Musée Soulages Rodez : Le Corbusier, exposition temporaire du début d’année 2018

7 janvier 2018

La dernière exposition temporaire du musée Soulages vient juste de se terminer. Selon les premières indications données ici et là, la magnifique exposition consacrée à l’artiste américain Alexander Calder a connu un beau succès. Sur l’ensemble de l’année 2017, la fréquentation totale du musée devrait se situer autour de 140 000 entrées, dont près de 90 000 pour la seule exposition Calder qui a fait le plein au mois d’octobre après un mois d’août en demi-teinte.

Depuis son ouverture en mai 2014, le musée Soulages de Rodez aurait ainsi attiré près de 700 000 visiteurs, soit plus de trois fois plus qu’espéré par les plus optimistes. Ce qui ferait aujourd’hui du musée Soulages le plus important en fréquentation de la région Occitanie !

Pour autant, ce succès indéniable n’est pas acquis sur le moyen terme et doit être conforté.

La prochaine exposition temporaire sera consacrée à Le Corbusier

La future exposition Le Corbusier du musée Soulages aura lieu du 27 janvier au 20 mai 2018 et s’intitulera : « L’atelier de la recherche patiente »

A cette occasion, prés de 90 pièces seront présentées, pour la plupart issues de la fondation Le Corbusier. Il faut en effet savoir que l’œuvre de Le Corbusier s’étend bien au-delà de l’architecture qu’on lui connaît. Outre l’urbaniste, il était aussi décorateur, peintre, sculpteur et homme de lettres.

Charles-Edouard Jeanneret-Gris, de son vrai nom (1887-1965), était un homme complexe et passionnant à bien des égards. Il a eu une vie foisonnante au cours de laquelle il a effectué de nombreux voyages à l’étranger pour acquérir des techniques et des connaissances les plus diverses. Il fût l’un des premiers représentant du modernisme, en introduisant des idées nouvelles comme le fonctionnalisme, le purisme et le lien entre nature et architecture.

Les 90 pièces de l’exposition Le Corbusier proposeront une déambulation chronologique à travers l’œuvre de l’architecte. Pour le conservateur en chef du musée Soulages, Benoît Decron, l’exposition comprendra : « Des peintures d’époques, des maquettes, des sculptures, des photographies, des tapisseries et des dessins permettront d’appréhender l’ensemble de la vie et de l’œuvre de Le Corbusier. »

Une future gestion du musée Soulages via un établissement public de coopération culturelle (EPCC)

Le Conseil d’agglomération de Rodez agglo a récemment approuvé la création d’un établissement public de coopération culturelle (EPCC) qui aura prochainement en charge la gestion du musée Soulages. Il a aussi validé le nouveau tarif unique de 11 euros, comprenant l’entrée à l’exposition temporaire et l’accès aux deux autres musées : Fenaille et Denys Puech.

La création effective de cet EPCC devrait intervenir au plus tôt au 1er juillet 2018 et au plus tard le 1er janvier 2019. Outre Rodez agglo, cette structure regroupera l’Etat, la région Occitanie et le département de l’Aveyron qui ont donné leur accord de principe. Les mois à venir devraient permettre d’affiner la participation de chaque collectivité ainsi que la gouvernance de l’EPCC : adoption des statuts, composition du conseil d’administration et du conseil scientifique…

Cet EPCC devrait permettre d’offrir une plus grande dynamique au musée, tout en lui donnant les moyens de son développement. Elle répond aussi à une demande de Pierre Soulages lui-même qui entend donner toutes les chances au musée qui lui est dédié.

En attendant d’en savoir un peu plus sur le nouveau mode de fonctionnement du musée Soulages, rendez-vous à la prochaine exposition temporaire dédiée à Le Corbusier.

Plus d’information : Musée Soulages de Rodez I Fondation Le Corbusier

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Sébastien Bras rédacteur en chef du n° spécial du magazine Gourmets de France consacré à l’Aveyron

20 décembre 2017

Le magazine Gourmets de France, entièrement dédié à la gastronomie et à l’art de vivre, vient de publier un n° spécial Aveyron avec pour rédacteur en chef Sébastien Bras, célèbre ambassadeur de la cuisine française.

Gourmets de France est un magazine haut de gamme qui fait régulièrement la promotion des produits alimentaires français de qualité en donnant la parole à un jury gastronomique formé par un grand chef français. Dans son dernier numéro daté de décembre, Sébastien Bras en est le rédacteur en chef. Avec le jury composé par ses soins, il met en avant quelques-uns des meilleurs produits du département.

Voilà bientôt une dizaine d’année que Sébastien Bras a repris les rênes du célèbre restaurant du Suquet à Laguiole. Son père Michel Bras avait obtenu sa 3ème étoile au guide Michelin en 1999 et a régné en maître durant plus d’une décennie sur la gastronomie française aux côtés des plus grands chefs français et mondiaux. Ces dernières années, le restaurant Bras figure d’ailleurs régulièrement parmi les meilleures tables mondiales.

A 46 ans, Sébastien Bras a repris avec brio le restaurant Bras et a su rester au plus haut niveau. Dans ce numéro spécial de Gourmets de France, il y célèbre sa cuisine de terroir, faite de produits locaux de grande qualité, mais aussi cette terre d’Aubrac qui lui est si chère et avec laquelle il fait corps. Hier méconnu, grâce aux Bras et quelques autres familles qui ont cru en leur territoire, l’Aubrac terre de caractère s’il en est, fait aujourd’hui preuve d’un dynamisme et d’un renouveau que beaucoup de territoires ruraux de France ne peuvent qu’envier.

