Abbaye de Bonnecombe : Un projet pour sauver ce haut lieu du patrimoine aveyronnais

26 février 2017

L’Abbaye de Bonnecombe, Par le maître de chapelle Fabrice Perrier

Considérant l’urgence de la situation, fin 2016, le Maître de chapelle Fabrice Perrier a écrit à Monseigneur Fonlupt pour lui faire part de son projet pour l’abbaye de Bonnecombe. Dans quelques jours, mardi 14 mars prochain, l’évêque de Rodez recevra le maître de chapelle pour en parler.

Musicien professionnel du culte catholique, chef d’orchestre et directeur de musique sacrée, chantre et chef de choeur, organiste et compositeur, âgé de 45 ans, Fabrice Perrier est spécialiste de la Liturgie Monastique des Heures et du chant grégorien notamment cistercien, ayant exercé ses fonctions dans des monastères, cathédrale, sanctuaire, etc. Il propose donc de redonner à l’abbaye sa pleine dimension artistique et musicale, accompagné en cela par une artiste, maître verrier et photographe d’art.

Tous deux ont proposé de venir résider à Bonnecombe dès ce printemps afin de ne laisser trop longtemps, ni l’abbaye inhabitée, ni le domaine sans entretien ; de maintenir la dynamique insufflée par leurs prédécesseurs avec toute une équipe de bénévoles ; et préserver l’abbaye non seulement des inévitables dégradations du temps mais surtout des déprédations volontaires. Car Bonnecombe est un lieu saint, consacré à « Notre Dame » depuis 850 ans, le 3 janvier 1167 exactement, et le lieu de sépulture, dans le cimetière de l’abbaye, des moines cisterciens qui y vécurent jusqu’en 1965. Il va de soi qu’on ne peut pas y faire n’importe quoi, par respect des défunts et honneur à la Vierge, et non plus en faire, sans commettre de sacrilège ou de profanation, un complexe hôtelier cinq étoiles ou un centre socio-culturel.

Le projet de Fabrice Perrier, qui se veut donc à la fois spirituel et culturel, répond ainsi parfaitement aux exigences de la consécration des lieux, en se déployant autour des deux axes principaux de la tradition monastique, à savoir, la prière et le travail,  « Ora et labora » selon l’expression consacrée : la prière, avec les sept offices de la journée (des Matines à Complies, avec les Vêpres musicales et solennelles aux jours de Fêtes, bientôt retransmises sur les ondes de Radio-Présence, espérons-le !) et la Veillée pendant la nuit (les Vigiles) ; le travail, essentiellement manuel, avec l’entretien des bâtiments et du domaine, la cuisine et le jardin, l’accueil des hôtes et des bénévoles, sans oublier l’atelier de vitrail et l’étude musicale.

Afin de donner à son projet sa véritable dimension, le maître de chapelle sollicite dès à présent les bonnes âmes et les coeurs purs, toutes les bonnes volontés, habitués de l’abbaye ou nouveaux volontaires, pour travailler et chanter avec lui, ponctuellement ou régulièrement, ou pour l’aider financièrement. Car pour mener à bien son projet audacieux, Fabrice Perrier a besoin de notre soutien, quantifiable et concret. Manifestons-lui par écrit notre intérêt pour ce projet et notre engagement à ses côtés, avant le mardi 14 mars 2017, en écrivant :

Dans notre monde fragilisé où les repères sont brisés et les valeurs étouffées, ce projet traditionnel et innovant, souhaite apporter, dans le cadre du synode diocésain, une réponse concrète aux aspirations des hommes de notre temps en quête d’absolu, assoiffés de Vérité et de Beauté.

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Aéroport de Rodez Aveyron : 2017 devrait marquer un nouveau départ

14 février 2017

L’année 2016 n’a pas été pour l’aéroport de Rodez-Aveyron à la hauteur des espérances des gestionnaires.

L’aéroport de Rodez-Aveyron connaît, depuis 2013, une baisse constante de sa fréquentation qui est passée de prés de 160 000 passagers en 2012 (dont prés de 90 000 passagers pour les seuls vols low-cost opérés par Ryanair), à 106 000 passagers en 2015, avant de tomber à seulement 70 000 passagers en 2016 (dont seulement 28 000 passagers pour Ryanair, après l’arrêt de la desserte de London-Stanted). Mais cela n’explique pas tout.

