Aveyron : Pari réussi pour l’association Tout le monde chante contre le cancer

16 septembre 2015

Ce dimanche 13 septembre, un grand meeting aérien était organisé sur le tarmac de l’aéroport de Rodez-Aveyron, parrainé par l’Armée de l’Air.

Plus de 25 000 personnes avaient bravé une météo pour le moins incertaine dés 11 h du matin pour assister à ce spectacle. Parmi la foule venue de l’Aveyron et des départements voisins et bien au-delà qui avait envahi l’aéroport, il y avait une grande majorité de familles avec enfants ; ce qui donnait une impression de grande fête populaire. Il fait dire qu’il y avait bien longtemps qu’un spectacle aérien d’un tel niveau n’avait été proposé en Aveyron.

En effet, le programme était particulièrement alléchant. Outre une série d’avions, des plus anciens aux plus modernes, des prestigieux avions de voltige, école ou d’entraînement militaire, il y en avait de tous les goûts. Mais l’attraction de ce meeting était incontestablement la Patrouille de France et le Rafale.

L’Armée de l’Air, aujourd’hui présente sur de nombreux champs de bataille en Affrique et au Moyen-Orient, avec ses avions de combat Rafale, était en première ligne. La Patrouille de France au grand complet avec ses 11 Alpha-Jet, par ailleurs championne du monde de voltige, a produit un superbe spectacle, que ce soit lors des séances d’entrainement en milieu de journée ou en fin de journée. Ce fût tout simplement époustouflant. A son tour, la démonstration du Rafale, l’avion le plus moderne de l’Armée de l’Air, a été superbe et permis de mesurer le potentiel de ce chasseur-interception et bombardier polyvalent.

Cette grande opération de proximité menée par l’Armée de l’Air se voulait aussi une opération de charme pour aller à la rencontre des citoyens et peut-être de futurs officiers et sous-officiers séduits par la diversité, la technicité et le modernisme de celle-ci. De ce point de vue, comme sur d’autres, les pilotes et techniciens ont su séduire l’ensemble du public ravi.

Mais la principale raison de la présence en force de l’Armée de l’Air à ce meeting de Rodez, était aussi une raison de cœur. A la demande de l’association aveyronnaise Tout le monde chante contre le cancer qui fêtait ses 10 ans d’existence, elle était venue pour l’encourager dans ses actions de soutien et d’accompagnement des enfants atteints de cancer. L’intégralité des recettes ont d’ailleurs été intégralement reversées à l’association et seront engagées exclusivement à des actions au profit des enfants.

Plutôt que de pleurer sur le sort des malades, son objectif est d’encourager et de soutenir activement les plus jeunes atteints par cette terrible maladie, que ce soit au sein des hôpitaux en offrant des cadeaux, des salles de jeux, des télévisions, mais aussi en organisant des voyages et séjours ou tout simplement en offrant des vols à de nombreux enfants. Au total, l’association réalise plus de 1000 actions chaque année pour améliorer le quotidien des malades et de leur famille, auprès de 130 hôpitaux partout en France.

L’association Tout le monde chante contre le cancer est née à Villefranche-de-Rouergue qui en est le siège. Avec plus de 350 bénévoles (des vrais) dans toute la France, elle intervient dans la région et rayonne aujourd’hui dans l’ensemble du pays au service des enfants atteints de la maladie. Cette association est exemplaire par son action et bénéficie d’une excellente image de professionnalisme. Exemplaire, elle l’est aussi par sa gestion puisque seulement 2.8% des dons récoltés sont consacrés à la gestion ; la quasi-totalité des dons reçus, soit 97.2% étant consacrés à satisfaire l’objet même de l’association : venir en aide aux enfants atteints de la maladie. Un record dans ce domaine en France qui est tout à son honneur.

Les dirigeants de l’association, eux aussi entièrement bénévoles, ne reçoivent aucun défraiement de quelque nature que ce soit pour leurs missions. Le président de Tout le monde chante contre le cancer est Nicolas Rossignol et la déléguée générale Aurélie Dufourmantelle…

Devenez vous aussi un Ange Gardien pour ces enfants en rejoignant l’association et/ou en réalisant un don : Tout le monde chante contre le cancer

Plus d’information :


France : La colère des professionnels de la santé contre la réforme de la ministre de la Santé, Marisol Touraine

17 mars 2015

Entre 20 000 et 40 000 professionnels de santé, dont de très nombreux médecins, ont manifesté ce dimanche 15 mars 2015 à Paris contre le projet de loi de la Marisol Touraine, ministre de la Santé. Probablement la plus importante manifestation des médecins libéraux depuis longtemps en France.

