Aveyron : le maire de Rodez en campagne contre le Conseil général…

31 janvier 2011

Une fois de plus, M. Teyssedre cède à son péché mignon : la gesticulation médiatique. Après la lamentable série de règlements de compte à l’agglomération du Grand Rodez dans la presse locale de ce début janvier où les ruthénois ont pu découvrir une institution intercommunautaire au bord de l’implosion, voilà que le maire de Rodez s’en prend maintenant au Conseil général.

Il est vrai que le parti socialiste doit au plus vite effacer de la mémoire des électeurs ce bien triste épisode ruthénois. Comment ne pas redouter les effets désastreux des fortes tensions, entre les élus socialistes, autour du contrôle de l’agglomération et l’immobilisme qui en résulte depuis les élections de 2008 ? Si prés des élections cantonales où la gauche caresse l’espoir « d’emporter » le Conseil général de l’Aveyron dans son escarcelle (ce dernier bastion de la droite en Midi-Pyrénées qui les irrite tant), ces guéguerres quasi-permanentes entre socialistes ne sont pas du meilleur effet.

C’est d’autant plus vrai que le socialiste sortant du canton de Rodez-Est devra affronter plusieurs candidats sur sa gauche et qu’il aura en face de lui un candidat unique de la droite : Bernard Saules. Le danger est bien réel pour M. Bultel, d’autant que son bilan, à y regarder de prés, paraît bien maigre pour ne pas dire nul. Celui que la droite désigne sous le doux vocable de « Coucou » a donc quelques soucis à se faire pour assurer sa réélection. Aussi, ne manque-t-il pas une occasion de  bien figurer sur les photos diffusées dans la presse locale. Cela suffira-t-il à convaincre les électeurs ruthénois quelques peu fatigués par les facéties du maire de Rodez ?

Revenons à ce dernier. Plutôt que de s’occuper des dossiers ruthénois dont un certain nombre sont aujourd’hui bloqués ou bien mal en point : agglomération paralysée, chantier du foirail et musée Soulages stoppés, réaménagement du cœur de ville différé, asphyxie de la circulation automobile aux portes de la ville, grand contournement de Rodez en stand-by, transports urbains inadaptés, hôpital confronté à la plus grave crise de son histoire… Dans ce contexte, M. Teyssedre tente une nouvelle fois une opération de diversion pour cacher aux yeux des ruthénois les difficultés du moment et l’absence de véritable projet pour la ville et l’agglomération.

Ce denier accuse Jean-Claude Luche, président du Conseil général de laisser filer la dette en se lançant des investissements excessifs et, d’une manière générale, de se contenter de simples effets d’annonce à la veille des élections. Dans sa modestie légendaire, il n’hésite pas un instant à s’octroyer des qualités de bon gestionnaire au motif que la dette de Rodez aurait baissé de 15% en 3 ans alors que celle du Conseil général serait passée, dans le même laps de temps, de 52 millions d’euros à 155 millions d’euros en 2011. A son habitude, il n’hésite pas à balancer une série de chiffres pour le moins difficilement vérifiables. Sans être un expert financier, tout observateur attentif de la scène locale ne peut qu’être amusé par le caractère pour le moins abusif des comparaisons.

Si la ville de Rodez a vu sa dette baisser ces dernières années, elle le doit principalement à la seine gestion de l’équipe précédente qui n’avait pas eu un recours excessif à l’emprunt, contrairement à ce qu’il affirmait lorsqu’il était dans l’opposition. Elle le doit aussi, plus probablement, à l’immobilisme de sa politique depuis 3 ans à la tête de la ville. Les ruthénois n’ont d’ailleurs  pas manqué de s’interroger sur l’absence  d’investissements structurants au cours de cette période alors que l’on avait souvent reproché à l’équipe précédente une politique d’investissement à outrance. Enfin, la ville a vendu quelques bien immobiliers et autres bijoux de famille, pas toujours aux meilleures conditions ; ce qui a effectivement concouru à une diminution de la dette. Pour autant, peut-on parler ici d’une bonne gestion des finances locales ? Pas si sûr. D’ailleurs, au vu des importants investissements qui seront financés par l’emprunt dans les 3 années à venir, la dette ruthénoise va rapidement en prendre un coup et risque d’exploser, sans parler de possibles dérapages financiers sur certains projets en cours. De ce point de vue, le bilan de M. Teyssedre en 2014 pourrait être bien plus lourd que prévu. Patience !

