France : pourquoi le gouvernement français s’est ridiculisé dans le dossier Alstom face au géant américain General Electric (1)

30 juin 2014

Petit historique du groupe Alstom

Courant mai 2014, Patrick Kron PDG d’Alstom, à la surprise générale, annonçait que son entreprise était en négociation avec le groupe américain GE (General Electric) en vue de la cession de la branche « énergie ». Ceci comprend les activités « énergie thermique » (turbines à gaz, centrales à charbon), énergie renouvelable (éoliennes marines) et réseaux de distribution électrique appelés « Grids ». Ces activités représentent plus de 70% du chiffre d’affaires du groupe Alstom qui était d’un peu plus de 20 milliards d’euros en 2013. Le géant américain GE, l’une des entreprises étrangère les plus françaises, serait prés à débourser 12 milliards d’euros pour cette acquisition.

C’est dire l’importance de la cession envisagée. Le reste de l’activité d’Alstom, spécialisée dans le transport ferroviaire (TGV, trains et autres métros) représente moins de 30% du chiffre d’affaires du groupe.

L’actuel groupe Alstom est issu de l’ancienne CGE (Compagnie générale d’électricité). Proche de la faillite en 2004, il n’avait dû son salut qu’à l’intervention de l’Etat. A la demande de Nicolas Sarkozy, le ministre de l’Economie d’alors, l’Etat avait pris une participation de 20% au capital de la société pour lui apporter les liquidités nécessaires à son développement. En 2006, après la cession des activités liées aux chantiers navals de l’Atlantique, l’Etat avait cédé sa participation moyennant une belle plus-value au groupe Bouygues qui détenait jusqu’en juin 2014, 29.4% du capital. Le groupe pèse 93 000 personnes dans le monde dont un peu moins de 20 000 en France.

Les synergies attendues par le groupe Bouygues n’ont pas été au rendez-vous et les rapprochements avec Areva, n’ont pas davantage abouti, notamment dans la branche énergie. Pour autant, le groupe Alstom dispose aujourd’hui d’une situation financière saine, avec un carnet de commande satisfaisant, même si son endettement reste important. Son handicap est l’absence de taille critique au niveau mondial tant pour ses branches « énergie » que « transport » qui nécessitent des investissements très importants. Enfin, des chantiers conséquents ont été perdus ces dernières années principalement en ce qui concerne l’activité ferroviaire.

Face à cette situation, Patrick Kron son PDG qui a été l’acteur du renouveau du groupe Alstom depuis 2004, se trouvait dans l’obligation de faire des choix pour préserver l’activité et l’avenir du groupe. Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, il ne lui restait que très peu d’alternatives.

Alstom en concurrence frontale avec les géants mondiaux GE, Siemens et Mitsubishi

Trois grands groupes mondiaux se partagent aujourd’hui l’activité d’énergie : les conglomérats américain GE (General Electric), allemand Siemens et japonais Mitsubishi, des géants bien plus importants que lui. GE réalise un chiffre d’affaires de 130 milliards d’euros pour 300 000 personnes dont 11 000 en France alors que le groupe Siemens présente un chiffre d’affaires de 75 milliards d’euros pour 360 000 personnes dont 7 000 en France.

Contrairement à Siemens, le groupe Alstom entretient d’excellentes relations avec GE depuis fort longtemps. Il lui avait déjà cédé certaines activités par le passé et l’américain  dispose d’une unité de fabrication de turbines à proximité immédiate de son usine de Belfort. GE est bien connue et appréciée en France où le groupe américain réalise un chiffre d’affaires de prés de 10 milliards d’euros, dont une bonne part à l’exportation, dans le domaine des turbines mais aussi des appareils médicaux et des moteurs d’avion. GE collabore d(ailleurs étroitement avec le groupe français Safran au travers d’une filiale commune CFM International, pour la construction du célèbre moteur d’avions CFM 56 qui constitue le plus gros succès dans le domaine des moteurs d’avions court et moyen courrier.

Le chef de l’Etat et le gouvernement s’opposent à l’accord conclus entre Alstom et GE en encourageant un rapprochement avec Siemens

Quelques jours après l’annonce d’une possible cession de la branche énergie d’Alstom à GE, alors que l’Etat n’est plus actionnaire du groupe depuis 2006, le président de la République, comme le ministre de l’économie Arnaud Montebourg, s’étaient montrés opposés à cette opération, prétextant la nécessité de préserver l’outil industriel, les emplois et de réaliser un véritable « Airbus » de l’énergie et des transports. Le discours habituel des vieux socialistes français.

