France : Le faux pas du président Macron avec le général De Villiers

24 juillet 2017

Depuis son élection en mai dernier, tout le monde s’accordait à dire que le président Emmanuel Macron avait réalisé un début de mandat sans-faute, avec une communication totalement maîtrisée.

A la veille du 14 juillet, les français ont pu découvrir, non sans une certaine surprise, une autre facette du président. Ce dernier a directement mis en cause le chef d’État-Major des armées qui, selon lui, se serait livré publiquement à des critiques à l’encontre du gouvernement, et indirectement au chef de l’État, en réponse aux mesures d’économies budgétaires de 850 millions d’euros annoncées quelques jours plus tôt.

Le chef de l’Etat s’est livré publiquement à une admonestation en bonne et due forme du chef d’État-Major des armées, le général 5 étoiles Pierre De Villiers. Devant un parterre d’officiers supérieurs de l’armée, il a affirmé que les propos tenus en public par le général n’étaient pas acceptables, rappelant qu’en la matière, lui seul en tant que chef des armées, était maître à bord… Pour faire simple : « Le chef, c’est moi ! ».

Après 5 années de laisser aller à la tête de l’État français, cette forme d’autoritarisme a d’autant plus stupéfait les français que depuis son élection, le président n’avait eu de cesse d’adresser des signes de respect envers les forces armées.

Cette admonestation publique du général De Villiers, un homme au parcours exemplaire à la personnalité forte, par le chef de l’Etat paraît d’autant moins acceptable à une majorité de français que les propos incriminés ont été tenus devant la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale, exclusivement composée d’élus de la nation. Qu’y-a-t-il de plus normal que le responsable en chef des armées, dont les forces sont engagées dans de nombreuses opérations militaires difficiles, ne mette en garde les plus hauts responsables de l’État face au manque cruel de moyens de l’armée sur le terrain que les dernières restrictions budgétaires ne vont faire qu’accentuer ?

Peut-on dans ces conditions, sans mettre gravement en péril la vie des militaires sur le terrain, continuer à intervenir aux quatre coins de la planète ? Assurément non. Au cas particulier, le général Pierre De Villiers n’a fait que son travail, même si cela a déplu au président. Au demeurant, si désaccord il y avait, pourquoi l’avoir reconduit dans ses fonctions pour le forcer à la démission quelques semaines plus tard ?

Comment en effet, le chef d’État-Major des armées, pourrait-il conserver sa crédibilité en acceptant   sans broncher une amputation aussi importante de son budget alors que les opérations extérieures demandées par le chef de l’État ne cessent de s’amplifier et de grever le budget des armées ? Si nul ne conteste la nécessité de réduire les dépenses publiques, pourquoi en faire porter l’essentiel (prés de 1/5) aux seules forces armées dont on connaît le dénuement ?

Rappelons tout de même que le ministère de la Défense à qui on demande sans cesse de nouvelles interventions sur les divers théâtres d’opérations militaires, a vu la part de son budget passer de 2,5 % du PIB en 2010 à 1,8 % aujourd’hui ! Difficile dans ces conditions de disposer d’une armée opérationnelle et performante. De ce seul point de vue, les propos du général De Villiers devant les parlementaires étaient pleinement fondés.

Lors de la campagne présidentielle, le candidat Emmanuel Macron ne s’est-il pas engagé à porter ce même budget de la défense à 2 % du PIB en 2025 ? Drôle d’attitude pour qui veut augmenter le budget de la Défense de commencer par le baisser au moment où les tensions internationales sont au plus haut. Pourquoi de telles contradictions dans le discours alors que le niveau idéal pour maintenir une défense opérationnelle, crédible et performante exigerait de revenir au plus vite à un budget de l’ordre de 2,5 % du PIB ?

Dans les conditions présentes, cette manifestation d’autoritarisme du président Macron, lui qui comme beaucoup de politiques ne connaît strictement rien aux questions de défense, est inacceptable et ne paraît pas de bon augure pour la gouvernance du pays. Espérons que cette erreur de débutant n’est qu’un simple faux pas. En attendant, c’est notre armée qui trinque.

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Rodez : A mi-mandat municipal, les investissements reprennent enfin

16 juillet 2017

Alors que certains investissements prévus depuis fort longtemps semblaient remis au calendes grecques, lors du dernier Conseil municipal de juin dernier, le maire de Rodez a profité du débat relatif au vote du compte administratif 2016 pour faire un point sur un ensemble d’investissements à venir, ville et agglomération confondus pour ne pas changer. Rejetant l’un des arguments de l’opposition concernant la baisse des investissements, Christian Teyssèdre a finalement annoncé le démarrage prochain de quelques grands chantiers municipaux dont la plupart dormaient dans les cartons depuis 2008.