S’agissant du Conseil général, les aveyronnais ont bien compris qu’au vu des retards importants pris au niveau de certaines infrastructures routières départementales et nationales, ce dernier n’avait guère le choix que de s’endetter pour faire face aux investissements indispensables (déviation de Pont-de-Salars, liaison Millau-A75, déviation de Curlande, participation au financement des travaux de mise aux normes autoroutières de la RN88 entre le viaduc du Viaur et Rodez ; demain, déviation d’Espalion, barreau de St Mayme…). Contrairement à Rodez, le Conseil général investit durablement pour préparer l’avenir et favoriser le développement économique de tout le département, tout en soutenant activement les entreprises du secteur des travaux publics. Certes, ces travaux sont très importants pour la collectivité, mais dans une économie mondialisée où la concurrence est permanente, il y avait urgence à réduire le retard pris au niveau des  infrastructures routières qui pénalisent l’économie aveyronnaise. C’est une question de survie. Au moment où l’Etat s’avère financièrement incapable d’assumer ses responsabilités dans ce domaine, le Conseil général n’avait d’autre alternative que d’accentuer ses investissements structurants. En cela, il est parfaitement dans son rôle. Reste à s’assurer que cette dette reste dans des normes supportable par la collectivité et qu’elle n’obère pas ses capacités d’emprunt à moyen terme. L’autre levier consiste à réduire drastiquement les dépenses de fonctionnement de l’institution départementale.

Au final, pendant que le Conseil général avance et investit pour préparer l’avenir, le maire de Rodez dont le bilan n’est pas très glorieux, persiste dans des gesticulations stériles et les attaques tous azimuts. Chacun l’aura compris. A moins de deux mois des prochaines élections cantonales où la gauche entend faire basculer la majorité du Conseil général dans son camp, tous les moyens sont bons pour appâter  l’électeur et lui laisser croire que seuls certains seraient mieux qualifiés pour gérer. De la part du maire de Rodez, passé maître dans l’art de l’enfumage et du tapage médiatique, nul doute que les électeurs feront preuve de la plus grande prudence.

Le réveil risque d’être plus douloureux que prévu pour certains.


Aveyron : la nouvelle CCI départementale opérationnelle

27 janvier 2011

Les 40 nouveaux membres de la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Aveyron ont été désignés en décembre 2010. Manuel Cantos en a été élu le président.

Ce chef d’entreprise reconnu dans le département, a également présidé le Tribunal de Commerce de Rodez durant de longues années. Fort de sa longue expérience et de sa parfaite connaissance du tissu économique aveyronnais, Manuel Cantos a officiellement pris les reines de la nouvelle CCI départementale en janvier 2011, regroupant les anciennes CCI de Rodez et de Millau. Les défis à relever par la nouvelle CCI sont nombreux pour préparer le département à affronter un futur incertain, dans un contexte économique pour le moins difficile. Au programme notamment : désenclavement routier (accélérer la RN88) et aérien (aéroport de Rodez), formation, assistance et services aux entreprises…

Le nouveau bureau de la CCI de l’Aveyron se compose de 18 membres désignés pour la mandature 2010 – 2015. Aux 40 membres titulaires élus, viennent s’ajouter 20 membres associés qui participeront activement aux réunions et travaux de l’institution, sans pour autant disposer de pouvoir décisionnel. Il s’agit de : Daniel Bessou, Gérard Boissins, Jean-Claude Cambournac, Lilian Cantos, Pierre Carayon, Guy de Nardi, Christine Galindo, Anne Labau-Cure, Jean Meyniel, Ludovic Montaudon, Philippe Panis, Cécile Pouget, Pierre Rigaldies, Patrick Roustan, Daniel Segonds, Romain Solanas, Jean Thomas, Claude Trullen et Béatrice Veyrac-Caunègre.