Sans argument sur le fond en faveur de Siemens, le gouvernement français sous la houlette de Montebourg, soutenait un rapprochement avec le groupe allemand, pourtant lui-même très endetté et en pleine restructuration dans ses divers secteurs d’activités. Même si Siemens s’est officiellement inquiété de ce rapprochement avec GE, jusqu’alors le groupe allemand n’avait guère fait montre d’un grand intérêt pour le groupe français. Et pour cause, en concurrence frontale avec Alstom sur de nombreux marchés, un rapprochement n’aurait pas manqué d’accentuer les problèmes de restructuration et les suppressions d’emplois qui vont avec.

Fragilisé, le groupe Siemens a du s’allier à son tour au conglomérat japonais Mitsubishi, notamment spécialisé dans les turbines et le nucléaire, pour monter une contre-offre face à GE. Au final, cette offre n’a pas fait long feu au vu des dernières propositions de GE qui a mis le paquet pour l’emporter face à ses concurrents, y compris en apportant à Alstom sa branche « signalisation » pourtant très rentable.

(A suivre !)

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Rodez : Un début d’année franchement mauvais pour le commerce en centre-ville

24 juin 2014

Les aveyronnais et visiteurs qui se rendent régulièrement en centre-ville ces derniers mois ne peuvent que constater une bien triste réalité : le commerce ne s’y est jamais aussi mal porté.

Depuis la fin de l’année 2013, un nombre important de commerces et non des moindres, ont mis la clef sous la porte (prés d’une quarantaine pour le seul hyper-centre). Pour l’essentiel, il s’agit d’arrêt d’activité et de fermetures définitives, et non de simples cessations d’activité ou transferts d’établissement.

Pourtant pas très nombreuses, c’est l’ensemble des rues piétonnes de l’hyper-centre sont lourdement touchées. Il y a bien sûr la rue du Bal, bien mal en point ces dernières années où une dizaine de commerces ont fermé, mais aussi les rues piétonnes les plus centrales telles la place du Bourg, la rue Neuve, la rue du Touat, la rue de Bonald pour ne citer que les principales. Cette évolution n’est pas sans inquiéter l’association Corum qui fédère les commerçants ruthénois.

Dans le même sens, le tribunal de commerce de Rodez confirme l’augmentation du nombre de fermetures, et notamment des procédures collectives qui traduisent l’ampleur des difficultés que rencontrent les commerces du centre-ville. Même si Rodez n’est pas la seule ville à connaître une telle évolution, cette disparition des petits commerces de proximité demeure très inquiétante pour l’avenir.

Les commerces du centre-ville ont nécessairement été impactés par le fort développement des zones commerciales qui ont connu un essor considérable ces dernières années, notamment sur les communes d’Onet-le-Château et Sébazac-Concourés. Une part importante de la clientèle a été captée durablement par ces nouvelles zones commerciales au détriment du centre-ville.

Le nombre important de fermetures de commerces traduisent indiscutablement le manque d’attractivité du centre-ville, même si cette réalité déplaît à M. Teyssèdre, le maire de Rodez. S’il est vrai que certains commerçants peuvent avoir quelques responsabilités en ce domaine (manque de dynamisme, horaires, prix, accueil…), il est indéniable que l’actuelle municipalité porte sa part dans cette évolution.

En premier lieu, la municipalité n’a pas su trouver la formule idoine qui aurait permis de faciliter le stationnement en hyper-centre, en proposant des tarifs suffisamment attractifs pour les automobilistes. Ensuite, la circulation telle qu’elle est aujourd’hui organisée en centre-ville ne permet pas d’irriguer correctement l’hyper-centre. Et ne parlons pas de la situation désastreuse du parking souterrain Foch, le plus proche de l’hyper-centre, aujourd’hui inadapté et en très mauvais état, à tel point que la sécurité et la propreté y sont aujourd’hui en cause. Une bien mauvaise image pour les visiteurs du centre-ville.