Les 12 membres du jury présidé par Sébastien Bras ont ainsi testé une palette de produits aveyronnais et sélectionné les meilleurs. Les membres du jury : Pascal Auriat (Boulanger à Laguiole), Sergio Calderon (sommelier au Suquet), Philippe Caralp (chef au Méjane à Espalion), Christophe Chaillou (chef au Café Bras à Rodez), Marc Cordy (chef à l’auberge du Château à Muret-le-Château), Nicole Fagegaltier (chef étoilé au Le Vieux Pont à Belcastel), Gilles Heliez (sommelier au Vieux Pont à Belcastel), Emilie et Thomas Roussey (chefs au Parfum des Délices à Rodez), Michel Truchon (chef étoilé Le Sénéchal à Sauveterre-de-Rouergue et Guillaume Viala (chef étoilé au Belvédère à Bozouls)

Parmi les produits sélectionnés en collaboration avec Gourmets de France, on peut citer :

Une belle palette de produits aveyronnais de qualité.

On peut aussi retrouver l’intégralité des produits sélectionnés par les plus grands chefs de France ces dernières années sur : http://www.tests-produit-gourmets.fr/

Plus d’infos : Le magazine Gourmets de France spécial Aveyron


Projet d’aménagement de la RN88 / Rocade de Rodez

12 décembre 2017

Ce 11 décembre 2017, se tenait à Rodez l’une des deux réunions publiques dans le cadre de la concertation préalable à l’enquête d’utilité publique relative au dénivellement des ronds-points de la rocade de Rodez (RN 88). La réunion était organisée par la DREAL Occitanie en charge de la maîtrise d’oeuvre du dossier pour le compte de l’État.

L’étude en cours concerne la réalisation d’échangeurs autoroutiers sur les trois ronds-points de la rocade de Rodez (RN88) en vue de fluidifier le trafic aujourd’hui arrivé à saturation avec près de 35 000 véhicules/jours. Celui-ci devrait d’ailleurs augmenter de l’ordre de 10 % dans les 10 ans à venir.

D’où l’urgence à engager les travaux pour adapter le trafic de la rocade de Rodez, alors que la RN88, sera portée à 2 x 2 voies entre Toulouse et Rodez dès 2019. Tout en facilitant le trafic en transit, le projet vise d’abord à répondre aux exigences de l’agglomération de Rodez, aujourd’hui coupée en deux par la rocade, en facilitant la desserte de l’ensemble des quartiers, mais aussi en intégrant la nécessité de préserver les circulations douces et la qualité de vie des riverains.

En étroite collaboration avec les services de Rodez-agglomération et du Conseil départemental, le projet présenté par la DREAL tente de répondre à l’ensemble de ces exigences, tout en prenant en compte les contraintes liées à la localisation de la rocade (habitations proches, zone inondable, ruisseau de l’Auterne, ouvrages SNCF importants, …). Précision importante apportée par le cabinet spécialisé en charge des études de trafic : la circulation en transit ne représenterait à l’heure actuelle moins de 10 % de celui-ci, contre plus de 90 % pour la circulation locale.

La dénivellation des ronds-points de la rocade de Rodez

Les trois ronds-points concernés, sont ceux de Saint Félix, les Moutiers et Saint Marc.

  • Le rond-point de Saint Félix (échangeur vers RD 840 (Decazeville / Figeac / Brive) & RD 994 (Villeranche-de-Rouergue / Cahors / Montauban) :

Trois projets ont été présentés concernant l’aménagement de cet échangeur. Un seul semble aujourd’hui privilégié en raison des moindres contraintes au regard des autres projets. Il s’agit d’aménager la rocade en passage supérieur, au-dessus de l’actuel rond-point. Le trafic local continuant à ce faire via l’actuel rond-point, tout en permettant de se connecter directement à la rocade, sauf vers Albi où en raison de l’espace réduit, l’accès à la rocade se fera, soit via le rond-point de la Gineste qui reliera la rocade vers Albi, ou via l’échangeur des Moutiers.

  • Le rond-point des Moutiers (échangeur vers RD 901 (Marcillac-Vallon / Conques)

Compte-tenu des contraintes importantes liées au viaduc SNCF, un projet unique est proposé. Il consiste à faire passer la rocade au niveau actuel, avec réalisation d’un passage supérieur pour la desserte locale composé de deux petits ronds-points de chaque côté de la rocade pour les échanges avec entrées et sorties directes vers la rocade.

Le coût est estimé des deux échangeurs est estimé à 29 millions d’euros

  • Le rond-point de Saint Marc (échangeur vers RD 988-920 (Espalion / Aurillac / St Flour)

Parmi les trois projets, l’option privilégiée en raison des contraintes, consiste à faire passer la rocade au niveau actuel, avec un passage supérieur pour l’échangeur qui disposera de deux petits ronds-points à chacune des extrémités pour la desserte locale et la liaison vers la rocade.

Le coût prévisionnel de cet échangeur est estimé à 14 millions d’euros.

Chacun des trois échangeurs prendra en compte les contraintes liées à la proximité des habitations et la nécessité de faciliter la desserte locale. A cet effet, des murs anti-bruit seront dressés à proximité des habitations, notamment du côté de Saint Eloi. Par ailleurs, des passages sécurisés réservés aux piétons et cyclistes seront aménagées au niveau de chacun des échangeurs, de manière à faciliter et sécuriser les circulations douces.

Le calendrier et le coût des travaux

Pour des raisons de leur proximité, les travaux devraient débuter simultanément par les deux échangeurs de Saint Félix et des Moutiers. De par son ampleur, ce chantier qui devrait durer plus d’un an, et entraîner d’importantes perturbations au niveau du trafic routier.

Les travaux de l’échangeur de Saint Marc devraient être entrepris ultérieurement.

