France : concessions des barrages hydroélectriques (2)

26 février 2010

Un plan de relance de la production hydroélectrique française (2)

La mise en concurrence des concessions est le premier volet d’un plan plus large visant à relancer l’hydroélectricité en France dans le cadre de l’exercice de programmation énergétique pour 2020. L’Etat prévoit en effet un soutien massif aux investissements effectués dans les barrages, conformément aux engagements du Grenelle Environnement. Il s’agira dans un premier temps d’augmenter les capacités de production en installant des turbines de nouvelle génération qui permettront d’accroître de 25% à 30 % la puissance électrique des installations hydroélectriques.

Le deuxième objectif est de renforcer la sécurité d’approvisionnement en électricité en développant particulièrement les stations de pompage (STEP) pour assurer une alimentation stable en période de pointe sans recourir aux centrales au fioul. Les STEP reposent sur deux bassins : l’un situé en amont, l’autre en aval, reliés entre eux par des conduites forcées avec un dénivelé important. En mode turbinage, l’eau est lâchée du bassin supérieur et fait tourner les turbines. En mode pompage, l’eau est remontée dans le bassin supérieur pour être relâchée ultérieurement.

Ces installations permettent de stocker de l’énergie qui peut, selon les besoins, être mobilisée très vite surtout en période de forte demande. Le département de l’Aveyron dispose de l’une des principales STEP de France avec son installation de Montézic-Couesque. Située sur la rivière Truyère, d’une puissance installée de 910 Mw, soit l’équivalent d’une tranche nucléaire, elle constitue un outil essentiel de production d’électricité par sa puissance, sa souplesse et sa disponibilité.

Les premières annonces d’appels d’offre sur les barrages hydroélectriques d’EDF doivent intervenir début 2010 au plus tard pour un début de concession en 2012. Outre EDF, candidate à sa propre succession, plusieurs grands groupes internationaux, spécialisés dans l’exploitation de centrales hydrauliques ont déjà fait part de leur intérêt, dont le français GDF Suez, l’autrichien Verbund, le norvégien Statkraft et le canadien Hydro-Québec.

Plus d’infos : Tout savoir sur les concessions hydroélectriques par la DRIRE

A suivre prochainement :

  • (3) Renouvellement de la concession des installations hydroélectriques de la Truyère (Aveyron et Cantal) en 2012
  • (4) Le norvégien Statkraft intéressé par l’exploitation des installations de la Truyère

France : l’urgence à s’attaquer à la réduction des déficits publics et à la dette (1)

22 février 2010

La Cour des Comptes a publié le 18 janvier 2010 son volumineux rapport annuel relatif à l’année 2009. Une fois de plus, la Cour épingle  certains services de l’Etat, qu’il s’agisse d’administrations, d’organismes ou d’entreprises publiques en mettant en évidence un certain nombre d’insuffisances ou de manquements à leur mission. En règle générale, les remarques formulées et les suggestions proposées pour régler certains disfonctionnements ne manquent pas d’à propos. Pour autant, au fil des ans, ces recommandations sont rarement suivies d’effet.

Les médias n’ont d’ailleurs accordé que peu de place à ce rapport, une fois de plus fort pertinent, pour les contribuables que nous sommes. Probablement est-il plus facile et moins complexe à présenter des faits divers, au demeurant sans importance, que de relater les conclusions de la Cour des Comptes. L’audimat a ses impératifs ! Dommage, car ce dernier rapport, présentait pour la première fois en des termes aussi développés et critiques, un sujet ô combien d’actualité : la maitrise des déficits publics et de la dette en France.

Les conclusions du rapport 2010 confirment la gravité de la situation et l’urgence de s’attaquer à ce fléau qui ronge notre pays.

« Le déficit public atteint un niveau sans précédent en temps de paix et la dette s’emballe. Dans le contexte de crise de l’année 2009, les limites posées aux déficits et aux dettes ne pouvaient qu’être repoussées ou dépassées. Les inévitables pertes de recettes dues à la crise ont en effet été considérables.

