Rodez : La chute des ventes de véhicules diesel fragilise l’industrie automobile et Robert Bosch en particulier

15 avril 2019

Le site Robert Bosch France d’Onet-le-Château (agglomération de Rodez) est depuis longtemps le principal site industriel de l’Aveyron et l’un des plus importants d’Occitanie. Il est spécialisé dans la production de systèmes d’injection diesel de type « Common rail » qui équipe depuis plus d’une décennie la majorité des véhicules diésel. Or, le site est aujourd’hui menacé par la forte baisse d’activité ces dernières années en raison de la chute des ventes de motorisations diesels en Europe et dans le monde.

Les moteurs diesels récents produits grâce aux nouveaux systèmes d’injection Bosch sont beaucoup moins polluants

L’usine de Rodez produit actuellement une nouvelle génération de systèmes d’injection particulièrement performants et au final, émettant peu de CO2 et surtout beaucoup moins de particules fines qui étaient le point faible des diesels de génération précédente, à l’origine de graves problèmes de santé publique. Or, la plupart de ces derniers sont toujours en circulation et personne ne semble s’en émouvoir alors qu’il faudrait retirer l’ensemble des véhicules diesels de plus de 10 ans d’âge car extrêmement nocifs pour la santé.

Depuis quelques années, la nouvelle génération de moteurs diesels n’émet que très peu de particules fines très novices pour la santé alors qu’à l’inverse, certains nouveaux moteurs essence sont devenus plus nocifs.

Le comble, c’est qu’aujourd’hui probablement par manque d’information, le consommateur s’est détourné massivement des véhicules diesels en raison de leur nocivité sur la santé (ce qui était exact pour les véhicules produits ces dernières années) et s’est précipité sur les véhicules essence récents, qui consomment moins mais sont pourtant plus nocifs pour la santé. Au passage, même les véhicules électriques prétendument propres émettent un niveau de particules fines proche des diesels récents en raison notamment de leurs pneumatiques et du système de freinage.

Cette évolution absurde du consommateur s’explique par les incessantes campagnes anti-diesel, qui étaient tout à fait justifiées en ce qui concerne les anciennes générations mises en service jusqu’en 2015/2016. Mais ces mêmes campagnes de dénigrement des moteurs diesels ont oublié de préciser que l’industrie automobile avait réalisé d’importants progrès en produisant une nouvelle génération de moteurs diesels bien plus propres et beaucoup moins nocifs.

Or, au même moment, elle produisait aussi de nouveau véhicules essence, certes plus performants en consommations mais bien plus nocifs que les précédents au niveau des NOx. Aussi surprenant que ce soit, cette évolution n’a fait l’objet d’aucune communication auprès du grand public.

Le Dieselgate a jeté un total discrédit sur les moteurs diesels

Bien sûr, il ne fallait pas compter sur les mouvements écologiques pour éclairer les consommateurs sur ces évolutions, alors que pour elles, seul le véhicule électrique aurait de l’avenir alors même qu’il est au moins aussi polluant que les véhicules thermiques les plus récents. Mais c’est un autre débat !

Plus surprenant, comment se fait-il que les industriels de l’automobile européenne, pourtant si puissants que ce soit en Allemagne ou en France, eux qui ont encouragé la production de cette nouvelle génération de véhicules diesels performants et très peu polluants, n’aient pas été en mesure de communiquer massivement pour expliquer les progrès considérables de ces nouveaux moteurs diesels ? Pourquoi les gouvernements allemands et français notamment au cours des années 2015/2016 n’ont pas été en capacité de communiquer sur le sujet plutôt que de laisser se répandre l’idée selon laquelle tous les moteurs diesels seraient finalement très nocifs pour la santé ? Pourquoi avoir ainsi laissé travestir la réalité au risque de conduire l’industrie automobile à la faillite ?

A cela, force est de reconnaître que l’affaire du truquage à grande échelle du système de contrôle anti-pollution des véhicules diesels par Volkswagen afin de minimiser les effets nocifs de ces motorisations (notamment Nox et CO2), a été désastreux sur le grand public (cf. affaire Dieselgate découverte en 2015). Cette colossale affaire, à laquelle sont liés la plupart des constructeurs allemands, a porté un tort considérable à l’image des moteurs diesels et explique en grande partie le fait que de nombreux consommateurs se soient finalement tournés vers les moteurs essence et dans un degré moindre, l’électrique.

Ainsi, subrepticement, avec une médiatisation considérable de l’affaire des moteurs diesels équipés de dispositifs de mesure de pollution truqués, de plus en plus de consommateurs ont décidé de tourner la page du moteur diesel. Ni les constructeurs, ni les gouvernements, ni les élus, les syndicats et les organismes de consommateurs n’ont osé aller à l’encontre de l’opinion générale. Une réaction étonnante de la part des équipementiers automobiles alors qu’une nouvelle génération de moteurs beaucoup moins polluants était en passe d’équiper les nouveaux véhicules !

Pourquoi ne pas avoir fait la promotion de la toute dernière génération de moteurs diesels, bien plus propres ? Le mal a ainsi été fait et les moteurs diesels paraissent aujourd’hui irrémédiablement condamnés, tout comme le seront les moteurs essence demain. Les responsables de cette situation se trouvent à tous les échelons de l’industrie et de la société.

Le site ruthénois de Robert Bosch face à la crise du diesel

Cinq ans plus tard, les dégâts sont en passe d’apparaître au grand jour au niveau de l’industrie automobile européenne. Pourquoi avoir attendu si longtemps sans véritable réaction alors que le problème est né voici bien des années déjà ? Pourquoi si peu d’anticipation des uns et des autres qui semblent aujourd’hui découvrir le sujet ? Pourquoi jouer aujourd’hui les vierges effarouchées sur le sujet ?

Certes on peut toujours manifester ici et là en brandissant régulièrement des pancartes pour se donner bonne conscience ! Mais cela ne changera rien car le mal a été fait.

A défaut d’avoir la main sur le dossier, certains élus ruthénois, dont le maire d’Onet-le-Château et le président de Rodez agglomération ainsi que quelques parlementaires, ont au moins le mérite de se bouger, que ce soit auprès du ministre de l’économie (mais que peut-il ?), en allant même jusqu’à rencontrer les dirigeants du groupe Robert Bosch à leur siège de Stuttgart pour attirer l’attention sur le devenir de l’unité de Rodez. Même si le résultat est loin d’être gagné, au moins a-t-on sensibilisé ceux qui ont quelques pouvoirs pour faire bouger les choses.