Compte-tenu du fait que l’enquête d’utilité publique n’interviendra pas avant 2019, les travaux ne devraient pas pouvoir débuter avant 2020 et pourraient durer 3 ans. Dans le meilleur des cas, on peut espérer une mise en service définitive des trois échangeurs de la rocade en 2022.

Le coût des travaux, selon l’option retenue, sont de l’ordre de 45 millions d’euros.

A ce jour, seuls 10 millions d’euros sont affectés à ce chantier dans le cadre du contrat de plan Etat-Région de 2015-2020. Ils vont permettre de lancer les études et d’engager les premiers travaux. Il reste toutefois à financer les 35 millions d’euros manquants à ce jour. Le financement devrait être assuré à hauteur de 50 % seulement par les services de l’État, maître d’oeuvre via la DREAL Occitanie. Les autres 50% seront à la charge de la région Occitanie, du Conseil départemental de l’Aveyron et de Rodez-Agglomération.

Quid du grand contournement de Rodez ?

Le vieux serpent de mer du grand contournement de Rodez n’a pas manqué de revenir sur le devant de la scène. A défaut d’avoir été porté en son temps, ce projet couteux ne semble plus aujourd’hui d’actualité pour diverses raisons.

Voilà prés de 10 ans qu’il n’a pas avancé d’un iota. Aujourd’hui, du fait du faible trafic de transit supporté par la rocade de Rodez (moins de 10%), son utilité ne semble pas se justifier notamment en raison de son coût élevé et du peu d’impact qu’il aurait sur le trafic de la rocade de Rodez.

Par ailleurs, au dire de certains, la pollution automobile notamment au niveau du CO2, du NOx et des particules fines aurait sensiblement baissé depuis les années 2006, notamment en raison des nouvelles normes anti-pollution euro6. On demande à voir !

Du coup, l’aménagement en boulevard urbain de la rocade entre les carrefours des Moutiers et celui de Saint Marc, devrait être transformé en autoroute urbaine avec une vitesse limitée à 90 km/h au lieu de 70 km/h.

L’aménagement de la RN88 entre Rodez et Séverac-le-Château ?

Nombre d’intervenants ont insisté sur la nécessité de poursuivre au plus vite l’aménagement de la RN88 à 2 x 2 voies entre Rodez et Séverac-le-Château (A75), soit 45 km pour un coût estimé à environ 300 millions d’euros.

Il va sans dire que l’arrivée prochaine de la RN 88 à 2 x 2 voies à Rodez va immanquablement densifier le trafic routier en direction de l’autoroute A75 et vice-versa ; ce qui ne va pas manquer de saturer cet axe déjà bien chargé et accidentogène.

Pour l’instant, à part le barreau de Saint Mayme, en cours d’aménagement par le Conseil départemental, reliant la rocade de Rodez au Causse-Comtal en contournant Sébazac-Concourés, les travaux ne semblent pas prêts de débuter.

On peut cependant espérer que cet important axe autoroutier national sera inscrit au prochain contrat de plan Etat-Région Occitanie pour 2020-2025. C’est ce qui peut être raisonnablement envisagé. Aux dires de la DREAL, des études sont actuellement en cours sur ce tronçon et les services de l’Etat envisagent à moyen terme la continuité de cet axe majeur pour l’Aveyron et la région nord de l’Occitanie.

Plus d’information sur la concertation en cours : Aménagement de la RN88 – Rocade de Rodez


Rodez agglomération : Les futurs chantiers routiers pour aménager la rocade et faciliter la traversée de l’agglomération

23 novembre 2017

Ces dernières années, la circulation sur la rocade de Rodez n’a fait que se dégrader au fur et à mesure de l’augmentation du trafic automobile. Les habitants de l’agglomération de Rodez et des environs n’en peuvent plus d’être quotidiennement bloqués, notamment aux heures de pointe, en raison de la saturation des divers ronds-points de la rocade, à Saint Félix, aux Moutiers et à Saint Marc mais aussi dans Rodez, au tristement célèbre rond-point de Saint Eloi.

La mise en service en 2019 de l’intégralité de la RN88 à 2 X 2 voies entre Toulouse et Rodez va accentuer un peu plus les difficultés actuelles du fait de la forte augmentation du trafic routier en transit via la rocade. Il y a donc urgence à trouver des solutions pour désengorger celle-ci au plus vite..La rocade actuelle a été aménagée pour partie en boulevard urbain où la vitesse est limitée à 70 km/h. Initialement, elle devait conserver cette vocation afin de protéger les riverains des diverses pollutions qu’aurait généré une autoroute urbaine traversant de nombreux quartiers résidentiels d’Olemps, Rodez et Onet-le-Château. Pour ce faire, elle devait conserver un trafic strictement local alors que le trafic en transit devait emprunter le grand contournement autoroutier de Rodez via l’ouest et le nord.

Hélas, depuis plus de 15 ans, à défaut d’un accord entre les diverses parties prenantes de ce dossier (région, département, Rodez agglomération) et d’un véritable soutien au projet de grand contournement, l’Etat a laissé traîner le dossier qui est progressivement tombé aux oubliettes par manque de volonté politique pour le faire aboutir. A cela s’ajoute les fortes contraintes budgétaires auxquelles doit faire face l’Etat aujourd’hui. Pour ces raisons, il n’est plus en capacité de financer le projet de contournement qui n’est d’ailleurs plus à l’ordre du jour. C’est regrettable mais c’est ainsi !