Au premier rang des futurs grands chantiers du centre-ville : la place et le parking Foch. Rappelons que cette place piétonne est utilisée depuis de longues années comme parking extérieur et qu’elle souffre d’un revêtement très dégradé qui n’assure plus l’étanchéité du parking souterrain depuis bien longtemps. S’agissant du parking souterrain de prés de 400 places, il date de plus de 50 ans (ce fût le premier parking souterrain qui avait été concédé à GTM Entrepose). Au terme de la concession, il a été exploité en régie directe par la ville, sans qu’aucun travaux de rénovation n’aient jamais été réalisés. Il est aujourd’hui en mauvais état et très peu fonctionnel, sans ascenseur pour desservir ses 3 étages.

L’ancienne municipalité battue en 2008, n’avait pu mener à bien le projet de rénovation qu’elle avait envisagé. Depuis cette date, l’actuelle municipalité avait régulièrement différé le dossier et plusieurs projets différents avaient d’ailleurs été évoqués avant d’être abandonnés. Au final, la maire de Rodez a annoncé la reprise du dossier de l’ancienne municipalité prévoyant outre la rénovation complète du parking, l’ouverture de la place Foch directement sur le boulevard Gally, avec des escaliers permettant l’accès à la place et peut-être une fontaine et des jets d’eau.

Ce chantier d’un coût estimé à 4 millions d’euros devrait débuter avant la fin de l’année 2017 par la réfection de la place Foch avec la réalisation de l’étanchéité, puis le parking qui devrait être légèrement agrandi et porté à 400 places. Voilà un projet qui devrait permettre de remodeler agréablement ce quartier du centre-ville, sachant qu’il s’agit aussi du parking le mieux situé et le plus fréquenté. Ce qui devrait donner une bien meilleure image de notre ville aux visiteurs qui fréquentent actuellement ce lieu en piteux état. Espérons seulement que la place Foch retrouvera définitivement sa vocation première : une place entièrement piétonne dédiée à l’animation de la ville.

L’autre grand projet, lui aussi très ancien, concerne le réaménagement complet de la place de la Cité, l’une des grandes places de la ville aujourd’hui dans un état lamentable alors même qu’elle est incontournable avec son marché du samedi, ses terrasses de cafés et son office de tourisme.

Le projet de l’ancienne municipalité qui prévoyait un parking souterrain au-dessous a été abandonné par l’actuelle majorité voici des années en raison des coûts prohibitifs des fouilles nécessaires à sa construction, sachant que nous sommes ici au cœur de la vielle cité gallo-romaine des Ruthènes. Cet abandon a engendré un retard considérable en raison des divers projets plus ou moins aboutis qui n’ont toujours pas vu le jour. Le dernier présenté aux seuls élus de la majorité municipale prévoyait la remise à niveau de l’ensemble de la place, devenue entièrement piétonne et comportant l’œuvre d’un artiste local. Celle-ci faisant la part belle aux terrasses des cafés, tout en permettant le maintien du marché du samedi.

Cet espace piéton devant être complété par l’aménagement des places autour de la cathédrale, de la rue Frayssinous et de la rue du Terral, avec le maintien de quelques places de stationnement temporaires.

Aux dernières nouvelles, le projet semble à nouveau enlisé et le réaménagement de ce haut lieu de la vie ruthénoise s’éternise. En effet, si le maire a confirmé l’engagement prochain des travaux, il a pris soin de n’avancer aucune date alors que la municipalité avait initialement annoncé le début des travaux fin 2017. Plus vraisemblablement, ces travaux ne devraient pas débuter avant l’automne 2018 et peut-être même 2019, à moins qu’ils ne soient simplement reportés après les élections. Ce qui est profondément regrettable car l’image de la ville, avec le succès du musée Soulages, mérite que cette place centrale soit réaménagée au plus vite !

Pourquoi ces aménagements structurants pour le centre-ville n’ont-ils pas été engagé depuis 2014 et même avant ? Probablement pas pour des raisons financières puisque les finances de la ville sont plutôt bonnes avec une dette en forte baisse, du fait notamment de la faiblesse des investissements de ces dernières années. A moins que cette concentration des principaux investissements en fin de mandat n’ait d’autre motivation que politicienne, à l’approche des élections de 2020 comme certains le laissent entendre ? Plus vraisemblablement, il s’agit simplement d’une incapacité pour les services de la ville et la municipalité à mettre en œuvre ces projets.

Les autres chantiers à venir sont à l’initiative de Rodez agglomération. Il s’agit de la maison de santé du Faubourg, qui sera suivie par celle de Gourgan et bien sûr de l’aménagement de Combarel resté en friche depuis 2008 et qui a connu cette année ses premiers coups de pelle, en attendant les travaux de construction de l’EPHAD.

