La Poste : une évolution nécessaire pour subsister face à la concurrence

28 décembre 2009

Après le Sénat, c’est dans la plus grande discrétion que l’Assemblée Nationale a adopté le 22 décembre le projet de loi transformant La Poste en société anonyme à compter du 01/03/2010. La réforme de la Poste devrait être définitivement entérinée courant janvier après l’approbation par la commission mixte paritaire.

Outre le caractère « imprivatisable » de La Poste, la loi a gravé dans le marbre le maintien des 17 000 points de contact de La Poste. Pour maintenir sa mission de service public, La Poste bénéficiera d’une subvention qui sera réévaluée annuellement en fonction du surcoût engendré. Enfin, ses salariés actuels continueront à bénéficier du régime de retraite public spécifique tandis que les futurs embauchés bénéficieront pour leur part d’un régime privé.

On se rappelle qu’en septembre 2009, la grande famille de la gauche et de l’extrême gauche, partis politiques et syndicats confondus, s’est retrouvée pour une offensive médiatique sous le prétexte de défendre le service public de La Poste menacé de privatisation par le gouvernement. A cet effet, elle avait organisé une prétendue « votation citoyenne » sur laquelle il y aurait beaucoup dire. Pourquoi une telle opération médiatico-politicienne, comme la gauche française en a l’habitude, si ce n’est pour cacher son incapacité à mobiliser son électorat et à proposer de véritables alternatives.

Par delà la méthode d’organisation pour le moins contestable et peu démocratique, la question soumise au vote sentait la manipulation : « Etes-vous favorable à la privatisation de La Poste prévue par le gouvernement ?». Outre le fait qu’il s’agissait d’une question fermée n’appelant que la seule réponse attendue par les organisateurs, celle-ci n’avait aucun sens puisqu’elle reposait sur une affirmation totalement fausse selon laquelle le gouvernement préparerait la privatisation de La Poste. Dans ce contexte, quelle valeur accorder à ce type de référendum ? Aucune, très certainement. D’autant que la participation d’à peine de 2 millions de personnes, en une semaine et après maintes relances sur le terrain, reste finalement modeste et non significative.

La transformation du vieux statut actuel de La Poste en société anonyme répond aux réalités économiques et concurrentielles d’aujourd’hui et à une exigence européenne. L’opération n’a rien d’une privatisation dés lors que l’Etat s’est engagé à conserver l’intégralité du capital. L’affirmation selon laquelle ce nouveau statut constitue une privatisation relève, ni plus ni moins, que d’une escroquerie politique ! Preuve que les gauchistes de tous poils sont passés maître dans l’art de la mise en scène et de la manipulation en essayant de faire peur aux électeurs attachés au service public et angoissés à l’idée de voir disparaître certains de leurs services de proximité depuis plus de 30 ans.

En faisant appel aux réflexes de peur du type « désertification des campagnes ou abandon des services publics », les forces de gauche savaient qu’elles ne prenaient pas grand risque de se voir contredites, dans un domaine très sensible dans la France profonde et rurale qui découvre aujourd’hui les effets de la mondialisation. Qui plus est, il y avait là un moyen de faire diversion tout en désignant un seul coupable : la méchante droite qui voudrait une nouvelle fois « casser les services publics » (déjà entendu me semble-t-il) ? C’était aussi et surtout l’occasion de mobiliser les forces de gauche. Un coup double en quelque sorte mais un pari bien risqué sur le dos des travailleurs de ce pays que l’on a tenté de duper une nouvelle fois.