Priorité aux travaux d’aménagement de la rocade de Rodez

Aujourd’hui, les élus de Rodez agglomération, soutenus par le Conseil départemental de l’Aveyron et la région Occitanie portent un projet alternatif qui consiste en l’aménagement complet de la rocade actuelle à 2×2 voies avec réalisation de carrefours dénivelés, en lieu et place des actuels ronds-points. Ce projet s’élève à environ 40 millions d’euros pour l’aménagement des trois giratoires en échangeur. A l’heure actuelle, le contrat de plan Etat-Région Occitanie 2015-2020 a prévu seulement 10 millions d’euros auquel devrait s’ajouter une participation du Conseil départemental et de l’agglomération. Il reste donc prés de 30 millions d’euros à financer.

Les études sont actuellement en cours pour un début des travaux attendu courant 2020. Dans un premier temps, les travaux de réalisation des échangeurs devraient concerner les ronds-points de Saint Félix et des Moutiers, situés sur la portion centrale et la plus fréquentée de la rocade. Les travaux sont prévus pour durer plus d’un an. La deuxième phase d’aménagement concernerait l’aménagement du rond-point de Saint Marc également transformé en échangeur. Ces travaux devraient entraîner le déclassement de la rocade actuelle de boulevard urbain en autoroute urbaine pour laquelle la vitesse maximale serait portée à 90 km/h.

Ces importantes améliorations des conditions de circulation sur la rocade de Rodez sont attendues avec impatience. Sauf peut-être les riverains, qui au fil de l’augmentation du trafic, vont devoir en supporter les contraintes, à commencer par le bruit et la pollution atmosphérique croissante source de tant de problèmes de santé. Après l’abandon du projet de grand contournement pour défaut de financement, il n’y avait hélas guère d’autres alternatives pour les élus locaux que de porter ce projet avec ses inconvénients, sous peine de reporter aux calendes grecques l’aménagement de la rocade de Rodez et le prolongement de la RN88 à deux fois deux voies.

Plus d’infos : Projet d’aménagement de la rocade de Rodez

De son côté, la ville de Rodez va aménager le carrefour Saint Eloi

En complément des travaux d’aménagement de l’actuelle rocade, la ville de Rodez devrait engager les travaux d’aménagement du carrefour Saint Eloi qui demeure le principal point noir de la circulation à Rodez ces dernières années.

Le transfert prochain de l’université Jean-François Champollion à proximité de l’actuel IUT, prés de Saint Eloi, va en effet densifier un peu plus la circulation dans un quartier où elle est devenue de plus en plus difficile ces dernières années. C’est la raison pour laquelle la ville de Rodez devrait sortir des cartons le projet qui date de plus de 15 ans déjà. Il viserait à réaménager complètement la circulation du carrefour Saint Eloi, reliant l’avenue de Bordeaux, l’avenue du Mal Joffre et la rocade. Si la municipalité tient ses engagements, les travaux pourraient être réalisés concomitamment à l’aménagement de la rocade, c’est-à-dire à partir de 2019/2020.

Ce nouveau carrefour devrait prévoir un accès direct pour les véhicules en provenance du Bd Paul Ramadier vers la gare SNCF, mais aussi vers l’actuel rond-point des Moutiers. En prélude à ces travaux futurs, un nouveau giratoire a été mis en service au carrefour du bd du Maréchal Joffre et de l’avenue du 8 mai 1945. Gageons que cet aménagement majeur de la circulation à la principale entrée de Rodez, différé depuis de trop nombreuses années, verra enfin le jour pour le confort des ruthénois.

Le Conseil départemental réalise le barreau de Saint Mayme, reliant la rocade de Rodez au Causse Comtal

De son côté, le Conseil départemental ne perd pas de temps et, conformément à ses engagements, a lancé l’appel d’offre courant janvier 2016 pour les travaux du barreau de Saint Mayme, reliant la rocade de Rodez au Causse-Comtal (RD 988). Ces travaux ont démarré en 2017 avec la réalisation du rond-point sur la RD 988 entre Sébazac-Concourés et Lioujas et les divers ouvrages d’art.

Ils concernent l’aménagement d’une voie rapide de 9 km avec une chaussée à 2 et 3 voies, entièrement nouvelle, pour un coût total estimé à 25 millions d’euros, entièrement financés par le Conseil départemental bien que s’agissant d’une route nationale. Ces travaux, qui permettront de relier le nord Aveyron à l’actuelle rocade de Rodez en contournant la zone commerciale nord de Sébazac-Concourés, s’inscrivent dans le prolongement de la future liaison autoroutière entre Rodez et Séverac d’Aveyron (A75). Ils devraient se terminer en 2019.

Le prolongement de la RN88 à 2X2 voies entre Rodez et Séverac toujours en panne

Reste à espérer que le calendrier des travaux sera respecté et qu’à l’horizon de 2022, les difficultés de circulation dans le secteur de l’actuelle rocade de Rodez ne seront plus qu’un mauvais souvenir.

S’il est maintenant acquis que la RN88/A68 arrivera aux portes de Rodez fin 2019 et que la rocade de Rodez sera mise à niveau, il subsistera un important point noir entre Rodez et Séverac-le-Château (A75).

L’aménagement à 2X2 voies de cette importante voie du sud Massif-Central est toujours bloqué du fait de l’Etat qui n’a de cesse de faire traîner les choses, arguant d’un trafic insuffisant. Ce dernier tronçon aveyronnais de la RN88 est pourtant vital pour l’économie des départements de l’Aveyron, du Cantal et de la Lozère, les plus directement concernés. Au total, il ne s’agit pourtant que de 42 km pour un coût de l’ordre de 300 millions d’euros, soit une goutte d’eau pour l’Etat.

Le dossier relève en effet de sa compétence exclusive. A noter que l’actuel contrat de plan Etat-Région Occitanie 2015-2020 n’a prévu de 2 dérisoires millions d’euros d’études sur ce tronçon pourtant vital pour le département ! On est encore loin du compte.

