Rodez : Plaidoyer pour la biodiversité et la préservation du loup

21 novembre 2016

Ce samedi 19 novembre se tenait à Rodez une conférence intitulée : « Loup, qui es-tu ? », organisée par le collectif Action loup, animée par Vincent Rigaux, naturaliste et spécialiste des carnivores en France venu des Hautes Alpes.

Cette conférence s’est déroulée en présence d’importantes forces de police en raison des tensions liées à la présence d’une poignée d’éleveurs de moutons de l’Aveyron et des départements voisins qui, une fois de plus, entendaient imposer leur vue lors de cette conférence dédiée au loup. Pour cela, les éleveurs n’ont pas hésité à affirmer des contre-vérités en imputant leurs difficultés à la seule présence du loup. Ce dernier ne saurait être le bouc-émissaire des difficultés des éleveurs et du pastoralisme en général. Une espèce animale ne saurait être sacrifiée pour assouvir la haine et les intérêts de quelques-uns qui s’avèrent incapables de s’adapter aux réalités d’aujourd’hui.

Revenons à notre cher loup, qui cherche simplement à retrouver la place qui est la sienne parmi les « Homo-Sapiens », l’autre grand prédateur terrestre !

L’actuel loup gris «  Canis Lupus » est apparu en France voici plus de 400 000 ans, bien antérieurement à notre espèce. Les hommes ont cohabité avec le loup jusqu’au 18ème siècle où notre pays comptait encore prés de 7 000 individus. Chassé et exterminé par les hommes, il a fini par disparaître de France vers 1930 avant de reparaître naturellement dans les années 1990 dans les Alpes du sud, en provenance d’Italie où il était protégé.

Après 25 ans de recolonisation naturelle en France, en 2015, sa population était estimée à environ 300 individus principalement installés dans le sud des Alpes et plus modestement dans le sud Massif-Central et les Pyrénées. Cette recolonisation ne représente cependant que 1 à 2% de leur ancien territoire. Les loups présents en France sont de gabarit moyen de l’ordre de 25 à 35 kg en général. La croissance de la population et son expansion géographique restent cependant limitées en raison des tirs légaux et illégaux qui fragilisent la population.

Rappelons que la protection du loup au niveau européen par la Convention de Berne en 1979, a été transcrite en droit français en 1989. Le loup est inscrit dans la directive Habitats Faune et Flore de l’Union européenne (92/43/CEE) au titre des espèces prioritaires. Raison pour laquelle la France doit veiller à la conservation de l’espèce et de ses habitats.

« Canis Lupus » fait partie des 19 carnivores présents en France. Il vit en meute de généralement 4 à 6 individus, rarement plus, sur une zone de 200 à 300 km2 qu’il défend contre les autres meutes. Il est taillé pour les longues marches et la course pour lui permettre de capturer les proies les plus diverses qui sont constituées à 80 – 90% par des ongulés sauvages : chevreuils, cerfs, chamois, bouquetins, isards, sangliers… Sans cette faune sauvage, le loup ne pourrait se maintenir dans les régions où il est présent actuellement.

Pour autant, la prédation du loup sur certains troupeaux de moutons est une réalité. La prédation attribuée au « loup non exclu », selon les chiffres officiels, serait de l’ordre de 9 000 ovins par an (soit 0.1% du cheptel français), même s’il est probable que certaines de ces prédations lui sont imputées à tort. En effet, lorsqu’il n’est pas possible d’établir la responsabilité d’un prédateur autre que le loup, comme le chien, le doute bénéficie à l’éleveur qui est indemnisé par l’Etat. On parle simplement de « loup non exclu ». Cette prédation reste pour autant marginale au regard des 500 000 ovins envoyés annuellement à l’équarrissage suite à des maladies, accidents et autres !

La prédation du loup est favorisée par le fait que de trop nombreux troupeaux sont trop souvent laissés sans gardiennage ou protection efficace. A l’inverse, la prédation des troupeaux protégés efficacement reste une exception. De nombreux exemples montrent que la cohabitation avec le loup reste possible comme en Italie et en Espagne où les loups sont bien plus nombreux, tout comme le cheptel ovin. Afin de limiter l’impact du loup sur l’élevage, l’Etat a mis en place et prend en charge une série de mesures de protection des troupeaux : salaires des bergers, clôtures, chiens de protection… L’Etat indemnise par ailleurs l’ensemble des animaux qui ont fait l’objet d’une prédation au titre du « loup non exclu ». Encore faut-il que les éleveurs adaptent leurs pratiques pastorales à la présence du loup qui est là pour longtemps car il est aussi chez lui, plutôt que de se contenter de s’opposer à sa présence !