Le déficit a cependant été aggravé par une maîtrise insuffisante des dépenses publiques et par des mesures de réduction durable des prélèvements obligatoires. Les règles instaurées en ce domaine ont été insuffisantes, ou n’ont pas été respectées, et les données provisoires disponibles montrent que le déficit structurel a ainsi été accru.

Il est urgent de le réduire rapidement : les marges de manœuvre pour affronter d’éventuelles nouvelles crises se sont considérablement amoindries et, plus les efforts de redressement seront différés, plus ils seront difficiles. Les règles qui visent à contenir la croissance des dépenses et à préserver les ressources publiques doivent donc être strictement respectées et, pour certaines, renforcées.

Mais les règles ne suffiront jamais pour assurer le redressement des comptes publics qui viendra seulement de réformes structurelles d’une ampleur suffisante pour ralentir durablement et sensiblement la croissance des dépenses. La dégradation des comptes, notamment dans le domaine social, est toutefois telle qu’il faudra aussi augmenter le produit des prélèvements, notamment en remettant en cause les multiples « niches » qui le minorent.

Les ajustements nécessaires devront être réalisés quand l’activité sera suffisamment soutenue, mais aussi avant que la politique monétaire européenne ne soit resserrée et en profitant du soutien qu’elle apporte actuellement à la croissance ».

Au moment où le gouvernement français engage avec les partenaires sociaux, à l’instar de nombreux pays européens, le débat sur la réforme du régime des retraites dont le déficit  croissant met en cause leur avenir et où se pose plus généralement et de manière urgente, la question de la réduction des déficits et de la dette publics, la lecture de ce rapport nous éclaire sur la gravité de la situation présente et la nécessité d’une politique très rigoureuse de maitrise des dépenses publiques. Si aujourd’hui, la Grèce est en première ligne pour assainir ses finances publiques en raison de l’ampleur de sa dette, la France et bien d’autre pays européens ne sont pas à l’abri d’une grave crise. Il n’est que temps d’agir tant que c’est encore possible et supportable pour le contribuable.

De gré ou de force, après 30 ans de laisser-aller et de fuite en avant, la France n’a d’autre choix que de réduire drastiquement ses dépenses publiques. C’est le prix à payer pour conserver le niveau de vie de chacun.

Plus d’infos : rapport 2010 de la Cour des comptes


France : concessions des barrages hydroélectriques (1)

19 février 2010

Depuis 2008, date de l’ouverture à la concurrence des renouvellements de concessions de prés de 400 barrages hydroélectriques français, l’opérateur public national n’a plus le monopole des concessions.  Ces installations hydroélectriques représentent 95% de la puissance électrique installée (sur un total de 744 barrages de plus de 10 m de haut). Ces concessions avaient été, pour la plupart, attribuées pour une durée de 40 ans à l’issue de laquelle les biens de la concession reviennent à l’État. EDF est titulaire de plus de 80 % des concessions et le groupe GDF-Suez de 12 % par le biais de la Compagnie nationale du Rhône (CNR) et de la Société hydroélectrique du midi (SHEM). Les derniers 8 % sont constitués de petites installations concédées à des producteurs indépendants.

Des appels à candidature doivent être lancés début 2010  pour les concessions arrivant à terme dans les années à venir. La procédure de renouvellement devrait durer près de trois ans et les premières concessions délivrées en 2012. Le ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire (MEEDDAT), Jean-Louis Borloo avait annoncé dés la signature du décret autorisant la mise en concurrence des concessions hydroélectriques françaises : « L’Etat choisira pour chaque renouvellement de concession la meilleure offre au triple plan énergétique, environnemental et économique, explique le MEEDDAT. Il s’agit de tirer le meilleur parti de cette ressource naturelle, de ce bien commun que constitue la force motrice de l’eau. »

De très loin la première filière de production d’énergies renouvelables en France, l’hydroélectricité représente environ 8% de la production d’électricité nationale. La puissance installée s’élevait en 2009 à 24.000 MW, contre 63.000 MW pour le nucléaire et contribuait à produire 70 TWh d’électricité par an sur les 480 TWh consommés chaque année. Une énergie propre et renouvelable qui s’avère vitale pour faire face aux pics de consommations hivernaux.

