France : le gouvernement de M. Hollande au pied du mur. Réduction des dépenses publiques ou augmentations d’impôts ?

29 mai 2012

La participation de François Hollande aux sommets européens et du G8 courant mai 2012 n’ont pas pleinement convaincu les observateurs, loin s’en faut au regard de l’absence de réelles avancées. Cela dit, est-ce bien le rôle de ces manifestations ? Ce n’est pas certain. Au mieux, on peut se rassurer en remarquant qu’au sommet européen, le nouveau président, à défaut d’avoir imposé ses vues, a obtenu un succès de curiosité. Pas sûr que cela dure !

S’agissant des relations franco-allemandes, elles sont essentielles à la construction européenne. Bien que parfois difficiles, les rapports entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont permis d’avancer et de consolider la zone euro qui était au bord de l’éclatement ne l’oublions pas. Si la zone euro connaît aujourd’hui des difficultés, ce n’est certainement du fait de ces derniers, même si parfois, ils ont paru tarder dans certaines prises de décisions. La responsabilité incombe d’abord aux gouvernements signataires du Traité de Maastricht le 07 février 1992 (c’était alors un gouvernement et un président de gauche), puis à ceux qui ont accepté (toujours le même gouvernement de gauche) que les pays d’Europe du sud, parmi lesquels la Grèce, le Portugal et l’Espagne, intègrent la zone euro alors même qu’ils ne respectaient pas depuis plusieurs années les critères de convergence prévus par le traité.

Si l’Europe traverse aujourd’hui une profonde crise, elle le doit aussi à l’absence d’évolution du statut de l’Europe qui est resté figé, avec une zone euro faite de pays aux économies disparates et divergentes (rigueur budgétaire au nord et laxisme au sud). Dans ce contexte, les marges de manœuvres de Sarkozy et Merkel étaient extrêmement réduites et les critiques à leur encontre apparaissent pour le moins infondées à bien des égards. Le seul moyen d’atténuer la crise de la zone euro et de la résorber n’est autre, pour la France comme pour d’autres, que de s’engager vers plus de rigueur dans les dépenses publiques. Dans un pays normal, on appelle cela le courage et le pragmatisme ! Que cela plaise ou non, Hollande ou pas, les français ne pourront rétablir l’équilibre des finances publiques sans un petit effort de tous. C’est le prix à payer pour ne pas devenir un jour la Grèce et devoir tout perdre.

L’autre raison du manque de compétitivité de la France par rapport à l’Allemagne, qui est aussi à l’origine du chômage important dans notre pays, c’est la généralisation des 35 heures imposée par le gouvernement socialiste de M. Jospin en 2002 alors que l’Allemagne s’engageait dans des réformes importantes relatives au droit du travail. N’oublions pas le coût colossal des 35 heures en perte de compétitivité, de destructions d’emplois et de stress généré auprès des salariés les plus modestes. Merci la gauche car 10 ans plus tard, les français en payent encore l’addition.

Si les déficits ont cru et la dette creusée lourdement depuis 2008 en France, comme partout en Europe, c’est la simple résultante de la crise financière de 2008 et non comme le prétend la gauche et certaines personnes de mauvaise foi, le résultat d’une mauvaise gestion et de prétendus cadeaux faits aux plus riches ! L’explosion des dépenses publiques et de la dette résultent à plus de 80% du fait que l’Etat a du voler au secours de nombreuses banques et entreprises au bord de la faillite en injectant plusieurs centaines de milliards d’euros alors que ses recettes fiscales chutaient de plus de 100 milliards. Là est la réalité.