L’actuelle municipalité socialiste porte une lourde responsabilité dans le manque d’attractivité du centre-ville, sans parler des augmentations d’impôt et notamment de la CFE qui ont contribué à fragiliser certaines entreprises. Rappelons que lorsqu’il était encore dans l’opposition (jusqu’en 2008), M. Teyssèdre ne manquait pas une occasion de reprocher à l’ancien municipalité le peu de dynamisme et d’attractivité de ce même centre-ville. Force est de constater qu’après 6 ans de gestion socialiste, la situation du centre-ville de Rodez n’a fait qu’empirer et se dégrader pour atteindre aujourd’hui un seuil hautement critique.

Alors que les grands travaux de rénovation du centre-ville devaient être engagés dés 2008, l’actuelle municipalité a laissé à l’abandon la place de la Cité et l’Îlot Bonald, tout comme la place Foch et le parking souterrain qui constituaient pourtant des chantiers prioritaires pour rendre le centre-ville plus agréable et attractif. De la même manière, la rue Béteille, voie majeure pour accéder en centre-ville, est toujours dans un état lamentable. Un peu plus loin, le plateau Combarel qui devait relier le centre ancien aux nouveaux quartiers du Foirail et de Bourran (les travaux devaient démarrer en 2010), est toujours à l’état de friche à quelles dizaines de mètres du nouveau musée Soulages. Pour l’attractivité, on fait mieux !

La municipalité socialiste a, par contre, dépensé sans compter pour des équipements lourds qui n’apportent pourtant pas grand-chose à l’hyper-centre : la salle des fêtes, le multiplexe de cinéma et même la place d’Armes, rénovée à grands frais pour un résultat jugé globalement négatif, sauf pour les automobilistes.

Malgré cela, la première adjointe de la ville de Rodez persiste à se dire résolument optimiste. Pour elle, le commerce en centre-ville n’est pas perdu à condition d’ « évoluer et de savoir prendre le virage ». Cette dernière va même jusqu’à considérer que la ville de Rodez et l’agglomération ont « enclenché la redynamisation du centre-ville avec le multiplexe et le musée Soulages ». On peut toujours rêver ! Au fait, n’était-ce pas l’actuel maire de Rodez qui lors de la campagne de 2008 avait promis l’arrivée d’enseignes « locomotives » en centre-ville du type « H&m, et c… » ?

Si personne ne conteste les chantiers réalisés ces dernières années, pas sûr que cela soit de nature à revitaliser le centre-ville. En effet, les retombées du cinéma sur le centre-ville restent à démontrer et pour ce qui est du musée Soulages, il faut bien reconnaître que le pari de retenir les visiteurs sur la ville et aux alentours n’est pas gagné. Outre le fait que l’aménagement du centre-ville visant à l’embellir n’a pas été réalisé (place de la Cité, place Foch et parking, rue Béteille, îlot Combarel, Palais des congrés…), les retombées touristiques tant attendues ne seront au rendez-vous que si le centre-ville est aménagé avec soin et si au plan commercial, il existe un ensemble d’enseignes commerciales susceptibles de proposer une offre suffisamment attractive et variée.

En d’autres termes, aux côtés des commerçants, plutôt que de gesticuler comme à l’accoutumée, les élus socialistes de Rodez seraient mieux inspirés de faire leur travail pour améliorer l’attractivité du centre-ville aujourd’hui exsangue.


France : la réforme des collectivités locales passe d’abord par la réduction du nombre de communes

18 juin 2014

La fondation iFRAP, dirigée par l’économiste Agnés Verdier-Molinié a récemment publié un document visant à réduite massivement le nombre de communes en France.

La France compte actuellement plus de 36 000 communes pour une population totale d’environ 64 millions d’habitants. A lui seul, notre pays comprend 40% des communes de l’Union européenne pour seulement 12% de sa population. Voilà un record peu enviable qui en dit long sur l’organisation de notre pays et le poids de l’histoire en 2014.

Selon l’étude menée par l’iFRAP, ce sont les communes qui représentent les dépenses locales les plus importantes, soit 130 milliards sur un total de 240 milliards. Plutôt que de s’attaquer à la réforme des régions, l’urgence devrait être à la réforme des communes qui pourrait permettre d’économiser au moins 5 milliards d’euros par an.

Mais il ne suffirait pas d’augmenter la taille des intercommunalités et notamment des communautés de communes pour y parvenir.

