Agglomération de Rodez : Quel avenir pour l’usine Robert Bosch ?

17 mars 2018

L’usine Robert Bosch d’Onet-le-Château (agglomération de Rodez) appartient au groupe Robert Bosch GmbH créé en 1886, dont le siège mondial est situé à Stuttgart (Allemagne). En 2017, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 78 000 milliards d’euros et emploie 400 000 personnes réparties dans 440 filiales et sociétés, dont 125 sites dédiés à la recherche.

Le site Robert Bosch d’Onet-le-Château

La filiale Robert Bosch France représente un chiffre d’affaires de plus de 3 milliards d’euros pour 7 600 personnes, soit 23 sites dont 11 spécialisés dans la recherche. Le site d’Onet-le-Château est le plus important en France et constitue avec 1 600 salariés le premier employeur de l’Aveyron et l’un des principaux employeurs industriels de la région Occitanie. En outre, plusieurs milliers d’emplois induits sont liés à l’usine Bosch. Autant dire le poids économique considérable du site pour l’agglomération de Rodez et le département.

L’unité d’Onet-le-Château est née en 1970, de l’absorption de la CEPRO (Compagnie Electro-Plastique du Rouergue) créée en 1955. Elle appartient à la division « Power-train » qui comprend notamment la branche diesel. Le groupe Robert Bosch a réalisé ces 20 dernières années des investissements importants pour moderniser l’outil de production du site d’Onet-le-Château qui fabrique des éléments pour moteurs diesels (systèmes Common Rail) sur deux lignes de production. Ce système équipe aujourd’hui les moteurs diesels modernes, dont les principaux clients sont les constructeurs automobiles européens. Une technologie aujourd’hui éprouvée qui permet des consommations faibles, un couple beaucoup plus élevé jusqu’à l’arrivée de moteurs essence récents et, facteur non négligeable, des émissions de CO2 sensiblement moindre que les véhicules essence.

La ville de Rodez (la commune d’Onet-le-Château est la 2ème ville la plus importante de l’agglomération de Rodez) est jumelée avec Bamberg, ville historique du nord de la Bavière, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1965. Les agglomérations de Rodez et de Bamberg ont en commun de disposer chacune d’une importante usine Robert Bosch. Bamberg, ville de moyenne de 80 000 habitants, est considérée comme l’une des plus romantiques d’Allemagne ; ce qui lui vaut d’être considérée comme la ville de rêve des Allemands :  « Traumstadt der Deutschen ».

Vers la fin des moteurs diesel… et essence !

Après l’affaire Volkswagen en 2016, condamnée pour l’utilisation de logiciels frauduleux permettant de minimiser les émissions de gaz d’échappement des véhicules diesel, les choses se sont accélérées en même temps que de nouvelles normes anti-pollution entraient en application en Europe. Ainsi les pays de l’Union ont prévu de mettre fin d’ici 2040 aux moteurs thermiques, à commencer par les diesels dans les villes. S’il faut bien reconnaître que ces derniers produisent moins de CO2 que les véhicules essence, ils émettent par contre plus de Nox (oxyde d’azote) et de particules fines particulièrement nocives pour la santé. Dans ce contexte de diesel bashing, les usines du groupe Robert Bosch dédiées à la production de système diesel sont condamnées à court terme. D’où les interrogations sur l’avenir de l’usine aveyronnaise.

Même si par le passé le groupe Robert Bosch a su s’adapter au marché et traverser plusieurs crises, le défi à relever est ici colossal. C’est en effet une part importante de sa production de systèmes d’injection essence et diesel qui est appelée à disparaître purement et simplement, et ce en dépit des avancées technologiques. Signe des temps, la part des véhicules équipés de moteurs diesels en France est ainsi passée, en quelques années, de 73% en 2012 à 43% fin 2017 et cette évolution est du même ordre dans les grands pays européens.

La direction de l’usine castonétoise se veut pourtant rassurante en annonçant pour les prochains mois la modernisation de l’une des deux lignes de production d’injecteurs « Common rail » pour un montant de 14 millions d’euros. Cet investissement, qui permettra d’assurer une charge de travail minimale pour la période 2018-2021, est toutefois conditionné à la signature d’un accord salarial entraînant une baisse sensible du temps de travail, sous la forme de chômage partiel mais aussi du gel des salaires pour une durée de 18 mois.

Il y a donc urgence à trouver de nouvelles productions pour l’usine en vue d’assurer la transition. L’une des solutions pourrait être de transférer une ligne de production de systèmes d’injection essence dont on sait que les usines allemandes du groupe en charge de ces productions, seront en sous-capacité dès 2019-2020. Les syndicats du site Bosch d’Onet-le-Château, comme les élus locaux, militent en faveur d’un tel investissement qui assurerait l’avenir de l’usine à moyen terme.

Les rencontres des élus ruthénois et représentants syndicaux avec les responsables Robert Bosch et le ministre de l’Economie

Le 14 mars dernier, les représentants syndicaux de Bosch Onet ont été reçus à Paris par le grand patron de Robert Bosch GmbH. La réunion s’est toutefois soldée par une fin de recevoir concernant le transfert d’une ligne de production de systèmes d’injection essence. Pas plus que le diesel, Heiko Carrié ne croit plus à l’avenir de l’essence. Pour lui : « Si le diesel tombe, l’essence tombe aussi ! ». C’est dire si la religion du groupe est faite sur l’avenir de ces deux énergies thermiques. Du coup, le responsable de Robert France qui assistait à la rencontre s’est lui aussi refusé à cautionner la demande de reconversion de l’usine en ce sens. Il a toutefois accepté de transmettre la demande formulée par les représentants du personnel d’Onet-le-Château à Uwe Gackstatter, directeur de la division « Power-train » du groupe.