En effet, seule une reconversion des entreprises concernées vers des technologies du futur pourra compenser la perte d’emplois dans ce secteur de l’ancienne industrie. Ceci n’est hélas qu’un début, car avec la fin programmée des véhicules thermiques vers 2040, c’est toute l’industrie automobile qui va devoir se réorganiser sachant que la production de véhicules électriques ou à hydrogène ne nécessitera qu’un personnel très réduit au regard de celui employé aujourd’hui dans l’industrie automobile.

Alors oui, on ne peut que soutenir la Bosch à Rodez et ailleurs, mais c’est d’abord aux entreprises concernées de s’adapter à la nouvelle industrie, si possible sans oublier son unité de production ruthénoise qui a largement participé au développement et la richesse de Robert Bosch GmbH. L’objectif doit effectivement de tout mettre en œuvre pour maintenir l’emploi à son niveau actuel de 1 600 personnes.

Hélas, ni les élus locaux, ni le gouvernement n’ont la clef du dossier. Il reste à espérer que l’usine Robert Bosch d’Onet-le-Château pourra bénéficier d’un véritable programme de reconversion qui assurera la pérennité de l’établissement d’Onet-le-Château, si important pour le devenir de l’agglomération.

 

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Rodez : Le musée Soulages 5 ans après sa création

9 avril 2019

Porté par Rodez agglomération, le musée Soulages inauguré le 30 mai 2014 va prochainement fêter son cinquième anniversaire.

Après les longs et interminables débats qui ont précédé sa création, le moment est venu d’un premier bilan. Contrairement aux oiseaux de mauvais augure qui soutenaient que le musée serait un échec et plomberait durablement les finances de l’agglomération, force est de constater qu’il n’en a rien été.

Bien au contraire, après ces cinq premières années d’activité, chacun s’accorde à reconnaître que le musée Soulage est un succès incontestable, tant en termes d’attractivité et de notoriété, qu’en terme de soutien à l’activité économique de l’agglomération.

Une fréquentation soutenue depuis 2014

Alors que les prévisions les plus optimistes ne dépassaient pas une fréquentation annuelle de l’ordre de 80 000 visiteurs, elle a été en moyenne de 160 000 visiteurs par an. En effet, entre son ouverture en mai 2014 et la fin 2018, c’est plus de 800 000 visiteurs qui ont fréquenté le musée Soulages même si 2018 marque une baisse sensible.

Cette fréquentation soutenue a donné à l’agglomération ruthénoise une autre dimension dont on ne peut que se réjouir ; preuve que la culture peut aussi trouver sa place dans une ville moyenne et contribuer à son dynamisme. Il suffit de voir le nombre de nouveaux commerces parmi les plus divers qui se sont ouverts ces dernières années et la fréquentation du centre-ville à la belle saison, comme en atteste l’augmentation de 54% du nombre de nuitées ou de 61% des recettes liées à la taxe de séjour, entre 2013 et 2017.

Incontestablement, les expositions temporaires ont grandement assuré le succès. Parmi elles : Outrenoir en Europe (172 000) en 2014, Le Bleu de œil de Claude Lévêque (99 800) en 2015, Soto une rétrospective (41 300) et Picasso (90 900) en 2016, Calder forgeron de géantes libellules (91 200) en 2017, Le Corbusier (35 300) et Gutaï l’espace et le temps (55 900) en 2018.

Même si la dernière exposition Gutaï a quelque peu déçu en termes de fréquentation, probablement en raison de la faible notoriété de l’art Gutaï en France et d’une promotion locale insuffisante (ce sont d’abord les visiteurs issus du département qui ont fait défaut pour cette exposition). En cette année du Japonisme en France, ce fût pourtant une bien belle exposition insuffisamment relayée par les médias nationaux comme trop souvent.

Preuve que le choix des expositions temporaires reste délicat, tout en restant dans des fourchettes de prix raisonnables pour les finances de Rodez agglomération. Nul doute que les responsables du musée Soulages sauront trouver de nouvelles expositions qui conforteront le succès du musée Soulages.

Une architecture reconnue au niveau mondial

Financé par Rodez agglomération, le musée Soulages a été réalisé par le cabinet d’architecte catalan, RCR Arquitectes : Ramon Vilalta, Carme Pigem et Rafael Aranda. Une conception contemporaine et harmonieuse à base d’acier corten qui s’intègre parfaitement dans la pente du jardin public et de l’esplanade des Rutènes, mais aussi avec la cathédrale en arrière-plan. Une superbe réalisation qui vaut à elle seule le détour car il n’est pas sans rappeler quelques autres grands musées mondiaux célèbres.

RCR Arquitectes a d’ailleurs reçu en 2017 le prix Pritzker, considéré comme le prix Nobel de l’architecture. RCR Arquitectes a travaillé sur des projets en Espagne, en Belgique et en France. Parmi leurs réalisations les plus marquantes, outre la médiathèque Waalse Krook de Gand (Belgique), on trouve le musée Soulages qui constitue un ensemble unique fait de lignes droites et d’angles, avec des parois en acier corten pour donner à l’ensemble une teinte rouille.

Rappelons qu’en 2015, ce même cabinet d’architecture catalan s’était vu remettre le grand prix international par la Fondation d’architecture contemporaine espagnole pour la réalisation du Musée Soulages, la plus haute distinction architecturale espagnole.

Outre le musée Soulages, une aile du bâtiment abrite également le café Bras, une grande brasserie ruthénoise renommée, tenue par la famille des célèbres chefs internationalement connus : Michel et Sébastien Bras.

Un cadre exceptionnel pour un musée d’art moderne où les œuvres de Pierre Soulages sont merveilleusement mises en valeur.

Rodez fête le centenaire de Pierre Soulages

L’année 2019, est aussi l’année des 100 ans de pierre Soulages, né le 24/12/1919 à Rodez.

L’occasion pour la ville de Rodez et Rodez agglomération de marquer cet évènement en relation avec le siècle et l’œuvre de Pierre Soulages. C’est en effet à Rodez qu’il est aujourd’hui possible de contempler la plus importante collection des œuvres de l’artiste ruthénois.