Au final, même si on peut déplorer un important retard pris dans de nombreux travaux, l’essentiel est que ces investissements structurants pour la ville finissent par être réalisés. Mieux vaut tard que jamais !


Aveyron : En 2017, le déploiement de la 4G progresse enfin significativement

9 juillet 2017

Le déploiement du haut débit mobile dans le département de l’Aveyron avait débuté dès 2013 avec les opérateurs Orange et Bouygues-Télécom qui avaient été des précurseurs dans le département. Jusqu’en 2015, la 4G restait cependant concentrée dans quelques zones urbaines de Rodez, Millau, Decazeville et Villefranche-de-Rouergue principalement.

Depuis 2016, la 4G a enfin décollé en Aveyron. Derniers arrivés avec la 4G sur le département, SFR et Free Mobile ont mis les bouchées doubles. Même s’il reste encore des zones blanches importantes en 4G, principalement dans les zones à faible densité de population, l’ensemble des opérateurs mobiles a mis le paquet depuis le début de l’année 2017.

A mi 2017, la meilleure couverture 4G est assurée par SFR avec 72 antennes en propre + une douzaine louées à Bouygues Télécom sur les agglomérations de Rodez et Millau. Orange a également amélioré sa couverture 4G avec 49 antennes, même s’il reste en retrait par rapport à SFR notamment dans les zones rurales. De son côté, Free poursuit sa couverture avec 38 antennes, devant Bouygues-Télécom : 30 antennes.

A noter que 66 nouvelles antennes 4G devraient entrer en service d’ici la fin 2017 sur le département. Ce qui devrait profiter principalement à Bouygues-Télécom (+40), Free mobile (+18) et SFR (+8) et rabattra sensiblement les cartes entre les opérateurs au plan départemental, même si SFR conservera l’avantage.

Voici le détail des antennes mobiles activées par les 4 opérateurs mobiles en Aveyron au 15/08/2017 :

Opérateur

Antennes

2G/Edge

Antennes

3G/3G+

Antennes

4G

Total antennes

Orange

  154

 142   49

345

SFR

   113 164    72

348

Bouygues-Télécom

     106  

110    30

 246 

Free Mobile

       0

 108   38

146

Total Aveyron

   372 524  189

    1085+231

Sources : AFNR (Agence nationale des fréquences radioélectriques / Couverture mobile

Quelques chiffres sur les antennes mobiles déployées en Aveyron au 15/08/2017 :

  • Nombre total d’antennes 2G,3G&4G :                 1085+231 à venir (total France : 76 480)
  • Nombre d’antennes 4G :                                       189+66 à venir
  • Nombre d’habitants par antenne :                         269 (moyenne nationale : 440)
  • Nombre d’antennes pour 1 000 habitants :             3.721 (moyenne nationale : 2.274)
  • Nombre d’antennes au km2 :                                 0.117 (moyenne nationale : 0.266)

Malgré les 189 antennes 4G actives à mi 2017 en Aveyron, il reste encore beaucoup à faire pour une couverture optimale des zones non denses. Gageons que ce retard sera en grande partie comblé dès l’année prochaine en attendant la 5G prévue à partir de 2021. Mais il s’agit là d’une autre histoire !

La faiblesse de la couverture 4G en Aveyron est toutefois compensée par un bon réseau 3G/3G+ (plus de 500 émetteurs) qui permet un débit acceptable en attendant mieux, notamment dans les zones rurales.

Plus d’informations sur les réseaux de téléphonie mobile des divers opérateurs :


Simone Veil : Une très grande Dame vient de s’en aller… mais son œuvre restera pour longtemps

2 juillet 2017

Quelques jours après le chancelier allemand Helmut Kohl, l’Europe et la France viennent de perdre une autre personnalité d’exception de la même génération : Simone Veil.

Difficile de passer sous silence leur disparition, tellement cet homme et cette femme politique ont marqué durablement leurs pays respectifs et l’Europe de leur empreinte. Même si elle s’était retirée de la vie publique depuis de nombreuses années, pour de nombreux français, Simone Veil a été une femme politique courageuse et d’une extrême droiture, très aimée de tous.