Au total, c’est une équipe de 60 membres qui sera également épaulée par de nombreux conseillers techniques qui pourront être appelés à donner leur avis dans les domaines économiques de leur compétence respective. L’ensemble des membres a été installé lors de la première assemblée générale ordinaire qui s’est tenue le 24 janvier 2010. La CCI de l’Aveyron est dorénavant en ordre de marche et nul doute que son nouveau président saura la mener à bon port, dans l’intérêt de l’ensemble de l’économie aveyronnaise qui ne manque pas d’atouts.

La CCI de l’Aveyron devra aussi compter sur la régionalisation des CCI et « peser » de tout son poids pour influer sur la CCIR Midi-Pyrénées. Pour ce faire, elle a élu 6 délégués régionaux chargés d’y représenter le département : Manuel Cantos (Président)  et Jean-Paul Bouyssou (Ruban Bleu) pour les services ; Bernard Dalmon (Défi 12), Jean-François Boyer (Lactalis) et Vincent Poncet (Edf) pour l’industrie et Benoît Bougerol (Maison du Livre) pour le commerce. Manuel Cantos a d’ores et déjà été élu vice-président de la CCI Régionale de Midi-Pyrénées.

Bon vent à la nouvelle CCI de l’Aveyron.

Plus d’infos :


France : Quand Manuel Valls relance le débat des 35 heures

24 janvier 2011

Les 35 heures, instaurées par Martine Aubry, ministre du Travail de Lionel Jospin en 2009, sont entrées en vigueur dés le 1er février 2000, dans la fonction publique et les entreprises de plus de 20 salariés. La durée hebdomadaire du travail en France est depuis lors passée de 39 h à 35 h alors qu’elle restait inchangée dans les autres pays d’Europe et du monde.

Plus de 10 ans plus tard, on peut en mesurer les effets. Si dans un premier temps les salariés y ont vu des avantages avec la possible récupération de jours de RTT, aujourd’hui, le résultat reste plus que mitigé : les importantes embauches promises n’ont pas été au rendez-vous, le passage aux 35 h a profondément désorganisé le travail dans les entreprises et les administrations et surtout, il a accru considérablement les tensions et la pression sociale sur l’ensemble des salariés. Au final, les études montrent que la seule catégorie gagnante a été celle des cadres qui ont vu leur temps de travail réduit avec la récupération de nombreuses journées de RTT.

Pour les administrations et les services publics, le résultat a été plutôt mauvais car les 35 h ont généré un bouleversement de l’organisation interne et l’embauche que nombreux agents supplémentaires, ce qui alourdit considérablement les coûts de fonctionnement et mis certains services publics en difficulté : hôpitaux, police… Du côté des entreprises, si elles se sont adaptées en embauchant, elles ont assisté impuissantes à l’augmentation de leurs coûts salariaux et donc de leurs coût de revient. Du coup, leur compétitivité à l’égard de leurs concurrents a chuté au moment où certains pays émergeants tels la Chine et l’Inde faisaient une entrée fracassante sur le marché mondial en cassant les prix.

Que cela plaise ou non, la généralisation des 35 h en France a constitué un sérieux handicap pour l’économie française alors que notre principal concurrent, l’Allemagne, s’engageait dans une politique de compétitivité avec une modération des augmentations salariales. De ce point de vue, le décrochage entre la France et l’Allemagne a été accéléré par les 35 h ; d’où aujourd’hui un différentiel de croissance croissant en faveur de l’Allemagne. Le consensus des analystes et experts économiques partage largement cette opinion.

Depuis 2001, de nombreuses lois sont venues atténuer les effets économiques désastreux des 35 h dont les dernières en 2008, à tel point qu’on peut affirmer que le dispositif aujourd’hui en vigueur n’a plus rien à voir avec la loi initiale. Pour autant, ces diverses mesures ont aujourd’hui un coût direct (allégements des charges sociales des entreprises, exonération des heures supplémentaires…) de l’ordre de 22 milliards d’euros par an ; ce qui en ces temps de restrictions budgétaires, constitue une charge très lourde pour le budget de l’Etat. N’est-il pas temps de se demander s’il ne faut pas revoir ce qu’il reste du dispositif des 35 heures afin de rendre notre économie plus compétitive ?

