France : en dépit des 800 000 manifestants contre le projet de loi de mariage pour tous, le gouvernement veut imposer son texte au plus vite

29 janvier 2013

Dimanche 13 janvier, avec prés de 800 000 personnes, Paris a probablement connu la plus grosse manifestation depuis plus de 30 ans.

Cette grande manifestation regroupant de nombreux courants de la société française et de toutes les couches sociales se voulait une démonstration de force contre le projet de loi prévoyant la possibilité de mariage pour les couples homosexuels qui devait être soumis au Parlement fin janvier par le gouvernement socialiste.

La mobilisation des opposants à ce projet a été à la hauteur des attentes des organisateurs qui n’en espéraient pas tant. Pour autant, cette démonstration de force n’a semble-t-il pas été suffisante pour faire reculer le gouvernement ou, tout au moins, faire en sorte qu’un véritable débat public s’instaure sur le sujet avant le dépôt d’un projet de loi qui paraît pour le moins précipité et mal ficelé.

Face à une telle mobilisation publique, s’agissant là d’un grand sujet de société pour lequel un grand nombre de français sont aujourd’hui inquiets et partagés, n’aurait-il pas été opportun et responsable pour le chef de l’Etat de différer le projet, au moins momentanément, comme la sagesse l’y aurait incité ?

Dimanche 27 janvier, à leur tour, les partisans du mariage pour tous ont arpenté les trottoirs parisiens pour soutenir le projet de loi du gouvernement qui doit être présenté la semaine suivante à l’Assemblée nationale. Même s’ils ont été moins nombreux, leur nombre a approché les 300 000 personnes.

Ce mardi 29 janvier, comme il s’y était engagé, le gouvernement de M. Ayrault a présenté son projet de loi devant l’Assemblée nationale et indiqué vouloir faire adopter son projet sous 15 jours, au plus. Voilà qui promet des nuits agitées au Parlement !

Dans le climat actuel de tension de part et d’autre, on peut légitimement s’interroger sur l’urgence à vouloir faire adopter une loi, à la va-vite, sans prendre le temps nécessaire au dialogue et à l’apaisement, alors même que la loi envisagée risque de bouleverser profondément notre société. Où est l’urgence dans ce dossier alors que M. Hollande dispose d’un mandat qui ne prendra fin qu’en 2017 ? Pourquoi prendre le risque de diviser profondément la société française en raison de l’impact qu’une telle loi risque d’avoir sur la vie quotidienne de nombreuses familles françaises et des enfants en particulier ?

Compte-tenu de l’ampleur et de la gravité de la crise économique qui frappe la France et qui va perdurer largement en 2013 et bien au-delà ; ce qui va imposer à un certain nombre de nos concitoyens d’importants sacrifices financiers, en quoi l’adoption au pas de charge du projet de loi instaurant le mariage homosexuel revêt une priorité ? En quoi cela va-t-il régler les problèmes actuels que rencontre notre pays ?

Dans un tel contexte où la priorité devrait être aux réformes économiques, sociales et fiscales, pourquoi ce gouvernement qui est parmi les plus impopulaires que le pays ait connu, tente-t-il d’imposer un vote du Parlement à la hâte, sur un sujet dont l’urgence n’est pas établie ? Serait-il à ce point incapable d’affronter les vrais problèmes du pays ? A moins qu’il ne soit à la recherche d’un projet de loi qui fédère son camp politique, aujourd’hui très divisé et au bord de l’implosion ?

Finalement, les socialistes français qui excellent habituellement à donner des leçons de tolérance et de démocratie, n’ont que faire de l’avis de nombreux français. L’essentiel pour ce gouvernement, c’est d’imposer sa propre idéologie aux français au mépris de leur avis, y compris sur des sujets fondamentaux qui engagent durablement l’avenir notre société.

Pas sûr que les français apprécient ce passage en force de Hollande et de son gouvernement. Si tel devait être le cas, on peut penser que cela ne fera que renforcer un peu plus la mobilisation d’une majorité de français qui y verront là l’occasion d’instaurer un rapport de force face à un président et un gouvernement aux abois. Ce qui risque de générer, à terme, une crise politique majeure à un moment où notre pays n’en a pas besoin.