Le musée Soulages est ainsi devenu l’un des tous premiers musées de province par sa fréquentation et un lieu culturel incontournable de France. Un atout considérable pour le développement et l’attractivité de Rodez et de son agglomération.

A l’occasion du centenaire de Pierre Soulages, un ensemble de manifestations culturelles sont proposées tout au long de l’année 2019 aux quatre coins de la ville.

Le programme détaillé : Le siècle Soulages Rodez 2019

L’avenir du musée Soulages et du pôle muséal

Le succès du musée Soulages repose aussi sur la qualité de son conservateur Benoît Decron et ses assistants qui ont su valoriser et vendre le musée à l’extérieur. C’est un combat de tous les jours, sachant que la communication dans le domaine de la culture est d’autant plus difficile que Rodez n’est qu’une petite ville moyenne avec des moyens limités qui doit faire face aux grands musées, principalement parisiens, sachant que la plupart des journalistes ne jurent que par Paris en matière culturelle. On mesure l’ampleur du défi à relever pour le musée Soulages qui doit se faire une place dans ce microcosme parisien.

Afin de faire face à ces défis, comme cela avait été initialement envisagé et comme le souhaite Pierre Soulages lui-même pour assurer la pérennité du musée dans le temps, les élus de Rodez agglomération ont fait le choix de confier la gestion du musée Soulages à un EPCC (établissement public de coopération culturelle).

Cet EPCC sera composé à parts égales par chacune des collectivités locales (Rodez agglo, la région Occitanie et le département de l’Aveyron) et par l’Etat. Les statuts de l’EPCC ainsi que sa gouvernance devraient être valisés par les partenaires dans les mois à venir. Si tout se passe comme prévu, l’EPCC en charge de la gestion du musée Soulages devrait voir le jour au plus tard en fin d’année 2019. Il devrait permettre d’offrir une plus grande dynamique au musée et lui donner les moyens de son développement en répartissant les frais de gestion entre les partenaires.

Pour autant, cela ne sera pas sans quelques soucis et ajustements car jusqu’à maintenant, la gestion du musée Soulages s’inscrivait dans le cadre pôle muséal de Rodez agglomération qui prendra donc fin à cette date. En effet, seul le musée Soulages relevant de l’EPCC, se posera alors la question de la gestion des deux autres musées ruthénois : Fenailles et Denys Puech.

Voilà qui ne va pas manquer de relancer de longs et délicats débats au sein de Rodez agglo. Gestion agglo ou retour à une gestion municipale ? Rodez peut-il conserver deux musées à côté de Soulages ? Pour quels coûts ?

Plus d’infos :


Les dirigeants des principales filiales étrangères lancent un appel pour que la France ne renonce pas aux réformes

19 mars 2019

Un collectif de dirigeants de filiales étrangères en France fait entendre sa voix. Cet appel s’inscrit dans le cadre du grand débat organisé par le quotidien économique Les Echos.

« La France ne doit ni renoncer ni faire une pause dans les réformes.

Dans le grand débat, nous souhaitons faire entendre notre voix. Nous tous présidons aux destinées de filiales françaises de sociétés multinationales. Nous appartenons à une communauté qui apporte à notre pays une contribution essentielle. Les 28.000 entreprises étrangères en France y emploient 2 millions de personnes, concourent à hauteur de 16 % au chiffre d’affaires de l’économie française, assurent le tiers des exportations françaises, réalisent 21 % de l’investissement corporel du secteur industriel et assument 21 % de la R & D.

Cette contribution est aujourd’hui en jeu. Avant que la « crise des gilets jaunes » n’éclate, notre pays venait subitement d’entrer en état de grâce auprès de nos maisons mères et son image y était à son zénith. Celles-ci, constatant que la France s’était enfin engagée sur la voie de sa transformation, ont multiplié des annonces concernant leurs projets de s’y développer.

Depuis lors, les scènes d’extrême violence qui ont tourné en boucle dans les médias internationaux, au-delà de leur impact sur les activités de nombre d’entre nous,  menacent d’entamer ce formidable capital que notre pays n’avait jamais su auparavant réunir auprès de nos quartiers généraux. Et nous voilà, alors qu’enfin nous étions dans nos compétitions intragroupes respectés et redoutés, inquiets de voir notre pays prendre le risque de se tirer une balle dans le pied.

Si la France souhaite continuer à être irriguée par des investissements étrangers qui viennent enrichir, notamment par les emplois créés, notre pays, celui-ci doit manifester cette capacité de rebond dont il a si souvent dans le passé su faire preuve.

Nous qui sommes les ambassadeurs de la France auprès de nos maisons mères ne saurions nous résoudre à renoncer à les convaincre de continuer à croire en elle, à y investir et y créer des emplois. Il en va de notre prospérité, qui est la première condition du « mieux vivre » auquel les Français aspirent.

Nous y contribuons tous en tant qu’employeurs attentifs au pouvoir d’achat de nos salariés, et pleinement engagés pour que la croissance de notre pays soit inclusive et durable.

Les conclusions qui seront tirées du grand débat qui s’achève joueront donc un rôle capital. Depuis dix-huit mois, la France a fait des choix décisifs en matière d’attractivité. Réforme du code du travail, suppression de l’ISF, instauration de la flat tax, baisse de l’impôt sur les sociétés et diminution des charges ont joué un rôle majeur dans le regain de confiance de nos quartiers généraux dans notre pays. Nous avons pris acte qu’il n’était pas question de revenir sur ce qui nous avait replacés sur l’écran de leurs projets d’investissements. Le faire, alors que nous avons été si longtemps pénalisés par notre inconstance et notre instabilité, porterait un coup sévère à notre attractivité retrouvée.

Pour chasser les doutes, la France ne doit ni renoncer ni faire une pause. Elle doit, au contraire, intensifier les réformes, notamment dans le domaine de la diminution du coût du travail, de la réduction de la dépense publique, de la simplification administrative et de la recherche d’une meilleure compétitivité fiscale où demeurent des progrès à faire.

