France : l’appel à la mobilisation pour la langue et de la culture occitane / Crida per la lenga occitana

30 juin 2015

La crida de la coordinacion per la lenga occitana

La lenga occitana es marcada per l’UNESCO coma una dei lengas en « dangier seriós d’extincion ». Fàcia a aqueste perilh de mai en mai gròs, e ai riscas de regression qu’amenaçan nòstra lenga, la « Coordinacion per la lenga occitana » rampèla a una mobilizacion ciutadana per una granda Manifestacion sociala e revendicativa en favor de l’occitan, lo dissabte 24 d’octòbre de 2015 a 14h, a Montpelhier.

De fach, despuei 2005, la Coordinacion a pas decessat d’alertar lei poders publics de l’urgéncia de metre en plaça una politica linguistica publica coerenta e volontarista per la transmission e lo desvolopament dei lengas regionalas ( e adonc de l’occitan), de la necessitat d’une lèi qu’oficialize sa reconoissença e li garantisse un estatut juridic legau propici a son espandiment.

Lei manifestacions de Carcassona (2005 e 2009), Besièrs (2007), e enfin la darriera de 2012 qu’acampèt 30 000 personas a Tolosa, an ben mostrat l’existéncia d’una vertadiera demanda sociala per la preséncia de l’occitan dins la vida publica. Emai aquesta seria de manifestacions, ague permés quauqueis avançadas, lei progrès ne’n demòran pasmens fòrça insufisents.

Se mai d’una collectivitat territoriala prenguèron consciéncia de la necessitat de metre en plaça de mesuras en favor de l’occitan, l’Estat, per quant a eu, refusa totjorn d’assumir sei responsabilitats sus aquesta question. La crisi deu pas servir d’escapatòri per escafar la question dei lengas regionalas dau debat public, per anar de reculon e faire demenir lei mejans mes a disposicion per son desvolopament.

Mai ont an donc passat totei lei belei promessas ? Entre autrei : la promessa n° 56 : « Je ferai ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires » ? Una majoritat de deputats avián votat lo principi de la Ratificacion de la Carta europenca, mai despuei… plus ren !

D’autra part, venèm de subir una reforma territoriala qu’a pas ges tengut còmpte de la dimension linguistica de nòstre territòri. E oblidem pas la tota darriera que vèn de sortir ! Coma acceptar una reforma dei collègis qu’es quasiment una programacion de la disparicion efectiva de l’ensenhament dei lengas regionalas, tre 2016 ?

Per ansin la « Coordinacion per la lenga occitana », crida un còp de mai a rampelada a mobilizacion de toteis aquelei que revendican la preservacion e lo desvolopament de la lenga occitana (patrimòni immateriau de l’umanitat) que nòstrei territòris an en partatge.

Devèm afortir un còp de mai lei drechs de nòstra lenga e sa legitimitat !

« Anem Òc ! per la lenga occitana ! »      Totei a Montpelhier lo 24 d’octòbre de 2015 !

Ligans :


Aveyron : L’élection des sénateurs Jean-Claude Luche et Alain Marc validée par le Conseil constitutionnel

25 juin 2015

Après la victoire enregistrée par la droite et le centre aux dernières élections municipales de mars 2014, l’élection sénatoriale qui a eu lieu en septembre dernier avait permis une large élections du tandem Jean-Claude Luche et Alain Marc face aux deux sénateurs sortants de gauche Alain Fauconnier et Anne-Marie Escoffier.

Ces derniers avaient semble-t-il fort mal pris cette lourde défaite. Ce qui avait conduit M. Fauconnier à déposer un recours en annulation dés le mois d’octobre dernier pour dépassement des comptes de campagne. Pour le sénateur battu, Jean-Claude Luche par ailleurs président du Conseil général de l’Aveyron et Alain Marc, premier vice-président, auraient mis en place des mesures exceptionnelles d’aides aux communes en 2014 dans un but électoral via un fonds spécial : le fonds départemental d’intervention locale.