En cela, la position de Nicolas Sarkozy de s’aligner sur une certaine politique de rigueur budgétaire chère à l’Allemagne allait tout à fait dans le bon sens : faire en sorte que la France rentre dans le rang en respectant les critères de convergence édictés par le Traité de Maastricht (déficit inférieur à 3% du PIB et dette publique inférieure à 80% du PIB) et retrouve ainsi progressivement une situation budgétaire équilibrée (déficit de 3% du PIB en 2013 et équilibre budgétaire prévu en 2016). Le tout en donnant l’exemple aux pays de l’Europe du sud dont elle est très proche. Que peut-on redire à cela ? Doit-on laisser croire aux français que le pays pourra supporter indéfiniment de laisser filer ses déficits, sans véritable effort sur la réduction des dépenses ? Est-il responsable, comme l’a fait M. Hollande durant sa campagne, de laisser penser que la France pourra accroître ses dépenses publiques et s’opposer à la signature de la règle d’or budgétaire ?

S’agissant des fameux eurobonds (euro-obligations), ils n’ont pas de sens dans l’Europe de 2012 qui n’est autre qu’une Union de pays avec des économies divergentes. Ce serait en revenir à faire payer les bons élèves de l’Europe du nord pour les cancres du sud. Peut-on espérer une Union européenne construites sur ces bases, alors que ces pays du nord ont déjà engloutis des centaines de milliards pour venir en aide à ces mêmes pays du sud ? Ceci explique la fermeté, parfois excessive il est vrai, mais tout à fait compréhensible d’Angela Merkel et de bien d’autres pays.

L’une des solutions pour sortir de la crise de l’euro, rarement évoquée, c’est de faire franchir un nouveau grand pas à l’Europe en optant pour une Union fédérale intégrant les pays de l’actuelle zone euro. Ainsi, on pourrait voir cohabiter des économies très différentes, comme cela est le cas aux USA, sans peser sur l’euro puisque la dette des pays serait alors mutualisée de fait. Nicolas Sarkozy était plutôt un partisan de cette évolution en douceur vers une Europe fédérale en sortant par le haut. Manifestement, à l’intérieur même de la France, y compris au sein du parti socialiste et dans de nombreux pays européens, les esprits ne sont pas encore mûr pour cette évolution majeure. Dommage car c’est probablement le moyen de construire d’Europe de demain et de nous sauver de la crise actuelle. M. Hollande aura-t-il le courage de soutenir la construction d’une Europe fédérale ?

Quoi qu’il en soit, l’avenir de l’Europe passe par la cohésion franco-allemande et M. Hollande devra s’adapter, y compris en avalant quelques couleuvres et en faisant quelques entorses à l’idéologie socialiste avec laquelle il devra prendre ses distances. Il serait vain pour lui de croire qu’une alternative réside dans une tentative d’alliance avec l’Italie, et dans un degré moindre avec l’Espagne alors que ces pays ont, contrairement à la France, engagé de profondes réformes de structures et devraient dans les prochaines années retrouver dynamisme et croissance. Plutôt que de céder à la facilité de l’augmentation des impôts, le nouveau président aura-t-il le courage politique d’engager les réformes de structures indispensables, qui seules permettront la réduction durable des dépenses publiques, pour préparer la France aux défis de demain ?

Les français aimeraient être rassurés rapidement et si possible avant les législatives, histoire de faire leur choix en toute connaissance de cause.


Europe : le « Nein » ferme d’Angela Merkel à la France de François Hollande

24 mai 2012

Ce mercredi 23 mai 2012 se tenait à Bruxelles le sommet informel des chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays de l’Union européenne.

Le thème en était notamment les moyens de relancer la croissance, les délicates questions des eurobonds ou euro-obligations ainsi que le maintien de la Grèce dans la zone euro. Cette réunion  visait à préparer l’important sommet qui aura lieu les 28 et 29 juin prochain à l’issue des élections législatives française. Coïncidence ? Toujours est-il que ce dernier sommet n’a débouché sur aucune décision formelle ; au contraire, il a fait apparaître au grand jour des divergences de fond entre l’Allemagne et la France. D’ailleurs, quelques heures encore avant le début du sommet, la chancelière allemande Angela Merkel est revenue à la charge contre la mise en place d’eurobonds pour mutualiser la dette européenne ou soutenir la croissance.

