France : Le véritable visage des « gilets jaunes »

24 novembre 2018

Le mouvement des « gilets jaunes » est né d’allégations pour le moins fantaisistes et inexactes diffusées sur les réseaux sociaux à propos de l’augmentation des prix du carburant au moment où ces derniers avaient atteint un seuil haut.

Selon un récent sondage, 71% des français considèrent que ces augmentations seraient essentiellement dues aux taxes ! Une fois de plus, la désinformation règne. L’augmentation des prix des carburants depuis l’été, en France comme ailleurs, a principalement pour origine l’augmentation des prix du bruts qui sont passés en quelques semaines de l’ordre de 60 $ le baril Brent à un peu plus de 80 $.

Dans ces conditions, affirmer que la seule augmentation de la fiscalité sur les carburants expliquerait cette explosion des prix à la pompe, comme certains tentent de le faire croire pour justifier leur action, relève de la manipulation.

Une augmentation des prix du carburant principalement liée à l’envolée ponctuelle des prix du brut qui ont déjà retrouvé leur niveau habituel

La récente augmentation de la TICPE s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. Ces orientations, soutenues par une majorité de français, avaient été confirmées par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle. Pour être exact, il convient de préciser qu’elle représente moins de 30% de cette augmentation des prix du carburant ; les 70% restant étant liés à l’envolée des prix du brut.

La TICPE n’est donc pas responsable de la flambée des prix du carburant de ces derniers mois, au demeurant modeste. La part imputable à l’augmentation de la taxe est estimée à environ +0.10 €/l pour le gazole et +0.07 €/l pour le SP95.

Même si la hausse de la TICPE est arrivée au plus mauvais moment, l’augmentation des prix du brut est imputable à l’OPEP et la Russie, mais aussi à un certain Trump qui par les sanctions prises à l’encontre de l’Iran, l’un des grands pays producteurs, a entraîné la chute de la production et favorisé la hausse brutale des prix.

Cette envolée n’est plus d’actualité aujourd’hui puisque le prix du baril de Brent est redescendu à 57 $ ce 22 novembre, son plus bas niveau depuis un an. Cette baisse qui s’est déjà en partie traduite à la pompe, devrait s’accentuer dans les prochaines semaines. Le dernier relevé officiel des prix, en date du 16 novembre, fait apparaître un prix moyen de 1.465 €/l pour le gazole et de 1.459 €/l pour le SP95.

Ce mouvement des « gilets jaunes » est d’autant plus surprenant que la récente augmentation des prix du pétrole a été la plus faible jamais enregistrée depuis la grande crise de 1973 où le prix du baril était soudainement passé de 5 $ avant de se stabiliser autour de 40/45 $ le baril en 1979. Les deux autres fortes augmentations du prix du pétrole sont intervenues plus récemment et avaient été bien plus importantes encore. En 2007/2008 (certains semblent l’avoir oublié), le prix du baril est passé de 60 $ à 130 $, puis en 2011/2012 de 55 $ à 110 $.

40 ans plus tard, le prix du baril est stabilisé autour de 60 $ et les récentes fluctuations n’ont rien à voir à ce qu’elles ont été par le passé. De fait, l’impact de la TCIPE dans la récente envolée du pétrole reste modeste et supportable. Enfin, contrairement à une idée faussement répandue, les taxes sur les carburants en France restent dans la moyenne européenne.

Dans ces conditions, comment ne pas s’interroger sur les motivations réelles des « gilets jaunes » du seul motif de l’augmentation des taxes sur le carburant en 2018 ? Plus vraisemblablement, pour beaucoup, l’augmentation de la TICPE n’a été qu’un prétexte pour une action visant à s’opposer au gouvernement issu des élections de juin 2017.

Une mobilisation pensée et organisée par les inconditionnels du tout automobile.

Les inconditionnels du tout automobile se retrouvent largement dans ce mouvement de contestation pour s’opposer aux lois visant à pénaliser l’utilisation des véhicules à des fins écologiques et pour en réduire l’impact en matière de santé publique. L’égoïsme et le chacun pour soi l’emportent et peu importe si la planète sombre et des personnes perdent quotidiennement la vie du fait des fines particules rejetées par les véhicules !

