doit aussitôt les compenser pour maintenir les recettes fiscales des collectivités et préserver leur autonomie financière qui reste fragile.

Pour autant, contrairement à ce que beaucoup de gens sensés pensaient, quelques semaines après son élection, le projet de réforme visant à réduire la cotisation de taxe d’habitation de 80% des foyers a été confirmé par le nouveau gouvernement. Pris au piège des promesses, le président Macron a semble-t-il tranché. Image oblige !

La réforme des impôts locaux : un dossier explosif toujours reporté

La taxe d’habitation, avec la taxe foncière et la contribution foncière des entreprises, constitue la principale ressource des collectivités locales et notamment des communes. A elle seule, la taxe d’habitation représente actuellement 25 milliards d’euros sur un total de 130 milliards d’euros de recettes pour l’ensemble des collectivités territoriales. La taxe d’habitation concerne environ 28 millions de foyers fiscaux et 33 millions de logements.

La taxe est due par toute personne occupant le logement au 1er janvier de l’année d’imposition ainsi que pour les logements vacants, si la délibération a été prise par la collectivité. Selon les informations connues à ce jour, l’exonération de la taxe d’habitation concernerait les ménages dont le revenu imposable annuel serait inférieur à 20 000 € par part fiscale, soit environ 5 000 euros par mois pour un couple avec deux enfants (3 parts).

L’application d’une telle mesure conduirait ipso-facto à la disparition d’une part importante des ressources propres des communes et les mettrait dans une situation de dépendance sans précédent depuis des décennies, vis-à-vis de l’Etat. Même si la perte de recettes fiscales liée à cette exonération de taxe d’habitation devrait être compensée par l’Etat, au vu de sa mauvaise situation financière et de l’importance de la dette, il est probable que la compensation ne sera pas totale. Rappelons à ce propos que depuis 2012, les divers gouvernements de M. Hollande n’ont eu de cesse de baisser considérablement les dotations publiques de l’Etat allouées aux collectivités. Ce qui a considérablement affaibli nombre de communes déjà fragiles sur le plan financier.

En outre, ces importantes baisses des dotations publiques ont engendré une forte baisse des investissements des collectivités ; ce qui pénalise lourdement le tissu économique et social au plan local.

Enfin, la mise en place de cette exonération pour 80% des foyers fait supporter à seulement 20% des français la charge de la taxe d’habitation et introduit une forme d’inégalité devant l’impôt qui ne paraît pas conforme à notre constitution dont une jurisprudence constante rappelle que chaque foyer fiscal français doit être égal devant l’impôt. Dans ces conditions, il n’est pas acquis que le Conseil constitutionnel valide une telle exonération massive de cet impôt. Rappelons qu’au jour d’aujourd’hui, selon les communes, entre 20% et 35% des foyers fiscaux sont déjà exonérés partiellement ou totalement de la cotisation de taxe d’habitation en raison de leurs faibles revenus. Ce qui n’est pas rien.

Faire supporter à seulement 20% des français la taxe d’habitation ne peut que contribuer un peu plus au ras-le-bol fiscal de nombreux français dont, il faut le rappeler, plus de 53% des foyers sont par ailleurs totalement exonérés d’impôt sur le revenu. Un niveau jamais atteint jusqu’alors en raison des allégements consentis par M. Hollande depuis 2012 en faveur des bas revenus. Pas certain que, dans un tel contexte, faire supporter une plus large part des impôts à moins de 20% des français soit équitable au plan fiscal et contribue à encourager efficacement nos concitoyens à entreprendre dans ce pays.

Réformer les impôts locaux plutôt que d’accentuer les exonérations au profit d’un plus grand nombre de contribuables

Depuis 1970, la taxe d’habitation et la taxe foncière sont assises sur une valeur locative cadastrale établie à cette époque. Pour ce faire, les valeurs locatives font l’objet d’actualisations et autres revalorisations annuelles censées correspondre à la réalité du terrain. Or, il n’en est rien ; bien au contraire. Si les constructions récentes sont à peu prés correctement évaluées, les constructions anciennes qui ont souvent fait l’objet d’importants travaux de mises aux normes du confort moderne sont généralement sous-évaluées car nombre de déclarations d’achèvement des travaux n’ont jamais été faites ou ont été largement minorées. A l’inverse, les constructions modestes récentes, de type HLM, qui bénéficient de tout le confort, apparaissent nettement surévaluées.