Cette baisse de fréquentation depuis 4 ans est aussi en grande partie due à Hop ! (Air-France) dont la liaison avec Paris avait connu une baisse constante ces dernières années, notamment en raison des tarifs élevés pratiqués mais aussi des nombreux retards et incidents techniques qui ont découragé nombre de passagers. Rappelons qu’au plus fort de la fréquentation, la ligne Rodez-Paris enregistrait prés de 70 000 passagers contre seulement 40 000 en 2016, soit prés de 10 000 passagers en moins pour cette seule année où la ligne est opérée par une nouvelle compagnie Eastern Airways.

Après un démarrage plus difficile que prévu, la nouvelle compagnie britannique semble aujourd’hui en mesure de regagner une partie des passagers perdus dés 2017 grâce à des tarifs plus attractifs, une ponctualité en forte hausse et l’utilisation de jets beaucoup plus rapides que les ATR42 exploités par Hop ! Par delà la baisse de fréquentation des vols low-cost opéré par Ryanair depuis Rodez, il est primordial pour l’aéroport de retrouver une bonne fréquentation de la ligne régulière Rodez-Paris.

Le nouveau directeur de l’aéroport, Eric Bommetton ne cache pas l’ampleur du défi à relever pour l’aéroport : « C’est une bataille de tous les jours pour récupérer des compagnies. Ryanair est très exigeante concernant le taux de remplissage et ils ont énormément de demandes… ». Rappelons que le taux moyen de remplissage exigé par Ryanair est de l’ordre de 80% au minimum (il n’était que de 75% pour Rodez-Londres) et que de nombreux aéroports desservis par elle, sont très proches de Rodez, comme celui de Brive-Souillac.

Pour casser cette spirale de baisse de fréquentation, les responsables de l’aéroport misent sur l’international. En 2016, les deux lignes opérées par Ryanair vers Dublin et Charleroi durant l’été ont progressé de prés de 8% et devraient continuer à croître légèrement. Pour doper la fréquentation, deux nouvelles lignes devraient voir le jour dés l’été 2017, l’une vers Southampton (sud de l’Angleterre) et l’autre vers Millan (Italie) à raison de deux allers-retours par semaine avec un avion de 50 places pour des tarifs aller-retour de l’ordre de 150 € à 180 €.

A ces nouveaux vols internationaux, viendra s’ajouter la réouverture de la ligne Rodez-Lyon à raison de 3 allers-retours par semaine avec un avion de 29 places dés la mi-mars. Rappelons que cette ligne qui avait été stoppée il y a quelques années en raison de son manque de rentabilité, est très attendue du monde économique et notamment par la société Robert Bosch France.

Ces nouvelles destinations seront opérées par la compagnie Eastern Airways qui dessert déjà Paris-Orly.

A cela viendront s’ajouter durant l’été des vols charters vers le Portugal, Madère, les Baléares ou la Slovénie et la Croatie.

Enfin, les gestionnaires de l’aéroport attendent une augmentation du trafic de l’ordre de 10% vers Paris-Orly (3 vols par jour et un le samedi et le dimanche) est attendu en 2017, notamment grâce à des tarifs un peu plus compétitifs de l’ordre de 180 € à 240 € l’aller-retour certains jours.

Il ne reste plus à espérer que ces nouvelles destinations permettront à l’aéroport de Rodez-Aveyron de trouver un second souffle. Il en a les atouts.

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Les impôts locaux à Rodez en 2017. Quelles perspectives pour demain ? (3)

29 janvier 2017

N’en déplaise à certains, globalement, la fiscalité locale à Rodez est restée stable depuis 20 ans et demeure sensiblement dans la moyenne régionale. Pour autant, des efforts restent à faire pour rendre la fiscalité plus attractive et parmi les plus basses de la région qui doit être l’objectif à moyen terme.

La taxe d’habitation

A Rodez, malgré la baisse des taux d’imposition de la taxe d’habitation, le taux en vigueur pour l’année 2017 est de 16.38%. Ce taux devrait vraisemblablement baisser aux alentours de 15.50% en 2018 après suppression définitive de l’abattement général à la base. Ce taux restera dans la fourchette des villes moyennes d’Occitanie, comme cela a toujours été le cas depuis plus de 20 ans.

