France : La baisse des victimes de la route en 2018 reste fragile et nettement insuffisante

16 février 2019

Edouard Philippe, le Premier ministre, s’est récemment réjoui des bons chiffres obtenus en 2018 sur le front des accidents de la route. Cette amélioration des résultats par rapport à l’année 2017 sont principalement imputables à la mise en place de la limitation à 80 km/h sur les routes secondaires depuis le 1er juillet 2018. C’est en effet plus de 189 vies qui ont été épargnées en France par rapport à 2017, auquel il faut ajouter des centaines d’accidentés. Un bilan effectivement en amélioration sensible.

La destruction massive de radars par les gilets jaune a cependant constitué un obstacle à une plus grande réduction du nombre de tués sur les routes

Cette baisse des accidents de la route a principalement été enregistrée au cours des mois d’août et d’octobre, tandis qu’ils ont à nouveau augmenté à partir de novembre et décembre. Comme par hasard, ces deux derniers mois correspondent au début des opérations des gilets jaunes, hostiles à cette mesure et qui se sont lancés dans une opération de destruction massive de radars depuis quelques mois. Fin janvier, plus de 60% des radars fixes avaient ainsi été rendus inopérants.

Sans le risque d’être flashés et avec de rares contrôles de police et de gendarmerie, bon nombre d’automobilistes ont renoué avec les mauvaises habitudes et la vitesse est progressivement repartie à la hausse. Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière le confirme : « Même si nombre de PV n’ont pu être adressés en raison des images généralement inexploitables, le nombre d’amendes pour excés de vitesse a été multiplié par quatre en décembre 2018…. Au cours des deux derniers mois de l’année 2018, on a dénombré le même nombre de tués qu’en 2017 à la même période. Ce qui a réduit d’autant les retombées positives de la mise en place de la limitation de vitesse à 80 km/h qui a permis de sauver 116 vies lors du deuxième semestre 2018. »

La vitesse moyenne est aujourd’hui proche 90 km/h au lieu des 80 km/h en vigueur. Combien de temps va-t-on accepter cela ?

Le bilan 2018 est ainsi biaisé en l’absence de réels contrôles de vitesse en fin d’année et de sanctionner le non-respect des limitations de vitesse. Pourtant, n’en déplaise aux inconditionnels de l’automobile, il est scientifiquement démontré que la vitesse reste l’un des principaux facteurs d’accidents de la route et qu’une réduction de 10 km/h a un effet direct sur leur diminution.

Cela n’empêche pas la justice française de faire preuve d’une certaine complaisance à l’égard des automobilistes sanctionnés pour excès de vitesse, tout comme à l’encontre de ces mêmes automobilistes qui participent à la destruction de radars destinés à faire respecter le code de la route et partant, à sauver des vies.

Le terrible bilan des victimes de la route en France

Rappelons que la baisse sensible du nombre de tués sur les routes de France obtenue à partir de 2003 (8 200 en 2001 à 4 000 en 2010, puis 3 268 en 2013) s’explique principalement par la généralisation des radars automatiques et une plus grande sévérité à l’encontre des excès de vitesse au cours de ces périodes. Depuis 2013, l’assouplissement des contrôles de vitesse a contribué à faire remonter ce chiffre à 3 500 tués en 2016.

Sur la base des données 2015 de l’OCDE, la France détient un bien triste record digne d’un pays sous-développé : celui du plus grand nombre de tués sur ses routes (52,5 tués pour 1 millions d’habitants en France en 2015), contre seulement 25 en Suède, 27.7 au Royaume-Uni, 30 en Suisse, 36.5 aux Pays-Bas, 36,7 en Espagne, 37 au Japon, 38 en Allemagne.

Plusieurs pays en Europe pratiquent déjà le 80 km/h sur les routes secondaires sans séparateur de chaussée : Pays-Bas, Suède, Norvège, Danemark et Suisse. Ces pays sont d’ailleurs classés parmi les meilleurs élèves en Europe. Prochainement, l’Espagne qui a obtenu de très bons résultats en moins d’une décennie, devrait aussi passer au 80km/h sur ses routes à double sens de circulation pour réduire davantage le nombre de victimes.

En 2018, avec 3 259 tués, la France conserve le bonnet d’âne des grands pays avec 49 tués pour un million d’habitants et plus de 5 000 blessés ; un résultat affligeant pour un pays prétendument développé et patrie des droits de l’homme. A croire que pour certains automobilistes français, le permis de conduire est aussi un permis de tuer, comme pour la chasse !

La délinquance routière en Aveyron

Le département de l’Aveyron bien que faiblement peuplé a des résultats encore plus mauvais qu’au plan national. En 2018, on a dénombré 202 accidents au cours desquels 24 personnes ont perdu la vie sur les routes du département, soit 86 tués pour un million d’habitants (près du double qu’au plan national). Pour ce qui est des blessés, le chiffre est aussi à la hausse en 2018 avec 281 (dont 150 hospitalisations) contre 214.

Dans ce contexte, sans évoquer la dangerosité d’une partie du réseau routier départemental en dépit des travaux réalisés, comment ne pas s’étonner du comportement lamentable de quelques élus au regard de ce bilan catastrophique du nombre de victimes innocentes. L’argumentation éculée de certains élus qui préfèrent soutenir une poignée d’automobilistes en mal de sensations, plutôt que de défendre l’intérêt général, est affligeante. Manifestement, pour certains élus, 24 morts et près de 300 vies brisées par an leur importe peu. Ils préfèrent soutenir l’indéfendable et encourager la délinquance routière.

Contrairement aux fausses informations qu’ils n’hésitent pas à propager, oui l’instauration du 80 km/h en France sur les routes secondaires sans séparateur de chaussée est une sage et courageuse décision qui vise à préserver un maximum de vies humaines. Au vu du coût considérable pour la société des accidents de la route en France (plus de 50 milliards d’euros par an), il s’agit d’un problème de santé publique qui relève de la responsabilité de l’Etat.

L’Etat est ici dans son rôle et il doit aller plus loin encore. L’objectif pour la France doit être de ramener au plus vite le nombre de tués au plan national autour de 2 000 tués par an, soit 30 morts pour un million d’habitants, contre 49 morts aujourd’hui (86 en Aveyron !)

Le délire de certains élus locaux à propos de la mise en place du 80 km/h

Prétendre que la mise en place du 80 km/h pénaliserait l’économie départementale relève d’une manipulation éhontée car totalement fausse. Même si ici et là certains conducteurs peuvent perdre quelques petites minutes sur un trajet de 50 km, tout cela n’a pas d’incidence économique réelle, tout en ayant le mérite de sauver des vies bien plus précieuses. D’ailleurs, jamais les temps de transport en Aveyron n’ont été aussi réduits d’un point à un autre et jamais autant de camions n’ont transité par notre département, preuve s’il en est, que la traversée du département même à 80 km/h, n’est guère pénalisante.