Un vrai casse-tête pour les collectivités, surtout celles qui disposent d’un important centre ancien rénové. Dans ce contexte, nombre de propriétaires et occupants sont sensiblement sous imposés depuis de longues années ; ce qui constitue une importante perte de recettes fiscales pour les grandes communes. Le seul moyen d’y remédier est que la commission communale des impôts, en collaboration avec les services du cadastre, engage d’importants travaux de révision des valeurs locatives des logements les plus anciens. Une tache extrêmement longue et difficile à mener, mais extrêmement payante menée par certaines communes.

Pour remédier à ces disparités, depuis des décennies, les divers gouvernements avaient dans les cartons un projet de réforme des valeurs locatives cadastrales servant d’assiette aux taxes d’habitation et foncières. Hélas, devant la complexité de la réforme et surtout les importantes augmentations de cotisation que cela entraînerait pour de nombreux contribuables, la réforme a toujours été reportée aux calendes grecques !

Plutôt que de concevoir une usine à gaz comme les français savent si bien le faire, certains proposent de réformer la taxe d’habitation actuelle pour la rendre plus équitable et profitable pour les collectivités. La valeur locative actuelle pourrait ainsi être remplacée par le revenu du foyer actuellement utilisé pour l’assiette de l’impôt sur le revenu. L’avantage serait une plus grande simplicité avec une base propre aux revenus du foyer pour lesquels une déclaration annuelle de revenus est souscrite. Pas sûr   cependant que ce soit la panacée.

De la nécessité à refondre nos impôts locaux pour les répartir plus équitablement

En 2017, moins de 47% des foyers fiscaux français sont imposables à l’impôt sur le revenu. L’actuel projet d’exonération de 80% des foyers de la cotisation de taxe d’habitation ne ferait qu’accroître la disparité entre ceux qui paient l’impôt et ceux qui en sont exonérés. Si l’on ajoute à cela les importantes aides sociales fondées sur les revenus déclarés, de telles évolutions ne peuvent qu’encourager l’assistanat permanent plutôt que d’aider les personnes à s’insérer dans la vie sociale. Ce qui tend d’ailleurs à pénaliser l’emploi et la croissance qui sont à l’origine des principales difficultés de la société française depuis des décennies.

La France doit donc entièrement revoir son système fiscal et social à bout de souffle, porté par de moins en moins de français contributeurs, aujourd’hui matraqués avec des taux de prélèvements obligatoires de 44%. Un taux insupportable jamais atteint dans un pays développé. A cela s’ajoute notre taux de dépenses publiques de plus de 57% du PIB qui n’est pas davantage soutenable (48.4% pour les pays de la zone euro et 44% pour l’Allemagne, un écart globalement non justifié).

Macron a reçu un mandat clair pour réformer massivement notre pays. Il doit aller jusqu’au bout de ses engagements quitte à y laisser quelques plumes car c’est de l’avenir de la France et de nos jeunes concitoyens qu’il s’agit. Demain il sera trop tard et nous n’aurons que nos yeux pour pleurer !

« Pour l’entretien de la force publique et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leur faculté ». La déclaration des droits de l’homme et du citoyen est tout à fait d’actualité. On ne saurait mieux dire aujourd’hui ! Probablement, faut-il revenir aux origines de l’impôt et élargir le nombre de foyers imposables aux impôts locaux et à l’impôt sur le revenu, quitte à ce que le montant de la contribution des bas revenus reste symbolique.

C’est aussi l’acceptabilité de l’impôt qui est aujourd’hui en cause.


Rodez agglomération : La société Robert Bosch impactée par la baisse des ventes de véhicules diesels

13 décembre 2016

Le groupe Robert Bosch GmbH dont le siège mondial est situé à Stuttgart (Allemagne) a été créé en 1886. En 2015, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 71 000 milliards d’euros et emploie 375 000 personnes au niveau mondial, reparties sur 118 sites industriels. L’activité principale du groupe concerne la sous-traitance automobile dont il est l’un des leaders mondiaux notamment via ses systèmes d’injection essence et diesel. Le groupe est aussi présent dans de nombreux autres secteurs dont l’outillage et l’électroménager.

Robert Bosch, première entreprise industrielle de l’Aveyron

Robert Bosch est présent en France via sa filiale Robert Bosch France SAS dont la principale unité de production est située à Onet-le-Château (agglomération du Grand Rodez).