Pour M. Fauconnier, le fait que ce fonds qui existait depuis 2011, mais qui n’avait été activé qu’en 2014 pour un montant de 1,9 millions d’euros, était de nature à constituer une dépense entrant dans les comptes de campagne de ses opposants qui auraient ainsi pu bénéficier de faveurs « clientélistes » de nature à entraîner le vote de certains élus locaux en leur faveur.

Le Conseil constitutionnel, pourtant présidé ce jour là par le socialiste Lionel Jospin, n’a pas été de cet avis. L’autorité suprême n’a rien trouvé à redire à cette pratique du Conseil général d’alors, sachant que le fonds en question avait été créé en 2011 et qu’il n’avait été activé qu’en 2014, année au cours de laquelle l’Etat avait abondé le dit fonds. Pour le Conseil constitutionnel, rien de suspect dans cette opération parfaitement menée par le Conseil général, dans le cadre de ses attributions et de l’intérêt général.

Le fait que le candidat Jean-Claude Luche se soit engagé par courrier, en tant que président du Conseil général, à verser des subventions aux communes, n’a pas constitué une pratique susceptible d’être assimilée à un achat de vote des élus locaux aux yeux du Conseil constitutionnel. Voilà une décision qui a certes traîné en longueur, mais qui ne souffre pas de la moindre contestation.

Le recours formulé a donc été rejeté et l’élection des sénateurs Jean-Claude Luche et Alain Marc définitivement validée.

Alors que les comptes de campagne de ces derniers ont été validés par le Conseil constitutionnel, les comptes de M. Fauconnier, le plaignant par ailleurs maire de Saint Affrique, ont pour leur part été retoqués. M. Fauconnier aurait en effet réglé lui-même un tiers de ses dépenses de campagne (une paille !), sans passer par son mandataire financier qui doit comptabiliser l’intégralité des dépenses relatives à la campagne, même si quelques menues dépenses peuvent être réglées directement par le candidat, à condition d’être réintégrées dans les comptes. La non comptabilisation d’un tiers des dépenses de campagne par un sénateur sortant est pour le moins surprenante, alors même que celui-ci n’a pas hésité à contester l’élection de son adversaire sur des motifs purement fantaisistes.

Du coup, l’arroseur se trouve arrosé. En conséquence, le Conseil constitutionnel a déclaré M. Fauconnier inéligible pour une durée d’un an.

Ce recours pour le moins abusif a différé l’organisation de l’élection législative partielle dans la 3ème circonscription de Millau-Saint Affrique en vue de pourvoir au remplacement d’Alain Marc élu au Sénat. La campagne qui va débuter prochainement dans le sud Aveyron devrait permettre au candidat des Républicains, Arnaud Viala, maire de Vezins-de-Lévezou, de l’emporter.


France : A défaut de la coupler à une véritable réforme fiscale, la mise en place envisagée de la retenue à la source apparaît comme une véritable usine à gaz

22 juin 2015

Chacun le sait, le gouvernement actuel est incapable de mettre en œuvre la moindre véritable réforme et se contente de quelques artifices, comme la loi Macron, pour faire illusion et se convaincre qu’il agit.

Alors que tous les pays européens ont anticipé les réformes de structures voici plus de 10 ans ou les ont réalisées sous la contrainte de l’Union européenne, la France socialiste est le seul pays qui depuis 3 ans se refuse à toute réforme de fond, qu’il s’agisse du marché du travail, de la fiscalité, de la réorganisation de l’administration, de la réduction drastique des dépenses publiques. Elle en paie aujourd’hui le prix !La France de Hollande se contente de regarder le train passer chez nos voisins. Jusqu’à quand ?

Le dernier exemple de prétendue réforme est celle de la proposition visant à mettre en place la retenue à la source de l’impôt sur le revenu. Or, une telle réforme ne peut avoir de sens que si elle est concomitante avec une véritable réforme fiscale, notamment en matière d’impôt sur le revenu, où rappelons-le, moins de 50% des français y sont assujettis. Après la modification du barème de l’impôt l’an dernier, ce sera demain moins de 45% des français qui l’acquitteront.

