Aveyron : La droite (UMP-UDI-DVD) confortée par les résultats du 2ème tour des élections départementales

30 mars 2015

Même si Jean-Claude Luche, le président du conseil général sortant pensait faire un peu mieux, la majorité départementale UMP-UDI et divers droite sort largement confortée de ce deuxième tour des élections départementales 2015.

Au total, sur 23 cantons à pourvoir, la droite aveyronnaise en avait emporté 8 dés le 1er tour. Il en restait 15 à pourvoir. Elle en gagne finalement 15 (dont 7 au second tour). Par rapport à l’assemblée départementale sortante, la droite gagne 4 élus et passe à 30 contre 16 pour la gauche.

Malgré le redécoupage électoral savamment orchestré par le gouvernement socialiste en 2014 en vue de faire basculer le seul département de Midi-Pyrénées encore à droite, il n’en a rien été. En ce sens, le président du Conseil général sortant a gagné son pari ; ce qui n’était pas acquit.

Le résultat aurait même pu être beaucoup plus délicat pour la gauche qui a finalement limité la casse en conservant de justesse quelques fiefs comme à Céor-Ségala (Naucelle-Baraqueville) avec 51.54%, Monts du Réquistanais (Réquista-Cassagne Begonhés) 50.58%, Rodez 1 avec 51.74%, Villefranche-de-Rouergue avec 50.62% ou Millau 1 avec 35.14% dans une triangulaire contre 33.08% (UDI) et 31.78% (DVD).

A l’inverse, la droite départementale (UMP-UDI-Divers droite) emporte quelques fiefs traditionnels de la gauche : Lot et Dourdou (Decazeville-Viviez-St Cyprien sur Dourdou) avec 51.69%, Rodez-Onet (Onet-le-Château) avec 51.69% ou Saint Affrique avec 51.91%.

Le nouveau conseil départemental de l’Aveyron reste donc bien ancré à droite. Le nouveau président sera élu jeudi prochain et sans grande surprise Jean-Claude Luche devrait se succéder à lui-même en attendant que la loi sur le non-cumul des mandats lui impose de choisir entre son mandat de sénateur et de président du Conseil départemental.

Voici les résultats complets du 2ème tour du 29 mars 2015 :

  • Céor-Ségala (Naucelle-Baraqueville) : Mme Blanc et M. Pialat (PRG) élus avec 51.54% des voix contre 48.46% à Mme Fouillade et M. Barbezange (UDI),
  • Enne et Alzon (Aubin-Cransac-Firmi-Rignac) : Mme Pierini et M. Cabrolier (DVG) élus avec 59.23% des voix contre 40.77% à Mme Renaud et M. Rouquette (DVD)
  • Lot et Dourdou (Decazeville-Viviez-Saint Cyprien sur Dourdou) : Mme Buessinger et M. Tieulié (DVD) élus avec 51.69% des voix contre 48.31% à Mme Bocquet et M. Denoît (DVG)
  • Lot et Montbazinois (Capdenac gare-Montbazens) : Mme Mouly et M. Cavalerie (PS) élus avec 59.20% des voix contre 40.80% à Mme Tournier et M. Pourcel (UDI)
  • Millau 1 (Millau-Creissels-Saint Georges) : Mme Compan et M. Gonzalés (UG) élus avec 35.14% contre Mme Baraille et M. Ramondenc (UDI) 33.08% et Mme Orcel et M. Niel (DVD) 31.78%
  • Millau 2 (Millau-Nant-Saint Jean du Bruel-Aguessac-Compeyre) : Mme Ayot et M. Gaillard (UDI) élus avec 53.75% des voix contre 46.25% à Mme Gazel et M. Perez-Lafont (PS)
  • Monts du Réqusitanais (Réquista-Cassagnes Begonhés-Calmont) : Mme Escorbiac et M. Cailhol (DVG) élus avec 50.58% des voix contre 49.42% à Mme At et M. Grimal (DVD)
  • Rodez 1 : Mme Vidal et M. Combet (PS) sont élus avec 51.74% de voix contre 48.26% à Mme Sudre et M. Théron (UMP-UDI)
  • Rodez 2 : (Rodez-centre et Monastère) : Mme Frayssinet et M. Saules (DVD-UMP) sont élus avec 56.79% des voix contre 43.21% à Mme Bezombes et M. Bories (PS)
  • Rodez-Onet (Rodez Saint Félix-Onet le Château) : Mme Abadie-Roques et M. Abinal (DVD) élus avec 51.69% des voix contre 48.31% à Mme Foulquier-Kabiti et M. Roussel (FG)
  • Saint Affrique : Mme Gral et M David (UMP) élus avec 51.91% des voix contre 48.09% à Mme Palies-Nègre et M. Guenot (PS)
  • Tarn et Causses (Séverac le Château-Saint Beauzély-Campagnac-Peyreleau-Rivière sur Tarn…) : Mme Vergonnier et M. Galibert (UMP-DVD) élus avec 64.73% des voix contre 35.27% à Mme Laur et M. Gaubert (DVG)
  • Vallon (Salles la Source-Druelle-Marcillac-Valady-Clairvaux…) : Mme Gaben-Toutant et M. Mazars élus avec 55.03% des voix contre 44.97% à Mme Soulié-Deltell et M. Cayzac (DVD)
  • Villefranche-de-Rouergue : Mme Bayol et M. Cantournet (PRG) élus avec 50.62% des voix contre 49.38% à Mme Lefèvre et M. Tranier (DVD)
  • Villeneuvois et Villefranchois (Villeneuve-Maleville-Martiel-Toulonjac…) : Mme Rigal et M. Masbou (DVD) élus avec 53.05% des voix contre 46.95% à Mme Taurines et M. Costes (DVG)