On trouve ainsi parmi les « gilets jaunes » les opposants à la limitation de vitesse à 80 km/h et plus généralement à toute forme de réglementation de la circulation automobile perçue comme une atteinte à leur liberté, quitte à mettre en danger la vie des autres. Certains « gilets jaunes » n’ont d’ailleurs pas manqué de s’attaquer à des horodateurs et autres péages. On y retrouve aussi très probablement les opposants aux radars et autres adeptes de l’appel de phares visant à avertir les automobilistes de la présence de radars ou de forces de Police et de Gendarmerie.

Même si cela déplaît à certains, l’ère de la voiture thermique toute puissance et omniprésente touche à sa fin et son déclin est enclenché. Cela fait plus de 30 ans que certains politiques et de nombreux scientifiques de renom l’annoncent.

Le gouvernement n’a donc pas agi par surprise, loin de là ! Plutôt que de verser dans le populisme ambiant, ce gouvernement même s’il le fait parfois avec maladresse, a le mérite de se montrer responsable et de défendre l’intérêt général face au défi de l’accélération du changement climatique et les 48 000 morts par an, pour la seule France, dus à la pollution automobile, notamment aux NOx. On n’entend pas grand monde sur ce terrible sujet qui frappe surtout les enfants et les personnes âgées.

L’objectif du gouvernement est d’abord de faire prendre conscience des responsabilités de chacun en encourageant chaque automobiliste à limiter l’utilisation de son véhicule. Au final, à défaut de volontarisme, l’idéal ne serait-il pas que le prix des carburants reste à un niveau bien plus élevé ?

Nier aujourd’hui l’urgence à s’attaquer à la pollution automobile conduit immanquablement au suicide collectif, que l’on habite en zone urbaine ou rurale.

Les « gilets jaunes » paraissent d’ailleurs quelque peu dépassés par les évènements et ne savent pas trop où ils vont, partiellement instrumentalisés sur un plan politique par quelques élus d’opposition qui ne cachent d’ailleurs pas leur soutien. Leurs revendications sont diverses et pour le moins ambiguës et contradictoires. Un mouvement désordonné difficile à canaliser sur le terrain qui a conduit inévitablement à de nombreuses bavures avec 2 morts et près de 500 blessés. Un bien triste bilan.

Les « gilets jaunes » sont d’abord un mouvement opportuniste et populiste

Le mouvement des « gilets jaunes » n’a pas grand-chose de spontané et encore moins d’une forme de révolte fiscale. En effet, outre les avantages généreusement octroyés en compensation de l’augmentation des prix du carburant (chèque-énergie, prime au renouvellement…), la majorité des français parmi les plus modestes bénéficient largement de redistributions sociales et fiscales de toute sorte, sans oublier le dégrèvement de 33% de leur cotisation de taxe d’habitation en novembre 2018 et l’augmentation des salaires les plus bas.

Un niveau d’assistanat jamais connu en France et dans les pays développés que quelques politiques qui soutiennent aujourd’hui les « gilets jaunes » dénonçaient il y peu de temps encore. Certains ont manifestement la mémoire courte et tentent de profiter du mal-être de nos concitoyens sans vergogne.

Le fondement de ce mouvement peut difficilement trouver sa justification dans la modeste augmentation de la taxe sur les carburants de ces derniers mois. Il ne s’agit ici, ni plus ni moins, que d’un mouvement opportuniste mené par quelques inconditionnels de l’automobile qui ont vu là l’occasion d’exprimer leur mécontentement face au gouvernement qui mène des réformes courageuses.

Evitons la confusion et le mélange des genres de quelques médias parisiens peu au fait des réalités et trop souvent complaisants face à la montée du populisme. Parler de révolte fiscale au cas particulier relève du plus pur fantasme.

Si révolte fiscale il doit y avoir (elle gronde depuis de nombreuses années déjà), elle concernera d’abord les classes moyennes intermédiaires et supérieures peu présentent dans ce mouvement et qui ne bénéficient d’aucune forme d’assistanat en place alors qu’elles contribuent lourdement au plan fiscal, notamment à l’impôt sur le revenu (demain, le prélèvement à la source) qui n’est acquitté que par 45% des français, rappelons-le.