Au demeurant, si l’économie aveyronnaise peut se trouver pénalisée du fait d’infrastructures routières inadaptées, n’oublions pas qu’il s’agit d’abord de la responsabilité de ces mêmes élus départementaux, qui notamment par le passé, ont été incapables de concrétiser le projet de mise à 2 x 2 voies de la RN 88 entre Tanus et Séverac, validé dés 1995. Un tronçon qui aurait dû être achevée depuis plus de 10 ans déjà ! Alors de grâce, un peu de retenue !

La mise en place du 80 km/h ne peut que fluidifier le trafic pour peu que la majorité des usagers de la route respecte les limitations de vitesse. C’est aussi le meilleur moyen de réduire sa consommation de carburant et donc de limiter ses dépenses, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Finalement, tout le monde est gagnant dans cette affaire !

Au final, le 80 km/h présente bien plus d’avantages que d’inconvénients. Le plus important restant de préserver le plus grand nombre de vies humaines. Comment des élus responsables peuvent-ils s’opposer à une mesure de bon sens et d’intérêt général destinées à sauver de nombreuses vies ?

Plus d’infos : Sécurité routière I Ligue contre la violence routière I Prévention routière

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Aveyron : Le département porté par le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez et de son aire urbaine

13 janvier 2019

Selon l’INSEE, la population légale du département de l’Aveyron comptait 279 169 habitants, en progression de 0.2%. Il s’agit de la population officielle résultant du dernier recensement de la population réalisé en 2015.

Le gain de population a ainsi été de 525 habitants entre 2014 et 2015 ; ce qui n’est pas rien pour un département dont l’INSEE avait prédit un fort dépeuplement à partir des années 1990. A ce rythme, la population devrait dépasser les 280 000 habitants en 2020, pour la première fois depuis longtemps. Un évolution encourageante.

L’Aveyron limite les dégâts par rapport à la plupart des départements ruraux

Ces résultats restent cependant en retrait par rapport à l’objectif fixé, il y a 5 ans par le Conseil départemental qui souhaite voir la population du département atteindre les 300 000 habitants à l’horizon 2030. Mais ne faisons pas la fine bouche, l’Aveyron a enrayé son déclin contrairement à la grande dorsale française qui va du Massif-Central à l’est de la France qui persiste dans la désertification.

Cette croissance de la population reste fragile et résulte exclusivement de l’arrivée de nouveaux habitants dans le département qui soutiennent une croissance migratoire continue depuis près de 10 ans, signe de l’attractivité du territoire. A l’inverse, le solde naturel (écart entre les naissances et les décès) reste toujours déficitaire. D’où un équilibre précaire.

A cet égard, l’Aveyron fait exception parmi les départements ruraux faiblement peuplés du centre de la France, même si l’augmentation de sa population est moindre au regard de celui de la région Occitanie qui progresse de 0.9% ; l’une des plus dynamique de France.

L’Aveyron se distingue avec un taux d’actifs de 48% parmi les plus importants d’Occitanie, derrière la Haute-Garonne 54%. Par contre, la proportion de retraités (36%) y est l’une des plus élevée du pays. L’Aveyron fait partie des départements les plus âgés de France (45 ans en moyenne) avec une personne sur trois de plus de 60 ans, dont 14% ont plus de 75 ans. A l’inverse, les moins de 30 ans ne représentent que 30% de la population, contre 34% en Occitanie et 37% au niveau national. Les 15-29 ans représentent 14% de la population.

Le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez

L’évolution et la répartition de la population du département de l’Aveyron restent toutefois contrastées. La croissance se concentre pour l’essentiel sur l’aire urbaine de Rodez. Outre l’agglomération de Rodez, les communes périphériques bénéficient pleinement de son attractivité économique et commerciale (Bozouls, Espalion, Marcillac-Vallon, Salles-la-Source, Valady, Baraqueville, Flavin, Pont-de-Salars, Agen d’Aveyron, La Loubière, Gages-Montrozier, Laissac-Séverac l’Eglise…).

L’aire urbaine de Rodez qui comptait 86 373 habitants à fin 2014 (+0,7%), soit près du tiers des aveyronnais, reste en effet parmi les plus dynamiques d’Occitanie. Pour l’INSEE, cette évolution (+ 3 105 h entre 2009 et 2015) s’explique par le dynamisme démographique de la couronne périurbaine de Rodez qui a cru de +1,0 par an entre 2009 et 2014.

La mise en service progressive de la RN88 à 2 x 2 (vers Baraqueville-Naucelle mais aussi Laissac-Séverac-A75), ainsi que la modernisation des axes RD 840 (vers Decazeville) et RD 988-920 (vers Espalion) participent activement à cette évolution qui devrait s’accentuer au fur et à mesure de l’amélioration du réseau routier et du déploiement du très haut débit.

Avec 50 485 h, la croissance de l’unité urbaine de Rodez reste soutenue (+0,6%), comparable celle de Toulouse (+0,5%).

La plupart des communes de l’agglomération de Rodez connaissent une croissance sensible de leur population à l’exception notable de Rodez. Cette évolution devrait toutefois s’inverser à partir de 2018 avec la construction ces dernières années de très nombreux logements dans le quartier de Bourran et en centre-ville. L’expansion démographique de l’agglomération de Rodez devrait se poursuivre sur le même rythme au cours de la prochaine décennie.

Le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez

Si l’aire urbaine de Rodez est évaluée par l’INSEE à plus de 86 000 habitants, celle de l’agglomération actuelle de Rodez (8 communes) comptait environ 60 000 habitants en 2018. La croissance constante de sa population de l’ordre de 0,5% par an fait d’elle le principal pôle d’attractivité et de dynamisme du département.

La population municipale des principales villes de l’agglomération de Rodez (Rodez, Onet-le-Château, Luc-La Primaube, Olemps, Sébazac-Concourés, Druelle-Balsac, Sainte Radegonde et Le Monastère-sous-Rodez) au 31/12/2014 :

  • Rodez : 24 088 h (-0,2%) ; population totale de 27 747 h
  • Onet-le-Château : 11 944 h (+1.7%) ; population totale de 12 525 h
  • Luc-La Primaube :   5 918 h (+0,8%) ; population totale de 6 127 h
  • Olemps :  3 381 h (+0,3%) ; population totale de 3 474 h
  • Sébazac-Concourés :   3 235 h (+0,2%) ; population totale de 3 336 h
  • Druelle-Balsac :   3 081 h (+0,1%) ; population totale de 3 168 h

Les principales unités urbaines de l’Aveyron au sens de l’INSEE (population municipale au 01/01/2014) :

Rodez reste et de loin, la principale aire urbaine et agglomération du département et porte à elle seule l’essentiel de la croissance de la population. Millau, constitue la deuxième unité urbaine du département avec 23 652 h et se maintient avec une légère augmentation de sa population, toujours grâce aux communes périphériques.

