France : prendre au sérieux la grave crise que traverse notre pays et la zone euro

25 janvier 2012

La zone euro qui avait finalement renoncé à respecter les critères financiers prévus par le traité de Maastricht dés 2002 pouvait difficilement continuer à fonctionner avec une telle divergence des politiques économiques et budgétaires alors même que l’euro restait à un niveau élevé de l’ordre de 1.40 € face au dollar.

A cet égard, quoi qu’on puisse penser des agences de notations, qui ont d’ailleurs trop tardé à tirer le signal d’alarme, la décision de Standards & Poor’s de dégrader la note de la France de AAA à AA+, et bien plus encore les pays de l’Europe du sud, n’avait rien de surprenant. Pour preuve, les derniers emprunts à long terme de la France ont été consentis à des conditions bien plus avantageuses qu’il y a quelques semaines alors qu’elle avait encore sa note maximum. Ce qui démontre que les marchés avait intégré cette réalité et considèrent la dette de la France reste sûre.

Rappelons d’ailleurs que la décision concernant la note de la dette française n’a pas été suivie par les deux autres agences de notation Moody’s et Fitch qui maintiennent leur note AAA à la France pour l’instant ; en tout cas, tant que le gouvernement de François Fillon démontre qu’il maitrise la situation et qu’il fait de la réduction des déficits publics, la priorité. Pas sûr que cela dure ! Qu’en sera-t-il en mai 2012 si la politique de maitrise des dépenses publiques n’est pas poursuivie et même accentuée ? Si Nicolas Sarkozy paraît décidé à poursuivre l’amélioration des finances publiques, en dépit des risques électoraux, tel ne semble pas être le cas de la plupart des candidats à la présidentielle, y compris de François Hollande.

Dans l’intérêt de la France, ces derniers seraient pourtant bien inspirés de prendre en compte l’extrême fragilité des finances publiques françaises et de nombreux pays de la zone euro. Combiné à la piètre croissance prévue en 2012, force est de constater que l’Europe traverse la plus grave crise qu’elle n’ait jamais traversé depuis bien longtemps et que le risque de défaut de paiement en cascade de plusieurs pays pourrait bien entraîner l’ensemble des pays de la zone euro, y compris la France. Si ce risque semble aujourd’hui provisoirement écarté, il n’a manifestement pas été intégré par de trop nombreux candidats à la présidentielle.

Le danger pour la France, ce serait d’en minimiser les risques et de se lancer dans des promesses irresponsables qui réduiraient à néant l’avenir de notre pays. Il est vain de vouloir laisser croire qu’il pourrait exister d’autres alternatives qu’une politique de maitrise stricte des dépenses publiques pour un retour à l’équilibre budgétaire dés 2014. L’avenir de la France n’est pas dans le repli sur soi et la fermeture des frontières, mais bien au contraire,  dans une politique de reconquête qui passe par la rigueur budgétaire et le renforcement de la convergence des politiques économiques, sociales et fiscales au sein de la zone euro. Pour cela, il faut aller au plus vite vers une gouvernance unique européenne et, à terme, vers une Europe fédérale qui sera notre seule planche de salut.

Telle est la seule réalité crédible qui permettra à la France de retrouver le chemin de la croissance et de l’emploi, tout  en préservant l’essentiel des avantages sociaux. A moins de trois mois de l’élection présidentielle, on ne peut que regretter qu’à des fins électoralistes, trop de candidats à la présidentielle tiennent un discours irréaliste qui ignore superbement l’ampleur de la crise actuelle que traverse notre veille Europe.


France : pourquoi ignorer l’existence de la plus grave crise que traverse notre pays et la zone euro ?

23 janvier 2012

Pendant des mois, certains médias et la plupart des candidats à l’élection présidentielle ont tenté de faire croire à l’opinion que la dégradation de la note AAA de la France par l’une des 3 agences de notation, mettait en cause la mauvaise gestion de la crise par le président de la République : Nicolas Sarkozy. C’est tromper les français sur la réalité et l’origine de la crise de la dette actuelle.

Retour sur les origines. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la France avait acquis sa note AAA en 1975, l’année même où sont apparus ses premiers déficits à l’origine de sa dette. Ces déficits résultaient principalement de la crise pétrolière de 1973, puis de 1979. Jusque là, rien d’anormal ; tous les pays ayant suivi cette tendance.Pourtant, l’explosion de la dette publique s’est poursuivie dans les années 1980  en raison de l’explosion des déficits sociaux et budgétaires, et ce, malgré des périodes de croissance relativement soutenue. Ce dérapage de la dette s’est poursuivi jusqu’en 2007.

Rappelons au passage que les déficits et la dette de la France avaient dépassé les critères pourtant imposés par le traité de Maastricht aux états membre de la zone euro, à savoir : un déficit public < 3% du PIB et une dette < 80% de ce même PIB. Là est l’origine des problèmes actuels de la zone euro, et non celle de l’euro lui-même qui n’est nullement en cause, bien au contraire.
Alors que la France a traversé prés d’une décennie de croissance, la situation des finances publiques a ainsi continué à se dégrader jusqu’en 2007, à l’aube de la première crise. Cette situation résultait de l’incapacité des gouvernements successifs depuis 1981, de gauche comme de droite, à assainir les finances publiques. Après la crise financière de 2008 qui a conduit les Etats à sauver le système bancaire d’une crise majeure, la situation budgétaire de la France, comme celle de principaux pays de la zone euro, s’est brutalement dégradée. La crise de la dette qui s’en est suivie au sein des pays de la zone euro n’a fait qu’empirer jusqu’en 2011, menaçant certains pays de banqueroute.
C’est à partir de la mi-2011 que des mesures ont été prises par les gouvernements européens pour en limiter l’ampleur et éviter une crise systémique. Que l’on aime ou pas Nicolas Sarkozy, ces deux crises majeures ne peuvent en aucun cas lui être imputées. Au contraire, il est probable que son action en 2008 comme en 2011, a abouti à en atténuer sensiblement les effets négatifs pour la France et les français en général.

La crise de la dette était devenue inévitable dés lors qu’avec la création de l’euro, les critères fixés par le traité de Maastricht qui étaient la condition de la réussite de sa mise en oeuvre, n’ont pas été respectés. Depuis 2002, la France et les pays de l’Europe du sud, contrairement aux pays de l’Europe du nord, ont laissé les finances publiques se dégrader et la dette exploser, sans qu’aucune sanction n’ait été prise à leur encontre comme prévu.

Les difficultés d’aujourd’hui résultent exclusivement des erreurs et du laxisme des gouvernements en place au cours des décennies précédentes. Maintenant, que cela plaise ou non, il va falloir payer l’addition en espérant que nous avons atteint le point culminant de cette crise. Reste maintenant à trouver la bonne clef de répartition et ce n’est pas le plus simple.