Aveyron : Le département porté par le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez et de son aire urbaine

13 janvier 2019

Selon l’INSEE, la population légale du département de l’Aveyron comptait 279 169 habitants, en progression de 0.2%. Il s’agit de la population officielle résultant du dernier recensement de la population réalisé en 2015.

Le gain de population a ainsi été de 525 habitants entre 2014 et 2015 ; ce qui n’est pas rien pour un département dont l’INSEE avait prédit un fort dépeuplement à partir des années 1990. A ce rythme, la population devrait dépasser les 280 000 habitants en 2020, pour la première fois depuis longtemps. Un évolution encourageante.

L’Aveyron limite les dégâts par rapport à la plupart des départements ruraux

Ces résultats restent cependant en retrait par rapport à l’objectif fixé, il y a 5 ans par le Conseil départemental qui souhaite voir la population du département atteindre les 300 000 habitants à l’horizon 2030. Mais ne faisons pas la fine bouche, l’Aveyron a enrayé son déclin contrairement à la grande dorsale française qui va du Massif-Central à l’est de la France qui persiste dans la désertification.

Cette croissance de la population reste fragile et résulte exclusivement de l’arrivée de nouveaux habitants dans le département qui soutiennent une croissance migratoire continue depuis près de 10 ans, signe de l’attractivité du territoire. A l’inverse, le solde naturel (écart entre les naissances et les décès) reste toujours déficitaire. D’où un équilibre précaire.

A cet égard, l’Aveyron fait exception parmi les départements ruraux faiblement peuplés du centre de la France, même si l’augmentation de sa population est moindre au regard de celui de la région Occitanie qui progresse de 0.9% ; l’une des plus dynamique de France.

L’Aveyron se distingue avec un taux d’actifs de 48% parmi les plus importants d’Occitanie, derrière la Haute-Garonne 54%. Par contre, la proportion de retraités (36%) y est l’une des plus élevée du pays. L’Aveyron fait partie des départements les plus âgés de France (45 ans en moyenne) avec une personne sur trois de plus de 60 ans, dont 14% ont plus de 75 ans. A l’inverse, les moins de 30 ans ne représentent que 30% de la population, contre 34% en Occitanie et 37% au niveau national. Les 15-29 ans représentent 14% de la population.

Le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez

L’évolution et la répartition de la population du département de l’Aveyron restent toutefois contrastées. La croissance se concentre pour l’essentiel sur l’aire urbaine de Rodez. Outre l’agglomération de Rodez, les communes périphériques bénéficient pleinement de son attractivité économique et commerciale (Bozouls, Espalion, Marcillac-Vallon, Salles-la-Source, Valady, Baraqueville, Flavin, Pont-de-Salars, Agen d’Aveyron, La Loubière, Gages-Montrozier, Laissac-Séverac l’Eglise…).

L’aire urbaine de Rodez qui comptait 86 373 habitants à fin 2014 (+0,7%), soit près du tiers des aveyronnais, reste en effet parmi les plus dynamiques d’Occitanie. Pour l’INSEE, cette évolution (+ 3 105 h entre 2009 et 2015) s’explique par le dynamisme démographique de la couronne périurbaine de Rodez qui a cru de +1,0 par an entre 2009 et 2014.

La mise en service progressive de la RN88 à 2 x 2 (vers Baraqueville-Naucelle mais aussi Laissac-Séverac-A75), ainsi que la modernisation des axes RD 840 (vers Decazeville) et RD 988-920 (vers Espalion) participent activement à cette évolution qui devrait s’accentuer au fur et à mesure de l’amélioration du réseau routier et du déploiement du très haut débit.

Avec 50 485 h, la croissance de l’unité urbaine de Rodez reste soutenue (+0,6%), comparable celle de Toulouse (+0,5%).

La plupart des communes de l’agglomération de Rodez connaissent une croissance sensible de leur population à l’exception notable de Rodez. Cette évolution devrait toutefois s’inverser à partir de 2018 avec la construction ces dernières années de très nombreux logements dans le quartier de Bourran et en centre-ville. L’expansion démographique de l’agglomération de Rodez devrait se poursuivre sur le même rythme au cours de la prochaine décennie.