Sur le fond, la chancelière allemande à toutes les raisons de rester ferme. Rappelons que la crise de l’euro est due au fait que les pays du sud de l’Europe, depuis la mise en place de l’euro, ne se sont pas conformés aux critères de Maastricht qui prévoyaient notamment une convergence des politiques budgétaires des pays membres, avec des déficits plafonnés à 3% du PIB et une dette inférieure à 60% de ce même PIB. Or, la plupart des pays du sud ont cédé à la facilité en laissant filer les dépenses publiques et en vivant largement à crédit, alors à des taux très bas, y compris pour les mauvais élèves de l’Europe. Ce qui a favorisé l’explosion de la dette de certains pays.

Le seul moyen de sauver la zone euro est aujourd’hui que ces pays retrouvent au plus vite l’équilibre des finances publiques. Tant que ces pays n’auront pas démontré qu’ils entendent contenir et réduire drastiquement leurs dépenses publiques, il est bien évident que la question de la mise en place de ces eurobonds ne peut être d’actualité. Ce d’autant plus que certains pays comme la France, ne semblent pas prêts à s’engager à respecter la fameuse règle d’or.

A ce stade, la mise en place d’eurobonds serait en effet un encouragement à la mauvaise gestion et conduirait immanquablement à la faillite de l’Union européenne à brève échéance, tout en faisant supporter à l’Allemagne et aux pays les plus vertueux, le coût de celle-ci. Preuve s’il en est de la solidité des finances allemandes et de la confiance des investisseurs dans ce pays, l’Allemagne a réussi ces derniers jours à lancer un important emprunt à court terme de 4.5 milliards d’euros au taux de zéro. Celui-ci a été souscrit sans la moindre difficulté pendant que d’autres pays, beaucoup moins vertueux, doivent le faire à deux taux bien plus élevés (4% à 7%) pour séduire les investisseurs de plus en plus réticents. Pourquoi demander à l’Allemagne et aux autres pays du nord de payer pour les pays « cigales » du sud de l’Europe ?

Dés lors que tous les pays de la zone euro se seront engagés à respecter la règle d’or et à gérer leurs finances avec la plus grande rigueur en s’attaquant aux dépenses publiques, nul ne doute que l’Allemagne verra moins d’obstacles à leur mise en place progressive. Mais nous n’en sommes pas là !

S’agissant de la croissance, il est bien évident que tous les pays y sont favorables car c’est un atout essentiel pour sortir de la crise et améliorer la situation des finances publiques. Mais n’oublions pas, comme cela semble être le cas de François Hollande, que la crise européenne actuelle trouve d’abord son origine dans la mauvaise gestion des finances publiques et notamment la dérive des dépenses publiques et de la dette de certains pays. La priorité doit donc rester au rétablissement des finances publiques, avec un volet « croissance » qui ne repose pas sur l’augmentation de la dette pour la financer.

Pas question de relancer la croissance par la dette car ce serait accélérer la crise de l’euro et engager une véritable descente aux enfers pour l’ensemble de l’Europe. Même si ce n’est pas ce à quoi pensent les socialistes français et François Hollande en particulier, la bonne manière de générer de la croissance, c’est de réduire progressivement les dépenses publiques en s’attaquant à la réforme de l’Etat et notamment aux fameuses réformes de structures entamées par Nicolas Sarkozy (RGPP, introduction de plus de souplesse sur le marché du travail, réforme des collectivités locales, …)

Lors de sa campagne, M. Hollande se faisait fort d’imposer ses vues et de changer le monde à lui tout seul. Quelques semaines après son élection et deux importants sommets plus tard, le G8 à Camp David aux USA et le sommet de l’Union européenne de Bruxelles, euh !… il faut bien l’avouer, le résultat est bien maigre, pour ne pas dire inexistant. Ces deux sommets ne débouchent sur strictement rien de concret et se contentent de quelques engagements. Au demeurant, on peut regretter la grande discrétion du nouveau président français. Peut-être était-il un peu intimidé ! Toujours est-il que cela devrait l’inciter à un peu plus de modestie et à concentrer ses efforts pour préparer la France à affronter la grave crise que traverse l’Europe.