L’usine, qui est l’une des vitrines du groupe, fabrique des éléments pour moteurs diesels (systèmes Common Rail). C’est le premier employeur privé de l’Aveyron avec prés de 1 800 personnes et fait vivre prés de 5 000 emplois indirects ; ce qui fait du site ruthénois le premier employeur privé de la région. Autant dire le poids économique considérable du site pour l’agglomération de Rodez et le département de l’Aveyron. Fondée en 1955, l’usine de Rodez est un élément essentiel du dispositif industriel de Robert Bosch. Le groupe allemand investit régulièrement pour moderniser le site : plus de 50 millions d’euros en deux ans.

La division Systèmes diesel de Robert Bosch à laquelle appartient l’usine de Rodez, développe, fabrique et met au point des systèmes pour moteur diesel qui contribuent à rendre les véhicules plus performants et économiques. Premier fabricant mondial de systèmes à injection diesel, le groupe propose la technologie la plus adaptée pour chaque type de véhicule et principalement des systèmes d’injection, de gestion des gaz d’échappement mais aussi des unités de contrôle moteur (ECU) et des capteurs.

La division Systèmes diesel propose un ensemble de produits allant du composant seul au système entier, pour tout type d’application moteur quelle que soit sa cylindrée. Les systèmes d’injection modernes comme les systèmes Common Rail et les systèmes de traitement des gaz d’échappement sont à la base du moteur diesel dernière génération.

Ces dernières années, l’usine de Rodez a investi sur des fabrications plus haut de gamme en injectant notamment 25 millions d’euros dans une nouvelle ligne de production réservée à des bougies en céramique pour moteurs diesels Premium.

Robert Bosch leader mondial des équipementiers automobiles touché par la crise du diesel

Pour autant, depuis le début de l’année 2016 et l’affaire Volkswagen (utilisation de logiciels frauduleux permettant de minimiser la pollution émises par les gaz d’échappement), les ventes de véhicules de la marque allemande ont nettement baissé et plus particulièrement ceux équipés de moteurs diesel. Il va sans dire que l’activité de l’usine de Rodez, spécialisée dans la production de systèmes d’injection Common Rail pour Volkswagen et Renault, est particulièrement impactée ces derniers mois.

Afin de permettre à l’entreprise d’ajuster ses moyens face à la baisse des commandes, depuis quelques mois, la direction générale de la Division diesel de Stuttgart avait souhaité un ralentissement des investissements à Rodez. Un comité d’entreprise exceptionnel convoqué mi-novembre 2016 est venu confirmer la nette baisse du carnet de commande des systèmes Common Rail en fin d’année qui se traduira par une sensible réduction de la durée du travail jusqu’en début d’année prochaine.

Comme le redoutaient les personnels, l’investissement de 17 millions d’euros prévu en 2017 en vue d’adapter les lignes de production à la fabrication de la nouvelle génération d’injecteurs diesels est reportée d’un an.

Même si par le passé le Groupe Robert Bosch a toujours su s’adapter au marché et traverser plusieurs crises, le défi à relever est ici important. C’est aujourd’hui l’avenir des véhicules à moteurs diesels qui est en cause en raison notamment des particules fines émises. Même si les moteurs diesel récents sont très performants, notamment en terme de rejets, la part des véhicules diesels ne cesse de baisser et risque de s’accentuer au fil des années au profit des moteurs essences, réputés moins polluants et des véhicules hybrides ou électriques.

A terme, le site de Rodez devra s’adapter aux nouvelles donnes technologiques

Gageons que le groupe Robert Bosch saura s’adapter une fois encore et trouver une solution pour, à terme, reconvertir le site avec les nouvelles technologies du futur.

L’avenir du site pourrait en réalité provenir de l’application de nouveaux process industriels : la fameuse usine du futur dont Bosch se veut à la pointe. Les ingénieurs maison estiment en effet qu’à terme, cette usine 4.0 peut permettre d’économiser 40% sur le coût de certaines pièces et de faire baisser les pannes de 60%. La maintenance prédictive, une nouvelle gestion des approvisionnements et des stocks, mais également l’échange d’informations entre différents ateliers… Le vivier des gains de productivité est immense.

Pour Robert Bosch, les nouveaux process de cette industrie connectée et numérique devraient permettre de pérenniser le site.

Robert Bosch ambitionne en effet de devenir l’un des leaders mondiaux de l’Internet des objets. Le groupe est présent dans les trois domaines de l’interconnexion : les appareils intelligents et connectés, les plateformes logicielles et les applications et services qui offrent un avantage supplémentaire au client.