Comme cela a été démontré un peu partout à travers le monde, le retour du loup est une chance pour la biodiversité et le développement des écosystèmes, et donc pour nous les « Homo-Sapiens. Le loup ne doit pas être le bouc-émissaire des problèmes économiques que rencontre l’élevage en France. Les pratiques pastorales doivent être adaptées à la présence des prédateurs naturels que sont le loup, l’ours, le lynx…

Gardons la raison, gardons les troupeaux… et gardons le loup qui est aussi chez lui !

Plus d’informations :

Publicités

La vérité sur les compteurs communicants Linky et Gazpar

13 juin 2016

Le développement de la nouvelle génération de compteurs communicants trouve son origine une directive européenne de 2009 (Directive 2009/72/CE du Parlement et du Conseil européen du 13 juillet 2009 concernant des règles communes pour le marché intérieur de l’électricité). Cette dernière prévoyait notamment que si la mise en place de compteurs intelligents donnait lieu à une évaluation favorable, la majorité des clients devraient être équipés de tels systèmes d’ici à 2020. De tels projets sont en cours dans de nombreux pays en Europe et dans le monde, même si en Allemagne leur mise en place a pour l’instant été limitée aux professionnels et n’a pas été étendue aux particuliers à ce jour.

Les compteurs communicants Linky et Gazpar

Linky pour ErDF (devenue Enedis), comme Gazpar pour GrDF, font partie de la catégorie des compteurs communicants, c’est-à-dire qu’ils peuvent être interrogés et activés à distance. A cet effet, Linky utilise la technologie CPL (courants porteurs en ligne) sur le réseau basse tension pour le premier niveau de communication reliant l’abonné au concentrateur. Le deuxième niveau de communication est lui assuré par le réseau téléphonique mobile GPRS Edge, entre le concentrateur (équipement installé dans un poste de transformation et de distribution regroupant de 50 à 1 000 abonnés) et le système central du concessionnaire.

Fin mai 2016, prés de 900 0000 compteurs Linky ont été installés en France. À terme, ce sont 35 millions de compteurs qui seront remplacés pour un budget global de l’ordre de 5 milliards d’euros financé par Erdf via la contribution sur l’électricité. S’agissant des concentrateurs, ils seront au nombre d’environ 700 0000. Cette nouvelle génération de compteurs communicants constitue une étape importante vers les réseaux intelligents, également appelés smart grids.

Les avantages du compteur Linky

Pour le ministère de l’environnement, les avantages de Linky sont nombreux :

  • Relevé automatique des consommations, sans intervention humaine sur le terrain, permettant une facturation sur la base de données réelles et non plus estimées, ce qui évite les régularisations intempestives,
  • Maintenance optimale et rapide sans intervention sur place, en améliorant les diagnostics en cas de dysfonctionnement de l’installation électrique,
  • Mieux informé sur ses consommations, le consommateur se verra proposer une offre tarifaire adaptée à sa situation,
  • Optimisation de la gestion, de l’entretien et du développement des réseaux électriques en améliorant la connaissance des flux d’électricité sur les réseaux de distribution et identification plus aisée des dysfonctionnements des installations électriques et fourniture d’informations relatives à la qualité d’alimentation,
  • Intégration des énergies renouvelables dans le réseau électrique, en contribuant à mieux gérer l’intermittence de la production d’électricité de ces sources d’énergie,
  • Enfin, le nouveau compteur doit permettre de comptabiliser en temps réel les kilowattheures injectés dans le réseau et ceux qui y sont prélevés permettant une économie d’énergie.

Une expérimentation depuis 2009

ErDF, aujourd’hui Enedis, a lancé l’expérimentation du projet Linky en 2007. Jusqu’en 2009, les grandes orientations ont été faites (spécifications systèmes d’information, compteurs et concentrateurs, modes de communication, condition de l’expérimentation) avec le choix du consortium chargé de la création conjointe du système d’information (Atos Origin France) et de la fabrication des matériels (Landis+Gyr, Itron, Iskraemeco, …).

