Rodez : La chute des ventes de véhicules diesel fragilise l’industrie automobile et Robert Bosch en particulier

15 avril 2019

Le site Robert Bosch France d’Onet-le-Château (agglomération de Rodez) est depuis longtemps le principal site industriel de l’Aveyron et l’un des plus importants d’Occitanie. Il est spécialisé dans la production de systèmes d’injection diesel de type « Common rail » qui équipe depuis plus d’une décennie la majorité des véhicules diésel. Or, le site est aujourd’hui menacé par la forte baisse d’activité ces dernières années en raison de la chute des ventes de motorisations diesels en Europe et dans le monde.

Les moteurs diesels récents produits grâce aux nouveaux systèmes d’injection Bosch sont beaucoup moins polluants

L’usine de Rodez produit actuellement une nouvelle génération de systèmes d’injection particulièrement performants et au final, émettant peu de CO2 et surtout beaucoup moins de particules fines qui étaient le point faible des diesels de génération précédente, à l’origine de graves problèmes de santé publique. Or, la plupart de ces derniers sont toujours en circulation et personne ne semble s’en émouvoir alors qu’il faudrait retirer l’ensemble des véhicules diesels de plus de 10 ans d’âge car extrêmement nocifs pour la santé.

Depuis quelques années, la nouvelle génération de moteurs diesels n’émet que très peu de particules fines très novices pour la santé alors qu’à l’inverse, certains nouveaux moteurs essence sont devenus plus nocifs.

Le comble, c’est qu’aujourd’hui probablement par manque d’information, le consommateur s’est détourné massivement des véhicules diesels en raison de leur nocivité sur la santé (ce qui était exact pour les véhicules produits ces dernières années) et s’est précipité sur les véhicules essence récents, qui consomment moins mais sont pourtant plus nocifs pour la santé. Au passage, même les véhicules électriques prétendument propres émettent un niveau de particules fines proche des diesels récents en raison notamment de leurs pneumatiques et du système de freinage.

Cette évolution absurde du consommateur s’explique par les incessantes campagnes anti-diesel, qui étaient tout à fait justifiées en ce qui concerne les anciennes générations mises en service jusqu’en 2015/2016. Mais ces mêmes campagnes de dénigrement des moteurs diesels ont oublié de préciser que l’industrie automobile avait réalisé d’importants progrès en produisant une nouvelle génération de moteurs diesels bien plus propres et beaucoup moins nocifs.

Or, au même moment, elle produisait aussi de nouveau véhicules essence, certes plus performants en consommations mais bien plus nocifs que les précédents au niveau des NOx. Aussi surprenant que ce soit, cette évolution n’a fait l’objet d’aucune communication auprès du grand public.

Le Dieselgate a jeté un total discrédit sur les moteurs diesels

Bien sûr, il ne fallait pas compter sur les mouvements écologiques pour éclairer les consommateurs sur ces évolutions, alors que pour elles, seul le véhicule électrique aurait de l’avenir alors même qu’il est au moins aussi polluant que les véhicules thermiques les plus récents. Mais c’est un autre débat !

Plus surprenant, comment se fait-il que les industriels de l’automobile européenne, pourtant si puissants que ce soit en Allemagne ou en France, eux qui ont encouragé la production de cette nouvelle génération de véhicules diesels performants et très peu polluants, n’aient pas été en mesure de communiquer massivement pour expliquer les progrès considérables de ces nouveaux moteurs diesels ? Pourquoi les gouvernements allemands et français notamment au cours des années 2015/2016 n’ont pas été en capacité de communiquer sur le sujet plutôt que de laisser se répandre l’idée selon laquelle tous les moteurs diesels seraient finalement très nocifs pour la santé ? Pourquoi avoir ainsi laissé travestir la réalité au risque de conduire l’industrie automobile à la faillite ?

A cela, force est de reconnaître que l’affaire du truquage à grande échelle du système de contrôle anti-pollution des véhicules diesels par Volkswagen afin de minimiser les effets nocifs de ces motorisations (notamment Nox et CO2), a été désastreux sur le grand public (cf. affaire Dieselgate découverte en 2015). Cette colossale affaire, à laquelle sont liés la plupart des constructeurs allemands, a porté un tort considérable à l’image des moteurs diesels et explique en grande partie le fait que de nombreux consommateurs se soient finalement tournés vers les moteurs essence et dans un degré moindre, l’électrique.

Ainsi, subrepticement, avec une médiatisation considérable de l’affaire des moteurs diesels équipés de dispositifs de mesure de pollution truqués, de plus en plus de consommateurs ont décidé de tourner la page du moteur diesel. Ni les constructeurs, ni les gouvernements, ni les élus, les syndicats et les organismes de consommateurs n’ont osé aller à l’encontre de l’opinion générale. Une réaction étonnante de la part des équipementiers automobiles alors qu’une nouvelle génération de moteurs beaucoup moins polluants était en passe d’équiper les nouveaux véhicules !

Pourquoi ne pas avoir fait la promotion de la toute dernière génération de moteurs diesels, bien plus propres ? Le mal a ainsi été fait et les moteurs diesels paraissent aujourd’hui irrémédiablement condamnés, tout comme le seront les moteurs essence demain. Les responsables de cette situation se trouvent à tous les échelons de l’industrie et de la société.

Le site ruthénois de Robert Bosch face à la crise du diesel

Cinq ans plus tard, les dégâts sont en passe d’apparaître au grand jour au niveau de l’industrie automobile européenne. Pourquoi avoir attendu si longtemps sans véritable réaction alors que le problème est né voici bien des années déjà ? Pourquoi si peu d’anticipation des uns et des autres qui semblent aujourd’hui découvrir le sujet ? Pourquoi jouer aujourd’hui les vierges effarouchées sur le sujet ?

Certes on peut toujours manifester ici et là en brandissant régulièrement des pancartes pour se donner bonne conscience ! Mais cela ne changera rien car le mal a été fait.

A défaut d’avoir la main sur le dossier, certains élus ruthénois, dont le maire d’Onet-le-Château et le président de Rodez agglomération ainsi que quelques parlementaires, ont au moins le mérite de se bouger, que ce soit auprès du ministre de l’économie (mais que peut-il ?), en allant même jusqu’à rencontrer les dirigeants du groupe Robert Bosch à leur siège de Stuttgart pour attirer l’attention sur le devenir de l’unité de Rodez. Même si le résultat est loin d’être gagné, au moins a-t-on sensibilisé ceux qui ont quelques pouvoirs pour faire bouger les choses.