Le mouvement actuel des « gilets jaunes » existe d’abord du fait des réseaux sociaux qui diffusent, comme d’habitude, des fake news en boucle qui ne reflètent en rien la réalité. Chacun peut d’ailleurs noter les difficultés à mobiliser alors que le mouvement est observé avec une certaine sympathie par de nombreux français. Cela ne devrait probablement pas durer longtemps si les blocages de circulation persistent dans les jours à venir car, pour le coup, de nombreux français risquent d’y laisser des plumes en matière de pouvoir d’achat justement.

Le temps semble venu de mettre fin à ces opérations de prise d’otage des français qui pénalisent l’économie et les déplacements des familles en entraînant d’importantes surconsommations de carburant du fait que de nombreux automobilistes doivent faire de longs détours pour se rendre à leur travail et rejoindre leur domicile. Le mouvement qui se voulait en faveur du pouvoir d’achat des plus modestes pourrait rapidement apparaître en contradiction flagrante avec les objectifs initiaux.

Le gouvernement n’a d’autre choix que de faire preuve de fermeté dans ce dossier, sans s’exonérer de toute responsabilité.

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Europe : 1918-2018 – Cents ans après a-t-on vraiment tiré toutes les leçons ?

15 novembre 2018

A l’instar de la France, l’Europe ainsi que de nombreux pays à travers le monde (USA, Royaume-Uni, Belgique, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Inde…) viennent de fêter le 100ème anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918.

100 ans après, pour ne pas oublier l’horreur de la Grande guerre

La commémoration de cet anniversaire est primordiale afin que les nouvelles générations qui n’ont pas connu cette période n’oublient jamais cette terrible guerre où les pertes humaines se sont élevées à près de 20 millions de morts, dont 10 millions de militaires et plus de 22 millions de blessés sur environ 65 millions d’hommes engagés dans le conflit.

Pour la seule France, le bilan fût tout aussi dramatique avec plus 1,4 million de morts et disparus pour une population de 39 millions d’habitants et environ 4 millions de blessés sur 8 millions de combattants engagés.

On peut aujourd’hui constater l’ampleur du désastre humain causé par la Grande guerre dans nos moindres petits villages, autrefois bien plus peuplés, au vu de l’importance des monuments aux morts qui énumèrent la liste des trop nombreuses victimes. Des victimes souvent importantes au sein d’une même famille dont la vie a été brisée à jamais. D’où les nombreuses commémorations locales et nationales.

Le bilan de la guerre de 1914-1918 ne serait pas complet sans l’évocation de l’extermination de plus de 1,5 millions d’Arméniens en 2015 par le gouvernement turc, dont l’empire ottoman qui s’effondrait était alors allié aux empires allemands et austro-hongrois à l’origine de la guerre. Ce génocide contre les Arméniens, le plus vieux peuple indo-européen installé en Turquie et le massif Caucasien depuis la Préhistoire, est le plus important jamais perpétré par un état à l’encontre de sa propre population présente bien avant l’arrivée des musulmans au XIème siècle. Un génocide que la Turquie refuse toujours de reconnaître.

Pour commémorer ce 100ème anniversaire de l’armistice de 1918 qui a mis fin à la terrible Grande guerre en Europe, le président Emmanuel Macron avait fait les choses en grand et invité près de 80 chefs d’Etat ou de gouvernement à Paris pour marquer ce moment. Par-delà cette manifestation mondiale largement médiatisée, l’objectif était de sensibiliser le monde entier aux méfaits de la guerre et aux risques qui planent encore aujourd’hui sur la paix mondiale, y compris en Europe.

Malgré le terrible bilan humain de la guerre de 1914-1918, il y a hélas eu par la suite de nombreuses autres guerres à travers le monde, dont celle de 1939-1944 en Europe, preuve s’il en est, que la paix reste précaire et n’est jamais acquise parce que la bêtise humaine peut conduire au pire en peu de temps.

100 ans plus tard, la montée du populisme et d’un nationalisme aveugle menacent l’équilibre et la paix du monde

La veille de cette commémoration, Angela Merkel a été le premier chancelier allemand à se rendre dans la clairière de Rethondes, près de Compiègne, où fût signée l’armistice. Aux côtés du président français, elle s’est recueillie en ce lieu hautement symbolique où la dalle commémorative rappelle : « Ici succomba l’orgueil de l’Empire allemand vaincu par les peuples libres qu’il prétendait asservir ».