L’expérimentation sur le terrain a débuté en 2009 en Indre-et-Loire et à Lyon où 300 000 compteurs Linky ont été posés. Le retour d’expérience a permis de fournir à la Commission de régulation de l’énergie et aux pouvoirs publics les informations nécessaires à la validation de ce type de compteur intelligent et de le généraliser à l’ensemble du pays. Finalement, après de nombreux échanges entre les divers organismes de l’Etat et les associations concernées, la commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié un avis favorable en juin 2011 ]et conclut que les compteurs Linky respectaient les critères d’évaluation.

Au cours de l’été 2011, l’Etat a validé définitivement la conformité du projet Linky et autorisé sa généralisation auprès de tous les clients de France métropolitaine]. Dés le 9 juillet 2013, lors de la présentation de son plan d’investissements publics pour l’avenir, le Premier ministre a relancé le projet et annoncé le lancement d’un appel d’offres pour le remplacement du parc des compteurs électriques.

En 2015, la loi impose le compteur Linky aux gestionnaires publics d’énergie

Le 17 août 2015, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte a été promulguée par le ministère de l’Environnement. Elle prévoit l’obligation pour les gestionnaires des réseaux publics d’électricité de mettre à la disposition des consommateurs les données de comptage issues des compteurs communicants, des systèmes d’alerte liés au niveau de leur consommation, ainsi que des éléments de comparaison issus de données statistiques basées sur les consommations locales et nationales.

Le déploiement national des compteurs Linky a officiellement débuté le 01 décembre 2015. Le rythme de pose est aujourd’hui de prés de 100 000 compteurs par mois (environ 8 par poseur et par jour) et prévoit de monter jusqu’à 300 000 compteurs installés par mois en rythme de croisière. ErDF (Enedis) devrait ainsi passer plus de 300 marchés de pose avec une trentaine d’entreprises permettant de créer des milliers d’emplois, auxquels s’ajoutent ceux créés par les constructeurs de compteurs, tous installés en France. Ces derniers, de diverses nationalités, sont au nombre de sic : Itron (en) (USA), Landis+Gyr (Suisse/Japon), Sagencom (France, par ailleurs retenu pour fabriquer le compteur Gazpar de GrDF), Maec (France), Elster (Allemagne) et Ziv (Espagne).]

L’objectif affiché par ErDF (Enedis) est d’atteindre un objectif de 90 % de compteurs Linky installés à fin 2021.

Les arguments avancés par les opposants au compteur Linky ne paraissent guère crédibles et convaincants

Depuis 2009, date d’installation des premiers compteurs Linky à Lyon, aucun des 300 000 clients ne semble s’être plaint jusqu’ici d’effets indésirables sur la santé de cet équipement. Pour autant, depuis 2015, date à laquelle la loi a imposé la généralisation de ce type de compteurs, un certain nombre d’organisation et d’usagers ont commencé à se manifester en mettant en avant les effets nocifs sur la santé et dénoncé un prétendu flicage des abonnés.

Selon ces groupes de pression sortis d’on ne sait où, l’utilisation du CPL pour relier le compteur Linky au concentrateur situé à l’extérieur des habitations, présenterait des risques pour la santé en raison des émissions d’ondes électromagnétiques supérieures à la norme admise. Selon eux, les compteurs Linky inonderaient les habitations de radiofréquences en plusieurs kilohertz qui viendraient irradier en permanence nos logements de champs électromagnétiques au même titre que le fameux Wifi ou téléphones mobiles déjà très présents dans nos maisons… Ceci est d’autant plus étonnant que pas grand monde ne s’émeut de ces puissances ondes électromagnétiques (Wifi et 3G/4G) qui arrosent pourtant notre quotidien en permanence depuis plus de 10 ans et dont la nocivité n’est pas contestée. Pourquoi, soudainement, faire une fixation sur les quelques modestes ondes émises par Linky principalement la nuit et à faibles doses ?