Dans ce contexte, alors que prés de 65% des français sont mensualisés, c’est-à-dire qu’ils acquittent déjà leur impôt tous les mois et ce dés le début de l’année, la mise en place de la seule retenue à la source est une véritable aberration, source de complications considérables qui vont alourdir un impôt déjà particulièrement complexe.

La retenue à la source telle qu’envisagée en France est une véritable usine à gaz !

En effet, l’impôt sur le revenu est aujourd’hui calculé par l’administration fiscale (la Direction générale des finances publiques) d’après la déclaration annuelle des revenus souscrite par chaque français. Il continuera à en être ainsi demain avec la retenue à la source. En effet, l’ensemble des données nécessaires à son calcul, qu’il s’agisse des revenus imposables de toute nature, mais aussi des charges, réductions et autres crédits d’impôts à imputer, ainsi que le quotient familial propre à chaque foyer fiscal, sont connus de la seule administration des finances publiques chargée d’émettre les avis d’imposition et demain les régularisation d’impôt.

Un véritable cadeau empoisonné que le nouveau gouvernement élu en 2017 devra gérer.

En l’état actuel des informations, la retenue à la source pourrait-être pratiquée dés le mois de janvier 2017, par l’employeur sur les salaires versés à partir d’un taux d’imposition forfaitaire qui lui sera communiqué par l’administration fiscale. Ce qui signifie un surcroit de travail pour l’administration mais surtout pour l’employeur qui devra calculer la retenue à la source et reverser mensuellement son montant, en lieu de place de l’administration. Le surcoût pour l’employeur est ici une réalité incontournable, sans parler des difficultés de gestion générées par les liaisons avec l’administration et les salariés.

Ce n’est là que la partie visible de l’iceberg de la retenue à la source. Rappelons-le, les français devront pour autant continuer à déposer en début d’année suivante une déclaration annuelle des revenus qui permettra d’affiner l’impôt, c’est-à-dire d’intégrer les revenus qui ne font pas l’objet de la retenue à la source (revenus professionnels, revenus fonciers ou financiers…), mais aussi de tenir compte des réductions et crédits d’impôts et du quotient familial. Au final, comme actuellement, un avis d’imposition définitif devra être émis l’année suivant la perception des revenus, soit par l’émission d’un rôle supplémentaire (insuffisance de versement de retenue à la source), soit par le remboursement d’un crédit d’impôt (excédent de versement de retenue à la source).

Non seulement la déclaration de revenus devra toujours être déposée et sera au moins aussi complexe qu’aujourd’hui, et probablement plus si on en juge par la complexité de l’impôt sur le revenu. Loin d’être d’une amélioration ou une manière de simplifier l’impôt sur le revenu, la retenue à la source telle que projetée va complexifier considérablement l’impôt.

Pour les socialistes, c’est promis… A la veille des élections de 2017, on rase gratis quitte à tromper les français une fois de plus !

Et si la prétendue réforme de la retenue à la source n’était rien d’autre qu’une vaste fumisterie purement électoraliste destinée à faire diversion ? Le secrétaire d’Etat du budget et le ministre des finances en personne n’ont pas hésité à annoncer que 2017 serait une année fiscale « blanche » allant jusqu’à parler de « cadeau fiscal ». Il est vrai qu’à quelques mois d’une élection majeure (présidentielle et législative), les socialistes largement discrédités aux yeux d’une majorité de français n’hésitent plus à annoncer des cadeaux qui n’en sont pas. Une vieille habitude chez les socialistes : plus c’est gros, plus çà passe !

S’agissant de la retenue à la source, si elle est mise en place à partir de 2017, afin d’éviter toute double imposition, elle prendra effet au 1er janvier et sera appliquée dés la fin janvier sur les salaires et pensions versées. En contrepartie, pour l’année 2017, il n’y aura pas d’appel de tiers provisionnel ou pour ceux qui sont mensualisé, de prélèvement au titre de l’impôt sur le revenu. Pour celles et ceux qui ne l’auraient pas compris, la retenue à la source se substituera à l’impôt sur le revenu (acomptes provisionnels ou mensualité d’impôt) mais en toute hypothèse, un impôt sur les personnes sera bien acquitté au titre de l’année 2017.