La responsabilité de la France est engagée. Ce dernier sommet européen n’augure d’ailleurs rien de bon pour les relations franco-allemandes et par là-même, pour la stabilité de l’Union européenne. François Hollande par son attitude bornée et enfermée dans des positions idéologiques d’un autre âge,  mettra-t-il à mal plus de 40 ans d’entente cordiale entre la France et l’Allemagne ?

Fini les gesticulations électorales et les déclarations gratuites. La France ne saurait attendre les réformes courageuses qui s’imposent. Le changement dans le bon sens, on aimerait le voir maintenant, sans attendre !


Aveyron : 27 candidats aux élections législatives de juin 2012

23 mai 2012

Voici la liste des 27 candidats déclarés pour les élections législatives des 10 et 17 juin prochains :

1ère circonscription de Rodez :

Guilhem Serieys (Front de gauche), Bruno Bérardi (Europe Ecologie – Les Verts), Marie-Line Faixa (Alliance écologiste indépendante), Jean-Guillaume Remise (FN), Stéphane Mazars (Parti radical de gauche), Monique Bultel (PS), Yves Censi (UMP), Arlette Saint Avit (LO)

La gauche part dispersée pour affronter le sortant Yves Censi. Ce dernier compte sur la multiplicité des candidatures à gauche (quatre des candidats sont élus au conseil municipal de Rodez : Bruno Bérardi, Monique Bultel, Stéphane Mazars et Guilhem Sérieys) et l’absence de primaire à droite, pour conserver son siège en l’emportant dés le 1er tour. Pour cela, il aura besoin de la mobilisation de l’ensemble de l’électorat de droite et du centre autour de sa candidature, notamment dans le nord-Aveyron. Les résultats de l’élection présidentielle sur la circonscription lui permettent d’espérer l’emporter face à l’armada de la gauche ruthénoise.

2ème circonscription de Villefranche-de-Rouergue :

Philippe Molinié (LO), Marie-Lou Marcel (PS), Philippe Bramm (FN), Jean-Louis Calmettes (Mouvement écologiste indépendant), Laurent Tranier (UMP), Christophe Pourcel (Parti radical valoisien), Yan Puech (NPA), Line Louangvannasy (Front de gauche)

La gauche dépassant régulièrement les 60% des suffrages sur la circonscription, il n’y a pas de grosse surprise à attendre. La député socialiste sortante part largement favorite à défaut d’opposition sur sa gauche.

3ème circonscription de Millau :

Philippe Ramondenc (Sans étiquette), Philippe Dargagnon (Alliance écologiste indépendante), Alain Marc (UMP), Marie-Claude Fayard (FN), Jean-Luc Pouget (Front de gauche), Marie-Thérèse Foulquier (EELV-PS), Béatrice Marre (divers gauche-ex PS), Bernard Combes (LO), Stéphane Cabrol (Régionaliste), Nicolas Bestard (NPA), Norbert Casteltort (Sans étiquette)

La situation de la 3ème circonscription est, de loin, la plus compliquée et indécise du département. Le député sortant, Alain Marc, devra faire face à deux candidatures dissidentes « sans étiquettes » sur le millavois où il est moins bien implanté alors qu’à gauche, la guerre est ouverte entre les partisans de Marie-Thérèse Foulquier, candidate unique d’EELV et du PS désignée par les états-majors parisiens, face à Béatrice Marre. Déjà candidate du PS en 200, elle a été exclue du PS mais est soutenue par de nombreux élus socialistes du sud-Aveyron. Ces derniers ne décolèrent pas contre la décision de Paris de réserver la circonscription à un candidat EELV, sans que les instances locales n’aient été consultées. Le premier tour, comme le deuxième tour de la législative risquent d’être très chaud dans le sud Aveyron.