Toutefois, cette production hydroélectrique est encore loin des objectifs fixés par la Directive Européenne sur le développement des Energies Renouvelables (ENR) qui impose à la France de faire passer à 23% en 2020, la part des ENR dans la production électrique. L’hydroélectricité, l’éolien, le solaire mais aussi la biomasse devraient contribuer à cet objectif à condition d’investir massivement dans ces domaines. En France, comme ailleurs, seule l’hydroélectricité permettra d’y parvenir.

A suivre prochainement :

  • (2) Vers une relance de la production hydroélectrique en France
  • (3) Renouvellement de la concession des installations hydroélectriques de la Truyère (Aveyron et Cantal) en 2012
  • (4) Le norvégien Statkraft intéressé par l’exploitation des installations de la Truyère

Europe : sauver la Grèce pour sauver l’Europe !

15 février 2010

A l’issue du sommet informel des vingt-sept Etats-membres de l’Union européenne, la France et l’Allemagne ont déclaré apporter leur soutien à la Grèce.  La France qui souhaitait accorder une aide financière à la Grèce n’a pas été suivie par l’Allemagne. Dans un pays très attaché à l’orthodoxie financière et au respect du pacte de stabilité et de croissance en vigueur dans les pays de la zone euro (l’Allemagne vient d’inscrire dans sa constitution la limitation des déficits publics à 0.35% du PIB à partir de 2016), la chancelière allemande a voulu donner des gages de fermeté à son électorat.

Mme Merkel a fait remarquer que, jusqu’à présent, le gouvernement grec n’avait demandé aucun soutien financier. A propos d’un éventuel plan de renflouement de la Grèce, dans un éditorial, le très conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung n’y est pas allé par quatre chemins : « Les Allemands doivent-ils à l’avenir partir en retraite non plus à 67 ans mais à 69 ans pour que les Grecs puissent profiter de leur préretraite ? » Voilà qui a le mérite de la clarté !

Les chefs d’états européens ont déclaré appuyer le plan d’austérité budgétaire proposé par le gouvernement grec pour rétablir l’équilibre des finances publiques, en lui demandant de recourir au besoin, à des «mesures additionnelles» pour ramener dés 2010 son déficit de 12,7 % du produit intérieur brut à 8,7 %. Echaudés par les manipulations des comptes publics des gouvernements grecs, les Etats membres de la zone euro ont chargé la Commission européenne et la Banque centrale européenne d’assurer ce suivi. A moins que certaines banques conseil de la Grèce, aient directement participé à ces manipulations en engrangeant au passage de substantiels profits, comme l’affirme M. Papandréou ?

Ces derniers se sont cependant engagés à prendre des mesures déterminées et coordonnées, si nécessaire, pour préserver la stabilité financière de la zone euro.

De son côté, George Papandréou, le Premier ministre socialiste grec a estimé que l’UE avait donné son soutien politique au plan de redressement des finances publiques grecques. Pour autant, il n’a pas caché sa déception quant à l’absence d’un plan de renflouement de la part des pays de la zone euro : « La grèce n’est pas une superpuissance économique, ni politique, capable de mener cette lutte toute seule. Nous avons l’impression d’être devenu des cobayes dans une bataille entre les marchés internationaux et l’Europe. »

Il est vrai que les réformes sont importantes et ne vont pas être facile à faire passer par le gouvernement grec qui va devoir tailler dans les dépenses publiques. Heureusement, il devrait pouvoir compter sur une majorité de grecs (plus de 60%) qui reconnaissent que leur pays n’a d’autre choix que d’engager une politique budgétaire très rigoureuse pour rétablir la situation au plus vite.

françaises aux entreprises, aux banques et aux particuliers grecs, s’élevait à plus de 55 milliards d’euros pour la France à fin septembre 2009 et à 32 milliards d’euros pour l’Allemagne. Espérons que la Grèce sera en mesure de rétablir seule et rapidement, ses finances publiques.

