France : le gouvernement de M. Hollande au pied du mur. Réduction des dépenses publiques ou augmentations d’impôts ?

29 mai 2012

La participation de François Hollande aux sommets européens et du G8 courant mai 2012 n’ont pas pleinement convaincu les observateurs, loin s’en faut au regard de l’absence de réelles avancées. Cela dit, est-ce bien le rôle de ces manifestations ? Ce n’est pas certain. Au mieux, on peut se rassurer en remarquant qu’au sommet européen, le nouveau président, à défaut d’avoir imposé ses vues, a obtenu un succès de curiosité. Pas sûr que cela dure !

S’agissant des relations franco-allemandes, elles sont essentielles à la construction européenne. Bien que parfois difficiles, les rapports entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont permis d’avancer et de consolider la zone euro qui était au bord de l’éclatement ne l’oublions pas. Si la zone euro connaît aujourd’hui des difficultés, ce n’est certainement du fait de ces derniers, même si parfois, ils ont paru tarder dans certaines prises de décisions. La responsabilité incombe d’abord aux gouvernements signataires du Traité de Maastricht le 07 février 1992 (c’était alors un gouvernement et un président de gauche), puis à ceux qui ont accepté (toujours le même gouvernement de gauche) que les pays d’Europe du sud, parmi lesquels la Grèce, le Portugal et l’Espagne, intègrent la zone euro alors même qu’ils ne respectaient pas depuis plusieurs années les critères de convergence prévus par le traité.

Si l’Europe traverse aujourd’hui une profonde crise, elle le doit aussi à l’absence d’évolution du statut de l’Europe qui est resté figé, avec une zone euro faite de pays aux économies disparates et divergentes (rigueur budgétaire au nord et laxisme au sud). Dans ce contexte, les marges de manœuvres de Sarkozy et Merkel étaient extrêmement réduites et les critiques à leur encontre apparaissent pour le moins infondées à bien des égards. Le seul moyen d’atténuer la crise de la zone euro et de la résorber n’est autre, pour la France comme pour d’autres, que de s’engager vers plus de rigueur dans les dépenses publiques. Dans un pays normal, on appelle cela le courage et le pragmatisme ! Que cela plaise ou non, Hollande ou pas, les français ne pourront rétablir l’équilibre des finances publiques sans un petit effort de tous. C’est le prix à payer pour ne pas devenir un jour la Grèce et devoir tout perdre.

L’autre raison du manque de compétitivité de la France par rapport à l’Allemagne, qui est aussi à l’origine du chômage important dans notre pays, c’est la généralisation des 35 heures imposée par le gouvernement socialiste de M. Jospin en 2002 alors que l’Allemagne s’engageait dans des réformes importantes relatives au droit du travail. N’oublions pas le coût colossal des 35 heures en perte de compétitivité, de destructions d’emplois et de stress généré auprès des salariés les plus modestes. Merci la gauche car 10 ans plus tard, les français en payent encore l’addition.

Si les déficits ont cru et la dette creusée lourdement depuis 2008 en France, comme partout en Europe, c’est la simple résultante de la crise financière de 2008 et non comme le prétend la gauche et certaines personnes de mauvaise foi, le résultat d’une mauvaise gestion et de prétendus cadeaux faits aux plus riches ! L’explosion des dépenses publiques et de la dette résultent à plus de 80% du fait que l’Etat a du voler au secours de nombreuses banques et entreprises au bord de la faillite en injectant plusieurs centaines de milliards d’euros alors que ses recettes fiscales chutaient de plus de 100 milliards. Là est la réalité.

En cela, la position de Nicolas Sarkozy de s’aligner sur une certaine politique de rigueur budgétaire chère à l’Allemagne allait tout à fait dans le bon sens : faire en sorte que la France rentre dans le rang en respectant les critères de convergence édictés par le Traité de Maastricht (déficit inférieur à 3% du PIB et dette publique inférieure à 80% du PIB) et retrouve ainsi progressivement une situation budgétaire équilibrée (déficit de 3% du PIB en 2013 et équilibre budgétaire prévu en 2016). Le tout en donnant l’exemple aux pays de l’Europe du sud dont elle est très proche. Que peut-on redire à cela ? Doit-on laisser croire aux français que le pays pourra supporter indéfiniment de laisser filer ses déficits, sans véritable effort sur la réduction des dépenses ? Est-il responsable, comme l’a fait M. Hollande durant sa campagne, de laisser penser que la France pourra accroître ses dépenses publiques et s’opposer à la signature de la règle d’or budgétaire ?