Compte-tenu des erreurs passées des élus locaux sur ce dossier et du non-respect par l’Etat des engagements pris, il faut espérer que les élus départementaux vont dorénavant faire bloc et parler d’une seule voix face à l’Etat pour débloquer au plus vite ce grand chantier de désenclavement, indispensable au développement économique du département et de tout le sud Massif-Central.

Il y va de l’avenir des territoires ruraux évoqués par le président Emmanuel Macron dans sa campagne. On attend des actes concrets de l’Etat sur ce dossier.


Occitanie-Aveyron : Plaidoyer pour l’aménagement rapide de la RN88 à 2X2 voies entre Rodez et Séverac d’Aveyron/A75

30 octobre 2017

Voici quelques jours, devant les membres du Conseil départemental de l’Aveyron, M. le préfet en tant que représentant de l’Etat, s’est voulu rassurant en affirmant que ce dernier s’engageait à soutenir activement les investissements dans notre département.

Pas sûr qu’il ait convaincu de nombreux conseillers départementaux, sachant que les seuls travaux de mise à 2X2 voies de la RN88 entre La Mothe et Les Molinières, aux portes de Rodez, a pris deux ans de retard du seul fait de l’Etat. Par ailleurs, si sa réalisation était normalement à son entière charge, au final, elle aura été financée pour moitié par la région Occitanie et les départements du Tarn et de l’Aveyron. Initialement prévue fin 2017, la mise en service de l’intégralité de cette voie rapide entre Rodez et Toulouse n’interviendra, dans le meilleur des cas, que fin 2019. Par contre, aucun calendrier n’est avancé concernant le début des travaux de mise à 2X2 voies de la RN88 entre Rodez et Séverac (A75). On peut donc comprendre la prudence des élus locaux face aux engagements de l’Etat à soutenir l’économie départementale.

Force est de constater que pendant trop longtemps, l’Etat qui a une mission de solidarité territoriale, a purement et simplement oublié certains d’entre eux. Même si ces dernières décennies, le département de l’Aveyron, bien qu’enclavé entre Toulouse, Montpellier et Clermont-Ferrand, ne s’en est pas trop mal sorti grâce notamment au dynamisme économique de l’agglomération du Grand Rodez, le département souffre d’un handicap important du fait de l’absence de continuité autoroutière entre Rodez et l’autoroute A75.

Le développement de l’agglomération du Grand Rodez et du département de l’Aveyron sont freinés par cette absence de liaison autoroutière pour développer les échanges avec les métropoles régionales de Toulouse, Montpellier, Clermont-Ferrand et Lyon.

L’importance de la RN88 a pourtant été reconnue dès 1992 avec son inscription au Schéma directeur routier national et en 1995 à Mende par le Premier ministre de l’époque M. Edouard Balladur, qui s’était engagé à ce que l’Etat réalise dans les 10 ans l’aménagement autoroutier de l’axe Toulouse-Lyon (RN88-A68) via Albi, Rodez, Mende, Le Puy-en-Velay et Saint Etienne. L’axe avait alors été classé dans son intégralité en grande liaison d’aménagement du territoire (GLAT). 22 ans plus tard, les choses n’ont guère avancé sur cet axe, notamment entre Rodez et Le Puy. Une fois de plus, l’Etat n’a pas respecté ses engagements en la matière.

Si une partie de la RN88 à 2 x 2 voies entre Rodez et Toulouse devrait être mise en service en 2019, le tronçon Rodez/Séverac d’Aveyron (échangeur A75) en est toujours au même stade de simple projet. aucun travaux ne sont prévus dans le cadre du Programme de Modernisation des Itinéraires Routiers (PDMI) et du contrat de plan Etat-Région Occitanie 2015-2020 alors que la déclaration d’utilité publique a été réalisée il y a déjà fort longtemps.

Ce tronçon de seulement 42 km entre Rodez et Séverac d’Aveyron (A75), qui doit permettre de relier les autoroutes A68-A75 et A20 est aujourd’hui constitué de 2 voies uniques alors qu’il supporte un trafic de transit en très forte augmentation, avec de nombreux poids-lourds. Cette portion est arrivée à saturation avec des ralentissements importants aux heures de pointe et de fréquents accidents de la route.

Avec la traversée de Rodez qui reste encore à réaliser, c’est aujourd’hui le gros point noir au niveau de la circulation routière dans le département qui pénalise lourdement son développement économique et touristique. Le coût d’achèvement de cette liaison autoroutière est estimé à seulement 300 millions d’euros ; ce qui est peu au regard des retombées économiques attendues pour l’ensemble des départements concernés par la RN88 (hors Toulouse et Lyon, c’est plus 1.5 millions de d’habitants directement concernés et prés de 400 000 emplois).

Dans l’un de ses discours de campagne consacré à la ruralité, le président Emmanuel Macron a déclaré que les territoires ruraux ne seraient pas les oubliés et qu’il revenait à l’Etat de mettre fin à l’enclavement de certains territoires, en développant les liaisons à très haut débit partout en France et en achevant la réalisation des axes routiers indispensables au maillage du territoire. L’axe RN88 entre Rodez et Le Puy se situe exactement dans ce cadre. On attend toujours !

Il y a maintenant urgence à relancer la réalisation de la RN88/A68 entre Rodez et Le Puy afin d’achever au plus vite cet axe économique vital pour le développement de l’ensemble du sud Massif-Central et rompre l’isolement avec les métropoles de Toulouse, Montpellier et Lyon. Le déploiement du très haut débit en fibre, bien qu’indispensable, ne compensera jamais l’enclavement routier.

Au delà de Rodez et de l’Aveyron, c’est en effet un ensemble de villes moyennes (Albi, Rodez, Figeac-Decazeville, Aurillac, St Flour, Mende, Le Puy-en-Velay, Saint Etienne…) et 8 départements ruraux (Tarn, Lot, Aveyron, Cantal, Lozère, Haute-Loire, Ardèche et Loire) situés à proximité de cet axe qui attendent avec impatience son rapide aménagement aux normes autoroutières.