Rappel des résultats du 1er tour du 22 mars 2015 :

  • Aubrac-Carladez (Laguiole / Mur-de-Barrez / St Amans-des-Cots / Ste Geneviève / St Chély d’Aubrac…) : Cazard & Alazard & (MD) élus avec 75.69%
  • Aveyron et Tarn (Rieupeyroux / Najac / La Salvetat-Peyralés…) : Mazars & At (MD) élus avec 57.54%
  • Causse-Comtal (Bozouls-Sébazac-Concourés-La Loubière…) : Bessaou & Calmelly (MD) élus avec 56.58%
  • Causses & Rougiers (Belmont-sur-Rance / Camarés / La Cavalerie / St Sernin-sur-Rance…): Bel & Laborie élus avec 50.19%
  • Lot & Palanges (Saint Geniez d’Olt / Laissac / St Come d’Olt…) : Presne & Luche (MD) élus avec 66.43%
  • Lot & Truyère (Espalion / Estaing / Entraygues…) : Anglade & Anglars (MD) élus avec 64.03%
  • Nord Lévezou (Luc La Primaube / Olemps / Flavin…) : Gombert & Sadoul (MD) élus avec 65.69%
  • Raspes & Lévezou (St Rome de Tarn / Salles-Curan / Pont-de-Salars…) : Sigaud-Laury & Marc (MD) élus avec 58.04%

Le nouveau Conseil départemental de l’Aveyron sera installé jeudi prochain. Pour la première fois depuis longtemps, une majorité d’élus de droite et du centre de l’agglomération du Grand-Rodez y siégeront. Gageons que la nouvelle assemblée saura défendre les intérêts du département face à l’Etat et à la future région.

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France : Quand le gouvernement socialiste de M. Valls manipule sans vergogne les données du chômage et des déficits

28 mars 2015

A la veille du second tour de scrutin des élections départementales, le gouvernement socialiste est sur tous les fronts pour tenter de cacher aux français les mauvais résultats de sa gestion depuis 2012 alors qu’un peu partout en Europe, la reprise est au rendez-vous et que les résultats économiques et sociaux sont en nette amélioration.

La réalité est la France socialiste rame à contre-sens au risque de couler à tout moment. Plutôt que de s’attaquer aux maux qui rongent le pays et qui sont bien connus, M. Hollande et M. Valls se sont répartis les rôles pour occuper les médias et escamoter les mauvais résultats économiques et sociaux des derniers mois. A les croire, malgré les mauvais résultats du chômage (+ 46 500 en deux mois, sans compter les DOM) et un déficit du budget 2014 élevé (+4.0% contre +3.6% prévu dans le projet de loi de finances pour 2014), la situation serait en passe de s’améliorer et la reprise pointerait son nez. Hélas, il n’en est rien.

En biaisant la réalité des chiffres qui traduisent incontestablement une dégradation constante de la situation de la France, les socialistes tentent une opération de camouflage, par une habile politique de communication, pour essayer de contenir le mécontentement des électeurs et limiter l’ampleur de leur défaite électorale attendue le 29 mars. Chez les socialistes, il semble que le mensonge soit devenu un mode de gouvernement : plus c’est gros, plus çà passe. Finalement, sur le chômage comme sur les déficits, c’est mieux que si c’était pire !!!

Cette pratique n’est pas sans rappeler celle du maire socialiste de Rodez et de certains de ses adjoints qui mentent comme ils respirent à tout propos, sans la moindre vergogne ! Probablement, un enseignement largement privilégié dans le cursus de formation des élus socialistes. Une manière comme une autre de prendre les électeurs pour des imbéciles… Jusqu’à quand ?

Ainsi, le ministre du Budget s’est félicité voici quelques jours d’un déficit 2014 de +4%, « très en deçà de la cible de +4.4% inscrite dans la loi de finance rectificative fin 2014 » selon lui. On croit rêver ! C’est oublier que ce niveau reste très supérieur aux +3.6% fixés par le projet de loi de finances pour 2014 en décembre 2013 et à celui prévu (+3.8%) en avril 2014 dans le programme de stabilité présenté à la Commission européenne. Rappelons également que ce niveau de déficit (+4.0%) n’a quasiment pas bougé depuis un an et que, pendant ce temps, la dette a nettement augmenté passant de 84 milliards d’euros à plus de 95 milliards d’euros.