Sans compter qu’une fois encore, le conseil constitutionnel sera l’arbitre. Trouvera-t-il à redire à cette nouvelle loi, votée dans la précipitation ?

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France : un an après l’arrivée de Free mobile, la guerre des prix fait rage dans la téléphonie mobile (2)

23 janvier 2013

Les opérateurs télécoms mobiles Orange, SFR et Bouygues Télécom proposent dorénavant à leur fidèles clients des offres parfois alléchantes, avec des débits « data » inégalés à très haut débits allant de 21 à 42 Mbits grâce à la technologie HSPA+, bien loin des 7 à 14 Mbits souvent proposés via les forfaits low-cost. Ce nouveau débit HSPA+ de 42 Mbits concerne environ 60% de la population à fin 2012 et devrait se généraliser progressivement courant 2013 chez ces 3 opérateurs. D’ores et déjà, chez ces derniers, la 4G/LTE avec un débit de 100 Mbits est opérationnelle depuis la fin 2012 dans quelques grandes villes du sud de la France telles Lyon, Marseille, Montpellier… avant de s’étendre progressivement, le tout moyennant un léger supplément de forfait.

S’agissant des tarifs des forfaits, ils restent globalement comparables à ceux pratiqués par Free Mobile, si l’on intègre le coût d’acquisition du mobile de l’ordre de 600 € pour un Samsung S3 ou Notes 2, Nokia Lumia 920 ou iPhone 5, qui sont habituellement offerts ou proposés à des tarifs modiques par les opérateurs historiques. De fait, un abonnement à 19.99 €/mois chez Free Mobile revient en moyenne à 50 €/mois avec mobile contre environ 45 € à 55 €/mois pour Orange, SFR ou Bouygues Télécom moyennant un engagement de 18 à 24 mois. Compte-tenu de la qualité et de la fiabilité de leur réseau qui couvre 99% du territoire en 3G+, 60% en HSPA+ (42 Mbits) et moins de 10% en 4G/LTE (100 Mbits) début 2013, les opérateurs historiques mettent en avant la qualité de l’assistance, l’existence de nombreuses boutiques… pour maintenir des tarifs globalement compétitifs qui devraient, à n’en pas douter, leur permettre de stopper le départ des nombreux abonnés. Au final, c’est le client qui est gagnant mais pour combien de temps ?

D’ores et déjà, la qualité du réseau Free Mobile n’est pas au rendez-vous, notamment dans la région parisienne et de nombreuses agglomérations françaises. Que ce soit sur son propre réseau certes encore limité ou sur celui en itinérance d’Orange, le débit data reste très inférieur à celui des 3 autres réseaux concurrents Orange, SFR et Bouygues-Télécom. C’est la raison pour laquelle l’association de consommateurs UFC-Que Choisir a récemment porté plainte contre Free Mobile. L’étude n’est pas tendre avec Free. Elle dénombre nombre de dysfonctionnements sur l’ensemble des usages data, mais aussi pour la consultation de vidéo, le téléchargement ou encore en streaming. A chaque mesure effectuée, Free s’en sort très mal et se trouve relégué fort loin des autres opérateurs.

S’agissant de sa couverture, Free Mobile reconnaît un retard dans le déploiement de ses antennes avec moins de 1800 en service contre 2500 prévues à fin décembre 2012. Pas sûr que dans ce dossier les « pigeons » soient ceux à qui pense Free !

Selon le dernier comparatif réalisé au niveau des opérateurs mobiles européens, après avoir fait partie des pays où les tarifs étaient dans la fourchette haute, la France propose début 2013 les prix les plus bas de tous les pays développés avec un tarif TTC moyen de 20 € / mois, contre 38 € au Royaume-Uni, 42 € en Italie, 50 € en Allemagne et 78 € aux USA. Si le consommateur est à priori gagnant, au moins dans l’immédiat, il n’est pas certain que les opérateurs mobiles français puissent poursuivre leur développement et maintenir le niveau d’investissement , notamment dans la 4G où la France a déjà beaucoup de retard. Il faudra bien qu’à un moment ou un autre les consommateurs passent à la caisse pour permettre le financement du réseau à très haut débit, comme dans les pays voisins.