Plus d’infos :  Premier ministre GrèceUnion EuropéenneBCE


France : l’inévitable réforme du régime des retraites (2)

12 février 2010

Retraites : une réforme inéluctable pour préserver les retraites

Chacun sait pourtant qu’une réforme en profondeur du système des retraites français est inéluctable pour assurer sa pérennité. Tous les pays européens sont actuellement confrontés à une même situation démographique marquée par une réduction des naissances et un allongement de la durée de la vie qui conduit à augmenter le nombre d’années passées à la retraite. La modification du rapport « cotisants/retraités » va provoquer un accroissement considérable du poids des retraites dans le PIB de chaque pays conduisant à un lourd déséquilibre financier.  Le défi est partout le même : comment financer les retraites ?

Les options sont multiples : augmenter les cotisations, réduire le montant des pensions, augmenter la durée des cotisations, reculer l’âge effectif de départ à la retraite, accorder plus de place au système par capitalisation, supprimer les régimes spéciaux, harmoniser les législations entre le public et le privé… Une solution combinant l’ensemble de ces options semble être politiquement et socialement la plus raisonnable. La plupart des pays européens ont depuis longtemps privilégié le report de l’âge légal de départ à la retraite, bien au-delà des 60 ans en vigueur en France.

Courant janvier 2010, le gouvernement socialiste espagnol a ainsi approuvé une proposition de réforme prévoyant de repousser de deux ans l’âge légal de la retraite, soit à 67 ans d’ici 2020. La proposition devrait être débattue par les partis politiques prochainement. C’est la viabilité du système de retraites qui est en jeux face au vieillissement de la population espagnole et à l’allongement de l’espérance de vie.

Dans ce contexte, on voit mal la France échapper au report de l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 60 ans alors que l’espérance de vie y est proche de 80 ans. En 2010, l’âge normal de la retraite dans l’Union européenne varie d’un Etat membre à l’autre, entre 57 ans (Italie, pour les femmes) et 67 ans (Danemark). Au-delà des différences, tous les régimes de retraite en Europe se trouvent confrontés à un problème commun : l’évolution inquiétante de la démographie. La proportion des européens âgés de plus de 80 ans devrait presque tripler d’ici 2050 et les personnes âgées de 60 à 79 ans représenteront alors un quart de la population totale de l’UE.

Tous les Etats membres n’ont pas développé de stratégies en vue de financer leurs engagements actuels de retraite. Cependant, une tendance se dégage nettement : l’élévation progressive de l’âge légal de la retraite, jusqu’à 65 ans semble incontournable, au moment ou certains pays tels l’Espagne et l’Allemagne envisagent de la porter à 67 ans, comme au Danemark et en Islande. L’âge légal actuel de départ à la retraite dans les principaux pays européens :

  • 57 ans : (femmes) et 65 ans (hommes) : Italie
  • 60 ans : (femmes) & 65 ans (hommes) : Autriche/Grèce/Pologne/Grande-Bretagne
  • 65 ans : Allemagne/Belgique/Espagne/Irlande/Finlande/Luxembourg/Pays-Bas/Portugal/Suède
  • 67 ans : Danemark, Islande

Compte tenu de l’ampleur des déficits, les français n’ont pas d’autre choix que d’accepter une réforme de leur régime de retraite, à commencer par le rallongement de l’âge légal de la retraite. Cela passe aussi par la mise à plat des régimes spéciaux et l’alignement progressifs des régimes publics et privés.