Pour les médecins, cette forte mobilisation est un véritable succès qui devrait contribuer à enterrer la réforme de la ministre. Vent debout contre la généralisation du tiers payant qui ferait d’eux de véritables fonctionnaires se substituant à la Sécurité sociale pour contrôler les droits des assurés au lieu de se concentrer sur les soins et le suivi médical de leur patient qui est leur métier !

A juste titre, comme cela est aujourd’hui le cas pour les pharmaciens pour qui le tiers-payant est une obligation génératrice de complications et de surcoûts, les médecins redoutent la charge de travail supplémentaire générée par sa généralisation. En effet, cette lourdeur est en partie due au nombre important de mutuelles qui compliquent considérablement le système de remboursement, avec de fréquents problèmes techniques. L’autre aspect négatif du tiers payant est qu’il fait passer les médecins directement sous l’autorité de la sécurité sociale qui rembourse totalement ou partiellement selon son bon vouloir, dans un délai relativement long de l’ordre de 8 jours, quand ce n’est plus. Ce qui rend les recettes relativement aléatoires et moins lisibles pour les professionnels à un moment où nombre d’entre-eux voient celles-ci baisser.

Le tiers-payant est un système loin d’être aussi simple pour les professionnels de santé que ne l’affirme le gouvernement.

Rappelons que le tiers-payant existe déjà pour certaines catégories de patients à faibles revenus qui n’ont pas à faire l’avance de la consultation chez le médecin, au demeurant modique. Rappelons aussi que le tiers payant a été mis en place pour les pharmaciens, principalement en raison du coût élevé des nombreux traitements médicaux afin que les patients n’aient pas à faire l’avance de trésorerie et puissent se soigner, sans difficultés, quel que soit leur niveau de revenus.

Avec une consultation modique à seulement 23 euros, inchangée depuis de longues années, il n’apparaît pas anormal que les patients s’acquittent directement de leur consultation. C’est aussi un moyen important de les responsabiliser et de faire en sorte qu’ils ne consultent pas pour un oui ou non, sans restriction aucune. Qu’y a-t-il là de choquant ?

Enfin, contrairement à une idée faussement répandue par les médias et le gouvernement socialiste, les revenus de nombreux médecins notamment en zone rurale ou dans les villes moyennes sont en baisse sensible et parmi les plus bas des grands pays de l’UE, soit moins que le revenu moyen des français alors que nombre d’entre-eux travaillent plus de 10 heures par jour, parfois le samedi et souvent avec des permanences les weekend. Pas cher payé pour rémunérer des professionnels qui ont fait de longues études et qui ont l’importante mission de veiller sur la bonne santé de la population !

Aujourd’hui, les spécialistes sont d’ailleurs d’accord pour dire que la juste rémunération de la consultation d’un médecin généraliste devrait se situer entre 27 et 28 euros au lieu des 23 euros actuels. De ce point de vue, les revendications des médecins libéraux seraient tout à fait légitimes sur ce point comme sur d’autres.

Les professionnels de la santé se sont tous retrouvés dans cette manifestation tant leur exaspération est grande et ont le sentiment de ne pas être compris. Les médecins généralistes déplorent l’absence de mesures pour favoriser « la révolution du premier recours ». De leur côté, les spécialistes se considèrent comme ignorés, et dans certains établissements, hospitaliers des médecins exercent souvent dans des conditions particulièrement difficiles.

Au final, la ministre s’est mis toutes les catégories de médecins à dos, sans oublier les jeunes, forcément les plus mobilisés. Et on les comprend ! D’ailleurs, les syndicats de médecins régulièrement opposés se sont retrouvés dimanche derrière la même banderole. La ministre fait l’unanimité contre elle.

L’erreur de la ministre a été de sous-estimer la puissance des médecins et de ne pas avoir suffisamment négocié avec eux préalablement. L’autre erreur a probablement été de ne pas proposer une réforme globale, en revoyant la gouvernance du système de santé, entre d’une part, l’Etat, l’Assurance maladie et les professionnels de santé. Ce qui mécontente tout le monde.

La nécessité d’une grande réforme de notre système de santé n’est pas contestable. Encore faudrait qu’elle se fasse de manière globale et cohérente, en prenant soin de consulter préalablement l’ensemble des parties, et non sur des bases strictement politiciennes, sans prendre en compte l’intérêt des patients et des professionnels de santé dont le rôle est essentiel.