Face à l’accroissement important de la consommation « data » et aux risques de saturation des réseaux actuels, la priorité des opérateurs français reste la construction du réseau 4G/LTE au plus vite. Il est donc inéluctable qu’après la baisse des tarifs sous la pression de l’arrivée du 4ème opérateur début 2012, le marché français du mobile revienne progressivement à des tarifs plus élevés afin d’assurer une meilleure rentabilité des opérateurs aujourd’hui fragilisés. La mise en service de la 4G/LTE devrait être l’occasion d’un ajustement des tarifs.

Les dernières offres des opérateurs mobiles, concurrentes du forfait proposé par Free Mobile à 19.99 €/mois, sans téléphone et sans engagement de durée (Attention : les tarifs communiqués sont indicatifs au 01/01/2013, et publiés sous toutes réserves / Le tarif est à valider préalablement auprès de l’opérateur concerné) :

  • B&You : Le forfait illimité 24h/24h est à 19.99 € TTC par mois. Les appels fixes (vers plus de 50 destinations) et mobiles (vers la France, les USA, le Canada et la Chine) sont illimités. Les SMS/MMS et Wifi sont également illimités et l’accès internet  comprend 3 Go par mois, avec débit réduit au-delà). Depuis novembre 2012, ce forfait low-cost de B&You est le seul à bénéficier d’un débit pouvant aller jusqu’à 42 Mbits pour la data.
  • Red de SFR :  Le forfait illimité 24h/24h de SFR est à 19.99 € TTC par mois (appels illimités tous opérateurs fixe vers plus de 50 destinations et mobile vers Europe, DOM et Amérique du nord, SMS/MMS et Wifi illimités et internet/mails (3 G+ / 14 Mbits)) limité à 3 Go, rechargeable au-delà.
  • Sosh : La formule comprend un forfait illimité 24h/24h vers fixes à destination des DOM et de l’Europe et mobiles avec SMS/MMS et Wifi et l’internet (3G+ /jusqu’à 14 Mbits) avec 2 Go par mois, débit réduit au-delà)) pour 19.90 € TTC par mois. Sosh propose également un deuxième forfait avec un débit jusqu’à 42 Mbits (HSPA+) au prix de 24.90 € / mois incluant 3 Go, avec débit réduit au-delà.
  • Joe Mobile : Le forfait illimité 24h/24h s’établit à 20 € TTC par mois (appels illimités tous opérateurs fixe et mobile, SMS/MMS et Wifi illimités et internet/mails (3 G+ / 14 Mbits)) limité à 3 Go, rechargeable au-delà.
  • Numéricable : Le forfait illimité 24h/24h est à 19.99 € TTC par mois (appels illimités tous opérateurs fixe et mobile, SMS/MMS et Wifi illimités et internet/mails (débit variable selon la ville)) limité à 3 Go, rechargeable au-delà.
  • Virgin Mobile : Le forfait illimité 24h/24h s’établit à 19.99 € TTC par mois (appels illimités tous opérateurs fixe et mobile, SMS/MMS et internet/mails (3 G+ / 14 Mbits)) limité à 3 Go, débit réduit au-delà.

A ces tarifs extrêmement bas, nul doute que certains opérateurs de type MVNO parmi les plus fragiles, sont voués à disparaître à brève échéance. Les négociations engagées entre SFR et Numéricable, puis avec Bouygues Télécom,  en vue d’une mutualisation de leurs réseaux respectifs, est la preuve que l’arrivée de Free Mobile, si elle a favorisé la concurrence et donc la baisse des tarifs dans un premier temps, ne sera pas sans conséquence à terme et entraînera nécessairement des fusions entre opérateurs, voire des rachats par des groupes étrangers et donc un réajustement des prix à la hausse. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si en ce mois de janvier 2013, les opérateurs téléphoniques historiques Vodafone, Orange, Deutsche Télécom, Télécom Italia et Téléfonica sont en passe de s’allier pour construire en commun un grand réseau mobile européen.

