Présidentielle 2017 : La France doit choisir entre déclin ou renouveau

10 avril 2017

La majorité des candidats à l’élection présidentielle portent une appréciation de la situation de la France totalement erronée, sans rapport avec la réalité du pays. De fait, la plupart des solutions proposées ne répondent en rien à l’ampleur des problèmes et sont d’abord dictées par l’électoralisme. Et c’est bien là le drame de la France aujourd’hui au bord du gouffre que beaucoup de pays amis regardent avec circonspection et désolation face au déroulement actuel de la campagne.

Sans verser dans le catastrophisme, le pragmatisme impose de regarder la réalité en face. La France traverse une grave crise, probablement la plus importante depuis l’après guerre et cela n’a fait que s’accentuer ces dernières années. Il suffit pour s’en convaincre de constater que les principaux indicateurs sont presque tous passés au rouge : croissance limitée à 1%, déficit budgétaire non maîtrisé, production industrielle inférieure à celle de 2008, dette publique alarmante à prés de 100% du PIB en dépit de taux d’intérêt très bas qui vont rapidement remonter, un investissement productif insuffisant, un défit du commerce extérieur en forte augmentation et bien sûr un chômage qui dépasse les 10% de la population active….

Ceci est d’autant plus décevant que depuis 2012, les grands pays de l’Union européenne ont vu leur situation s’améliorer nettement alors que celle de la France a continué à se dégrader inexorablement. Que cela plaise ou non, la réalité est que le pays (notre chère douce France) est aujourd’hui exsangue et au bord de la faillite. Il n’est que temps de mettre un terme aux rafistolages successifs des dernières années qui ont conduit à l’échec et passer à un traitement de choc pour sortir de l’impasse actuelle. Pour cela, la France a besoin d’un véritable projet cohérent qui répond aux défis d’aujourd’hui, avec une vision à long terme.

Hélas, très peu de candidats à l’élection présidentielle ont cette vision, par méconnaissance ou plus exactement parce qu’ils refusent de voir la réalité en face et préfèrent une fois de plus tromper les électeurs en leur laissant croire que demain on rasera gratis ! Or la France est à la croisée des chemins et va devoir faire des choix cruciaux pour éviter le déclin et plus encore. La mondialisation est en marche et n’attendra la France qui risque de rester, pour longtemps, au bord de la route parce que les politiques auront été incapables de mettre en œuvre les réformes nécessaires à l’adaptation du pays à la nouvelle donne.

Le populisme, le protectionnisme et autre nationalisme exacerbé sont dépassés. Ils sont le terreau de l’obscurantisme qui guette la société française d’aujourd’hui si l’on n’y prend garde. Il est encore temps pour les français d’ouvrir les yeux et de faire le bon choix pour le pays et les générations futures.

Une sortie de l’euro, comme le proposent certains candidats à l’élection présidentielle, serait catastrophique et plongerait la France dans le chaos pour longtemps, en ruinant tous les efforts consentis au cours des dernières décennies. Cela entraînerait par ailleurs une dévaluation de l’ordre de 25% à 30% de la nouvelle monnaie, appauvrissant ainsi un peu plus les français les plus modestes, avec une inflation galopante et une épargne qui se réduit comme peau de chagrin. Dés lors, et pour longtemps, la France cesserait d’exister sur l’échiquier économique et politique mondial et les français, comme les grecs aujourd’hui, n’auraient plus que leurs yeux pour pleurer face aux coupes budgétaires imposées par le FMI.

Pourtant, la France a tout pour réussir et devenir leader en Europe et imposer ses vues au monde. Encore faut-il qu’elle prenne au plus vite les bonnes mesures. Pour réussir, la France a besoin de plus d’Europe qu’il faut réorganiser de manière plus efficace et proche des citoyens. La priorité doit être aux réformes courageuses de notre société et non à une fuite en avant vouée à l’échec. Chacun le sait, la France souffre d’un important déséquilibre entre un secteur public hypertrophié et une société civile étouffée sous les prélèvements et les réglementations.