Le dynamisme démographique de l’agglomération de Rodez

Si l’aire urbaine de Rodez est évaluée par l’INSEE à plus de 86 000 habitants, celle de l’agglomération actuelle de Rodez (8 communes) comptait environ 60 000 habitants en 2018. La croissance constante de sa population de l’ordre de 0,5% par an fait d’elle le principal pôle d’attractivité et de dynamisme du département.

La population municipale des principales villes de l’agglomération de Rodez (Rodez, Onet-le-Château, Luc-La Primaube, Olemps, Sébazac-Concourés, Druelle-Balsac, Sainte Radegonde et Le Monastère-sous-Rodez) au 31/12/2014 :

  • Rodez : 24 088 h (-0,2%) ; population totale de 27 747 h
  • Onet-le-Château : 11 944 h (+1.7%) ; population totale de 12 525 h
  • Luc-La Primaube :   5 918 h (+0,8%) ; population totale de 6 127 h
  • Olemps :  3 381 h (+0,3%) ; population totale de 3 474 h
  • Sébazac-Concourés :   3 235 h (+0,2%) ; population totale de 3 336 h
  • Druelle-Balsac :   3 081 h (+0,1%) ; population totale de 3 168 h

Les principales unités urbaines de l’Aveyron au sens de l’INSEE (population municipale au 01/01/2014) :

Rodez reste et de loin, la principale aire urbaine et agglomération du département et porte à elle seule l’essentiel de la croissance de la population. Millau, constitue la deuxième unité urbaine du département avec 23 652 h et se maintient avec une légère augmentation de sa population, toujours grâce aux communes périphériques.

Les autres unités urbaines ont tendance à voir leur population baisser (Decazeville, Villefranche-de-Rouergue) ou se stabiliser (Saint Affrique).

L’évolution des unités urbaines de

  • Rodez : 50 485 h (+0,5%)
  • Millau : 23 652 h (+0,1%)
  • Decazeville : 14 854 h (-1,3%)
  • Villefranche : 12 560 h (-0,5%)
  • Saint Affrique : 9 430 h (+0,1%)

Au vu de ces chiffres que confirment les dernières estimations de l’INSEE pour 2018, il apparaît clairement que l’agglomération de Rodez, par son attractivité, son dynamisme industriel et commercial et ses importants services, constitue plus que jamais pour le département de l’Aveyron une véritable métropole qu’équilibre.

 

Plus d’infos :

Légende :

  • Aire urbaine: Ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.
  • Unité urbaine: Elle repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. On appelle unité urbaine une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.
  • Communauté d’agglomération : Il s’agit d’un EPCI regroupant plusieurs communes formant, à la date de sa création, un ensemble de plus de 50 000 habitants d’un seul tenant et sans enclave autour d’une ou plusieurs communes centre de plus de 15 000 habitants. Ces communes s’associent au sein d’un espace de solidarité, en vue d’élaborer et conduire ensemble un projet commun de développement urbain et d’aménagement de leur territoire. Rodez agglomération est la seule communauté d’agglomération du département de l’Aveyron.
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2019 : L’année de tous les dangers ?

6 janvier 2019

Alors que nous abordons l’année 2019, de très nombreuses interrogations se font jour au vu de l’évolution du monde ces derniers mois. Pour la première fois depuis longtemps, rarement l’avenir de notre planète n’avait paru aussi incertain. Jamais autant de menaces n’avaient pesé sur le monde.

Pour certains, l’année 2019, comme les années en 9,  porte en soi beaucoup d’incertitudes. Ce fût le cas en 1999/2000 avec le krach lié à la « bulle internet » et plus récemment en 2009 avec la crise des « subprimes », l’une des plus importantes crises financières qui a fragilisé de nombreux pays, y compris en Europe même si les français en ont finalement peu senti les effets parce que le système bancaire a finalement pu être sauvé.