Compte-tenu de l’allongement de la durée de vie, le report de l’âge légal de départ à la retraite parait être le meilleur moyen de préserver l’équilibre financier, sous réserve de l’instauration d’un régime plus favorable pour les salariés ayant occupé des emplois particulièrement pénibles. Allez, un peu de courage politique et un brin de pragmatisme syndical devraient permettre de trouver un consensus national pour préserver l’équilibre de nos régimes de retraites.


USA-Chine : Obama hausse enfin le ton !

8 février 2010

Dans ces mêmes colonnes, nous avons récemment dénoncé l’arrogance chinoise au cours de ces derniers mois. Profitant de la crise internationale qui a frappé les économies occidentales depuis 2008, la Chine largement épargnée avec un taux de croissance de 8% en 2009, parade aux yeux du monde pour rappeler qu’elle est dorénavant une puissance avec laquelle il faudra compter.

Certes, même si elle est récemment devenue le 3ème exportateur mondial, elle semble oublier qu’elle n’est encore qu’un pays en voie de développement dont le PIB par habitant est 10 fois moins élevé que les grands pays développés. Plus inquiétant, son régime n’est autre qu’une dictature implacable qui n’a de cesse de bafouer le droit international et les droits de l’homme en particulier. Dans ce contexte, la Chine dont l’économie s’est largement développée grâce au pillage organisé de la technologie occidentale et au mépris des règles environnementales, est loin d’être en mesure de pouvoir donner des leçons aux nations libres.

L’arrogance chinoise est d’autant plus inacceptable que le pays n’a rien de démocratique (emprisonnement des opposants, absence de liberté de la presse, répression sanglante de toute manifestation notamment au Tibet et au Sin-Hiang…) et soutient les régimes les plus malfaisants de la planète (Iran, Venezuela, Corée…). Dans ce contexte, les pays démocratiques, et notamment les Etats-Unis, l’Europe et le Japon n’ont d’autre alternative que de remettre la Chine à sa juste place. Après un an de complaisance, voire de faiblesse coupable, Barack Obama semble enfin avoir pris ma mesure du double jeu de la Chine. En ce début d’année 2010, les gentillesses américaines envers la Chine semblent bel et bien finies !

Après le bras de fer entre Google et le gouvernement chinois, les Etats-Unis viennent d’annoncer un important contrat d’armement de 6,4 milliards de dollars conclu avec Taiwan pour la fourniture de missiles antimissile Patriot et d’avions de combat de dernière génération. Selon le chef de la diplomatie chinoise Yang Jiechi : « C’est évidemment une violation du code de conduite entre les nations et des accords entre la Chine et les Etats unis« . A titre de mesure de rétorsion, le gouvernement chinois qui persiste à considérer Taiwan comme l’une de ses provinces, a aussitôt suspendu ses échanges militaires avec les Etats-Unis et annoncé des « sanctions appropriées contre les sociétés américaines impliquées ».

La rencontre prévue mi-février 2010 aux Etats-Unis entre Barack Obama et le Dalaï-Lama, considéré par Pékin comme un terrible « rebelle séparatiste tibétain », a fait monter d’un cran la tension entre la Chine et les USA. Les prédécesseurs d’Obama ont tous rencontré le leader spirituel tibétain, mais la Chine n’avait jamais été au-delà de vives critiques. Pour la première fois, la Chine a averti les Etats Unis qu’un entretien entre le président américain et dalaï-lama aurait un impact négatif sur les relations bilatérales. Voilà qui en dit long !

L’annonce de cette rencontre fait suite à des échanges vifs, ces derniers temps, venant s’ajouter à des multiples désaccords sur les questions du libre échange, des taux de change de la monnaie chinoise, de la censure sur internet et des droits de l’Homme. Le bras de fer ne fait que commencer et les futures négociations internationales risquent d’être animés.

Il était grand temps que les Etats-Unis se réveillent enfin. Face à l’arrogance chinoise, la seule et unique réponse reste la fermeté même si cela doit être au détriment de la perte de quelques marchés. Quand à l’Europe, première puissance économique mondiale, on aimerait qu’elle suive la voie américaine et se décide elle aussi à plus de fermeté face à la Chine afin de préserver la stabilité et la sécurité du monde !