La condition sine qua non pour que la France retrouve les voies de la croissance et du plein emploi repose sur un nécessaire rééquilibrage au profit du secteur privé, source de dynamisme. A l’instar de l’Allemagne, notre principal partenaire et la référence en Europe, la France doit éradiquer une fois pour toute ses déficits qui l’affaiblissent et ramener au plus vite son niveau de dépenses publiques de 57% du PIB actuellement aux alentours de 50%, moyenne supérieure des pays du nord de l’Europe qui sont à 45% du PIB. L’ampleur de la tâche à accomplir est énorme mais d’autres pays y sont parvenus avec succès.

Le renouveau de la France passe par un Etat stratège, stable et facilitateur au service du secteur productif et non d’un Etat actionnaire, par nature mauvais gestionnaire des fonds publics comme chacun le sait. Il doit se concentrer sur ses missions régaliennes comme l’éducation qui n’est plus au niveau où elle était jadis, en dépit de moyens financiers considérables. Or, l’enseignement reste un facteur clef de la compétitivité comme on peut le voir partout dans le monde.

Un seul mandat ne suffira pas à transformer le pays. Il faut arrêter de gérer le pays au jour le jour, d’un plan d’urgence à un autre, de réformette en réformette, d’effets d’annonces sans suite ou des mesures clientélistes en prévision des prochaines échéances. Il faut changer cela et prendre enfin le taureau par les cornes avec détermination et courage, sans se soucier des futures échéances électorales. Nous devons avoir une réelle ambition pour notre pays. Cessons de chercher des boucs émissaires pour justifier notre incapacité à conduire le pays sur les voies de l’espoir et de la croissance. Non, ni l’Europe, ni l’Allemagne, ni l’euro, ni la mondialisation ou le libre-échange ne sont responsables des maux actuels de la France. C’est France qui n’a pas su ou voulu s’adapter à ce monde qui change. Du coup, notre cher pays se trouve aujourd’hui distancé et menacé de relégation !

Ce qui manque à la France, c’est du courage et une réelle vision pour notre pays autour d‘un projet clair et réaliste. Face aux fortes tensions actuelles et futures, face à la Chine, la Russie et les USA, l’avenir de la France ne peut s’inscrire qu’au sein de l’Union européenne dont elle doit redevenir un acteur majeur aux côtés de l’Allemagne.

Les 27 avril et 7 mai 2017, la France joue son avenir. Le choix des français engagera pour longtemps l’avenir du pays. De ce choix dépendra le déclin ou le renouveau de la France.

 


L’état désastreux de la France après 5 ans de Hollande ou comment éviter l’erreur de reconduire les héritiers de ce dernier !

3 avril 2017

Une majorité de français pensent qu’ils vivent moins bien aujourd’hui qu’il y a 5 ans, où la France sortait pourtant d’une importante crise financière qui avait lourdement mis à mal ses finances publiques. Début 2012, malgré la crise, la situation de la France au plan économique et budgétaire était malgré tout proche de celle de ses voisins de l’Europe du nord et de l’Allemagne en particulier ; ce qui laissait entrevoir une amélioration progressive de sa situation au cours des années suivantes.

Hélas, il n’en a rien été du fait de la rupture engendrée par la mauvaise politique suivie par M. Hollande, qui a largement ouvert le robinet des dépenses publiques en augmentant considérablement la pression fiscale.

Depuis 2012, selon un récent sondage effectué pour Les Echos et l’Institut Montaigne, 67% des français considèrent que leur situation personnelle s’est nettement détériorée contre 9% qui pensent qu’elle s’est améliorée. Le sentiment de recul des français touche presque tous les secteurs et notamment, dans l’ordre :

  • La lutte contre les inégalités,
  • L’accès aux soins et au système de santé,
  • La compétitivité des entreprises françaises,
  • Le niveau des impôts et de la fiscalité des ménages,
  • La création d’emplois.