Il risque d’ailleurs d’y avoir de mauvaises surprises pour certains salariés qui verront sur leur fiche de paie une retenue à la source sensiblement supérieure à leur impôt habituellement acquitté en cours d’année. Car avec la retenue à la source, comme pour l’impôt sur le revenu, la régularisation n’interviendra que l’année suivante, après dépôt de la déclaration annuelle de revenus. On sait en effet par expérience que les prélèvements de retenue à la source sont généralement supérieurs à l’impôt réellement dû. C’est le cas dans la plupart des pays qui la pratiquent ; pour beaucoup, une restitution est opérée l’année suivante par l’administration fiscale. Le problème est qu’en attendant cette régularisation, l’impôt aura été prélevé sans modulation possible comme c’est actuellement le cas pour la mensualisation de l’impôt sur le revenu où l’on peut diminuer ses prélèvements en fonction des revenus de l’année de référence. Pas sûr que les contribuables notamment les plus modestes, soient gagnants.

Comble pour une prétendue réforme, la mise en place de la retenue à la source ne générera pas d’économie ou de réduction des dépenses publiques puisque, au final, la retenue à la source sera toujours gérée partiellement par l’administration fiscale (contrôle des déclarations de revenus et régularisation annuelle) ; ce qui ne réduira pas (ou très peu) le nombre d’agents affectés à la gestion de l’impôt sur le revenu (environ 30 000 personnes). Par contre, les entreprises devront renforcer leurs personnels affectés à la gestion de la paie et reverser mensuellement à l’Etat les retenues pratiquées sur les salariés. Sans parler des problèmes de recouvrement que cela va manifestement générer au détriment de l’Etat du fait des défaillances d’entreprises et autres détournements.

Loin de simplifier l’impôt, en l’état, la retenue à la source apparaît comme une véritable usine à gaz qui vous coûter très cher au pays, et donc alourdir un peu plus la compétitivité de ses entreprises pourtant mise à mal par les gouvernements actuels.

Contrairement aux allégations des élus socialistes, il n’y aura donc pas d’année fiscale « blanche ». De toute façon, le budget de l’Etat français déjà mal en point, ne le supporterai pas. C’est d’ailleurs ce qu’a déclaré Gilles Carrez, président de la Commission des finances à l’Assemblée nationale, qui s’est indigné des propos irresponsables tenus par des responsables socialistes : « Le gouvernement n’a pas le droit de parler d’année blanche ; c’est prendre les français pour des imbéciles ».

Gageons que les français qui ont été grugés par Hollande à maintes reprises, réfléchiront deux fois avant d’avaler une nouvelle couleuvre !


France : Hollande, c’est toujours plus de chômage

15 juin 2015

Chacun se souvient de la promesse faite par M. Hollande d’inverser la courbe du chômage, lors de la dernière campagne présidentielle de 2012. Entre les deux tours de scrutin, il avait affirmé sûr de lui : « Je me donne un an pour y arriver ». Plus de 3 ans après son élection, les français attendent toujours…

Au premier anniversaire de son élection, malgré le franchissement de la barre des 3.1 millions de demandeurs d’emploi, Hollande a persisté à maintenir cet objectif qu’il savait pourtant inatteignable. Il s’est obstiné à promettre une inversion de la courbe à la fin de l’année 2013 en n’hésitant pas à affirmer : « On est tout prés du but. Nous y sommes presque ! ». Après une fin d’année 2013 passée à triturer les courbes du chômage dans tous les sens, aucun signe avant coureur d’une amélioration n’avait pu être identifié par le gouvernement.