Pour autant, le taux reste cependant à un niveau relativement élevé. Ceci freine l’arrivée de nouveaux habitants sur Rodez, notamment si l’on compare les taux en vigueur en 2015 dans les principales communes voisines : 8.70% à Onet-le-Château, 10.60% à Olemps ou 11.70% à Luc La Primaube. Même si aucune comparaison n’est possible en raison des charges de centralité supportées par Rodez, il y a urgence pour la ville de Rodez à baisser progressivement son taux d’imposition de taxe d’habitation pour se rapprocher des 13%.

Ceci est d’autant plus d’actualité, qu’il ne fait plus aucun doute que les communes centrales de l’agglomération, au moins dans un premier temps, sont appelées à fusionner dans les années à venir en attendant une future extension du périmètre de l’agglomération. Dans ce contexte, pour la ville de Rodez, l’heure est maintenant venue d’envisager sérieusement une baisse réelle et durable en vue de faire converger les taux de la taxe d’habitation avec les communes voisines. L’attractivité de la ville en dépend.

A titre d’informations, les taux de la taxe d’habitation en vigueur pour l’année 2015 dans les villes comparables de la région Occitanie étaient les suivants : Narbonne 11.33%, Montauban 13.25%,   Albi 15.33%, Carcassonne 15.94% et Rodez 16.38% (taux 2016). Dans les villes voisines hors région : Aurillac 21.77% et Le Puy-en-Velay 18.90%. Même si Rodez reste dans la moyenne, cette comparaison permet de mesurer les efforts qui restent à réaliser en matière de baisse de la taxe d‘habitation dans les années à venir pour atteindre les 13%.

La taxe foncière sur les propriétés bâties

La taxe foncière sur les propriétés bâties à Rodez demeure inchangée depuis de nombreuses décennies avec un taux de 28.94% pour l’année 2017. A cela, il faut ajouter la part départementale de 20.61%, en sensible augmentation en 2016, comme sur l’ensemble de la France. Globalement, le taux de taxe foncière de la ville à Rodez reste comparable aux villes moyennes de la région, mais aussi de la plupart des communes de l’agglomération pourtant bien plus petites.

A titre de comparaison, en 2015 (dernière année connue), les taux de taxe foncière sur les propriétés bâties en région Occitanie étaient les suivants : Béziers 26.54%, Narbonne 28.34%, Albi 28.80%, Montauban 29.13%, Tarbes 29.43%, Cahors 38.25%, Carcassonne 41.69% et Auch 44.27%. Dans les villes voisines hors région : Aurillac 27.94% et Le Puy-en-Velay 28.05%.

A terme, même si elle se situe dans la fourchette régionale, la ville de Rodez ne pourra également faire l’économie d’une baisse progressive du taux.

Rodez n’a d’autres choix que de s’engager résolument dans une baisse réelle et durable des impôts locaux

La baisse des impôts locaux est d’autant plus envisageable que la situation financière de la ville de Rodez est relativement saine, avec une dette dorénavant contenue, des charges maitrisées et une capacité d’autofinancement favorable. A cela, il faut ajouter le dynamisme des recettes fiscales du fait de la construction ces dernières années. Pour les deux ans à venir, prés de 1000 logements neufs sont en construction. A cela, il faut ajouter l’instauration de la taxe sur les logements vacants depuis 2016.

Dans ce contexte, il ne reste plus qu’à espérer que l’actuelle municipalité de Rodez saura anticiper cette évolution et s’engagera rapidement dans une baisse réelle des taux d’imposition qui permettra à terme de pérenniser l’attractivité de l’agglomération ruthénoise dans son ensemble.

Une belle carte à jouer pour Rodez, au moment où d’autres collectivités engluées dans leur dette et les dépenses de fonctionnement, se voient contraintes d’augmenter leurs taux d’imposition.