Pour atteindre des économies importantes, l’iFRAP propose tout simplement de fusionner les communes et autres petites intercommunalités en 5 000 « super-communes » pesant au minimum 5 000 habitants. Ce qui en Aveyron reviendrait à la création de 50 communes au maximum contre 304 actuellement. Voilà probablement qui aurait plus de sens et de cohérence.

La masse salariale des communes serait passée de 23 milliards d’euros en 2000 à 34 milliards d’euros en 2012, alors qu’il n’y ait eu de transfert de compétence de l’Etat au cours de la période.

Pour réaliser des économies substantielles, il serait également nécessaire de ne pas remplacer d’ici 2022, 290 000 postes d’agents communaux, le tout en douceur, en ne renouvelant pas les départs en retraite durant 5 ans, puis en passant à 1 sur 2 pendant trois ans.

Parallèlement au non-renouvellement des départs en retraite, selon l’IFRAP, il faudrait aussi revenir sur les 35 heures, comme dans les grandes entreprises. Un retour aux 39 heures dans l’ensemble de la fonction publique générerait l’équivalent de travail de 500 000 équivalents temps plein.

Autre moyen de faire des économies, lutter contre l’absentéisme. Alors que le taux habituel est en moyenne de 3,5% toutes causes confondues, dans les villes étudiées par l’iFRAP, cette moyenne est à 11,8%. Un taux d’absentéisme acceptable, compte tenu de la féminisation des agents municipaux, devrait normalement se situer aux alentours de 6% ou 7% au maximum. Selon la fondation, le surcout de l’absentéisme, pour les seules communes, peut être évalué à environ 2 milliards d’euros en année pleine.

Plutôt que de se limiter à la réduction du nombre de régions, une réforme qui ne générera que très peu d’économies surtout les premières années, le gouvernement aura-t-il le courage de s’attaquer à la réforme tant attendue de la réduction du nombre de communes françaises ?

Plus d’informations :

  • La fondation iFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) est un think tank dédié à l’analyse des politiques publiques, laboratoire d’idées innovantes : http://www.ifrap.org

Rodez : L’opposition sur tous les fronts lors de la dernière réunion du Conseil municipal (2)

16 juin 2014

Ces investissements qui plombent la dette de Rodez

Le plus grave c’est que la dette de 12 millions générées en 2012 et 2013 repose principalement sur deux investissements (dont personne ne conteste l’utilit)é mais qui n’auraient pas dû être financés par la ville de Rodez : le complexe de cinéma et le parking souterrain du foirail.

Le multiplexe, comme cela était initialement prévu, aurait dû être construit aux frais de l’exploitant du cinéma. Au pire, concernant un équipement de l’agglomération et bien au-delà, il aurait du être financé (au moins pour partie) par la communauté d’agglomération du Grand Rodez. En raison des relations conflictuelles avec la mairie d’Onet-le-Château sur cet équipement, le maire de Rodez a tout bonnement décidé de financer seul le multiplexe. Et ce sans la moindre subvention. Certes Rodez a son cinéma, mais à quel prix ! Un véritable gâchis financier pour la ville et une aubaine pour les contribuables des autres communes qui bénéficient gratuitement du multiplexe.

Que dire du parking souterrain du foirail qui a coûté pas moins de 9 millions d’euros, financé pour partie par un emprunt de 6 millions d’euros ? Un parking principalement destiné à des automobilistes non ruthénois et en partie mis gracieusement à la disposition des clients du multiplexe de cinéma, eux aussi majoritairement non ruthénois… Cherchez l’erreur ? Pourquoi avoir fait financer aux seuls contribuables de Rodez un équipement ne les concernant pas ou peu et qui devrait être normalement financé par les seuls utilisateurs ?

En choisissant de réintégrer la gestion de l’ensemble des parkings au sein d’une régie municipale au 1er novembre 2013 au lieu d’une mise en concession en contrepartie de la construction du parking par l’exploitant, la municipalité a fait un choix purement idéologique, sans se soucier de la rentabilité et des deniers publics.

Le pragmatisme eût en effet voulu que le parking souterrain du foirail soit financé par le concessionnaire, sans apport de fonds publics, en contrepartie de la concession du stationnement comme cela se fait habituellement dans la plupart des municipalités, y compris socialistes, car c’est généralement la situation financièrement la plus avantageuses pour la commune.