La Ligue contre la violence routière plus que jamais déterminée à poursuivre son combat pour faire baisser le nombre de victimes de la route

8 octobre 2014

Depuis plus de 20 ans, la Ligue contre la violence routière participe se bat contre les accidents de la route et pour sauver un maximum de vie humaines. A ce titre, l’association est de tous les combats pour sensibiliser les conducteurs et leurs passagers aux risques liés aux accidents de la route. Interlocuteur privilégié des Pouvoirs-publics, elle met tout en œuvre pour convaincre ces derniers d’adopter les lois qui permettront de lutter durablement contre l’insécurité routière en France.

A l’occasion de la traditionnelle semaine de la Sécurité routière, la Ligue contre la violence routière de l’Aveyron présidée par Mme Christiane Poinsot, avait organisé ce 7 octobre 2014 une grande conférence sur le thème très sensible et ô combien essentiel de la vitesse. Pourquoi la vitesse tue ? Quelle relation entre la vitesse pratiquée et l’accident ? Existe-t-il des moyens efficaces pour faire baisser le nombre d’accidents et de morts sur les routes ? Pourquoi certains pays sont-ils meilleurs que nous ? Sommes-nous manipulés par la désinformation du lobby automobile ?

Organisée dans la superbe salle de la Baleine à Onet-le-Château, cette conférence qui a réuni une centaine de personnes, avait pour invités Mme Chantal Perrichon, présidente nationale de la Ligue contre la violence routière et le professeur Claude Got, célèbre chercheur en médecine et grand spécialiste français de l’accidentologie. L’exposé des deux orateurs fut long mais passionnant car très bien documenté.

Le professeur Got démontra une fois de plus en quoi la vitesse des véhicules influence directement et de manière déterminante la gravité des accidents de la route. La vitesse est non seulement un facteur d’accident en lui-même mais surtout un facteur aggravant incontestable. Plus la vitesse est importante et moindre sont les chances de survie des conducteurs et passagers. A l’inverse, plus la vitesse est faible, moindre sont les blessures. Même si l’amélioration du réseau routier et de la sécurité passive et active des véhicules a joué un rôle non négligeable, le mérite de la baisse du nombre de victimes depuis 2002 en revient principalement à la réduction importante de la vitesse moyenne de plus de 10 Km/h.

Mme Chantal Perrichon ne tarit pas d’éloge sur la politique de Sécurité routière mise en oeuvre entre 2002 et 2008 par le gouvernement de M. Jean-Pierre Raffarin. La politique suivie au niveau interministériel visait à accentuer considérablement les contrôles de vitesse par la mise en place de radars automatiques en nombre important et à sanctionner lourdement les dépassements, le tout en s’assurant que les contrevenants ne pourraient échapper aux sanctions. Cette politique, appuyée par la Ligue contre la violence routière, a conduit à des résultats inespérés en quelques années, faisant passer le nombre de victime de plus de 8 000 par an à moins de 4 000. En 2014, le nombre de victimes de la route s’est stabilisé aux alentours de 3 700 par an.

Chacun le sait, la meilleure arme pour faire respecter le code de la route reste la répression pure et dure. Les intervenants ont rappelé que prés de 90% des accidents graves étaient causés par les hommes et plus de 80% des victimes n’avaient aucune responsabilité dans ces accidents. Faudra-t-il interdire les hommes de conduite ???

La Ligue contre la violence routière n’entend pas en rester en si bon chemin. Elle veut aller beaucoup plus loin en faisant baisser le nombre de victimes d’accidents de la route à moins de 2 000 par an à l’horizon 2020. Ce qui ferait de la France l’un des pays les plus sûr d’Europe, soit prés de 2 000 vies supplémentaires de sauvées par an. Pour atteindre cet objectif ambitieux, Chantal Perrichon demande depuis plus de deux ans aux gouvernements de M. Ayrault puis de M. Valls de prendre ce dossier à bras le corps et de franchir un nouveau palier en matière de Sécurité routière. Il semble hélas que la lutte contre les accidents de la route ne soit pas une priorité des gouvernements actuels !

Pour autant, la Ligue contre la violence routière ne renonce pas et entend se battre jusqu’à ce qu’elle obtienne satisfaction. Elle exige du gouvernement que la vitesse sur les routes à double sens de circulation (plus de 80% des routes) soit réduite de 90 km/h à 80 km/h seulement et ce, sur l’ensemble du territoire. Cette baisse de la vitesse devant mécaniquement réduite le nombre de tués sur les routes. Encore faut-il que cette vitesse soit scrupuleusement respectée. Pour ce faire, plutôt que d’augmenter le nombre de radars automatiques, la Ligue propose de généraliser les radars embarqués à bord de voitures banalisées, beaucoup plus efficaces mais qui sont en France en nombre très limité (moins de 2 000 à ce jour, contre plus de 20 000 au Royaume-Uni pour un réseau routier trois fois moins important).