Manifestement beaucoup d’opposants parlent de choses qu’ils ne connaissent pas ! En effet, ces compteurs communicants ne fonctionnerait pas avec de la radiofréquence (ce qui est le cas dans certains pays) mais via le CPL (courant porteur en ligne). Cette technologie est connue et utilisée depuis des décennies, y compris en France, où nombre de box internet et autres appareils électriques l’utilisent au quotidien. S’il est exact que des ondes électromagnétiques sont émises, elles restent extrêmement faibles et intermittentes, contrairement au four à micro-onde, au fer à repasser, au sèche-cheveux et autres grille-pains qui émettent de forts rayonnements. A y regarder de prés, force est de constater que le compteur communicant Linky ne modifiera pas sensiblement le niveau d’exposition aux ondes électromagnétiques émises depuis des années ; ce d’autant plus que les émissions de Linky seraient en tous points comparables à la précédente génération.

L’Etat et ErDF (Enedis) doivent réagir et confirmer l’innocuité des compteurs Linky sur la santé

Il serait temps que le gouvernement et ErDF (Enedis) communiquent enfin en toute transparence sur le sujet et mettent définitivement fin à cette polémique pour le moins infondée. A cet effet, il pourrait être envisagé qu’un organisme indépendant et reconnu par toutes les parties soit chargé d’une étude sérieuse sur le sujet.

Pour ce qui est de la prétendue atteinte aux libertés individuelles du fait des données recueillies et de leur mode de transmission, nous en sommes bien loin alors que la plupart de ces mêmes personnes échangent au quotidien des données bien plus confidentielles depuis leur mobile, sur internet ou les réseaux sociaux. Encore une fois, tout cela n’est guère crédible… Les bien modestes données recueillies et transmises par Linky sont, d’une part codées et sécurisées et, d’autre part, ne font jamais état de l’identité et des coordonnées des abonnés. Par contre, ces données pourront être récupérées et exploitées par le client afin de mieux gérer ses consommations.

Début juin 2016, sur la seule ville de Rodez, prés de 5 000 compteurs Linky ont déjà été posés.

Plus d’information :


France : L’affligeante reculade du gouvernement socialiste à propos de l’écotaxe

14 octobre 2014

A la surprise générale, Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie l’a annoncé la semaine dernière, avant même la fin de son expérimentation : la mise en place de l’écotaxe est reportée sine die.

Après avoir reculé une première fois l’an dernier face aux bonnets rouges bretons qui n’avaient pas hésité à saccager de nombreux portiques pour faire céder le gouvernement de M. Ayrault, le gouvernement Valls capitule lui aussi. Cette décision constitue une nouvelle reculade du gouvernement face aux pressions des transporteurs routiers qui menaçaient le pays de blocage et lui hôte toute crédibilité. Une fois de plus, c’est le contribuable et non les pollueurs qui vont être mis à contribution. C’est tellement plus facile !

Le coût politique d’une telle décision risque d’être considérable pour un gouvernement déjà largement affaibli.

On se rappelle pourtant que la mise en place de cette écotaxe dans le cadre du Grenelle de l’environnement, avait été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale en 2009. Elle visait à assurer la transition énergétique du pays en pénalisant le trafic poids-lourd très polluant. Si sa mise en place s’est effectivement révélée plus complexe et couteuse que prévue, son bien fondé n’était pourtant contesté par personne si ce n’est par quelques camionneurs bretons qui oublient au passage que l’Etat à beaucoup investi en Bretagne, bien plus que dans tout autre région dans un réseau autoroutier totalement gratuit.

Cet abandon découle directement de la faiblesse des gouvernements socialistes successifs qui ont reculé alors que ce type de taxe a été mise en place dans de nombreux pays d’Europe, dont l’Allemagne, sans le moindre problème. Dans ce contexte, on comprend la consternation des élus écologistes qui se disent scandalisés par une telle décision totalement irresponsable.

