Aveyron : Etat des réseaux hauts débits en 2018

17 juillet 2018

Au 30 juin 2018, le déploiement du haut débit mobile (4G) dans le département de l’Aveyron est bien avancé. La couverture 4G par les 4 opérateurs mobiles s’est fortement accélérée ces derniers mois et irrigue plus de 90% de la population du département.

Un réseau mobile 4G est en nette amélioration sur l’ensemble du département

Globalement, la couverture des 4 opérateurs reste toutefois assez comparable avec cependant un avantage pour Orange devant SFR, Bouygues-Télécom et Free mobile. Ce dernier poursuit le déploiement de son propre réseau et s’approche peu à peu de ses concurrents en termes de couverture sachant que son accord avec Orange, lui permet toutefois de proposer une couverture équivalente au meilleur des réseaux sur le département. La différence entre opérateur se fait sur quelques zones rurales, où selon l’implantation de l’émetteur, la couverture peut être varier fortement.

Pour autant, subsistent encore des zones rurales excentrées et très peu peuplées, qui ne sont desservies que par la 3G/3G+, voire par la 2G/Edge. Elles devraient progressivement basculer en 4G. A cela s’ajoute, quelques zones blanches qui devraient être couvertes d’ici deux ans, conformément aux engagements du président de la République.

En nombre d’antennes mobiles, toutes catégories confondues, la situation de chacun des 4 opérateurs au 30/06/2018 en Aveyron est la suivante :

Opérateur Antennes

2G/Edge

Antennes

3G/3G+

Antennes

4G

Total antennes
Orange

154

181+2 94+2

429+4

SFR

   126+3

179+5 103+3

         405+11

Bouygues-Télécom

   157+12

165+28 100+7

         422+47

Free Mobile

   0

124+31    48+31

         172+62

Total Aveyron

   434+15

649+66 345+43

    1428+124

Sources : Données AFNR (Agence nationale des fréquences radioélectriques)

Pour une information détaillée du réseau mobile de chaque opérateur, une carte détaillée mise à jour par l’ARCEP est disponible sur : http://www.monreseaumobile.fr/

Vers la fin des zones blanches mobiles

Une liste des 485 premiers sites à équiper en priorité en 2018/2019 devrait prochainement faire l’objet d’un décret gouvernemental. Il s’agit de zones non couvertes ou partiellement couvertes qui seront équipées par les opérateurs, dont une partie mutualisée.

En Aveyron, cette première liste concerne les communes suivantes : Almont-les-Junies, Laguiole, Curières, Condom d’Aubrac, Saint Chély d’Aubrac, Prades d’Aubrac, Saintes Eulalie d’Olt, Verrières, Rivières-sur-Tarn, Mostuéjouls, Peyreleau, Millau, La Roque-Sainte-Marguerite, Saint André-de-Vézines, Nant, Sainte Eulalie-de-Cernon, Lapanouse-de-Cernon, Saint Geniez d’Olt-et-d’Aubrac, Trémouilles, Saint Hippolyte, Campouriez et Entraygues-sur-Truyère. Une autre vague devrait suivre.

A noter que ces sites devraient être équipés directement de la 4G.

Avancement du réseau à très haut débit en fibre optique

Pour les agglomérations de Rodez et Millau, Orange a entrepris de déployer la fibre optique en FFTH depuis 2016. Actuellement (à mi-2018) près d’un tiers de l’agglomération de Rodez (Rodez nord : Saint Félix, Bourran, la gare, les 4 saisons, Saint Cyrice, Le Faubourg, Cardaillac… et Onet-le-Château, sauf Sébazac-Concourés) est équipée avec près de 7 000 prises installées.

Millau est également en cours de déploiement dans sa partie nord et ouest (Malhourtet, Puits de Calés, CH de Millau, Les Aumières/Soulobres, les ZA Europe, des Ondes et Plaines-Costes ainsi qu’une partie du centre-ville côté Tarn ainsi que le quartier situé entre le Tarn et la Jonte : Millau-plage, Larribal, Saint Lambert). L’intégralité du déploiement dans deux principales agglomérations du département devrait normalement être achevé fin 2020.

De son côté, le Conseil départemental de l’Aveyron s’est engagé dans un vaste programme d’investissement pour doter l’intégralité du département d’un réseau en fibre optique FFTH (jusque chez l’habitant, en principe !!!). D’un coût estimé à près de 300 millions d’euros pour 155 000 prises, il devrait être réalisé d’ici 5 ans. L’appel d’offre lancé en 2017 par le SIEDA (Syndicat Intercommunal d’Energies du Département de l’Aveyron) dans le cadre d’une DSP (délégation de service public), a été remporté par Orange pour une durée de 25 ans. Le déploiement devrait débuter en fin d’année 2018.