Les autres unités urbaines ont tendance à voir leur population baisser (Decazeville, Villefranche-de-Rouergue) ou se stabiliser (Saint Affrique).

L’évolution des unités urbaines de

  • Rodez : 50 485 h (+0,5%)
  • Millau : 23 652 h (+0,1%)
  • Decazeville : 14 854 h (-1,3%)
  • Villefranche : 12 560 h (-0,5%)
  • Saint Affrique : 9 430 h (+0,1%)

Au vu de ces chiffres que confirment les dernières estimations de l’INSEE pour 2018, il apparaît clairement que l’agglomération de Rodez, par son attractivité, son dynamisme industriel et commercial et ses importants services, constitue plus que jamais pour le département de l’Aveyron une véritable métropole qu’équilibre.

 

Plus d’infos :

Légende :

  • Aire urbaine: Ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.
  • Unité urbaine: Elle repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. On appelle unité urbaine une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.
  • Communauté d’agglomération : Il s’agit d’un EPCI regroupant plusieurs communes formant, à la date de sa création, un ensemble de plus de 50 000 habitants d’un seul tenant et sans enclave autour d’une ou plusieurs communes centre de plus de 15 000 habitants. Ces communes s’associent au sein d’un espace de solidarité, en vue d’élaborer et conduire ensemble un projet commun de développement urbain et d’aménagement de leur territoire. Rodez agglomération est la seule communauté d’agglomération du département de l’Aveyron.

Rodez : Un budget primitif 2019 qui s’inscrit dans la continuité

17 décembre 2018

A un peu moins d’un an des prochaines élections municipales, dans la lignée des dernières années, la majorité municipale de Rodez a adopté son budget primitif 2019.

Le budget principal :

Le budget primitif principal 2019 s’établit à 41 323 000 € en baisse de 2.52% par rapport au précédent, dont 29 888 000 € pour la section de fonctionnement et 11 435 000 € pour la section investissement.

Les dépenses de fonctionnement à 29 888 000 € devraient baisser de l’ordre de 3% par rapport à 2018 ; y compris les charges de personnel prévues en baisse de 4.16%.

Les dépenses d’investissements à 11 435 000 € se maintiennent à un niveau élevé et devraient permettre à la municipalité d’engager d’importants chantiers souvent différés ces dernières années. Parmi ceux prévus en 2019, on peut citer : la remise à niveau du stade Paul Lignon, la rénovation de la place et du parking Foch, l’aménagement de la place de la Cité, la fin de l’aménagement de l’avenue Victor Hugo, l’aménagement de l’avenue Tarayre et du carrefour St Cyrice, la poursuite de la réfection de la voirie et de nombreux autres travaux…

Le financement de ces lourds investissements devrait se faire au moyen de ressources propres, sans recourir à l’emprunt.

La capacité d’autofinancement nette (après remboursement de la dette et assimilé) s’élève à 5 203 000 €, un niveau qui reste très satisfaisant pour la ville de Rodez.

Les budgets annexes

Les principaux budgets annexes primitifs s’élèvent à 7 265 000 € et concernent :

• Service de l’eau : 3 012 000 € dont 2 417 000 € en exploitation et 595 000 € en investissement
• Cuisine centrale : 855 000 € dont 825 000 € en fonctionnement et 30 000 € en investissements
• Parcs de stationnement : 3 331 000 € dont 1 601 000 € en exploitation et 1 730 000 € en investissements.

L’évolution de la dette 

L’encours de la dette du budget principal s’affiche toujours à la baisse à 11 300 000 € au 01/01/2019 ; une baisse qui devrait se poursuivre pour s’établir aux alentours de 10 millions d’euros à fin 2019, dans la mesure où aucun emprunt ne sera souscrit en cours d’année. La dette consolidée, incluant les budgets annexes, devrait elle aussi atteindre son plus bas niveau à 12 772 000 € à fin 2019.

La fiscalité locale 

Enfin, après une baisse de 5% de la taxe foncière sur les propriétés bâties en 2018, les taux d’imposition de la fiscalité locale resteront inchangés en 2019 ; soit 16.38% pour la taxe d’habitation et 27.49% pour la taxe foncière sur les propriétés bâties. Des taux parmi les plus bas de la région Occitanie.

Au final, un budget rigoureux qui fait la part belle aux investissements et préserve l’avenir. Qui s’en plaindra ?

 

Petits commentaires de RodezNews sur le budget primitif 2019 de Rodez

La poursuite de l’effort de maitrise des dépenses de fonctionnement par la municipalité, avec une baisse de l’ordre de 3% en 2019, doit être notée en ces temps où nombre de municipalités laissent filer les dépenses. Compte-tenu des nombreuses incertitudes qui planent sur les finances de l’Etat et des collectivités, qu’il s’agisse de la compensation liée à la suppression de la taxe d’habitation ou de la réforme de la fiscalité locale prévue en 2019, la prudence doit être de mise pour les collectivités locales sous peine d’un réveil douloureux dans quelques années. C’est ici que se mesure une bonne gestion permettant de faire face aux incertitudes à venir.

Le principal reproche qui peut être fait à la municipalité (sujet sur lequel les opposants n’ont pas manqué de s’exprimer) est le retard relativement important pris dans la réalisation d’un certain nombre de grands chantiers structurants pour la ville (place de la cité, place et parking Foch, rue Béteille, avenue Tarayre…). Pour sa défense, la municipalité a mis en avant de nombreuses contraintes et contre-temps qui ont différé la plupart de ces chantiers. Par-delà les réelles difficultés inerrantes à de tels chantiers situés en centre-ville, il y a aussi probablement une forme d’inertie et de lenteur à faire avancer les projets que rencontrent nombre de municipalités. De tels retards se retrouvent d’ailleurs dans de nombreuses municipalités qui ont tendance à réaliser leurs gros investissements en fin de mandat. Au final, il est probable que l’agenda électoral (élections municipales en mars 2020) n’y est pas totalement étranger et la municipalité de Rodez ne fait pas exception.

Mais l’essentiel est que ces projets essentiels pour la ville soient réalisés dans les meilleures conditions et dans des délais raisonnables, que ce soit en 2019 ou 2020. A moins de 15 mois des élections municipales, il y a tout lieu de penser que le nouvel agenda sera respecté.