En effet, seule une reconversion des entreprises concernées vers des technologies du futur pourra compenser la perte d’emplois dans ce secteur de l’ancienne industrie. Ceci n’est hélas qu’un début, car avec la fin programmée des véhicules thermiques vers 2040, c’est toute l’industrie automobile qui va devoir se réorganiser sachant que la production de véhicules électriques ou à hydrogène ne nécessitera qu’un personnel très réduit au regard de celui employé aujourd’hui dans l’industrie automobile.

Alors oui, on ne peut que soutenir la Bosch à Rodez et ailleurs, mais c’est d’abord aux entreprises concernées de s’adapter à la nouvelle industrie, si possible sans oublier son unité de production ruthénoise qui a largement participé au développement et la richesse de Robert Bosch GmbH. L’objectif doit effectivement de tout mettre en œuvre pour maintenir l’emploi à son niveau actuel de 1 600 personnes.

Hélas, ni les élus locaux, ni le gouvernement n’ont la clef du dossier. Il reste à espérer que l’usine Robert Bosch d’Onet-le-Château pourra bénéficier d’un véritable programme de reconversion qui assurera la pérennité de l’établissement d’Onet-le-Château, si important pour le devenir de l’agglomération.

 

Publicités

Rodez : Le musée Soulages 5 ans après sa création

9 avril 2019

Porté par Rodez agglomération, le musée Soulages inauguré le 30 mai 2014 va prochainement fêter son cinquième anniversaire.

Après les longs et interminables débats qui ont précédé sa création, le moment est venu d’un premier bilan. Contrairement aux oiseaux de mauvais augure qui soutenaient que le musée serait un échec et plomberait durablement les finances de l’agglomération, force est de constater qu’il n’en a rien été.

Bien au contraire, après ces cinq premières années d’activité, chacun s’accorde à reconnaître que le musée Soulage est un succès incontestable, tant en termes d’attractivité et de notoriété, qu’en terme de soutien à l’activité économique de l’agglomération.

Une fréquentation soutenue depuis 2014

Alors que les prévisions les plus optimistes ne dépassaient pas une fréquentation annuelle de l’ordre de 80 000 visiteurs, elle a été en moyenne de 160 000 visiteurs par an. En effet, entre son ouverture en mai 2014 et la fin 2018, c’est plus de 800 000 visiteurs qui ont fréquenté le musée Soulages même si 2018 marque une baisse sensible.

Cette fréquentation soutenue a donné à l’agglomération ruthénoise une autre dimension dont on ne peut que se réjouir ; preuve que la culture peut aussi trouver sa place dans une ville moyenne et contribuer à son dynamisme. Il suffit de voir le nombre de nouveaux commerces parmi les plus divers qui se sont ouverts ces dernières années et la fréquentation du centre-ville à la belle saison, comme en atteste l’augmentation de 54% du nombre de nuitées ou de 61% des recettes liées à la taxe de séjour, entre 2013 et 2017.

Incontestablement, les expositions temporaires ont grandement assuré le succès. Parmi elles : Outrenoir en Europe (172 000) en 2014, Le Bleu de œil de Claude Lévêque (99 800) en 2015, Soto une rétrospective (41 300) et Picasso (90 900) en 2016, Calder forgeron de géantes libellules (91 200) en 2017, Le Corbusier (35 300) et Gutaï l’espace et le temps (55 900) en 2018.

Même si la dernière exposition Gutaï a quelque peu déçu en termes de fréquentation, probablement en raison de la faible notoriété de l’art Gutaï en France et d’une promotion locale insuffisante (ce sont d’abord les visiteurs issus du département qui ont fait défaut pour cette exposition). En cette année du Japonisme en France, ce fût pourtant une bien belle exposition insuffisamment relayée par les médias nationaux comme trop souvent.

Preuve que le choix des expositions temporaires reste délicat, tout en restant dans des fourchettes de prix raisonnables pour les finances de Rodez agglomération. Nul doute que les responsables du musée Soulages sauront trouver de nouvelles expositions qui conforteront le succès du musée Soulages.

Une architecture reconnue au niveau mondial

Financé par Rodez agglomération, le musée Soulages a été réalisé par le cabinet d’architecte catalan, RCR Arquitectes : Ramon Vilalta, Carme Pigem et Rafael Aranda. Une conception contemporaine et harmonieuse à base d’acier corten qui s’intègre parfaitement dans la pente du jardin public et de l’esplanade des Rutènes, mais aussi avec la cathédrale en arrière-plan. Une superbe réalisation qui vaut à elle seule le détour car il n’est pas sans rappeler quelques autres grands musées mondiaux célèbres.

RCR Arquitectes a d’ailleurs reçu en 2017 le prix Pritzker, considéré comme le prix Nobel de l’architecture. RCR Arquitectes a travaillé sur des projets en Espagne, en Belgique et en France. Parmi leurs réalisations les plus marquantes, outre la médiathèque Waalse Krook de Gand (Belgique), on trouve le musée Soulages qui constitue un ensemble unique fait de lignes droites et d’angles, avec des parois en acier corten pour donner à l’ensemble une teinte rouille.

Rappelons qu’en 2015, ce même cabinet d’architecture catalan s’était vu remettre le grand prix international par la Fondation d’architecture contemporaine espagnole pour la réalisation du Musée Soulages, la plus haute distinction architecturale espagnole.

Outre le musée Soulages, une aile du bâtiment abrite également le café Bras, une grande brasserie ruthénoise renommée, tenue par la famille des célèbres chefs internationalement connus : Michel et Sébastien Bras.

Un cadre exceptionnel pour un musée d’art moderne où les œuvres de Pierre Soulages sont merveilleusement mises en valeur.

Rodez fête le centenaire de Pierre Soulages

L’année 2019, est aussi l’année des 100 ans de pierre Soulages, né le 24/12/1919 à Rodez.

L’occasion pour la ville de Rodez et Rodez agglomération de marquer cet évènement en relation avec le siècle et l’œuvre de Pierre Soulages. C’est en effet à Rodez qu’il est aujourd’hui possible de contempler la plus importante collection des œuvres de l’artiste ruthénois.

Le musée Soulages est ainsi devenu l’un des tous premiers musées de province par sa fréquentation et un lieu culturel incontournable de France. Un atout considérable pour le développement et l’attractivité de Rodez et de son agglomération.

A l’occasion du centenaire de Pierre Soulages, un ensemble de manifestations culturelles sont proposées tout au long de l’année 2019 aux quatre coins de la ville.