Quatre opérateurs mobiles pour le seuls marché français et autant dans les grands pays d’Europe est difficilement viable alors que les USA ou le Japon, disposent de 4 opérateurs pour six fois plus de population. La course à la taille critique pour survivre ne fait que commencer en Europe. Bien difficile de dire quels seront, à terme, les vrais gagnants de cette bataille du mobile en France. Pas sûr que le modèle économique de Free Mobile s’avère payant pour le consommateur à terme !


Grand Rodez : la grande opération de manipulation organisée par les élus de l’agglomération autour de la CFE

17 janvier 2013

La communauté d’agglomération du Grand Rodez vient de publier le 1er numéro de son nouveau magazine intitulé : « Inspirations communes ».

Probablement que les élus ont souhaité donner l’illusion que la communauté d’agglomération existe et travaille ! Pas sûr que les ruthénois soient dupes d’une agglomération qui depuis 2008 ne fonctionne plus, n’a plus de véritable projet, ni de vision globale de l’agglomération. Tout au plus, est-elle un simple regroupement de communes qui ont chacune leur politique propre, sans guère de soucier de l’intérêt communautaire et de l’avenir de l’agglomération.

Ce magazine apparaît avant tout un brin militant, fade et sans contenu consistant, finalement à l’image de l’actuelle agglomération, sans pilote et qui navigue à vue au fil des mois.

Un article intitulé : « Un fonds de soutien pour corriger une loi injuste » est à nouveau consacré à la CFE (cotisation foncière des entreprises) qui a fait tant débat ces derniers mois à Rodez.

Une nouvelle fois, les élus du Grand Rodez tentent de faire porter la responsabilité de l’augmentation du montant de la CFE à la réforme de la taxe professionnelle réalisée en 2010 à l’initiative de l’ancien président de la République. Plutôt que de prendre leurs responsabilités et de reconnaître leur erreur lors du vote en 2011 des bases minimum d’imposition relatives à la CFE de l’année 2012, décision qui avait abouti à porter celle-ci de 2 000 € à 6 000 €, soit la base d’imposition maximum pour les petites entreprises, les élus persistent dans l’erreur. Cette décision, adoptée à l’unanimité, avait d’ailleurs été prise en toute connaissance de cause puisque les élus avaient eu connaissance des bases d’impositions prévisionnelles et des variations qu’elles entraînaient selon les entreprises.

Conscient que certaines intercommunalités avaient pu adopter des bases minimales servant de base au calcul à la CFE des petites entreprises pour le moins excessives, le parlement a adopté courant décembre 2012 une loi permettant à ces dernières de revenir en arrière, en modifiant rétroactivement le montant des bases minimales à la baisse afin de neutraliser toute augmentation brutale. La date butoir pour revenir sur la CFE de 2012 a ainsi été fixée au 21 janvier 2013. Si de nombreuses collectivités françaises ont voté une délibération en ce sens, permettant une baisse importante de la CFE due pour l’année 2012, tel n’a pas été le cas de la communauté d’agglomération du Grand Rodez. Pour autant, voici quelques jours, la même collectivité a fait un geste pour la CFE 2013, en la ramenant à 4 000 € au lieu de 6 000 € en 2012. Mais rien pour 2012 au grand désespoir des petits commerçants.

Lors du dernier conseil d’agglomération de décembre, la majorité des élus a refusé de revenir sur cette augmentation de 2 000 € à 6 000 € de la base d’imposition de la CFE 2012, supportée par les petites entreprises. De fait, les élus ont accepté le principe d’une augmentation équivalente à plus du triplement du montant de la CFE due par les plus petites entreprises de l’agglomération. Au cœur d’une crise sans précédent qui voit la consommation des ménages baisser sensiblement, voilà qui ne manquera pas de mettre un peu plus en difficulté les petites entreprises les plus fragiles.

Ce choix politique, qui aboutit à une très forte augmentation des impôts locaux des plus petites entreprises au profit des plus grandes, les élus de l’agglomération devront l’assumer. N’en déplaise au président de l’agglomération et au maire de Rodez, leur responsabilité dans cette augmentation d’impôt est pleine et entière.