En raison du non recours à l’emprunt et des remboursements anticipés d’emprunts, l’encours de la dette de Rodez au cours des dernières années devrait s’afficher aux alentours de 12 772 000 € à fin 2019 (dette consolidée comprenant les budgets annexes). Ce qui en fait l’une des plus basses des villes comparables au plan national ; ce dont le maire de Rodez ne manque pas de se targuer non sans raisons. Une réalité bien difficile à contester qui permet à la ville de disposer de réelles marges de manoeuvre pour des investissements futurs. Et Dieu sait qu’il y a encore à faire à Rodez !

Le niveau de la dette serait-il devenu une obsession du maire de Rodez comme l’affirment certains opposants ? Peut-être, mais après tout, n’est-ce pas là la marque d’une saine gestion dès lors que les investissements, malgré les retards, sont restés à un niveau élevé ces dernières années ? Il faut bien reconnaître que cette situation financière saine demeure fort enviable en ces temps de difficultés budgétaires. Ceci permet à Rodez de regarder l’avenir avec confiance, surtout si l’on se rappelle que la dette consolidée à l’issue du dernier mandat en 2013 avait explosé à 32 000 000 €. Que de chemin parcouru en 5 années ! Pourquoi s’en plaindre ?

Corrélativement, l’effort de maîtrise des dépenses de fonctionnement et de réduction de la dette permet à la ville de doper son épargne nette qui se maintient à un niveau relativement élevé ; permettant d’autofinancer l’essentiels des investissements courants.

Enfin, contrairement à une idée faussement répandue, la fiscalité locale à Rodez reste modérée au regard des villes comparables de la région. Ainsi, le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties est aujourd’hui le plus bas des villes de la strate d’Occitanie (villes de 20 000 h à 50 000 h). Il varie de 27.49% pour Rodez, 29.38% pour Albi, 30% pour Montauban, mais 38.25% pour Cahors, 41.07% pour Carcassonne et 44.07% pour Auch. Difficile de faire mieux !

La taxe d’habitation, qui devrait être totalement supprimée dés 2021, n’a pas été augmentée depuis des décennies et se situe actuellement à 16.38%, après une baisse des taux obtenue par la suppression de l’abattement général à la base. Son taux actuel se situe dans la moyenne basse de la région (15.64% à Albi, 15.94% à Carcassonne, 16.55% à Cahors, 17.39% à Auch, 17.83% à Castres et 21.78% à Tarbes).

Alors budget électoraliste ? Une chose est sûre, il s’inscrit dans la continuité. Force est de reconnaître que la situation financière de la ville de Rodez est aujourd’hui saine et enviable. Si critiques il y a (il y a probablement à dire sur certains sujets), elles pourront difficilement porter sur la gestion financière de la ville !


France : Quand certains médias tentent de faire le buzz sur le dos de la taxe foncière

25 septembre 2018

En ce début d’automne, comme tous les ans, les propriétaires sont en train de recevoir leur avis de taxe foncière sur les propriétés bâties. Nos concitoyens étant très sensibles, s’agissant des impôts en général et des impôts locaux en particulier, certains médias, probablement à la recherche de sensations en vue de captiver leurs lecteurs, n’hésitent pas à titrer sur les augmentations actuelles et à venir.

Il est vrai que la taxe d’habitation afférente à la résidence principale devant être supprimée progressivement, à raison d’un tiers au cours des années 2018, 2019 et 2020 pour les revenus les plus modestes, puis définitivement pour tous les foyers dès 2021, cet impôt va devenir moins sensible pour les français.

Pour autant, en raison du coût exorbitants de cette mesure pour les finances de l’Etat qui s’est engagé à compenser intégralement les recettes correspondantes des collectivités locales (environ 24 milliards d’euros par an à partir de 2021), on est en droit de s’interroger sur le financement de cette mesure. Vu les difficultés à réduire drastiquement les dépenses publiques et la dette, qui restent une priorité pour la France, il n’est pas acquis que l’Etat soit en mesure de tenir ses promesses et de compenser l’intégralité des pertes de recettes pour toutes les collectivités.

Ce pourrait être l’occasion pour l’Etat de réformer enfin la fiscalité locale des particuliers (dont les valeurs locatives datent de 1970), voire de s’attaquer une bonne fois pour toutes à la réduction du nombre de strates administratives qui nuisent au développement du pays depuis des lustres. Au final, la suppression de la taxe d’habitation pourrait être salutaire en rendant du pouvoir d’achat aux français et en accélérant des réformes structurelles (accentuation des fusions de communes, extension du périmètre des intercommunalités, suppression des départements…). En toute hypothèse, soyons lucides, il y aura des gagnants mais aussi des perdants et les collectivités les plus fragiles sur le plan financier avec des dépenses de fonctionnement démesurées et une dette élevée, risquent fort de se trouver prises à la gorge.

Dans ce contexte d’incertitude sur les futures recettes fiscales des collectivités locales, ces dernières dont la principale ressource stable sera la taxe foncière sur les propriétés bâties pourront être tentées d’en augmenter les taux. Mais ce n’est pour l’instant qu’une supputation et rien ne permet d’affirmer que ce sera le cas pour la majorité des communes et des départements.

Une évolution des taux de taxe foncière contrastée selon les communes et les départements

Rappelons d’abord que la taxe foncière sur les propriétés bâties est perçue à la fois par la commune et par le département. A ce titre, les deux collectivités fixent librement les taux d’imposition. A cela s’ajoute également la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) qui a tendance à s’envoler ces dernières années.

Pour ces raisons, pour les non spécialistes des impôts locaux particulièrement complexes en France, il est difficile d’analyser et de comparer l’évolution de la fiscalité locale car une augmentation globale de la cotisation de taxe foncière peut avoir de multiples origines (la commune, le département, la collectivité qui prélève la TEOM…) mais aussi la simple revalorisation/actualisation annuelle des valeurs locatives, qui à elle-seule, génère automatiquement une augmentation annuelle de l’ordre de 0.80%.

Dans ces conditions, l’exercice qui consiste à comparer l’évolution de la fiscalité locale via le seul montant de la cotisation n’a pas grand intérêt car elle conduit généralement à laisser penser aux contribuables que l’augmentation est d’abord imputable à la seule commune, alors que dans la plupart des cas, cette dernière n’a pas augmenté ses taux depuis de longues années et même des décennies. Ce qui pénalise les communes bonnes gestionnaires aux yeux des électeurs non avertis des subtilités de la fiscalité locale.

Selon les récentes études publiées, au niveau national, la taxe foncière sur les propriétés bâties aurait augmenté de 4.73% entre 2015 et 2016 et seulement 0.98% entre 2016 et 2017. Si l’on tient compte de la revalorisation annuelle automatique des valeurs locatives, l’augmentation réelle reste limitée. Qu’en sera-t-il à partir de 2019 ? Certains semblent redouter une possible flambée des taux de taxe foncière, mais rien ne permet de l’affirmer à ce jour.