D’ores et déjà, l’ensemble des élus du département de l’Aveyron, toutes appartenances politiques confondues, s’est récemment prononcé en faveur de l’engagement rapide des travaux de mise à 2 X 2 voies de la RN88, entre Rodez et l’A75.

Il ne reste plus qu’espérer que la région Occitanie soutiendra activement cet aménagement dans le cadre du prochain plan Etat-Région et participera activement à son financement en vue d’accélérer sa réalisation rapide car il est essentiel que Mende et la Lozère soient reliés à la capitale régionale Toulouse. S’agissant de la région Rhône-Alpes-Auvergne, dont le président actuel a été maire du Puy-en-Velay, on ne peut que souhaiter que qu’elle soit au rendez-vous pour accompagner l’Etat en vue de la réalisation rapide de cet axe autoroutier majeur que constitue la RN88/A68 pour tout le sud Massif-Central.


Rodez : Baisse de la taxe foncière et hausse de la taxe d’habitation pour 2018

24 septembre 2017

Lors du Conseil municipal du 22/09/2017, le maire de Rodez a annoncé que la municipalité avait fait le choix de baisser le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties de 5% dés 2018, en ramenant son taux de 28.94%, inchangé depuis plus d’une décennie, à 27.49%. Corrélativement, la municipalité a décidé de supprimer définitivement l’abattement général à la base de 5% dont bénéficiaient tous les foyers en matière de taxe d’habitation. Cette suppression aura pour effet d’augmenter la base d’imposition et par voie de conséquence la cotisation due par les foyers qui en sont redevables.

En d’autres termes, cette décision de la municipalité de gauche aura finalement pour conséquence pour les propriétaires résidents à Rodez, de neutraliser la baisse de la taxe foncière sur les propriétés bâties. A l’inverse, les propriétaires-bailleurs bénéficieront de l’intégralité de la baisse de la taxe foncière puisque la taxe d’habitation est payée par le locataire. Par contre, pour les locataires, sauf exonération ou de plafonnement, ils devraient supporter, comme les propriétaires résidents, l’augmentation de la taxe d’habitation imputable à la suppression de l’abattement général à la base de 5% sans aucune contrepartie.

L’abattement général à la base applicable en matière de taxe d’habitation

L’abattement général à base est un abattement facultatif dont bénéficie l’ensemble des résidents de la commune au titre du logement qu’ils occupent, qu’ils soient simples locataires ou propriétaires. Cet abattement avait été voté par la ville de Rodez il y a bien longtemps ; il avait un but social : diminuer la valeur locative imposable du logement favorisant les logements de petite ou moyenne surface. En effet, cet abattement est calculé sur la valeur locative moyenne de la commune ; il est plafonné au-delà d’une certaine valeur locative. Peu de communes comparables à Rodez ont cependant voté cet abattement qui à l’inconvénient de faire apparaître un taux de taxe d’habitation supérieur à la pression fiscale réelle.

Il était de 15%, soit le maximum en 2008 et a été ramené à 10% en 2009, puis à 5% en 2016 par décision de la municipalité actuelle. Pour 2018, cet abattement sera définitivement supprimé compte-tenu du récent vote de la majorité municipale du Conseil municipal. Ce qui conduira mathématiquement à une augmentation de la cotisation de taxe d’habitation, à laquelle s’ajoutera l’actualisation des valeurs locatives qui sera voté en fin d’année par le Parlement dans le cadre de la loi de finances pour l’année 2018. Raison pour laquelle le groupe de la droite et du centre au Conseil municipal a voté contre cette suppression.

Rappelons que la diminution de ce même abattement de 5% en 2009, puis à nouveau 5% en 2016 par la municipalité avait été suivi d’une baisse de corrélative du taux de la taxe d’habitation de 5%. Ce qui avait conduit, selon la valeur locative du logement, à neutraliser tout ou partie du coût financier lié à sa suppression. Même si cela n’avait pas entraîné de baisse notable de la cotisation de taxe d’habitation pour tous les ruthénois (exception faite des contribuables ayant bénéficié de l’abattement pour personnes à charges ou pour handicap), les précédentes baisses de taux avaient au moins le mérite d’une meilleure lisibilité fiscale en réduisant de facto l’écart de taux avec les communes voisines. Il en ira différemment en 2018 puisque le taux de la taxe d’habitation restera inchangé.

Coup de frein à la baisse de la taxe d’habitation

La logique et la cohérence de la fiscalité locale aurait voulu que la suppression des derniers 5% de l’abattement général à la base dés 2018, soit suivi d’une baisse au moins égale du taux de la taxe d’habitation comme cela a été le cas pour les années 2009 et 2016. Le coût aurait été moindre pour les contribuables, mais aussi pour la collectivité, tout en ayant l’avantage de ramener le taux de la taxe d’habitation de 16.38% actuellement, à environ 15.60%. C’eût été plus équitable pour les propriétaires occupants et les locataires qui font le dynamisme de la ville.

Chacun s’accorde en effet à reconnaître que la taxe d’habitation, qui est due par les occupants de tout logement au 1er janvier (sauf exonération ou plafonnement en fonction des revenus), qu’il soit locataire ou propriétaire, reste un impôt relativement injuste, d’autant plus que les logements récents, y compris les logements sociaux, sont globalement surimposés au regard des logements anciens souvent sous-évalués. Seule une réforme des valeurs locatives, reportée par les gouvernements successifs en raison de sa complexité, aurait été de nature à rétablir une plus grande équité.