Cécile Duflot, députée EELV et ex-ministre du Logement, a fustigé le renoncement du gouvernement. »Je considère que c’est une erreur désastreuse… Elle a déploré le manque de « courage politique » de la majorité : « Dès qu’il s’agit de passer aux actes, il n’y a plus personne« . Elle a parlé de « double peine« , écologique et économique. Et de poursuivre : « Est-ce que vous pensez qu’il y a deux ans et demi, quand j’ai accepté d’entrer au gouvernement, j’imaginais que l’on allait abandonner l’écotaxe, augmenter le diesel pour faire payer les particuliers à la place des camionneurs, que l’on allait mettre en cause les chômeurs et avoir une politique qui va à l’encontre des transports en commun ? ». D’autres n’hésitent pas à déclarer : « De reculade en reculade, tout cela vire à la pantalonnade »

Entre l’indemnisation du consortium Ecomouv’ qui devait gérer les péages prévus et le manque à gagner pour les caisses de l’Agence de financement des infrastructures de transport français (AFITF), au bas mot, le coût de ce report sine die va coûter au contribuable la bagatelle d’au moins deux milliards d’euros. Prévue pour une entrée en vigueur au 1er octobre 2013, elle avait été reportée au 1er avril 2014, puis au 1er janvier 2015. Variant suivant le tonnage du camion, elle devait concerner les véhicules empruntant les grands axes routiers gratuits du pays au tarif de 8.8 centimes à 15.4 centimes d’euros par kilomètre parcouru. Au final, ce sont tous les automobilistes qui vont être taxés et non les véritables pollueurs. Là est le scandale !

Les recettes prévues initialement étaient de l’ordre d’un milliards d’euros par an et devaient permettre de financer de nombreuses infrastructures routières et de transport en général. Du coup, de nombreux investissements importants vont devoir être différés. En effet, alors que les finances de l’Etat sont exsangues, il avait été prévu qu’un certain nombre de grands travaux d’aménagement du territoire, y compris des moyens de transports en commun, devaient être financés via les recettes de l’écotaxe. Autant d’investissement qui risquent d’être reportés aux calendres grecques.

Dans un communiqué du 10 octobre, la FNAUT (Fédération nationale des associations et usagers des transports) déplore l’abandon de l’écotaxe qui constitue une décision désastreuse pour la politique des transports : « Le report sine die du péage de transit sous la pression des transporteurs routiers et des chargeurs est une décision désastreuse pour la politique des transports et punitive pour tous les Français. Cette décision pénalise les contribuables et les usagers des transports publics. Elle fait en effet disparaître une source décisive de financement des infrastructures de transports (transports urbains en site propre et rénovation du réseau ferré classique). Elle pénalise également les riverains des grands axes de transit routier, qui continueront à subir des nuisances insupportables : en Alsace, dans les vallées alpines… Le projet de loi sur la transition énergétique est, du coup, totalement décrédibilisé. Enfin la FNAUT déplore les conséquences financières catastrophiques de l’abandon du péage de transit en raison des dédommagements à verser à la société Ecomouv chargée de collecter le produit du péage. »

Par delà la tempête politique engendrée, cette décision lourde de conséquence pour l’avenir du pays constitue une nouvelle reculade inquiétante qui démontre la faiblesse extrême de ce gouvernement qui cède à la moindre pression de la rue et s’avère incapable de mettre en œuvre une politique cohérente et crédible. Dans ces conditions, ce n’est pas demain la veille que la France va s’attaquer aux réformes de structures nécessaires à la réduction des dépenses publiques. Ce nouveau recul aura nécessairement un coût politique exorbitant pour Hollande et son gouvernement. Voilà qui n’augure rien de bon pour les mois qui viennent.


Rio 2012 : 20 ans après, un coup pour rien

28 juin 2012

C’est à Rio de Janeiro, l’ancienne capitale du Brésil, que s’est tenu fin juin 2012 un nouveau sommet de la Terre « RIO + 20 » pour célébrer le 20ème anniversaire du 1er Sommet du Développement Durable de la planète de 1992.

Vingt ans après les promesses et les espoirs suscités par le premier sommet de la Terre, nous avons assisté à un nouvel échec. Ce n’est pas l’enthousiasme et la détermination à relever le plus grand défi de l’histoire que nous avons vus, bien au contraire. Une fois de plus, la communauté internationale, y compris l’Europe et la France de François Hollande, se sont contentée du plus petit dénominateur commun. Oublié l’Organisation mondiale de l’environnement et les engagements chiffrés.