Au cas particulier, s’agissant d’un parking souterrain situé dans une petite ville, qui plus est excentré, peu fréquenté des ruthénois eux-mêmes et dont la moitié des emplacements sont concédés gracieusement à l’exploitant du cinéma, la rentabilité reste extrêmement aléatoire. La modeste fréquentation payante du parking des premiers mois risque de plomber pour longtemps l’équilibre du budget annexe des parcs de stationnement alors qu’une concession adaptée aurait offert l’avantage de ne pas faire exploser la dette.

Pour ces raisons, la dette supplémentaire de 12 millions d’euros générée au 31/12/2013 relève d’une mauvaise gestion des investissements et des finances de la ville alors que de nombreux chantiers importants pour le devenir de la ville (place de la cité, îlot Balard, place et parking Foch, rue Béteille…) nécessitent des investissements urgents aujourd’hui différés. Jusqu’à quand ?

Voilà la réalité de la gestion socialiste que le maire de Rodez ne veut pas (n’ose pas) assumer.

La question de l’opportunité de l’embauche d’un directeur de cabinet

La séance s’est termineé par une interpellation du maire par Bruno Bérardi pour le groupe Rodez Citoyens. Au moment où la municipalité met la pression sur les personnels, celui-ci c’est interrogé sur l’opportunité pour la ville de Rodez (ville de petite taille) d’embaucher à la fois un directeur de cabinet et un chef de cabinet pour le maire, alors que sous le mandat précédent un seul poste avait été occupé.

Quelque peu embarrassé, M. Teyssèdre s’est lancé dans des explications alambiquées en faisant état d’une charge de travail élevée qui aurait imposé des horaires excessifs ; d’où la nécessité de recourir à ce poste supplémentaire. La discussion qui a suivi n’a guère convaincu les élus de l’opposition, bien au contraire.

Après plus de 4 heures, ainsi se concluait ce long conseil municipal, pour le moins houleux avec des débats par toujours de très haut niveau. Il ne reste plus à espérer qu’à l’avenir, les prochains débats des conseils municipaux seront d’une meilleure tenue et que les droits des oppositions seront mieux respectés.

Enfin la ville de Rodez dispose d’une opposition en mesure de défendre les intérêts des ruthénois.


Rodez : L’opposition sur tous les fronts lors de la dernière réunion du Conseil municipal (1)

13 juin 2014

Le dernier conseil municipal de Rodez du 11 juin dernier était principalement consacré à l’approbation du compte administratif 2013 (budget principal et annexes) ainsi qu’au budget supplémentaire 2014.

L’opposition s’insurge contre le manque de respect de ses droits

L’opposition a commencé par dénoncer le fait que certains comptes-rendus de conseils municipaux ne reflétaient pas l’exactitude des débats et des votes qui s’en étaient suivis. Le maire s’est engagé à faire rectifier les documents en question et à veiller à ce qu’à l’avenir, soient retranscrits au plus juste les débats et les résultats des votes.

Un long débat s’est instauré sur la notion de « vote à l’unanimité ». M. Teyssèdre considérant pour sa part que les abstentions n’avaient pas à être prises en comptes ; ce qui dans ce cas permettrait d’affirmer qu’il y avait vote à l’unanimité. Plutôt que de porter la mention équivoque « vote à l’unanimité », y compris lorsque l’opposition s’est abstenue, les membres de l’opposition ont manifesté leur souhait d’une mention claire, et moins équivoque pour relater les votes, en indiquant distinctement les votes « pour », « contre » et les « abstentions », comme cela se pratique dans la plupart des collectivités. Sera-t-elle entendue ?

La majorité socialiste redouterait-elle à ce point de faire apparaître clairement l’existence d’une opposition municipale à Rodez depuis mars 2014 ? Ce ne sont pas les ruthénois qui s’en plaindront après 6 ans de relative discrétion de celle-ci.

M. le maire de Rodez semble avoir oublié que le rôle de l’opposition, par nature, c’est de s’opposer à la majorité lorsque cela est nécessaire pour défendre les intérêts de la ville. A-t-il oublié ses interventions et attaques virulentes et incessantes à l’encontre de la majorité municipale lorsqu‘il était lui-même dans l’opposition ? A l’entendre, il semble que oui !