Ces nouvelles technologies industrielles 4.0 sont le devenir de Robert Bosch et de l’agglomération de Rodez.

 


France : Un projet de budget 2017 insincère et irréaliste

10 octobre 2016

Dans un contexte peu favorable, avec des dépenses qui explosent à l’approche des élections, une croissance molle, un chômage à la hausse et le moral des français dans les chaussettes, le gouvernement socialiste de Manuel Valls vient de donner les grandes lignes de son projet de budget pour l’année 2017.

Même s’il n’y avait pas grande chose à attendre de ce budget d’année électorale, à défaut d’être ambitieux, on aurait pu espérer qu’il soit plus en ligne avec la réalité économique et budgétaire du pays et trace une réelle perspective. Hélas, une fois encore, le gouvernement socialiste se laisse aller à la facilité en manipulant les chiffres. Alors que la plupart des pays européens, et notamment l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont vu leur situation budgétaire et économique s’améliorer sensiblement depuis 2012, avec notamment un chômage en forte baisse, la France termine le quinquennat de Hollande dans un piteux état.

Alors que la situation s’y prêtait avec des taux d’intérêts très bas, la France n’a pas été capable d’engager la moindre réforme de structure indispensable et a continué à augmenter ses dépenses publiques qui atteignent aujourd’hui le record de 56.8% du PIB, notamment en recrutant massivement des fonctionnaires, et ce, tout en continuant d’augmenter les impôts des classes moyennes. Un bilan désastreux, pour ne pas dire calamiteux, qui va peser lourd sur les années futures. N’oublions pas que la France avait obtenu deux années supplémentaires de l’Union européenne pour ramener son déficit à moins de 3% à fin 2017 (au lieu de 2015) et reste aujourd’hui l’un des plus mauvais élève de l’Europe alors que la plupart des pays ont réalisé des efforts substantiels pour assainir leurs finances.

Pour tenter que masquer son échec, le gouvernement socialiste qui n’a aucune chance d’être reconduit lors des prochaines élections, n’hésite pas à tronquer le budget 2017. Ainsi, alors que le consensus des experts considère que le taux de croissance du pays ne dépassera pas 1.2% dans le meilleur des cas pour 2017, le gouvernement construit son budget sur un taux de 1.5% ; ce qui est totalement fantaisiste. Cela lui permet d’afficher une prévision de déficit budgétaire de 2.7% pour l’année 2017, en conformité avec les délais supplémentaires accordés par l’Europe !

En réalité, ces chiffres ne sont que de la poudre aux yeux à la veille d’importantes élections nationales. La réalité est toute autre, ce d’autant plus que de nombreuses et importantes dépenses ont été reportées. Le consensus des économistes s’accordent d’ailleurs sur un déficit autour de 3,3 à 3.5 %. Pour certains spécialistes des finances publiques, le déficit du budget 2017 pourrait même dépasser les 4% du PIB ; ce qui est considérable. Pour le directeur des études de Coe-Rexecode : « La moitié de l’écart entre notre estimation et celle du gouvernement provient de la prévision de croissance…. Ensuite, la trajectoire des dépenses publiques n’est pas entièrement connue. Plusieurs dépenses additionnelles dans la sécurité, l’agriculture ou encore l’enseignement ont été annoncées ces derniers mois et auront une incidence sur l’équilibre budgétaire de 2017 ».

De son côté, le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) juge l’hypothèse d’une croissance de 1,5 % en 2017 « optimiste compte tenu des facteurs baissiers qui se sont matérialisés ces derniers mois (atonie persistante du commerce mondial, incertitudes liées au Brexit et au climat politique dans l’Union européenne et dans le monde, conséquences des attentats notamment sur l’activité touristique…) ». Selon lui, le risque de dérapage des dépenses en 2017 est important, et ce d’autant plus qu’elles sont déjà en nette hausse par rapport à la moyenne du quinquennat. Il s’inquiète d’une évolution qui « tend à s’écarter du principe de prudence qui permet d’assurer au mieux le respect des objectifs et des engagements pris en matière de finances publiques ».