Une situation du chômage qui n’a cessé de se dégrader depuis 2012

Loin d’une inversion, cela a été au contraire la bérézina sur le front du chômage en France. Début 2014, l’exécutif avait fini par se rendre à l’évidence et rangé l’inversion de la courbe du chômage aux oubliettes en trouvant une nouvelle communication sur le sujet.

18 mois plus tard, en ce début d’été 2015, le chômage continue à augmenter. Selon les données de Pôle emploi, la France compte à ce jour 3 536 000 chômeurs pour la seule métropole. Un bien triste record pour M. Hollande qui avait fait de la baisse du chômage sa priorité.

Dans une récente émission télévisée, François Hollande n’a pas hésité à laisser entendre que son bilan en ce domaine ne serait pas pire que celui de Nicolas Sarkozy, en arguant, sûr de lui : « Cela fait 10 ans que le chômage augmenté, un million sous mon prédécesseur ! ». La réalité est que le chômage avait augmenté de seulement 754 900 personnes sous Nicolas Sarkozy, contre une augmentation estimée à 740 000 personnes attendue en fin d’année 2015, en 3 ans et demie seulement. Un bien piètre bilan pour Hollande !

Cette forte augmentation du chômage sous le quinquennat de Hollande est d’autant plus dramatique qu’au cours de cette période, il a baissé presque partout en Europe. Quand à la hausse du chômage sous Sarkozy, elle s’expliquait en grande partie par la crise internationale des subprimes, puis de l’euro. Depuis 2012, la France n’a du affronter aucune crise internationale. C’est dire l’importance et la gravité de la détérioration du chômage depuis l’arrivée de Hollande, imputable aux seules mauvaises politiques économiques mises en œuvre par ses gouvernements.

La France rame à contre-courant des autres pays européens

Pendant ce temps, la situation de l’emploi s’améliore partout en Europe. C’est dire l’ampleur des politiques néfastes mises en œuvre par les socialistes en France.

Même parmi les pays les plus touchés, le chômage a amorcé une baisse sensible. C’est ainsi le cas en Espagne où il vient de baisser durant quatre mois consécutifs, mais aussi en Italie, au Portugal. Alors que le chômage n’a de cesse d’augmenter inexorablement en France, nos amis européens commencent à entrevoir le bout du tunnel.

Selon les dernières statistiques d’Eurostat, seuls quelques pays de l’Union européenne ont vu leurs demandeurs d’emploi augmenter en avril, au premier rang desquels la France. A l’inverse, au cours de ce même mois, il a baissé dans les 22 autres états. L’Allemagne reste le meilleur élève de l’UE avec un nombre de demandeurs d’emplois qui ne représente que 4.7% de la population active. Rappelons qu’en France, ce taux est actuellement de 10.3%, soit plus du double.

Pour 2016, la Commission européenne table sur une nouvelle baisse du chômage dans les pays de l’Union. Elle note d’ailleurs que le redressement sur le front de l’emploi a été relativement important dans les pays tels l’Italie et l’Espagne, qui ont procédé à une réforme de leur marché du travail. Ce que bien entendu la France devra faire si elle veut s’attaquer durablement au fléau du chômage dans notre pays.

A défaut d’engager les réformes nécessaires, la France ne réussira pas à endiguer durablement le chômage. Un changement de cap s’impose au plus vite pour mettre en œuvre les réformes de structures qui s’imposent à notre pays bien mal en point.

Ce n’est pas en faisant diversion ici et là, par quelques réformettes, comme en proposant la mise en place de la retenue à la source sur les salaires que la France va retrouver le chemin de la croissance et de l’emploi.


Grand Rodez : Un premier anniversaire porteur d’avenir pour le musée Soulages

1 juin 2015

Cette fin mai 2015 marquait le premier anniversaire de l’ouverture du musée Soulages à Rodez.

