France : le gouvernement socialiste présente un budget 2013 en trompe-l’oeil : augmentation sans précédent des impôts et absence de réduction de la dépense

2 octobre 2012

François Hollande s’est réjoui lors du dernier conseil des ministres de septembre, du projet de budget pour 2013 qu’il a qualifié de « budget de combat ». Il a assuré que « les ménages les plus aisés et les grandes entreprises » seraient principalement impactés par les mesures d’augmentation d’impôts pour 24 milliards d’euros sur un total de 36 milliards.

Le gouvernement et le PS n’ont d’ailleurs guère fait preuve de modestie en n’hésitant à qualifier ce budget d’austérité sans précédent de « juste, sérieux, rigoureux… » et bien plus encore.

Après avoir accusé Nicolas Sarkozy de mener une politique d’austérité ces dernières années, les socialistes français se sont enfin ravisés et nous proposent aujourd’hui une rigueur qui n’est en réalité que de pure façade. Car a y regarder de plus prés, les deux tiers des mesures annoncées, soit 24 milliards d’euros concernent l’augmentation des impôts, contre seulement 12 petits milliards d’euros d’économies et de réduction de dépenses. Ce n’est manifestement pas la cure d’austérité promise pour l’Etat ! Au final, la France reste loin du compte au regard de l’ampleur de la crise budgétaire et de l’emballement de la dette qui représentera 91.3% du PIB en fin d’année.

En réalité, pour être crédible et permettre de réduire durablement la dette, les économistes sont d’accord pour reconnaître qu’il aurait fallu, à l’inverse, un minimum de 24 milliards de réductions de dépenses publiques ; ce qui exigeait la poursuite de véritables réformes de structures dont la France a tant besoin (accentuation de la réforme des collectivités, réforme de la protection sociale et des hôpitaux, réforme visant à introduite plus de flexibilité dans les contrats de travail, poursuite de la réduction des effectifs de la fonction publique…). Ces réformes ont été engagées ou sont en cours dans tous les pays européen voisins de la France : Belgique, Italie, Espagne et Portugal notamment, sans oublier les pays comme l’Allemagne, la Hollande, les pays scandinaves et quelques autres qui s’y étaient attelés il y a bien longtemps. La France socialiste s’y refuse obstinément ; jusqu’à quand ?

Au final, la France et son gouvernement socialiste se refusent à prendre les décisions qui s’imposent et à s’engager dans une réduction drastique des dépenses publiques comme en atteste la décision de stopper le processus de réduction du nombre de fonctionnaires engagé par le gouvernement précédent. Pourquoi recruter, pour des raisons purement idéologiques et électoralistes, pas moins de 60 000 agents dans l’éduction nationale ? Une situation pour le moins irréaliste alors que les effectifs de l’enseignement en France demeurent déjà pléthoriques au regard de pays comparables comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou l’Italie.

Ce refus de s’attaquer à une véritable réduction des dépenses publiques et aux réformes de fond n’est guère de bon augure pour l’avenir et risque de discréditer un peu plus la France aux yeux des partenaires européens et de la communauté financière qui a jusqu’alors consenti à notre pays des taux d’intérêts à long terme parmi les plus bas. Rappelons à cet égard que la principale mesure d’économie, est la réduction de la charge de la dette qui pèse à elle seule 2 milliards d’euros. Encore un bel héritage de Nicolas Sarkozy ! N’avaient-ils pas accusé ce dernier, durant la campagne, de laisser filer les taux d’intérêts vers le haut en vue de pénaliser une éventuelle arrivée de la gauche au pouvoir. Pas sûr que cet avantage budgétaire perdure du fait de l’insouciance du gouvernement actuel. En tout état de cause, il ne s’agit pas ici d’une véritable réduction de dépense mais d’un simple artifice budgétaire.

S’agissant de l’augmentation des impôts, les socialistes sont pris une nouvelle fois à leurs propres mensonges. Contrairement à ce qu’ils affirment, c’est bien plus de 50% des français et notamment les classes moyennes qui verront leurs impôts et taxes augmenter (suppression des heures supplémentaires défiscalisées qui concernait plusieurs millions de personnes, gel du barème de l’impôt sur le revenu, limitation de certaines niches fiscales, augmentation de taxes sur la consommation, taxe sur les revenus des retraités,…). Du coup les prélèvements libératoires devraient exploser et atteindre 46.7% en 2015.

Les entreprises ne sont pas épargnées et régleront une part importante de la facture. Est-ce là le meilleur moyen de soutenir une activité morose et de favoriser l’emploi ? La gauche française a-t-elle bien compris le rôle des entreprises et des entrepreneurs en particulier ? Ainsi, en taxant lourdement et sans atténuation l’ensemble des plus values mobilières, y compris celles résultant de la cession de l’entreprise par le fondateur qui a permis son développement, on risque une fois de plus, pour des raisons purement idéologiques, de décourager les créateurs d’entreprises qui investissent encore en France sans compter pour pérenniser leur affaire. Voilà une mesure très mal calibrée qui va inciter les créateurs d’entreprises et autres business angels, à partir s’installer sous d’autres cieux où les entrepreneurs sont mieux traités. Est-ce ainsi que le gouvernement entend favoriser la création d’entreprises qui sont les seules à pouvoir créer les emplois dont le pays à tant besoin et encourager l’émergence d’un véritable tissu de PME-PMI de taille critique ? On peut en douter sérieusement.

Pour ce qui concerne la sincérité et l’honnêteté du budget 2013, il faudra repasser. Non seulement le budget a été établi sur une prévision de croissance de 0.8%, purement fantaisiste, alors que tous les spécialistes économiques s’accordent sur une croissance de 0, voire négative. Plus grave, nombre de recettes fiscales ont été largement surévaluées, à l’instar de l’impôt sur les sociétés qui sera largement impacté par la mauvaise conjoncture économique. De fait, les recettes de l’impôt sur les sociétés devraient s’avérer bien moins importantes que prévues.

Pour l’ensemble de ces raisons, le budget 2013 pourra difficilement être tenu, annihilant ainsi l’objectif d’un déficit limité à 3% du PIB, comme la France s’y est engagée.

Les débats parlementaires relatifs du projet de loi de finances pour 2013 s’annoncent très animés et pourraient aboutir à quelques concessions de bon sens, à moins que le dogme l’emporte une fois encore !

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