Consciente de l’inquiétude des élus et des salariés, la direction de l’usine d’Onet a lancé des discussions afin de clarifier le projet industriel du groupe et tenter de trouver de nouvelles activités pour la diversification du site. De leur côté, les salariés et de Rodez-Agglomération ont alerté les Pouvoirs-public au plus haut niveau pour qu’ils prennent à bras le corps cet important dossier pour l’agglomération de Rodez.

En effet, toutes proportions gardées, le site Robert Bosch représente pour l’agglomération de Rodez une importance comparable celle d’Airbus pour la métropole de Toulouse. L’enjeu est donc de taille pour l’avenir.

L’Etat semble avoir pris conscience de l’ampleur du dossier et met en œuvre tous ses moyens pour trouver une solution qui préserve durablement l’avenir du site. Les services de l’Elysée et le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Lemaire suivent le dossier de très prés. Une importante réunion de travail a également eu lieu le 14 mars dernier à Paris avec le ministre de l’Economie en présence notamment du président de Rodez-agglomération et du maire d’Onet-le-Château…

A leur sortie, même si le ministre n’a pu s’engager sur l’implantation d’une ligne d’injecteur essence, il a été convenu de faire pression sur les constructeurs automobiles français pour qu’ils exigent de Robert Bosch un quota de production de systèmes diesel et essence fabriqués en France. Ce qu’exigent à priori les constructeurs allemands dans leur pays.

Assurer la reconversion de l’usine vers les technologies du futur

Gageons que le groupe Robert Bosch saura s’adapter une fois encore et trouver une solution pour, à terme, reconvertir le site avec les technologies du futur car l’avenir de l’industrie du diesel et de l’essence est aujourd’hui compromise à brève échéance.

L’avenir du site d’Onet-le-Château pourrait reposer sur de nouveaux process industriels dont Robert Bosch se veut à la pointe. Les ingénieurs du groupe estiment en effet qu’à terme, une usine aux normes 4.0 pourrait permettre d’économiser 40% sur le coût de certaines pièces et faire baisser les pannes de 60%. La maintenance prédictive, une nouvelle gestion des approvisionnements et des stocks, mais également l’échange d’informations entre différents ateliers font partie des axes de développements futurs du groupe. Le potentiel de gains de productivité est immense pour rester compétitif dans une économie mondialisée. Les nouveaux process de cette industrie connectée et numérique pourraient ainsi permettre de pérenniser le site.

Robert Bosch ambitionne par ailleurs de devenir l’un des leaders mondiaux de l’Internet des objets. Le groupe est présent dans les trois domaines de l’interconnexion : les appareils intelligents et connectés, les plateformes logicielles et les applications et services qui offrent un avantage supplémentaire au client.

Ces nouvelles technologies industrielles pourraient être l’avenir de Robert Bosch et de l’agglomération de Rodez à long terme.

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Europe : le combat contre la pollution des véhicules diesel est engagé

5 mars 2018

En septembre 2015, le gigantesque scandale des moteurs diesels équipés de logiciels truqués a réveillé la fronde anti-pollution dans les villes. L’enquête a démontré qu’il s’agissait d’une fraude à grande échelle visant à obtenir des tests anti-pollution conformes à la réglementation alors qu’en réalité les valeurs étaient jusqu’à 40 fois supérieures aux normes prévues.

Depuis lors, les ventes d’automobiles équipées de moteurs diesels ne cessent de chuter, à l’instar du marché français où pour la première fois en 2017, la proportion de véhicules diesel, qui avait représenté jusqu’à 74% des ventes en 2012, est tombé à 45%. Et ce n’est probablement qu’un début au regard de ce qui se passe sur les autres marchés notamment en Europe du nord.

Progressivement, les véhicules équipés de moteurs hybrides (essence et électrique) prennent du poil de la bête en attendant que l’arrivée de véhicules performants dans quelques années, lorsque leur autonomie se sera supérieure à 5 heures avec des durées de chargement réduites.

Vers la fin des véhicules diesel 

Plus généralement, la fin des véhicules thermiques et notamment diesel est d’actualité dans la plupart des pays européens. Le 27 février dernier, en Allemagne, la Cour administrative fédérale de Leipzig a rejeté un pourvoi en cassation des Landërs de Rhénanie du nord-Westphalie et de Bade-Wurtemberg contre les décisions de leurs tribunaux administratifs régionaux qui avaient accordé aux villes dépassant les normes européennes de pollution de l’air, la possibilité d’interdire la circulation des véhicules diesel les plus anciens.

Pour les juges de cassation, les droits européen et fédéral imposent de réduire la durée de dépassement des normes d’oxyde d’azote en vigueur depuis 2010 via des mesures prévues par un plan de pureté de l’air. De facto, le tribunal fédéral accorde aux communes le droit d’interdire les véhicules concernés, tout en insistant sur le principe de proportionnalité.

Ce qui fait dire à la ville de Stuttgart que la haute juridiction allemande reconnaît que l’interdiction de véhicules diesel de norme inférieure à « Euro 6 » dans les zones vertes de la ville, constitue une mesure tout à fait appropriée. Rappelons que Stuttgart est par ailleurs le siège d’une partie de l’industrie automobile allemande avec notamment Mercedes-Benz et Robert Bosch.