Les 100 ans de l’armistice ont été l’occasion pour le président français de lancer le premier Forum de Paris pour la Paix, une grande conférence pour la paix qui s’est tenue les 11 au 13 novembre, à laquelle ont participé près de 80 chefs d’Etat et de gouvernements. Une initiative à laquelle Emmanuel Macron avait associé Angela Merkel, la Chancelière allemande et plus largement l’Union européenne.

Les deux leaders européens ont présenté un front uni et mis en garde le monde contre un nationalisme exacerbé, l’unilatéralisme et plus généralement le repli sur soi qui menacent aujourd’hui le monde d’éclatement. Une façon de dénoncer clairement les dérives populistes de dirigeants comme messieurs Trump, Poutine, Erdogan et quelques autres en Europe de l’Est et ailleurs. Pour les deux dirigeants européens, la coopération internationale et le projet européen sont aujourd’hui menacés par la montée du populisme, de l’antisémitisme, de l’extrémisme et plus généralement de l’obscurantisme.

Dans ce contexte de tension avec Trump suite à la proposition française de créer une force armée européenne, devant le Parlement européen, Angela Merkel a fait part de son plein soutien : « Nous devrons un jour parvenir à une véritable armée européenne. Il ne s’agit pas d’une armée contre l’Otan, bien au contraire… ». 100 ans après 1918, la création d’une armée européenne aurait le mérite d’éloigner le spectre d’une nouvelle guerre intra-européenne, tout en donnant un signal fort quand à la détermination de l’Union européenne à s’afficher en tant que puissance indépendante.

Face à une situation mondiale qui n’est pas aujourd’hui sans rappeler celle des années 1930 qui a conduit à la 2ème guerre mondiale (« les démons anciens » sont toujours présents selon Emmanuel Macron), les dirigeants de la planète doivent faire preuve d’initiatives et de responsabilité. L’avenir doit passer par le multilatéralisme. Ce n’est pas en entretenant la haine, les fake news, la xénophobie et autres théories du complot que le monde va retrouver les voies de la paix et de la confiance entre les peuples. Le temps est venu de se ressaisir en ne cédant rien au populisme et aux tentations de la division et de la domination.

Pour Angela Merkel, le monde et l’Europe doivent dépasser « les nationalismes à œillères » pour se refonder autour des valeurs démocratiques afin de restaurer le respect et la confiance entre les nations. Comme l’a fort justement déclaré le président Macron dans son discours du 11 novembre à l’Arc de triomphe : « Additionnons nos espoirs au lieu d’additionner nos peurs. » Pas sûr que tous les dirigeants de la planète l’aient entendu !


France : Quand le lobby du tout automobile tentent de manipuler l’opinion

12 novembre 2018

Sous l’impulsion d’inconditionnels du tout automobile, soutenus par quelques politiciens en mal d’idées et de projets, on tente de manipuler l’opinion pour faire croire que le gouvernement actuel serait responsable de la hausse des carburants afin de remplir les caisses de l’Etat. La ficelle est un peu grosse et n’est pas sans rappeler les affirmations fantaisistes et mensongères d’un certain Trump qui use des fake news pour diviser les américains en travestissant la réalité.

Si responsable de l’augmentation des carburants il y a, c’est notamment à l’encontre de Trump qu’il faudrait manifester son mécontentement, lui qui s’est lancé dans une guerre commerciale à l’encontre de ses propres amis et qui interdit aujourd’hui aux iraniens d’exporter son pétrole ! Ajoutez les manœuvres de l’Arabie Saoudite et de la Russie visant à organiser la pénurie pour faire remonter les cours jugés trop bas et vous avez là les véritables responsables d’au moins 75% de la hausse des carburants à travers le monde.

La hausse des carburants n’est pas propre à la France et concerne l’ensemble de la planète comme cela est le cas épisodiquement. Il semble que certains citoyens et politiques d’opposition du pays l’aient oublié… D’ailleurs depuis fin octobre, le prix du baril est de nouveau orienté à la baisse à 65 € contre 80 € au cours de l’été ; ce qui va rapidement faire baisser le prix à la pompe.