Pour d’autres, 2019 pourrait aussi être une sorte de 1929, l’année du grand krach boursier qui est à l’origine de la « grande dépression » et qui a généré une importante instabilité politique, économique et sociale à travers le monde. Il est vrai que ces derniers mois, les bourses mondiales sont devenues extrêmement fébriles et instables, encaissant la plus forte baisse depuis 2008. Ceci notamment en raison d’une instabilité politique et économique mondiale liée à la politique suicidaire de Trump.

Depuis l’arrivée de Trump à la Maison Blanche, les tensions politiques et commerciales n’ont jamais été aussi fortes avec notamment une guerre commerciale avec la Chine sans précédent, mais aussi avec l’Europe. Dans ce contexte de tensions exacerbées, le commerce international et la croissance mondiale ont du plomb dans l’aile. Déjà, la croissance est en berne au Japon, en Corée et en forte baisse en Chine et par ricochet aux USA et en Europe. Une situation qui risque de nous entraîner dans une véritable récession mondiale.

En Europe, cette année 2019 est aussi marquée par d’importantes incertitudes liées au Brexit dont les effets s’annoncent de plus en plus catastrophique pour les Britanniques, mais aussi indirectement pour l’UE. A cela vient s’ajouter la montée ces dernières années du national-populisme dans certains pays de l’est européen, mais aussi en Italie et dans un degré moindre en Autriche, en Allemagne et en France à un moment où le tandem franco-allemand est affaibli. Quand on sait où cela a conduit l’Europe par le passé, l’optimisme n’est guère de mise. Si l’on ajoute l’incertitude liée aux résultats des prochaines élections au Parlement européen fin mai 2019, il y a de quoi s’interroger sur son devenir. Une chose est certaine, l’Union européenne est le seul avenir possible pour les pays qui la composent, y compris la France. Les britanniques risquent de l’apprendre à leurs dépens.

Autre facteur de risque important, selon une récente étude du FMI qui regroupe 200 pays, la dette totale publique et privée de l’ensemble des pays membres aurait atteint des proportions alarmantes avec une dette moyenne équivalente à 225% du PIB. Un record et de très loin ! La situation de la France à cet égard est également alarmante. Si les taux d’intérêts devaient brusquement remonter, de nombreux pays dont la France, seront alors en très grande difficulté et ne pourront plus faire face à leurs dépenses courantes.

Enfin, selon plusieurs spécialistes du secteur, les prix du pétrole au plus bas, autour de 50 dollars le baril de Brent, pourraient exploser en 2019 et approcher les 100 dollars avec l’impact que l’on sait sur l’économie mondiale qui se trouverait alors fortement pénalisée. Mais au final, peut-être ne serait-ce là un moindre mal pour préserver la planète en imposant par la force, une baisse de la consommation des énergies fossiles si nocives pour la planète et notre santé ?

Mais le plus important défi à relever pour le monde reste probablement celui du changement climatique. Face aux importants retards pris à travers le monde en la matière, y compris en France, et à l’urgence, il va bien falloir s’attaquer radicalement à ce grave problème qui met directement en péril le devenir de l’humanité sur la planète terre. Alors que nous connaissons aujourd’hui les risques d’irréversibilité du changement climatique si nous n’agissons pas au plus vite, allons-nous continuer vers l’autodestruction de notre planète, comme si de rien n’était ?

L’urgence est de mise dans de très nombreux domaines, en France comme ailleurs, si nous voulons que les générations futures puissent continuer à vivre sur cette planète. Et ce n’est pas par le repli sur soi, le nationalisme exacerbé, le populisme et l’obscurantisme que nous allons préserver nos acquis et sauver notre planète. Bien au contraire.

Au vu de ces faits et des derniers évènements à travers le monde, il est difficile de rester optimiste pour cette année 2019 qui sera l’année de tous les dangers.

Pour éviter le pire, il faut espérer que les responsables politiques des grandes démocraties sauront trouver les forces nécessaires pour se ressaisir et proposer un front commun avec une alternative mondiale qui préserve durablement l’avenir des peuples de la planète. Oublions les égoïsmes et le repli sur soi et soyons enfin responsables.

Bonne année 2019 !