La Poste française, service-public de proximité que personne ne conteste (même si le service est de moins en moins performant), pour ne pas s’être modernisée et adaptée à la concurrence au cours des dernières décennies, se trouve aujourd’hui asphyxiée et au bord du gouffre. Même dans son cœur de métier « le courrier », La Poste n’est plus en mesure d’apporter le service attendu par les usagers. Même s’il ne règle pas tout, loin s’en faut, le changement de statut tant différé par les gouvernements successifs, par manque de courage politique, s’imposait à la France. Le nouveau statut devrait lui donner les moyens de développer son activité dans les meilleures conditions et de faire face à la concurrence. A trop avoir attendu, le prix à payer en termes d’emplois et de modification du statut des petits bureaux de postes risque hélas d’être élevé. C’est hélas le prix à payer pour assurer la survie du service public de La Poste en France.

Le conservatisme et la démagogie des organisations de gauche ont empêché que La Poste évolue et sont en grande partie responsables de la détérioration du service public. Cessons de manipuler les français à des fins bassement politiciennes et sauvons l’essentiel temps qu’il en est encore temps ! Le monde a changé ; la France doit s’adapter. La Poste n’y échappe pas !


Copenhague : échec des négociations pour sauver la planète

23 décembre 2009

Quelques jours après l’échec de la conférence sur le climat organisée par l’ONU, beaucoup de délégations et d’ONG présences sont reparties avec la gueule de bois et l’impression d’un considérable gâchis qui risque d’avoir des conséquences lourdes sur l’avenir de notre planète.

Selon l’AFP, la conférence sur le climat de Copenhague a frôlé la catastrophe avant d’accoucher samedi d’un accord aux ambitions limitées pour lutter contre le réchauffement, loin de combler les attentes exprimées par la mobilisation sans précédent qu’elle a suscitée. »Ce n’est peut-être pas tout ce que nous espérions, mais cette décision de la conférence des parties est une étape essentielle », a estimé le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, après deux semaines de tractations chaotiques, un sommet à 130 chefs d’Etat et de gouvernement et une nuit de débats acides.

Un accord non contraignant pour l’avenir

La conférence a pris note de l’accord de Copenhague, adopté vendredi soir par les chefs d’Etat de 28 pays industrialisés et émergents. Une formulation juridiquement et politiquement moins engageante qu’une adoption formelle. L’accord de Copenhague a malgré tout le mérite d’enrôler pour la première fois les deux plus grands pollueurs de la planète, la Chine et les Etats-Unis. Bien que jugé « insuffisant » par MM. Obama et Sarkozy – ce dernier y voyait cependant « le meilleur accord possible » -, le document long de trois pages à peine, fixe comme objectif de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés par rapport aux niveaux pré-industriels, sans décliner le mode d’emploi pour y parvenir.

Cet accord à minima appelle les pays industrialisés et les pays en développement à affirmer leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre par écrit d’ici à la fin janvier et prévoit des mécanismes garantissant la transparence de leur mise en œuvre. Mais il ne fixe pas de date pour un « pic » au-delà duquel les émissions commenceraient à décroître. Il prévoit également 30 milliards de dollars à court terme (années 2010, 2011 et 2012), puis une montée en puissance pour arriver à 100 milliards de dollars d’ici à 2020, destinés en priorité aux pays les plus vulnérables afin de les aider à s’adapter aux impacts du dérèglement climatique.

Un accord peu ambitieux qui déçoit beaucoup de délégations et d’ONG

Le délégué du petit archipel de Tuvalu, dans le Pacifique sud, directement menacé par la montée des eaux liée au réchauffement de la planète, a indiqué pour sa part que cet accord revient à proposer « une poignée de petite monnaie pour trahir notre peuple et notre avenir ».  Autre grande déception pour nombre de négociateurs engagés dans le processus : le paragraphe stipulant la nécessité d’aboutir à un traité « légalement contraignant » d’ici la conférence climat de Mexico fin 2010, un temps envisagé, a disparu du document final.

Nicolas Hulot : « Le résultat de Copenhague est affligeant et consternant. Garder l’espoir, ça va devenir un acte de bravoure, alors que le monde a manqué une occasion historique. C’est de l’improvisation, cela faisait deux ans qu’on travaillait pour arriver à ce résultat». Pour lui, la France a cependant été «digne et agressive». «La diplomatie française, avec Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo, a été en pointe. « Ils ont fait leur boulot. Quand ça ne va pas, il faut le dire mais quand ça va, il faut le dire aussi», a-t-il expliqué.

