Rodez : Après de longs et houleux débats, le Conseil municipal entérine la fermeture de l’école Paul Girard

26 avril 2016

De nombreux sujets étaient à l’ordre du jour du Conseil municipal du 22 avril et la séance promettait d’être longue et animée. Elle n’a pas déçu même si fort heureusement, l’un des dossiers chauds de la soirée a été retiré au dernier moment : celui prévoyant l’attribution d’une subvention exceptionnelle de 50 000 € au SRA (Rugby). Pour autant, la séance qui avait débuté à 17 h 00, n’a pris fin qu’à 21 h 30, soit plus de 4 h 30 de débats divers et variés, dont certains sans intérêt majeur…

Le débat tant attendu, concernant la fermeture de l’école Paul Girard, a clos la séance. Il faut dire que la majorité socialiste, probablement fort gênée aux entournures sur ce dossier politiquement chaud et pour le moins embarrassant, avait pris soin de le placer en toute fin de séance et sous un intitulé pour le moins surprenant : « Restructuration du réseau d’écoles : affectation et désaffectation de locaux à usages scolaire ». Ce qui en dit long sur l’état d’esprit de la majorité municipale qui n’assume pas certaines de ses décisions.

Il y a en effet beaucoup à dire sur cette décision prise à la va-vite par la municipalité, concernant la fermeture de l’école Paul Girard. Comment ne pas s’étonner qu’une telle décision ait été prise unilatéralement et dans l’urgence par la municipalité socialiste ? Que dire des interventions publiques du maire dans la presse et devant les parents, affirmant que l’école serait fermée au 1er septembre 2016, sans que la Commission municipale en charge du sujet n’ait été réunie, ni bien sûr le Conseil municipal ? Ce dernier n’a été consulté que postérieurement, ce 22 avril. Voilà qui est peu respectueux de la démocratie locale. Il est vrai qu’à Rodez, on est habitués !

Par delà les élus court-circuités sur ce dossier, force est de constater, une fois encore, que la méthode suivie par le maire pour arriver à ses fins a été pour le moins expéditive. Que dire de la manière avec laquelle les parents ont été traités dans cette affaire ? On ne peut que regretter le manque de dialogue et le peu d’écoute à leur égard, eux qui sont pourtant les mieux placés pour juger de l’intérêt des enfants, bien plus que le maire de Rodez.

Les débats ont tourné court puisque le maire, dés le départ, avait pris sa décision et n’avait qu’un seul objectif en tête, fermer coûte que coûte l’école Paul Girard au plus vite, même si les motifs demeurent peu convaincants. Dans ce contexte, les nombreuses interventions et les arguments développés par les parents et les enseignants ont été purement et simplement ignorés. Sûr de lui, le maire de Rodez lors de ce dernier conseil municipal n’a pas hésité à affirmer qu’il n’avait reçu aucun courrier signé d’un parent d’élève pour s’opposer à cette fermeture ! Quel mépris pour les élus et les parents d’élèves !

Le principal argument de M. Teyssèdre, qui ne résiste pas un instant à la réalité, est le fait que l’Education nationale dans une récente note aurait exigé que les écoles assurent une véritable continuité d’enseignement sur le même site, entre les maternelles et les classes primaires, de manière à offrir aux enfants une transition en douceur. Tout cela est purement fantaisiste car l’école Paul Girard assurait parfaitement cette transition dans les meilleures conditions pour les enfants, comme chacun le sait. Il est d’ailleurs affligeant de constater que le maire de Rodez, contrairement à la plupart des maires du pays, s’appuie sur une note interne de l’Education nationale pour fermer une école. Bien étrange procédé !

Chacun le sait, la véritable raison de cette fermeture est financière. Mais est-ce suffisant pour fermer une petite école de quartier qui a une fréquentation stable depuis des années et donne pleine satisfaction ? Manifestement oui pour le maire de Rodez pour qui des travaux importants de mise aux normes de l’école étaient nécessaires. Mais pourquoi, dans ce cas, avoir attendu prés de 8 ans pour s’en rendre compte et tant de précipitation à vouloir la fermer en l’espace de quelques mois ?

Il est vrai que depuis prés de 10 ans, les écoles de Rodez ont vu leurs effectifs baisser de plus de 700 élèves. Dans ce cas, pourquoi la municipalité socialiste s’est lancée dans la construction démesurée de deux écoles à Saint Félix et Bourran pour plus de 12 millions d’euros, alors qu’une seule située à cheval sur les deux quartiers aurait amplement suffit au vu de leur démographie, comme cela avait été prévu par la précédente municipalité ? C’est ainsi plus de 6 millions d’euros qui ont été sacrifiés sur l’autel des promesses électorales, au détriment des autres écoles du centre-ville. Dans ce contexte, affirmer que la fermeture de la petite école Paul Girard, après celle de François Fabié en 2011, s’imposait relève de la manipulation pure et simple.