Nous attendons aussi de notre pays, qu’à la veille d’élections européennes essentielles pour son attractivité, il ne cède pas aux démons du populisme et du souverainisme et qu’il adresse au monde le message d’un pays confiant dans son avenir et dans celui d’une Europe ouverte sur les autres et sur le monde. »

Le texte complet de l’appel du collectif de dirigeants de filiales étrangères en France publié par le quotidien Les Echos I Les Echos

Ce texte a été signé par 63 dirigeants de filiales étrangères en France, dont :

3M France, ABB France, Accenture France, Adecco Group, American Express Carte France, Astrazeneca France, BASF France, Carglass France, Coca-Cola France, Compass Group France, DHL Express France, DHL Global Forwarding France, DXC Technology France, Ericsson France, Esso Exxonmobil France, Ferrero France, General Mills, GSK France, Heineken France, Henkel France, Hewlett Packard Enterprise, HP Inc France, ING Bank France, ITRON Inc France, Janssen France, Kone Corporation, Lenovo, Marsh France, Metro France, Otis, Pfizer France, Riso France, Robert Bosch France, Roche France, Siemens France, SKF France, Smurfit Kappa France, Tomtom, Toyota Motor France, Unilever France, Xerox…


France : La priorité doit enfin être donnée à la réduction de la dépense publique

3 mars 2019

Dans le cadre du Grand débat voulu par le président de la République, on a vu émerger ici et là les propositions les plus fantaisistes et contradictoires visant généralement à augmenter les impôts, plutôt que de les baisser. Etonnant alors que la plupart des français ne cessent de se plaindre d’impôts et taxes trop élevés qui rognent le pouvoir d’achat.

C’est oublier l’essentiel : le poids excessif de la fiscalité en France. L’autre problème,c’est l’importance de sa dette et ses déficits publics qui atteignent des records au sein des pays de l’OCDE. Eh oui, depuis trop longtemps la France vit à crédit et nettement au-dessus de ses moyens. Pour autant, peu de propositions sérieuses et significatives visant à réduire les dépenses publiques qui sont pourtant les plus élevées des pays de l’OCDE (57% du PIB), ont été faites.

La seule alternative crédible pour la France est de réduire drastiquement les principales dépenses publiques

La seule alternative possible n’est pourtant autre que la réduction massive des principales dépenses : celles liées à la fonction publique, aux dépenses sociales et aux retraites et non par quelques mesures très marginales proposées ici et là. Ceci est d’autant plus d’actualité que les services publics en France sont dépassés et ne répondent plus aujourd’hui à l’attente des citoyens en de nombreux domaines.

Comme de nombreux pays l’on fait, il est possible de réduire la dépense publique ainsi que le nombre de fonctionnaires, tout en améliorant substantiellement la qualité et l’efficacité de ce dernier. Pour cela, il convient de redéfinir les missions de services public d’aujourd’hui. Les besoins actuels n’ont plus grand-chose à voir avec ceux de l’après-guerre, en raison notamment des évolutions technologiques, de la formation et de la répartition des populations dans le pays.

En France, les recettes nettes du budget de l’Etat, après reversement aux collectivités territoriales et à l’Union européenne, représentaient 243 milliards d’euros en 2018, contre des dépenses nettes de 329 milliards d’euros. Ce qui fait apparaître un déficit du budget pour 2018 à 86 milliards d’euros. C’est dire l’ampleur des économies à faire au cours des années à venir.

Voici quelques dépenses à réduire en priorité pour dégager des marges de manœuvre et ramener progressivement le budget en équilibre comme l’ont fait la plupart des pays du nord de l’Union européenne.

Les principales dépenses publiques (Sce Budget de l’Etat 2018)

  • Enseignement : 71.6 milliards € (21.76%)
  • Défense : 42.5 milliards € (12.92%)
  • Engagement financier de l’Etat : 41.8 milliards € (12.71%)
  • Recherche & enseignement sup. : 27.7 milliards € (8.42%)
  • Sécurité publique : 19.7 milliards € (5.96%)
  • Cohésion des territoires : 17.2 milliards € (5.23%)
  • Travail & emploi : 15.6 milliards € (4.74%)
  • Ecologie & développement durable : 11.3 milliards € (3.43%)
  • Gestion finances publiques : 10.9 milliards € (3.31%)
  • Justice : 8.7 milliards € (2.64%)
  • Agriculture, alimentation & forêts : 3.4 milliards € (1.3%)
  • Administration générale & territoriale de l’Etat : 2.5 milliards € (0.76%)
  • Direction & action du gouvernement : 1.5 milliards  (0.46%)

Ces principales dépenses de l’Etat représentent à elles seules 300.3 milliards d’€, soit 91.3% du total des dépenses. Les 4 principaux budgets représentent à eux seuls 176 milliards €, soit 55.8 % de l’ensemble des dépenses. A l’inverse, les seules dépenses liées à l’action du gouvernement représentent moins de 0,50% du total.

Les grandes masses de dépenses en France sur la base de 1 000 €

Dans un souci d’information et de transparence, le gouvernement a publié dans le cadre du Grand débat, une ventilation des dépenses annuelles de l’Etat pour 1 000 € de dépenses. Ce tableau a le mérite de mieux permettre d’identifier les dépenses les plus importantes pour proposer des alternatives au regard de l’enjeu des différents postes.

  • Protection sociale : 575 € (dont retraite : 268 €, assurance maladie : 191 €, famille : 42 €…)
  • Dépenses sectorielles : 143 € (dont Affaires économiques : 53 €, transports & équipements : 43 €…)
  • Education : 96 €
  • Administrations publiques : 66 €
  • Services publics : 60 € (dont défense : 31 €, sécurité : 25 €, justice : 4 €)
  • Recherche : 23 €
  • Charge de la dette : 37 €

Plus d’infos : Ce que financent 1 000 euros de dépenses publiques

Quelques axes pour réduire les dépenses publiques

Au vu de l’ampleur de certaines dépenses publiques, point n’est besoin d’être un grand expert en économie pour comprendre les enjeux et cibler les dépenses à réduire en priorité.

  • La fonction publique

De nombreux français se plaignent de plus en plus d’une administration lourde, tatillonne et peu à l’écoute des usagers. Contrairement à ce que l’on entend trop souvent, ce n’est pas un problème de moyen et de nombre de fonctionnaires, bien au contraire, l’administration française ressemble plus à « une armée mexicaine » totalement dépassée ! D’ailleurs, en dépit de la forte présence de l’administration dans les zones rurales depuis l’après-guerre, cela n’a pas empêché la désertification.