Au final, si la Cour de Leipzig n’a pas prononcé d’interdiction générale, elle a ouvert la voie à une réglementation variable selon les municipalités. Ce qui a fait dire à un responsable de Volkswagen : « L’Allemagne risque d’avoir un patchwork de règlements qui va déstabiliser des millions d’automobilistes ». Mais à qui la faute sinon de certains constructeurs automobiles ?

Début 2018, les ventes de véhicules diesel en Allemagne ne représentent plus que 35% des ventes contre 45% début 2017.

Après l’Allemagne, la France s’engage timidement dans la lutte contre la pollution atmosphérique

De son côté, le gouvernement français a fixé une date butoir pour la fin de la commercialisation des véhicules à moteurs thermiques (essence et diesel) à 2040.

La ville de Paris va d’ailleurs plus loin en décidant d’interdire purement et simplement tous les véhicules diesel dès 2024 et en 2030 pour les véhicules essence. D’ores et déjà, au 1er semestre 2019, les véhicules équipés de vignettes Crit’Air 4 (véhicules antérieurs à 2005 aux normes Euro 3) seront interdits de circulation à Paris. En 2022, ce sera le tour des véhicules équipés des vignettes Crit’Air 3 (véhicules à essence de 1997 à 2005 aux normes Euro 2 & 3) ainsi que des véhicules diesel de 2006 à 2010(norme Euro 4) pour arriver à la fin du diesel à Paris en 2024. D’autres villes françaises s’apprêtent à prendre des mesures de restriction des véhicules diesel, comme la ville de Grenoble.

En France, plusieurs recours devant les tribunaux administratifs seraient en cours contre l’Etat pour « carence fautive ». Il lui est notamment reproché de ne pas faire respecter les directives de la Commission européenne sur les particules fines. Plusieurs décisions de justice devraient intervenir au plus tard en 2019 sur ce sujet. A cela s’ajouterai l’argument majeur selon lequel l’Etat français ne se conformerait pas au code de l’environnement qui reconnaît à chaque individu « le droit à respirer un air qui ne nuise pas à sa santé ».

Il y a fort à parier que rapidement les tribunaux français, s’inspirant des récentes décisions de la Cour de Leipzig, pourraient à leur tour légitimer des recours en justice des collectivités locales dès lors qu’elles estiment être dans l’impossibilité d’agir contre certaines pollutions du fait des carences de l’Etat.

Même si ce sont surtout les véhicules diesel anciens, de plus de 10 ans qui sont manifestement les plus nocifs pour la santé et même s’ils ne représentent qu’une partie de la pollution, il n’en reste pas moins que ces véhicules sont largement responsables de la mort de près de 45 000 personnes par an, selon une étude réalisée en 2016 par l’agence Santé publique. Ce qui est considérable et représenterait 9% des décès constatés annuellement. Ces chiffres sont d’ailleurs confirmés par l’OMS et l’agence européenne de l’environnement qui évaluait en 2017 à 500 000 le nombre de décès prématurés liés à la pollution atmosphérique dans l’Union européenne, soit environ 50 000 en France.

Le scandale des véhicules diesel équipés de logiciels anti-pollution truqués aura au moins eu le mérite d’ouvrir les yeux de nos gouvernements et plus largement de la population face à l’ampleur de la pollution atmosphérique. Quoi de plus injuste en effet que de mourir prématurément et dans l’indifférence générale de la société du fait de l’irresponsabilité des pollueurs de toutes sortes. Comme pour les accidents de la route, nous sommes tous responsables et tout doit être mis en œuvre pour préserver la vie d’autrui, quitte à envoyer nos vieux diesels à la casse.

Ces changements salutaires pour notre santé ne seront toutefois pas sans conséquences pour certains salariés ou entreprises. D’ores et déjà, se pose la question du devenir de la principale usine de Robert Bosch en France, située à Rodez et qui emploie plus de 1 500 personnes dans la production de systèmes d’injection diesel de type Common rail qui équipe les diesels d’aujourd’hui.

Prochainement : Face à la fin prochaine du diesel, quel avenir pour l’usine Robert Bosch de Rodez ?


Aveyron : Le Conseil départemental adopte un budget 2018 qui préserve l’avenir

27 février 2018

Le 23 février 2018, les conseillers départementaux aveyronnais étaient invités à se prononcer sur le budget 2018 du département.

Un peu plus d’an après son élection à la présidence du Conseil départemental, Jean-François Galliard en a profité pour présenter son programme de mandature : « Agir pour nos territoires ». Une manière pour lui de marquer de son empreinte la prise en main du département et d’affirmer son ambition en faveur d’un territoire moderne et attractif.

Ce budget s’articule autour de quelques grands volets, et notamment l’incontournable solidarité et dépendance. Comme la plupart des départements, l’aide sociale représente à elle seule une part très importante du budget de fonctionnement avec 151 millions d’euros, soit près de la moitié des dépenses de fonctionnement. Pour autant, l’endettement est en baisse sensible et les investissements se maintiennent à 52 millions d’euros.