La réalité reste toutefois un peu différente du ressenti des français. En effet, quelques indicateurs économiques se sont améliorés comme la compétitivité par rapport à l’Allemagne et l’UE, les énergies vertes sont en progression, les levées de fonds des start-up française ont fortement augmenté et le nombre d’entreprisse a également connu une progression.

Pour autant, en dépit d’une situation économique favorable en Europe et dans le monde, la France a cependant continué à perdre du terrain dans de nombreux domaines. Ainsi, malgré la forte baisse des taux d’intérêts depuis 2012, la charge de la dette a continué de croître alors qu’elle a décru presque partout au sein de l’UE. En 2017, la dette de la France atteint près de 2 200 milliards d’euros, soit prés de 98% du PIB. Quant-aux déficits publics, si le gouvernement affiche un -3.4% contre -3% prévu, en réalité, le déficit est plus proche de -4%, ce qui nous place parmi les plus mauvais élèves de l’UE. Pas de quoi permettre à la France d’imposer son point de vue en Europe et dans le monde.

La plupart des indicateurs économiques de la France se sont enfoncés durablement dans le rouge. La croissance est restée atone avec moins de 1% en moyenne, de telle sorte que le PIB par habitant en 2016 est redescendu en dessous de celui de 2010. C’est probablement le signe le plus mal ressenti par les français qui ont eu l’impression de voir leur pouvoir d’achat partir en fumée.

Tout aussi inquiétant, la part de l’industrie dans l’économie française a continué de décroître atteignant son plus bas niveau alors que le déficit du commerce extérieur du pays a quasiment doublé entre 2012 et 2016, atteignant plus de 35 milliards d’euros. Preuve de la mauvaise situation économique et sociale du pays, le chômage (demandeurs d’emploi de catégorie A) a fortement augmenté, passant de 3 160 000 personnes en mai 2012 à 3 724 000 personnes en janvier 2017 alors qu’il a régressé fortement dans la quasi-totalité des pays de l’UE, y compris du sud.

Tout cela démontre, au besoin, les résultats catastrophiques du quinquennat de M. Hollande qui a été incapable de conduire les réformes nécessaires à la modernisation de notre pays et de profiter de l’embellie économique des pays de l’UE depuis 2012 pour remettre notre économie sur les rails après la grave crise de 2008. Conséquence, la France a fortement reculé sur de nombreux plans et se trouve aujourd’hui dans une situation particulièrement difficile qui va nécessiter beaucoup de courage et de volonté aux futurs élus pour sortir notre pays de l’impasse actuelle. A défaut, c’est tout simplement la faillite du pays qui menace !

Ce calamiteux bilan de M. Hollande est aussi celui de M. Macron qui a été le conseiller économique du président durant deux ans et ministre de l’économie durant deux antres années. Emmanuel Macron (Hollande) voudrait aujourd’hui passer sous silence ces quatre années passées aux côtés de Hollande qui ont conduit la France au bord du précipice. Il porte assurément une part importante de responsabilité dans cet échec et on voit mal comment il pourrait présenter une alternative crédible pour notre pays. Il suffit pour s’en convaincre de constater qu’il n’a toujours présenté aucun programme sérieux.

Dans ce contexte, on peut comprendre l’inquiétude des français qui ont vu leur pouvoir d’achat baisser, les impôts et le chômage augmenter pendant que notre système de santé explosait.

Les atouts de la France existent mais encore faut-il redresser la situation actuelle. Cela passe nécessairement par quelques années d’efforts où il faudra se serrer (un peu) la ceinture pour rééquilibrer nos finances publiques et réformer le pays. Un seul candidat, par la crédibilité de son programme et son expérience, semble aujourd’hui en mesure de pouvoir sortir la France de l’impasse actuelle. Il s’agit bien sûr de François Fillon.