Elle est d’autant plus choquante que la plupart des collectivités ont accepté de revenir sur cette augmentation, alors que quelques jours plus tard, Christian Teyssèdre après avoir essuyé un échec en conseil d’agglomération, a fait voter par son conseil municipal de Rodez, une subvention complémentaire de 70 000 € à une association sportive, le SRA, dont les comptes présentent un passif très important et ne présentent pas toutes les garanties de sincérité permettant le sauvetage du club. Dans ce contexte, on peut comprendre le fort mécontentement des commerçants du Grand Rodez qui sont finalement les dindons de la farce. Encore des « pigeons » !

Revenons un instant sur la motion adoptée par le conseil d’agglomération fin décembre à propos de la CFE 2012 :

  • Mise en place d’un échelonnement du paiement de la cotisation de CFE pour 2012,
  • Création d’un fonds de compensation et de soutien aux petites entreprises artisanales ou commerciales dont la CA est compris entre 100 000 € et 500 000 €
  • Proposition d’un projet d’amendement déposé devant le Parlement afin de modifier la loi pour rendre la CFE plus équitable

Voilà qui ne manquerait pas de faire sourire si cette motion ne signifiait pas pour de nombreux petits commerçants une fin de non recevoir des élus et, probablement, des difficultés de trésorerie à prévoir, pour ne pas dire plus.

Rappelons au passage que l’échelonnement du paiement de la CFE est du seul et unique ressort des Finances publiques. Pourquoi s’attribuer une compétence que l’agglomération n’a pas ? D’autre part, aucun moyen de financement n’a été prévu pour alimenter un éventuel fonds de soutien, dont on ne sait strictement rien et qui n’a d’ailleurs probablement rien de bien légal. Enfin, comment peut-on laisser croire que les parlementaires vont accepter une proposition d’amendement de la CFE alors que le texte actuel laisse toute liberté aux élus locaux de lisser à leur guise les bases d’imposition des petites entreprises, y compris pour 2012 ? De qui se moque-t-on, sinon des contribuables ruthénois !

Il est vrai que dans l’art de l’enfumage et de la démagogie, les élus socialistes ruthénois et le maire de Rodez en particulier, sont passés maîtres. Plus c’est gros, plus çà passe, paraît-il ! Pas sûr que cela dure une éternité.

Si le montant de la CFE pour les petites entreprises a triplé sur le Grand Rodez en 2012, la responsabilité en incombe exclusivement aux élus ruthénois qui ont voté la base maximale autorisée en vue du calcul de la cotisation et qui, en outre, ont refusé de prendre une délibération permettant de revoir celle-ci à la baisse, comme cela leur était suggéré. Cela n’a pas échappé aux ruthénois qui apprécieront le moment venu. Rappelons qu’il paraît qu’un certain Christian Teyssèdre, maire de Rodez, se targue d’avoir fait baisser les impôts locaux à Rodez !!!


France : avec la nomination d’un proche à la tête du CSA, Hollande met l’audiovisuel sous influence et contredit ses engagements

14 janvier 2013

Olivier Schrameck, ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin alors Premier ministre, a été nommé le 9 janvier dernier, président du Conseil du supérieur de l’audiovisuel (CSA) par François Hollande. M. Schrameck, conseiller d’Etat, ancien ambassadeur de France à Madrid, va donc succéder à Michel Boyon à la tête du CSA fin janvier. Il a travaillé plusieurs années aux côtés de Lionel Jospin, d’abord au ministère de l’Education nationale (1988-1991) puis à Matignon (1997-2002). Il avait également siégé dans la commission sur la rénovation de la vie publique présidée par M. Jospin en 2012.

Cette nomination très politique n’a cependant pas choqué grand monde, mis à part certains élus de l’UMP ! Pas de scandale donc. Le choix de Hollande de nommer Schrameck à la présidence du CSA n’a pas suscité la moindre remarque chez les journalistes en charge de l’actualité télévisée, radios et autres médias. C’est peu dire alors que ces derniers avaient, dés 2007, suspecté Nicolas Sarkozy de vouloir mettre au pas l’audiovisuel public en y imposant ses amis… La désignation d’Olivier Schrameck a pourtant de quoi causer bien des migraines aux partisans d’une « République exemplaire » chère à un certain Hollande.