Le programme détaillé : Le siècle Soulages Rodez 2019

L’avenir du musée Soulages et du pôle muséal

Le succès du musée Soulages repose aussi sur la qualité de son conservateur Benoît Decron et ses assistants qui ont su valoriser et vendre le musée à l’extérieur. C’est un combat de tous les jours, sachant que la communication dans le domaine de la culture est d’autant plus difficile que Rodez n’est qu’une petite ville moyenne avec des moyens limités qui doit faire face aux grands musées, principalement parisiens, sachant que la plupart des journalistes ne jurent que par Paris en matière culturelle. On mesure l’ampleur du défi à relever pour le musée Soulages qui doit se faire une place dans ce microcosme parisien.

Afin de faire face à ces défis, comme cela avait été initialement envisagé et comme le souhaite Pierre Soulages lui-même pour assurer la pérennité du musée dans le temps, les élus de Rodez agglomération ont fait le choix de confier la gestion du musée Soulages à un EPCC (établissement public de coopération culturelle).

Cet EPCC sera composé à parts égales par chacune des collectivités locales (Rodez agglo, la région Occitanie et le département de l’Aveyron) et par l’Etat. Les statuts de l’EPCC ainsi que sa gouvernance devraient être valisés par les partenaires dans les mois à venir. Si tout se passe comme prévu, l’EPCC en charge de la gestion du musée Soulages devrait voir le jour au plus tard en fin d’année 2019. Il devrait permettre d’offrir une plus grande dynamique au musée et lui donner les moyens de son développement en répartissant les frais de gestion entre les partenaires.

Pour autant, cela ne sera pas sans quelques soucis et ajustements car jusqu’à maintenant, la gestion du musée Soulages s’inscrivait dans le cadre pôle muséal de Rodez agglomération qui prendra donc fin à cette date. En effet, seul le musée Soulages relevant de l’EPCC, se posera alors la question de la gestion des deux autres musées ruthénois : Fenailles et Denys Puech.

Voilà qui ne va pas manquer de relancer de longs et délicats débats au sein de Rodez agglo. Gestion agglo ou retour à une gestion municipale ? Rodez peut-il conserver deux musées à côté de Soulages ? Pour quels coûts ?

Plus d’infos :


France : La baisse des victimes de la route en 2018 reste fragile et nettement insuffisante

16 février 2019

Edouard Philippe, le Premier ministre, s’est récemment réjoui des bons chiffres obtenus en 2018 sur le front des accidents de la route. Cette amélioration des résultats par rapport à l’année 2017 sont principalement imputables à la mise en place de la limitation à 80 km/h sur les routes secondaires depuis le 1er juillet 2018. C’est en effet plus de 189 vies qui ont été épargnées en France par rapport à 2017, auquel il faut ajouter des centaines d’accidentés. Un bilan effectivement en amélioration sensible.

La destruction massive de radars par les gilets jaune a cependant constitué un obstacle à une plus grande réduction du nombre de tués sur les routes

Cette baisse des accidents de la route a principalement été enregistrée au cours des mois d’août et d’octobre, tandis qu’ils ont à nouveau augmenté à partir de novembre et décembre. Comme par hasard, ces deux derniers mois correspondent au début des opérations des gilets jaunes, hostiles à cette mesure et qui se sont lancés dans une opération de destruction massive de radars depuis quelques mois. Fin janvier, plus de 60% des radars fixes avaient ainsi été rendus inopérants.

Sans le risque d’être flashés et avec de rares contrôles de police et de gendarmerie, bon nombre d’automobilistes ont renoué avec les mauvaises habitudes et la vitesse est progressivement repartie à la hausse. Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière le confirme : « Même si nombre de PV n’ont pu être adressés en raison des images généralement inexploitables, le nombre d’amendes pour excés de vitesse a été multiplié par quatre en décembre 2018…. Au cours des deux derniers mois de l’année 2018, on a dénombré le même nombre de tués qu’en 2017 à la même période. Ce qui a réduit d’autant les retombées positives de la mise en place de la limitation de vitesse à 80 km/h qui a permis de sauver 116 vies lors du deuxième semestre 2018. »

La vitesse moyenne est aujourd’hui proche 90 km/h au lieu des 80 km/h en vigueur. Combien de temps va-t-on accepter cela ?

Le bilan 2018 est ainsi biaisé en l’absence de réels contrôles de vitesse en fin d’année et de sanctionner le non-respect des limitations de vitesse. Pourtant, n’en déplaise aux inconditionnels de l’automobile, il est scientifiquement démontré que la vitesse reste l’un des principaux facteurs d’accidents de la route et qu’une réduction de 10 km/h a un effet direct sur leur diminution.

Cela n’empêche pas la justice française de faire preuve d’une certaine complaisance à l’égard des automobilistes sanctionnés pour excès de vitesse, tout comme à l’encontre de ces mêmes automobilistes qui participent à la destruction de radars destinés à faire respecter le code de la route et partant, à sauver des vies.

Le terrible bilan des victimes de la route en France

Rappelons que la baisse sensible du nombre de tués sur les routes de France obtenue à partir de 2003 (8 200 en 2001 à 4 000 en 2010, puis 3 268 en 2013) s’explique principalement par la généralisation des radars automatiques et une plus grande sévérité à l’encontre des excès de vitesse au cours de ces périodes. Depuis 2013, l’assouplissement des contrôles de vitesse a contribué à faire remonter ce chiffre à 3 500 tués en 2016.

Sur la base des données 2015 de l’OCDE, la France détient un bien triste record digne d’un pays sous-développé : celui du plus grand nombre de tués sur ses routes (52,5 tués pour 1 millions d’habitants en France en 2015), contre seulement 25 en Suède, 27.7 au Royaume-Uni, 30 en Suisse, 36.5 aux Pays-Bas, 36,7 en Espagne, 37 au Japon, 38 en Allemagne.

Plusieurs pays en Europe pratiquent déjà le 80 km/h sur les routes secondaires sans séparateur de chaussée : Pays-Bas, Suède, Norvège, Danemark et Suisse. Ces pays sont d’ailleurs classés parmi les meilleurs élèves en Europe. Prochainement, l’Espagne qui a obtenu de très bons résultats en moins d’une décennie, devrait aussi passer au 80km/h sur ses routes à double sens de circulation pour réduire davantage le nombre de victimes.

En 2018, avec 3 259 tués, la France conserve le bonnet d’âne des grands pays avec 49 tués pour un million d’habitants et plus de 5 000 blessés ; un résultat affligeant pour un pays prétendument développé et patrie des droits de l’homme. A croire que pour certains automobilistes français, le permis de conduire est aussi un permis de tuer, comme pour la chasse !