Du côté du gouvernement de François Fillon, compte-tenu des dernières mesures de détricotage des 35 h, on se montre peu enclin à revenir sur un sujet ô combien sensible pour les français. Xavier Bertrand, le ministre du Travail s’est dit hostile à toute réforme qui aboutirait à faire travailler davantage les salariés pour un salaire identique. Selon le président de la République : « Les 35 heures uniformes et obligatoires n’existent plus. » Nicolas Sarkozy lors de ses vœux aux organisations syndicales a cependant écarté un éventuel changement de la durée hebdomadaire de travail. Il a toutefois appelé à une réflexion « sans tabou » sur le sujet. Du côté des entreprises, ce semble être le même son de cloche. Pas question d’y toucher. Elles se sont adaptées et organisées en fonction de la durée légale de 35 h et semblent aujourd’hui se satisfaire du dernier dispositif d’atténuation mis en place en 2008 par le gouvernement Fillon.

C’est dans ce contexte, qu’en ce début d’année 2011, Manuel Valls, candidat aux primaires socialistes en vue de l’élection présidentielle de 2012, a relancé le débat des 35 heures en déclarant qu’il fallait aujourd’hui « déverrouiller » les 35 heures, dites loi Aubry, votée en 2000 par le gouvernement de Lionel Jospin. Selon lui : « Ceux qui ont la chance d’avoir un emploi doivent pouvoir travailler deux ou trois heures de plus, sans avoir forcément recours aux heures supplémentaires qui ont beaucoup couté à l’Etat. » Un beau pavé dans la marre qui n’a pas manqué de faire des vagues au sein du parti socialiste et de la gauche, arcboutés sur un acquit qui n’en est plus un en 2011 et qui a coûté fort cher à la France en termes financiers, d’emplois et de compétitivité perdus. Les réactions à gauche ont été très virulentes, preuve que les vielles idéologies ne sont pas mortes.

Reconnaissons à Manuel Valls le courage et le mérite d’avoir abordé cette épineuse question et de l’avoir portée sur la place publique. C’est aussi la preuve que le débat politique est aujourd’hui difficile à l’intérieur même du parti socialiste. Ce dernier est en effet plus occupé par ses querelles intestines et les calculs politiciens liés à la stratégie à mener face au gouvernement et aux humeurs des français  que par les problèmes de fond qui minent notre pays et qui devront nécessairement être au cœur du débat présidentiel. Manuel Valls apparaît comme un candidat moderne et responsable qui se démarque des positions traditionnellement frileuses du parti socialiste. Nul doute que les français ne s’y seront pas trompés et qu’ils vont suivre avec beaucoup d’attention le parcours présidentiel du maire et député d’Evry. Et si un vent nouveau soufflait au sein de la gauche modérée et moderne permettait enfin l’éclosion d’un parti social démocrate ?

En raison de son coût exorbitant pour les finances publiques largement menacées, les 35 heures, et tout du moins ce qu’il en reste, seront nécessairement à l’ordre du jour de la campagne présidentielle 2012 et peut-être de 2017.

Le blog de Manuel Valls : http://www.valls.fr


Rodez : un budget 2011 record mais beaucoup d’incertitudes sur l’avenir (2)

20 janvier 2011

S’agissant du niveau d’investissement de la ville de Rodez, il convient de rappeler certaines réalités qui semblent avoir échappé à certains. Jusqu’en 2008, le projet d’aménagement du foirail, qu’il s’agisse du musée Soulages, du multiplexe de cinéma et du palais des congrès étaient financés par la communauté d’agglomération en raison de la nature même de ces équipements structurants pour l’ensemble du Grand Rodez. 3 ans plus tard, seul le musée Soulages est aujourd’hui financé par l’agglomération et ses divers partenaires (Etat, Région et Conseil général).