En choisissant Schrameck pour la présidence du CSA, Hollande qui doit une large part de son ascension politique à Jospin, place donc un de ses amis politiques. Ce qui paraissait anormal venant de  Sarkozy, semble tout à fait anodin, voire normal, s’agissant d’une nomination politique par Hollande. Eh oui, la normalité !

Un quotidien de gauche a toutefois eu le courage de s’étonner publiquement de cette nomination. Libération dans  un article daté du 10/01/2013 et rappelle certains engagements aujourd’hui oubliés : « Moi, président de la République, je n’aurai pas la prétention de nommer les directeurs des chaînes de télévision publique, je laisserai ça à des instances indépendantes ». Etait-elle belle l’anaphore télévisuelle déclamée par François Hollande face à un Nicolas Sarkozy … « Des instances indépendantes », ça faisait rêver. Et puis voilà que lui, président de la République, a nommé Olivier Schrameck à la tête du CSA, « l’instance indépendante ». Rien moins que celui qui fut le directeur de cabinet de Lionel Jospin à Matignon entre 1997 et 2002 ; plus même qu’un dircab, un quasi vice-Premier ministre qui prenait part à chaque réunion et mijotait chaque décision. Alors que Hollande avait fait de l’indépendance de l’audiovisuel public un argument de campagne scandé à chaque meeting, une telle nomination fait mauvais genre…

Et Libération de poursuivre : « Mais pas du tout, sommes-nous médisants. Sitôt l’annonce faite hier, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a sorti les rames : il ne s’agit «nullement d’une nomination politique. Vous verrez à l’épreuve des faits », a-t-elle lancé, « on ne peut pas faire de procès d’intention à M. Schrameck.» Et même que sa « compétence est reconnue ». Compétent, l’homme l’est certainement. Mais en matière d’audiovisuel, on ne voit pas. Peut-être a-t-il la télé ! Pour la première fois depuis sa création en 1989, le CSA – où se sont succédé Jacques Boutet (ancien patron de TF1), Hervé Bourges (ancien patron de la Une et de France Télévisions), Dominique Baudis (certes encarté à droite, mais journaliste) et Michel Boyon (qui avait été surtout dircab de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, mais avait tout de même dirigé Radio France) – sera présidé par un homme extérieur au sérail audiovisuel….

Finalement, à l’exception de Libération, une fois de plus, le petit monde journalistique français qui accusait un certain Nicolas Sarkozy de tous les maux et notamment de museler la presse, ferme les yeux face à une nomination très politique par la gauche à la tête du CSA, l’instance de contrôle et de régulation des médias. Il est vrai que l’immense majorité des journalistes ne brillent pas par leur indépendance et leur impartialité et ont trop souvent tendance à se comporter comme des militants, peu regardant vis à vis des politiques de gauche.

A qui les socialistes vont-ils faire croire que la nomination d’un patron de chaîne ou de radio par M. Schrameck, le nouveau président du CSA désigné par M. Hollande, serait un signe d’une plus grande indépendance des médias ? Au final, la nomination des responsables de chaînes publiques par le président de la République voulue par Nicolas Sarkozy présentait probablement la meilleure garantie d’indépendance et de transparence. Avec François Hollande, qui s’appuie sur des proches pour ces nominations, nous sommes bien loin d’une Républiques exemplaire !

Plus d’infos : http://www.atlantico.fr/decryptage/presidence-csa-quand-francois-hollande-nomme-amis-politiques-et-que-cela-ne-choque-personne-david-valence-601846.html#AiPZJ1QRXJH5mV08.99


France : un an après l’arrivée de Free mobile, la guerre des prix fait rage dans la téléphonie mobile (1)

10 janvier 2013

Depuis l’arrivée du 4ème opérateur mobile français en janvier 2012, la forte concurrence engendrée a généré une guerre tarifaire sans précédent en Europe, notamment en ce qui concerne le forfait de base, communications illimitées. Un an après, le prix de référence pour un forfait sans engagement de durée, proposant la téléphonie fixe et mobile en illimité, avec SMS/MMS/e-mails illimités, la TV et internet jusqu’à 3 Go par mois est au plus bas. Ce forfait mobile imposé par Free Mobile est proposé au tarif de 19.99 €/TTC par mois (15.99 € pour les abonnés Freebox) sans fourniture de mobile dont l’acquisition se fait alors au prix fort.