Rendez-vous le 10 juin !


Allemagne : Paul Watson menacé d’extradition vers le Costa-Rica par les mafias chinoises qui entendent continuer à pratiquer la pêche illégale

21 mai 2012

La Haute Cour Régionale de Francfort a décidé, vendredi 18 mai 2012, d’accéder à la requête du Procureur Général de procéder à la détention provisoire du capitaine Paul Watson en vue de son extradition vers le Costa Rica. Fait inhabituel, la Cour a accordé une liberté sous caution au capitaine Paul Watson, le temps que soient examinés les documents fournis par le Costa Rica afin d’évaluer la validité des accusations grotesques portées contre Paul Watson.

Selon l’équipe de Sea Shepherd  (le Berger des Mers), la libération sous caution du célèbre skipper, sous le joug d’une procédure d’extradition du Costa-Rica, permet d’espérer que la pression internationale pour le faire libérer a été entendue par la justice et la chancellerie allemande.

La Haute Cour de justice de Francfort s’est empressée de déclarer que: « La décision finale quand à l’extradition du capitaine Paul Watson vers le Costa Rica ne revient pas à la Haute Cour Régionale de Justice mais au corps exécutif, c’est à dire au Ministère de la Justice ».

La campagne internationale pour éviter une extradition du capitaine Paul Watson pour des motifs bassement politiques vers le Costa Rica où il ne pourra bénéficier d’un procès équitable, a eu un impact indéniable. Cette demande d’extradition par le Costa-Rica n’a en effet aucun fondement ou base légale. En l’espèce, la mafia taïwanaise qui est fort bien établie au Costa Rica, menace depuis années la vie du Capitaine Watson en raison de ses campagnes activistes contre la pêche illégale aux ailerons de requins. Ces pêches pratiquées en toute illégalité génèrent pour ces mafias des centaines de millions de dollars de profits par an, constituant ainsi une activité aussi lucrative que le trafic de drogue. Elles sont prêtes à tout pour en finir avec Paul Watson.

Cette affaire n’est pas sans poser de sérieux problèmes en Allemagne où personne n’ignore le caractère fictif de cette demande d’extradition, alors même que la chancelière Angela Merkel doit recevoir en visite officielle, ce mercredi 23 mai, la présidente du Costa-Rica. Voilà une visite d’actualité !

L’association Sea Shepherd que dirigeait jusqu’alors Paul Watson, en appelle à tous ses supporters en Allemagne et à travers le reste du monde à se mobiliser pour exiger que la Ministre Fédérale de la justice, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger et le ministre des Affaires Etrangères, Guido Westerwelle, s’opposent à cette demande d’extradition émanent directement de mafias et de bandes organisées criminelles. Ceci d’autant plus qu’une extradition politique dans les présentes conditions serait contraire aux droits de l’homme et conduirait immanquablement à condamner à mort le capitaine Paul Watson qui ne survivrait pas au régime des prisons Costa Ricaines.

Pour contacter les autorités allemandes concernées et exiger la non extradition de Paul Watson, cliquer sur les liens ci dessous:


Aveyron : les résultats de la présidentielle 2012 confirment le virage à gauche du département

21 mai 2012

Pour la première fois depuis bien longtemps, à l’issue du 2ème tour de scrutin de la présidentielle 2012, la droite et le centre ont vu la gauche arriver largement en tête dans le département avec 54.42% des suffrages exprimés. Cette évolution est d’ailleurs comparable à celle constatée dans certains départements traditionnellement acquis à la droite comme le Cantal ou la Haute-Loire, pour ne parler que du Massif-Central, où la gauche est également arrivée en tête avec respectivement 51.80% et 51.38% des voix.

Rappelons que lors de la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy était arrivé en tête en Aveyron avec 50.83% des suffrages exprimés, comme dans ces mêmes départements.