La déclaration de Rio + 20, ce n’est en définitive qu’un triste papier sans ambition signant le triomphe d’une époque : celle du consensus mou cher à certains, y compris en France. Les engagements ont été réduits au rang de promesse vague et sans aucun lendemain. Après l’échec du sommet sur le climat de Copenhague en décembre 2009, Rio +  20 sonne le glas des grands-messes internationales. Celles-ci ne sont finalement  rien d’autre qu’un théâtre couteux pour amuser les peuples. L’avenir de l’humanité est bien sombre.

La régulation internationale des crises – financière, climatique, alimentaire – demeure aux abonnés absents, tout simplement parce qu’une partie du monde refuse de remettre en cause ses pratiques et rejette toute idée de régulation au nom de la protection des libertés et de l’indépendante de chacun. Une absurdité qui risque de coûter très cher à l’humanité toute entière.

Ce Rio + 20 n’aura donc pas servi à grand-chose. Et dire qu’en France, il n’y a pas si longtemps, notamment à l’issue du sommet de Copenhague en 2009, certains élus de gauche n’hésitaient pas à critiquer l’inaction du gouvernement français ! 3 ans plus tard alors que les écologistes font partie de la coalition de gauche au pouvoir en France, alors que le sommet de Rio 2012 est un échec total, on n’a pas entendu grand monde à gauche pour s’en émouvoir et le regretter.

« Il est temps d’exploser Les Verts qui ont tué l’écologie » a déclaré récemment Gabriel Cohn-Bendit à Atlantico. Dans un entretien publié dans Libération, son frère Daniel Cohn-Bendit a lâché : « Aujourd’hui, nous incarnons souvent l’insoutenable légèreté de l’arrivisme », en forme de réquisitoire contre la direction des écologistes actuelle. Au moment où le mouvement écologiste devrait être fort pour imposer des changements importants pour faire face au défi du changement climatique, on ne peut que regretter son absence de ce grand débat notamment en France.

Plus d’infos sur le sommet de Rio de Janeiro 2012 :


France : l’ultimatum d’Eva Joly et EELV à François Hollande sur l’EPR

16 novembre 2011

Après l’ultimatum d’Eva Joly à François Hollande, le parti socialiste inflige un sérieux camouflet à EELV

Les négociations entre Europe-Ecologie-Les Verts et le Parti socialiste, préalables à la désignation des candidats des deux formations aux élections législatives de juin 2012; n’avaient pas démarré sous les meilleurs hospices.

Ces dernières semaines, Mme Eva Joly, soutenue par Cécile Duflot, la présidente d’EELV, y était allée de son ultimatum à l’encontre de François Hollande, candidat désigné par le parti socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2012, à propos de l’arrêt de l’EPR de Flamanville. Devant le peu d’empressement, pour ne pas dire l’opposition manifestée par ce dernier à y renoncer en cas d’élection, la candidate écologiste avait fermement posé ses conditions à son allié traditionnel : l’engagement sur l’arrêt définitif de l’EPR ou l’absence de tout accord électoral. Ni plus, ni moins !

Et pourtant, ce mardi 15 novembre, on apprenait finalement la signature d’un accord de gouvernement entre EELV et le parti socialiste, prévoyant la fermeture de 24 réacteurs nucléaires sans en préciser le délai et l’arrêt de la fabrication du combustible nucléaire Mox. En contrepartie, les deux formations se sont entendues sur la présentation de candidats communs aux prochaines élections législatives, permettant aux écologistes de pouvoir espérer une trentaine de députés et donc la création d’un groupe parlementaire.

Cet accord, qui ne parle plus du sort de l’EPR de Flamanville, doit être avalisé prochainement par les deux formations politiques. Mais aux dernières nouvelles, cet accord de pure circonstance afin de sauver la face des écologistes, ne fait pas l’unanimité de part et d’autre. L’équipe de François Hollande confirme la poursuite de la construction de l’EPR et de la fabrication du combustible Mox utilisé pour alimenter certaines centrales et qui sera le seul combustible de l’EPR. Quelle sera la position finale d’EELV après la suppression par le PS du paragraphe de l’accord consacré à l’arrêt de la production de ce combustible ?