Autant dire qu’aucun effort budgétaire n’a été consenti au cours de l’année 2014 alors que notre pays a bénéficié d’un contexte exceptionnellement favorable avec des taux d’intérêts très bas et d’importants remboursements de prélèvements européens que l’on ne retrouvera pas l’an prochain. Ceci rend l’objectif de ramener les déficits à moins de 4% du PIB irréaliste pour l’année 2015.

Force est de constater que les divers gouvernements socialistes, depuis leur retour au pouvoir en 2012, ne cessent de courir derrière des objectifs qu’ils sont incapables d’atteindre alors même qu’ils sont très modestes.

Alain Lambert, ancien ministre du Budget est catégorique à ce propos : « La France est en situation de déficit excessif, nous n’avons respecté aucun de nos engagements depuis des années et voilà qu’on présente comme un miracle, le simple fait d’être un peu moins mauvais que nous en l’avions imaginé. C’est pathétique ! La vitesse à laquelle le pouvoir politique s’éloigne de la réalité fait peur…. Nous avons basculé dans une époque où les annonces politiques se succèdent les unes après les autres, sans logique, sans vision, ce qui fait douter de leur sincérité globale… »

Ce qui compte, avant tout ce n’est pas tant d’atteindre les objectifs que de se fixer des objectifs ambitieux. Si certains chiffres peuvent paraître satisfaisants au prime abord, c’est tout simplement parce que des objectifs fixés étaient tout sauf ambitieux. Ce n’est pas ainsi que la situation de la France va s’améliorer et qu’une reprise économique digne de ce nom interviendra rapidement.

Le manque de sincérité et les promesses non tenues de M. Hollande et de son gouvernement participent au creusement du fossé entre les formations politiques et les français et favorise un peu plus la montée des forces extrêmes. Les résultats du 1er tour des élections départementales en témoignent. Les électeurs du deuxième tour seront-ils dupes du nouveau tour de passe-passe du gouvernement pour les berner une fois de plus ?


Aveyron : Le 1er tour des élections départementales 2015 donne une avance confortable à la droite

24 mars 2015

Le département de l’Aveyron fait partie des quelques départements français dirigés depuis fort longtemps par des élus issus du centre-droit. Le récent découpage (charcutage) électoral réalisé par le gouvernement socialiste avait d’ailleurs pour objectif premier de permettre le basculement à gauche du seul département de la région Midi-Pyrénées encore à droite. Manifestement, au vu du 1er tour du 22 mars dernier, les électeurs du département en ont décidé autrement.

Le département de l’Aveyron devrait non seulement rester à droite, mais amplifier son avantage sur la gauche.

Le taux de participation a été de 55.05%, sensiblement supérieur à la moyenne nationale. Sans surprise, la droite et le centre (UMP, UDI & divers droite) atteignent 45% des voix contre seulement 12.60% pour le Front national. L’extrême-droite reste finalement basse en Aveyron contre 25% au niveau national et n’aura pas de binômes en compétition pour le 2eme tour. Globalement, la gauche régresse nettement.

Sur 23 cantons à pourvoir, 8 cantons ont élus des candidats (binômes) de la droite et du centre (UMP, UDI ou divers droite).

  • Aubrac-Carladez (Laguiole / Mur-de-Barrez / St Amans-des-Cots / Ste Geneviève / St Chély d’Aubrac…) : Cazard & Alazard & (MD) élus avec 75.69%
  • Aveyron et Tarn (Rieupeyroux / Najac / La Salvetat-Peyralés…) : Mazars & At (MD) élus avec 57.54%
  • Causse-Comtal (Bozouls-Sébazac-Concourés-La Loubière…) : Bessaou & Calmelly (MD) élus avec 56.58%
  • Causses & Rougiers (Belmont-sur-Rance / Camarés / La Cavalerie / St Sernin-sur-Rance…): Bel & Laborie élus avec 50.19%
  • Lot & Palanges (Saint Geniez d’Olt / Laissac / St Come d’Olt…) : Presne & Luche (MD) élus avec 66.43%
  • Lot & Truyère (Espalion / Estaing / Entraygues…) : Anglade & Anglars (MD) élus avec 64.03%
  • Nord Lévezou (Luc La Primaube / Olemps / Flavin…) : Gombert & Sadoul (MD) élus avec 65.69%
  • Raspes & Lévezou (St Rome de Tarn / Salles-Curan / Pont-de-Salars…) : Sigaud-Laury & Marc (MD) élus avec 58.04%

Les 15 cantons en ballotage pour le 2ème tour du 29 mars prochain :

6 cantons qui devraient rester à droite (MD UMP-UDI & DVD) :