Le budget 2018 de l’Aveyron en bref

Le projet de budget 2018 s’établit à 358 millions d’euros, en léger retrait par rapport à celui de 2017 qui était de 365 millions d’euros. Les dépenses de fonctionnement, impactées par le poids du social, s’élèvent à 290 millions d’euros pour 52 millions d’investissements. Pour autant, ces derniers se maintiennent au niveau de 2017, permettant ainsi la poursuite du développement des infrastructures départementales (routes, aéroport, haut débit, construction et rénovation des collèges, sécurité…). Pour le 1er vice-président en charge des finances du département, André At « C’est un excellent budget derrière lequel la majorité fera bloc. »

L’encours de la dette du département devrait s’établir à 179 millions d’euros en fin d’année, en baisse constante depuis quelques années avec un recul de 6 millions par rapport à 2017. Une évolution favorable et encourageante alors que nombre de départements voient leur dette augmenter fortement et atteindre parfois des proportions alarmantes, réduisant d’autant la capacité d’investissement.

Cette maîtrise des dépenses de fonctionnement, en dépit des fortes contraintes liées aux dépenses sociales et la baisse des dotations de l’Etat, combinée au maintien des investissements à un niveau élevé, traduit la qualité de gestion du département et la volonté de préparer l’avenir. En réponse à un élu de l’opposition qui contestait la priorité donnée à la réduction de la dette, plutôt qu’aux dépenses de fonctionnement ou d’investissement, Jean-François Galliard a rétorqué que l’avantage du remboursement de la dette et un maintien des investissements était « un choix pour l’avenir. On pense à ceux qui vont suivre… » tout en constatant que, globalement, la majorité de l’opposition créditait le département « d’une bonne gestion ». Et d’ajouter : « Le département pense à ses enfants en gérant ainsi ; ce que n’a pas fait l’Etat depuis longtemps »

La question de la contractualisation avec l’Etat au centre des débats

Jean-François Galliard est aussi revenu sur le dispositif de contractualisation entre l’Etat et les collectivités locales visant, au cours des 3 ans à venir, à imposer un objectif de réduction des dépenses de fonctionnement de 1.2%. Pour le président du Conseil départemental : « Cela veut dire que nous passons sous contrôle de l’Etat. » Ce que la gauche approuve tandis que les deux députés LRM Stéphane Mazars et Anne Blanc montent au créneau arguant de la nécessité pour le gouvernement d’engager le désendettement du pays.

S’il ne semble pas contester la nécessité de désendetter le pays, il ne voit pas pourquoi les collectivités territoriales devraient supporter une partie de l’effort de réduction du déficit public, même si cela devrait avoir pour contrepartie une stabilisation des dotations de l’Etat après 3 années de baisse. Ce dernier critique la méthode qui impose la contractualisation avec l’Etat sur la base d’une base de 1.2% des dépenses de fonctionnement par rapport à 2017. Le président dit refuser d’entrer dans de telles discussions avec le préfet tant que des compensations concrètes ne seront pas faites en ce qui concerne les mineurs non accompagnés et les allocations individuelles de solidarité.

Si sur le principe, on ne peut que partager l’avis de M. Galliard dans la mesure cette demande porte atteinte à l’autonomie des collectivités, force est de constater que les collectivités locales ont, pour un grand nombre d’entre-elles, largement contribué au dérapage des dépenses de fonctionnement, et par voie de conséquence à l’explosion de la dette publique ces dernières décennies. Vu l’ampleur de la dette de la France qui approche en 2018 les 100% du PIB, il est de la responsabilité de l’ensemble des français de contribuer aujourd’hui à l’effort de réduction de la dette de l’Etat si nous voulons rester un pays libre et préserver notre avenir à tous. C’est une simple question de survie et rien d’autre. Le nier serait irresponsable !

La dette excessive est en effet une impasse politique, économique et sociale qui conduit inéluctablement à la faillite et frappe les plus fragiles. Pour maîtriser la dette, nul doute que l’ensemble des collectivités, aux côtés de l’Etat, devront à l’avenir mettre la main à la poche et se regrouper plus vite qu’elles ne l’ont fait jusqu’à présent sous peine de disparaître purement et simplement. La modernisation et l’avenir de la France sont à ce prix.

 

 

 


Musée Soulages Rodez : Le Corbusier, exposition temporaire du début d’année 2018

7 janvier 2018

La dernière exposition temporaire du musée Soulages vient juste de se terminer. Selon les premières indications données ici et là, la magnifique exposition consacrée à l’artiste américain Alexander Calder a connu un beau succès. Sur l’ensemble de l’année 2017, la fréquentation totale du musée devrait se situer autour de 140 000 entrées, dont près de 90 000 pour la seule exposition Calder qui a fait le plein au mois d’octobre après un mois d’août en demi-teinte.

Depuis son ouverture en mai 2014, le musée Soulages de Rodez aurait ainsi attiré près de 700 000 visiteurs, soit plus de trois fois plus qu’espéré par les plus optimistes. Ce qui ferait aujourd’hui du musée Soulages le plus important en fréquentation de la région Occitanie !

Pour autant, ce succès indéniable n’est pas acquis sur le moyen terme et doit être conforté.

La prochaine exposition temporaire sera consacrée à Le Corbusier

La future exposition Le Corbusier du musée Soulages aura lieu du 27 janvier au 20 mai 2018 et s’intitulera : « L’atelier de la recherche patiente »

A cette occasion, prés de 90 pièces seront présentées, pour la plupart issues de la fondation Le Corbusier. Il faut en effet savoir que l’œuvre de Le Corbusier s’étend bien au-delà de l’architecture qu’on lui connaît. Outre l’urbaniste, il était aussi décorateur, peintre, sculpteur et homme de lettres.