La Ligue demande également aux constructeurs automobiles d’équiper les véhicules de boites noires ; ce qui constituerait pour eux le moyens d’obtenir de nombreuses données techniques, tout en permettant, lors des accidents de la route, de connaître les circonstances précises de ces derniers et les responsabilités de chacun. Manifestement, les constructeurs européens ne sont pas prêts à franchir le pas du fait de la forte opposition des associations d’automobilistes.

Enfin, la Ligue se bat pour que tous les véhicules soient équipés du système Lavia. Celui-ci prend en compte la position du véhicule grâce au GPS et, en fonction de cette position, recherche dans une base de données embarquée les vitesses limites autorisées à cet endroit. Lavia limite alors la vitesse maximum du véhicule en fonction de cette vitesse réglementaire. Cette technologie est parfaitement au point depuis plusieurs années déjà. Ici aussi, en dépit du coût réduit de ce système qui à terme, rendrait sans objet les contrôles radars, le gouvernement fait la sourde oreille face à la pressions de lobbys influents. A croire que la préservation de milliers de vies innocentes annuellement le laisse indifférent.

Claude Got a également commenté brièvement l’accidentologie sur les routes aveyronnaises en rappelant qu’il y a quatre fois moins d’accidents sur les autoroutes ou les routes à chaussée séparée. En Aveyron, en attendant la mise à 2 X 2 voies de la RN88 entre Tanus et Séverac-le-Château, seuls 85 km sont opérationnels avec un niveau d’accident très faible pour un fort trafic. Contrairement à une idée reçue, la RN88 dans sa portion aveyronnaise, n’est pas, loin s’en faut, la voie la plus accidentogène au regard de son important trafic. De même, les zones urbaines du Grand Rodez, de Millau et de Villefranche-de-Rouergue restent peu accidentogènes probablement en raison de leur faible importance au regard de la population rurale du département.

En Aveyron, trois routes apparaissent toutefois fortement accidentogènes. Il s’agit, d’une part, des RD1 et RD 926 reliant Caylus (Tarn-et-Garonne) à Rignac, via Villefranche-de-Rouergue et, d’autre part, de la RD 992 reliant Millau à Saint Rome-de-Cernon. Le professeur Got s’est interrogé sur les raisons de cette forte accidentologie, constatant qu’il s’agissait de voies sinueuses comportant un dénivelé et relativement fréquentées. Pour lui, cette situation nécessiterait des enquêtes approfondies sur les accidents afin d’en comprendre les raisons et de tenter d’y remédier.

Non, la mort sur les routes de France et de l’Aveyron n’est pas une fatalité. Bravo à la Ligue contre la violence routière et à ses bénévoles pour son juste combat pour préserver encore davantage de vies humaines sur nos routes.

Contact :

Ligue contre la violence routière de l’Aveyron 1 rue du Gaz BP 93330 12033 Rodez cedex 9

Tél : 05 65 42 21 63 – email : lcvr12@orange.fr


France : le pays champion du monde de la consommation de médicaments, souvent prescrits abusivement et pourtant remboursés par la sécurité sociale (3)

16 novembre 2012

Parmi les prescriptions abusives, on trouve les médicaments anti-cholestérol : Tahor, Crestor… En effet, en France, les médecins qu’ils soient généralistes ou hospitaliers, n’hésitent pas à prescrire à titre purement préventif ces statines qui sont le principal traitement contre le cholestérol, souvent dés l’âge de 40 ans dés lors que le taux de cholestérol total est légèrement élevé mais inférieur à la limite haute 2.4 g/l (6 mmol) qui est valeur officielle normale. Les statines permettent effectivement, selon les doses, une réduction cholestérol de 25% à 50%.

Or, la prescription de ce type de médicament devrait être réservée aux seuls patients qui, en dépit d’un régime strict, n’arrivent pas à contenir le niveau de cholestérol dans la fourchette haute préconisée et qui présentent par ailleurs plusieurs facteurs de risques (c’est-à-dire les hypertendus traités avec trois facteurs de risques, avec ou sans hyperglycémie ; les hypercholestérolémies familiales ; les diabètes de type 2 avec deux facteurs de risques ou les pathologies cardio-vasculaires avec athérome). Ce qui fait dire aux auteurs du livre que « les statines sont distribuées au robinet par les cardiologues et les généralistes à presque tous les hommes ou femmes de plus de 50 ans qui passent à leur portée, donc hors indications ».