Aveyron : Jean-François Galliard élu président du Conseil départemental

24 janvier 2017

Jean-Claude Luche, président du Conseil départemental de l’Aveyron depuis 2008, avait annoncé son départ de la présidence dés le 23 janvier 2017. Compte-tenu de l’entrée en vigueur prochaine de la loi prévoyant le non cumul des mandats, il a choisi de conserver son mandat de sénateur de l’Aveyron. Il redevient ainsi un simple conseiller départemental de son canton de Lot et Palanges (Saint Geniez d’Olt et Laissac)

L’élection du nouveau président du Conseil départemental avait lieu ce 24 janvier. Pour faciliter la désignation du nouveau président et éviter tout risque de guerre de succession comme cela c’est parfois vu ici et là, une élection primaire pour désigner le candidat qui représenterait la majorité départementale avait été organisée en fin d’année 2016. Parmi les candidats, c’est finalement Jean-François Galliard, conseiller départemental du canton de Millau 2 (Millau, Aguessac, Compeyre, Paulhe, Nant et Saint Jean-du-Bruel) et ancien maire de Nant qui l’avait emporté d’une courte avance. Du coup, l’élection d’aujourd’hui ne devait être qu’une formalité.

Sans surprise, les conseillers départementaux de la majorité (Les Républicains-UDI) ont désigné dés le premier tour de scrutin, Jean-François Galliard, président du Conseil départemental par 30 voix contre 5 à Anne Blanc et 11 abstentions. Le nouveau président était jusqu’alors vice-président du Conseil départemental, rapporteur du budget et président d’Aveyron Culture.

Pour la première fois depuis des décennies, le président du Conseil départemental sera un élu du sud-Aveyron, après de longues décennies de présidences assurées par des élus du nord Aveyron. Voilà qui ne devrait pas déplaire aux gens du sud qui ont parfois pu se sentir un peu à l’écart du reste du département. Ce rééquilibrage aveyronnais vers le sud devrait, à n’en pas douter, profiter à l’ensemble du territoire ; ce dont personne ne se plaindra.

Reste maintenant à voir les priorités du nouveau président et le mode de gouvernance qui sera adopté. Nul doute qu’il laissera une grande place à l’ouverture et à l’écoute de l’ensemble des aveyronnais.

En s’adressant à l’assemblée lors de sa première intervention, le nouveau président a mis l’accent sur la continuité dans laquelle il s’inscrit, notamment celle du projet d’attractivité Cap 300 000 habitants. Il a insisté sur la nécessité « d’œuvrer au coude à coude, toutes forces vives de l’Aveyron confondues, en mutualisant nos idées et nos moyens ». Il s’est adressé plus particulièrement aux communautés de communes, auxquelles il propose un partenariat renforcé avec le Conseil départemental.

Jean-François Galliard a ajouté que la collectivité départementale « restera mobilisée sur ce qui est sa fonction première, le domaine social ».

En conclusion, le président Galliard a défini la manière dont il entend conduire son action : « Agir avec un seul repère : le service de l’intérêt général, celui des Aveyronnais sans exclusive et celui de l’Aveyron », en indiquait qu’il occuperait ce poste avec « une vision ouverte et attentive aux autres ».

La commission permanente du Conseil départemental, comme dans la précédente assemblée, sera composée des 46 élus. Le nombre de vice-présidences restera inchangé à 13 : André At, Simone Anglade, Danièle Vergonnier, Jean-Claude Anglars, Bernard Saules, Gisèle Rigal, Magali Bessaou, Annie Cazard, Annie Bel, Vincent Alazard et Christophe Laborie. Deux nouveaux font également leur entrée en remplacement des deux sénateurs qui redeviennent de simples conseillers départementaux : Christian Tieulié et Jean-Philippe Sadoul.

Bon vent à Jean-François Galliard et au nouveau Conseil départemental de l’Aveyron !


Rodez agglomération : La société Robert Bosch impactée par la baisse des ventes de véhicules diesels

13 décembre 2016

Le groupe Robert Bosch GmbH dont le siège mondial est situé à Stuttgart (Allemagne) a été créé en 1886. En 2015, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 71 000 milliards d’euros et emploie 375 000 personnes au niveau mondial, reparties sur 118 sites industriels. L’activité principale du groupe concerne la sous-traitance automobile dont il est l’un des leaders mondiaux notamment via ses systèmes d’injection essence et diesel. Le groupe est aussi présent dans de nombreux autres secteurs dont l’outillage et l’électroménager.

Robert Bosch, première entreprise industrielle de l’Aveyron

Robert Bosch est présent en France via sa filiale Robert Bosch France SAS dont la principale unité de production est située à Onet-le-Château (agglomération du Grand Rodez).