La délinquance routière en Aveyron

Le département de l’Aveyron bien que faiblement peuplé a des résultats encore plus mauvais qu’au plan national. En 2018, on a dénombré 202 accidents au cours desquels 24 personnes ont perdu la vie sur les routes du département, soit 86 tués pour un million d’habitants (près du double qu’au plan national). Pour ce qui est des blessés, le chiffre est aussi à la hausse en 2018 avec 281 (dont 150 hospitalisations) contre 214.

Dans ce contexte, sans évoquer la dangerosité d’une partie du réseau routier départemental en dépit des travaux réalisés, comment ne pas s’étonner du comportement lamentable de quelques élus au regard de ce bilan catastrophique du nombre de victimes innocentes. L’argumentation éculée de certains élus qui préfèrent soutenir une poignée d’automobilistes en mal de sensations, plutôt que de défendre l’intérêt général, est affligeante. Manifestement, pour certains élus, 24 morts et près de 300 vies brisées par an leur importe peu. Ils préfèrent soutenir l’indéfendable et encourager la délinquance routière.

Contrairement aux fausses informations qu’ils n’hésitent pas à propager, oui l’instauration du 80 km/h en France sur les routes secondaires sans séparateur de chaussée est une sage et courageuse décision qui vise à préserver un maximum de vies humaines. Au vu du coût considérable pour la société des accidents de la route en France (plus de 50 milliards d’euros par an), il s’agit d’un problème de santé publique qui relève de la responsabilité de l’Etat.

L’Etat est ici dans son rôle et il doit aller plus loin encore. L’objectif pour la France doit être de ramener au plus vite le nombre de tués au plan national autour de 2 000 tués par an, soit 30 morts pour un million d’habitants, contre 49 morts aujourd’hui (86 en Aveyron !)

Le délire de certains élus locaux à propos de la mise en place du 80 km/h

Prétendre que la mise en place du 80 km/h pénaliserait l’économie départementale relève d’une manipulation éhontée car totalement fausse. Même si ici et là certains conducteurs peuvent perdre quelques petites minutes sur un trajet de 50 km, tout cela n’a pas d’incidence économique réelle, tout en ayant le mérite de sauver des vies bien plus précieuses. D’ailleurs, jamais les temps de transport en Aveyron n’ont été aussi réduits d’un point à un autre et jamais autant de camions n’ont transité par notre département, preuve s’il en est, que la traversée du département même à 80 km/h, n’est guère pénalisante.

Au demeurant, si l’économie aveyronnaise peut se trouver pénalisée du fait d’infrastructures routières inadaptées, n’oublions pas qu’il s’agit d’abord de la responsabilité de ces mêmes élus départementaux, qui notamment par le passé, ont été incapables de concrétiser le projet de mise à 2 x 2 voies de la RN 88 entre Tanus et Séverac, validé dés 1995. Un tronçon qui aurait dû être achevée depuis plus de 10 ans déjà ! Alors de grâce, un peu de retenue !

La mise en place du 80 km/h ne peut que fluidifier le trafic pour peu que la majorité des usagers de la route respecte les limitations de vitesse. C’est aussi le meilleur moyen de réduire sa consommation de carburant et donc de limiter ses dépenses, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Finalement, tout le monde est gagnant dans cette affaire !

Au final, le 80 km/h présente bien plus d’avantages que d’inconvénients. Le plus important restant de préserver le plus grand nombre de vies humaines. Comment des élus responsables peuvent-ils s’opposer à une mesure de bon sens et d’intérêt général destinées à sauver de nombreuses vies ?

Plus d’infos : Sécurité routière I Ligue contre la violence routière I Prévention routière


Aveyron : Le département porté par le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez et de son aire urbaine

13 janvier 2019

Selon l’INSEE, la population légale du département de l’Aveyron comptait 279 169 habitants, en progression de 0.2%. Il s’agit de la population officielle résultant du dernier recensement de la population réalisé en 2015.

Le gain de population a ainsi été de 525 habitants entre 2014 et 2015 ; ce qui n’est pas rien pour un département dont l’INSEE avait prédit un fort dépeuplement à partir des années 1990. A ce rythme, la population devrait dépasser les 280 000 habitants en 2020, pour la première fois depuis longtemps. Un évolution encourageante.

L’Aveyron limite les dégâts par rapport à la plupart des départements ruraux

Ces résultats restent cependant en retrait par rapport à l’objectif fixé, il y a 5 ans par le Conseil départemental qui souhaite voir la population du département atteindre les 300 000 habitants à l’horizon 2030. Mais ne faisons pas la fine bouche, l’Aveyron a enrayé son déclin contrairement à la grande dorsale française qui va du Massif-Central à l’est de la France qui persiste dans la désertification.

Cette croissance de la population reste fragile et résulte exclusivement de l’arrivée de nouveaux habitants dans le département qui soutiennent une croissance migratoire continue depuis près de 10 ans, signe de l’attractivité du territoire. A l’inverse, le solde naturel (écart entre les naissances et les décès) reste toujours déficitaire. D’où un équilibre précaire.

A cet égard, l’Aveyron fait exception parmi les départements ruraux faiblement peuplés du centre de la France, même si l’augmentation de sa population est moindre au regard de celui de la région Occitanie qui progresse de 0.9% ; l’une des plus dynamique de France.

L’Aveyron se distingue avec un taux d’actifs de 48% parmi les plus importants d’Occitanie, derrière la Haute-Garonne 54%. Par contre, la proportion de retraités (36%) y est l’une des plus élevée du pays. L’Aveyron fait partie des départements les plus âgés de France (45 ans en moyenne) avec une personne sur trois de plus de 60 ans, dont 14% ont plus de 75 ans. A l’inverse, les moins de 30 ans ne représentent que 30% de la population, contre 34% en Occitanie et 37% au niveau national. Les 15-29 ans représentent 14% de la population.

Le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez

L’évolution et la répartition de la population du département de l’Aveyron restent toutefois contrastées. La croissance se concentre pour l’essentiel sur l’aire urbaine de Rodez. Outre l’agglomération de Rodez, les communes périphériques bénéficient pleinement de son attractivité économique et commerciale (Bozouls, Espalion, Marcillac-Vallon, Salles-la-Source, Valady, Baraqueville, Flavin, Pont-de-Salars, Agen d’Aveyron, La Loubière, Gages-Montrozier, Laissac-Séverac l’Eglise…).