Le HCFP dénonce également le « caractère irréaliste » de certaines économies comme le 1,6 milliard prévu sur l’Unedic, alors que la négociation entre les partenaires sociaux, qui avaient échoué en juin, n’ont toujours pas repris. Enfin, il évoque les « incidences possibles sur le solde public des recapitalisations annoncées des entreprises publiques du secteur énergétique » sachant que plusieurs milliards d’euros devront être trouvés dans les prochains mois pour recapitaliser EDF et Areva. A cela viennent s’ajouter les mesures électorales prises par l’Etat au profit d’Alstom qu’il faudra honorer, sans oublier les difficultés accentuées par la contribution imposée à la SNCF, et de nombreuses autres à venir. Il s’agit là de plusieurs dizaines de milliards qui viendront impacter les budgets 2017 et les suivants.

Autre évolution préoccupante pour la France, sa dette qui a continué à fortement augmenter entre 2012 et 2016, en dépit d’une conjoncture mondiale favorable et des taux d’intérêt au plus bas. Au 30 juin 2016, elle atteignait 2 170 milliards d’euros, soit 98.4% du PIB contre 1 735 milliards d’euros (86% du PIB) en 2012. Rappelons que les prévisions du gouvernement français prévoyaient une dette à 96% du PIB en 2016. Au rythme du dérapage actuel, en mai 2017, terme du quinquennat de Hollande, la dette devrait atteindre, voire dépasser, 100% du PIB. Il convient de noter que durant cette même période 2012 à 2016, la plupart des pays européens ont sensiblement diminué la leur. Pour ne citer que l’Allemagne, pays comparable s’il en est, la dette a été ramenée de 82% du PIB en 2012 (niveau proche de celui de la France) à 71.2% du PIB en 2015. Il en est ainsi dans les pays tels le Danemark, la Suède ou les Pays-Bas.

Au final, depuis 2012, force est de constater que M. Hollande et les gouvernements socialistes se sont avérés totalement incapables d’inverser les courbes des dépenses publiques, des déficits, de la dette et du chômage contrairement à la plupart des pays européens qui ont pour la plupart, obtenus d’importants résultats dans un contexte économique globalement favorable.

En 2017, à l’inverses des autres pays européens, à l’issue du mandat de la gauche, la France apparaît comme un pays fragilisé et exsangue qui a été incapable de réduire ses dépenses et d’engager la moindre réforme de fond, en contradiction avec ses engagements vis-à-vis la l’Union européenne.

Dans ces conditions, on ne peut que souhaiter bon vent et beaucoup de courage au nouveau gouvernement qui sortira des urnes en juin 2017. Les marges de manœuvres seront extrêmement réduites, pour ne pas dire inexistantes.


France : A l’approche de l’élection présidentielle, Hollande cède à la facilité et laisse filer les dépenses publiques

11 juillet 2016

Même si ce n’est pas une surprise, en dépit de divers camouflages pour tenter de rassurer les français et les autorités européennes, le laxisme de M. Hollande face à l’explosion des dépenses publiques se confirme une fois de plus.

Il faut bien avouer que le courage politique et la discipline budgétaire n’ont jamais été le point fort du gouvernement socialiste, qui à maintes reprises, a manqué de rigueur dans la gestion des dépenses publiques. A l’approche de l’élection présidentielle où il semble qu’il veuille être candidat en dépit de son impopularité inégalée sous le 5ème République, le temps est semble-t-il venu de lâcher un peu plus de lest pour tenter d’amadouer les électeurs de gauche, pour le moins ébranlés et déçus par le bilan catastrophique de M. Hollande.

Il n’a échappé à personne que le bilan de la France depuis 2012 s’est fortement dégradé et que les français souffrent malgré un niveau d’aide sociale inégalé jusqu’alors. Preuve de cet échec, entre 2012 et 2016, la France a reculé dans tous les classements et se trouve aujourd’hui parmi les plus mauvais élèves de l’Union européenne (forte augmentation des dépenses publiques et par delà des déficits, de la dette, du taux de chômage et une croissance au plus bas). Le défi à relever pour la France est de parvenir à tailler dans la dépense, y compris en ce qui concerne les aides sociales qui ont d’ailleurs largement montré leur inefficacité face à la montée du chômage.

Dans ces conditions, le bon sens et l’intérêt supérieur du pays eût exigé que l’on accroisse l’effort de réduction des dépenses publiques. Sauf que le courage politique n’est pas du côté de Hollande qui n’a qu’une obsession en tête : essayer de se faire réélire à tout prix, malgré le rejet des français de sa personne. On peut toujours rêver !