L’usine, qui est l’une des vitrines du groupe, fabrique des éléments pour moteurs diesels (systèmes Common Rail). C’est le premier employeur privé de l’Aveyron avec prés de 1 800 personnes et fait vivre prés de 5 000 emplois indirects ; ce qui fait du site ruthénois le premier employeur privé de la région. Autant dire le poids économique considérable du site pour l’agglomération de Rodez et le département de l’Aveyron. Fondée en 1955, l’usine de Rodez est un élément essentiel du dispositif industriel de Robert Bosch. Le groupe allemand investit régulièrement pour moderniser le site : plus de 50 millions d’euros en deux ans.

La division Systèmes diesel de Robert Bosch à laquelle appartient l’usine de Rodez, développe, fabrique et met au point des systèmes pour moteur diesel qui contribuent à rendre les véhicules plus performants et économiques. Premier fabricant mondial de systèmes à injection diesel, le groupe propose la technologie la plus adaptée pour chaque type de véhicule et principalement des systèmes d’injection, de gestion des gaz d’échappement mais aussi des unités de contrôle moteur (ECU) et des capteurs.

La division Systèmes diesel propose un ensemble de produits allant du composant seul au système entier, pour tout type d’application moteur quelle que soit sa cylindrée. Les systèmes d’injection modernes comme les systèmes Common Rail et les systèmes de traitement des gaz d’échappement sont à la base du moteur diesel dernière génération.

Ces dernières années, l’usine de Rodez a investi sur des fabrications plus haut de gamme en injectant notamment 25 millions d’euros dans une nouvelle ligne de production réservée à des bougies en céramique pour moteurs diesels Premium.

Robert Bosch leader mondial des équipementiers automobiles touché par la crise du diesel

Pour autant, depuis le début de l’année 2016 et l’affaire Volkswagen (utilisation de logiciels frauduleux permettant de minimiser la pollution émises par les gaz d’échappement), les ventes de véhicules de la marque allemande ont nettement baissé et plus particulièrement ceux équipés de moteurs diesel. Il va sans dire que l’activité de l’usine de Rodez, spécialisée dans la production de systèmes d’injection Common Rail pour Volkswagen et Renault, est particulièrement impactée ces derniers mois.

Afin de permettre à l’entreprise d’ajuster ses moyens face à la baisse des commandes, depuis quelques mois, la direction générale de la Division diesel de Stuttgart avait souhaité un ralentissement des investissements à Rodez. Un comité d’entreprise exceptionnel convoqué mi-novembre 2016 est venu confirmer la nette baisse du carnet de commande des systèmes Common Rail en fin d’année qui se traduira par une sensible réduction de la durée du travail jusqu’en début d’année prochaine.

Comme le redoutaient les personnels, l’investissement de 17 millions d’euros prévu en 2017 en vue d’adapter les lignes de production à la fabrication de la nouvelle génération d’injecteurs diesels est reportée d’un an.

Même si par le passé le Groupe Robert Bosch a toujours su s’adapter au marché et traverser plusieurs crises, le défi à relever est ici important. C’est aujourd’hui l’avenir des véhicules à moteurs diesels qui est en cause en raison notamment des particules fines émises. Même si les moteurs diesel récents sont très performants, notamment en terme de rejets, la part des véhicules diesels ne cesse de baisser et risque de s’accentuer au fil des années au profit des moteurs essences, réputés moins polluants et des véhicules hybrides ou électriques.

A terme, le site de Rodez devra s’adapter aux nouvelles donnes technologiques

Gageons que le groupe Robert Bosch saura s’adapter une fois encore et trouver une solution pour, à terme, reconvertir le site avec les nouvelles technologies du futur.

L’avenir du site pourrait en réalité provenir de l’application de nouveaux process industriels : la fameuse usine du futur dont Bosch se veut à la pointe. Les ingénieurs maison estiment en effet qu’à terme, cette usine 4.0 peut permettre d’économiser 40% sur le coût de certaines pièces et de faire baisser les pannes de 60%. La maintenance prédictive, une nouvelle gestion des approvisionnements et des stocks, mais également l’échange d’informations entre différents ateliers… Le vivier des gains de productivité est immense.

Pour Robert Bosch, les nouveaux process de cette industrie connectée et numérique devraient permettre de pérenniser le site.

Robert Bosch ambitionne en effet de devenir l’un des leaders mondiaux de l’Internet des objets. Le groupe est présent dans les trois domaines de l’interconnexion : les appareils intelligents et connectés, les plateformes logicielles et les applications et services qui offrent un avantage supplémentaire au client.