  • Rodez 2 (Rodez-est & Le Monastère) : Frayssinet & Saules (MD) 50.78% contre Bezombes & Bories (PS) 33.94%
  • Tarn & Causses (Séverac-le-Château / Campagnac / St Beauzély / Peyreleau…) : Vergonnier & Galibert (MD) 49.90% contre Laur & Gaubert (AMC) 29.52%
  • Lot & Dourdou (Decazeville / Viviez / Livinhac / St Cyprien-sur-Dourdou…) : Buessinger & Tieulié (DVD) 28.76% contre Bocquet & Denoit (PS) 26.87%
  • Villefranche-de-Rouergue : Lefebvre & Tranier (MD) 34.30% contre Bayol & Cantournet (PRG) 29.84%
  • Villeneuvois et villefranchois (Villeneuve / Maleville / Martiel / Toulonjac…) : Masbou & Rigal (MD) 39.84% contre Costes & Taurines (PS-DVG) 35.98%
  • Saint Affrique (Saint Affrique / Roquefort / Vabres l’Abbaye…) : Gral & David (MD) 35.09% contre Guénat & Paliés-Nègre (PS) 33.21%

Les 3 cantons qui devraient revenir à la gauche (PS / DVG / PRG & AMC)

  • Enne & Alzou (Aubin / Firmi / Cransac / Rignac…) : Cabrolier & Piérini (DVG) 39.94% contre Renaud & Rouquette (MD) 31.37%
  • Lot & Montbazinois (Capdenac-Gare / Montbazens…) : Cavalerie & Mouly (PS) 46.50% contre Pourcel & Tournier (MD) 28.90%
  • Vallon (Marcillac-Vallon / Salles-la-Source / Valady / Druelle…) : Gaben-Toutan & Mazars (PS-PRG) 43.72% contre Soulié-Deltell & Cayzac (MD) 34.50%

Les 6 cantons indécis où les candidats de la droite et de la gauche sont au coude à coude :

  • Rodez 1 (Rodez-ouest) : Vidal & Combet (PS) 28.84% contre Sudre & Théron (MD) 26.08%
  • Rodez-Onet (Rodez Saint Félix & Onet-le-Château) : Abadie-Roques & Abinal (MD) 33.26% contre Foulquier-Kabiti & Roussel (AMC) 23.86%
  • Millau 1 (Millau / Creissels / St Georges…) : Compan & Gonzalés (AMC) 29.67% contre Baraille & Ramondenc (DVD) 26.81% contre Niel & Orcel (MD) 25.15% (Triangulaire)
  • Millau 2 (Millau / Nant / St Jean-du-Bruel…) : Ayat & Gaillard (MD) 27.66% contre Gazel & Perez-Lafont (PS-DVG) 27.0%
  • Céor & Ségala (Baraqueville / Naucelle…) : Blanc & Pialat (PRG) 41.60% contre Fouillade & Barbezange (MD) 40.30%
  • Monts du Réquistanais (Réquista / Cassagnes / Calmont…) : Cailhol & Escorbiac (PS-DVG) 35.26% contre Nespoulous & Panis (DVD) 23.38% contre At & Grimal (DVD) 21.89% (Triangulaire)

Parmi les cantons indécis, ceux de Rodez 1, Rodez-Onet et Millau 1 et Millau 2, sensiblement à gauche, pourraient causer la surprise et basculer à droite.

D’ores et déjà, le conseil départemental de l’Aveyron est assuré de rester à droite (UMP-UDI et DVD) avec au moins une quinzaine de cantons sur 23, et probablement 16 à 18. Une majorité largement renforcée par rapport à l’assemblée départementale sortante qui, sauf surprise, devrait reconduire haut la main Jean-Claude Luche à sa présidence.

Verdict définitif le 29 mars prochain. En attendant, aux urnes car rien n’est encore joué !


Chantal Périchon, présidente de la Ligue contre la violence routière déplore les mauvais résultats en matière de sécurité routière en France

23 mars 2015

Extrait de l’émission « Inter Treize » sur France Inter du 13 mars 2015 à 13H10 – Interview de Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière

Claire Servajean: Nouvelle hausse du nombre de morts sur les routes de France au mois de février, +6,7%, après une hausse de 12% au mois de janvier, autant dire que la mauvaise tendance de l’année 2014 se poursuit. Alors pourquoi un tel relâchement ? La mobilisation des forces de l’ordre sur le plan vigipirate y est elle pour quelque chose ? C’est vrai ou c’est faux cela d’après vous ? Alors quelles en sont les causes on s’y arrête avec la présidente de la Ligue Contre la Violence Routière. Bonjour Chantal Perrichon.

Chantal Perrichon: Si cela joue un rôle, ce n’est pas un rôle majeur bien sûr. Mais cela joue un rôle parce qu’il ne faut quand même pas oublier que les forces de l’ordre ne sont pas en nombre suffisant dans notre pays, d’une part, et qu’ils sont là pour contrôler non seulement les vitesses, mais le problèmes d’alcool, les comportements dangereux, les franchissements de stop, de ligne continue. Donc nous demandons depuis des années qu’il y ait une police spécifique de la route bien évidemment pour contrôler ces comportements qui mettent la vie des autres en danger. Donc attendons de voir ce qu’il en est pour les chiffres de ces transferts finalement de policiers et gendarmes qui sont insuffisamment nombreux. Mais nous pensons nous que l’explication bien évidemment vient du fait que nous avons une gouvernance qui n’en est pas une en ce qui concerne la sécurité routière. Le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a décidé qu’il pouvait gérer seul ce domaine de santé publique qui est majeur. Rappelons quand même que c’est la plus meurtrière des délinquances et que c’est la première cause de mort de la jeunesse. Il refuse de rassembler un comité interministériel de sécurité routière…hallucinant ! Il n’y en a pas eu depuis mai 2011. .