Il est bien plus facile de laisser filer les dépenses publiques et la dette en arrosant ses électeurs potentiels. Pas sûr cependant que les français soient dupes de ces pratiques indignes d’un homme politique responsable et soucieux de l’avenir de son pays. A quelques mois de présenter le projet de budget pour 2017, le secrétaire d’Etat du Budget, Christian Eckert a reconnu lors du débat d’orientation des finances publiques que les dépenses des ministères augmenteraient de plus de 8 milliards et les effectifs de fonctionnaires de l’ordre de 14 000 agents.

S’agissant des effectifs de la fonction publique, ils ont déjà augmenté de plus de30 000 agents depuis 2012 (et pas qu’au niveau de la Police et Gendarmerie), alors que jusqu’alors, un fonctionnaire sur deux partant à la retraite n’était pas remplacé. Le grand bénéficiaire est encore une fois l’Education nationale qui malgré ses effectifs pléthoriques, voit encore ses crédits augmenter de prés de 3 milliards d’euros. Il faut bien soigner ses plus fidèles électeurs !

Dans ces conditions, le gouvernement socialiste ne pourra atteindre son objectif de ramener les déficits à 2,7% du PIB en 2017 (3,3% en prévu en 2016) comme il s’y était engagé vis-à-vis de la Commission européenne.

Ce qui a fait dire à Eric Woerth, pour Les Républicains : « C’est un budget taillé davantage pour l’élection présidentielle que pour le sérieux budgétaire… ». Et d’ajouter : « Il y a beaucoup de cadavres fiscaux dans les placards des finances publiques. Il faudra lutter contre les déficits par de vraies réformes de structures et sans artifice comptable… ». La Cour des comptes elle-même considère que l’objectif d’un déficit ramené à 2.7% en 2017 n’est mathématiquement pas tenable, surtout après la décision de laisser filer les dépenses en 2017. La Commission européenne a d’ailleurs envoyé un récent avertissement à la France en rappelant à l’ordre l’Espagne et le Portugal pour déficits excessifs en annonçant une série de sanctions.

La France est devenue depuis 2012 l’un des plus mauvais élève de l’Union européenne, au même titre que la Grèce et le Portugal, du fait de son refus d’engager les véritables réformes de structures nécessaires pour réduire ses dépenses publiques qui restent les plus élevées des pays développés (54% du PIB). Cette situation n’est plus tenable et le prochain gouvernement désigné en juin 2017 devra engager au plus vite cet important travail de réforme. Cette dégradation est d’autant plus paradoxale que la croissance et l’emploi se sont sensiblement améliorés dans les pays développés alors qu’en France, la croissance est restée molle et le chômage a continué de croître pour atteindre 10.1% contre une moyenne de 6.4% dans les pays de l’OCDE (7% au Canda, 5.8% en Australie, 5% au Royaume-Uni, 4.9% aux USA, 4.3% en Allemagne, 3.8% en Corée du Sud et 3.3% au Japon).

C’est dire le décrochage de la France en quelques années. Rappelons au passage qu’en 2015, la France a rétrogradé à la cinquième place mondiale par son PIB, devancée par la Royaume-Uni jusque là placé derrière la France !

Ces chiffres en disent long sur la dégradation de la situation française depuis l’arrivée des socialistes au pouvoir en 2012. Selon les prévisions du gouvernement français, la dette publique devrait atteindre 97,5% du PIB fin 2016 (contre 80% promis par Hollande). Quand aux dépenses publiques, elles s’établissent à 54% du PIB et les prélèvements obligatoires à 44% du PIB. De bien tristes records alors que la situation économique et budgétaire des autres grands pays de l’OCDE s’est sensiblement améliorée entre 2012 et 2016 ; preuve s’il en est de l’incompétence et de l’échec des divers gouvernements socialistes et de Hollande en particulier.

Il est temps que les français renvoient les socialistes à leurs chères études et soutiennent les réformes indispensables pour retrouver la croissance, l’emploi et la compétitivité. Ce n’est qu’au prix d’efforts que le pays s’en sortira ; tout autre discours n’est que duperie et mensonge.

 


France : Retenue à la source, cette réforme qui n’est pas une ou comment mettre en œuvre une véritable usine à gaz !