Le principal quotidien régional d’Occitanie pour le département de l’Aveyron, titrait voici quelques jours : « Taxe foncière : Decazeville est la commune la plus chère de l’Aveyron », un titre qui sous-entend implicitement une augmentation des taxes locales par la commune. Selon ce journal, la comparaison au niveau départemental la fait apparaître comme la plus chère, devant Millau, Rodez et Aubin. En une décennie, 2005 et 2015 alors que les 2/3 des foyers sont non-imposables, la part communale de la taxe foncière sur les propriétés bâties est de 28.69% à Decazeville, soit plus du double que la moyenne départementale. L’augmentation aurait ainsi été de 60% sur 12 ans contre une hausse de médiane de 20% en France pour les villes de la même strate.

Des affirmations pour le moins contestables. A Decazeville, l’actuelle municipalité n’a en effet aucune responsabilité dans les taux élevés de la commune qui avaient été augmentés par la précédente municipalité. D’ailleurs, il n’y a pas eu d’augmentation depuis l’élection de la nouvelle équipe municipale en 2014 qui avait jugé ce taux trop élevé et décidé de geler le taux de la taxe foncière à 28.69%. La municipalité prévoit d’ailleurs le maintien de ce taux au moins jusqu’en 2020, et ce malgré des dépenses de fonctionnement et une dette élevées, héritage de la municipalité de gauche en place depuis de longues décennies. Des faits que le journal passe sous silence, lui qui s’est d’ailleurs bien gardé de critiquer la gestion désastreuse des précédentes municipalités, de gauche il est vrai. D’ailleurs, la commune d’Aubin, autre ville de gauche depuis fort longtemps, n’est pas mieux lotie avec un taux de taxe foncière de 26.35%.

On ne peut comparer que ce qui est comparable en matière de taxe foncière, notamment pour Rodez

S’agissant de Millau et Rodez, villes de plus de 20 000 habitants, la situation est très différente et ne peut en aucune manière être comparée aux autres communes du département, pour la plupart très rurales, avec une faible population et très peu de charges fixes de centralité : ce qui explique des taux d’imposition généralement faibles entre 8% et 15%.

Le taux moyen de la strate pour Millau et Rodez se situe à 23.19%. Le taux en vigueur à Millau en 2016 était de 32.40%, suite à l’augmentation intervenue en 2014. Ce qui constitue effectivement un taux élevé pour ce type de ville.

Même à l’intérieur de l’agglomération de Rodez, on ne peut comparer le taux de Rodez avec celui des autres communes de l’agglomération car Rodez, ville-centre qui rayonne sur une vaste zone de plus de 100 000 habitants, doit supporter à elle seule des dépenses de fonctionnement et d’investissement très importantes, sans commune mesure avec les autres. Ce qui impose des impôts locaux plus élevés.

A Rodez, le taux du foncier non bâti était de 28.94% en 2016 et ce depuis plus de 12 ans. Il est tombé à 27.49% en 2018 suite à la décision de la municipalité de le baisser de 5%. Une décision que peu de communes ont osé prendre. Ce taux de 27.49% se situe au niveau le plus bas au regard de ceux en vigueur dans les principales villes comparables de la région. Il est donc faux d’affirmer que le taux de la taxe foncière à Rodez est élevé.

A titre de comparaison, ce même taux communal de la taxe foncière non bâtie était en 2016 de 28.05% au Puy-en-Velay, 28.80% à Albi, 29.72% à Tarbes, 30% à Montauban, 34.50% à Castres, 35.22% à Brive, 38.25% à Cahors, 41.65% à Carcassonne, 44.07% à Auch et 44.54% à Périgueux. ET ces taux ne devraient hélas pas baisser dans les années à venir. Les ruthénois ne sont donc pas fondés à se plaindre du taux élevé des impôts locaux, bien au contraire.

Ces dernières années, plus que le taux de la commune lui-même, c’est le plus souvent le taux de la part départementale de la taxe foncière, perçue au profit des Conseils départementaux qui a entraîné une envolée de la cotisation de taxe foncière. En Aveyron, même si le taux départemental de la taxe foncière est passé en 2014 de 19.41% à 20.69%, celui-ci reste à un niveau acceptable. Mais pour combien de temps encore ?

A moins que l’Etat, dans le cadre de la réforme à venir de la fiscalité locale ne supprime purement et simplement la part départementale de la taxe foncière, de nombreux départements vont être tentés d’augmenter le taux pour faire face à l’augmentation de leurs dépenses, pas toujours bien maîtrisées hélas.

Difficile dans ces conditions de prévoir ce que sera l’évolution future des taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties, mais il est peu probable que l’on assiste à une baisse au cours de la prochaine décennie. La suppression de la taxe d’habitation pour les résidences principales dès 2021 risque en effet de rompre le fragile équilibre habituel, surtout si l’Etat ne compense pas l’intégralité de la perte de ressources pour les communes.


Aveyron : Etat des réseaux hauts débits en 2018

17 juillet 2018

Au 30 juin 2018, le déploiement du haut débit mobile (4G) dans le département de l’Aveyron est bien avancé. La couverture 4G par les 4 opérateurs mobiles s’est fortement accélérée ces derniers mois et irrigue plus de 90% de la population du département.

Un réseau mobile 4G est en nette amélioration sur l’ensemble du département

Globalement, la couverture des 4 opérateurs reste toutefois assez comparable avec cependant un avantage pour Orange devant SFR, Bouygues-Télécom et Free mobile. Ce dernier poursuit le déploiement de son propre réseau et s’approche peu à peu de ses concurrents en termes de couverture sachant que son accord avec Orange, lui permet toutefois de proposer une couverture équivalente au meilleur des réseaux sur le département. La différence entre opérateur se fait sur quelques zones rurales, où selon l’implantation de l’émetteur, la couverture peut être varier fortement.

Pour autant, subsistent encore des zones rurales excentrées et très peu peuplées, qui ne sont desservies que par la 3G/3G+, voire par la 2G/Edge. Elles devraient progressivement basculer en 4G. A cela s’ajoute, quelques zones blanches qui devraient être couvertes d’ici deux ans, conformément aux engagements du président de la République.