Claire Servajean: Il a annoncé des mesures le mois dernier…

Chantal Perrichon: Oui… tous azimuts comme il dit. C’est-à-dire on tape dans tous les secteurs, mais surtout il n’a pas voulu écouter les experts que nous avons du Conseil National de La Sécurité Routière qui lui avaient indiqué une seule mesure, la seule qui devait être prise, une mesure de rupture pour faire baisser l’accidentalité. Non il a préféré faire 26 mesures, c’était le 26 janvier 26 mesures…

Claire Servajean: On rappelle quand même lesquelles, on ne se gare pas à moins de 5m d’un passage piéton, on baisse le taux d’alcoolémie pour les plus jeunes a titre expérimental…

Chantal Perrichon: Bien. Rappelons l’objectif, moins de 200 tués en 2020. Il nous promet 26 mesures…Parlons du 0,2g. Il va concerner combien de personnes ? Vous avez une idée du nombre de conducteurs novices qui sont concernés entre le 0,2 et le 0,5? Et bien nous allons faire une loi dans ce pays pour 7 personnes. Donc c’est dire la méconnaissance qu’il a de ce dossier, il est en train finalement de prendre des mesures qui enfument le paysage de la sécurité routière qui laissent entendre que c’est une priorité pour lui mais il ne peut pas balayer d’un revers de main la connaissance qui est acquise et qui permettrait de prendre les mesures qui permettraient de sauver des vies.

Claire Servajean: Vous êtes sévère avec le ministre de l’intérieur.

Chantal Perrichon: D’autant plus sévère que il s’est permis finalement de balayer d’un revers de main les décision du CNSR, des experts du conseil National de la Sécurité Routière, et ça c’est inadmissible parce que il n’a aucune connaissance de ce domaine et en plus il ne veut pas travailler en collaborateur avec les autres ministres. Rappelons qu’en 2002, ce qui a fait la force de 2002, c’était le fait que les gens travaillaient disons ensemble et il y avait une vrai volonté politique, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Claire Servajean: Et un vrai message clair pour tout le monde. Je voudrais vous faire écouter, Chantal Perrichon, le préfet D’île et Vilaine et de Bretagne parce qu’il connaît bien le sujet dans son département la mortalité routière a augmentée de 40%, l’an dernier. Patrick Strzoda parle de la route comme d’un exutoire pour tout ce qui est considéré comme oppressant dans la société. On l’écoute c’est Mathile Deligny qui l’a joint tout à l’heure.

Patrick Strzoda : Les accidents mortels ont augmenté de 40%. On est passé de 45 morts à 63 morts en 2014. Et quand on analyse toutes les causes on voit que pour un bon nombre deconducteurs, la route est devenue un exutoire. C’est-à-dire, on joue en fait à enfreindre la loi. Ce que nous disent les conducteurs verbalisés, c’est que ils se libèrent, ils se laissent aller parce qu’ils considèrent qu’ils vivent dans une société qui est trop réglementée. Et ça évidemment on ne peut pas l’accepter parce que c’est de l’irresponsabilité. Vous ajoutez à ce type de comportement des causes qui elles sont bien connues, c’est l’alcool, c’est les stupéfiants. Le dernier accident mortel dont j’ai eu connaissance, c’est 3,79g d’alcool dans le sang. Donc cela nécessite vraiment une réaction très forte des pouvoirs publics. Les contrôles se sont considérablement renforcés, mais je crois qu’il faut que chacun prenne ses responsabilités. On ne peut pas accepter que des situations de ce type perdurent et que malheureusement tous les deux où trois jours, on soit obligé d’annoncer à des parents à une famille que l’un de leur proche a disparu.

Claire Servajean: Voilà donc ce que dit le préfet D’île et Vilaine et de Bretagne. Chantal Perrichon, plus de 3000 morts l’an dernier dans un quasi indifférence générale, faut le dire quand même. Moi j’aimerais que vous nous disiez à nous par exemple les médias, on a tort de ne pas parler des accidents quotidiens ? Qu’est-ce qu’on devrait faire ?

Chantal Perrichon: Il faut en parler parce que regardez : Nous sommes tous secoués et blessés et vraiment très touchés par ce qu’il s’est passé en Argentine. Il y a eu dix personnes qui étaient importantes aux yeux de tous dans notre imaginaire pour nous tous. Nous sommes vraiment blessés par leur mort. Et bien aujourd’hui il va y avoir dix familles qui vont voir un policier ou un gendarme, ou un maire, comme a dit le député, qui va leur annoncer que soit le fils soit le père soit la mère est décédé(e). La douleur est la même. Le ravage est absolument identique. Et lorsqu’on voit les médias dire, de façon comme ça…comme si c’était un état de fait qu’on devait supporter, banaliser les résultats en disant « il y a eu une remontée du nombre de morts » et bien c’est inacceptable. Il y a eu l’an passé plus de 120 tués, ces vies auraient du être épargnées et le témoignage de ce député (ce préfet) est très très important, il parle de l’alcool, nous sommes incapables d’avoir une politique pour aider les gens qui ont un problème d’alcool dans ce pays.