L’aire urbaine de Rodez qui comptait 86 373 habitants à fin 2014 (+0,7%), soit près du tiers des aveyronnais, reste en effet parmi les plus dynamiques d’Occitanie. Pour l’INSEE, cette évolution (+ 3 105 h entre 2009 et 2015) s’explique par le dynamisme démographique de la couronne périurbaine de Rodez qui a cru de +1,0 par an entre 2009 et 2014.

La mise en service progressive de la RN88 à 2 x 2 (vers Baraqueville-Naucelle mais aussi Laissac-Séverac-A75), ainsi que la modernisation des axes RD 840 (vers Decazeville) et RD 988-920 (vers Espalion) participent activement à cette évolution qui devrait s’accentuer au fur et à mesure de l’amélioration du réseau routier et du déploiement du très haut débit.

Avec 50 485 h, la croissance de l’unité urbaine de Rodez reste soutenue (+0,6%), comparable celle de Toulouse (+0,5%).

La plupart des communes de l’agglomération de Rodez connaissent une croissance sensible de leur population à l’exception notable de Rodez. Cette évolution devrait toutefois s’inverser à partir de 2018 avec la construction ces dernières années de très nombreux logements dans le quartier de Bourran et en centre-ville. L’expansion démographique de l’agglomération de Rodez devrait se poursuivre sur le même rythme au cours de la prochaine décennie.

Le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez

Si l’aire urbaine de Rodez est évaluée par l’INSEE à plus de 86 000 habitants, celle de l’agglomération actuelle de Rodez (8 communes) comptait environ 60 000 habitants en 2018. La croissance constante de sa population de l’ordre de 0,5% par an fait d’elle le principal pôle d’attractivité et de dynamisme du département.

La population municipale des principales villes de l’agglomération de Rodez (Rodez, Onet-le-Château, Luc-La Primaube, Olemps, Sébazac-Concourés, Druelle-Balsac, Sainte Radegonde et Le Monastère-sous-Rodez) au 31/12/2014 :

  • Rodez : 24 088 h (-0,2%) ; population totale de 27 747 h
  • Onet-le-Château : 11 944 h (+1.7%) ; population totale de 12 525 h
  • Luc-La Primaube :   5 918 h (+0,8%) ; population totale de 6 127 h
  • Olemps :  3 381 h (+0,3%) ; population totale de 3 474 h
  • Sébazac-Concourés :   3 235 h (+0,2%) ; population totale de 3 336 h
  • Druelle-Balsac :   3 081 h (+0,1%) ; population totale de 3 168 h

Les principales unités urbaines de l’Aveyron au sens de l’INSEE (population municipale au 01/01/2014) :

Rodez reste et de loin, la principale aire urbaine et agglomération du département et porte à elle seule l’essentiel de la croissance de la population. Millau, constitue la deuxième unité urbaine du département avec 23 652 h et se maintient avec une légère augmentation de sa population, toujours grâce aux communes périphériques.

Les autres unités urbaines ont tendance à voir leur population baisser (Decazeville, Villefranche-de-Rouergue) ou se stabiliser (Saint Affrique).

L’évolution des unités urbaines de

  • Rodez : 50 485 h (+0,5%)
  • Millau : 23 652 h (+0,1%)
  • Decazeville : 14 854 h (-1,3%)
  • Villefranche : 12 560 h (-0,5%)
  • Saint Affrique : 9 430 h (+0,1%)

Au vu de ces chiffres que confirment les dernières estimations de l’INSEE pour 2018, il apparaît clairement que l’agglomération de Rodez, par son attractivité, son dynamisme industriel et commercial et ses importants services, constitue plus que jamais pour le département de l’Aveyron une véritable métropole qu’équilibre.

 

Plus d’infos :

Légende :

  • Aire urbaine: Ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.
  • Unité urbaine: Elle repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. On appelle unité urbaine une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.
  • Communauté d’agglomération : Il s’agit d’un EPCI regroupant plusieurs communes formant, à la date de sa création, un ensemble de plus de 50 000 habitants d’un seul tenant et sans enclave autour d’une ou plusieurs communes centre de plus de 15 000 habitants. Ces communes s’associent au sein d’un espace de solidarité, en vue d’élaborer et conduire ensemble un projet commun de développement urbain et d’aménagement de leur territoire. Rodez agglomération est la seule communauté d’agglomération du département de l’Aveyron.

Rodez : Un budget primitif 2019 qui s’inscrit dans la continuité

17 décembre 2018

A un peu moins d’un an des prochaines élections municipales, dans la lignée des dernières années, la majorité municipale de Rodez a adopté son budget primitif 2019.

Le budget principal :

Le budget primitif principal 2019 s’établit à 41 323 000 € en baisse de 2.52% par rapport au précédent, dont 29 888 000 € pour la section de fonctionnement et 11 435 000 € pour la section investissement.

Les dépenses de fonctionnement à 29 888 000 € devraient baisser de l’ordre de 3% par rapport à 2018 ; y compris les charges de personnel prévues en baisse de 4.16%.

Les dépenses d’investissements à 11 435 000 € se maintiennent à un niveau élevé et devraient permettre à la municipalité d’engager d’importants chantiers souvent différés ces dernières années. Parmi ceux prévus en 2019, on peut citer : la remise à niveau du stade Paul Lignon, la rénovation de la place et du parking Foch, l’aménagement de la place de la Cité, la fin de l’aménagement de l’avenue Victor Hugo, l’aménagement de l’avenue Tarayre et du carrefour St Cyrice, la poursuite de la réfection de la voirie et de nombreux autres travaux…

Le financement de ces lourds investissements devrait se faire au moyen de ressources propres, sans recourir à l’emprunt.

La capacité d’autofinancement nette (après remboursement de la dette et assimilé) s’élève à 5 203 000 €, un niveau qui reste très satisfaisant pour la ville de Rodez.

Les budgets annexes

Les principaux budgets annexes primitifs s’élèvent à 7 265 000 € et concernent :

• Service de l’eau : 3 012 000 € dont 2 417 000 € en exploitation et 595 000 € en investissement
• Cuisine centrale : 855 000 € dont 825 000 € en fonctionnement et 30 000 € en investissements
• Parcs de stationnement : 3 331 000 € dont 1 601 000 € en exploitation et 1 730 000 € en investissements.