Dernier arrivé sur le marché du mobile français, Free Mobile se devait de frapper fort afin de pénétrer un marché verrouillé par les 3 autres opérateurs, quitte à voir ses marges réduites dans un premier temps. Un an plus tard, le nouvel entrant dispose dorénavant de plus de 4 millions de clients, même si certains sont titulaires d’un abonnement de 2 € ou 0 € par mois, peu rémunérateur. Le plus difficile reste maintenant devant, à savoir pérenniser les clients existants qui peuvent quitter l’opérateur à tout moment, développer sa base de clientèle, étendre au plus vite son propre réseau mobile 3G+ encore très limité et engager de lourds investissements nécessaires à la construction d’un véritable réseau national fiable et performant.

Si le lancement de Free Mobile a indiscutablement été un succès, tout reste à faire et le nouvel entrant n’a pas droit à l’erreur car placé sous l’œil du régulateur et de ses concurrents qui ne sont pas prêts à lui faire de cadeaux.

Les opérateurs en place : Orange, SFR et Bouygues Télécom avaient largement sous-estimé l’agressivité du nouvel opérateur qui d’entrée, a proposé un forfait très attractif au plan tarifaire. Ce qui a conduit nombre de leurs clients à les quitter vers ce nouvel opérateur, à priori plus compétitif surtout pour les gros consommateurs de téléphone et data. La surprise des opérateurs en place a été totale et ils ont mis beaucoup de temps à s’aligner sur ce nouveau forfait de référence à 20 € / mois sans engagement, avec téléphonie illimitée vers les fixes et mobiles, SMS/MMS/e-mails illimités et accès internet jusqu’à 3 Go par mois, d’autant plus que leurs propres clients sont habituellement engagés pour des durées de 12 ou 24 mois, moyennant le remplacement de leur mobile à prix compétitif.

Le modèle économique mis en place par le trio a ainsi volé en éclat et les marges se sont brutalement dégradées, sous la pression à la baisse des prix et le départ massif d’abonnés. Il s’en est suivi des ajustements importants en termes d’emplois notamment chez SFR et Bouygue-Télécom fondés sur un modèle avec de nombreuses boutiques fort couteuses, face à un opérateur low-cost qui ne fait que de la vente en ligne. Orange a été moins touché en raison du versement de l’ordre de 500 millions d’euros par an par Free Mobile au titre de la mise à disposition de son propre réseau, mais aussi en raison d’un départ progressifs des personnels les plus anciens à la retraite, sans le moindre licenciement.

Face à l’agressivité tarifaire du nouvel entrant, les opérateurs en place ont fini par créer leur propre opérateur low-cost (vente uniquement en ligne et assistance réduite) : Sosh (Orange), Red (SFR) et B&You (Bouygues-Télécom). Ces derniers proposent aujourd’hui des tarifs quasi-identiques et dans des conditions parfois plus favorables (qualité et fiabilité du réseau, débit proposé,…) à savoir : communications illimitées vers les fixes et mobiles, y compris vers certains pays étrangers, data jusqu’à 3 Go avec débit de 42 Mbits, abonnement sans durée d’engagement…

Même s’ils sortent affaiblis de la guerre des prix, les opérateurs historiques conservent encore de belles marges de manœuvres d’autant que Free se garde bien de publier le chiffre d‘affaires et les résultats de son activité mobile. Dorénavant en ordre de bataille pour affronter la concurrence de Free Mobile qu’ils attendent au tournant : fidélisation de la clientèle, fiabilité et performance du réseau, qualité de l’assistance et du service, coût de développement du réseau 3G+, mise en œuvre de la 4G, rentabilité par abonné…