L’alcool est mille fois moins contrôlé que la vitesse et nous attendons de la chancellerie qu’elle tienne ses promesses. Madame Taubira avait dit en 2012 que fin 2013 il y aurait des éthylotests antidémarrage dans tous les départements. Nous somme en 2015, il y en a une quarantaine. Nous ne sommes pas capables d’aider les gens qui ont un problème avec de l’alcool. Et en ce qui concerne la vitesse, regardez cette technologie qui avait été annoncée en mars 2013, et immédiatement grâce aux médias, qui avaient joué leur rôle d’ailleurs, qui avaient dit a quel point c’était important, la possibilité d’être contrôlé à tout moment et en tous lieux, et bien il y avait une baisse de l’accidentalité. Qu’en est-il aujourd’hui de ces radars troisième génération ? Il y en a 200, et ils sont utilisés moins de deux heurs par jour. C’est un véritable scandale. En Angleterre ils en ont officiellement 4000, ils en ont peut-être entre 6 et 8 mille, et ils sont utilisés eux a plein temps. Hors les Anglais ont 300 mille km de routes, nous en avons 1 million. Donc nous voyons bien que nous ne mettons pas les moyens pour contrôler les comportements dangereux que ce soit la vitesse ou l’alcool.

L’année 2014 aura été la plus mauvaise année depuis longtemps en matière de sécurité routière. La Ligue contre la violence routière s’insurge contre l’absence de véritable politique de sécurité routière des pouvoirs publics depuis 2012 et exige la mise en place de mesures fortes et énergiques pour réduire massivement le nombre de victimes de la route.


France : La colère des professionnels de la santé contre la réforme de la ministre de la Santé, Marisol Touraine

17 mars 2015

Entre 20 000 et 40 000 professionnels de santé, dont de très nombreux médecins, ont manifesté ce dimanche 15 mars 2015 à Paris contre le projet de loi de la Marisol Touraine, ministre de la Santé. Probablement la plus importante manifestation des médecins libéraux depuis longtemps en France.

Pour les médecins, cette forte mobilisation est un véritable succès qui devrait contribuer à enterrer la réforme de la ministre. Vent debout contre la généralisation du tiers payant qui ferait d’eux de véritables fonctionnaires se substituant à la Sécurité sociale pour contrôler les droits des assurés au lieu de se concentrer sur les soins et le suivi médical de leur patient qui est leur métier !

A juste titre, comme cela est aujourd’hui le cas pour les pharmaciens pour qui le tiers-payant est une obligation génératrice de complications et de surcoûts, les médecins redoutent la charge de travail supplémentaire générée par sa généralisation. En effet, cette lourdeur est en partie due au nombre important de mutuelles qui compliquent considérablement le système de remboursement, avec de fréquents problèmes techniques. L’autre aspect négatif du tiers payant est qu’il fait passer les médecins directement sous l’autorité de la sécurité sociale qui rembourse totalement ou partiellement selon son bon vouloir, dans un délai relativement long de l’ordre de 8 jours, quand ce n’est plus. Ce qui rend les recettes relativement aléatoires et moins lisibles pour les professionnels à un moment où nombre d’entre-eux voient celles-ci baisser.

Le tiers-payant est un système loin d’être aussi simple pour les professionnels de santé que ne l’affirme le gouvernement.

Rappelons que le tiers-payant existe déjà pour certaines catégories de patients à faibles revenus qui n’ont pas à faire l’avance de la consultation chez le médecin, au demeurant modique. Rappelons aussi que le tiers payant a été mis en place pour les pharmaciens, principalement en raison du coût élevé des nombreux traitements médicaux afin que les patients n’aient pas à faire l’avance de trésorerie et puissent se soigner, sans difficultés, quel que soit leur niveau de revenus.

Avec une consultation modique à seulement 23 euros, inchangée depuis de longues années, il n’apparaît pas anormal que les patients s’acquittent directement de leur consultation. C’est aussi un moyen important de les responsabiliser et de faire en sorte qu’ils ne consultent pas pour un oui ou non, sans restriction aucune. Qu’y a-t-il là de choquant ?

Enfin, contrairement à une idée faussement répandue par les médias et le gouvernement socialiste, les revenus de nombreux médecins notamment en zone rurale ou dans les villes moyennes sont en baisse sensible et parmi les plus bas des grands pays de l’UE, soit moins que le revenu moyen des français alors que nombre d’entre-eux travaillent plus de 10 heures par jour, parfois le samedi et souvent avec des permanences les weekend. Pas cher payé pour rémunérer des professionnels qui ont fait de longues études et qui ont l’importante mission de veiller sur la bonne santé de la population !