En avril 1944 à quelques mois de la fin de la guerre, âgée de seulement 16 ans et son baccalauréat en poche, Simone Veil avec ses parents, son frère et sa sœur ont été arrêtés puis déportés. Seule elle et sa sœur survivront de cette terrible épreuve du camp d’Auschwitz-Birkenau. Malgré l’horreur des camps de la mort, profondément meurtrie, elle en revient plus forte et déterminée que jamais. Bien qu’elle ait veillé à témoigner de ce que fût la Shoah, elle le fera à son image avec discrétion, veillant à ne pas s’étendre sur cette douloureuse période de sa vie et les pires humiliations subies du seul fait de sa religion juive. Son instinct de survie ne l’a jamais quitté et la souffrance endurée lui a permis de se forger de solides convictions dans le respect d’autrui, la tolérance et le refus des idéologies.

Dés la fin de la guerre, pour éviter que les générations futures n’aient à endurer à nouveaux ces horreurs, elle milite très activement pour la réconciliation avec l’Allemagne et pour la création de l’Union européenne. Après une carrière dans la magistrature et divers cabinets ministériels, Simone Veil est appelée en 1974 par le président Valéry Giscard d’Estaing pour être sa ministre de la Santé et de la famille, poste qu’elle occupera sous trois gouvernements : Chirac et Barre de 1974 à 1979 et Balladur de 1993 à 1995.

Pour le grand public, c’est en 1974 que Simone Veil se révèle. Elle livre au Parlement sa première grande bataille politique en défendant la loi en faveur de la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) promise par le nouveau président de la République. La bataille parlementaire qui s’en suivra restera l’une des plus rudes de la Vème République. Face à l’aile la plus conservatrice de la droite et une immense majorité d’hommes, Simone Veil tiendra bon en faisant preuve d’une détermination inébranlable malgré les multiples attaques dont elle fera l’objet. A force de conviction et d’explications, le texte sera finalement voté grâce à l’appui d’une grande partie de la gauche et de moins de 100 députés de la majorité, principalement centristes. Elle sortira grandie par cette épreuve en dépit de débats qui laisseront des traces au sein de la société.

En 1979, Simone Veil a conduit à la victoire la liste française de la droite et du centre pour la première élection au Parlement européen. Elle a été brillamment élue par ses pairs européens, à la présidence de ce dernier. Elle était une européenne convaincue et n’a eu de cesse de militer pour le renforcement de l’Union entre les divers pays, probablement pour éviter que l’Europe n’ait à revivre les pages sombres endurées. Elle siégera plus de 13 ans au Parlement européen.

Elle sera également élue au Conseil Constitutionnel en 2007 puis à l’Académie française en 2010. Simone Veil était Grand Croix de la Légion d’honneur.

Quoi qu’il lui en ait coûté, Simone Veil aura toujours été du côté des causes justes, notamment celle de la cause des femmes, mais aussi des plus fragiles et démunis. Esprit libre s’il en est, sur un plan politique, si elle s’est toujours reconnue dans le centre-droit tout en restant très méfiante à l’égard de la politique, elle a veillé à garder ses distances avec la plupart de ses leaders. Mais son cœur et ses convictions étaient au centre-gauche où elle avait de solides amitiés dont Michel Rocard. Pendant des décennies, elle a été pour une majorité de français de tous bords, une grande femme qui surclassait le monde politique, en restant la personnalité préférée et la plus aimée.

La classe politique française et européenne, toutes tendances politiques confondues, lui a unanimement rendu hommage. En voici quelques brefs extraits :

Emmanuel Macron : « L’esprit de la nation se nourrit de vies exemplaires. La vie de Simone Veil fut de celles-ci. Elle fit honneur à la France et nous montre ce que nous savons être lorsque nous livrons les combats de la liberté et du progrès. »

Valéry Giscard d’Estaing : « Bouleversé par sa disparition, la vie de cette femme exceptionnelle reste une référence pour les plus jeunes. »

Nicolas Sarkozy : « Simone Veil reste immortelle. J’ai admiré Simone Veil et j’ai aimé Simone Veil dont l’amitié ne m’a jamais fait défaut »

Fondation Chirac : « C’est la grande dame de la République qui s’en est allée, mais son message demeure et continuera longtemps à rayonner »

Edouard Balladur : « Sa personne et son histoire font honneur à notre pays »

Jean-Luc Mélenchon : « Madame Veil appartient au meilleur de notre histoire »

Jean-Claude Junker : « Simone Veil avait su par son engagement politique contribuer à bâtir une paix durable en Europe »

Rarement en France, une femme ou un homme politique aura reçu un tel hommage. Preuve s’il en est que Madame Simone Veil a été une très grande Dame dans un monde politique largement dominé par les hommes. On peut simplement regretter qu’elle n’ait eu une plus grande place dans notre pays. Mais la politique telle qu’elle est menée en France depuis des décennies n’était manifestement pas sa tasse de thé. Dommage pour la France !

Femme hors du commun, Simone Veil restera pour longtemps un exemple pour les générations présentes et futures.

JD