L’administration française doit être réformée pour l’adapter au monde d’aujourd’hui et la faire en sorte qu’elle soit à l’écoute des usagers, notamment via les portails internet. Il faut donc renforcer l’administration là où se trouve la population la plus importante et la réorganiser dans les zones peu peuplées par la mise en place de maisons de services publics, services itinérants, mutualisation diverses…

Tout cela doit se faire tout en réduisant les coûts de fonctionnements devenus excessifs au regard du peu de service rendu. La bonne administration en 2019 n’est pas qu’une affaire d’effectifs sinon cela se saurait. De nombreux pays tels l’Allemagne, le Royaume-Uni ou l’Espagne ont une administration bien plus efficace avec des moyens financiers et en personnels bien moins importants. Pour cela, il faut en finir avec la démagogie qui consiste à dire que la réduction du nombre de fonctionnaires nuit au bon fonctionnement du service public !

A quoi servent des administrations parfois pléthoriques quadrillant de nombreux départements ruraux où la population ne cesse de baisser depuis plus de 50 ans (des trésoreries, des centres de finances publiques, des gendarmeries…). Strictement à rien, il faut l’avouer !

Parallèlement, il faut traquer les effectifs superflus dans la fonction publique, notamment dans les administrations centrales à Paris, mais aussi dans les directions régionales et départementales. Trop de doublons et de postes redondants, notamment au niveau de l’encadrement supérieur en nombre pléthorique, souvent peu compétents et rarement à l’écoute des services de terrain.

A terme, les directions départementales actuelles (plus de 100) ne sont plus adaptées alors qu’une simple direction régionale serait bien plus efficace et adaptée. Obnubilés qu’ils sont par le déroulement de leur petite carrière personnelle, ils ne sont pas prêts à abdiquer. Il y a pourtant là des économies budgétaires considérables à réaliser, tout en rendant l’administration plus souple, efficace et au service de nos concitoyens.

  • La protection sociale

Le système de retraite : Pour permettre le financement à venir des pensions de retraite, la France n’a d’autre choix que de s’aligner sur les autres pays européens en portant progressivement la date de départ à la retraite à 65 ans et en supprimant les régimes spéciaux. Ceci est rendu nécessaire pour équilibrer le régime et maintenir le niveau de retraite des prochaines générations. C’est d’autant plus justifié que les retraités français sont, et de loin, les mieux lotis en Europe et qu’ils vivent en moyenne plus longtemps que dans les autres pays.

Les prestations sociales et de chômage : Il faut revoir notre système de protection, d’aides sociales et d’indemnisation du chômage aujourd’hui beaucoup trop dispendieux et dont l’efficacité est fortement contestée. La priorité doit être de refondre l’intégralité des aides publiques (RSA, prime d’activité, allocations logement et familiales, allocations de chômage…) pour les simplifier et les rendre plus transparentes et efficaces ; tout en mettant en place des mesures efficaces de lutte contre les fraudes.

  • Le millefeuille territorial

L’autre importante source d’économie concerne la réduction de strates administratives territoriales aux missions souvent redondantes qui coûtent très cher à la collectivité, généralement sans une réelle plus-value. Il faut revenir à des structures plus simples, légères, lisibles et beaucoup moins onéreuses.

Il y a urgence à encourager la fusion des communes, à commencer par celles de moins de 2 000 habitants pour les rendre plus compétitives et performantes, tout en réduisant leurs coûts de fonctionnement. De 35 000 communes, la France doit revenir à moins de 10 000 dans les 10 ans. De même, les communes ayant intégré des communautés de communes ou d’agglomérations doivent progressivement fusionner. Elles y gagneraient énormément en lisibilité, mais surtout en économies financières, tout en devenant plus efficaces et attractives.

Il convient par ailleurs de réduire massivement les dotations et subventions aux collectivités, en les réservant aux seules communes qui fusionnent ou aux communautés de communes ou d’agglomération dans le cadre de projets d’intérêt strictement communautaire.

Il faut aussi s’interroger sérieusement sur la nécessité de conserver l’échelon départemental. Après la réforme ratée des régions où des économies importantes restent à réaliser, les départements devraient pouvoir s’effacer progressivement en transférant leurs missions, d’une part, aux régions notamment les infrastructures routières, les transports et les collèges et d’autre part, aux communautés de communes, d’agglomérations et les métropoles pour les autres missions.

Quelques dépenses qui doivent malgré tout être revue à la hausse

Certaines dépenses afférentes aux missions régaliennes de l’Etat ont toutefois vocation à être revue à la hausse mais elles ne représentent globalement qu’une faible part des dépenses budgétaires.

Il s’agit principalement de la défense dont le budget doit remonter au-dessus du seuil de 2% du PIB contre 1.5% aujourd’hui ; ce qui est insuffisant pour faire face à la modernisation et à l’opérationnalité de nos forces armées. Les forces de sécurité nécessitent également un renforcement de leurs moyens. Quant à la justice qui dispose d’un des plus faibles budgets d’Europe, un effort financier important doit être consenti pour une meilleure exécution de notre justice.

Enfin, des moyens beaucoup plus importants doivent être alloués à la santé en général, notamment aux Ehpad et hôpitaux ; ce qui n’exclut pas des économies concernant certains remboursements de médicaments, d’actes et de soins non essentiels.

Le temps est venu pour la France de s’attaquer enfin à la réduction massive de ses dépenses publiques.

Plus d’infos : Ce que financent 1 000 euros de dépenses publiques en 2018


Aveyron : Le département porté par le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez et de son aire urbaine

13 janvier 2019

Selon l’INSEE, la population légale du département de l’Aveyron comptait 279 169 habitants, en progression de 0.2%. Il s’agit de la population officielle résultant du dernier recensement de la population réalisé en 2015.

Le gain de population a ainsi été de 525 habitants entre 2014 et 2015 ; ce qui n’est pas rien pour un département dont l’INSEE avait prédit un fort dépeuplement à partir des années 1990. A ce rythme, la population devrait dépasser les 280 000 habitants en 2020, pour la première fois depuis longtemps. Un évolution encourageante.

L’Aveyron limite les dégâts par rapport à la plupart des départements ruraux

Ces résultats restent cependant en retrait par rapport à l’objectif fixé, il y a 5 ans par le Conseil départemental qui souhaite voir la population du département atteindre les 300 000 habitants à l’horizon 2030. Mais ne faisons pas la fine bouche, l’Aveyron a enrayé son déclin contrairement à la grande dorsale française qui va du Massif-Central à l’est de la France qui persiste dans la désertification.