Au final, le conseil s’est quelque peu enlisé dans des débats sans fin, pour le moins houleux sur des sujets pour le moins marginaux. Ainsi, les débats sur le règlement intérieur, approuvé en commission, a généré d’âpres discussions sur nombre de points. Au final, en l’état, les oppositions ont voté contre celui-ci dans la mesure où la minorité n’a pas été entendue sur nombre de ses demandes.

Liberté de la presse et prise en charge des frais de procédure engagés par le maire

Le débat s’est fortement animé quand fut abordée la délibération demandant aux élus de donner leur accord en vue de la prise en charge par la ville de Rodez des frais de procédure engagés par le maire de Rodez contre un journal local pour des propos jugés diffamatoires.

Il s’agit d’un article publié par le Petit Journal pendant la campagne électorale des municipales 2014, qui visait M. Christian Teyssèdre en particulier. Cet article qui s’inscrivait dans le cadre de la campagne, ne mettait nullement en cause la ville ou ses élus en particuliers. Pour les élus d’opposition, cette délibération visant à faire supporter par la ville les frais de procédure engagés par le maire à titre personnel n’avait aucune raison d’être, s’agissant ici d’une affaire strictement personnelle. L’opposition a massivement voté contre.

Ce débat fût aussi l’occasion de revenir sur la liberté de la presse en général, en rappelant la loi du 29 juillet 1881 qui définit les libertés et les responsabilités de la presse. L’opposition n’a pas manqué de rappeler que M. Teyssèdre, depuis qu’il est maire de Rodez et à plusieurs reprises semble-t-il, aurait menacé de poursuivre certains journalistes ou journaux. Il y a quelques mois, n’a-t-il pas été jusqu’à exiger de certaines distributeurs de presse ruthénois d’enlever des affiches de journaux annonçant des publications le concernant ?

Manifestement, lorsque la presse ne lui est pas favorable ou le dérange (ce qui est plutôt rare, il faut bien le reconnaître), le recours à la justice ou la simple menace de la saisir est une forme de pression et d’atteinte à la liberté de la presse. Est-ce bien digne d’un élu ?.

Quand l’augmentation de 56% de la dette passe à la trappe du débat sur le compte administratif 2013

Autre épisode « chaud » de ce conseil municipal, celui de la présentation du compte administratif 2013 et du budget supplémentaire 2014. Ici aussi, le discours habituel a été servi aux membres du conseil municipal : rassurez-vous, tout va bien ; la ville est la mieux gérée de France, rien moins que çà !. S’il est vrai que certains ratios de gestion sont plutôt satisfaisants, ce n’est hélas pas le cas de tous, loin de là !

Outre, certaines dépenses de fonctionnement qui ne paraissent pas totalement maîtrisées, comment ne pas être abasourdi par le fait que l’évolution de la dette, qui constitue pourtant un critère de bonne et saine gestion ô combien important pour une collectivité, n’ait tout simplement pas été évoquée dans cette longue présentation ? C’est dire le parti pris et le manque d’objectivité manifeste dans la présentation des comptes en général, surtout de la part du maire. Celui-ci aurait-il honte à ce point de cette dégradation pour ne pas oser assumer la forte augmentation de la dette de Rodez depuis son arrivée aux affaires ?

Comme cela été dénoncé durant la dernière campagne électorale, Yves Censi pour le groupe d’opposition de la droite et du centre a rappelé que la dette officielle consolidée de la commune au 31/12/2013 (budget principal + annexes tels qu’elle figure au compte administratif), s’établissait à 32,775 millions d’euros contre seulement 20,800 millions d’euros au 31/12/2007. En d’autres termes, en un seul mandat, et principalement depuis 2012, la dette de Rodez a donc bel et bien augmenté de 12 millions d’euros, soit de 56% environ. Cette réalité là est incontournable.

Pour sa défense, le maire de Rodez est reparti sur sa litanie habituelle rappelant qu’il s’agit d’une dette uniquement liée aux investissements, que c’est l’une des villes les mieux gérées de France. Pour lui, cette dette serait en réalité insignifiante et celle relative au budget annexe « parcs de stationnement » de 6 millions ne compte pas…Voilà une singulière façon de présenter les comptes !