C’est probablement la raison pour laquelle le président Emmanuel Macon a opté pour une exonération de 80% des foyers qui en sont redevables plutôt que de monter une nouvelle usine à gaz du type de la retenue à la source. Il reste cependant des interrogations sur sa mise en œuvre qui, en tout état de cause, placera un peu plus les collectivités territoriales sous la dépendance du bon vouloir de l’Etat pour le remboursement de cette coûteuse exonération.

Dans ce contexte, la précipitation de la majorité municipale de gauche à stopper brutalement cette évolution à la baisse de la taxe d’habitation pour 2018 reste incompréhensible. Il s’agit probablement là d’un effet pervers de la réforme prochaine de la taxe d’habitation voulue le président Macron, qui n’a en aucune manière pour objet d’inciter les collectivités à stopper la baisse de la taxe d’habitation et réduire les efforts de convergence de la fiscalité locale !

La baisse du taux de la taxe d’habitation avait pour logique de réduire l’écart avec ceux des autres communes de l’agglomération. Or, en dépit de la baisse des taux de la taxe d’habitation en 2009 et 2016, avec un taux de 16.38% en 2017, celui-ci reste encore beaucoup plus élevé que les autres communes (Sce DGCL – données 2015) : Onet-le-Château (8.70%), Luc La Primaube (11.70%), Olemps (10.60%), Sébazac-Concourés (9.13%)… pour ne citer que les principales communes.

Avec des écarts de 5% à 8% avec les principales communes de l’agglomération, la convergence des taux de la taxe d’habitation ne semble pas pour demain. Même si à brève échéance seulement 20% des foyers l’acquittent, le taux de la taxe d’habitation resta durablement, au moins autant que celui de la taxe foncière sur les propriétés bâties, un élément de comparaison et d’attractivité important pour les nouveaux arrivants dans l’agglomération.

Baisse de la taxe foncière sur les propriétés bâties

Le choix de privilégier la baisse de la taxe foncière, plutôt que la taxe d’habitation, est pour le moins étonnant de la part d’une municipalité de gauche. En règle générale, les collectivités penchent en faveur de la baisse taxe d’habitation qui est l’impôt local acquitté par l’ensemble des ménages et notamment les plus modestes.

Le maire de Rodez a reconnu que la baisse de la taxe foncière était un choix délibéré et assumé, allant jusqu’à se féliciter que la ville de Rodez soit la première dans la région Occitanie à franchir le pas ! Ce choix paraît pour le moins contestable pour plusieurs raisons :

  1. Pourquoi privilégier à ce point les propriétaires, sachant par ailleurs qu’à Rodez plus de 40% d’entre eux n’habitent pas la ville (ce qui est considérable au regard d’autres villes) ? Les 40% sont constitués pour une grande part de propriétaires-bailleurs pour qui, comme chacun le sait, le montant de la taxe foncière n’a aucune incidence sur leurs choix puisque leur seule préoccupation est la rentabilité du bien et l’avantage fiscal qui en découle. La municipalité voudrait favoriser les propriétaires bailleurs qu’elle ne s’y prendrait pas autrement.
  2. Cette baisse de la taxe foncière est d’autant plus surprenante que son taux actuel à Rodez de 28.94% (27.49% en 2018) reste parmi les plus bas des villes de la strate au plan régional. En outre, la comparaison avec les communes de Rodez-Agglomération permet de constater que les écarts sont bien moindres qu’en matière de taxe d’habitation, notamment avec Onet-le-Château dont le taux était de 25.29% en 2015.
  3. Enfin, la baisse des taux de la taxe foncière, en dépit de la baisse concomitante de l’abattement général à la base, demeure d’un coût bien plus élevé que ne l’aurait été la baisse du taux de la taxe d’habitation.

Les effets pour le moins discutables de la baisse de la taxe foncière

Après avoir baissé les taux de la taxe d’habitation, la baisse de la taxe foncière envisagée pour 2018 par la municipalité semble manquer cruellement de cohérence et n’aura probablement que des effets très limités sur l’attractivité fiscale de la ville.

Cette décision favorise les propriétaires-bailleurs déjà fort nombreux sur la ville de Rodez au détriment des propriétaires résidents qui eux devront, en outre, supporter l’augmentation de la taxe d’habitation liée à la suppression de l’abattement général à la base de 5%. Il s’agit là d’une forme de mépris pour les résidents de la ville qui acquittent la taxe d’habitation bien que son taux soit très supérieur aux communes de l’agglomération.

Il paraît donc peu vraisemblable que la baisse de la taxe foncière envisagée pour 2018 puisse redonner du pouvoir d’achat au plus grand nombre de ruthénois. Si augmentation du pouvoir d’achat pour les foyers les plus modestes il y a, ce sera plutôt du fait du gouvernement en raison de l’exonération de 80% des foyers redevables de la taxe d’habitation, et non de la municipalité.

Enfin, le réalisme permet de douter que la baisse de la taxe foncière puisse être de nature à inciter les ruthénois à venir résider à Rodez, plutôt que dans les autres communes de l’agglomération ou des communes extérieures alors que le taux de la taxe d’habitation y reste nettement plus élevé. Si elle est fortement souhaitable, la convergence de la fiscalité locale au sein de l’agglomération et la mise en œuvre d’un véritable pacte fiscal ne semblent pas pour demain.

Nul doute qu’il eût été préférable de poursuivre la baisse du taux de la taxe d’habitation en 2018 ; ce d’autant plus que son rendement est nettement moins important pour la collectivité et donc moins coûteux. Ceci aurait aussi permis de réduire l’exposition de la commune vis-à-vis de l’Etat qui, à terme, risque de ne prendre en charge qu’une partie de l’exonération qui lui incombe au titre des exonérations de taxe d’habitation.