6 juin 2016

La campagne d’impôt sur le revenu pour l’année 2015 se termine dans les prochains jours. A cette occasion, le secrétaire d’Etat au Budget a confirmé que la réforme de la retenue à la source serait bien menée à son terme et que le dossier était en bonne voie du côté de Bercy. En dépit des nombreuses difficultés techniques rencontrées, ce dernier a affirmé que celles-ci avaient été finalement surmontées. Le projet aurait même été transmis au Conseil d’Etat.

L’impôt sur le revenu aujourd’hui

Depuis des décennies, en France, l’impôt sur le revenu est établi par la direction générale des finances publiques (DGFiP) à partir de la déclaration d’ensemble des revenus déposée par les contribuables dans le courant du mois de mai de l’année suivant celle des revenus, soit en N+1. Ainsi, les revenus de l’année 2015 ont fait l’objet d’une déclaration déposée jusqu’en juin 2016 pour une imposition des revenus dans le courant du mois d’octobre prochain. L’impôt est calculé par les finances publiques à partir du barème voté annuellement par le Parlement qui est à la fois fonction des revenus et de la situation de famille. L’impôt dû tient également compte de diverses déductions de charges, de réductions d’impôt et autres crédits d’impôt.

Au final, au dernier trimestre de chaque année, chaque contribuable imposable (environ 45% au niveau national), reçoivent un avis d’imposition qui mentionne le montant de l’impôt net à acquitter. En attendant de connaître le montant définitif en fin d’année, chaque contribuable acquitte en février, mai et octobre un acompte égal à un tiers des revenus de l’année précédente (tiers provisionnel). Le dernier tiers d’octobre tient compte des revenus de l’année de référence et se trouve majoré ou éventuellement minoré en fonction des revenus réels perçus au cours de l’année de référence.

En réalité, très peu de contribuable relèvent aujourd’hui du tiers provisionnel (moins de 20%). En 2016, prés de 80% des contribuables sont mensualisés ; c’est-à-dire qu’ils paient leur impôt sur le revenu tous les mois, de janvier à octobre, à raison de 10% de l’impôt de l’année précédente. La mensualité est ensuite ajustée automatiquement en novembre et décembre en fonction de la déclaration de revenus souscrite pour l’année de référence. En fonction de l’évolution des revenus de l’année en cours, le contribuable peut moduler librement ses mensualités en les augmentant ou les diminuant ; le tout le plus aisément et rapidement possible en se rendant sur le portail des  Finances publiques

Enfin, pour faciliter l’impôt, la déclaration des revenus et ses annexes peuvent être directement télédéclarées sur ce même site, dés le mois d’avril. Ce mode de dépôt est aujourd’hui utilisé par plus d’un tiers des contribuables. Il devrait approcher 50% en 2015 et d’ici 2018, 100% des déclarations devront être télédéclarées puisque le gouvernement en a décidé ainsi.

Ce que prévoit l’actuelle réforme de la retenue à la source

L’actuel gouvernement de M. Valls prévoit que la réforme de la retenue à la source entrerait en vigueur en janvier 2018. Ce qui paraît pour le moins optimiste au vu de l’extrême complexité de la réforme à mettre en œuvre qui constitue un vrai casse-tête pour Bercy. Même sir le secrétaire d’Etat se veut optimiste, rien n’est gagné tellement la réforme présente de très nombreux problèmes techniques à résoudre ; ce qui pose de fait la question de la faisabilité de celle-ci.

La retenue à la source consiste à prélever directement l’impôt sur le revenu sur le bulletin de salaire, dés la perception de ce dernier. Le contribuable percevant alors un revenu net d’impôt. Ce système est en place dans la plupart des pays de l’Union européenne. Il n’y a donc plus de décalage entre la perception du revenu et sa taxation comme avec le système actuel où l’impôt est calculé annuellement en fonction des revenus de l’année précédente.

Si ce système paraît au premier abord plus simple, il s’avère en réalité particulièrement complexe à mettre en œuvre, surtout en France où les contribuables sont imposés en fonction d’un quotient familial qui varie au fil des ans selon la situation de chaque foyer fiscal et non à partir d’un taux fixe comme c’est le cas partout ailleurs. De plus, en France, l’impôt sur le revenu est aussi atténué par l’application de divers régimes de faveurs, de déductions de charges, de réductions ou crédits d’impôts. Dans ces conditions, la mise en œuvre de la retenue à la source en France relève d’une véritable usine à gaz.