A cette occasion, la communauté d’agglomération du Grand Rodez qui assume la gestion du pôle muséal (Musées Soulages, Fenaille et Denys Puech) avait organisé une conférence-débat dans l’amphithéâtre de l’université Champollion à Rodez, avec pour maître de cérémonie Benoît Decron, le conservateur du musée Soulages. Parmi les invités, outre le maire et président d’agglomération du Grand Rodez : Pierre de Colette Soulages, Marc Censi ancien maire de Rodez et initiateur du projet, Estelle Pietrzyk conservatrice du musée de Strasbourg et 1ère conservatrice du musée Soulages, Carme Pigem architecte du cabinet catalan RCR et Pierre Encrevé, auteur d’ouvrages sur Pierre Soulages…

Avec un peu plus de 270 000 visiteurs en un an, on est bien loin des 60 000 à 140 000 visiteurs espérés dans le meilleur des cas. De ce point de vue, le succès du musée Soulages est incontestable et fait partie des musées français parmi les plus fréquentés. Côté recettes, pour cette première année (entrées + boutique), elles sont de l’ordre de 1 500 000 € pour un déficit de fonctionnement du pôle muséal estimé à 1 800 000 €. Ce qui n’est pas si mal lorsque l’on sait que les recettes avaient été budgétées à 200 000 € seulement. Rappelons que le coût global du musée Soulages a été d’environ 25 000 000 €, financé par l’agglomération du Grand Rodez, l’Etat, la région Midi-Pyrénées et le Conseil départemental de l’Aveyron.

Que de chemin parcouru en un an ! Même les plus septiques des ruthénois, Dieu sait qu’ils étaient nombreux, sont bien aujourd’hui forcés de reconnaître que le pari du musée Soulages est en passe d’être gagné, même s’il reste beaucoup de chemin à parcourir et qu’il faudra confirmer dans les prochaines années.

L’ouverture du musée Soulages a profondément modifié la vie ruthénoise et dynamisé le commerce de centre-ville. Il suffit pour cela de se promener dans les rues de Rodez aux beaux jours pour voir que les choses ont bien changé. Comble du miracle, même les autres musées et notamment le merveilleux musée Fenaille a battu des records avec plus de 30 000 visiteurs, à faire pâlir de nombreux musées de villes bien plus importantes.

La naissance du musée Soulages

Pour Marc Censi, l’ancien maire de Rodez et président de l’agglomération, c’est en 1976, à l’occasion de la remise du prix Rembrandt à Pierre Soulages à Rodez, que l’artiste peintre a été découvert par quelques ruthénois, dont lui-même. Elu maire de Rodez en 1983, il a pris contact avec Pierre Soulages en 1984 et l’a rencontré dans son atelier parisien.

Quelques années plus tard, en 1989, à l’initiative du préfet Degrémont, le maire de Rodez a pu rencontrer à plusieurs reprises l’artiste qui travaillait alors à la réalisation des vitraux de Conques. Pierre Soulages lui-même situe l’origine du musée qui porte son nom à cette époque, se plaisant d’ailleurs à rappeler qu’il a longtemps hésité avant d’accepter à la réalisation des vitraux. Finalement, par passion pour l’abbaye de Conques, ce haut lieu de l’art roman, l’artiste a finalement accepté d’en réaliser les vitraux. Sans cette réalisation, il affirme d’ailleurs que le musée Soulages n’aurait pu se réaliser.

Au cours de ces années, les discussions et échanges n’ont cessé entre Pierre Soulages  et Marc Censi ; l’élu ruthénois n’ayant de cesse de défendre l’idée d’un musée à Rodez consacré à l’artiste. Il aura fallu beaucoup de persévérance à Marc Censi pour finir par convaincre ce dernier de l’intérêt d’un tel projet, sachant que Pierre Soulages était très réticent à l’idée d’un musée consacré à sa personne. Finalement, au fil des ans, l’amitié entre les deux hommes a fait son chemin et l’artiste a fini par accepter le principe d’un musée à condition qu’il fasse une part significative à des expositions temporaires sur une superficie d’au moins 500 m2.

C’est dans ces conditions et après de longues années de négociations que Pierre Soulages a fait donation d’une partie de son œuvre à l’agglomération du Grand Rodez, chargée de porter le projet de musée. Celle-ci a eu lieu le 13/05/2005.