Ainsi, en France, entre 2 millions et 5 millions de patients seraient traités avec des statines ou autres hypolipémiants alors qu’en réalité moins de 500 000 nécessiteraient une telle prescription si les indications étaient strictement respectées. D’autre part, lors de leur prescription, on oublie régulièrement d’informer les patients sur certains effets indésirables et importants qu’engendre, chez plus de 80% des personnes traitées, la prise régulière de statines : les douleurs musculaires et autres détériorations ou inflammations des muscles parfois si importantes qu’il n’y a d’autres issues que d’interrompre le traitement.

Des économies conséquentes pourraient ainsi être réalisées par la Sécurité sociale sur de nombreux autres médicaments, souvent très chers et pas ou peu efficaces sur un plan santé. C’est notamment le cas des médicaments contre l’hypertension. Trop souvent, les cardiologues ou généralistes ont tendance à prescrire les molécules les plus récentes mises sur le marché par les grands laboratoires ; or, elles sont beaucoup plus chères que les médicaments plus anciens et souvent beaucoup moins efficaces et avec de nombreuses contre-indications. Dans le domaine de l’HTA (hypertension artérielle), certaines classes de médicaments anciens, tels les diurétiques, les bétabloquants et les IEC (inhibiteurs de l’enzyme de conversion) sont bien plus efficaces et surtout beaucoup moins chers (jusqu’à cinq fois moins et parfois plus) que de nombreuses molécules récentes dont l’efficacité reste à démontrer.

Cette dernière remarque et valable pour de nombreux médicaments. Ces derniers sont trop souvent vendus par des visiteurs médicaux , excellents vendeurs, mais sans aucune connaissance médicale, comme des marchandises banales. Or, les médicaments sont tout sauf des marchandises ordinaires. Dans le monde médical français, il subsiste trop de conflits d’intérêts entre, d’une part, l’industrie pharmaceutique dont l’objectif est avant tout de vendre à tout prix en rentabilisant au mieux leurs molécules et autres « blockbusters » pour doper leurs résultats, et d’autre part, certains médecins, chercheurs et responsables d’agences publiques. De nombreux médicaments sont ainsi mis sur le marché et prescrits avec remboursement intégral alors que leurs prix sont très élevés et que leur efficacité médicale n’a jamais été démontrée.

En cela, en pleine affaire du Médiator, qui met en cause les dirigeants du laboratoire Servier, le livre courageux des professeurs Even et Debré doit être l’occasion d’ouvrir un débat public afin d’instaurer une plus grande transparence entre le monde médical et les laboratoires, mais aussi sur les autorisations de mise sur le marché des médicaments, la fixation des prix et leur niveau de remboursement.

Dans un monde médical largement contrôlé par les laboratoires pharmaceutiques comme en France, le rôle de revues indépendantes devrait être renforcé, à l’instar de la revue « Prescrire » dont la qualité des informations et l’indépendance n’est plus à faire.

Il s’agit d’abord, pour la France, d’un véritable enjeu de santé publique : assurer une meilleure santé pour tous au meilleur prix, tout en assurant une gestion plus efficace des fonds publics en réduisant drastiquement les déficits de la Sécurité sociale. Le débat est ouvert et promet d’être houleux au vu des enjeux financiers considérables.

RAPPEL : Les présentes données sont communiquées à titre de simple information et ne peuvent en aucun cas constituer des recommandations médicales. Elles sont extraites du « guide des 4 000 médicaments » des professeurs Philippe Even et Bernard Debré paru en octobre 2012 aux éditions Cherche Midi. Il est rappelé que toute prescription de médicament  doit être impérativement réalisée par un professionnel de la santé.


France : le pays champion du monde de la consommation de médicaments est aussi le 3ème marché mondial que se disputent les grands laboratoires (2)

5 novembre 2012

« Le guide des 4 000 médicaments, utiles, inutiles ou dangereux » publié à l’initiative des professeurs Philippe Even et Bernard Debré, est paru début octobre aux éditions Cherche Midi. Il figure d’ores et déjà parmi les meilleures ventes en librairie de France, preuve que le livre répond à certaines interrogations du grand-public.

Ces personnalités reconnues du monde médical (le premier est l’ancien doyen de la faculté de médecine  Necker et président de l’institut du même nom, tandis que le second est vice-président de l’institut Necker et membre du Comité national d’éthique pour la recherche et les sciences de la vie), tirent le signal d’alarme sur la prescription excessive, pour ne pas dire abusive, de médicaments en France, les risques que cela entraîne pour la santé, l’énorme pression des laboratoires pharmaceutiques et le surcoût généré pour la collectivité toute entière.