Après ce projet d’accord aux forceps, aujourd’hui contesté, voilà qui nous promet encore quelques débats mouvementés. Sera-t-il finalement validé sachant que certaines candidatures aux élections législatives  dont celle de Cécile Duflot à Paris, semblent pour le moins contestées ? A ce rythme, la campagne présidentielle de François Hollande risque de ne pas être qu’une simple promenade de santé, y compris avec ses plus proches alliés.


Alors que l’Allemagne stoppe son programme nucléaire, la France continue comme si de rien n’était…

4 juillet 2011

Dans le présent contexte de révolution énergétique, la France peut-elle raisonnablement continuer à miser sur le tout nucléaire, comme si rien ne s’était passé en ce début 2011 ?  Le pays est champion du monde de l’atome avec 75% de son électricité d’origine nucléaire contre seulement 12% d’énergie renouvelable (10% pour l’hydraulique et seulement 2% pour l’éolien et le solaire), loin devant la Suède avec prés de 50% d’énergie nucléaire, la Suisse 40%, le Japon 30%, l’Allemagne 25%, les Etats-Unis 20% ou le Royaume-Uni 18%. Après la catastrophe de Fukushima, la part de l’énergie nucléaire dans ces pays devrait baisser considérablement et même disparaître pour ce qui concerne l’Allemagne, la Suisse et l’Italie.

Le temps n’est-il pas venu pour la France de revoir sa politique énergétique, en réduisant notablement la part de son énergie d’origine nucléaire ? Le pays peut-il durablement rester l’un des plus gros producteurs d’énergie nucléaire et continuer à tout miser sur le développement de ce type d’énergie, au détriment des énergies renouvelables et durables que sont l’éolien, le solaire ou la biomasse ? D’ici 10 ans, dans les grands pays industrialisés, l’énergie nucléaire ne devrait plus peser que 15% à 20% du total alors que les énergies renouvelables devraient représenter à elles-seules 30% à 50% selon les pays. Avant la décision allemande, la Suisse dont 40% de l’énergie est d’origine nucléaire, avait elle aussi décidé de sortir définitivement du nucléaire d’ici 2034, alors que nos voisins immédiats : la Belgique, l’Italie et l’Espagne ont stoppé leur programme nucléaire et sont en voie de se passer de ce type d’énergie.

Après les terribles catastrophes de Tchernobyl  et Fukushima (cette dernière ayant eu lieu dans un des pays les plus avancés technologiquement au monde), aucun argument valable ne saurait aujourd’hui justifier la poursuite d’une politique du tout nucléaire. Aucune centrale atomique au monde, même les mieux sécurisées, ne saurait garantir une totale sécurité face aux risques nucléaires planétaires. Même si la technologie est de plus en plus sûre, notamment la 3ème génération de réacteurs nucléaires développés par la France, cette énergie présente de graves risques pour l’humanité au regard de ses bien maigres avantages. La prudence et le respect des pays voisins imposent à la France de revoir sa politique du tout nucléaire.

Comment la France va-t-elle passer d’un niveau n’énergies renouvelable de 12% en 2011 (l’un des plus bas de tous les pays développés), à 22% en 2020, chiffre qu’elle s’est comme objectif à atteindre comme l’ensemble des pays de l’Union européenne ? La France doit à son tour engager une politique de diversification de ses énergies en favorisant, comme l’a si bien fait l’Allemagne, les énergies propres et renouvelables telles l’éolien et le solaire. Les projets d’importants champs éoliens offshores sur la Manche et l’océan Atlantique, soutenus par le gouvernement français, vont dans le bon sens. Mais il faut aller beaucoup plus loin et plus vite pour développer une industrie du durable, porteuse en terme de développement durable et d’emplois locaux.

La France doit revenir à une part d’énergie nucléaire nettement inférieure à 50% et porter rapidement ses énergies renouvelables de 12% à 30% et plus. C’est une question de survie, d’indépendance et de crédibilité de notre pays qui doit promouvoir une industrie sûre et propre qui contribuera à la une réduction massive du CO2. La France doit ainsi donner l’exemple pour éviter toute prolifération de centrales nucléaires à travers le monde, difficiles à contrôler et qui n’offriraient pas les meilleures garanties de sécurité.