L’augmentation des taxes sur le carburant est pleinement justifiée face à l’augmentation des émissions de CO2 et de particules fines à l’origine de nombreux décès

Rappelons que la hausse des taxes sur les produits pétroliers (TICPE, ex. TIPP) de ces derniers temps par le gouvernement, était planifiée et inscrite dans la loi depuis de longues années déjà à l’initiative du précédent gouvernement. Qui plus est, lors de la campagne présidentielle, le candidat Emmanuel Macron, comme certains ses concurrents, avait clairement annoncé cette augmentation en indiquant que les prix du gazole devaient rejoindre à brève échéance ceux de l’essence. Là aussi, il semble encore que les français aient oublié ce fait pourtant connu de tous. Les politiques qui tentent de récupérer le mécontentement de certains sont de mauvaise foi.

En tout état de cause, voici au moins 20 ans et maintenant au moins 10 ans que les habitants de la planète, et donc les français, savent que pour tenter de lutter contre le changement climatique et les graves problèmes de santé publiques liés à l’utilisation de l’automobile dans les zones urbaines (près de 50 000 morts par an en France parmi les personnes les plus fragiles : les enfants et les personnes âgées), il va falloir réduire drastiquement la circulation automobile. Ce qui implique que le bon sens et la responsabilité de chaque automobiliste nécessitait de s’organiser individuellement pour limiter au maximum l’utilisation d’un véhicule automobile. Pour mémoire, un certain nombre de pays européens ont d’ores et déjà décidé d’interdire purement et simplement tout véhicule thermique dès 2030. En France, ce sera 2040 ! C’est dire l’urgence.

Malgré cela, une minorité de français par pur égoïsme refuse de s’adapter et continue de faire comme si de rien n’était : installation de sa résidence à la campagne loin des centres urbains et du lieu de travail, achat de véhicules énergivores à raison souvent de plusieurs par foyer, absence d’utilisation des transports en commun, faible utilisation des mobilités douces : vélo ou marche à pied…. Plutôt que de crier au loup, les inconditionnels du tout automobile seraient mieux inspirés de commencer par réduire leur nombre de véhicules, de rouler dans des véhicules plus adaptés, de supprimer les déplacements inutiles, de covoiturer, de pratiquer l’écoconduite et bien-entendu de respecter scrupuleusement les limitations de vitesse…

Il est à la portée de tout un chacun d’avoir une conduite responsable permettant une limitation sensible de sa consommation (et donc l’impact des taxes), tout en faisant un geste pour préserver la planète et sauver des vies tant qu’il en est encore temps. Eh oui, on n’est pas obligé de prendre la voiture pour quelques kilomètres et en plus, l’activité physique est excellente pour la santé, à condition de pouvoir utiliser des voies vertes, éloignées de la circulation automobile. Le glas du tout automobile a sonné depuis plusieurs décennies et les français sont aussi concernés. Hélas, pour que certains l’intègrent, il faut nécessairement en passer par l’augmentation des taxes.

N’en déplaise à certains automobilistes, l’utilisation quotidienne d’un ou plusieurs véhicules relève avant tout d’une décision strictement personnelle, prise en toute connaissance de cause, malgré les politiques publiques visant à réduire son utilisation. A ces automobilistes de faire preuve de responsabilité et d’avoir le courage d’assumer les conséquences de leurs propres décisions, plutôt que d’accuser les autres, et le gouvernement en particulier.

Il n’y a vraiment pas le choix et d’une certaine façon, il y a urgence…

En l’espèce, s’il y a quelqu’un à blâmer, ce n’est certainement pas le gouvernement actuel, qui contrairement à d’autres, fait preuve de détermination en assumant ses responsabilités. Comme elle s’y est engagée, la France doit lutter contre le dérèglement climatique en mettant en œuvre les mesures nécessaires à la réduction des gaz à effet de serre et protéger la santé du plus grand nombre. Il est vrai que les français en bons vieux gaulois conservateurs, hostiles au changement, ont été habitués à des gouvernements faibles qui cédaient à la première occasion faite aux mécontentements de toute sorte. Cette époque est révolue car c’est le devenir même de notre pays, de la planète et de ses habitants qui est en jeu.

Contraints ou pas, les français comme les autres n’ont le choix que de s’adapter et le populisme le plus rétrograde n’y changera rien.