Avec seulement 65 millions d’habitants, la France est le 3ème marché mondial du médicament avec 5.9% du marché, derrière les USA (44%) et le Japon (11.60%), a égalité avec l’Allemagne (85 millions d’habitants), mais très loin devant la Chine 3.7%, l’Italie 3.20%, l’Espagne 3% et le Royaume-Uni 2.90%. Pour autant, des pays comme le Royaume-Uni, l’Italie ou l’Espagne ne sont pas plus mal soignés que la France qui consacre un budget de 35 milliards d’euros aux médicaments, contre moins de 20 milliards pour chacun de ces derniers pays.

Le marché français du médicament est largement dominé par les laboratoires étrangers. Les laboratoires français contrôlent 38% du marché local, dont 26% pour Sanofi. Les laboratoires américains représentent 25% (9% pour Pfizer-Wyeth ; 7% pour MSD-Shering ; 5% pour Janssen-Cilag et 4% pour Eli Lilly, BMS, Abbott) ; les anglais 12% (6% pour Astra-Zeneca et 6% pour GSK Glaxo-SmithKline), les suisses 11% avec Roche, Novartis, Sandoz, Ciba-Geigy) et les allemands 8% (Bayer, Boehringer, Merck).

Les principaux laboratoires mondiaux sont (CA en milliards de dollars): Pfizer (58 G$), Novartis (50 G$), Roche (39 G$), MSD (46 G$), GSK (40 G$), Astra-Zeneca (33 G$), Sanofi (30 G$), Eli Lilly (23 D$)…  Malgré les profits en forte hausse, depuis 20 ans, les laboratoires ont découvert l’un des plus faibles nombres de nouvelles molécules ; preuve que les profits ont été privilégiés aux investissements. Par contre, les prix des médicaments en France, y compris les génériques, ont connus une très forte augmentation alors que leur efficacité était parfois nulle et qu’ils continuaient à être remboursés à 100%.

La surconsommation de médicaments est une réalité bien française, même si la consommation tend à se stabiliser ces dernières années. En moyenne, les français consomment 3.7 comprimés par jour, soit 48 boîtes par an (prés d’une par semaine). Selon la classe de médicaments, la France est par habitant, championne d’Europe entre 2003 et 2011 dans toutes les catégories.

Les médicaments les plus vendus en France en 2010 : n° 1 : Tahor (Pfizer) cholestérol avec 485 M€, n° 2 : Avastin (Roche) cancer avec 390 M€, Inexium (Astra-Zeneca) reflux pour 330 M€, Seritide (GSK) asthme pour 305 M€, Crestor (Astra-Zeneca) anti-cholestérol pour 285 M€, Humira (Abbott) polyarthrite avec 270 M€, Enbrel (Wyeth) polyarthrite pour 260 M€, Herceptine  (Roche) cancer du sein pour 240 M€, Remicade (Shering) polyathrite pour 230 M€, Mabthera (Roche) lymphomes pour 220 M€, Taxotère (Sanofi) cancers pour 210 M€, Doliprane  (Sanofi) analgésique pour 205 M€, Plavix  (Sanofi) antiagrégant pour 205 M€, Glivec (Novartis) leucémie pour 190 M€, Lovenox (Sanofi) anti-thrombose pour 185 M€….

Parmi ces derniers, nombre parmi les plus importants sont prescrits alors qu’aucune indication médicale ne le recommande, bien au contraire.

  • IMPORTANT : Les présentes données sont communiquées à titre d’information et ne peuvent en aucun cas constituer des recommandations médicales. Elles sont extraites du « guide des 4 000 médicaments » des professeurs Philippe Even et Bernard Debré paru en octobre 2012 aux éditions Cherche Midi. Il est rappelé que toute prescription de médicament  doit être impérativement réalisée par un professionnel de santé.

France : de nombreux médicaments remboursés n’ont aucune efficacité médicale ou présentent des risques pour la santé (1)

22 octobre 2012

« Le guide des 4 000 médicaments, utiles, inutiles ou dangereux » publié à l’initiative des professeurs Philippe Even et Bernard Debré, est paru début octobre aux éditions Cherche Midi. Il figure d’ores et déjà parmi les meilleures ventes en librairie de France, preuve que le livre répond à certaines interrogations du grand-public.

Qu’est-ce qui a pris ces deux imminents spécialistes français de publier un tel livre qui affirment que plus de 50% des médicaments autorisées en France sont inutiles, 20% mal tolérés et 5% potentiellement dangereux pour la santé ? Aujourd’hui en fin de carrière, ces personnalités reconnue (Philippe Even est l’ancien doyen de la faculté de médecine  Necker et président de l’institut du même nom, tandis que de Bernard Debré est vice-président de l’institut Necker et membre du Comité national d’éthique pour la recherche et les sciences de la vie), ont manifestement voulu, au travers de ce livre, tirer le signal d’alarme sur la prescription excessive de médicaments en France, les risques que cela entraîne pour la santé, l’énorme pression des laboratoires pharmaceutiques et le surcoût généré pour la collectivité toute entière.