Pascal Husting, directeur de Greenpeace France : « C’est un désastre et un recul par rapport à Kyoto. Il n’y a plus aucune référence scientifique, pas de vision à long terme, et il n’y a qu’une série d’annonces de mesures nationales, totalement volontaires et que personne ne contrôlera, et qui ne seront de toutes manières pas à la hauteur des recommandations de la science».

Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, a estimé pour sa part que « l’accord à minima marquait le début d’un processus qui va être compliqué. On est passé à côté du désastre absolu. Je retiens un échec du système onusien, une déception sur les engagements de chacun à l’exception de l’Europe et de la France», a-t-il déclaré.

Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie : «Nous avons un accord politique qui nous déçoit, qui n’est pas à la hauteur de ce que l’on souhaitait, mais qui reste quand même une étape importante», a confié au Journal du Dimanche. Elle regrette «l’attitude totalement fermée de la Chine et de l’Inde» et dénonce le système de l’ONU «obsolète».

Après Copenhague, les prochaines étapes

L’accord de Copenhague appelle à la conclusion d’un accord complet d’ici fin 2010, mais tout reste à faire au jour d’aujourd’hui. La chancelière allemande Angela Merkel a proposé d’organiser une conférence à Bonn en juin 2010 pour faire le point et préparer le prochain sommet sur le climat qui se tiendra normalement à la fin de l’année 2010 à Mexico. Il ne reste plus qu’à espérer que ce n’est que partie remise et que l’Europe unie sur le sujet, œuvrera activement à l’adoption d’un traité contraignant pour les grands pays pollueurs, en prenant en compte les exigences des pays les plus pauvres, victimes du changement climatique.

Plus d’infos :  Conférence Copenhague –   GIECONU –   www.copenhague-2009.com soutenu par WWF et Greenpeace


France : çà bouge enfin dans les hauts débits et la téléphonie mobile

19 décembre 2009

La concurrence dans les domaines du haut débit et de la téléphonie mobile connaît enfin une évolution encourageante en France.

Free le célèbre fournisseur d’accès internet n° 2 en France depuis l’acquisition d’Alice (groupe Iliad), qui a largement contribué au dynamisme du marché français de l’ADSL, a finalement emporté la 4ème licence de téléphonie mobile en France. Le 18 décembre 2009, l’ARCEP (Autorité de Régulation des Télécom)   a en effet attribué, à l’unanimité, à la société Free Mobile la quatrième licence 3G. Les premières offres devraient être disponibles début 2012. Free Mobile s’est engagé à couvrir à cette date 27% de la population française, 75% en 2015 et 90% en 2018 ; ce qui est sensiblement plus ambitieux que les obligations prévues par l’appel à candidatures. L’ ARCEP évalue l’investissement à près de 2 milliards d’euros, compte-tenu du prix de la licence (240 millions). Ce qui permettrait à Free Mobile d’être à l’équilibre dés 2015.

L’arrivée de ce 4ème opérateur français (en Europe, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne disposent de 4 opérateurs depuis de longues années) devrait favoriser une plus grande concurrence sur un marché jusque là verrouillé par les 3 opérateurs actuels : Orange, SFR et Bouygues-Télécom. Le président de l’Arcep a rappelé qu’en matière de téléphonie mobile « le prix moyen pour le consommateur français est très supérieur à ce qu’il est dans le reste de l’Europe », parfois trois fois supérieur ». Free Mobile a prévu de commercialiser un forfait  offrant trois heures d’appels vers les fixes et les mobiles en métropole pour moins de 20 euros par mois, ainsi que des offres quadruple play. En outre, il s’est engagé à accueillir sur son réseau 3G jusqu’à 4 « MVNO ». De quoi dynamiser  et rendre plus concurrentiel le marché du mobile en France.