S’agissant des fameux eurobonds (euro-obligations), ils n’ont pas de sens dans l’Europe de 2012 qui n’est autre qu’une Union de pays avec des économies divergentes. Ce serait en revenir à faire payer les bons élèves de l’Europe du nord pour les cancres du sud. Peut-on espérer une Union européenne construites sur ces bases, alors que ces pays du nord ont déjà engloutis des centaines de milliards pour venir en aide à ces mêmes pays du sud ? Ceci explique la fermeté, parfois excessive il est vrai, mais tout à fait compréhensible d’Angela Merkel et de bien d’autres pays.

L’une des solutions pour sortir de la crise de l’euro, rarement évoquée, c’est de faire franchir un nouveau grand pas à l’Europe en optant pour une Union fédérale intégrant les pays de l’actuelle zone euro. Ainsi, on pourrait voir cohabiter des économies très différentes, comme cela est le cas aux USA, sans peser sur l’euro puisque la dette des pays serait alors mutualisée de fait. Nicolas Sarkozy était plutôt un partisan de cette évolution en douceur vers une Europe fédérale en sortant par le haut. Manifestement, à l’intérieur même de la France, y compris au sein du parti socialiste et dans de nombreux pays européens, les esprits ne sont pas encore mûr pour cette évolution majeure. Dommage car c’est probablement le moyen de construire d’Europe de demain et de nous sauver de la crise actuelle. M. Hollande aura-t-il le courage de soutenir la construction d’une Europe fédérale ?

Quoi qu’il en soit, l’avenir de l’Europe passe par la cohésion franco-allemande et M. Hollande devra s’adapter, y compris en avalant quelques couleuvres et en faisant quelques entorses à l’idéologie socialiste avec laquelle il devra prendre ses distances. Il serait vain pour lui de croire qu’une alternative réside dans une tentative d’alliance avec l’Italie, et dans un degré moindre avec l’Espagne alors que ces pays ont, contrairement à la France, engagé de profondes réformes de structures et devraient dans les prochaines années retrouver dynamisme et croissance. Plutôt que de céder à la facilité de l’augmentation des impôts, le nouveau président aura-t-il le courage politique d’engager les réformes de structures indispensables, qui seules permettront la réduction durable des dépenses publiques, pour préparer la France aux défis de demain ?

Les français aimeraient être rassurés rapidement et si possible avant les législatives, histoire de faire leur choix en toute connaissance de cause.


France : prendre au sérieux la grave crise que traverse notre pays et la zone euro

25 janvier 2012

La zone euro qui avait finalement renoncé à respecter les critères financiers prévus par le traité de Maastricht dés 2002 pouvait difficilement continuer à fonctionner avec une telle divergence des politiques économiques et budgétaires alors même que l’euro restait à un niveau élevé de l’ordre de 1.40 € face au dollar.

A cet égard, quoi qu’on puisse penser des agences de notations, qui ont d’ailleurs trop tardé à tirer le signal d’alarme, la décision de Standards & Poor’s de dégrader la note de la France de AAA à AA+, et bien plus encore les pays de l’Europe du sud, n’avait rien de surprenant. Pour preuve, les derniers emprunts à long terme de la France ont été consentis à des conditions bien plus avantageuses qu’il y a quelques semaines alors qu’elle avait encore sa note maximum. Ce qui démontre que les marchés avait intégré cette réalité et considèrent la dette de la France reste sûre.

Rappelons d’ailleurs que la décision concernant la note de la dette française n’a pas été suivie par les deux autres agences de notation Moody’s et Fitch qui maintiennent leur note AAA à la France pour l’instant ; en tout cas, tant que le gouvernement de François Fillon démontre qu’il maitrise la situation et qu’il fait de la réduction des déficits publics, la priorité. Pas sûr que cela dure ! Qu’en sera-t-il en mai 2012 si la politique de maitrise des dépenses publiques n’est pas poursuivie et même accentuée ? Si Nicolas Sarkozy paraît décidé à poursuivre l’amélioration des finances publiques, en dépit des risques électoraux, tel ne semble pas être le cas de la plupart des candidats à la présidentielle, y compris de François Hollande.