Tout le monde est d’accord pour reconnaître que la situation française, au regard des importantes prescriptions pharmaceutiques (le France est le pays qui détient le record du monde de la consommation de médicaments par habitant), est intenable sur un plan financier et que, pour autant, la population n’est pas mieux soignée que dans ces mêmes pays.

Ce livre dénonce le fait que les dépenses liées au remboursement des médicaments sont, en France, de 1.3 à 2 fois plus importantes que celles de la plupart des pays développés, soit un surcoût de l’ordre de 10 à 15 milliards d’euros par an, sans aucun bénéfice pour la santé et au détriment des dépenses qui devraient être la priorité : les hôpitaux, les infirmières, les handicapés et la dépendance.

Il se veut à la fois un guide pour les patients et les praticiens médicaux afin de les alerter et les éclairer sur l’efficacité réelle et les risques liés à certains médicaments, mais aussi un signal d’alarme adressé aux pouvoirs-publics et aux diverses agences publiques de santé.

Les auteurs du livre dénoncent les risques liés à la prescription de certains médicaments comme les antibiotiques, les statines, certains antihypertenseurs…, sans oublier le tristement célèbre Médiator des laboratoires Servier qui aurait causé la mort de plusieurs milliers de personnes. Non seulement les laboratoires pharmaceutiques manquent singulièrement de transparence dans l’évaluation de la plupart de leurs médicaments, mais leur principale motivation serait de privilégier leurs profits au détriment de la santé des patients. Ces laboratoires n’ignoreraient pas que nombre de leurs molécules seraient sans réels effet alors que d’autres seraient même dangereuses pour la santé. Qui plus est, nombre de médicaments seraient souvent vendus à des prix exorbitants, sans rapport avec leur efficacité réelle, alors que des molécules plus anciennes mais moins chères ou certains génériques seraient bien plus efficaces !

De leur côté, les agences publiques en charge de délivrer les autorisations de mise sur le marché feraient preuve d’une grande naïveté, pour ne pas dire d’un manque d’indépendance, à l’égard des évaluations et des fiches descriptives produites par les laboratoires pharmaceutiques. De plus, les prix de vente homologués pour bon nombre de médicaments seraient manifestement surestimés eu égard à une efficacité pour le moins douteuse. Enfin, le niveau élevé de remboursement de certains médicaments réputés peu ou pas performants, ne serait pas justifié, accordant ainsi une rente de situation à certains laboratoires qui engrangeraient ainsi de confortables bénéfices au détriment du creusement des déficits de la Sécurité sociale.

Les professeurs Evin et Debré dénoncent le manque d’éthique d’une industrie pharmaceutique  qui engrange des bénéfices de plus en plus importants sur le dos des patients alors qu’elle n’a jamais si peu inventé de nouveaux médicaments depuis plus de 20 ans ainsi que le silence complice d’une grande part de l’élite médicale universitaire à leur égard.

Un livre très complet, qui s’avère une véritable encyclopédie des médicaments à la portée du grand public, qui a le courage de dire un certains nombre de vérités, même si elles sont dérangeantes, tant pour les patients, les praticiens médicaux, les laboratoires pharmaceutiques que les agences de santé publique.

Gageons que cet ouvrage très documenté, contesté par une partie des professionnels de santé et les laboratoires, soit l’occasion de renforcer l’indépendante et l’autorité des agences de santé publiques et de revoir les prix et les modalités de remboursement de nombreux médicaments peu ou pas efficace. Ce qui permettrait en même temps de réduire considérablement les déficits de la Sécurité sociale, tout en confortant la santé les français.


Bretagne : la dangerosité des algues vertes confirme les risques sanitaires liés à l’agriculture française

16 août 2011

Selon les résultats des analyses officielles, rendues publiques  à la suite de la mort de 36 sangliers dans l’estuaire du Gouessant (Côtes-d’Armor), l’implication de l’hydrogène sulfuré émis par les algues vertes en putréfaction serait clairement établie.