Que penser d’une municipalité qui a manifestement surinvesti dans deux écoles, dont une seule se justifiait, et qui se voit maintenant contrainte à la fermeture de deux écoles de quartiers, en contradiction avec ses promesses électorales ? On comprend dans ce contexte le fort mécontentement de certains électeurs.

Ce qui est en cause ici, c’est d’abord la méthode expéditive utilisée par la municipalité et le mépris manifesté à l’égard des parents d’élèves, mis devant le fait accompli alors qu’il eût été souhaitable de prendre son temps et de bien expliquer les enjeux, quitte à différer la fermeture d’un an ou deux.

Pour autant, il serait irresponsable et tout aussi mensonger d’affirmer que la ville de Rodez qui a connu une forte baisse des effectifs scolaires, peut continuer à financer ad vitam aeternam toutes ses écoles y compris les plus petites. En ces temps de restrictions budgétaires (ce n’est hélas qu’un début), il est bien évident qu’il est indispensable de rationaliser et moderniser les équipements scolaires afin de les adapter aux réalités d’aujourd’hui. Pour cela, il faut anticiper et avoir une véritable vision à long terme de l’avenir plutôt que de piloter à vue et brutalement au grès des vents.

En prenant les bonnes décisions voici quelques années et en se limitant à construire une seule école pour le quartier Saint Félix/Bourran, la municipalité se serait créé de réelles marges de manœuvres budgétaires qui auraient permis une meilleure rationalisation des équipements scolaire, tout en douceur plutôt que par la force.

Si la nouvelle école de Bourran qui doit ouvrir ses portes à la rentrée 2016 semble avoir fait le plein, il sera intéressant d’étudier plus en détail sa fréquentation et plus spécialement la commune d’origine des enfants. Et là, contrairement à l’école Paul Girard où plus des 3/4 des enfants étaient issus de la ville, on pourrait avoir des surprises et constater qu’une majorité d’enfants ne sont pas des ruthénois mais appartiennent à des communes voisines.

Affaire à suivre !

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« Panama papers » ou quand les médias s’érigent en justicier en lieu et place de l’administration fiscale et de la Justice

18 avril 2016

Le dossier des « Panama papers » ne cesse d’alimenter la presse internationale depuis début avril 2016. Ces documents non authentifiés et dont la presse refuse d’indiquer les sources, font partie de plus de 11,5 millions d’éléments confidentiels provenant des archives du cabinet d’avocats Mossack Fonseca au Panama qui n’est qu’un des nombreux cabinets spécialisés dans les sociétés « offshore ». Il contient une masse d’information concernant plus de 214 000 sociétés « offshore » avec les noms des associés concernant une cinquantaine de pays.

Ces documents qui concernent les années 1970 à 2015, représentent un total de 2.6 téraoctets de données. Ils auraient été communiqués gracieusement par un lanceur d’alerte connu sous le pseudonyme John Doe au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, courant 2015. Compte-tenu de l’ampleur des données à traiter, le quotidien allemand a décidé de partager celles-ci avec prés de 110 médias de plus de 70 pays via l’ICIJ (International Contortium of Investigative Journalists) basé à Washington. En France, le journal Le Monde est partie prenante, de même que la rédaction de « Cash Investigation » de France 2.

Selon l’économiste Gabriel Zucman, spécialiste des paradis fiscaux, l’argent caché notamment via des sociétés « offshore » est estimé à plus de 7 000 milliards de dollars, dont 350 milliards pour la seule France. Les révélations des « Panama papers » ont au moins un avantage : elles mettent au jour une partie cachée de la finance mondiale que sont les « trusts » et autres sociétés écrans qui permettent de cacher les véritables détenteurs d’avoirs bancaires dans divers paradis fiscaux ou Etats où le secret bancaire est toujours en vigueur.

Ces montages complexes, destinés à rendre les opérations opaques avec des fraudes complexes, portant sur des montants généralement très importants, sont extrêmement difficiles à déceler par les administrations fiscales qui n’arrivent pas à remonter les schémas de fraude en raison des nombreuses sociétés écrans interposées avec des associés constitués en général de prêtes-noms. Les « Panama papers » pourraient concerner un millier de français.

Pour autant, contrairement à ce qu’affirmait voici quelques jours le chef de l’Etat français, il est loin d’être acquis que ces données permettront de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat, comme c’est le cas pour les réfugiés fiscaux qui détenaient des avoirs en Suisse. Même si à la suite de la levée du secret bancaire par la Suisse nombre de contribuables aisés ont pu transférer leur argent d’en d’autres pays, y compris en utilisant le Panama, il est probable que les résultats ne seront pas du même ordre.