Cette croissance de la population reste fragile et résulte exclusivement de l’arrivée de nouveaux habitants dans le département qui soutiennent une croissance migratoire continue depuis près de 10 ans, signe de l’attractivité du territoire. A l’inverse, le solde naturel (écart entre les naissances et les décès) reste toujours déficitaire. D’où un équilibre précaire.

A cet égard, l’Aveyron fait exception parmi les départements ruraux faiblement peuplés du centre de la France, même si l’augmentation de sa population est moindre au regard de celui de la région Occitanie qui progresse de 0.9% ; l’une des plus dynamique de France.

L’Aveyron se distingue avec un taux d’actifs de 48% parmi les plus importants d’Occitanie, derrière la Haute-Garonne 54%. Par contre, la proportion de retraités (36%) y est l’une des plus élevée du pays. L’Aveyron fait partie des départements les plus âgés de France (45 ans en moyenne) avec une personne sur trois de plus de 60 ans, dont 14% ont plus de 75 ans. A l’inverse, les moins de 30 ans ne représentent que 30% de la population, contre 34% en Occitanie et 37% au niveau national. Les 15-29 ans représentent 14% de la population.

Le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez

L’évolution et la répartition de la population du département de l’Aveyron restent toutefois contrastées. La croissance se concentre pour l’essentiel sur l’aire urbaine de Rodez. Outre l’agglomération de Rodez, les communes périphériques bénéficient pleinement de son attractivité économique et commerciale (Bozouls, Espalion, Marcillac-Vallon, Salles-la-Source, Valady, Baraqueville, Flavin, Pont-de-Salars, Agen d’Aveyron, La Loubière, Gages-Montrozier, Laissac-Séverac l’Eglise…).

L’aire urbaine de Rodez qui comptait 86 373 habitants à fin 2014 (+0,7%), soit près du tiers des aveyronnais, reste en effet parmi les plus dynamiques d’Occitanie. Pour l’INSEE, cette évolution (+ 3 105 h entre 2009 et 2015) s’explique par le dynamisme démographique de la couronne périurbaine de Rodez qui a cru de +1,0 par an entre 2009 et 2014.

La mise en service progressive de la RN88 à 2 x 2 (vers Baraqueville-Naucelle mais aussi Laissac-Séverac-A75), ainsi que la modernisation des axes RD 840 (vers Decazeville) et RD 988-920 (vers Espalion) participent activement à cette évolution qui devrait s’accentuer au fur et à mesure de l’amélioration du réseau routier et du déploiement du très haut débit.

Avec 50 485 h, la croissance de l’unité urbaine de Rodez reste soutenue (+0,6%), comparable celle de Toulouse (+0,5%).

La plupart des communes de l’agglomération de Rodez connaissent une croissance sensible de leur population à l’exception notable de Rodez. Cette évolution devrait toutefois s’inverser à partir de 2018 avec la construction ces dernières années de très nombreux logements dans le quartier de Bourran et en centre-ville. L’expansion démographique de l’agglomération de Rodez devrait se poursuivre sur le même rythme au cours de la prochaine décennie.

Le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez

Si l’aire urbaine de Rodez est évaluée par l’INSEE à plus de 86 000 habitants, celle de l’agglomération actuelle de Rodez (8 communes) comptait environ 60 000 habitants en 2018. La croissance constante de sa population de l’ordre de 0,5% par an fait d’elle le principal pôle d’attractivité et de dynamisme du département.

La population municipale des principales villes de l’agglomération de Rodez (Rodez, Onet-le-Château, Luc-La Primaube, Olemps, Sébazac-Concourés, Druelle-Balsac, Sainte Radegonde et Le Monastère-sous-Rodez) au 31/12/2014 :

  • Rodez : 24 088 h (-0,2%) ; population totale de 27 747 h
  • Onet-le-Château : 11 944 h (+1.7%) ; population totale de 12 525 h
  • Luc-La Primaube :   5 918 h (+0,8%) ; population totale de 6 127 h
  • Olemps :  3 381 h (+0,3%) ; population totale de 3 474 h
  • Sébazac-Concourés :   3 235 h (+0,2%) ; population totale de 3 336 h
  • Druelle-Balsac :   3 081 h (+0,1%) ; population totale de 3 168 h

Les principales unités urbaines de l’Aveyron au sens de l’INSEE (population municipale au 01/01/2014) :

Rodez reste et de loin, la principale aire urbaine et agglomération du département et porte à elle seule l’essentiel de la croissance de la population. Millau, constitue la deuxième unité urbaine du département avec 23 652 h et se maintient avec une légère augmentation de sa population, toujours grâce aux communes périphériques.

Les autres unités urbaines ont tendance à voir leur population baisser (Decazeville, Villefranche-de-Rouergue) ou se stabiliser (Saint Affrique).

L’évolution des unités urbaines de

  • Rodez : 50 485 h (+0,5%)
  • Millau : 23 652 h (+0,1%)
  • Decazeville : 14 854 h (-1,3%)
  • Villefranche : 12 560 h (-0,5%)
  • Saint Affrique : 9 430 h (+0,1%)

Au vu de ces chiffres que confirment les dernières estimations de l’INSEE pour 2018, il apparaît clairement que l’agglomération de Rodez, par son attractivité, son dynamisme industriel et commercial et ses importants services, constitue plus que jamais pour le département de l’Aveyron une véritable métropole qu’équilibre.

 

Plus d’infos :

Légende :

  • Aire urbaine: Ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.
  • Unité urbaine: Elle repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. On appelle unité urbaine une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.
  • Communauté d’agglomération : Il s’agit d’un EPCI regroupant plusieurs communes formant, à la date de sa création, un ensemble de plus de 50 000 habitants d’un seul tenant et sans enclave autour d’une ou plusieurs communes centre de plus de 15 000 habitants. Ces communes s’associent au sein d’un espace de solidarité, en vue d’élaborer et conduire ensemble un projet commun de développement urbain et d’aménagement de leur territoire. Rodez agglomération est la seule communauté d’agglomération du département de l’Aveyron.

Diesel contre essence : démêler le vrai du faux

10 décembre 2018

Pendant des décennies, la France a favorisé les motorisations diesel en réduisant les taxes qu’elles supportaient par rapport aux autres carburants ; ce qui a encouragé les consommateurs à rouler en véhicules diesel. Cette différence est enfin en voie d’être gommée ces dernières années en raison de l’augmentation progressive des taxes sur le gazole.