Dans l’intérêt de la France, ces derniers seraient pourtant bien inspirés de prendre en compte l’extrême fragilité des finances publiques françaises et de nombreux pays de la zone euro. Combiné à la piètre croissance prévue en 2012, force est de constater que l’Europe traverse la plus grave crise qu’elle n’ait jamais traversé depuis bien longtemps et que le risque de défaut de paiement en cascade de plusieurs pays pourrait bien entraîner l’ensemble des pays de la zone euro, y compris la France. Si ce risque semble aujourd’hui provisoirement écarté, il n’a manifestement pas été intégré par de trop nombreux candidats à la présidentielle.

Le danger pour la France, ce serait d’en minimiser les risques et de se lancer dans des promesses irresponsables qui réduiraient à néant l’avenir de notre pays. Il est vain de vouloir laisser croire qu’il pourrait exister d’autres alternatives qu’une politique de maitrise stricte des dépenses publiques pour un retour à l’équilibre budgétaire dés 2014. L’avenir de la France n’est pas dans le repli sur soi et la fermeture des frontières, mais bien au contraire,  dans une politique de reconquête qui passe par la rigueur budgétaire et le renforcement de la convergence des politiques économiques, sociales et fiscales au sein de la zone euro. Pour cela, il faut aller au plus vite vers une gouvernance unique européenne et, à terme, vers une Europe fédérale qui sera notre seule planche de salut.

Telle est la seule réalité crédible qui permettra à la France de retrouver le chemin de la croissance et de l’emploi, tout  en préservant l’essentiel des avantages sociaux. A moins de trois mois de l’élection présidentielle, on ne peut que regretter qu’à des fins électoralistes, trop de candidats à la présidentielle tiennent un discours irréaliste qui ignore superbement l’ampleur de la crise actuelle que traverse notre veille Europe.


France : le pays perd sa note AAA

13 janvier 2012

Après plusieurs mois de suspense, l’agence Standard & Poor’s a finalement dégradé d’un cran la note AAA de la dette de la France et de quelques autres pays de l’Union européenne.

Avec la France, les pays du sud de l’Europe qui n’avaient plus leur AAA depuis bien longtemps : le Portugal, l’Espagne et l’Italie, ont été dégradés encore plus lourdement (de plus de deux points). Pour l’instant, les autres agences n’envisagent pas de suivre Standard & Poor’s. A l’inverse, les bons élèves de la zone euro qui ont fait preuve ces dernières d’une parfaire maitrise de leurs déficits publics et de leur dette conservent leur note AAA.

Au final, la France limite les dégâts et n’est dégradée que d’un seul point à AA+. Mais l’autre mauvaise nouvelle est cette note AA+ est placée sous perspective négative. Cela signifie qu’à défaut de s’engager dans des mesures strictes de réduction des déficits publics, une nouvelle dégradation de la note de la France est envisageable. «Il y a au moins une chance sur trois pour que la note de la France soit encore dégradée en 2012 ou en 2013», a affirmé l’agence de notation américaine dans un communiqué.

Cette dégradation attendue depuis plusieurs mois ne devrait cependant pas impacter significativement les taux d’intérêts auxquels la France emprunte. Son dernier emprunt à long terme début janvier 2012 s’est fait aux alentours de 3.30%, soit 1.30% au-dessus du taux accordé à l’Allemagne. Ce qui reste raisonnable et laisse à penser que les taux à venir ne devraient pas s’envoler et pénaliser outre mesure notre économie.

Sur les raisons de cette dégradation, elles sont bien connues : une augmentation régulière de la dette française depuis 25 ans, sans véritable volonté politique des divers gouvernements à enrayer cette évolution. En effet,  la France depuis toujours n’a jamais réellement montré sa détermination à lutter efficacement contre ses déficits publics et la réduction de sa dette. Ce manque de détermination des divers gouvernements successifs a permis l’explosion de la dette française à l’occasion de la crise financière de 2008, puis de la zone euro. Enfin, la faiblesse actuelle des banques française constitue un facteur risque supplémentaire.

Par ailleurs, le contexte électoral actuel n’a pas favorisé la mise en place d’une politique de rigueur budgétaire à la hauteur des enjeux. Plus grave, les désaccords flagrants entre les deux principaux candidats à l’élection présidentielle sur les mesures de rigueurs à prendre après l’élection, ont fini par convaincre les marchés que la France, par delà les apparences et ses bonnes intentions, n’était probablement pas prête à s’engager dans une véritable politique de rigueur budgétaire et de réforme profonde de l’Etat.