Au final, la couverture globale en très hauts débits de l’Aveyron devrait être effective à l’horizon 2023 si le calendrier est respecté. Peu à peu, les chosent finissent par avancer ! Patience…

Plus d’informations sur les réseaux de téléphonie mobile et la fibre :

Publicités

Taxe d’habitation : Un cadeau fiscal qui se révèle un casse-tête pour le gouvernement

9 juillet 2018

La suppression de la taxe d’habitation pour 80% des foyers français était une promesse de campagne du président Emmanuel Macron.

A compter de l’imposition de 2018 (mise en recouvrement en 10/2018), la cotisation de taxe d’habitation sera ainsi réduite de 1/3 progressivement sur 3 ans pour être en principe totalement neutralisée à partir de 2021. Cette exonération devait initialement ne concerner que les foyers dont le revenu fiscal de référence (RFR) de 2017 ne dépasse pas 27 000 € pour un célibataire, 43 000 € pour un couple sans enfants, auquel il faut ajouter 8 000 € par ½ part supplémentaire au titre des personnes à charge. Les foyers disposant de revenus supérieurs ne devant pas être visés.

Pour plus de détail, voir la fiche de calcul : https://www.impots.gouv.fr

La suppression de la taxe d’habitation aura un coût finalement exorbitant pour les finances de l’Etat

Courant mai 2018, le gouvernement a confirmé la décision d’exonérer 80% des contribuables de la taxe d’habitation, tout en décidant de généraliser la mesure de suppression de la taxe d’habitation de l’ensemble des français, du moins pour les résidences principales. En d’autres termes, après les exonérations partielles de taxe d’habitation en 2018, 2019 et 2020, à compter de 2021, tous les contribuables ne devrait pas acquitter la taxe d’habitation au titre de la résidence principale.

Le gouvernement répond ainsi à une exigence du Conseil constitutionnel qui menaçait de déclarer le projet anticonstitutionnel dès lors qu’il conduirait à un traitement inéquitable les français devant cet impôt. Du coup, le gouvernement s’est trouvé pris au piège et n’a guère eu le choix au plan politique.

Le problème est que le coût financier d’une telle décision, qui était d’ailleurs prévisible (pouvait-on faire payer la taxe d’habitation à seulement 20% des français ?), n’avait pas été envisagé et vient ainsi doubler le coût de la mesure pour les finances de l’Etat qui s’est par ailleurs engagé à compenser le manque à gagner pour les collectivités locales. En année pleine, ce coût qui devait être initialement être de 10 milliards d’euros, va en effet passer à 20 milliards d’euros ; ce qui est considérable.

Un vrai casse-tête pour le gouvernement qui s’est fixé comme objectif budgétaire de réduire les dépenses publiques, sans augmenter les impôts, tout en veillant à réduire progressivement la dette de l’Etat qui représente aujourd’hui 97.6% du PIB, soit 2 300 milliards d’euros. Ce qui va nécessairement obliger le gouvernement à s’engager dans une baisse drastique des dépenses publiques.

C’est dans ce contexte que le gouvernement doit trouver les 20 milliards d’euros destinés à financer cette coûteuse promesse de campagne. Pas si simple surtout lorsque l’on sait qu’aucune mesure pour assurer son financement n’a été prévue et qu’à défaut, on s’orienterait aujourd’hui vers la facilité qui consiste à laisser filer les déficits publics et donc la dette. Rien de bien glorieux et de rassurant !

D’intenses négociations entre le gouvernement et les collectivités locales

Les deux rapporteurs désignés pour la réforme de la taxe d’habitation se sont d’ailleurs bien gardés de proposer un financement de la mesure. Ils ont suggéré deux options pour compenser la suppression de celle-ci. L’une consistant à transférer aux communes la part de la taxe foncière sur les propriétés bâties perçue par les départements ; ce qui a l’avantage de remplacer un impôt local par un autre impôt local, sans remettre en cause l’autonomie des communes, pour peu que les recettes soient du même ordre.

En contrepartie, les départements recevraient à due concurrence une quote-part d’impôt national du type TVA ou CVAE mais pour ce qui est de l’autonomie ? L’autre solution étant d’attribuer directement aux communes une quote-part d’un impôt d’Etat avec les mêmes inconvénients.