Ce qui le ramène aujourd’hui son prix au niveau de celui des autres carburants. Cette évolution n’a rien d’anormal en soi, sachant que le gazole reste un véritable fléau en matière de santé publique, notamment du fait des véhicules anciens qui rejettent d’importantes de particules fines. Ces polluants très nocifs pour la santé sont à l’origine de près de 48 000 morts par an en France.

Les nouveaux moteurs diesel et essence

Depuis maintenant plus de 12 ans, à l’initiative du groupe PSA qui a été le pionnier en matière de filtre à particules (celui-ci élimine une grande partie des particules liées à la combustion du gazole), les véhicules diesels récents sont devenus beaucoup moins nocifs pour la santé, même si des particules les plus fines passent au travers. La généralisation du filtre à particule, qui a été rendu obligatoire pour les véhicules diesels dès 2009, a largement contribué à réduire la nocivité des véhicules diesel récents.

La polémique sur le diesel a pris de l’ampleur avec l’affaire du « dieselgate » en 2015. Il a ainsi été établi que nombre de constructeurs avaient mis en place des logiciels destinés à minimiser l’importance des rejets de polluants, notamment les grands constructeurs allemands dont les gros véhicules sont équipés de motorisations diesel. Ce qui a très largement participé à la campagne contre les véhicules diesels en Europe et à travers le monde. La perte de confiance des consommateurs a fait le reste.

Peu à peu, un nombre de plus en plus important d’automobilistes, aidés par l’augmentation des taxes sur le gazole, se sont progressivement tournés vers d’autres motorisations et notamment l’essence à injection directe. A tel point qu’à fin 2018, en France, les ventes de véhicules diesel ont chuté à environ 35% de part de marché contre plus de 70% il y a encore quelques années.

Face à la rapidité de ces changements de consommation, c’est l’ensemble de l’industrie automobile européenne et leurs sous-traitants qui sont aujourd’hui dans l’œil du cyclone et doivent se reconvertir au pas de charge, sous peine de disparaître. Qui aurait pu croire à une si rapide chute des motorisations diesel il y a encore 5 ans ?

L’agglomération de Rodez, qui accueille depuis 50 ans la plus importante unité de production française de Robert Bosch GmbH, spécialisée dans les systèmes d’injection diésel, doit aujourd’hui envisager sa nécessaire reconversion pour faire face à la chute des commandes.

Le « dieselgate » a accentué ces brusques changements et constitue un important défi à relever pour ces entreprises avec des dizaines de milliers d’emplois à la clef.

Les moteurs diesel récents pollueraient sensiblement moins que les moteurs essence à injection directe

Les inconvénients des motorisations diesels concernent principalement les véhicules anciens, de plus d’une douzaine d’année, qui ne disposent pas de filtre à particules. Le principe de précaution aurait voulu que l’on élimine progressivement ces véhicules très nocifs pour la santé et qui ont pour défaut d’avoir une durée de vie très longue. Afin d’accélérer la fin de vie de ces véhicules, le gouvernement propose des primes non négligeables pour la reprise de ces véhicules moyennant l’achat d’un petit véhicule peu polluant. Un premier pas salutaire mais un peu tardif sur un plan de la santé publique.

Aujourd’hui c’est l’ensemble de la filière diesel qui est pénalisée. Pourtant, les diesels sortis ces dernières années des chaînes de fabrication et notamment depuis 2009, sont nettement moins polluants que les anciens diesels en ce qui concerne le rejet de particules fines, avec la mise en œuvre des normes Euro 5 et aujourd’hui Euro 6. Ils émettent en effet beaucoup moins de particules, même s’il subsiste quelques-unes des plus fines et dangereuses, que la plupart des véhicules essence actuels, équipés de systèmes à injection directe (IDE).

Par ailleurs, pour être équitable, il est rappelé que tout véhicule terrestre, quelle que soit sa motorisation, émet nécessairement des particules autres que celles liées à l’échappement. C’est le cas des systèmes de freinage (abrasion des freins) et des pneumatiques lors du contact avec la chaussée, y compris les véhicules équipés de moteurs non thermiques.

Non seulement les véhicules diesels les plus récents (de moins de 10 ans) semblent avoir une empreinte polluante généralement moindre que les véhicules à essence à injection directe (IDE), mais depuis toujours, ils ont l’avantage d’émettre nettement moins de CO2 (15% à 20% de moins).

Est-ce qui explique que pour la première en 2017, les émissions moyennes de CO2 des véhicules neufs en France ont augmenté sensiblement ?

Le diesel bashing n’a en rien fait diminuer les émissions de CO2, ni aidé à préparer la transition écologique

Si le diesel bashing a largement modifié les habitudes des consommateurs, pour autant, il est bien difficile d’en mesurer les effets bénéfiques en matière de santé et d’émission de CO2.

Comment ne pas s’interroger sur la gouvernance de ces 10 dernières années, tant au niveau des pouvoirs-publics que des industriels de l’automobile européenne qui se sont avérés incapables de défendre leur industrie la plus importante et performante en termes d’emplois et de commerce international, alors même que l’on sait aujourd’hui que les moteurs diesel récents ne sont pas pire que les moteurs essence (IDE).

En attendant des avancées sur l’hybride et surtout l’électrique et l’hydrogène qui ne seront pas compétitifs avant un bon moment, pourquoi ne pas avoir soutenu durant une période transitoire les avancées sur les nouveaux diesels, moins émetteurs de CO2 mais aussi de rejets nocifs pour la santé que les nouveaux véhicules essence de type IDE ?

Paradoxe de cette affaire, après avoir investi massivement dans les moteurs diesel beaucoup moins polluants, en pure perte ou presque, les constructeurs automobiles sont aujourd’hui dans l’obligation de se lancer dans de lourds investissements dans les énergies du futur certes, mais aussi dans des moteurs essence émetteurs de davantage de CO2 que le diesel, les plus vendus actuellement.

A croire que le diesel bashing, né du truquage des normes anti-pollution des véhicules diesel par les grands noms de l’industrie automobile allemande, les a déstabilisés et convaincus de l’inutilité de ce combat ! Après les importantes pertes de ces dernières années par certains constructeurs automobiles, la priorité première semble être au rétablissement des marges, fortement mises à mal par cette affaire.