Sur la 1ère circonscription de l’Aveyron (Rodez), la plus importante des trois, traditionnellement acquise à la droite, celle-ci avait recueilli 55.23% des suffrages au 2ème tour de la présidentielle de 2007. En 2012, elle reste toujours en tête mais son avance a nettement fondu avec seulement 50.35% des voix. Dans cette circonscription, si l’agglomération du Grand Rodez qui pèse plus de la moitié du corps électoral a massivement voté pour François Hollande qui y recueille plus de 56% des suffrages, l’ensemble des cantons ruraux du nord-Aveyron, à l’exception notable de Marcillac-Vallon, a massivement voté en faveur de Nicolas Sarkozy avec notamment 75% sur celui de Laguiole. Au final, la droite reste donc majoritaire sur la circonscription mais de peu.

Dans la 2ème circonscription (Villefranche-de-Rouergue), acquise depuis toujours à la gauche, celle-ci a atteint 60.71% des suffrages exprimés tandis que dans la 3ème circonscription (Millau), qui avait légèrement voté à droite en 2007, la gauche y réalise un score de 53.32%, notamment en raison du poids des villes de Millau et de Saint Affrique.

La présidentielle 2012 confirme donc une indiscutable avancée politique de la gauche dans l’ensemble du département de l’Aveyron. Se concrétisera-t-elle lors des prochains scrutins ? Bien difficile d’y répondre lorsque l’on sait que l’élection du candidat socialiste s’est principalement faite sur le rejet du président sortant et non sur l’adhésion à sa personne et à son programme.

A peine l’élection présidentielle  a-t-elle pris fin que la campagne pour les élections législatives bat son plein. Forts des résultats du 2ème tour de la présidentielle, les candidatures à gauche sont nombreuses pour tenter de transformer l’essai et emporter la mise. Assistera-t-on à une vague rose ? Quel sera le comportement du Front national en cas de triangulaire lors des seconds tours, notamment dans les départements du sud-est de la France ?

En Aveyron, 27 candidatures ont été enregistrées : 8 pour Rodez, 8 pour Villefranche-de-Rouergue et 11 pour Millau qui sera probablement la circonscription la plus disputée avec de multiples candidats à droite et au gauche.

Les élections législatives 2012 auront lieu les dimanche 10 juin pour le 1er tour et le 17 juin pour le 2ème tour.

Prochainement : Les 27 candidats déclarés pour les élections législatives en Aveyron


France : Hollande propulse Ayrault à Matignon pour organiser la bataille des élections législatives

16 mai 2012

A peine nommé à la présidence de la République, comme Nicolas Sarkozy en 2007, François Hollande s’est rendu ce mardi 15 mai à Berlin pour y rencontrer Angela Merkel, la chancelière allemande.

Contrairement à ce qu’avait laissé entendre François Hollande, ce ne fut finalement qu’une réunion de présentation où chacun a probablement essayé de trouver ses marques et de jauger l’autre. Sur le fond, chacun a campé sur ses positions. Il est d’ailleurs peu probable qu’Angela Merkel cède sur l’essentiel, qu’il s’agisse de la renégociation au traité européen et des eurobonds. Probablement que les principales décisions seront reportées après les élections législatives françaises, histoire de ne pas effrayer les électeurs de gauche.

Espérons que cette rencontre permettra toutefois au tandem franco-allemand de perdurer pour conduire l’Europe à bon port au plus vite.

Après la nomination de Jean-Marc Ayrault en tant que Premier ministre, ce dernier a été formé dés ce mercredi 16 mai le nouveau gouvernement. Au total, ce n’est pas moins de 34 ministres et ministres délégués (nouvelle dénomination de secrétaire d’Etat)  qui ont été nommés. Nous sommes donc très loin du gouvernement resserré promis. Ces tractations difficiles sont-elles probablement dues au fait qu’il a fallu contenter de nombreux élus socialistes et veiller à un certain équilibre au niveau de la représentation territoriale, histoire de contenter les baronnies régionales à l’approche d’importantes élections.