Les changements intervenus dans le projet initial à l’initiative de la ville de Rodez, notamment du fait de dissensions politiques, font qu’aujourd’hui le palais des congrès, devenu une simple salle des fêtes pour la modique somme de 4.3 millions d’euros (c’est le projet le plus couteux qui a été retenu) et le multiplexe de cinéma (8 millions d’euros) sont aujourd’hui financés par la ville de Rodez. Si l’on ajoute le coût du parking souterrain de plus de 8 millions d’euros, c’est à terme un budget d’investissement de plus de 20 millions d’euros à la charge de la ville. Reste à espérer que ces importants chantiers ne feront pas l’objet de surcoûts et que les frais de fonctionnement qui vont en résulter seront maitrisés et supportables par la ville. C’est loin d’être gagné !

S’agissant des dépenses en général, comment ne pas douter de la capacité de la municipalité à les maitriser. On pourrait aussi s’interroger sérieusement sur les prix d’acquisitions de certains immeubles ou terrains, parfois peu en rapport avec les prix habituels du marché comme cela semble avoir été le cas pour le terrain de la future école de Bourran, pourtant d’une superficie modeste et fort mal situé, en bordure d’un boulevard urbain très fréquenté. Et que dire du bail emphytéotique consenti généreusement par la municipalité à la société Cap Cinéma, l’exploitant du futur multiplexe de cinéma de Rodez ? Outre un loyer à priori modeste au regard des investissements, le bail prévoit une baisse substantielle de celui-ci en cas où la fréquentation serait inférieure à 250 000 entrées. Sans oublier l’avantage supplémentaire gracieusement consenti à ce même exploitant par la municipalité de prés de 180 places gratuites dans le futur parking souterrain de 450 places !

Au dire de M. Teyssedre lui-même, ces conditions résultent de longues et difficiles négociations avec l’exploitant (on veut bien le croire puisqu’il a fallu prés de 3 ans) et tiennent compte du fait qu’un tel équipement est habituellement réalisé en périphérie où les places de parkings sont gratuites. De là à penser que l’exploitant, en position de force face à la municipalité en raison de l’existence d’un projet concurrent, a imposé ses conditions, il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir. Encore une guéguerre locale qui risque de coûter cher aux contribuables ruthénois. Ils pourront toujours se consoler (les contribuables du piton) en allant au cinéma, histoire de rentabiliser les places de parkings gratuites, pour peu que les cinéphiles des communes alentours ne les squattent pas régulièrement ! A ces conditions, les ruthénois bénéficieront-ils de tarifs privilégiés pour leurs places de cinéma ?

Au final, c’est la capacité d’investissement et d’emprunt de la ville à moyen terme qui risque d’être mise à mal, d’autant qu’en ces temps de crise économique et budgétaire, les ressources de la commune ne peuvent progresser. A terme, cela risque de se traduire par une inévitable augmentation de la fiscalité locale à Rodez à partir de 2014. On risque d’être bien loin de la modeste et fantaisiste baisse annoncée de 1% du taux de la taxe d’habitation qui n’a d’ailleurs bénéficié qu’à quelques-uns. Dans ce contexte, difficile de se féliciter d’un haut niveau d’investissement de la ville de Rodez si ces derniers s’avèrent partiellement inadaptés et excessifs et ne permettent pas une maitrise des dépenses de fonctionnement à moyen et long terme, avec un véritable retour sur investissements pour les années à venir. Sans oublier la dette qui risque d’exploser !

Loin d’être rassurant, le niveau actuel d’investissement de la ville de Rodez n’est-il pas inquiétant pour demain ? Un jour prochain, nul doute que la brume rose qui couvre régulièrement le piton depuis 2008, s’estompera et permettra enfin aux ruthénois de découvrir que la réalité est toute autre que celle annoncée. Gageons qu’il ne sera pas trop tard !


Rodez : un budget 2011 record mais beaucoup d’incertitudes sur l’avenir (1)

17 janvier 2011

Lors du dernier Conseil municipal du 17 décembre 2010, le maire de Rodez s’est félicité de l’ampleur du budget 2011 (73 millions d’euros avec les budgets annexes), le plus important jamais adopté par la ville. Le budget d’investissements s’établit à 32 millions d’euros, dont plus de 15 millions d’euros financés par l’emprunt. Selon M. Teyssedre, ce budget marquerait une stabilisation des coûts de fonctionnement.