Ces nouvelles technologies industrielles 4.0 sont le devenir de Robert Bosch et de l’agglomération de Rodez.

 


Rodez : Quartier Combarel, un chantier qui devrait enfin sortir de terre en 2017

7 décembre 2016

Courant novembre, Rodez agglomération a tenu une réunion publique pour faire le point sur la consultation engagée concernant le futur éco-quartier Combarel.

Une poignée d’élus et techniciens de Rodez agglomération ont présenté les conclusions de cette enquête à un public clairsemé (guère plus de 30 personnes). Ce qui est un signe de relative indifférence envers une rencontre qui s’inscrit dans le cadre de la démocratie participative initiée par la mairie de Rodez depuis 2014. Il faut dire que le projet Combarel traîne en longueur depuis plus de 10 ans !

Ces derniers mois, les habitants du grand Rodez avaient été invités, via un questionnaire, à se prononcer sur différents équipements de ce futur quartier, sachant que le gros œuvre et notamment la construction des 350 logements, dont la moitié à caractère social, a été confiée à divers promoteurs immobiliers de la ville.

Au final, l’initiative laissée aux habitants s’avère extrêmement limitée puisqu’elle ne concerne que quelques menus aménagements annexes comme les espaces verts, les cheminements piétons, la place centrale et autres animations de quartiers. Les propositions faites par les habitants (un peu moins de 400 personnes) ont porté essentiellement sur l’aménagement des espaces piétons, des espaces verts, un jardin d’agrément, le développement des parkings-relais en périphérie, l’éclairage public… mais aussi le soutien à l’économie locale ou des modes de production locales, actions qui nécessitent des porteurs de projet.

Dominique Serieys, au nom des commerçants adhérents de Cassiopée n’a pû s’empêcher de rappeler une évidence : « Pour porter des projets et créer des associations de quartier, encore faut-il qu’il y ait des habitants du quartier. Hors le quartier en est actuellement au tout début de sa construction… »

De nombreuses questions sont restées sans réponses. Par contre, Mme Monique Herman-Bultel, vice-présidente de Rodez agglomération, a confirmé qu’aucun parking public souterrain ne serait finalement construit sous la place centrale, comme initialement prévue, en raison de son coût élevé. De même, si une maison de retraite sera effectivement construite par la ville, elle ne fera que remplacer l’actuelle maison de retraite de Saint Jacques gérée par l’hôpital qui sera fermée. Au final, le nombre de maisons de retraite à Rodez restera inchangé en dépit des besoins.

S’agissant du quadrilatère (bâtiments initiaux de l’hôpital Combarel comportant la chapelle), le bâtiment est protégé et ne peut faire m’objet que d’aménagements extérieurs limités. Des travaux de mises aux normes sont en cours au niveau du gros œuvre. Il devrait être finalement vendu par lots en plateaux qui seront ultérieurement aménagés par l’acquéreur lui-même. Ici aussi, contrairement au projet initial qui prévoyait l’aménagement des locaux en bureaux pour l’accueil de divers services de l’Etat : Police, agglomération, administrations financières, entreprises…, la vice-présidente de l’agglomération a confirmé qu’il n’y avait pour l’instant aucun projet de ce type. Un aveu d’échec de l’aménagement de ce quartier qui devait initialement accueillir quelques centaines d’emplois tertiaires. Aucune assurance de voir une administration ou entreprise rejoindre le quadrilatère à brève échéance.

Il a également été confirmé que cet espace ne comporterait aucun commerce en rez-de-chaussée afin de préserver le bâtiment.

Concernant les espaces de stationnement hors des immeubles de logements à construire, ils devraient être limités à quelques places, rue Combarel et le long de la nouvelle rue Boyer qui traversera l’espace Combarel. Concernant le manque de places de stationnement pour les visiteurs, aucune réponse n’a été faite si ce n’est de suggérer d’utiliser les transports publics pour se rendre dans ce nouveau quartier. Des commerces devraient également prendre place sur les deux rues. L’emplacement futur d’une possible maison de santé a également été évoqué, sans autre précision sachant qu’actuellement deux sont en projet : l’une au faubourg, dont la construction va démarrer, et très probablement une deuxième à Gourgan.