Hormis son caractère relativement pléthorique, ce nouveau gouvernement apparaît au premier abord plutôt modéré et relativement en phase avec les priorités actuelles : Pierre Moscovici aux finances, Manuel Valls à l’intérieur, Jérôme Cahuzac au Budget, Vincent Peillon à l’Education nationale ou Laurent Fabius aux Affaires étrangères. Pourtant, à y regarder de plus prés, il n’en est rien et quelques arbres solides ne peuvent cacher la réalité. C’est un gouvernement plus politique et de combat qui vise à sauver les apparences et rassurer à la fois les électeurs de gauche et du centre.

Bien sûr ce gouvernement ne comprend pas les grands caciques de la gauche, à commencer par Martine Aubry, ni de représentants du Front de gauche. Il comporte cependant un certains nombre de ministres très marqués idéologiquement à gauche comme Arnaud Montebourg à qui l’on a spécialement aménagé un ministère du « redressement productif » (un ministère tout droit sorti de la pire époque soviétique !) ; Benoît Hamon à l’économie sociale et solidaire ou Cécile Duflot au ministère de l’égalité des territoires et du logement, comme au bon vieux temps de la gauche pure et dure. Probablement, encore fallait-il ici donner quelques gages à l’aile gauche et aux plus radicaux.

Au final, ce gouvernement est d’abord taillé sur mesure pour préparer les prochaines élections législatives et ne permet en aucune manière d’y voir clair sur ses objectifs réels après les élections législatives. Suivra-t-il à la lettre le programme présidentiel du candidat Hollande ou ira-t-il, au contraire, vers une politique de stricte rigueur budgétaire et sociale comme le nécessiterait la situation financière actuelle de la France ?  Une fois de plus, face aux échéances électorales, ce nouveau gouvernement n’a pas le courage de dire clairement et à l’avance quelle sera sa politique à l’issue des élections législatives.

Gageons que les français ne seront pas dupes et voteront en toute connaissance de cause, sachant qu’il n’y place en France, dans la situation présente de déficits budgétaires et d’augmentation de la dette que pour une politique de rigueur budgétaire stricte et ce, quel que soit le gouvernement. C’est le seul moyen pour la France de sortir durablement de l’impasse actuelle et de préparer l’avenir. Le reste n’est que tromperie et mensonge éhonté !


France : l’Europe conteste les objectifs de réduction des déficits pour 2013 et émet implicitement des réserves sur le projet Hollande

14 mai 2012

Les prévisions de Bruxelles, publiées quelques jours après la fin de la campagne électorale, prévoient pour la France un déficit public pour 2013 nettement supérieur à celui initialement envisagé.

Pour François Hollande, qui prépare son futur gouvernement : « Ce n’est pas une surprise… J’ai demandé une évaluation par la Cour des Comptes de la réalité budgétaire de notre pays, je savais depuis déjà plusieurs semaines qu’il y avait une dégradation plus grande que le gouvernement sortant ne le disait de nos comptes publics.» Pour la majorité sortante : « C’est un sérieux avertissement pour François Hollande, qui a promis des dépenses inconsidérées », estime pour sa part Valérie Pécresse, ministre du Budget.

Sur les perspectives de croissance, Bruxelles veut bien croire à un déficit français réduit à 5,2% du PIB en 2011 et à 4,5% du PIB en 2012, comme l’a prévu l’équipe Sarkozy. En revanche, pour 2013, la Commission européenne ne croit pas à un retour possible à 3% de déficit, niveau affiché tant par Nicolas Sarkozy que par François Hollande. Pour 2013, Bruxelles retient en effet le chiffre de 4,2% de déficit ; soit une très faible réduction par rapport à 2012, bien loin des 3% prévus.