L’évolution de la dette 

L’encours de la dette du budget principal s’affiche toujours à la baisse à 11 300 000 € au 01/01/2019 ; une baisse qui devrait se poursuivre pour s’établir aux alentours de 10 millions d’euros à fin 2019, dans la mesure où aucun emprunt ne sera souscrit en cours d’année. La dette consolidée, incluant les budgets annexes, devrait elle aussi atteindre son plus bas niveau à 12 772 000 € à fin 2019.

La fiscalité locale 

Enfin, après une baisse de 5% de la taxe foncière sur les propriétés bâties en 2018, les taux d’imposition de la fiscalité locale resteront inchangés en 2019 ; soit 16.38% pour la taxe d’habitation et 27.49% pour la taxe foncière sur les propriétés bâties. Des taux parmi les plus bas de la région Occitanie.

Au final, un budget rigoureux qui fait la part belle aux investissements et préserve l’avenir. Qui s’en plaindra ?

 

Petits commentaires de RodezNews sur le budget primitif 2019 de Rodez

La poursuite de l’effort de maitrise des dépenses de fonctionnement par la municipalité, avec une baisse de l’ordre de 3% en 2019, doit être notée en ces temps où nombre de municipalités laissent filer les dépenses. Compte-tenu des nombreuses incertitudes qui planent sur les finances de l’Etat et des collectivités, qu’il s’agisse de la compensation liée à la suppression de la taxe d’habitation ou de la réforme de la fiscalité locale prévue en 2019, la prudence doit être de mise pour les collectivités locales sous peine d’un réveil douloureux dans quelques années. C’est ici que se mesure une bonne gestion permettant de faire face aux incertitudes à venir.

Le principal reproche qui peut être fait à la municipalité (sujet sur lequel les opposants n’ont pas manqué de s’exprimer) est le retard relativement important pris dans la réalisation d’un certain nombre de grands chantiers structurants pour la ville (place de la cité, place et parking Foch, rue Béteille, avenue Tarayre…). Pour sa défense, la municipalité a mis en avant de nombreuses contraintes et contre-temps qui ont différé la plupart de ces chantiers. Par-delà les réelles difficultés inerrantes à de tels chantiers situés en centre-ville, il y a aussi probablement une forme d’inertie et de lenteur à faire avancer les projets que rencontrent nombre de municipalités. De tels retards se retrouvent d’ailleurs dans de nombreuses municipalités qui ont tendance à réaliser leurs gros investissements en fin de mandat. Au final, il est probable que l’agenda électoral (élections municipales en mars 2020) n’y est pas totalement étranger et la municipalité de Rodez ne fait pas exception.

Mais l’essentiel est que ces projets essentiels pour la ville soient réalisés dans les meilleures conditions et dans des délais raisonnables, que ce soit en 2019 ou 2020. A moins de 15 mois des élections municipales, il y a tout lieu de penser que le nouvel agenda sera respecté.

En raison du non recours à l’emprunt et des remboursements anticipés d’emprunts, l’encours de la dette de Rodez au cours des dernières années devrait s’afficher aux alentours de 12 772 000 € à fin 2019 (dette consolidée comprenant les budgets annexes). Ce qui en fait l’une des plus basses des villes comparables au plan national ; ce dont le maire de Rodez ne manque pas de se targuer non sans raisons. Une réalité bien difficile à contester qui permet à la ville de disposer de réelles marges de manoeuvre pour des investissements futurs. Et Dieu sait qu’il y a encore à faire à Rodez !

Le niveau de la dette serait-il devenu une obsession du maire de Rodez comme l’affirment certains opposants ? Peut-être, mais après tout, n’est-ce pas là la marque d’une saine gestion dès lors que les investissements, malgré les retards, sont restés à un niveau élevé ces dernières années ? Il faut bien reconnaître que cette situation financière saine demeure fort enviable en ces temps de difficultés budgétaires. Ceci permet à Rodez de regarder l’avenir avec confiance, surtout si l’on se rappelle que la dette consolidée à l’issue du dernier mandat en 2013 avait explosé à 32 000 000 €. Que de chemin parcouru en 5 années ! Pourquoi s’en plaindre ?

Corrélativement, l’effort de maîtrise des dépenses de fonctionnement et de réduction de la dette permet à la ville de doper son épargne nette qui se maintient à un niveau relativement élevé ; permettant d’autofinancer l’essentiels des investissements courants.

Enfin, contrairement à une idée faussement répandue, la fiscalité locale à Rodez reste modérée au regard des villes comparables de la région. Ainsi, le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties est aujourd’hui le plus bas des villes de la strate d’Occitanie (villes de 20 000 h à 50 000 h). Il varie de 27.49% pour Rodez, 29.38% pour Albi, 30% pour Montauban, mais 38.25% pour Cahors, 41.07% pour Carcassonne et 44.07% pour Auch. Difficile de faire mieux !

La taxe d’habitation, qui devrait être totalement supprimée dés 2021, n’a pas été augmentée depuis des décennies et se situe actuellement à 16.38%, après une baisse des taux obtenue par la suppression de l’abattement général à la base. Son taux actuel se situe dans la moyenne basse de la région (15.64% à Albi, 15.94% à Carcassonne, 16.55% à Cahors, 17.39% à Auch, 17.83% à Castres et 21.78% à Tarbes).

Alors budget électoraliste ? Une chose est sûre, il s’inscrit dans la continuité. Force est de reconnaître que la situation financière de la ville de Rodez est aujourd’hui saine et enviable. Si critiques il y a (il y a probablement à dire sur certains sujets), elles pourront difficilement porter sur la gestion financière de la ville !


France : Quand certains médias tentent de faire le buzz sur le dos de la taxe foncière

25 septembre 2018

En ce début d’automne, comme tous les ans, les propriétaires sont en train de recevoir leur avis de taxe foncière sur les propriétés bâties. Nos concitoyens étant très sensibles, s’agissant des impôts en général et des impôts locaux en particulier, certains médias, probablement à la recherche de sensations en vue de captiver leurs lecteurs, n’hésitent pas à titrer sur les augmentations actuelles et à venir.

Il est vrai que la taxe d’habitation afférente à la résidence principale devant être supprimée progressivement, à raison d’un tiers au cours des années 2018, 2019 et 2020 pour les revenus les plus modestes, puis définitivement pour tous les foyers dès 2021, cet impôt va devenir moins sensible pour les français.

Pour autant, en raison du coût exorbitants de cette mesure pour les finances de l’Etat qui s’est engagé à compenser intégralement les recettes correspondantes des collectivités locales (environ 24 milliards d’euros par an à partir de 2021), on est en droit de s’interroger sur le financement de cette mesure. Vu les difficultés à réduire drastiquement les dépenses publiques et la dette, qui restent une priorité pour la France, il n’est pas acquis que l’Etat soit en mesure de tenir ses promesses et de compenser l’intégralité des pertes de recettes pour toutes les collectivités.