Comment ne pas être pleinement en accord avec le Premier ministre, Édouard Philippe, qui a assuré ce 03 novembre que l’augmentation des taxes sur le carburant sera maintenue : « C’est compliqué mais il n’y a pas le choix… J’entends parfaitement la grogne, le mécontentement parfois, la colère aussi qui peut s’exprimer, mais je dis aujourd’hui comme je l’ai toujours dit qu’il n’y a pas de solution magique au problème du dérèglement climatique ».

Face à la polémique franco-française sur l’augmentation des prix des carburants, sous l’effet conjugué des hausses des prix du pétrole et de la TICPE, il a rappelé une réalité qui s’impose aujourd’hui à tout gouvernement responsable : « Il faut inciter nos concitoyens à changer un certain nombre de comportements qui sont problématiques du point de vue des équilibres environnementaux… Alors c’est facile à dire comme ça, et puis quand on rentre dans le détail, ça râle un peu il faut reconnaître. Théoriquement, tout le monde est d’accord (pour réduire les émissions) mais en pratique c’est difficile. Il faut accompagner ça. Il faut que les gouvernements essaient de dire à la fois : « attention il faut changer les comportements », mais en même temps qu’ils accompagnent leurs concitoyens pour que ces changements soient possibles ».

Et de citer les primes à la conversion mises en place par le gouvernement dans l’automobile ou pour changer les chaudières au fioul.

Dans ce contexte, certains opposants proposent l’instauration d’un chèque-carburant pour compenser la hausse des carburants. Pure démagogie et populisme le plus grégaire ? Probablement les deux. Tant qu’on y est, pourquoi ne pas exiger de l’Etat, et donc au contribuable, de payer l’intégralité de la facture de carburant des français ? Une belle manière d’encourager la gabegie et l’irresponsabilité de quelques-uns face aux citoyens qui font des efforts importants depuis des années pour réduire leur empreinte carbone et les rejets de particules afin de préserver leur santé et l’avenir de la planète ! Certains de ces politiques n’avaient-ils pas demandé lors de la dernière présidentielle de mettre fin à l’assistanat permanent ?

Ces appels à manifester contre les récentes hausses des carburants témoignent d’une forme de schizophrénie des français face aux questions environnementales, alors que dans le même temps, une grande majorité défend une politique de préservation de l’environnement. Les français, comme le reste du monde, vont devoir choisir entre la survie de la planète et leur porte-monnaie.

Une fois de plus, si les français sont d’accord pour les réformes, c’est uniquement lorsque ce sont les autres qui en paient le prix. L’égoïsme et le repli sur sa petite personne n’est guère de bon augure pour les générations futures et plus généralement pour l’avenir de notre planète. Ce n’est hélas pas par le populisme que les dirigeants de la planète vont enrayer le processus de destruction de celle-ci.

 


Terrible constat du WWF : 60% des animaux de notre planète ont disparu en 45 ans

5 novembre 2018

Chacun peut le constater au quotidien, même en Aveyron, depuis plus de 10 ans, de nombreuses espèces se font de plus en plus rares dans notre quotidien, notamment les oiseaux (hirondelles, mésanges, chauves-souris…) mais aussi les insectes (abeilles, papillons, hannetons…). Cette perte de biodiversité en si peu de temps est considérable et traduit nécessairement une dégradation de notre biotope. Rien de bien rassurant pour l’avenir de notre planète.

Dans son récent rapport, le WWF dresse un bilan alarmant de l’état de santé de notre planète.

Selon l’ONG, 60% des populations d’animaux sauvages qui ont disparu de la Terre depuis 1970, selon le dernier rapport « Planète vivante » publié récemment par l’organisation non gouvernementale. Cette disparition de plus de la moitié des vertébrés (à l’exception de l’homme, dont la population continue de croître), a donc été opérée en un peu plus de quarante ans (l’étude s’est arrêtée aux derniers recensements d’animaux en 2014). Même si aucune étude n’est disponible concernant les invertébrés, il y a tout lieu de croire que le bilan n’est guère meilleur.

La situation la plus inquiétante est localisée dans les zones tropicales d’Asie et surtout d’Amérique latine, très touchée par la déforestation avec une baisse de l’ordre de 89 %. Du jamais vu jusqu’alors.