A défaut de convaincre les opérateurs existants qui s’étaient opposés par tous moyens à l’arrivée d’un quatrième opérateur, voilà qui ne peut que réjouir les consommateurs de mobiles qui peuvent espérer des forfaits bien plus compétitifs qu’aujourd’hui. Verdict dés 2012.

Ces derniers mois, le secteur des hauts-débits avait également connu certaines évolutions intéressantes tendant à accroître la concurrence entre les FAI : Orange, Free et SFR. A ces derniers, il faut ajouter Bouygues-Télécom, arrivé en fin d’année 2008 qui a de nombreux projets pour s’imposer à son tour sur ce marché.  Si la forte croissance de Free, qui engrangeait jusqu’alors de nombreux nouveaux abonnés, s’est nettement réduite en 2009 du fait de la perte d’abonnés suite au rachat d’Alice, à l’inverse, SFR et Bouygues-Télécom ont connus une croissance importante de leur nombre d’abonnés aux 2ème et 3ème trimestres 2009.

Bien qu’arrivé tardivement sur le terrain de l’ADSL, Bouygues Télécom grâce à une offre Bbox, poursuit son offensive sur le marché français. Son offre quadruple-play Idéo lancée en mai connaît un vif succès (offre incluant, outre l’ADSL, la téléphonie illimitée et la TV, un forfait mobile de plusieurs heures). Fort de ces premiers pas dans l’ADSL, l’opérateur s’intéresse maintenant au très haut débit (30 à 100 Mbits) qui permettra de recevoir plusieurs flux simultanés de vidéo en haute définition. Une première offre à 100 Mbits devrait être lancée mi 2010, à l’occasion de la Coupe du monde de football.

Pour gagner son pari, Bouygues Télécom s’appuie sur le réseau en fibre optique déployé par Numéricâble (groupe détenu par les fonds d’investissement américains Altice et Cinven) avec lequel elle a conclu un accord. L’unique câblo-opérateur français a en effet déployé son réseau auprès de 9,4 millions de logements et entend rentabiliser au mieux ses tuyaux aux trois quarts vides. Car, si le réseau Numéricâble est majoritairement constitué en câble coaxial sur la partie terminaison (débit maxi de 30 Mbits), son redéploiement en fibre optique en cours lui permet d’ores et déjà de déployer la fibre auprès de 3,5 millions de foyers dans plus de trente agglomérations en France.

Bouygues Télécom, en proposant un accès à très haut débit sur une partie de la France, est ainsi en passe de combler son retard sur ses principaux concurrents qui en sont encore au début des travaux de construction de leur propre réseau en fibre optique. Grâce à son offre d’accès triple ou quadruple play Idéo, disponible pour plus de 3 millions de clients potentiels en fibre optique (en plus des 8 million en coaxial très haut débit jusqu’à 30 Mbit/s), l’opérateur est en passe de réussir un joli coup.

Avec 4 opérateurs hauts et très débits en France, plus le câblo-opérateur Numéricâble, l’année 2010 devrait marquer le début d’une plus grande concurrence et de meilleurs services pour les consommateurs. Gageons que l’arrivée en 2012 de Free Mobile sur le marché du mobile en France, va générer une saine concurrence dans ce secteur. Les opérateurs en place n’ont qu’à bien se tenir et proposer des offres enfin compétitives.

Plus d’infos : ARCEPDegroupnewsHauts débits en Aveyron


Copenhague 2009 : bataille ultime pour sauver la planète

15 décembre 2009

La conférence de l’ONU sur le réchauffement climatique devrait prendre fin jeudi 18 décembre à Copenhague, en présence d’une centaine de chefs d’Etat.