Ces dernières semaines, les discussions se sont accentuées entre le gouvernement et les collectivités locales mais celles-ci n’ont pas permis d’aboutir à un accord qui satisfasse toutes les parties ; les départements et les régions étant en désaccord avec les propositions du gouvernement. Si Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse métropole et représentant de la France urbaine ou le président des communautés de France semblent se féliciter de voir la taxe foncière des départements aller vers les communes ; ce n’est pas l’avis de Dominique Bussereau, président des départements de France, représentant de la France rurale. Ce dernier se dit totalement opposé au transfert du foncier au bloc communal afin de conserver une part d’autonomie fiscale.

Le gouvernement a semble-t-il fait son choix et opte pour le transfert de l’ensemble de la taxe foncière sur les propriétés bâties au bloc communal. Il confirmera sa décision à l’automne 2018. Pour compenser la perte de recettes, les départements pourraient se voir attribuer une fraction de la TVA, de la CVAE ou même de la CSG, mais l’Etat ne toucherait pas aux droits de mutation. Quand-aux intercommunalités, elles pourraient bénéficier d’une quote-part de la fiscalité énergétique, voire de la fiscalité carbone.

Pour autant, le gouvernement n’est pas sorti de l’auberge et va se trouver confronté au maquis de la fiscalité locale, qui n’a pas été réformé depuis 1970 pour les locaux particuliers. Et là, c’est une autre paire de manches.

Vers un big bang de la fiscalité locale ?

En attendant, les concertations vont se poursuivre avec les représentants des collectivités locales avec l’objectif de présenter un projet de loi rectificatif portant réforme de la fiscalité locale début 2019. La réforme des valeurs locatives des locaux particuliers est un véritable serpent de mer en raison de l’ancienneté des évaluations qui ne correspondent plus aujourd’hui à la réalité, et dont la modernisation pourrait aboutir à d’importants écarts pour les 46 millions de locaux d’habitation.

Beaucoup de gouvernements s’y sont d’ailleurs cassés les dents et ont finalement jeté l’éponge. Le gouvernement semble décidé à relever ce défi et projette une activation des nouvelles bases d’imposition de taxe foncière en 2024, avec un lissage progressif sur 10 ans pour en atténuer les effets.

Voilà un débat qui s’annonce long et laborieux entre l’Etat et les collectivités locales. Par sûr qu’il soit gagnant pour toutes les parties. L’objectif étant de maintenir une certaine autonomie des collectivités, tout en procurant à chacune d’elles des recettes dynamiques et équitablement réparties. A cet effet, certains élus envisagent déjà un mécanisme, genre usine à gaz comme la France sait si bien faire, pour tenter d’apporter des corrections aux inégalités territoriales !

A ce rythme, pas sûr que le projet de loi puisse aboutir dans les délais impartis sachant que la grande réforme de la fiscalité locale a été régulièrement reportée depuis des décennies. Ce gouvernement parait cependant déterminé et prêt à affronter les baronnies locales. De toute façon, a-t-il vraiment le choix ?

En attendant, une chose est sûre : il y aura bien suppression de la taxe d’habitation pour les résidences principales, mais ne nous leurrons pas, au final quelqu’un va devoir payer pour la financer. Nul doute que d’une manière ou d’une autre, compte-tenu des contraintes budgétaires du gouvernement, certains contribuables risquent de devoir payer l’addition.


France : Quand la démagogie et le populisme poussent certains élus à oublier l’essentiel

2 juillet 2018

Face à une concurrence mondiale exacerbée et à la force pression des migrants économiques d’Afrique et des pays en guerre, la France et l’Europe connaissent une forte poussée du nationalisme et du populisme en général.

En France, le nouveau président élu en mai 2017 hérite d’une situation économique, sociale et budgétaire particulièrement dégradée, avec au final très peu de marges de manoeuvres. Malgré les difficultés, sa première année de mandat paraît pourtant encourageante au vu des nombreuses réformes engagées, avec une véritable vision à moyen et long-terme de l’avenir, comme il y a bien longtemps dans ce pays. Pourtant, même les mécontents du fonctionnement actuels s’opposent à la moindre réforme ou changement dés que le pouvoir veut faire bouger les lignes.

Privilégier l’intérêt général plutôt que de sombrer dans le populisme en vue d’assurer sa réélection

Les français sont en effet de grands râleurs et de véritables conservateurs dans l’âme, quitte à scier la branche sur laquelle ils sont assis. Eh oui, trop souvent, le français pense avoir raison tout seul, contre tout le monde. Et pas que les parisiens ! Lui d’abord et les autres après ! Difficile dans ces conditions de faire avancer le pays. Pourtant, être élu, c’est d’abord être responsable et préparer le meilleur avenir pour le plus grand nombre et non prendre des décisions en fonctions de ses petits intérêts personnels en vue de sa réélection.