Charles-Edouard Jeanneret-Gris, de son vrai nom (1887-1965), était un homme complexe et passionnant à bien des égards. Il a eu une vie foisonnante au cours de laquelle il a effectué de nombreux voyages à l’étranger pour acquérir des techniques et des connaissances les plus diverses. Il fût l’un des premiers représentant du modernisme, en introduisant des idées nouvelles comme le fonctionnalisme, le purisme et le lien entre nature et architecture.

Les 90 pièces de l’exposition Le Corbusier proposeront une déambulation chronologique à travers l’œuvre de l’architecte. Pour le conservateur en chef du musée Soulages, Benoît Decron, l’exposition comprendra : « Des peintures d’époques, des maquettes, des sculptures, des photographies, des tapisseries et des dessins permettront d’appréhender l’ensemble de la vie et de l’œuvre de Le Corbusier. »

Une future gestion du musée Soulages via un établissement public de coopération culturelle (EPCC)

Le Conseil d’agglomération de Rodez agglo a récemment approuvé la création d’un établissement public de coopération culturelle (EPCC) qui aura prochainement en charge la gestion du musée Soulages. Il a aussi validé le nouveau tarif unique de 11 euros, comprenant l’entrée à l’exposition temporaire et l’accès aux deux autres musées : Fenaille et Denys Puech.

La création effective de cet EPCC devrait intervenir au plus tôt au 1er juillet 2018 et au plus tard le 1er janvier 2019. Outre Rodez agglo, cette structure regroupera l’Etat, la région Occitanie et le département de l’Aveyron qui ont donné leur accord de principe. Les mois à venir devraient permettre d’affiner la participation de chaque collectivité ainsi que la gouvernance de l’EPCC : adoption des statuts, composition du conseil d’administration et du conseil scientifique…

Cet EPCC devrait permettre d’offrir une plus grande dynamique au musée, tout en lui donnant les moyens de son développement. Elle répond aussi à une demande de Pierre Soulages lui-même qui entend donner toutes les chances au musée qui lui est dédié.

En attendant d’en savoir un peu plus sur le nouveau mode de fonctionnement du musée Soulages, rendez-vous à la prochaine exposition temporaire dédiée à Le Corbusier.

Plus d’information : Musée Soulages de Rodez I Fondation Le Corbusier


Sébastien Bras rédacteur en chef du n° spécial du magazine Gourmets de France consacré à l’Aveyron

20 décembre 2017

Le magazine Gourmets de France, entièrement dédié à la gastronomie et à l’art de vivre, vient de publier un n° spécial Aveyron avec pour rédacteur en chef Sébastien Bras, célèbre ambassadeur de la cuisine française.

Gourmets de France est un magazine haut de gamme qui fait régulièrement la promotion des produits alimentaires français de qualité en donnant la parole à un jury gastronomique formé par un grand chef français. Dans son dernier numéro daté de décembre, Sébastien Bras en est le rédacteur en chef. Avec le jury composé par ses soins, il met en avant quelques-uns des meilleurs produits du département.

Voilà bientôt une dizaine d’année que Sébastien Bras a repris les rênes du célèbre restaurant du Suquet à Laguiole. Son père Michel Bras avait obtenu sa 3ème étoile au guide Michelin en 1999 et a régné en maître durant plus d’une décennie sur la gastronomie française aux côtés des plus grands chefs français et mondiaux. Ces dernières années, le restaurant Bras figure d’ailleurs régulièrement parmi les meilleures tables mondiales.

A 46 ans, Sébastien Bras a repris avec brio le restaurant Bras et a su rester au plus haut niveau. Dans ce numéro spécial de Gourmets de France, il y célèbre sa cuisine de terroir, faite de produits locaux de grande qualité, mais aussi cette terre d’Aubrac qui lui est si chère et avec laquelle il fait corps. Hier méconnu, grâce aux Bras et quelques autres familles qui ont cru en leur territoire, l’Aubrac terre de caractère s’il en est, fait aujourd’hui preuve d’un dynamisme et d’un renouveau que beaucoup de territoires ruraux de France ne peuvent qu’envier.

Les 12 membres du jury présidé par Sébastien Bras ont ainsi testé une palette de produits aveyronnais et sélectionné les meilleurs. Les membres du jury : Pascal Auriat (Boulanger à Laguiole), Sergio Calderon (sommelier au Suquet), Philippe Caralp (chef au Méjane à Espalion), Christophe Chaillou (chef au Café Bras à Rodez), Marc Cordy (chef à l’auberge du Château à Muret-le-Château), Nicole Fagegaltier (chef étoilé au Le Vieux Pont à Belcastel), Gilles Heliez (sommelier au Vieux Pont à Belcastel), Emilie et Thomas Roussey (chefs au Parfum des Délices à Rodez), Michel Truchon (chef étoilé Le Sénéchal à Sauveterre-de-Rouergue et Guillaume Viala (chef étoilé au Belvédère à Bozouls)

Parmi les produits sélectionnés en collaboration avec Gourmets de France, on peut citer :

Une belle palette de produits aveyronnais de qualité.

On peut aussi retrouver l’intégralité des produits sélectionnés par les plus grands chefs de France ces dernières années sur : http://www.tests-produit-gourmets.fr/

Plus d’infos : Le magazine Gourmets de France spécial Aveyron


Projet d’aménagement de la RN88 / Rocade de Rodez

12 décembre 2017

Ce 11 décembre 2017, se tenait à Rodez l’une des deux réunions publiques dans le cadre de la concertation préalable à l’enquête d’utilité publique relative au dénivellement des ronds-points de la rocade de Rodez (RN 88). La réunion était organisée par la DREAL Occitanie en charge de la maîtrise d’oeuvre du dossier pour le compte de l’État.