Ce pourrait être l’occasion pour l’Etat de réformer enfin la fiscalité locale des particuliers (dont les valeurs locatives datent de 1970), voire de s’attaquer une bonne fois pour toutes à la réduction du nombre de strates administratives qui nuisent au développement du pays depuis des lustres. Au final, la suppression de la taxe d’habitation pourrait être salutaire en rendant du pouvoir d’achat aux français et en accélérant des réformes structurelles (accentuation des fusions de communes, extension du périmètre des intercommunalités, suppression des départements…). En toute hypothèse, soyons lucides, il y aura des gagnants mais aussi des perdants et les collectivités les plus fragiles sur le plan financier avec des dépenses de fonctionnement démesurées et une dette élevée, risquent fort de se trouver prises à la gorge.

Dans ce contexte d’incertitude sur les futures recettes fiscales des collectivités locales, ces dernières dont la principale ressource stable sera la taxe foncière sur les propriétés bâties pourront être tentées d’en augmenter les taux. Mais ce n’est pour l’instant qu’une supputation et rien ne permet d’affirmer que ce sera le cas pour la majorité des communes et des départements.

Une évolution des taux de taxe foncière contrastée selon les communes et les départements

Rappelons d’abord que la taxe foncière sur les propriétés bâties est perçue à la fois par la commune et par le département. A ce titre, les deux collectivités fixent librement les taux d’imposition. A cela s’ajoute également la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) qui a tendance à s’envoler ces dernières années.

Pour ces raisons, pour les non spécialistes des impôts locaux particulièrement complexes en France, il est difficile d’analyser et de comparer l’évolution de la fiscalité locale car une augmentation globale de la cotisation de taxe foncière peut avoir de multiples origines (la commune, le département, la collectivité qui prélève la TEOM…) mais aussi la simple revalorisation/actualisation annuelle des valeurs locatives, qui à elle-seule, génère automatiquement une augmentation annuelle de l’ordre de 0.80%.

Dans ces conditions, l’exercice qui consiste à comparer l’évolution de la fiscalité locale via le seul montant de la cotisation n’a pas grand intérêt car elle conduit généralement à laisser penser aux contribuables que l’augmentation est d’abord imputable à la seule commune, alors que dans la plupart des cas, cette dernière n’a pas augmenté ses taux depuis de longues années et même des décennies. Ce qui pénalise les communes bonnes gestionnaires aux yeux des électeurs non avertis des subtilités de la fiscalité locale.

Selon les récentes études publiées, au niveau national, la taxe foncière sur les propriétés bâties aurait augmenté de 4.73% entre 2015 et 2016 et seulement 0.98% entre 2016 et 2017. Si l’on tient compte de la revalorisation annuelle automatique des valeurs locatives, l’augmentation réelle reste limitée. Qu’en sera-t-il à partir de 2019 ? Certains semblent redouter une possible flambée des taux de taxe foncière, mais rien ne permet de l’affirmer à ce jour.

Le principal quotidien régional d’Occitanie pour le département de l’Aveyron, titrait voici quelques jours : « Taxe foncière : Decazeville est la commune la plus chère de l’Aveyron », un titre qui sous-entend implicitement une augmentation des taxes locales par la commune. Selon ce journal, la comparaison au niveau départemental la fait apparaître comme la plus chère, devant Millau, Rodez et Aubin. En une décennie, 2005 et 2015 alors que les 2/3 des foyers sont non-imposables, la part communale de la taxe foncière sur les propriétés bâties est de 28.69% à Decazeville, soit plus du double que la moyenne départementale. L’augmentation aurait ainsi été de 60% sur 12 ans contre une hausse de médiane de 20% en France pour les villes de la même strate.

Des affirmations pour le moins contestables. A Decazeville, l’actuelle municipalité n’a en effet aucune responsabilité dans les taux élevés de la commune qui avaient été augmentés par la précédente municipalité. D’ailleurs, il n’y a pas eu d’augmentation depuis l’élection de la nouvelle équipe municipale en 2014 qui avait jugé ce taux trop élevé et décidé de geler le taux de la taxe foncière à 28.69%. La municipalité prévoit d’ailleurs le maintien de ce taux au moins jusqu’en 2020, et ce malgré des dépenses de fonctionnement et une dette élevées, héritage de la municipalité de gauche en place depuis de longues décennies. Des faits que le journal passe sous silence, lui qui s’est d’ailleurs bien gardé de critiquer la gestion désastreuse des précédentes municipalités, de gauche il est vrai. D’ailleurs, la commune d’Aubin, autre ville de gauche depuis fort longtemps, n’est pas mieux lotie avec un taux de taxe foncière de 26.35%.

On ne peut comparer que ce qui est comparable en matière de taxe foncière, notamment pour Rodez

S’agissant de Millau et Rodez, villes de plus de 20 000 habitants, la situation est très différente et ne peut en aucune manière être comparée aux autres communes du département, pour la plupart très rurales, avec une faible population et très peu de charges fixes de centralité : ce qui explique des taux d’imposition généralement faibles entre 8% et 15%.

Le taux moyen de la strate pour Millau et Rodez se situe à 23.19%. Le taux en vigueur à Millau en 2016 était de 32.40%, suite à l’augmentation intervenue en 2014. Ce qui constitue effectivement un taux élevé pour ce type de ville.

Même à l’intérieur de l’agglomération de Rodez, on ne peut comparer le taux de Rodez avec celui des autres communes de l’agglomération car Rodez, ville-centre qui rayonne sur une vaste zone de plus de 100 000 habitants, doit supporter à elle seule des dépenses de fonctionnement et d’investissement très importantes, sans commune mesure avec les autres. Ce qui impose des impôts locaux plus élevés.

A Rodez, le taux du foncier non bâti était de 28.94% en 2016 et ce depuis plus de 12 ans. Il est tombé à 27.49% en 2018 suite à la décision de la municipalité de le baisser de 5%. Une décision que peu de communes ont osé prendre. Ce taux de 27.49% se situe au niveau le plus bas au regard de ceux en vigueur dans les principales villes comparables de la région. Il est donc faux d’affirmer que le taux de la taxe foncière à Rodez est élevé.