Ces dernières décennies, on ne peut pas dire que nos dirigeants et représentants des principales formations politiques français aient fait preuve d’un grand courage, à l’exception peut-être de Nicolas Sarkozy qui a largement contribué à contenir la crise financière de 2008 qui aurait pu aboutir à un véritable désastre mondial. Du coup, tout le reste de son mandat a été plombé par la crise qui s’en est suivie mais que les français ont superbement ignoré, du fait des amortisseurs sociaux qui en ont limité l’impact.

Emmanuel Macron, malgré l’ampleur des difficultés, a le mérite de faire bouger les lignes en imposant avec un certain courage, une autre manière de gouverner, avec un véritable projet et une vision qui faisait tant défaut jusqu’alors aux politiques. En cela, le sursaut politique généré pourrait être salvateur, tellement la classe politique française semble dépassée, sclérosée et impuissante.

Aujourd’hui, la droite, comme le centre et la gauche, n’ont hélas aucun projet à proposer pour demain. Ils pilotent à vue alors que le monde traverse probablement la plus grosse tempête de son histoire et que le pays et l’Europe menacent de se disloquer à la moindre vague. Pourquoi tant d’inertie, d’immobilisme et de conservatisme ? Pourquoi ne pas entendre la souffrance de nombreux français face à la mondialisation et à l’explosion de l’immigration économique ? Gouverner c’est prévoir, assurer la sécurité des français et préparer l’avenir.

Les partis traditionnels doivent cesser d’être obnubilés par les prochaines échéances électorales et leur réélection. Le courage, c’est au contraire défendre un programme cohérent et crédible qui prépare le pays au futur. C’est plus important que l’avenir d’un parti ou d’une personne ! Pour cela, il faut assumer son programme, même impopulaire, comme l’avait fait en son temps, Gerhard Schröder le chancelier allemand qui fût balayé d’une courte tête en 2005 face à Angela Merkel, après avoir engagé des réformes sans précédent. Une partie de son électorat ne lui a pas pardonné les sacrifices imposés et pourtant, son courage a permis de sauver l’Allemagne d’une période difficile et lui vaut aujourd’hui d’avoir l’une des économies mondiales les plus dynamiques, avec un taux de chômage parmi les plus bas d’Europe et un budget largement excédentaire. L’Allemagne et Angela Merkel ne peuvent que le remercier.

La France attend aujourd’hui son Schröder pour remettre le pays en marche après avoir fait la cigale durant des décennies.

La France a de nombreux défis à surmonter. Pourtant, les opposants au président Macron n’ont hélas rien à proposer, si ce n’est de caresser les français dans le sens du vent. Mais qu’ont-ils fait durant leurs mandats respectifs : rien ou si peu et surtout beaucoup d’électoralisme en vue de leur réélection ! On en voit aujourd’hui le triste résultat.

Le pragmatisme et le bon sens doivent l’emporter sur la démagogie

Nombre de parlementaires et autres responsables politiques de l’opposition ne cessent de dénoncer la dérive des déficits publics et de la dette, en exigeant des mesures réelles d’économie budgétaires du nouveau gouvernement, estimant les mesures prises insuffisantes. Or, une telle exigence est d’autant plus surréaliste que, pour la première année en 2017, le déficit budgétaire est passé sous les seuil de 3% du PIB alors que lorsqu’ils étaient aux affaires, les déficits et la dette n’ont au contraire cessé d’augmenter pour atteindre les records d’aujourd’hui. Ils ont manifestement la mémoire courte.

Dans le même genre, le gouvernement de M. Philippe a voté une loi de programmation militaire qui prévoit de porter à 2% du PIB le budget de la défense en 2022, afin de faire face aux besoins d’une armée moderne et opérationnelle. C’est un niveau qui n’avait pas été atteint depuis des décennies car les gouvernements précédents avaient sacrifié la défense sur l’autel de l’austérité. Certains semblent aujourd’hui l’oublier !

Afin de réduire la dette colossale qui atteint 97.6 % du PIB, le gouvernement s’est engagé à réduire sensiblement les dépenses de fonctionnement de l’Etat. Il a également demandé aux 320 principales collectivités territoriales (régions, départements, villes & agglomérations de + 50 000 h…) de faire elles-aussi des efforts substantiels en réduisant de 2.6 milliards d’euros par an leurs dépenses de fonctionnement : soit environ de 1.2% hors inflation. Ce qui est finalement peu et correspond à un simple effort de maîtrise des dépenses de fonctionnement que toute collectivité devrait avoir à cœur de réaliser. Pourtant, à ce stade, aussi surprenant que cela puisse paraître, seules 70% des collectivité ont contractualisé avec l’Etat. Parmi les 30% qui ont refusé, on trouve une minorité de collectivités de droite, du centre et de gauche, prétextant une atteinte à l’autonomie des collectivités. Comment reprocher à l’Etat ce que l’on refuse de faire soit même, au nom de la réduction des déficits et de la dette ? Qu’en pensent les français ?