Dans un premier temps, la France n’a donc d’autre choix que de fermer progressivement ses centrales nucléaires les plus anciennes et les moins sûres. L’avais favorable donné début juillet 2011 par l’ASN pour le prolongement de 10 ans de l’exploitation de la veille centrale de Fessenheim ne va pas dans le bon sens. Outre la révision de son mix-énergétique, la réussite française passe par une politique de réduction massive des consommations d’électricité, notamment en matière de chauffage, en finançant plus généreusement les économies d’énergies et les constructions à basses consommations. L’avenir est plus que jamais à la réduction des consommations et aux énergies propres et renouvelables. Il est temps que la France ouvre les yeux et change de cap énergétique.


Causses et Cévennes : l’UNESCO a inscrit le territoire au Patrimoine mondial

29 juin 2011

Ce 29 juin 2011, après plusieurs tentatives infructueuses en 2005 et 2009, le dossier « Causses et Cévennes » présenté par l’Association AVECC (Valorisation des Espaces des Causses et des Cévennes) en partenariat  avec les départements de l’Aveyron, du Gard, de l’Hérault et de la Lozère, a été inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO.  A ce jour, l’organisation a inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité plus de 900 sites culturels et naturels à travers le monde entier. Rappelons que le caractère exceptionnel des sites des Causses et des Cévennes, alliant un équilibre harmonieux entre l’homme et la nature avec la volonté d’associer protection et développement, avait déjà permis à ce même espace d’intégrer le réseau mondial des réserves de biosphère de l’UNESCO dès 1985.

Le périmètre de Causses et Cévennes retenu  s’étend sur 302 319 hectares au sud du Massif central, soit 235 communes réparties principalement sur le sud-est de l’Aveyron, le nord de l’Hérault, le nord-ouest du Gard et le sud de la Lozère et plus marginalement sur l’est de l’Ardèche. La zone tampon périphérique couvre une superficie de 312 425 ha. La zone centrale comprend une part importante des deux grands parcs existants : le parc national des Cévennes et le parc naturel régional des Grands Causses.

Cette région constitue un paysage de montagne entaillé de profondes vallées, représentatif de la relation existante entre les systèmes agro-pastoraux et leur environnement biophysique, notamment au travers des drailles et des voies de transhumance. Les villages et les grandes fermes en pierre situées sur les terrasses profondes des Causses reflètent l’organisation des grandes abbayes à partir du XIe siècle. Le Mont Lozère, partie intégrante des Causses et Cévennes, est l’un des derniers lieux où l’on pratique toujours la transhumance estivale.

En inscrivant l’essentiel du territoire des Grands Causses et des Cévennes sur sa liste, l’UNESCO reconnait ainsi pour la première fois un « paysage culturel évolutif et vivant » qui appellera, à l’avenir, d’autres inscriptions. Des territoires vallonnés que les hommes ont façonné par la cueillette, l’élevage et l’agriculture de subsistance pendant plus de 4.000 ans. Cette reconnaissance mondiale des Causses et Cévennes devrait permettre de doter l’espace d’un plan de gestion visant cinq objectifs :

  • préserver et valoriser le patrimoine culturel et naturel,
  • mettre ce patrimoine à la disposition du plus grand nombre,
  • faire de la relation homme/nature un facteur de développement des productions d’excellence (agriculture, tourisme),
  • coordonner aménagement du territoire et respect du patrimoine,
  • associer les collectivités  et les structures de gestion existantes.

Une bien belle victoire pour les promoteurs de Causses et Cévennes qui était pourtant loin d’être acquise. Après deux échecs, on avait craint que les divers projets d’exploitation de gaz de schistes par le procédé très contesté de fracturation hydraulique (injection à haute pression d’eau et de produits chimiques nocifs pour libérer les gaz emprisonnés dans les roches en schistes), ne porte un coup fatal à ce dossier. Finalement, le classement des Causses et Cévennes par l’Unesco devrait permettre de mieux protéger l’ensemble du sud Massif-Central et enterrer définitivement tout projet d’exploitation des gaz de schistes dans la région.

Par delà l’engagement sans faille de l’Etat pour soutenir le projet, ce succès est aussi celui d’un ensemble de régions qui se sont unies pour porter un projet global de développement territorial fondé sur le respect du riche passé agro-pastoral et la préservation de l’environnement. Un exemple à méditer dans bien des domaines !

Une chance inouïe pour les Causses et les Cévennes.

Plus d’informations :