Les algues vertes, une fois échouées sur les côtes, sous l’effet de la chaleur, entrent en putréfaction. Outre les nuisances liées à leur présence, notamment au plan touristique pour les plages ouvertes à la baignade, elles produisent des gaz toxiques dont l’hydrogène sulfuré (H2S) qui peut être mortel en quelques secondes, en fonction de la dose inhalée. En effet, au lieu de s’évaporer, le gaz peut être piégé par endroit et libéré soudainement, présentant alors un risque mortel pour ceux qui se trouvent à proximité. Ce risque est particulièrement grave pour les enfants qui sont les plus exposés, de par leur petite taille, à inhaler le gaz échappé.

Les toutes dernières analyses révèleraient la présence de 2,45 mg/kg de H2S, soit plus du double du taux relevé chez un cheval, mort en 2009 dans le même contexte. En juillet de la même année, un homme avait également trouvé la mort après avoir transporté des algues en décomposition. C’est à la suite de ces évènements que l’Etat et les collectivités ont mis en place un plan prévoyant le ramassage systématique des algues et la réduction, à terme, des rejets azotés qui favorisent la prolifération des marées vertes.

Il ne fait donc plus aucun doute que les algues vertes  sont responsables de la mort des 36 sangliers sur les plages bretonnes. Les analyses effectuées ont disculpé la présence de poisons et de cyanobactéries, tout en révélant un taux record d’hydrogène sulfuré (H2S). Le magazine Le Nouvel Observateur, repris par Sciences et Avenir, rapportait les conclusions de la préfecture des Côtes-d’Armor : « En l’état actuel des données, les seuls résultats significatifs portent sur le H2S ».

« Il y a un changement de ton, on a l’impression que l’on sort de la politique du camouflage. Aujourd’hui, la préfecture reconnaît clairement la responsabilité de l’hydrogène sulfuré et des algues vertes. De ce point de vue le dossier est clos », a reconnu de son côté le docteur Claude Lesné, ancien chercheur au CNRS, spécialiste de la toxicité des polluants aériens.  Enfin, Gilles Huet, délégué général de l’association Eau et rivières de Bretagne a déclaré à l’AFP  que les conclusions étaient claires et mettaient très clairement en cause la responsabilité de l’hydrogène sulfuré et des algues vertes. Il a appelé le gouvernement à revenir sur son « projet d’assouplissement des règles d’épandage », et demandé à ce que « l’Etat et les collectivités locales à ferment toutes les plages où le ramassage ne peut être assuré ».

Au vu de ces résultats indiscutables, mardi 9 août, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’écologie a déclaré : « La priorité dans ce contexte, c’est l’application des mesures de protection : aucune plage où les algues vertes ne peuvent être ramassées toutes les vingt-quatre heures ne doit être fréquentée ». En limitant le dépôt d’algues à vingt-quatre heures, Nathalie Kosciusko-Morizet a choisi l’échéance la plus stricte, puisque l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande, elle, un délai de vingt-quatre à quarante-huit heures.

Jusqu’à présent, si les écologistes et les scientifiques ne manquaient pas d’alerter les autorités sur les dangers de ces marées vertes et de possibles empoisonnements dû aux algues en décomposition ; de leur côté, les agriculteurs et le monde agricole dans son ensemble rejetaient cette hypothèse. Une réaction pour le moins étonnante lorsque l’on connaît le lien direct entre le lisier de porc, dont la Bretagne est championne, et la prolifération de ces algues vertes.

On pourrait aussi plus largement parler des effets désastreux d’une agriculture intensive et productiviste française, championne du monde pour l’utilisation des engrais et autres pesticides. On constate quotidiennement les effets désastreux de ces produits hautement nocifs sur la santé des populations vivant en zone rurale mais aussi des consommateurs en général. Même si elles ne plaisent pas au monde agricole, les études scientifiques établissent un lien direct avec certains produits utilisés dans l’agriculture. Que dire de la mauvaise qualité des rivières françaises et de nombreuses nappes  phréatiques devenues totalement impropres à la consommation, et pas qu’en Bretagne. Toutes les régions agricoles françaises sont touchées.

Il suffit de regarder l’état désastreux de certains cours d’eau aveyronnais, le Dourdou par exemple entre Bozouls et Grand-Vabres, pour mesurer l’importance des dégâts liés à l’agriculture alors même que les villes et villages traversés sont équipés de stations d’épuration depuis de longues années. En France, notre agriculture est encore très loin d’être raisonnée ou biologique alors que certains pays en voie de développement sont très en avance sur ce point, car c’est l’avenir de l’agriculture. Pourquoi tant d’irresponsabilité de la part de l’agriculture française ?

La responsabilité de la majorité de la filière agricole française est ici pleine et entière. Il faut le crier haut et fort, même si cela ne plaît pas à certains. Il y va de la santé et de la sécurité sanitaire des français, mais aussi de l’avenir de notre agriculture.