Aujourd’hui, les spécialistes sont d’ailleurs d’accord pour dire que la juste rémunération de la consultation d’un médecin généraliste devrait se situer entre 27 et 28 euros au lieu des 23 euros actuels. De ce point de vue, les revendications des médecins libéraux seraient tout à fait légitimes sur ce point comme sur d’autres.

Les professionnels de la santé se sont tous retrouvés dans cette manifestation tant leur exaspération est grande et ont le sentiment de ne pas être compris. Les médecins généralistes déplorent l’absence de mesures pour favoriser « la révolution du premier recours ». De leur côté, les spécialistes se considèrent comme ignorés, et dans certains établissements, hospitaliers des médecins exercent souvent dans des conditions particulièrement difficiles.

Au final, la ministre s’est mis toutes les catégories de médecins à dos, sans oublier les jeunes, forcément les plus mobilisés. Et on les comprend ! D’ailleurs, les syndicats de médecins régulièrement opposés se sont retrouvés dimanche derrière la même banderole. La ministre fait l’unanimité contre elle.

L’erreur de la ministre a été de sous-estimer la puissance des médecins et de ne pas avoir suffisamment négocié avec eux préalablement. L’autre erreur a probablement été de ne pas proposer une réforme globale, en revoyant la gouvernance du système de santé, entre d’une part, l’Etat, l’Assurance maladie et les professionnels de santé. Ce qui mécontente tout le monde.

La nécessité d’une grande réforme de notre système de santé n’est pas contestable. Encore faudrait qu’elle se fasse de manière globale et cohérente, en prenant soin de consulter préalablement l’ensemble des parties, et non sur des bases strictement politiciennes, sans prendre en compte l’intérêt des patients et des professionnels de santé dont le rôle est essentiel.


Pourquoi la France va droit dans le mur !

11 mars 2015

Agnés Verdier-Molinié est la directrice de la fondation iFRAP (fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques), un think-tank qui analyse la performance de l’Etat, des administrations et des politiques publiques, en vue de proposer des réformes concrètes aux politiques du pays.

Une fois de plus, elle décrit une France qui va de plus en plus mal, notamment depuis l’arrivée de M. Hollande à l’Elysée en 2012. Le pays croule aujourd’hui sous le poids de l’impôt, des normes qui n’en finissent plus et une administration pléthorique dont la lourdeur nuit au bon fonctionnement de l’Etat.

Ce constat, Agnés Verdier-Molinié le fait depuis de longues années. Il résulte des propres analyses de la fondation iFRAP mais aussi, ce qui est surprenant, de très nombreux rapports publics publiés annuellement, à commencer par celui de la Cour des comptes. En pure perte ! En effet, aucun enseignement n’est tiré des dysfonctionnement de l’Etat alors que le pays à tant besoin de réformes de structures majeures.

Au vu de l’urgence de la situation française, elle publie en ce début mars 2015, un livre choc qui prône une réforme en profondeur de l’Etat intitulé : « On va dans le mur… ». Un réquisitoire accablant et sans appel qui met les politiques devant leurs énormes responsabilités.

« Nul n’est sensé ignorer la loi… » Et pourtant, notre pays connaît plus de 400 000 normes, 10 500 lois et 127 000 décrets, répartis sur plus de 62 codes différents. Qui peut sérieusement prétendre connaître les lois dans ce pays ? Le code général des impôts est passé de 2 500 pages à plus de 4 000 pages en 10 ans. Au cours de la même période, le code du travail a connu la même explosion et pire encore pour le code de l’urbanisme et de la construction. A l’inverse, ces dernières décennies, la plupart des pays européens ont mis en place des mécanismes qui limitent l’inflation des textes et simplifient considérablement la réglementation en vue de réduire le coût de fonctionnement et l’efficacité de l’Etat, tout en favorisant la croissance.

En matière normative, l’Allemagne a parfaitement réussi sa révolution en réduisant de 25% les coûts administratifs pour les entreprises. La compétitivité fait feu de tout bois, contrairement à la France qui croule sous les normes et réglementations de plus en plus obsolètes. Le Parlement allemand se veut d’ailleurs exemplaire et n’hésite pas à voter des lois fédérales qui abrogent les réglementations les plus superflues en réduisant le nombre de lois de 2 039 à 1728. Rappelons que notre douce France (pour combien de temps encore) adopte prés de 7 fois plus de lois !

Hélas ce diagnostic sévère n’est pas contestable. Chacun le sait, la situation de la France est dramatique et notre pays est aujourd’hui au bord du gouffre parce que les responsables politiques se sont avérés totalement incapables de comprendre la gravité de la situation et d’engager les réformes de structures indispensables. Il est trop facile de ne rien faire ou de duper les français en leur laissant croire que l’on peut continuer ainsi, tout en préservant nos acquis, notre compétitivité et nos finances publiques.