Une fois de plus, il s’agit d’abord d’une mesure d’affichage médiatique. Les ruthénois pourront juger sur pièce à l’automne 2018.


Rodez : A mi-mandat municipal, les investissements reprennent enfin

16 juillet 2017

Alors que certains investissements prévus depuis fort longtemps semblaient remis au calendes grecques, lors du dernier Conseil municipal de juin dernier, le maire de Rodez a profité du débat relatif au vote du compte administratif 2016 pour faire un point sur un ensemble d’investissements à venir, ville et agglomération confondus pour ne pas changer. Rejetant l’un des arguments de l’opposition concernant la baisse des investissements, Christian Teyssèdre a finalement annoncé le démarrage prochain de quelques grands chantiers municipaux dont la plupart dormaient dans les cartons depuis 2008.

Au premier rang des futurs grands chantiers du centre-ville : la place et le parking Foch. Rappelons que cette place piétonne est utilisée depuis de longues années comme parking extérieur et qu’elle souffre d’un revêtement très dégradé qui n’assure plus l’étanchéité du parking souterrain depuis bien longtemps. S’agissant du parking souterrain de prés de 400 places, il date de plus de 50 ans (ce fût le premier parking souterrain qui avait été concédé à GTM Entrepose). Au terme de la concession, il a été exploité en régie directe par la ville, sans qu’aucun travaux de rénovation n’aient jamais été réalisés. Il est aujourd’hui en mauvais état et très peu fonctionnel, sans ascenseur pour desservir ses 3 étages.

L’ancienne municipalité battue en 2008, n’avait pu mener à bien le projet de rénovation qu’elle avait envisagé. Depuis cette date, l’actuelle municipalité avait régulièrement différé le dossier et plusieurs projets différents avaient d’ailleurs été évoqués avant d’être abandonnés. Au final, la maire de Rodez a annoncé la reprise du dossier de l’ancienne municipalité prévoyant outre la rénovation complète du parking, l’ouverture de la place Foch directement sur le boulevard Gally, avec des escaliers permettant l’accès à la place et peut-être une fontaine et des jets d’eau.

Ce chantier d’un coût estimé à 4 millions d’euros devrait débuter avant la fin de l’année 2017 par la réfection de la place Foch avec la réalisation de l’étanchéité, puis le parking qui devrait être légèrement agrandi et porté à 400 places. Voilà un projet qui devrait permettre de remodeler agréablement ce quartier du centre-ville, sachant qu’il s’agit aussi du parking le mieux situé et le plus fréquenté. Ce qui devrait donner une bien meilleure image de notre ville aux visiteurs qui fréquentent actuellement ce lieu en piteux état. Espérons seulement que la place Foch retrouvera définitivement sa vocation première : une place entièrement piétonne dédiée à l’animation de la ville.

L’autre grand projet, lui aussi très ancien, concerne le réaménagement complet de la place de la Cité, l’une des grandes places de la ville aujourd’hui dans un état lamentable alors même qu’elle est incontournable avec son marché du samedi, ses terrasses de cafés et son office de tourisme.

Le projet de l’ancienne municipalité qui prévoyait un parking souterrain au-dessous a été abandonné par l’actuelle majorité voici des années en raison des coûts prohibitifs des fouilles nécessaires à sa construction, sachant que nous sommes ici au cœur de la vielle cité gallo-romaine des Ruthènes. Cet abandon a engendré un retard considérable en raison des divers projets plus ou moins aboutis qui n’ont toujours pas vu le jour. Le dernier présenté aux seuls élus de la majorité municipale prévoyait la remise à niveau de l’ensemble de la place, devenue entièrement piétonne et comportant l’œuvre d’un artiste local. Celle-ci faisant la part belle aux terrasses des cafés, tout en permettant le maintien du marché du samedi.

Cet espace piéton devant être complété par l’aménagement des places autour de la cathédrale, de la rue Frayssinous et de la rue du Terral, avec le maintien de quelques places de stationnement temporaires.

Aux dernières nouvelles, le projet semble à nouveau enlisé et le réaménagement de ce haut lieu de la vie ruthénoise s’éternise. En effet, si le maire a confirmé l’engagement prochain des travaux, il a pris soin de n’avancer aucune date alors que la municipalité avait initialement annoncé le début des travaux fin 2017. Plus vraisemblablement, ces travaux ne devraient pas débuter avant l’automne 2018 et peut-être même 2019, à moins qu’ils ne soient simplement reportés après les élections. Ce qui est profondément regrettable car l’image de la ville, avec le succès du musée Soulages, mérite que cette place centrale soit réaménagée au plus vite !

Pourquoi ces aménagements structurants pour le centre-ville n’ont-ils pas été engagé depuis 2014 et même avant ? Probablement pas pour des raisons financières puisque les finances de la ville sont plutôt bonnes avec une dette en forte baisse, du fait notamment de la faiblesse des investissements de ces dernières années. A moins que cette concentration des principaux investissements en fin de mandat n’ait d’autre motivation que politicienne, à l’approche des élections de 2020 comme certains le laissent entendre ? Plus vraisemblablement, il s’agit simplement d’une incapacité pour les services de la ville et la municipalité à mettre en œuvre ces projets.

Les autres chantiers à venir sont à l’initiative de Rodez agglomération. Il s’agit de la maison de santé du Faubourg, qui sera suivie par celle de Gourgan et bien sûr de l’aménagement de Combarel resté en friche depuis 2008 et qui a connu cette année ses premiers coups de pelle, en attendant les travaux de construction de l’EPHAD.

Au final, même si on peut déplorer un important retard pris dans de nombreux travaux, l’essentiel est que ces investissements structurants pour la ville finissent par être réalisés. Mieux vaut tard que jamais !