Même si on peut avoir quelques doutes connaissant le personnage et sa propension à  « balancer » des chiffres plus invraisemblables les uns que les autres, (ce n’est pas parce que quelques dépenses baissent ici et là que d’autres n’augmentent pas, bien au contraire : voir certaines embauches par exemple…), on veut bien lui accorder momentanément ce maigre satisfecit qui n’engage que lui. Tout dépend en effet de ce que l’on entend par dépenses de fonctionnement, sachant qu’il ne sert à rien de maitriser celles-ci si les décisions prises par ailleurs génèrent d’importants surcoûts de fonctionnement du fait de certains investissements mal maitrisés ou couteux. Verdict dans quelques années !

Revenons aux investissements de 32 millions d’euros prévus en 2011. On peut tout d’abord s’inquiéter du montant de ces investissements, financés à prés de 50% par l’emprunt et donc par l’accroissement de la dette. Encore faudrait-il que ces investissements s’inscrivent dans un schéma cohérent, visant à améliorer et compléter les équipements existants, en participant activement au dynamisme et à l’attractivité de la ville. En d’autres termes, qu’ils soient vraiment nécessaires et utiles à la collectivité dans son ensemble et que leur financement relève de la ville de Rodez et non de l’agglomération. Enfin, la mise en service de certains de ces investissements (parking, salle des fêtes, maison des associations…) va immanquablement se traduire par de nouvelles charges de fonctionnement non maîtrisées et qui risquent de dériver rapidement. Ce que n’a pas manque de relever fort justement Mme Régine Taussat, conseiller municipal d’opposition.

En jetant un œil attentif aux investissements prévus, on constate un véritable saupoudrage autour de travaux plus ou moins importants et hétéroclites, dont on a parfois du mal à percevoir l’intérêt et la cohérence avec les équipements existants. Finalement, on investit pour investir en privilégiant certains équipements  davantage motivés par des raisons bassement politiciennes que par leur intérêt pour la collectivité. On peut ainsi s’interroger sur le coût prévisionnel de réaménagement de la place d’Armes (estimé à prés de 2 millions d’euros) qui n’est certainement pas la priorité des ruthénois, sur celui de la maison des associations pour une somme très proche ou sur la réalisation de deux écoles primaires là où une seule aurait suffit au vu de l’évolution des effectifs…

A l’inverse, on ne peut que regretter que les projets porteur d’attractivité et d’avenir pour la ville, comme les aménagements piétonniers tel le grand projet « Cité, cœur de ville » soient largement amputés et que le réaménagement de la place Foch et de ses alentours ait carrément disparu des cartons. Une fois encore, sur ces deux sites, la réalisation de parkings automobiles semble être la priorité de la municipalité. Curieuse manière de rendre le centre-ville attractif ! Aux côtés des nécessaires travaux du foirail, le réaménagement du centre historique semble aujourd’hui le parent pauvre des investissements.

Manifestement, le commerce du centre-ville n’a pas fini de souffrir !


Grand Rodez : l’agglomération au bord de l’implosion ? (2)

12 janvier 2011

Depuis plusieurs mois, les tensions entre certains élus prenaient de l’ampleur au sein de l’agglomération.

Début janvier 2011, cinq maires (Sébazac-Concourés, Olemps, Druelle, Ste Radegonde, Le Monastère) sur huit, représentant les plus « petites » communes de l’agglomération, sont montés au créneau pour dénoncer le dictat du maire de Rodez et de ses nouveaux associés, les maires d’Onet-le-Château et de Luc-La Primaube. Ces « petites » communes trouvent en effet  « insupportable que certains veuillent gérer l’agglomération à trois ».  Ils parlent de «têtes enflées, de donneurs de leçons… » et rappellent qu’ils sont loin d’avoir «… délégué leur droit et leur liberté de penser aux trois autres… ».  Et d’asséner : « Les attitudes irrespectueuses et irresponsables de ces trois cerveaux nuisent au bon fonctionnement du Grand Rodez et de ses services ». En effet, ces derniers temps, les maires de Rodez, Onet et Luc-La Primaube se rencontrent régulièrement, hors les instances officielles de l’agglomération, pour évoquer en tête à tête, les dossiers et l’avenir de la collectivité. Bien étrange fonctionnement pour le moins peu démocratique et opaque. On comprend que les élus tenus à l’écart soient fortement mécontents. A quoi sert l’agglomération du Grand Rodez s’ils n’ont pas leur mot à dire ?