La réalisation du musée Soulages

Après ces années d’échange avec l’artiste et cette première donation que le projet de musée Soulages a commencé à prendre corps. Pour ce faire, la communauté d’agglomération a recruté une jeune femme, Estelle Pietrzyk qui est devenue la première conservatrice du musée. Elle a eu la lourde tâche d’élaborer le projet scientifique et culturel préfigurant le nouveau musée. Pas si simple d’imaginer à partir de rien, un nouveau musée. « De la haute couture » selon la jeune conservatrice qui a du batailler avec les administrations et le ministère de la culture pour obtenir en 2006 le label Musée de France, label qui est habituellement réservé à quelques grands musées déjà existants.

A force de persévérance, Estelle Pietrzyk a fini par l’obtenir à partir d’un simple projet qui n’était alors qu’embryonnaire. Cette étape franchie, il a fallu ébaucher au plus juste ce nouveau musée, tout en restant à l’écoute permanente de Pierre Soulages.

Un concours international a été lancé par l’agglomération pour la construction du musée en 2007. Pas moins de 104 projets ont été présentés. Début 2008, 4 projets ont été retenus par les élus. Au final et à l’unanimité du jury, c’est le projet porté par le cabinet d’architectes catalans RCR qui l’a emporté. Un projet qui répondait aux attentes de Pierre Soulages d’un musée s’intégrant dans un jardin paysager, tout en faisant en sorte que le bâtiment se fonde au mieux dans l’espace du foirail et de la cathédrale à proximité.

L’architecte Carme Pigem de RCR Arquitectes dit « avoir privilégié le rapport entre l’œuvre, l’espace et la ville. L’acier Corten amène la force de la matérialité et sa couleur se rapproche beaucoup de celle de la cathédrale ». De son côté, Pierre Soulages ne tarit pas d’éloge sur le bâtiment : « Il y a des volumes à l’extérieur, une fluidité remarquable à l’intérieur et une organisation de la lumière variée. C’est une architecture particulièrement réussie. »

Quel avenir pour le musée Soulages ?

Benoît Decron a assuré : « Nous avons créé un musée complexe et complet… C’est la force du musée ». Comme l’a reconnu, Christian Teyssèdre le maire de Rodez et président du Grand Rodez, il va maintenant falloir transformer l’essai et s’inscrire dans la durée. C’est le principal défi à relever.

Si l’effet nouveauté devrait encore durer cette année et probablement l’an prochain avec la belle exposition temporaire Picasso annoncée, il va falloir travailler pour assurer le succès des années à venir. Cela passe notamment par une plus grande collaboration avec les autres musées régionaux, mais aussi par une multitude de projets venant se greffer aux musées ruthénois.

Il y a la maison natale de Pierre Soulages, rue Combarel rachetée par l’agglomération et qui devrait être rénovée et ouverte à la visite. La gestion de celle-ci pourrait être confiée à l’association des amis du Musée Soulages qui y transférerait son siège. Il faut aussi penser à la vocation de la chapelle des Capucins, au sein de l’espace Combarel en cours d’aménagement.

Plus largement, un centre de recherche pourrait aussi voir le jour pour mieux faire connaître l’immensité de l’ouvre de Pierre Soulages qui comporte plus de 1 200 œuvres. Il pourrait aussi être envisagé une filière universitaire dédiée à l’art et à la culture.

Dans ce contexte, on ne peut que regretter que l’actuelle municipalité ait renoncé à la réalisation d’un palais de congrès qui aurait été un excellent moyen de profiter de l’attractivité du musée Soulages tout en permettant de fixer plus durablement les congressistes sur la ville. Les projets ne manquent pas mais les moyens financiers des collectivités seront de plus en plus limités. Il faudra donc faire plus avec moins à l’avenir.

Quoi qu’il en soit, ce qui est fait est fait. L’avenir du musée Soulages à Rodez paraît assuré et devrait contribuer largement à l’attractivité du Grand Rodez.

Bravo aux initiateurs du projet et à ceux qui ont su le concrétiser.