En 2015, l’heure des comptes a sonné pour la France. Fini les reculades et autres tours de passe-passe. Avec prés de 58% du PIB consacré aux dépenses publiques et un endettement proche de 100% de cette même richesse nationale, avec un système fiscal particulièrement complexe fondé sur une instabilité fiscale permanente et une production législative en explosion constante, notre pays est au bord de l’asphyxie totale. On voudrait tuer durablement la croissance et exploser les déficits qu’on ne s’y prendrait pas autrement !

L’urgence est aujourd’hui à engager au plus vite les réformes indispensables sans attendre l’échéance de 2017 car il sera probablement trop tard pour rétablir la situation.

Parmi les réformes prioritaires dont la France a besoin :

  • une grande réforme fiscale rendant les impôts et taxes plus lisibles et stables,
  • une réduction drastique du nombre de fonctionnaires,
  • une diminution et une simplification des normes,
  • la réduction importante des lois et décrets d’initiative qu’ils soient d’initiative parlementaire et gouvernementale,
  • accentuer la réforme territoriale et favorisant les regroupements communaux et intercommunaux, en supprimant le département,
  • réduire de manière importante les dépenses sociales dont la France est championne du monde et qui ont pourtant démontré leur inefficacité

A défaut d’agir d’urgence, comme l’affirme Agnès Verdier-Molinié : «  On va dans le mur… » tous ensemble mais on y va pour de bon !

Tout le monde est d’accord : l’Etat doit être réformé au plus vite. Et la baisse de la dépense publique doit être la priorité absolue. N’attendons plus pour passer à l’action ! Allez, un peu de courage M. Hollande ou laissez la place.

Plus d’infos : www.ifrap.org

 


Déficits publics : Le cadeau empoisonné de Bruxelles à la France

3 mars 2015

Après moultes discussions entre les divers pays de la zone euro, Bruxelles a finalement accordé un délai supplémentaire de deux ans à la France pour lui permettre de réduite son déficit et le ramener au niveau qui devrait être le sien, c’est-à-dire moins de 3% du PIB dés l’année 2017.

Deux années supplémentaires de gagnées par la France, l’un des plus mauvais élève européen après la Grèce. Pas de quoi pavoiser donc ! Au passage, Paris échappe également aux lourdes sanctions qui auraient pu lui être infligées par Bruxelles pour son dérapage incontrôlé des finances publiques depuis l’année 2012.

Pour la France, c’est un nouvel affaiblissement et une crédibilité en berne. Pour celles et ceux qui regardent la réalité en face, une fois de plus, notre pays connaît une véritable dégradation. Car ce nouveau délai fait suite aux trois engagements non respectés de 2012, 2013 et 2014. Le gouvernement de M. Valls n’est pas au bout de ses peines et va devoir présenter un nouveau plan d’économies de 4 milliards dans les deux mois, et encore un autre à la rentrée et bien d’autres encore jusqu’à l’automne 2016.

La France se trouve ainsi fragilisée et aux abois pour ne pas avoir respecté ses engagements. Etre toujours en retard sur ses objectifs, ne pas tenir ses engagements, rebondir d’échéances en échéances et toujours plaider l’indulgence de la Commission européenne à son égard mène droit dans le mur… Voilà sous l’ère Hollande, le triste lot de la France affaiblie et inexistante au plan européen pour avoir refusé de faire quelques menus efforts de rigueur ces dernières années.

Jusqu’à quand ? A force de refuser de choisir sa voie (celle de l’Europe du nord) et de se laisser aller au fil des vents, la France part à vau-l’eau et perd toute crédibilité.

En accordant un nouveau délai, la Commission a instamment demandé à la France d’accentuer ses efforts de rigueur budgétaire dés 2015 en exigeant des économies supplémentaires de 4 milliards d’euros. En effet, ces dernières années, contrairement à la plupart des pays européens, la France s’avère incapable de réduire ses déficits publics et les ramener à des niveaux acceptables, voire à l’excédent, comme l’Allemagne. A noter qu’en 2016, selon les prévisions actuelles, la France aura le triste privilège d’être la seule capitale européenne à afficher un déficit public supérieur à 4% du PIB.

On comprend que de nombreux pays en Europe s’impatientent et exigent un net durcissement du traitement de faveur accordé à notre pays. Comme la Grèce jusqu’alors, au cours des deux années à venir, pour ne pas avoir respecté ses engagements, la France va faire l’objet d’une surveillance renforcée par les fonctionnaires de Bruxelles concernant l’évolution des comptes publics et des réformes. Cette méfiance de Bruxelles à l’égard de la France n’est hélas que trop justifiée.

L’objectif est que la France ramène dés 2017 ses déficits publics sous les 3% du PIB, comme c’est aujourd’hui le cas des autres pays de la zone euro. Ce qui signifie que, de gré ou de force, la France va devoir engager des réformes structurelles et réduire ses déficits abyssaux en deux ans seulement.

2017 étant aussi l’année de l’élection présidentielle française, voilà qui promet une fin de quinquennat fort animé pour Hollande qui va enfin devoir agir énergiquement, sous peine de disparaître du second tour. Deux années qui seront tout sauf une promenade de santé avec des tensions croissantes au sein de la majorité socialiste. Voilà une présidentielle qui s’annonce très ouverte.