Cette rébellion ne pouvait laisser M. Teyssedre sans réagi qui affirme tout simplement que les maires se trompent et qu’en toute hypothèse, de gré ou de force, l’agglomération doit avancer. Selon le maire de Rodez : « L’agglomération n’a pas vocation à faire des giratoires ou à financer la pose d’un peu de goudron.» Il rappelle que les communes de Rodez, Onet et Luc-La Primaube représentent 31 des 45 conseillers du Grand Rodez et qu’à ce titre, il convient aussi de respecter la majorité. Bonjour l’ambiance et les projets d’avenir commun ! Au cas où les choses ne seraient pas claires, il réaffirme la volonté des trois maires de se coordonner, même si cela en agace certains. Et de terminer : « A présent, nous allons imposer le rythme… » Va-t-il aller jusqu’à contraindre à la démission le président de l’agglomération qu’il avait lui-même mis en place pour mieux la contrôler ?

Une fois de plus M. Teyssedre montre son grand mépris pour la démocratie et sa volonté de s’imposer par la force à celles et ceux qui ne partagent pas ses vues. C’est hélas ainsi que les choses se font au conseil municipal de Rodez et on en connaît les tristes résultats. A l’agglomération, de telles pratiques sont suicidaires et nuisent gravement à son développement et donc à l’ensemble du Grand Rodez. Une fois encore, M. Teyssedre se place en donneur de leçon. Venant de lui, c’est un peu fort de café. Les habitants de Rodez peuvent constater qu’après 3 ans de mandat, il ne s’est toujours pas passé grand-chose dans leur ville et beaucoup d’inquiétudes demeurent sur l’avenir. A part quelques places de parkings et beaucoup de bitume pour satisfaire les automobilistes (pour les carrefours saturés de St Eloi et Calcomier, on attend toujours), M. Teyssedre est très mal placé pour donner des leçons aux autres. Il serait mieux inspiré de se pencher sérieusement sur sa propre ville qui est aujourd’hui mise à mal par son incapacité de prendre les décisions qui s’imposent.

La situation de blocage de l’agglomération du Grand Rodez est maintenant régulièrement mise au jour par les élus eux-mêmes, impuissants et médusés d’en être arrivés là. Ainsi va la vie au sein de l’agglomération du Grand Rodez début 2011 ; ce qui n’est guère encourageant après trois ans d’immobilisme. Nous sommes bien loin de l’esprit et des règles de fonctionnement qui faisaient la force de l’agglomération jusqu’en 2008 : collaboration étroite entre les communes, larges concertation sur tous les grands dossiers, décisions prises collectivement et le plus souvent à l’unanimité, définition d’un véritable projet structurant pour l’agglomération, absence de querelles politiciennes au sein de l’agglo…  Cette situation de pilotage à vue de Rodez et de l’agglomération bloque tout développement à moyen et long terme.

Au train où vont les choses, c’est l’implosion qui guette la communauté d’agglomération qui traverse aujourd’hui la plus grave crise de sa longue histoire. Au vu des problèmes rencontrés, on aimerait entendre le premier concerné : M. Mouly, le président de l’agglomération.

L’institution communautaire semble aujourd’hui à la dérive. Comment ne pas comprendre l’incompréhension et le désarroi d’une majorité d’élus de l’agglomération alors que pendant plus de 30 ans, le Grand Rodez a été fer de lance du développement de l’agglomération et avait fonctionné en parfaite harmonie entre les diverses communes, grandes et petites, par delà les tendances politiques. Après ces 3 années perdues, le temps est venu pour l’agglomération de se mettre au travail et se préparer aux nombreux défis de demain (transports urbains, plan global de déplacements, aménagements routiers en périphérie de la ville…). Le temps presse.