Ce sont principalement les activités humaines qui sont en cause et expliquent la rapidité de cette dégradation profonde de l’environnement. Marco Lambertini, le directeur général du WWF International, vient de lancer un nouveau cri d’alarme pour tenter de sensibiliser l’opinion mondiale et essayer de trouver au plus vite « un nouvel accord global pour la nature et les hommes ». D’autres preuves scientifiques ont d’ailleurs été publiées ces derniers mois pour démontrer l’appauvrissement général de la biodiversité.

Selon une étude de Plos One publiée en octobre 2017, la plupart des régions de la planète sont touchées. Ainsi en Allemagne, les populations d’insectes ont diminué de plus de 75 % en trente ans. Une chute brutale liée à la perte d’habitats des insectes et à l’agriculture intensive, grosse consommatrice de pesticides, qui ont un fort impact sur les populations de pollinisateurs. L’Europe consomme en effet à elle seule plus de la moitié des pesticides de la planète !

Dans le célèbre magazine Nature, les chercheurs expliquent également que les trois quarts des plantes, amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères ont disparu de la surface de la Terre depuis 1 500. A cela deux raisons : d’une part la surexploitation de certaines espèces et, d’autre part, l’agriculture. La demande mondiale d’alimentation et de terres agricoles exerce en effet une pression considérable sur les écosystèmes et la biodiversité.

Arnaud Gauffier, responsable « agriculture et alimentation » chez WWF-France est catégorique : « À elle seule, l’agriculture est responsable de 70 % de la déforestation mondiale. Pour se donner une idée, l’expansion de l’agriculture conduit à la perte d’une superficie de forêts tropicales équivalentes à 40 terrains de football chaque minute ». Et ce n’est pas l’élection du nouveau président du Brésil qui va arranger les choses, lui qui envisage d’accélérer le déboisement pour développer l’agriculture intensive.

L’étude montre également que l’expansion de certaines cultures, comme celle de l’huile de palme en Asie du Sud-Est, gagne progressivement d’autres pays en Afrique, notamment la République démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville, le Gabon et le Cameroun».

Outre la déforestation mondiale, se pose la question de l’artificialisation croissante des sols sur l’ensemble de la planète

Pour le WWF, même l’Europe n’est pas épargnée en raison de l’intensification de l’agriculture, avec une forme d’importation de la déforestation.

C’est le cas notamment pour l’écosystème spécifique du Cerrado, en Amérique latine, composé à moitié de savanes et de forêts, qui couvre environ un tiers du Brésil. « Cet écosystème a perdu la moitié de sa surface au cours des trente dernières années ; or cette zone abrite 40 % d’espèces endémiques… » rappelle Arnaud Gauffier. « Cette évolution est provoquée par la culture extensive du soja et l’élevage de bovins. Sachant qu’une partie de ce soja est importé en France, notamment pour l’élevage de poulets, cela signifie aussi que derrière nos œufs et nos blancs de poulet, notre pays contribue à la déforestation du Cerrado ».

Dans les zones humides, constituées de marais et de zones inondables, de nombreuses autres activités humaines dégradent l’environnement et réduisent fortement le nombre d’espèces vivantes. Alors que ces milieux représentent moins de 1 % des surfaces immergées, ils constituent un habitat refuge pour 126 000 espèces, soit 10 % de celles qui sont connues dans le monde.

L’indice « planète vivante » des experts du WWF permettant de suivre l’évolution de la biodiversité, a plongé de 83 % depuis 1970.

Si cette baisse est un peu moins importante en France (environ 60 %) ; pour le WWF, force est de constater qu’ « en France, les zones humides ont perdu la moitié de leur superficie en trente ans. Elles disparaissent surtout à cause de l’artificialisation des sols, notamment du fait de l’extension permanente de l’habitat et des zones urbaines avec leurs zones commerciales. Après une relative pause ces dernières années, l’artificialisation des sols en France repart à la hausse…»,

Les pays développés ne sont donc guère plus exemplaires. Le constat du WWF est sans appel et montre une fois de plus que les hommes sont en train de détruite leur propre planète. Jamais depuis l’arrivée de l’homme, la Terre n’avait connu une si dégradation, preuve s’il en est que le plus grand prédateur et destructeur de notre planète que autre que l’espèce humaine.

Quand allons-nous commencer à réagir, si tant est qu’il est encore temps ?

Plus d’infos : Le rapport « Planète vivante « 2018 publié par le WWF