En nombre d’antennes mobiles, toutes catégories confondues, la situation de chacun des 4 opérateurs au 30/06/2018 en Aveyron est la suivante :

Opérateur Antennes

2G/Edge

Antennes

3G/3G+

Antennes

4G

Total antennes
Orange

154

181+2 94+2

429+4

SFR

   126+3

179+5 103+3

         405+11

Bouygues-Télécom

   157+12

165+28 100+7

         422+47

Free Mobile

   0

124+31    48+31

         172+62

Total Aveyron

   434+15

649+66 345+43

    1428+124

Sources : Données AFNR (Agence nationale des fréquences radioélectriques)

Pour une information détaillée du réseau mobile de chaque opérateur, une carte détaillée mise à jour par l’ARCEP est disponible sur : http://www.monreseaumobile.fr/

Vers la fin des zones blanches mobiles

Une liste des 485 premiers sites à équiper en priorité en 2018/2019 devrait prochainement faire l’objet d’un décret gouvernemental. Il s’agit de zones non couvertes ou partiellement couvertes qui seront équipées par les opérateurs, dont une partie mutualisée.

En Aveyron, cette première liste concerne les communes suivantes : Almont-les-Junies, Laguiole, Curières, Condom d’Aubrac, Saint Chély d’Aubrac, Prades d’Aubrac, Saintes Eulalie d’Olt, Verrières, Rivières-sur-Tarn, Mostuéjouls, Peyreleau, Millau, La Roque-Sainte-Marguerite, Saint André-de-Vézines, Nant, Sainte Eulalie-de-Cernon, Lapanouse-de-Cernon, Saint Geniez d’Olt-et-d’Aubrac, Trémouilles, Saint Hippolyte, Campouriez et Entraygues-sur-Truyère. Une autre vague devrait suivre.

A noter que ces sites devraient être équipés directement de la 4G.

Avancement du réseau à très haut débit en fibre optique

Pour les agglomérations de Rodez et Millau, Orange a entrepris de déployer la fibre optique en FFTH depuis 2016. Actuellement (à mi-2018) près d’un tiers de l’agglomération de Rodez (Rodez nord : Saint Félix, Bourran, la gare, les 4 saisons, Saint Cyrice, Le Faubourg, Cardaillac… et Onet-le-Château, sauf Sébazac-Concourés) est équipée avec près de 7 000 prises installées.

Millau est également en cours de déploiement dans sa partie nord et ouest (Malhourtet, Puits de Calés, CH de Millau, Les Aumières/Soulobres, les ZA Europe, des Ondes et Plaines-Costes ainsi qu’une partie du centre-ville côté Tarn ainsi que le quartier situé entre le Tarn et la Jonte : Millau-plage, Larribal, Saint Lambert). L’intégralité du déploiement dans deux principales agglomérations du département devrait normalement être achevé fin 2020.

De son côté, le Conseil départemental de l’Aveyron s’est engagé dans un vaste programme d’investissement pour doter l’intégralité du département d’un réseau en fibre optique FFTH (jusque chez l’habitant, en principe !!!). D’un coût estimé à près de 300 millions d’euros pour 155 000 prises, il devrait être réalisé d’ici 5 ans. L’appel d’offre lancé en 2017 par le SIEDA (Syndicat Intercommunal d’Energies du Département de l’Aveyron) dans le cadre d’une DSP (délégation de service public), a été remporté par Orange pour une durée de 25 ans. Le déploiement devrait débuter en fin d’année 2018.

Au final, la couverture globale en très hauts débits de l’Aveyron devrait être effective à l’horizon 2023 si le calendrier est respecté. Peu à peu, les chosent finissent par avancer ! Patience…

Plus d’informations sur les réseaux de téléphonie mobile et la fibre :


Le parc naturel régional de l’Aubrac enfin une réalité

4 juin 2018

Cette année, comme d’habitude autour du 25 mai, c’est déroulée la célèbre transhumance des troupeaux vers la montagne d’Aubrac ; le rendez-vous annuel de nombreux passionnés du massif de l’Aubrac venus des quatre coins de la région pour fêter cet évènement qui marque l’arrivée des beaux jours.

Par-delà la traditionnelle transhumance, le millésime 2018 marquera probablement pour longtemps le plateau de l’Aubrac car ce moment était attendu depuis de trop longues année. Le projet de Parc naturel régional (PNR) de l’Aubrac a enfin officiellement vu le jour le 23 mai 2018, date de publication par le Ministère de la transition écologique du décret (Journal officiel de la République française le 24 mai 2018), portant classement du nouveau Parc naturel régional de l’Aubrac.

Une grande victoire pour André Valadier, le porteur de ce projet, soutenu par les trois départements de l’Aubrac et deux régions. L’inauguration officielle du 53ème PNR de France a eu lieu le 26 mai en présence de nombreux élus des départements et régions concernées, au buron (mazuc) de Born au cœur de l’Aubrac lozérien.

Il s’agit du 7ème PNR de la région Occitanie et le 2ème sur les départements de l’Aveyron et de la Lozère avec le PNR des Grands Causses. D’une superficie de 2 207 km2, le nouveau PNR de l’Aubrac compte 36 326 habitants, soit environ 15 habitants au km2.

Le long combat d’André Valadier en faveur du PNR de l’Aubrac

Sans le combat acharné livré par le défenseur de l’Aubrac, André Valadier, le PNR n’aurait pu voir le jour. Plus de 12 ans ont été nécessaires avec la création du syndicat-mixte de préfiguration du Parc naturel régional l’Aubrac présidé par ce dernier, pour aboutir à sa création officielle. Les choses étaient d’autant plus compliquées que ce PNR s’étend sur 3 départements (Aveyron, Lozère et Cantal) et deux régions (Occitanie et Auvergne Rhônes-Alpes).

L’essentiel du mérite revient au seul André Valadier, le fondateur de la célèbre coopérative Jeune Montagne de Laguiole dans les années 1960, qui a su défendre et porter ce projet en fédérant 64 communes situées sur 3 départements, ainsi que les Conseil départementaux et régionaux concernés.

Cette ténacité et cette passion pour son pays d’Aubrac ont permis à André Valadier de mener ce vaste et noble projet à son terme, et ce, dans les meilleures conditions.

Le nouveau président du PNR de l’Aubrac, avec la modestie qui le caractérise, s’est contenté de déclarer : « C’était un chemin ardu mais je préfère les projets qui demandent des efforts. On ne se construit pas solidement avec une seule pierre. Nous sommes qualifiés, il faut maintenant qu’on joue la partie ». On reconnaît là le caractère bien trempé des gens de l’Aubrac qui rajoute : « Nous démontrons ainsi que l’économie et l’environnement peuvent cohabiter ». Il sait de quoi il parle lui qui a été éleveur de vaches d’Aubrac et chef d’entreprise à Jeune Montagne.

Une bien belle victoire pour André Valadier et tout l’Aubrac qu’il porte en lui. Sans cet homme d’exception, l’Aubrac ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Une nouvelle page passionnante s’ouvre pour l’Aubrac.