La Commission européenne se garde bien de donner un blanc seing à François Hollande. D’ailleurs, le rapport officiel ne fait aucune mention au projet du nouveau président, dont les grandes lignes seront transmises en juin prochain à Bruxelles. Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques a indiqué : « Nous attendons que les autorités françaises spécifient les mesures envisagées pour 2013 ». Un nouveau document relatif aux finances publiques pour la période 2012-2016 devrait être communiqué à la Commission début juillet. Pour autant, les experts européens connaissent les grandes lignes du futur gouvernement socialiste : une réduction du déficit fondée principalement sur des hausses d’impôts, à hauteur de 29 milliards d’euros. Ces 29 milliards qui représentent près de 1,5% du PIB, permettraient au moins en théorie, de ramener le déficit à 3% en 2013, selon à l’engagement d’Hollande. Michel Sapin, qui devrait être logiquement nommé ministre des Finances du nouveau gouvernement, estime par sa part que ces nouvelles prévisions de Bruxelles ne sont pas en contradiction avec le projet socialiste qui : « … consiste à changer de politique pour maîtriser les dépenses, augmenter les recettes de manière juste et efficace et, surtout, changer de politique économique au niveau national et européen pour stimuler la croissance ». Ah la croissance… si c’était aussi facile à réaliser !

En coulisse, les experts européens sont unanimes pour affirmer que le projet Hollande fait la part trop belle aux augmentations d’impôts et que les baisses de dépenses publiques restent trop insignifiantes eu égard à l’ampleur des déficits. Il n’est d’ailleurs pas acquis que l’augmentation brutale des impôts de 29 milliards d’euros (12 milliards visant les particuliers aisés, mais aussi les plus modestes comme les salariés réalisant des heures supplémentaires, et 17milliards concernant les entreprises), suffise à elle seule à contenir les déficits sans une réduction concomitante et importante des dépenses. L’empressement avec laquelle Hollande veut rétablir le barème de l’ISF dés 2012 (une mesure purement idéologique et une caution donnée à son aile gauche) tranche singulièrement avec le manque de volonté à s’attaquer aux vrais problèmes de la France : les déficits structurels.

A Bruxelles comme à Berlin d’ailleurs, on souhaiterait plutôt des économies réalisées sur les dépenses et surtout, de véritables réformes structurelles visant à réduire durablement les déficits. En effet, si la France veut retrouver les chemins de la croissance, ce n’est pas par l’augmentation des impôts et des dépenses publiques qu’elle y parviendra, mais uniquement par la maitrise de ses dépenses et plus encore, par la poursuite d’importantes réformes de structures engagées par Nicolas Sarkozy. Si certains proches de François Hollande déclarent volontiers vouloir engager des réformes structurelles, il semble qu’ils emploient ce terme sans en mesurer la signification réelle. Peur eux, il s’agit d’abord de mettre en place des mesures « qui permettront de relever le potentiel de croissance à travers le rétablissement de notre industrie » au travers notamment d’une banque publique d’investissement. Ce qui n’est pas du tout la même chose. Ceci n’a rien à voir avec les mesures radicales prises en Allemagne avec la réforme du marché du travail, consistant notamment à minorer les allocations chômage et encourager toute forme de travail. Mario Monti a pris les mêmes mesures récemment en Italie pour rétablir les finances publiques, pourtant en meilleure forme qu’en France.

Voilà qui promet des discussions houleuses avec Angela Merkel à Berlin dés la prochaine entrevue prévue le 15 mai. Si certes, il faut soutenir la croissance pour réduire les déficits publics, ce ne peut être en s’endettant un peu plus comme le suggère les socialistes français. François Hollande est au pied du mur ; le temps est venu pour lui de dévoiler son projet pour la France et de faire preuve de pragmatique et de crédibilité au plus vite. L’urgence de la situation des finances publiques fait qu’il n’y aura pas d’état de grâce et qu’il sera jugé sur pièce et pas uniquement sur des discours électoralistes.