L’étude en cours concerne la réalisation d’échangeurs autoroutiers sur les trois ronds-points de la rocade de Rodez (RN88) en vue de fluidifier le trafic aujourd’hui arrivé à saturation avec près de 35 000 véhicules/jours. Celui-ci devrait d’ailleurs augmenter de l’ordre de 10 % dans les 10 ans à venir.

D’où l’urgence à engager les travaux pour adapter le trafic de la rocade de Rodez, alors que la RN88, sera portée à 2 x 2 voies entre Toulouse et Rodez dès 2019. Tout en facilitant le trafic en transit, le projet vise d’abord à répondre aux exigences de l’agglomération de Rodez, aujourd’hui coupée en deux par la rocade, en facilitant la desserte de l’ensemble des quartiers, mais aussi en intégrant la nécessité de préserver les circulations douces et la qualité de vie des riverains.

En étroite collaboration avec les services de Rodez-agglomération et du Conseil départemental, le projet présenté par la DREAL tente de répondre à l’ensemble de ces exigences, tout en prenant en compte les contraintes liées à la localisation de la rocade (habitations proches, zone inondable, ruisseau de l’Auterne, ouvrages SNCF importants, …). Précision importante apportée par le cabinet spécialisé en charge des études de trafic : la circulation en transit ne représenterait à l’heure actuelle moins de 10 % de celui-ci, contre plus de 90 % pour la circulation locale.

La dénivellation des ronds-points de la rocade de Rodez

Les trois ronds-points concernés, sont ceux de Saint Félix, les Moutiers et Saint Marc.

  • Le rond-point de Saint Félix (échangeur vers RD 840 (Decazeville / Figeac / Brive) & RD 994 (Villeranche-de-Rouergue / Cahors / Montauban) :

Trois projets ont été présentés concernant l’aménagement de cet échangeur. Un seul semble aujourd’hui privilégié en raison des moindres contraintes au regard des autres projets. Il s’agit d’aménager la rocade en passage supérieur, au-dessus de l’actuel rond-point. Le trafic local continuant à ce faire via l’actuel rond-point, tout en permettant de se connecter directement à la rocade, sauf vers Albi où en raison de l’espace réduit, l’accès à la rocade se fera, soit via le rond-point de la Gineste qui reliera la rocade vers Albi, ou via l’échangeur des Moutiers.

  • Le rond-point des Moutiers (échangeur vers RD 901 (Marcillac-Vallon / Conques)

Compte-tenu des contraintes importantes liées au viaduc SNCF, un projet unique est proposé. Il consiste à faire passer la rocade au niveau actuel, avec réalisation d’un passage supérieur pour la desserte locale composé de deux petits ronds-points de chaque côté de la rocade pour les échanges avec entrées et sorties directes vers la rocade.

Le coût est estimé des deux échangeurs est estimé à 29 millions d’euros

  • Le rond-point de Saint Marc (échangeur vers RD 988-920 (Espalion / Aurillac / St Flour)

Parmi les trois projets, l’option privilégiée en raison des contraintes, consiste à faire passer la rocade au niveau actuel, avec un passage supérieur pour l’échangeur qui disposera de deux petits ronds-points à chacune des extrémités pour la desserte locale et la liaison vers la rocade.

Le coût prévisionnel de cet échangeur est estimé à 14 millions d’euros.

Chacun des trois échangeurs prendra en compte les contraintes liées à la proximité des habitations et la nécessité de faciliter la desserte locale. A cet effet, des murs anti-bruit seront dressés à proximité des habitations, notamment du côté de Saint Eloi. Par ailleurs, des passages sécurisés réservés aux piétons et cyclistes seront aménagées au niveau de chacun des échangeurs, de manière à faciliter et sécuriser les circulations douces.

Le calendrier et le coût des travaux

Pour des raisons de leur proximité, les travaux devraient débuter simultanément par les deux échangeurs de Saint Félix et des Moutiers. De par son ampleur, ce chantier qui devrait durer plus d’un an, et entraîner d’importantes perturbations au niveau du trafic routier.

Les travaux de l’échangeur de Saint Marc devraient être entrepris ultérieurement.

Compte-tenu du fait que l’enquête d’utilité publique n’interviendra pas avant 2019, les travaux ne devraient pas pouvoir débuter avant 2020 et pourraient durer 3 ans. Dans le meilleur des cas, on peut espérer une mise en service définitive des trois échangeurs de la rocade en 2022.

Le coût des travaux, selon l’option retenue, sont de l’ordre de 45 millions d’euros.

A ce jour, seuls 10 millions d’euros sont affectés à ce chantier dans le cadre du contrat de plan Etat-Région de 2015-2020. Ils vont permettre de lancer les études et d’engager les premiers travaux. Il reste toutefois à financer les 35 millions d’euros manquants à ce jour. Le financement devrait être assuré à hauteur de 50 % seulement par les services de l’État, maître d’oeuvre via la DREAL Occitanie. Les autres 50% seront à la charge de la région Occitanie, du Conseil départemental de l’Aveyron et de Rodez-Agglomération.

Quid du grand contournement de Rodez ?