Plus d’infos : Google


France : tension sur le réseau électrique ou les limites du tout nucléaire (2)

5 février 2010

Electricité en France : les limites du tout nucléaire

Les insuffisances du réseau électrique à haute tension de RTE, largement sous-dimensionné pour alimenter les régions Bretagne et en PACA, très déficitaires en production d’énergie, sont loin d’expliquer les difficultés actuelles. Les problèmes sont anciens et complexes. Ils sont la résultante, d’une part, de l’importance du nucléaire au détriment des énergies propres d’origine éolienne et solaire (moins de 1% de l’énergie produite en France, contre 5% à 8% dans certains pays) et, d’autre part, du maintien d’un niveau élevé des consommations d’électricité dans notre pays favorisé par le tout électrique.

Nos principaux voisins européens (l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne) dont la part d’énergie d’origine nucléaire est nettement inférieur à 50% (mais dont la production d’électricité éolienne et solaire bien plus importante), arrivent à satisfaire pleinement leurs besoins, y compris en hiver, contrairement à la France ! Qui plus est, ces mêmes pays sont en capacité de nous vendre leurs excédents au tarif fort !

Ceci démontre au besoin les limites du modèle français fondé sur le tout nucléaire. Nos voisins ont su développer les énergies renouvelables pour satisfaire leurs besoins énergétiques, tout en promouvant leur industrie dans ces domaines. Bien belle leçon données aux français restés figés sur l’énergie nucléaire qui a absorbée tous les financements publics et empêché l’émergence des énergies alternatives. Malgré les fonds considérables investis, la France s’avère incapable de satisfaire ses besoins énergétiques en hiver et a raté le train des nouvelles énergies. En dépit d’une prétendue expertise dans le domaine nucléaire, ses industriels (Areva, Total, Gdf-Suez, Edf) ont récemment perdu l’un des plus gros contrats de construction de réacteurs nucléaires de nouvelle génération (EPR) à Abou-Dhabi (28 milliards d’euros), au détriment d’un groupe d’entreprises mené par l’électricien coréen Kepko, nouveau venu sur le marché (en collaboration avec Samsung, Hyundai, Doosan, Westinghouse et Toshiba). Beaucoup d’argent public gaspillé et une belle gifle pour les entreprises françaises !

Il est temps pour le gouvernement d’impulser de profonds changements en favorisant la diversification des moyens de production de l’électricité, en encourageant les énergies renouvelables, créatrices d’emplois,  mais aussi en faisant en sorte que les consommateurs réduisent sensiblement leur consommation d’électricité à l’avenir. C’est le prix à payer pour nous préserver de coupures d’électricité, assurer notre indépendance énergétique et développer nos emplois industriels.

Cela passe inéluctablement par la réduction de la part de l’énergie d’origine nucléaire dans la production d’électricité française, énergie qui rappelons le, reste consommatrice d’énergie fossile, n’en déplaise à EDF et Areva. Cela passe aussi par la modulation des tarifs de l’électricité en fonction des saisons et des heures de la journée afin de pénaliser les gros consommateurs, mais aussi par une augmentation des tarifs dans les zones faiblement productrices d’énergie telles la Bretagne et la Côte d’Azur.

Plus d’infos: http://energies.edf.com/edf-fr-accueil/la-production-d-electricite-edf/-nucleaire-120205.htmlArevawww.cea.fr/energiewww.asn.frwww.sfen.org/ –  www.criirad.orgwww.greenpeace.org/france/campagnes/nucleaire

A suivre :

  • (1) Tension sur le réseau électrique français
  • (3) L’ouverture à la concurrence des concessions de barrages
  • (4) L’hydroélectricité, une énergie renouvelable leader en Aveyron
  • (5) Les autres énergies renouvelables en Aveyron (éolien, solaire…)