Grand Rodez : l’agglomération au bord de l’implosion ? (1)

10 janvier 2011

L’agglomération du Grand Rodez a été durant de longues années le fer de lance de la ville de Rodez et de la région ruthénoise. Depuis trois ans, on ne peut pas en dire autant. L’élection de M. Mouly, président mis en place par le maire de Rodez lui-même en 2008, résultait d’un simple calcul politique qui ne préfigurait rien de bon pour l’avenir de l’agglomération. Alors que pour être efficace, l’agglomération devrait  être une instance de cohésion, de compromis et de convergence entre les diverses communes qui la compose, c’est l’inverse qui s’est produit. Le maire de Rodez tente régulièrement d’y imposer ses vues en défendant d’abord les intérêts de sa ville. Résultat : la communauté d’agglomération souffre de nombreux blocages et s’avère incapable d’avancer hors la poursuite d’actions décidées par l’équipe précédente.

Voici quelques mois, l’un des vice-présidents de l’agglomération qui a aujourd’hui rejoint le camp du maire de Rodez, son ennemi d’hier, déclarait dans l’hebdomadaire « Le Ruthénois » à propos du fonctionnement et des projets de l’agglomération : « Une communauté d’agglomération s’organise à travers la notions d’intérêt communautaire… L’agglo ne doit pas être un endroit où l’on vient servir ses intérêts. L’agglo tourne bien quand les décisions sont collégiales aux huit communes, pas quand elles sont prises après un rapport de force… Aujourd’hui, en matière d’investissements, nous exécutons les projets du mandat précédent de l’équipe Censi… ». A propos de la stratégie de développement de l’agglomération, il assénait : « On ne fait que gérer les décisions du mandat précédent. On ne prépare pas l’avenir… Nous sommes à mi-mandat et la stratégie du Grand Rodez est un électro-encéphalogramme plat… ». Voilà un verdict sans appel !

En 2011, à lui seul, le budget de l’agglomération pèse environ 100 millions d’euros (60 000 habitants), contre moins de 70 millions pour celui de la ville de Rodez (24 000 habitants). Peut-on durablement la piloter à vue, au jour le jour, sans mettre en cause son avenir ?  Peut-on assurer son développement, sans réel projet global et cohérant ? Pense-t-on pouvoir construire l’avenir de l’agglomération en entretenant les tensions entre les élus et les communes concernés ?

Jamais depuis sa création, le Grand Rodez n’avait connu une telle inertie, bien que sur un plan politique, la majorité des communes soient aujourd’hui de même sensibilité politique, comme à Rodez. Un certain nombre d’élus actuels, y compris à gauche, en sont à regretter le fonctionnement passé et les avancées réalisées dans le souci du respect des spécificités de chaque commune et de l’intérêt général. Dorénavant, les tensions et autres querelles entre élus l’emportent à tout propos, lors des débats au sein du Grand Rodez mais aussi hors de l’enceinte. Un grand pas en arrière largement imputable à l’attitude hégémonique du maire de Rodez et à quelques communes importantes face aux autres qui souhaiteraient instaurer un véritable débat démocratique et une plus grande transparence sur les grands sujets qui engagent l’avenir de l’agglomération.

M. Teyssedre semble aujourd’hui mettre en cause le président de l’agglomération. Pourtant, qui a favorisé l’élection de ce dernier (largement élu avec plus de 38 voix sur 45) si ce n’est M. Teyssedre lui-même ? Qui détient aujourd’hui une large majorité au conseil d’agglomération, si ce n’est Rodez et Onet-le-Château ? Si aujourd’hui la communauté d’agglomération ne fonctionne pas et fait du sur place, à qui la faute ? Qu’ont fait ses élus pour éviter l’enlisement ? Rien ! Comme toujours, M. Teyssedre est expert dans l’art du camouflage et de la vindicte. Pour lui, sa seule défense reste l’attaque encore et toujours pour créer des écrans de fumée et faire reposer sur les autres ses propres erreurs ou insuffisances.

Il n’est un secret pour personne que le maire de Rodez tente aujourd’hui un hold-up sur l’agglomération et prend ainsi le risque de la faire imploser.  Nous sommes bien loin du projet d’extension de l’agglomération que M. Teyssèdre, lorsqu’il était candidat aux élections municipales de 2008, se faisait fort de mettre en place pour renforcer la collectivité. Encore une promesse de plus qui tombe à l’eau !