Rappelons que la cellule de régularisation des évadés fiscaux (STDR) du Ministère des Finances a permis de récupérer plus de 2 milliards d’euros par an ces dernières années. Nul doute que les retombées de l’affaire « Panama papers » n’aura aucune comparaison. D’abord, l’administration fiscale française n’est pas en possession des fichiers, contrairement aux affaires HSBC, UBS ou autres où les pays de l’OCDE avaient largement échangé leurs données.

Ensuite, le rendement des « Panama papers » reste tout à fait incertain pour diverses raisons. D’abord, il faudra identifier les véritables structures « offshores » légales des autres. D’autre part, du fait de l’ancienneté des données qui remontent à 1970, nombre de dossiers risquent d’être atteint par la prescription fiscale qui est de 3 ans en règle générale, sans compter que certains français identifiés ne sont pas résidents en France.

Enfin, la cellule de régularisation de Bercy a déjà identifié de nombreux contribuables (plus de 700 au total) liés au Panama, via des sociétés écrans, qui ont permis à l’Etat de récupérer prés de 4 milliards d’euros à eux seuls. Dans ces conditions, affirmer aujourd’hui que les « Panama papers » vont rapporter gros au budget de l’Etat est purement fantaisiste à ce stade des informations. Le principal bénéfice pour les finances publiques françaises sera plutôt de dissuader un certain type de fraude fiscale eu égard aux risques encourus et au retentissement médiatique d’une telle affaire pour les fraudeurs qui généralement aiment plutôt la discrétion.

Plus généralement, dans les démocraties occidentales, on peut s’étonner qu’une poignée de médias, pour s’assurer une meilleure audience, diffusent au compte goutte des informations présumées relatives à une fraude fiscale massive, sans être en mesure de s’assurer de la qualité et de la fiabilité des informations recueillies et surtout sans communiquer directement les informations aux administrations fiscales ou à la Justice des pays directement concernés.

Heureusement, les pays européens et de l’OCDE avancent sur le sujet et sont en train de mettre en place l’échange automatique de données fiscales qui devrait limiter l’influence des paradis fiscaux. Espérons que ce nouvel épisode permettra aussi de mettre fin à la complaisance à l’égard du Panama qui doit être réintégré dans la liste noire des Etats non coopératifs.

Par delà les opérations de communication du Ministère des Finances qui ne cesse de se féliciter de l’importance des droits rappelés auprès des exilés fiscaux, comment ne pas s’inquiéter que parallèlement depuis 2013, la France constate une forte érosion du nombre de contribuables fortunés, passés de 30 000 en 2012 à seulement 24 800 en 2014. De la même manière, alors que l’on comptait 148 000 foyers dont le revenu fiscal de référence était supérieur à 200 000 € en 2013, on n’en trouve plus que 137 000 en 2014. Globalement la baisse en une seule année est de 8% ; ce qui est considérable.

La preuve que le matraquage fiscal des classes moyennes et des hauts revenus ces dernières années en France, encourage l’exil fiscal qui s’est accéléré. Voilà qui n’est guère rassurant pour les finances de la France et son attractivité en général. Beaucoup reste encore à faire et le chemin sera long pour favoriser le civisme fiscal !


Comment le salafisme cherche à s’imposer dans le monde musulman, mais aussi en Occident

11 avril 2016

Le Premier ministre Manuel Valls affirmait lundi 4 avril dernier que des groupes salafistes « sont en train de gagner la bataille idéologique et culturelle » face à un islam de France modéré. Il a d’ailleurs tenu un discours très ferme concernant le port du foulard islamique : « Ce que représente le voile pour les femmes, non ce n’est pas un phénomène de mode, non, ce n’est pas une couleur qu’on porte, non : c’est un asservissement de la femme », avant d’ajouter : « Il faut faire la distinction entre ce qu’est un voile, un fichu porté par les femmes âgées, et la revendication d’un signe politique qui vient confronter la société française ».

On peut se demander pourquoi ces dernières années, l’Etat et plus généralement la gauche française, les partisans de la laïcité et les médias ont fait preuve d’autant de complaisance à l’égard de quelques poignées d’extrémistes musulmans qui menacent aujourd’hui nos valeurs et nos libertés.

Jadis marginal, le salafisme apparaît en expansion en Europe et alimente directement les organisations terroristes telle Daech. Il prétend aujourd’hui incarner l’orthodoxie musulmane la plus stricte et la plus rétrograde, niant au passage les préceptes même de l’islam véritable. A vrai dire, il ne représente qu’une minorité agissante des musulmans en Europe. La guerre interne qui se déroule au cœur même de la religion musulmane, a été importée dans notre vieille Europe chrétienne.