En ce sens, le candidat socialiste, par un manque de fermeté et de conviction dans les mesures envisagées, porte sa part de responsabilité dans cette dégradation du AAA de la France. Quant-à tenter d’imputer cette dégradation à la seule responsabilité de Nicolas Sarkozy, relève de la pure manipulation politique. Sur ce point, force est de reconnaître de François Bayrou a fait preuve d’un certain pragmatisme en déclarant que cette dégradation de la dette française n’est pas imputable au seul Nicolas Sarkozy, mais aux divers gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédés ces 15 dernières années.

En pleine campagne électorale, espérons que les candidats sauront prendre cet avertissement pour ce qu’il est et mettre en place, avant qu’il ne soit trop tard, les mesures de rigueur qu’imposent pour réduite significativement, et au plus vite, les dépenses publiques qui alimentent la dette.

Petite note d’optimisme, Wolfgang Schäuble le ministre allemand des Finances a aussitôt tenté de rassurer la France. « La France est sur la bonne voie », a-t-il déclaré, réaffirmant ainsi la solidarité de Berlin avec Paris. Il a souligné que seule Standard & Poor’s a dégradé la France, alors que les deux autres grandes agences internationales d’évaluation financière, Moody’s et Fitch, attribuent toujours, pour l’instant, la note AAA à la France.


Europe : sauver la Grèce pour sauver l’Europe !

15 février 2010

A l’issue du sommet informel des vingt-sept Etats-membres de l’Union européenne, la France et l’Allemagne ont déclaré apporter leur soutien à la Grèce.  La France qui souhaitait accorder une aide financière à la Grèce n’a pas été suivie par l’Allemagne. Dans un pays très attaché à l’orthodoxie financière et au respect du pacte de stabilité et de croissance en vigueur dans les pays de la zone euro (l’Allemagne vient d’inscrire dans sa constitution la limitation des déficits publics à 0.35% du PIB à partir de 2016), la chancelière allemande a voulu donner des gages de fermeté à son électorat.

Mme Merkel a fait remarquer que, jusqu’à présent, le gouvernement grec n’avait demandé aucun soutien financier. A propos d’un éventuel plan de renflouement de la Grèce, dans un éditorial, le très conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung n’y est pas allé par quatre chemins : « Les Allemands doivent-ils à l’avenir partir en retraite non plus à 67 ans mais à 69 ans pour que les Grecs puissent profiter de leur préretraite ? » Voilà qui a le mérite de la clarté !

Les chefs d’états européens ont déclaré appuyer le plan d’austérité budgétaire proposé par le gouvernement grec pour rétablir l’équilibre des finances publiques, en lui demandant de recourir au besoin, à des «mesures additionnelles» pour ramener dés 2010 son déficit de 12,7 % du produit intérieur brut à 8,7 %. Echaudés par les manipulations des comptes publics des gouvernements grecs, les Etats membres de la zone euro ont chargé la Commission européenne et la Banque centrale européenne d’assurer ce suivi. A moins que certaines banques conseil de la Grèce, aient directement participé à ces manipulations en engrangeant au passage de substantiels profits, comme l’affirme M. Papandréou ?

Ces derniers se sont cependant engagés à prendre des mesures déterminées et coordonnées, si nécessaire, pour préserver la stabilité financière de la zone euro.

De son côté, George Papandréou, le Premier ministre socialiste grec a estimé que l’UE avait donné son soutien politique au plan de redressement des finances publiques grecques. Pour autant, il n’a pas caché sa déception quant à l’absence d’un plan de renflouement de la part des pays de la zone euro : « La grèce n’est pas une superpuissance économique, ni politique, capable de mener cette lutte toute seule. Nous avons l’impression d’être devenu des cobayes dans une bataille entre les marchés internationaux et l’Europe. »

Il est vrai que les réformes sont importantes et ne vont pas être facile à faire passer par le gouvernement grec qui va devoir tailler dans les dépenses publiques. Heureusement, il devrait pouvoir compter sur une majorité de grecs (plus de 60%) qui reconnaissent que leur pays n’a d’autre choix que d’engager une politique budgétaire très rigoureuse pour rétablir la situation au plus vite.

françaises aux entreprises, aux banques et aux particuliers grecs, s’élevait à plus de 55 milliards d’euros pour la France à fin septembre 2009 et à 32 milliards d’euros pour l’Allemagne. Espérons que la Grèce sera en mesure de rétablir seule et rapidement, ses finances publiques.

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