Quant au début des travaux de construction du nouveau quartier, ils devraient démarrer en début d’année 2017 pour se terminer au plus tard courant 2020.

Au final, l’actuel projet Combarel n’a plus grand-chose à voir avec le projet initial et on est en droit de s’interroger sur son avenir et son intégration entre l’esplanade des Ruthènes et le centre-ville. Nous sommes manifestement bien éloignés de l’ambitieux projet de l’équipe précédente sur ce quartier.


Requiem pour Notre Dame de Bonnecombe

4 décembre 2016

Communiqué de M. André Montialoux :

D’ici quelques semaines maintenant, le site de l’Abbaye de Bonnecombe sera déserté par ses derniers occupants et sera probablement fermé en suivant. Cette situation questionne, interpelle et nous invite tous à une certaine réflexion.

Les éléments ci-après donneront peut-être pour tous ceux qui méconnaissent le site et les conditions de vie des derniers occupants des informations pour nourrir leur réflexion.

Voilà 853 ans que les premiers religieux (au nombre de 12) arrivaient sur ce site boisé, offrant un relatif replat sur la rive gauche du Viaur non loin des routes du plateau, qualifié aussitôt de « bonne combe » pour y élever une abbaye.

Il en fallait du courage, de l’abnégation, de la foi et plus globalement des vertus pour faire face à autant d’ingratitude et d’adversités (la solitude des lieux, l’âpreté des saisons, la rudesse du travail de construction et le côté sauvage du sol que n’avait jamais sillonné une charrue). Toutefois ils étaient pleins d’enthousiasme et d’espérance ceux qui vinrent habiter ces lieux car ils avaient le plein assentiment et toute la reconnaissance de l’évêque de Rodez d’alors -Hugues 1er– et du monde politique représenté par son frère, Comte de Rodez.

Aujourd’hui, en contre-point de cette situation du XIIième siècle, s’agissant de l’actuelle fraternité des serviteurs du Cœur de Jésus, reconnue si tardivement, l’une des raisons majeures de leur départ est due au délaissement et à la solitude (cf l’article du journaliste de Centre Presse du 30 mai 2016).

Reprenons : dès le 3 janvier 1167 cette abbaye est consacrée à la Vierge comme le veut la règle. Pour tous les membres fondateurs livrés tour à tour à la prière, à l‘étude et au travail des mains, ils faisaient revivre les vertus d’obéissance et de renoncement en se mettant au service du plus grand nombre et notamment des plus démunis. Nul n’ignore les services rendus par les communautés monastiques pour tous ceux qui rencontraient des difficultés, passagères ou pas, avec les soins les plus charitables qui étaient toujours prodigués. Ceci était d’autant plus fort pendant les périodes de conflit ou de fléau dévastateur car ils devenaient alors un phare d’humanité. C’est ainsi que bon nombre de Rois de France prirent sous leur protection ces communautés et pour ne pas alourdir le document on ne citera que les trois derniers : Louis XII, François 1er et Henri IV.

Nous sommes à cent lieux de la situation d’aujourd’hui même dans notre Rouergue qui pourtant a tant donné à l’église il y a encore moins d’un siècle. Nulle autre terre ne vit une déchristianisation aussi vive et aussi massive que la nôtre aujourd’hui mais il restera toujours de ce site, peut-être par la disposition des lieux et plus probablement par l’âme de tous ceux qui au cours des siècles se sont donnés aux autres, un esprit par lequel il faut savoir se laisser imprégner. Même Monseigneur Vivian dont on peut lire dans un article de la Revue du Rouergue -Revue N°11 de l’automne 1987 « Vivian, un évêque de Rodez vindicatif et contesté 1247 – 1274- » avait apporté son concours en confirmant la donation de Naucelle à l’abbaye de Bonnecombe en 1252. Ceci démontre s’il en était encore utile que l’on est toujours comptable de ce que l’on fait et ceci à travers les siècles.

Traverser les siècles en effet n’est jamais simple et il faut une institution comme l’Eglise pour y parvenir car là où croît le péril croît toujours ce qui sauve selon la formule du poète Hölderlin. Les derniers religieux cisterciens ont été expulsés en 1791 au lendemain de la Révolution Française. L’abbaye est alors livrée à l’abandon et au pillage et seules ses archives seront conservées. Les bâtiments deviennent alors une carrière de choix pour les constructeurs locaux.