Le vieux serpent de mer du grand contournement de Rodez n’a pas manqué de revenir sur le devant de la scène. A défaut d’avoir été porté en son temps, ce projet couteux ne semble plus aujourd’hui d’actualité pour diverses raisons.

Voilà prés de 10 ans qu’il n’a pas avancé d’un iota. Aujourd’hui, du fait du faible trafic de transit supporté par la rocade de Rodez (moins de 10%), son utilité ne semble pas se justifier notamment en raison de son coût élevé et du peu d’impact qu’il aurait sur le trafic de la rocade de Rodez.

Par ailleurs, au dire de certains, la pollution automobile notamment au niveau du CO2, du NOx et des particules fines aurait sensiblement baissé depuis les années 2006, notamment en raison des nouvelles normes anti-pollution euro6. On demande à voir !

Du coup, l’aménagement en boulevard urbain de la rocade entre les carrefours des Moutiers et celui de Saint Marc, devrait être transformé en autoroute urbaine avec une vitesse limitée à 90 km/h au lieu de 70 km/h.

L’aménagement de la RN88 entre Rodez et Séverac-le-Château ?

Nombre d’intervenants ont insisté sur la nécessité de poursuivre au plus vite l’aménagement de la RN88 à 2 x 2 voies entre Rodez et Séverac-le-Château (A75), soit 45 km pour un coût estimé à environ 300 millions d’euros.

Il va sans dire que l’arrivée prochaine de la RN 88 à 2 x 2 voies à Rodez va immanquablement densifier le trafic routier en direction de l’autoroute A75 et vice-versa ; ce qui ne va pas manquer de saturer cet axe déjà bien chargé et accidentogène.

Pour l’instant, à part le barreau de Saint Mayme, en cours d’aménagement par le Conseil départemental, reliant la rocade de Rodez au Causse-Comtal en contournant Sébazac-Concourés, les travaux ne semblent pas prêts de débuter.

On peut cependant espérer que cet important axe autoroutier national sera inscrit au prochain contrat de plan Etat-Région Occitanie pour 2020-2025. C’est ce qui peut être raisonnablement envisagé. Aux dires de la DREAL, des études sont actuellement en cours sur ce tronçon et les services de l’Etat envisagent à moyen terme la continuité de cet axe majeur pour l’Aveyron et la région nord de l’Occitanie.

Plus d’information sur la concertation en cours : Aménagement de la RN88 – Rocade de Rodez


Rodez agglomération : Les futurs chantiers routiers pour aménager la rocade et faciliter la traversée de l’agglomération

23 novembre 2017

Ces dernières années, la circulation sur la rocade de Rodez n’a fait que se dégrader au fur et à mesure de l’augmentation du trafic automobile. Les habitants de l’agglomération de Rodez et des environs n’en peuvent plus d’être quotidiennement bloqués, notamment aux heures de pointe, en raison de la saturation des divers ronds-points de la rocade, à Saint Félix, aux Moutiers et à Saint Marc mais aussi dans Rodez, au tristement célèbre rond-point de Saint Eloi.

La mise en service en 2019 de l’intégralité de la RN88 à 2 X 2 voies entre Toulouse et Rodez va accentuer un peu plus les difficultés actuelles du fait de la forte augmentation du trafic routier en transit via la rocade. Il y a donc urgence à trouver des solutions pour désengorger celle-ci au plus vite..La rocade actuelle a été aménagée pour partie en boulevard urbain où la vitesse est limitée à 70 km/h. Initialement, elle devait conserver cette vocation afin de protéger les riverains des diverses pollutions qu’aurait généré une autoroute urbaine traversant de nombreux quartiers résidentiels d’Olemps, Rodez et Onet-le-Château. Pour ce faire, elle devait conserver un trafic strictement local alors que le trafic en transit devait emprunter le grand contournement autoroutier de Rodez via l’ouest et le nord.

Hélas, depuis plus de 15 ans, à défaut d’un accord entre les diverses parties prenantes de ce dossier (région, département, Rodez agglomération) et d’un véritable soutien au projet de grand contournement, l’Etat a laissé traîner le dossier qui est progressivement tombé aux oubliettes par manque de volonté politique pour le faire aboutir. A cela s’ajoute les fortes contraintes budgétaires auxquelles doit faire face l’Etat aujourd’hui. Pour ces raisons, il n’est plus en capacité de financer le projet de contournement qui n’est d’ailleurs plus à l’ordre du jour. C’est regrettable mais c’est ainsi !

Priorité aux travaux d’aménagement de la rocade de Rodez

Aujourd’hui, les élus de Rodez agglomération, soutenus par le Conseil départemental de l’Aveyron et la région Occitanie portent un projet alternatif qui consiste en l’aménagement complet de la rocade actuelle à 2×2 voies avec réalisation de carrefours dénivelés, en lieu et place des actuels ronds-points. Ce projet s’élève à environ 40 millions d’euros pour l’aménagement des trois giratoires en échangeur. A l’heure actuelle, le contrat de plan Etat-Région Occitanie 2015-2020 a prévu seulement 10 millions d’euros auquel devrait s’ajouter une participation du Conseil départemental et de l’agglomération. Il reste donc prés de 30 millions d’euros à financer.

Les études sont actuellement en cours pour un début des travaux attendu courant 2020. Dans un premier temps, les travaux de réalisation des échangeurs devraient concerner les ronds-points de Saint Félix et des Moutiers, situés sur la portion centrale et la plus fréquentée de la rocade. Les travaux sont prévus pour durer plus d’un an. La deuxième phase d’aménagement concernerait l’aménagement du rond-point de Saint Marc également transformé en échangeur. Ces travaux devraient entraîner le déclassement de la rocade actuelle de boulevard urbain en autoroute urbaine pour laquelle la vitesse maximale serait portée à 90 km/h.