Après avoir affirmé durant des années que la dette n’avait pas augmenté durant son mandat, difficile de passer sous silence cette vérité cruelle qui est l’augmentation de 56% de la dette en 6 ans.

(à suivre)


France : la pseudo-réforme des régions envisagées par Hollande fortement contestée

11 juin 2014

Face aux résultats désastreux des élections municipales et européennes pour le parti socialiste et plus généralement le pouvoir en place, M. Hollande semble enfin décidé de passer à l’action.

Quelques semaines après que le nouveau Premier ministre Manuel Walls ait proposé la suppression des départements, subitement et sans crier gare, le chef de l’Etat annonce unilatéralement qu’il a décidé de réduire le nombre de régions de moitié. Sa récente proposition de découpage consiste à ramener celles-ci de 22 à 14. Pourquoi pas 12 ou 16, personne ne sait encore ?

Pourquoi tant de précipitation, sans véritable étude et consultation préalable face aux conséquences de tels changements ? Au nom de quoi le président devrait-il décider seul dans son coin de bureau parisien, loin des réalités et autres subtilités régionales qu’il ignore manifestement ? A défaut de pouvoir s’attaquer à la suppression des départements dans l’immédiat, du fait de l’incertitude liée à la nécessité d’obtenir une large majorité au congrès ou par référendum, il fallait à tout prix une réformette à se mettre sous la dent. Ce sera donc les régions. Et vogue la galère présidentielle !

Tout çà parce qu’après 2 ans d’inaction à la tête de l’Etat, M. Hollande se doit de donner l’apparence qu’il a fait quelque chose. Du coup, en quelques jours, il a concocté sa petite réforme à la hussarde, au mépris des intérêts des régions. Manifestement incapable de s’attaquer à la réforme de l’Etat, il préfère imposer la réforme aux collectivités territoriales. C’est tellement plus facile !

Le chef de l’Etat a dévoilé sa nouvelle carte des régions devant la presse. Et là, la surprise a été de taille pour certaines régions.

La Bretagne resterait seule, sans la Loire-Atlantique alors que les élus militaient pour cette solution. Le Centre serait regroupé avec le Poitou-Charentes et le Limousin ; on cherche encore la logique et la cohérence ! L’Auvergne n’est pas mieux lotie puisque qu’elle serait rattachée à la puissante région Rhônes-Alpe, alors que tout militait pour son rapprochement avec le Limousin. Et que dire de l’Aquitaine qui à défaut de Poitou-Charentes, se trouve isolée.

Pour ce qui est de notre région, si le mariage entre Midi-Pyrénées (8 départements) et le Languedoc-Roussillon (5 départements) a du sens en raison de l’histoire et de nombreux points communs, ne risque-t-on pas d’opposer Toulouse à Montpellier alors qu’il faudrait rechercher les complémentarités ? Par ailleurs, les départements du Gers et des Hautes-Pyrénées ne seraient pas mieux en Aquitaine ou le Gard en PACA ?

Manifestement, élaborée dans la précipitation et sans réelle concertation, le découpage proposé est loin de faire l’unanimité ici comme ailleurs.
Selon un récent sondage publié par Midi-Libre, le grand quotidien de Montpellier, 54% des français seraient opposés à ce découpage contre 46% favorables. Globalement 65% des sympathisants de l’UMP sont opposés à la réforme contre 73% pour les sympathisants du PS qui y seraient favorables. Du côté des parlementaires des régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, 17 parlementaires sont favorables (dont 2 UMP), 19 sont contre (dont 11 PS) et 2 PS/PRG ne se prononcent pas, dont la sénatrice aveyronnaise Anne-Marie Escoffier.

Dans ce contexte, pourquoi tant de précipitation alors qu’un réel dialogue permettrait d’aboutir sereinement à une carte des régions plus consensuelle et réaliste ?

Vouloir à tout prix redessiner les régions à la hache, uniquement dans un objectif d’imposer une réforme visant d’abord à constituer des régions plus importantes, paraît absurde. Qu’elle efficacité et cohérence à vouloir imposer l’union à des régions qui ne la souhaitent pas et qui n’ont souvent rien en commun ? Tout cela est absurde. Par contre, il eu été beaucoup plus intelligent de se limiter, au moins dans un premier temps, à favoriser les rapprochements cohérents et souhaités par les élus ou les populations (Normandie, Alsace & Lorraine, Bourgogne & Franche-Comté, Auvergne & Limousin et bien sûr Bretagne et certains départements du Pays de Loire, pour ne citer que ceux-là…).