Garder en mémoire ces faits est un devoir, une nécessité pour ne pas rééditer de tels comportements surtout dès lors que cette abbaye ne serait plus occupée. En effet si les derniers s’en vont, c’est parce qu’elle n’est plus habitable. Voyons plutôt : qui accepterait de nos jours de vivre dans des locaux insalubres, aux toits non entretenus depuis des décennies laissant passer les intempéries dans les plafonds qui peu à peu s’effondrent sur leurs occupants avec pour conséquence un risque avéré de danger de mort pour les utilisateurs des installations électriques imprégnées d’eau ? Alors quel sens commun peut encore justifier que l’on réhabilite, dans la ville de l’évêché, un bâtiment grandiose qui peut témoigner d’une bonne santé financière du diocèse ?

Sur le plan des comportements et d’une manière anecdotique je noterai ce que nous avons vécu cet été, ma femme et moi, lors d’une journée où les visites de l’Abbaye n’avaient pas pu se tenir faute de surcharge de travail des membres de la Fraternité, incapables d’assurer ce service ce jour-là. L’un des visiteurs, manifestement frustré de ne pouvoir faire la visite de l’abbaye comme il l’entendait, avait osé retourner le panneau signalant les horaires des visites pour y écrire sa version en des termes qui ne méritent pas d’être rapportés ici tant ils étaient dénigrants pour les occupants du lieu.

Reprenons le cours de l’histoire de ce lieu chargé de foi. Ce n’est qu’en 1876, cinq ans après sa nomination, que le jeune et ardent Monseigneur Bourret racheta l’abbaye aux Houillères du bassin de Carmaux pour la réhabiliter. L’église fut restaurée dès 1891, le monastère fut rétabli en 1895 et des moines trappistes (O.C.S.O.) y restèrent jusqu’en 1965.

Depuis cette date, les évêques du diocèse de Rodez et de Vabres y ont appelé tour à tour des communautés diverses jusqu’à cette dernière Fraternité au service de l’Evangile auprès de la population environnante. Mais comment y demeurer aujourd’hui quand même la sécurité dans les espaces publics ne peut être assurée sur le site ? On peut comprendre que, face à cette situation, ils fassent le choix de suivre ceux qui les ont appelés sur d’autres terres, peut-être plus missionnaires.

N’imaginons pas cependant que la décision de partir a été facile à prendre : ni aidés, ni encouragés, ils ont en plus dû affronter des propos diffamatoires à l’égard de leur Fraternité doublés d’attaques personnelles.

Ces quelques lignes ont pour objet de donner à chacun des éléments majeurs pour conduire sa propre réflexion, une réflexion qui doit conduire à faire naître de vastes projets pour ce site que protégera contre vents et marées Notre Dame de Bonnecombe.

Certes on pourra toujours, comme l’article du 8 juin dernier dans Centre presse intitulé « Vu du ciel, l’Aveyron se dévoile », visualiser de très haut, par des drones, l’abbaye, mais on peut attendre bien plus. Bien plus aussi que les propos de Monseigneur Bellino, témoignant en ces termes dans le cadre d’une autre affaire « c’est une épine dans le pied » ; il paraît urgent aujourd’hui effectivement de l’enlever définitivement cette épine pour construire ensemble quelque chose dans cette région de France qui a cruellement besoin du réconfort de l’Evangile. Puisse que le synode du diocèse en cours aide à retrouver les voies de l’Esprit Saint.

Bonnecombe est un lieu de prière, de silence, d’approfondissement des valeurs de l’Evangile que seul le murmure du Viaur peut venir un instant perturber. Est-ce le pont du diable par lequel on accède à l’abbaye avec toutes ses légendes qui va l’emporter sur la mémoire de ce lieu empreint d’histoire et de foi depuis des siècles ?

Non, seulement deux questions taraudent aujourd’hui les chrétiens que nous sommes, désireux que ce lieu soit respecté et transmis aux générations futures dans l’essence première de ceux qui l’ont fait naître et de tous ceux qui ont tout donné de leur personne pour le faire vivre jusqu’en 2016 dans la fidélité à l’enseignement de l’Evangile.

Qu’a fait l’actuel évêque pour retenir ses derniers occupants ?

Quels sont aujourd’hui ses projets pour sauver Notre Dame de Bonnecombe de l’oubli ?

André Montialoux