Laguiole se trouve ainsi confortée en tant que capitale de l’Aubrac avec son économie dynamique qui accompagne le tourisme : la fromagerie, la coutellerie et la gastronomie.

Plus d’information :

Projet PNR de l’Aubrac
La Maison de l’Aubrac


France : Les arguments erronés et populistes de certains élus face à la décision du gouvernement de limiter la vitesse à 80 km/h

30 avril 2018

Le président de la République et le gouvernement français ont confirmé la décision de réduire la vitesse à 80 km/h sur l’ensemble des routes secondaires à double sens de circulation, sans séparateur de voie. La mesure prendra effet le 01 juillet prochain et pour une durée de deux ans, au terme duquel le gouvernement prendra une décision définitive sur la poursuite ou non de l’expérimentation selon les résultats obtenus.

Contrairement à ce que certains voudraient faire croire, cette position n’est pas le résultat d’une simple mesure technocratique et encore moins d’une volonté de pénaliser les zones rurales mais le fruit d’une décision mûrement réfléchie pour faire face au niveau élevé des victimes d’accidents de la route en France qui se dégrade de plus en plus depuis 5 ans.

Les chiffres officiels de l’insécurité routière en France sont dramatiques

Pour l’année 2017, selon les chiffres provisoires de l’Observatoire national interministériel de sécurité routière (ONISR), 3 693 personnes sont mortes en France dans le délai de 30 jours d’un accident de la route.

Au total, pas moins de 58 894 accidents corporels ont conduit à l’hospitalisation de 74 066 personnes blessées des suites d’accidents, dont 27 674 ont été hospitalisées plus de 24 h. Sur ce nombre, beaucoup resteront à jamais handicapés à vie et certains ne survivront pas à leurs blessures au-delà des 30 jours. Des familles entières sont ainsi annuellement anéanties suite à ces accidents de la route et les profonds traumatismes que cela implique.

Depuis 2018, en 10 ans, la France a connu 645 500 accidents corporels de la route qui ont causé la mort de 39 100 personnes dans les 30 jours et près de 815 000 blessés.

En Aveyron, pour l’année 2016 (derniers chiffres publiés), 194 accidents de la route ont été enregistrés provoquant la mort de 25 personnes et des blessures plus ou moins graves à 261 personnes. Tous les ans, près de 300 familles du département qui voient leurs vies bouleversées à jamais par la mort et/ou le handicap de leurs proches, dont des parents et des enfants.

Le bilan des accidents de la route reste très lourd et concerne généralement des personnes qui n’ont aucune responsabilité dans l’accident dont elles ont été victimes. Contrairement à ce que pensent certains, les accidents de la route ne doivent rien à la fatalité et sont habituellement dus à la faute d’un conducteur. Selon l’ONISR, l’analyse des accidents mortels en 2017 montre que la vitesse excessive ou inadaptée reste la principale cause, suivie de l’alcool.

Comme chacun le sait, en dépit des progrès réalisés en ce domaine depuis 2003, année de la généralisation des radars fixes en France à l’initiative du président Chirac, les accidents de la route restent aujourd’hui encore à un niveau parmi les plus élevés en Europe et les vitesses de moins en moins respectées au fil des ans. Ce qui est indigne d’un pays dit civilisé ! Il s’agit d’un véritable problème de santé publique qui incombe par nature à l’Etat qui doit assurer la sécurité des français.

La volonté affirmée du gouvernement de s’attaquer à la délinquance routière et protéger les victimes d’accidents de la route

Même si cela déplaît à certains automobilistes et élus de la République, la vitesse excessive ou inadaptée est à l’origine de prés de la moitié des accidents de la route, notamment sur les voies nationales et plus particulièrement sur les routes départementales. C’est la raison pour laquelle le gouvernement c’est engagé sur cette piste qui a démontré son efficacité et France et dans plusieurs pays européens.

D’ailleurs, point n’est besoin d’être un ingénieur de haut niveau pour comprendre que réduire la vitesse de 90% km/h à 80 km/h ne peut que contribuer à réduire le nombre de victimes en cas d’accident. En effet, à 90 km/h, il faut une distance minimum de 70 m pour s’arrêter contre seulement 57 m à 80 km/h, soit 13 m de moins. Comment peut-on oser affirmer que baisser la vitesse n’aura aucun effet sur le nombre de victimes ? Encore faudrait-il que la vitesse soit scrupuleusement respectée ; ce qui est loin d’être le cas en France ces dernières années. D’où la nécessite pour l’Etat d’accentuer les contrôles de vitesse sur le réseau routier.

L’ensemble des associations de lutte contre l’insécurité routière et de victimes d’accidentés de la route ne cessent de dénoncer le laxisme de l’Etat en ce domaine depuis 2012 et ont demandé au gouvernement que soient prises rapidement des mesures drastiques pour réduite sensiblement de nombre de morts et d’accidentés sur nos routes.

Rappelons d’ailleurs que le précédent gouvernement qui avait un objectif louable de ramener le nombre de morts de moins de 2 000 par an, un niveau comparable aux autres grands pays européens, a totalement échoué puisque nous sommes encore à 3 693 tués. Le temps est venu d’agir pour préserver des vies.

La position populiste et irresponsable de certains élus

En Aveyron, comme dans de nombreux départements classés plutôt à droite et donc en opposition à l’actuel gouvernement, nombre de parlementaires et élus départementaux se sont opposés à cette mesure et ont même été jusqu’à faire adopter des motions contre la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les route que le gouvernement va mettre en place au 1er juillet prochain.
Une attitude de la part d’élus de la République totalement incompréhensible.

Comment peut-on s’opposer à des mesures qui n’ont d’autre objectif que de permettre de sauver des vies et éviter de trop nombreux handicaps à nos concitoyens ? Il s’agit là de positions populistes et pour le moins irresponsables car on ne ferait pas mieux si l’on voulait encourager la délinquance routière. Par contre, quel mépris pour les nombreuses victimes d’accidents de la route et leur famille ! Que n’affirmerait-on pas pour tenter de discréditer une simple mesure de bon sens, peu contraignante, qui doit pourtant permettre d’épargner de nombreuses vies à nos concitoyens ?

Vouloir sauver des vies et assurer la sécurité de nos concitoyens n’est-il pas une noble mission que tous les élus devraient soutenir unanimement ?

L’argumentation des anti-limitation de vitesse est totalement erronée :

1. Absence de concertation avec l’Etat sur la limitation ; les élus locaux voudraient avoir toute latitude et moduler à leur guise la vitesse sur les routes,
2. La limitation de vitesse pénaliserait davantage les zones rurales que les villes avec une perte de temps importante sur les trajets,
3. L’expérimentation effectuée n’aurait pas démontré l’efficacité de la limitation de vitesse sur la baisse des accidents de la route.