A titre de comparaison, ce même taux communal de la taxe foncière non bâtie était en 2016 de 28.05% au Puy-en-Velay, 28.80% à Albi, 29.72% à Tarbes, 30% à Montauban, 34.50% à Castres, 35.22% à Brive, 38.25% à Cahors, 41.65% à Carcassonne, 44.07% à Auch et 44.54% à Périgueux. ET ces taux ne devraient hélas pas baisser dans les années à venir. Les ruthénois ne sont donc pas fondés à se plaindre du taux élevé des impôts locaux, bien au contraire.

Ces dernières années, plus que le taux de la commune lui-même, c’est le plus souvent le taux de la part départementale de la taxe foncière, perçue au profit des Conseils départementaux qui a entraîné une envolée de la cotisation de taxe foncière. En Aveyron, même si le taux départemental de la taxe foncière est passé en 2014 de 19.41% à 20.69%, celui-ci reste à un niveau acceptable. Mais pour combien de temps encore ?

A moins que l’Etat, dans le cadre de la réforme à venir de la fiscalité locale ne supprime purement et simplement la part départementale de la taxe foncière, de nombreux départements vont être tentés d’augmenter le taux pour faire face à l’augmentation de leurs dépenses, pas toujours bien maîtrisées hélas.

Difficile dans ces conditions de prévoir ce que sera l’évolution future des taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties, mais il est peu probable que l’on assiste à une baisse au cours de la prochaine décennie. La suppression de la taxe d’habitation pour les résidences principales dès 2021 risque en effet de rompre le fragile équilibre habituel, surtout si l’Etat ne compense pas l’intégralité de la perte de ressources pour les communes.


Aveyron : Etat des réseaux hauts débits en 2018

17 juillet 2018

Au 30 juin 2018, le déploiement du haut débit mobile (4G) dans le département de l’Aveyron est bien avancé. La couverture 4G par les 4 opérateurs mobiles s’est fortement accélérée ces derniers mois et irrigue plus de 90% de la population du département.

Un réseau mobile 4G est en nette amélioration sur l’ensemble du département

Globalement, la couverture des 4 opérateurs reste toutefois assez comparable avec cependant un avantage pour Orange devant SFR, Bouygues-Télécom et Free mobile. Ce dernier poursuit le déploiement de son propre réseau et s’approche peu à peu de ses concurrents en termes de couverture sachant que son accord avec Orange, lui permet toutefois de proposer une couverture équivalente au meilleur des réseaux sur le département. La différence entre opérateur se fait sur quelques zones rurales, où selon l’implantation de l’émetteur, la couverture peut être varier fortement.

Pour autant, subsistent encore des zones rurales excentrées et très peu peuplées, qui ne sont desservies que par la 3G/3G+, voire par la 2G/Edge. Elles devraient progressivement basculer en 4G. A cela s’ajoute, quelques zones blanches qui devraient être couvertes d’ici deux ans, conformément aux engagements du président de la République.

En nombre d’antennes mobiles, toutes catégories confondues, la situation de chacun des 4 opérateurs au 30/06/2018 en Aveyron est la suivante :

Opérateur Antennes

2G/Edge

Antennes

3G/3G+

Antennes

4G

Total antennes
Orange

154

181+2 94+2

429+4

SFR

   126+3

179+5 103+3

         405+11

Bouygues-Télécom

   157+12

165+28 100+7

         422+47

Free Mobile

   0

124+31    48+31

         172+62

Total Aveyron

   434+15

649+66 345+43

    1428+124

Sources : Données AFNR (Agence nationale des fréquences radioélectriques)

Pour une information détaillée du réseau mobile de chaque opérateur, une carte détaillée mise à jour par l’ARCEP est disponible sur : http://www.monreseaumobile.fr/

Vers la fin des zones blanches mobiles

Une liste des 485 premiers sites à équiper en priorité en 2018/2019 devrait prochainement faire l’objet d’un décret gouvernemental. Il s’agit de zones non couvertes ou partiellement couvertes qui seront équipées par les opérateurs, dont une partie mutualisée.

En Aveyron, cette première liste concerne les communes suivantes : Almont-les-Junies, Laguiole, Curières, Condom d’Aubrac, Saint Chély d’Aubrac, Prades d’Aubrac, Saintes Eulalie d’Olt, Verrières, Rivières-sur-Tarn, Mostuéjouls, Peyreleau, Millau, La Roque-Sainte-Marguerite, Saint André-de-Vézines, Nant, Sainte Eulalie-de-Cernon, Lapanouse-de-Cernon, Saint Geniez d’Olt-et-d’Aubrac, Trémouilles, Saint Hippolyte, Campouriez et Entraygues-sur-Truyère. Une autre vague devrait suivre.

A noter que ces sites devraient être équipés directement de la 4G.

Avancement du réseau à très haut débit en fibre optique

Pour les agglomérations de Rodez et Millau, Orange a entrepris de déployer la fibre optique en FFTH depuis 2016. Actuellement (à mi-2018) près d’un tiers de l’agglomération de Rodez (Rodez nord : Saint Félix, Bourran, la gare, les 4 saisons, Saint Cyrice, Le Faubourg, Cardaillac… et Onet-le-Château, sauf Sébazac-Concourés) est équipée avec près de 7 000 prises installées.

Millau est également en cours de déploiement dans sa partie nord et ouest (Malhourtet, Puits de Calés, CH de Millau, Les Aumières/Soulobres, les ZA Europe, des Ondes et Plaines-Costes ainsi qu’une partie du centre-ville côté Tarn ainsi que le quartier situé entre le Tarn et la Jonte : Millau-plage, Larribal, Saint Lambert). L’intégralité du déploiement dans deux principales agglomérations du département devrait normalement être achevé fin 2020.

De son côté, le Conseil départemental de l’Aveyron s’est engagé dans un vaste programme d’investissement pour doter l’intégralité du département d’un réseau en fibre optique FFTH (jusque chez l’habitant, en principe !!!). D’un coût estimé à près de 300 millions d’euros pour 155 000 prises, il devrait être réalisé d’ici 5 ans. L’appel d’offre lancé en 2017 par le SIEDA (Syndicat Intercommunal d’Energies du Département de l’Aveyron) dans le cadre d’une DSP (délégation de service public), a été remporté par Orange pour une durée de 25 ans. Le déploiement devrait débuter en fin d’année 2018.

Au final, la couverture globale en très hauts débits de l’Aveyron devrait être effective à l’horizon 2023 si le calendrier est respecté. Peu à peu, les chosent finissent par avancer ! Patience…

Plus d’informations sur les réseaux de téléphonie mobile et la fibre :