Les moteurs électriques ou à hydrogène seront-ils le nouvel eldorado promis en matière d’émission de pollution et de préservation de la planète ? On est en droit de s’interroger…

En attendant, l’urgence serait de retirer de la circulation les quelques 7 millions de véhicules diesel de plus de 10 ans, non équipés de filtres à particule qui vont polluer énormément durant des décennies encore. Dans ce domaine, le manque de courage face aux automobilistes pollueurs empêche toute évolution rapide. Pendant ce temps, des dizaines de milliers de français vont mourir annuellement dans les agglomérations, du seul fait de la pollution automobile. Mais cela, tout le monde s’en moque ! Les morts ne parlent pas encore…

Triste constat pour les européens et au final pour notre planète, qui voit ainsi les émissions de CO2 repartir à la hausse et celles de particules fines et autres NO2 se stabiliser à un niveau élevé, au détriment de la persistance d’un taux élevé de mortalité.

Plus d’information :

Diesel ou essence, le plus gros pollueur n’est pas forcément celui que vous croyez (Slate.fr)
Le vrai du faux sur la pollution des voitures diesel (Le Monde)


France : Un projet de réforme des régimes de retraites globalement équilibré

15 octobre 2018

Lors de la campagne pour l’élection présidentielle, Emmanuel Macron avait promis de réformer l’ensemble des régimes de retraites pour le fondre dans un régime universel, plus lisible et équitable. Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites désigné par le gouvernement, vient de présenter les grandes lignes de ce que devrait être le nouveau régime universel de retraite.

Bien entendu, il ne s’agit ici qu’une première ébauche du futur système voulu par le président de la République. Ce projet de réforme globale a fait l’objet de discussions soutenues avec les partenaires sociaux qui devraient se poursuivre dans les prochains mois. Il sera soumis au gouvernement dans le courant de l’an prochain qui présentera un projet de loi en ce sens, en vue de son adoption par le Parlement au plus tard fin 2019.

La réforme, à ce stade, ne prévoit pas de modification de l’âge départ à la retraite dés lors que les besoins de financement du système devraient s’équilibrer d’ici 2022. La modification de l’âge légal ne relève pas de la réforme car il s’agit là d’une question de gouvernance et de pilotage du régime qui est de la responsabilité du gouvernement. Par contre, le poids des pensions dans le PIB ne devra pas dépasser un maximum de 14%. Cependant, pour favoriser cet équilibre, Jean-Paul Delevoye prévoit d’instaurer « des règles d’or qui n’impactent pas les générations futures ».

Les grandes lignes du nouveau régime de retraite qui sera proposé au gouvernement :

Un système universel par répartition

Ce sera un système universel avec pour principe « mêmes carrières, mêmes revenus, mêmes cotisations, même retraites ». Le nouveau système fonctionnera par points et non plus par annuités et restera fondé sur la répartition comme aujourd’hui ; les actifs finançant les pensions des retraités. Bien entendu, il devrait intégrer les 42 différents régimes de retraite obligatoires qui existent aujourd’hui.

Une prise en compte de l’ensemble de la carrière et un régime adapté pour les indépendants

Dans le nouveau système, un euro cotisé vaudra les mêmes droits pour chacun ; ce qui signifie que chaque jour travaillé procurera des points. Ces derniers ont vocation à compenser les carrières heurtées en zig-zag ; ce qui devrait permettre de limiter les décotes générées par des carrières non linéaires. S’agissant des indépendants, alors que les salariés et fonctionnaires cotiseront de l’ordre de 28% pour les employeurs et assurés réunis, les indépendants bénéficieront d’un régime adapté en fonction de la profession et des revenus avec cependant le risque d’obtenir moins de points s’ils cotisent moins.

L’intégration des primes des fonctionnaires et des droits familiaux améliorés.

Les fonctionnaires et salariés des régimes spéciaux verront enfin l’intégralité de leurs primes prises en compte pour leurs droits à retraite, moyennant une augmentation de leur cotisation. Pour les foyers avec enfants, le nouveau régime sera également plus solidaire qu’avec le système des annuités, avec des points accordés pour chaque enfant, et ce dés le premier. De même, les aidants familiaux et notamment les quelques 3 millions de femmes qui arrêtent de travailler pour aider un proche malade ou âgé, devraient également bénéficier de cette solidarité.

Une pension minimum, un âge minimum inchangé et une prise en compte spécifique de certaines carrières ou métiers.

Si le mécanisme de minimum vieillesse devrait être maintenu, les français ayant travaillé toute leur vie durant à temps partiel ou avec des revenus modestes devraient bénéficier d’une pension minimale de l’ordre du SMIC. S’agissant de l’âge minimum de départ, il devrait, du moins dans l’immédiat, rester fixé à 62 ans même si dans les faits, il devrait approcher les 63 ans afin de limiter  les décotes pour certains. Le régime prévoit aussi la prise en compte de certaines spécificités : les carrières longues, la pénibilité, le handicap… dés lors qu’elles reposent sur des « différences objectives ».

Une préservation des droits acquis lors de la transition

Après concertation qui devrait s’étaler jusqu’à mi-2019, le gouvernement présentera son projet de loi au plus tard à l’automne 2019 pour une adoption avant la fin de cette même année. A partir de la publication de la loi, les assurés qui seront à moins de 5 ans de l’âge de départ à la retraite ne seront pas impactés par la réforme. Passé ce délai, les autres assurés basculeront automatiquement dans le nouveau système avec conservation de leurs droits acquis, convertis en points. A noter cependant que la transition vers le nouveau régime universel se fera progressivement sur 15 ans afin d’harmoniser les droits de chacun.

A ce stade, la plupart des spécialistes et des partenaires sociaux se montrent globalement satisfaits, même si des ajustements et précisions doivent être apportées sur certains points. Au final, le projet présenté par Jean-Paul Delevoye semble procéder d’une véritable réforme, équilibrée et crédible, même s’il paraît inévitable que l’âge légal de la retraite devra tôt ou tard être aligné sur la plupart des pays européens, notamment si l’on prend en compte le fait que l’espérance de vie est en France la plus élevée en Europe. Mais il s’agit là d’un autre débat qui ne modifie en rien le fonds de la réforme.

Plus d’infos : https://reforme-retraite.gouv.fr