Au lieu de cela, l’Etat plus jacobin que jamais veut imposer sa vision de régions uniformes, d’importance comparable, sans cohérence et personnalité propre. Une absurdité totale qui risque de fragiliser un peu plus certaines régions. Car si les régions françaises sont trop nombreuses au regard des principaux pays européens, vouloir les réduire de moitié de manière autoritaire est absurde et contre-productif car rien ne s’oppose à ce que subsistent des régions plus petites aux côtés des plus grandes, comme partout en Europe.

L’urgence n’était certainement pas au redécoupage des régions alors que la suppression des départements est différée et les fusions de communes attendent toujours alors qu’il y aurait beaucoup à faire en ce domaine. Ne parlons pas de la réforme de l’Etat, elle attend toujours et il ne se passera probablement rien avant la fin du quinquennat. Une fois de plus, la France prend du retard dans ses réformes et la modernisation du pays par manque de courage politique. La France est vraiment l’enfant malade de l’Europe.


Aveyron : CARACterres, le nouveau magazine dédié au département

5 juin 2014

Le premier exemplaire du nouveau magazine haut de gamme dédié au département de l’Aveyron a été publié fin mai dernier, quelques jours avant l’ouverture du musée Soulages à Rodez.

A l’instar de son titre, il s’agit d’un magazine de grand caractère qui fait la part belle au département sur le thème : « Entreprendre et créer en Aveyron ». Tout un programme ! La couverture, tout de noir, consacrée à Pierre Soulages est superbe avec un titre qui évoque l’œuvre du plus grand artiste peintre contemporain : « Musée Soulages, du brou de noix à l’Outrenoir ».

Voilà enfin un magazine de grande qualité qui fait honneur à l’Aveyron. Avec pas moins de 144 pages, au format (23 x 29,8 cm), le magazine tiré à 10 000 exemplaires est présenté de manière fort élégante. Le graphisme, les photos et les couleurs sont très soignés et lui donnent l’apparence d’une grande revue.

L’ambition de CARACterres est assurément de promouvoir la qualité du département sous toutes ses formes, et notamment des savoir-faire, de l’imagination, des idées… Le magazine entend proposer des sujets ancrés sur les territoires ruraux mais examinés d’un point de vue plus large.

CARACterres est porté par deux personnalités aveyronnaises exceptionnelles bien encrées dans la région : Catherine Samson, responsable éditoriale et de la rédaction et Maurice Subervie, responsable de l’iconographie. La maquette est réalisée par Graine de Carbone et l’impression par Groupe Burlat.

Catherine Samson est journaliste et reporter de formation et d’expérience. Sa carrière s’est principalement déroulée au sein de la presse aveyronnaise mais elle a également collaboré à un grand nombre d’ouvrages de qualité dont récemment « Aveyron-Pigüé ». Son métier consiste aujourd’hui à proposer une écriture efficace, une rigueur dans la collecte et le traitement de l’information, au service des entreprises comme des collectivités locales.

Maurice Subervie est un photographe professionnel reconnu. Installé à Rodez, il fût l’un des meilleurs spécialistes français de la carte postale « de luxe » consacrée à la Grèce, puis à l’Egypte, l’Italie, La Tanzanie et New-York. Jusque dans les années 2004, il diffusa également une série de cartes postales de Yan Arthus-Bertrand tirées de son livre « La Terre vue du Ciel ». Les éditions Subervie ont édité un grand nombre d’ouvrages de qualité dont « Aubrac impressions » et « Paris impressions ». Aujourd’hui, il enseigne l’art de la photographie dans son pays du Vallon.

Le magazine «CARACterrres» est en vente dans tous les magasins de presse et les librairies au prix de 14,80 €. Il sera également disponible au musée Soulages, dans les capitales régionales et à Paris. On peut également le trouver sur Internet à l’adresse suivante : http://www. caracterresmagazine.fr

« CARACterres » un magazine exceptionnel qui mérite la meilleure place au cœur de votre bibliothèque. On attend le prochain numéro avec impatience.