A quelques jours de sa clôture, en dépit de longs débats et échanges entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement, en grande partie étrangers aux problèmes liés au réchauffement climatique, la perspective d’une avancée réelle et d’un accord sur des objectifs contraignants est loin d’être acquise. Force est de constater que si les européens apparaissent très ouverts et prêts à accepter des objectifs ambitieux, assortis d’un importante aide aux pays les plus pauvres pour leur permettre de se préparer au défi climatique, tel ne semble pas être le cas des Etats-Unis et de la Chine, les principaux pollueurs.

Dans se contexte, le risque d’échec ne peut être écarté ; ce qui serait dramatique pour l’avenir de l’ensemble de la planète et les générations futures.

Une fois encore, Nicolas Sarkozy, qui milite pour un accord « contraignant » avec des engagements chiffrés et la création d’une organisation mondiale de l’environnement pour le suivi et la vérification des mesures adoptées à Copenhague, mène une offensive diplomatique tous azimuts avant de partir pour la conférence de Copenhague. Après plusieurs déplacement et réunions à l’Elysée dont la dernière sur la déforestation, une des principales causes du réchauffement climatique, il a reçu le 15 décembre à l’Elysée le Premier ministre d’Ethiopie, Meles Zenawi, porte-parole à Copenhague des pays africains.

Les deux dirigeants ont lancé un appel commun dans lequel la France et l’Afrique se prononcent pour un « accord ambitieux » qui impose d’ici 2050 une réduction de 50% des émissions mondiales de CO2 par rapport à 1990, et met en place des « financements suffisants » pour aider les pays vulnérables à faire face au défi climatique. »Un tel enjeu pour la planète est tellement important qu’une alliance entre l’Afrique et l’Europe est absolument cruciale », a affirmé M. Sarkozy. M. Zenawi a ajouté : « Il n’y aura pas d’accord mondial qui n’inclut pas l’Afrique ».

MM. Sarkozy et Zenawi envisagent la création d’un fonds dit « fast start » de 10 milliards de dollars par an jusque fin 2012 afin de « financer les actions d’adaptation et d’atténuation, y compris la lutte contre la déforestation, principalement dans les pays pauvres et vulnérables ». Lors du sommet du Commonwealth à Trinidad le 27 novembre, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown avaient donné leur accord sur ce chiffre « auquel les Etats-Unis doivent contribuer », a précisé M. Sarkozy. « Nous avons besoin que les Etats-Unis donnent leur accord au « fast start ». « Les Etats-Unis sont le premier pays du monde. Ca donne des avantages et ça crée des contraintes », a insisté le président français.

Ce même 15 décembre, Nicolas Sarkozy s’est entretenu par visio-conférence, pendant prés d’une heure avec Barack Obama, Angela Merkel et Gordon Brown pour le faire le point des négociations engagées à Copenhague. Dans son communiqué, l’Elysée n’a pas détaillé les discussions et s’est borné à préciser que « les quatre dirigeants sont convenus de rester en contact très étroit » d’ici vendredi.

Après le président brésilien Lula, il y a quelques semaines, indonésien lundi, le chef de l’Etat doit poursuivre mercredi ses efforts en recevant à l’Elysée les pays du bassin du Congo, le deuxième « poumon vert » de la planète après l’Amazonie. Objectif avoué de la réunion, enrôler ces onze pays africains derrière la France et l’UE pour arracher un accord à Copenhague par le biais de la lutte contre la déforestation, responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre. « Une alliance entre l’Afrique et l’Europe est absolument cruciale », a répété mardi M. Sarkozy. Cette alliance doit aussi permettre d’isoler la Chine, principal pollueur de la planète qui rechigne à s’engager à Copenhague.

Si la conférence de Copenhague devait être un demi-échec, ce ne sera certainement pas faute à l’Europe et encore moins au président français Nicolas Sarkozy qui aura fait montre d’un engagement diplomatique sans précédent afin de parvenir à un accord. Espérons que les résultats seront à la hauteur des enjeux : sauver durablement notre planète tant qu’il en est encore temps.