Grand Rodez : la révolution tranquille de l’intercommunalité par Marc Censi

7 janvier 2013

Dans un ouvrage paru fin 2012, Marc Censi, ancien maire de Rodez et président de la communauté d’agglomération du Grand Rodez de 1983 à 2008, revient sur les 25 années passées à leur tête et qui ont permis à Rodez et son agglomération de connaître une très forte expansion jusqu’à aujourd’hui. Egalement président de la région Midi-Pyrénées de 1988 à 1998, Marc Censi a consacré l’essentiel de sa vie à défendre et promouvoir les intercommunalités, avec cette vision et obsession permanente de préparer l’avenir.

Son titre : « Rodez, la révolution tranquille de l’intercommunalité » est à lui seul tout un programme et consacre une action sans relâche au service des collectivités territoriales et de l’intercommunalité dont il a été l’un des pères fondateurs au niveau national. Il fonda et présida d’ailleurs l’assemblée des communautés de France (ADCF) jusqu’en 2008, aujourd’hui présidée par Daniel Delaveau, président de la communauté d’agglomération de Rennes-Métropole.

Rodez fût l’une des premières collectivités françaises à adhérer  à une intercommunalité. C’était en 1964 avec la création du district du Grand Rodez, qui devait devenir en décembre 1999, la communauté d’agglomération du Grand Rodez.

Si l’essentiel de son ouvrage est consacré à rappeler les longues étapes qui ont conduit à l’intercommunalité puis à la création des communautés d’agglomération d’aujourd’hui, il revient brièvement, avec la discrétion qui le caractérise, sur les quelques éléments de sa vie et le cheminement qui a été le sien jusqu’à son engagement au service de la collectivité.

Marc Censi revient longuement et passionnément sur l’aventure de l’intercommunalité au fil des décennies, notamment au sein de l’association des communautés de France qui aura été un outil puissant lui ayant permis de peser sur les grandes décisions en ce domaine. Pour autant, ce long combat lui laisse un petit goût amer, regrettant que l’intercommunalité ait été globalement ignorée durant prés de  vingt ans, à la fois par les élus et le législateur. Selon lui : « Trop de règlements ont rigidifié le système et lui ont enlevé de sa liberté ».

Le livre aborde longuement l’évolution de l’agglomération ruthénoise et les grands dossiers d’hier et d’aujourd’hui : la planification urbaine, la charte intercommunale, les deux contrats d’agglomération et les enjeux du futur contrat d’agglomération, le développement économique et notamment l’industrie touristique avec le musée Soulages, le schéma de circulation et des transports urbains au sein de l’agglomération et bien sûr la mise à 2 x 2 voies de la RN88 et le grand contournement de Rodez.

Des sujets que l’agglomération du Grand Rodez a permis d’ébaucher mais qui doivent aujourd’hui être concrétisés par les élus actuels. Ce qui est loin d’être acquit au vu des problèmes de gouvernance  de l’agglomération du Grand Rodez qui n’a plus de ligne directrice et dont les élus tendent à tirer la couverture au profit de leur commune, plutôt que d’œuvrer à de véritables projets d’intérêts communautaires qui préparent l’avenir. C’est le propre constat d’un certain nombre de délégués actuels de l’agglomération.

Même s’il a la pudeur de ne rien laisser paraître, nul doute que Marc Censi qui n’a eu de cesse d’œuvrer pour la construction d’une véritable communauté d’intérêts au sein de l’agglomération du Grand Rodez, doit aujourd’hui s’inquiéter des dérives de l’agglomération qui n’a plus de véritable projet structurant et qui tend à se transformer en un simple guichet permettant l’attribution de subventions pour de simples projets communaux. L’opposé de ce que doit être une communauté d’agglomération.

Un livre passionnant, même si un brin technique, qui rappelle le rôle essentiel de la communauté d’agglomération du Grand Rodez dans le développement présent et futur du Grand Rodez. Espérons que les élus de l’agglomération seront à la hauteur des enjeux et des légitimes ambitions du Grand Rodez et reviendront au plus vite à l’esprit de la communauté d’agglomération.