Ces importantes améliorations des conditions de circulation sur la rocade de Rodez sont attendues avec impatience. Sauf peut-être les riverains, qui au fil de l’augmentation du trafic, vont devoir en supporter les contraintes, à commencer par le bruit et la pollution atmosphérique croissante source de tant de problèmes de santé. Après l’abandon du projet de grand contournement pour défaut de financement, il n’y avait hélas guère d’autres alternatives pour les élus locaux que de porter ce projet avec ses inconvénients, sous peine de reporter aux calendes grecques l’aménagement de la rocade de Rodez et le prolongement de la RN88 à deux fois deux voies.

Plus d’infos : Projet d’aménagement de la rocade de Rodez

De son côté, la ville de Rodez va aménager le carrefour Saint Eloi

En complément des travaux d’aménagement de l’actuelle rocade, la ville de Rodez devrait engager les travaux d’aménagement du carrefour Saint Eloi qui demeure le principal point noir de la circulation à Rodez ces dernières années.

Le transfert prochain de l’université Jean-François Champollion à proximité de l’actuel IUT, prés de Saint Eloi, va en effet densifier un peu plus la circulation dans un quartier où elle est devenue de plus en plus difficile ces dernières années. C’est la raison pour laquelle la ville de Rodez devrait sortir des cartons le projet qui date de plus de 15 ans déjà. Il viserait à réaménager complètement la circulation du carrefour Saint Eloi, reliant l’avenue de Bordeaux, l’avenue du Mal Joffre et la rocade. Si la municipalité tient ses engagements, les travaux pourraient être réalisés concomitamment à l’aménagement de la rocade, c’est-à-dire à partir de 2019/2020.

Ce nouveau carrefour devrait prévoir un accès direct pour les véhicules en provenance du Bd Paul Ramadier vers la gare SNCF, mais aussi vers l’actuel rond-point des Moutiers. En prélude à ces travaux futurs, un nouveau giratoire a été mis en service au carrefour du bd du Maréchal Joffre et de l’avenue du 8 mai 1945. Gageons que cet aménagement majeur de la circulation à la principale entrée de Rodez, différé depuis de trop nombreuses années, verra enfin le jour pour le confort des ruthénois.

Le Conseil départemental réalise le barreau de Saint Mayme, reliant la rocade de Rodez au Causse Comtal

De son côté, le Conseil départemental ne perd pas de temps et, conformément à ses engagements, a lancé l’appel d’offre courant janvier 2016 pour les travaux du barreau de Saint Mayme, reliant la rocade de Rodez au Causse-Comtal (RD 988). Ces travaux ont démarré en 2017 avec la réalisation du rond-point sur la RD 988 entre Sébazac-Concourés et Lioujas et les divers ouvrages d’art.

Ils concernent l’aménagement d’une voie rapide de 9 km avec une chaussée à 2 et 3 voies, entièrement nouvelle, pour un coût total estimé à 25 millions d’euros, entièrement financés par le Conseil départemental bien que s’agissant d’une route nationale. Ces travaux, qui permettront de relier le nord Aveyron à l’actuelle rocade de Rodez en contournant la zone commerciale nord de Sébazac-Concourés, s’inscrivent dans le prolongement de la future liaison autoroutière entre Rodez et Séverac d’Aveyron (A75). Ils devraient se terminer en 2019.

Le prolongement de la RN88 à 2X2 voies entre Rodez et Séverac toujours en panne

Reste à espérer que le calendrier des travaux sera respecté et qu’à l’horizon de 2022, les difficultés de circulation dans le secteur de l’actuelle rocade de Rodez ne seront plus qu’un mauvais souvenir.

S’il est maintenant acquis que la RN88/A68 arrivera aux portes de Rodez fin 2019 et que la rocade de Rodez sera mise à niveau, il subsistera un important point noir entre Rodez et Séverac-le-Château (A75).

L’aménagement à 2X2 voies de cette importante voie du sud Massif-Central est toujours bloqué du fait de l’Etat qui n’a de cesse de faire traîner les choses, arguant d’un trafic insuffisant. Ce dernier tronçon aveyronnais de la RN88 est pourtant vital pour l’économie des départements de l’Aveyron, du Cantal et de la Lozère, les plus directement concernés. Au total, il ne s’agit pourtant que de 42 km pour un coût de l’ordre de 300 millions d’euros, soit une goutte d’eau pour l’Etat.

Le dossier relève en effet de sa compétence exclusive. A noter que l’actuel contrat de plan Etat-Région Occitanie 2015-2020 n’a prévu de 2 dérisoires millions d’euros d’études sur ce tronçon pourtant vital pour le département ! On est encore loin du compte.

Compte-tenu des erreurs passées des élus locaux sur ce dossier et du non-respect par l’Etat des engagements pris, il faut espérer que les élus départementaux vont dorénavant faire bloc et parler d’une seule voix face à l’Etat pour débloquer au plus vite ce grand chantier de désenclavement, indispensable au développement économique du département et de tout le sud Massif-Central.

Il y va de l’avenir des territoires ruraux évoqués par le président Emmanuel Macron dans sa campagne. On attend des actes concrets de l’Etat sur ce dossier.