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France : renforcer la répression contre la délinquance routière

10 décembre 2009

Les craintes de voir en 2009 le nombre de tués sur les routes augmenter, pour la première fois en sept ans, s’est hélas confirmée avec la publication des derniers chiffres ce 8 décembre. Ils sont franchement mauvais avec 343 personnes tuées sur les routes de France en novembre, soit une augmentation de 3% par rapport à novembre 2008 (+ 10 tués).

A ce rythme observé, le gouvernement estime que le nombre des tués sur les routes devrait se situer entre 4 350 et 4 400 pour 2009 contre 4 275 en 2008. Nous sommes encore bien loin de l’ambition du Président de la République de ramener en dessous de 3 000 le nombre de tués sur la route en 2012. Cette évolution dramatique et redoutée était pourtant prévisible.

Ces mauvais résultats traduisent immanquablement le laxisme du gouvernement depuis prés d’un an (relâchement de la pression et des contrôles sur les automobilistes), le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, prône la tenue d’un comité interministériel de sécurité routière (CISR) avant la fin de l’année. En attendant, probablement pour amortir le choc, le gouvernement a annoncé le lancement courant décembre d’une campagne contre l’alcool au volant, première cause d’accidentalité sur les routes françaises.

En effet, l’alcool multiplie par plus de 8 le risque pour un conducteur d’être responsable d’un accident mortel ; par ailleurs, les accidents avec une alcoolémie positive ont lieu généralement la nuit en rase campagne, dans plus de 70% des cas et le weekend pour prés de 60%. Le lancement de cette campagne coïncide avec la publication d’une étude révélant que, comparés aux autres Européens, les conducteurs français sont plus enclins à prendre le volant après avoir bu et plus sceptiques sur l’instauration d’une loi « zéro alcool au volant« , même s’ils l’approuvent.

Mais cette nouvelle campagne de prévention, faisant largement appel au civisme des automobilistes, inversera-t-elle les choses ? Hélas, certainement pas lorsque l’on connaît l’automobiliste français !

Pour poursuivre la baisse des accidents de la route en France, il n’y a qu’une seule et véritable alternative : renforcer plus que jamais la répression sur les routes de France et continuer à harceler et traquer les délinquants et autres irresponsables sur nos routes. Pour cela, il ne doit y avoir aucune complaisance de la part des forces de l’ordre (systématisation des contrôles radars automatiques et des radars mobiles, utilisation de véhicules banalisés et autres hélicoptères ou caméras pour relever les infractions au code de la route) et des tribunaux pour sanctionner fortement les fautes les plus graves commises par les délinquants de la route. Il n’y a pas de temps à perdre pour sévir.

L’automobiliste moyen français s’avérant peu sensible à la prévention et au respect d’autrui, le seul moyen de le responsabiliser consiste à le toucher au portefeuille (c’est bien regrettable, mais c’est ainsi). Alors pas de pitié pour les chauffards sur les routes et que les amendes pleuvent au cours des mois avenir jusqu’à ce que la France franchise enfin le seuil des 3 000 morts par an, qui est le seul qui soit digne d’un pays développé.

La répression sur les routes est bénéfique pour tout le monde. Elle préserve la vie avec moins de morts et blessés, elle responsabilise et éduque l’automobiliste moyen et contribue à réduire sensiblement la vitesse et la circulation, d’où moins de CO2. Qui peut s’en plaindre ! Finalement, il n’y a que des avantages à traquer les délinquants de la route.

Plus d’infos : Sécurité routièrePrévention routièreMinistère du développement durable


Obama : l’heure de vérité a sonné !