Rappelons que la retenue à la source consiste, pour l’employeur, à déduire des revenus de son salarié le montant de l’impôt résultant du taux d’imposition ; et ce pour chacun de ses salariés sachant que chacun d’eux bénéficiera d’un taux annuel spécifique communiqué par la DGFiP en début d’année. Bien entendu, ce taux forfaitaire de retenue à la source ne tiendra pas compte de la situation de famille ou des avantages fiscaux auquel le contribuable peut prétendre. Le salarié percevra un salaire amputé de l’impôt et l’employeur, interviendra comme tiers de confiance en faveur de l’Etat à ses propres frais, à qui il reversera le montant de la retenue à la source.

Pour autant, chaque contribuable devra obligatoirement continuer à déposer une déclaration de revenus comme aujourd’hui auprès des Finances publiques, en précisant sa situation de famille, ses autres revenus non salariaux, ses charges et autres réductions ou crédits d’impôts, et c… A partir de celle-ci, l’administration des finances publiques procédera à une régularisation en fin d’année au regard de l’impôt déjà acquitté à la source pour l’année.

Au final, au-delà de l’impôt retenu à la source par l’employeur ou la caisse de retraire, certains contribuables pourront se voir rembourser une quote-part de leur impôt en fin d’année si leur situation fiscale le permet, voire au contraire se voir réclamer un complément d’impôt. La lisibilité de l’impôt sera donc loin d’être assurée puisque chaque contribuable devra attendre le traitement de sa déclaration d’impôt pour savoir s’il aura ou non un supplément d’impôt à payer. Pas si simple !

Les avantages et inconvénients de la mise en oeuvre de la retenue à la source

A ce jour, il est très difficile d’évaluer les éventuels avantages de la mise en œuvre de la retenue à la source, tellement la réforme est particulièrement complexe, lourde à mettre à œuvre et risque de faire apparaître, dans certains cas, des situations pour le moins inégales devant l’impôt.

Pour les salariés et retraités, l’application de la retenue à la source aura un effet immédiat sur les salaires ou la pension qui seront sensiblement réduits à hauteur de l’impôt. Dans certains cas, la simple application du taux d’imposition brut par l’employeur ou la caisse de retraite pourra aboutir, au moins dans un premier temps, à un surplus de retenue, en attendant la régularisation en fin d’année.

En tout état de cause, la réforme devra d’abord franchir les barrières du Conseil d’Etat, puis celle du Conseil Constitutionnel où il est possible qu’elle soit retoquée sur certains aspects. Par exemple, est-ce que le fait d’exempter d’impôt sur les revenus courants de 2017 mais, par contre, d’y soumettre les revenus exceptionnels de cette même année ne pourrait pas constituer une rupture de l’égalité devant l’impôt ?

De leur côté, les syndicats ne manquent pas d’évoquer, d’une part, le manque de confidentialité des données personnelles qui seront ainsi, au moins pour partie, communiquées à l’employeur et, d’autre part, les risques liés au défaut de reversement de l’impôt par l’employeur à l’Etat, notamment en cas de difficultés de l’entreprise. On sait en effet que la fraude à la TVA par défaut de reversement des entreprises n’est pas négligeable. De leur côté, à juste titre, les entreprises s’inquiètent du surcoût en personnel et en logiciels de la mise en place de la retenue à la source qui verrait un désengagement de l’Etat à leur détriment ; sans parler des tensions que la mise en place de la retenue à la source ne va pas manquer de générer vis-à-vis des personnels qui verront leur salaire sensiblement amputé.

Enfin, cette réforme ne se traduira pas par des économies budgétaires pour les finances publiques puisque les agents des services des impôts des particuliers, actuellement affectés à la gestion de l’impôt sur le revenu, seront globalement maintenus pour traiter les déclarations de revenus et surtout les régularisations qui devront être opérées annuellement pour chaque contribuable, sans parler des réclamations.

Sans véritable simplification de l’impôt sur le revenu, la présente reforme s’apparente à une véritable usine à gaz qui accentuera un peu plus la complexité de l’impôt et ne permettra pas de réelles économies. Au contraire, la gestion de l’impôt sur le revenu ces dernières années, avec la généralisation de la télédéclaration et du prélèvement mensuel permettait de rendre l’impôt sur le revenu plus lisible avec un taux de recouvrement élevé et un minimum de régularisations. Avec une simplification progressive de l’impôt, sa gestion ne pouvait qu’être nettement améliorée et facilitée.

Reste à voir si la réforme sera menée à son terme par la prochaine majorité parlementaire issue des élections de mai et juin 2017 ?