Ces arguments ne résistent pas un instant à la réalité objective des faits.

1. La sécurité routière est un problème de santé publique qui relève de la seule autorité de l’Etat. Pour être efficace, la politique de sécurité routière, décrétée grande cause nationale par le Premier ministre, ne peut être mise en œuvre qu’au plan national. Les collectivités locales n’ont pas de compétences pour intervenir dans ce domaine. D’ailleurs, on le constate au quotidien, les quelques limitations de vitesses mises en place par les collectivités sont généralement contradictoires, peu efficaces et illisibles car avant tout dictées par le désir de plaire aux électeurs. Il faut en matière de limitation de vitesse, une grande stabilité et lisibilité pour les automobilistes, avec des vitesses identiques sur les plus larges portions, plutôt que des variations incessantes de limitation sur de courtes distances. La généralisation de la vitesse à 80 km/h doit donc être appliquée systématiquement sur le réseau routier concerné pour réduire efficacement le nombre d’accidents graves.
2. Plus de 55% des accidents ont lieu sur le réseau secondaire, à savoir les principales routes départementales du pays. Les accidents en ville et sur le réseau autoroutier restent par contre peu importants. En conséquence, en limitant la vitesse sur les routes secondaires à double sens, ne comportant pas de séparateur de voie, la réduction de la vitesse maximale ne peut avoir qu’un effet positif. La prétendue pénalisation des habitants des zones rurales est totalement infondée. D’une part, la durée supplémentaire de transport qui découle de cette mesure reste très limitée : au maximum, elle ne dépasse pas 1 mn pour 10 mn de trajet (soit environ 13 km) ; 2 mn pour 20 mn de trajet (soit environ 26 km) ; 3,10 mn pour 30 mn de trajet (soit environ 40 km). Ces majorations n’intègrent les limitations actuellement en vigueur sur ces mêmes trajets (Intensité de circulation, traversée de villes et villages, travaux…). En réalité, la perte de temps quotidiennement sur un trajet moyen de 40 km ne dépasse guère une ou deux minutes. L’impact réel d’une telle limitation, y compris pour les personnes travaillant à plus de 50 km de leur domicile reste donc négligeable sachant également que sur certaines routes départementales de l’Aveyron (Rodez-Saint Affrique par exemple), il est impossible de dépasser le 80 km/h sur près de la moitié du parcours en raison de la configuration de la route et des villages traversés. Enfin, et c’est probablement le plus important : que pèsent une ou deux minutes au regard de vies humaines préservées ? Cette limitation a par ailleurs deux autres avantages incontestables : une économie de carburant notable sur une année et une baisse tout aussi sensible du niveau d’émission de CO2. L’effet global de la limitation de vitesse reste donc largement positif.
3. Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité routière, une expérimentation de diminution de la vitesse limite autorisée de 90 km/h à 80 km/h sur quelques routes nationales bidirectionnelles a eu lieu entre 2015 et 2017. Cette expérimentation s’est déroulée sur la RN7 dans la Drôme (26), la RN57 dans la Haute-Saône (70) et la RN151 dans l’Yonne (89) et la Nièvre (58). Le Cerema (1) a été sollicité par la Délégation à la Sécurité Routière pour réaliser des observations des vitesses pratiquées par les usagers sur les tronçons de l’expérimentation avant et après l’abaissement de la vitesse limite autorisée. Ces observations ont été réalisées au moyen de plusieurs campagnes d’observation successives sur une période de deux années. L’analyse des résultats des mesures des vitesses observées montre que la baisse de la vitesse limite autorisée de 90 km/h à 80 km/h a engendré une baisse moyenne des vitesses pratiquées pour tous les véhicules de 4,7 km/h. Cette baisse, sur tous les tronçons, concerne tous les usagers. (1) Centre d’Etudes et d’Expertise sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement)

Au final, les arguments avancés par certains élus opposés à la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires bidirectionnelles, sans séparateur central, n’ont aucun fondement. Le président de la République a d’ailleurs pris soin de préciser qu’il s’agit d’une expérimentation nationale pour une durée de 2 ans et qu’une décision définitive serait prise au vu des résultats enregistrés. Dans ce contexte, l’opposition de certains élus en est même choquante à bien des égards car elle contribue à laisser croire aux automobilistes que la limitation de vitesse n’a aucun effet sur les accidents de la route et que les contrôles de vitesse n’ont d’autres buts que de taxer les automobilistes.

D’ailleurs, les réactions de certains automobilistes ne se sont pas fait attendre, du moins ceux qui se sentent peu concernés par cette limitation. Il s’agit là de positions populistes par excellence qui ne grandissent pas les élus concernés qui seraient mieux inspirés de mettre leur énergie à accentuer la qualité du réseau routier départemental qui a aussi sa part de responsabilité dans de nombreux accidents de la route.

Rappelons que rapporté au nombre d’habitant, le département de l’Aveyron reste au plan national parmi les plus accidentogènes (89 morts pour 1 million d’habitants contre 18 au plan national). Même si beaucoup a été fait en Aveyron pour améliorer le réseau routier, de nombreux points noirs subsistent encore et ce n’est pas en multipliant les coûteux ronds-points que l’on sécurisera durablement le vaste réseau routier départemental.

A ce propos, il y a un dossier qui préoccupe beaucoup les aveyronnais depuis plus de 30 ans et qui permettrait de réduire considérablement le nombre d’accident de la route s’il était mis en œuvre rapidement : la mise à 2 x 2 voies de la RN88 entre Rodez et Séverac-le-Château. Bien qu’il s’agisse d’un axe national, on aimerait que les élus locaux et notamment le département et la région s’investissent davantage sur ce dossier majeur pour l’avenir de ce département et salutaire en matière de sécurité routière pour accélérer sa mise en service face à l’augmentation constante du trafic poids-lourds.Plutôt que de sombrer dans le clientélisme pour s’attirer la faveur des électeurs, certains élus seraient mieux inspirés de concentrer leurs efforts sur la sécurisation du réseau routier départemental.

Gouverner c’est préparer l’avenir et avoir le courage de prendre des décisions qui ne sont pas nécessairement populaires mais qui vont dans le sens de l’intérêt général auquel tout élu, quel qu’il soit, devrait se conformer scrupuleusement même si cela doit nuire à sa réélection. Beaucoup trop d’élus ont tendance à l’oublier.

Plus d’information :

Sécurité routière
Comité interministériel de Sécurité routière du 09 janvier 2018
Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR)
Rapport du CEREMA sur l’expérimentation de la limitation de la vitesse à 80 km/h
Prévention routière
Ligue contre la violence routière