1 décembre 2009

Deux jours seulement après l’adoption par l’AIEA d’une résolution condamnant l’Iran pour son programme nucléaire, Téhéran a annoncé examiner de nouveaux projets pour enrichir l’uranium et à construire 10 nouvelles usines d’enrichissement. Dans ce contexte, la Maison Blanche a averti l’Iran qu’il ne dispose plus de beaucoup de temps pour répondre aux inquiétudes de la communauté internationale sur son programme nucléaire. La main tendue aux dirigeants iraniens et les longs mois de négociation où l’Iran a joué la montre, n’ont pas suffit à convaincre. Barack Obama est aujourd’hui obligé de se rendre à l’évidence. Aucune discussion sérieuse n’est possible avec cet état terroriste qui entend poursuivre le développement de l’arme nucléaire à tout prix. Il était temps de faire preuve de fermeté, mais que de temps perdu !

Au Proche-Orient, la situation reste plus que jamais bloquée. Les maladroites tentatives de pression sur Israël n’ont rien donné, bien au contraire. La semaine dernière, l’administration américaine, qui s’était jusqu’alors plutôt engagée aux côtés du palestinien Mahmoud Abbas, s’est ralliée à la position israélienne du premier ministre Benyamin Netanyaou
qui propose de reprendre les négociations sans condition, en contrepartie de l’arrêt immédiat des implantations de colonies en Cisjordanie, sauf à Jérusalem. Alors que le président de l’Autorité palestinienne est très affaibli, on voit mal se dessiner un début de solution en dépit des nombreux voyages diplomatiques et des interventions de la secrétaire d’Etat Hilary Clinton.

De leur côté, les relations avec l’Europe et l’Amérique du sud, en dépit d’une sensible amélioration, restent au point mort.

En Afghanistan, le temps passe et les décisions tardent. Au fil des mois, la situation s’est dégrade et on voit mal un début de solution d’autant plus que le président Amine Karzaï, réélu dans les conditions que l’on sait, manque de crédibilité et ne semble pas en mesure d’imposer une sortie de guerre. Pour sortir de ce guêpier, il n’y hélas pas d’autre alternative que de renforcer la présence militaire pour tenter d’inverser les choses, avec les risques d’enlisement que l’on sait. Barack Obama n’a finalement guère le choix que de donner satisfaction aux militaires sur le terrain. C’est la raison pour laquelle, il vient d’annoncer début décembre l’envoi de 30 000 hommes supplémentaires. Une décision pas facile d’autant que les alliés ne sont pas très disposés à le suivre.

Concernant le réchauffement climatique, en dépit des engagements de campagne et des discours, Barack Obama paraît très en retrait dans ses dernières propositions. Il annonce l’engagement des Etats-Unis à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 17 % d’ici à 2020, par rapport à l’année 2005. Il s’agit certes de chiffres précis mais fort modestes car, en réalité, les 17 % correspondent à un objectif de réduction de 5 % par rapport à l’année de référence de 1990 utilisée par la communauté internationale. De plus, le nouveau président américain engage sa parole sans qu’il ne soit parvenu à un accord avec le Sénat que l’on sait récalcitrant. Au moment où les européens, sous la houlette de Nicolas Sarkozy, proposent une réduction de 20% sur la base de l’année 1990 (soit quatre fois plus), nous sommes bien loin d’un accord à Copenhague comme espéré auprès son élection. Gageons que sa présence au sommet, même brève et en dehors de la séance de clôture, permettra d’arracher un début de solution honorable pour la planète et les pays les plus pauvres et les touchés par le changement climatique.

A l’aube de l’année 2010, après un an de mandat, de beaux discours et un prix Nobel de la Paix par anticipation, Barack Obama est bel et bien au pied du mur. L’ « Obamania » est terminée et chacun attend maintenant des actes ! La nouvelle situation, issue de la crise financière, n’est pas facile à gérer avec la fin de l’unilatéralisme qui avait permis aux USA de s’imposer sur la scène mondiale ces dernières décennies. Le monde est aujourd’hui multipolaire, à l’instar des BRIC et de l’Europe qui entendent imposer leur vision. Pour Obama, une page se tourne et l’heure de vérité est arrivée. Espérons que nous ne seront pas trop déçus ! A suivre.