Selon M Valls : « Les salafistes doivent représenter 1 % aujourd’hui des musulmans dans notre pays, mais avec leurs messages sur les réseaux sociaux, il n’y a qu’eux finalement qu’on entend ». On pourrait ajouter avec la complicité de certains médias ! Financé par le royaume saoudien, la plus grande dictature du Moyen-Orient, le salafisme wahhabite reste difficilement quantifiable. Selon les services de renseignements intérieur, les mosquées salafistes seraient actuellement au nombre de 140 en France, sur un total de 2 500. A cela, il faut ajouter des écoles hors contrat, mais aussi des instituts privés d’enseignement de l’arabe, des associations scolaires ou sportives.

Les origines du salafisme et du djihadisme

Le salafisme n’est autre qu’un dérivé du wahhabisme qui revêt aujourd’hui diverses formes comme de djihadisme. Ces deux idéologies radicales se résument à quelques régles de vie d’un autre âge, totalement étrangères au monde civilisé. Les diverses versions du salafisme ont en commun un discours de rupture pour le moins radical et violent, sans rapport aucun avec les préceptes fondamentaux de l’islam. Selon les propos de Gilles Képel : « Pour les salafistes, les chrétiens font partie des cibles légitimes… »

Financés par les pétros-dollars de l’Arabie-Saoudite, le wahhabisme a progressivement changé la donne au sein du monde musulman sunnite. Par Pendant longtemps, le salafisme a été considéré comme une hérésie par les diverses instances sunnites. Aujourd’hui, le salafisme cherche à s’imposer comme le seul tenant de l’orthodoxie musulmane, même si la grande majorité des sunnites n’y adhèrent pas.

Le principal frein à l’expansion du salafisme reste la faiblesse des réponses des tenants d’un islam modéré. Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris et président d’honneur du Conseil français du culte musulman (CFCM), reconnaît que les salafistes ne représentent en France qu’un cercle de fidèles « restreint et étroit », tout en déplorant une présence « publique, médiatique et même politique » démesurée et en dénonçant leur prétention à « agir au nom des musulmans ». Et de lâcher quelque peu désabusé : « Nous faisons ce que nous pouvons pour prévenir le danger ».

Face à ces groupuscules djihadistes qui prétendent être des vrais sunnites, force est de constater que les institutions islamiques apparaissent aujourd’hui dépassées. Empêtrés dans leurs contradictions, il ne suffit pas d’affirmer représenter le seul et véritable islam pour neutraliser les salafistes. Les autorités musulmanes doivent être capables de répondre aux nombreuses questions que posent aujourd’hui la modernité pour le monde musulman, surtout pour celles et ceux qui vivent dans les pays occidentaux où la modernité est un véritable mode de vie.

L’Occident doit rompre avec les nations qui financent le salafisme radical

Heureusement, tous les groupes salafistes ne sont pas des radicaux assoiffés de sang. Après les attentats du 13 novembre dernier, des prédicateurs de plusieurs mosquées de Marseille et Toulouse ont condamné fermement ces actes abominables au nom de l’islam. A l’inverse, du côté de Sevran (93) et Lunel (34) où certains groupes salafistes radicaux sont très influents, il y a eu de nombreux départs de jeunes vers la Syrie.

Depuis plus de 15 ans, la quasi-totalité des attentats à travers le monde sont directement imputables à des groupes de radicaux salafistes pour qui ceux qui ne partagent pas leur vision du monde, y compris au cœur de l’Occident judéo-chrétiens, doivent purement et simplement être anéantis. Ce fût le cas des attentats du 11 septembre 2001 à New-York perpétrés par l’organisation salafiste de Ben Laden, qui constitue l’une des grandes familles princières parmi les plus riches d’Arabie Saoudite. Cela n’a pas empêché nos alliés américains de continuer à entretenir des relations étroites avec ce pays si peu démocratique qui est pourtant le principal pourvoyeur de terrorisme à travers le monde. L’Europe est tout aussi faible avec ce pays.

Après les attentats en 2015 à Paris et en 2016 à Bruxelles, la France et l’Europe continuent de fermer coupablement les yeux face à l’activisme de l’Arabie Saoudite dans son soutien aux groupes salafistes. Les intérêts économiques et financiers l’emportent hélas sur le respect des droits de l’homme et nos chères valeurs démocratiques.

Pourquoi nos démocraties occidentales font preuve d’autant de faiblesse et de complaisance à l’égard de ces pays qui importent le terrorisme au cœur de nos cités ? Il ne suffit pas de pleurer sur les victimes innocentes des attentats perpétrés par ces djihadistes, il faut agir et combattre avec détermination nos véritables ennemis.