Que dire aussi de ces trop nombreuses collectivités qui embauchent sans compter et investissent dans des projets si peu structurants et utiles en bénéficiant massivement de subventions d’Etat ? Que dire des équipements multiples et en doublons, généralement sous utilisés dans de nombreuses agglomérations au nom de l’indépendance des communes ? A quand la fusion des communes qui permettra d’importantes économies budgétaires et une plus grande efficacité au service des populations et des entreprises ? Quand les élus locaux sauront-ils regarder l’avenir de leur collectivité et non celle du clocher de leur village ? Le monde a changé durablement. Il serait temps que les élus locaux le comprennent et sortent de leur petite bulle ! L’argent va se faire de plus en plus rare et le temps de l’augmentation des impôts locaux est révolu.

Quand certains politiques oublient leur raison d’être : défendre l’intérêt général et donner l’exemple

Comment ne pas évoquer certaines réactions irresponsables suite à mise en place par le Premier ministre de la réduction de la vitesse à 80 km/h. Face au nombre élevé de victimes d’accidents de la route, cette mesure phare n’a qu’un seul but : réduire drastiquement de l’ordre de 400 tués et plusieurs milliers de blessés et handicapés par an, sur les routes départementales disposant de chaussées sans séparateur central à partir du 1er juillet 2018. Une décision courageuse sachant que la politique de sécurité routière relève en France de l’Etat car il s’agit d’un problème de santé publique qui coûte extrêmement cher à la collectivité en vies humaines, en blessés et handicapés et bien sûr sur un plan financier.

Les statistiques des accidents de la route permettent en effet d’établir que près de la moitié des accidents de la route ont principalement pour origine la vitesse et que ces derniers ont lieu majoritairement sur des routes départementales à double sens de circulation et très peu en zone urbaine ou sur autoroute. Par ailleurs, il est scientifiquement démontré que plus on réduit la vitesse, moins les accidents sont nombreux et graves.

Malgré cela, probablement par simple esprit de contradiction mais surtout pour faire plaisir à une majorité de conducteurs (hommes !) hostiles, par principe à toute limitation de vitesse, certains élus ont tenté de s’opposer par tous moyens à cette mesure de bon sens visant à protéger la vie d’un maximum de français. Certains ont même été jusqu’à accuser le gouvernement de vouloir pénaliser les campagnes au détriment des villes ! Des arguments grotesques et indignes d’élus responsables ! En réalité, on sait que sur un trajet départemental moyen de 40 km où la vitesse moyenne ne dépasse souvent pas les 80 km/h, la perte de temps est dérisoire, voire imperceptible.

Sans oublier que les morts en France le sont principalement sur les routes départementales, si chères à ces mêmes élus !!! Quand bien même il y aurait une perte de temps de l’ordre de 1mn 30 et 3 mn par jour, que pèse ces quelques secondes au regard des centaines de vies, des milliers de blessés et handicapés épargnés ? Manifestement, certains élus s’en moquent éperdument pourvu qu’ils puissent se faire réélire par leurs électeurs. Plus grave, en mêlant leur voix aux automobilistes et autres motocyclistes opposés aux limitations de vitesse à 80 km/h décidée par l’Etat, ces élus ont donné le mauvais exemple en laissant penser aux automobilistes qu’une telle limitation de vitesse et son respect étaient aussi injustes et contestables !!! C’est tout simplement indigne d’un pays civilisé et d’élus responsables.

Hélas, en France, de nombreux exemples tendent à monter que certains élus n’hésitent pas à pratiquer le clientélisme et le populisme au détriment de l’intérêt général pour tenter de discréditer leurs adversaires, plutôt que de faire des propositions constructives ou soutenir des dispositions qu’ils partagent par-delà les clivages politiques traditionnels. Pas sûr que ce soit là la meilleure méthode pour rendre la parole politique audible et crédible. Dans ces conditions, ne nous étonnons pas que le nationalisme et autre populisme gagne du terrain de jour en jour !

Faire de la politique, c’est d’abord faire preuve de courage, de lucidité et de vision pour demain quitte à déplaire à ses propres électeurs. Evitons de nourrir le populisme !