France : La baisse des victimes de la route en 2018 reste fragile et nettement insuffisante

16 février 2019

Edouard Philippe, le Premier ministre, s’est récemment réjoui des bons chiffres obtenus en 2018 sur le front des accidents de la route. Cette amélioration des résultats par rapport à l’année 2017 sont principalement imputables à la mise en place de la limitation à 80 km/h sur les routes secondaires depuis le 1er juillet 2018. C’est en effet plus de 189 vies qui ont été épargnées en France par rapport à 2017, auquel il faut ajouter des centaines d’accidentés. Un bilan effectivement en amélioration sensible.

La destruction massive de radars par les gilets jaune a cependant constitué un obstacle à une plus grande réduction du nombre de tués sur les routes

Cette baisse des accidents de la route a principalement été enregistrée au cours des mois d’août et d’octobre, tandis qu’ils ont à nouveau augmenté à partir de novembre et décembre. Comme par hasard, ces deux derniers mois correspondent au début des opérations des gilets jaunes, hostiles à cette mesure et qui se sont lancés dans une opération de destruction massive de radars depuis quelques mois. Fin janvier, plus de 60% des radars fixes avaient ainsi été rendus inopérants.

Sans le risque d’être flashés et avec de rares contrôles de police et de gendarmerie, bon nombre d’automobilistes ont renoué avec les mauvaises habitudes et la vitesse est progressivement repartie à la hausse. Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière le confirme : « Même si nombre de PV n’ont pu être adressés en raison des images généralement inexploitables, le nombre d’amendes pour excés de vitesse a été multiplié par quatre en décembre 2018…. Au cours des deux derniers mois de l’année 2018, on a dénombré le même nombre de tués qu’en 2017 à la même période. Ce qui a réduit d’autant les retombées positives de la mise en place de la limitation de vitesse à 80 km/h qui a permis de sauver 116 vies lors du deuxième semestre 2018. »

La vitesse moyenne est aujourd’hui proche 90 km/h au lieu des 80 km/h en vigueur. Combien de temps va-t-on accepter cela ?

Le bilan 2018 est ainsi biaisé en l’absence de réels contrôles de vitesse en fin d’année et de sanctionner le non-respect des limitations de vitesse. Pourtant, n’en déplaise aux inconditionnels de l’automobile, il est scientifiquement démontré que la vitesse reste l’un des principaux facteurs d’accidents de la route et qu’une réduction de 10 km/h a un effet direct sur leur diminution.

Cela n’empêche pas la justice française de faire preuve d’une certaine complaisance à l’égard des automobilistes sanctionnés pour excès de vitesse, tout comme à l’encontre de ces mêmes automobilistes qui participent à la destruction de radars destinés à faire respecter le code de la route et partant, à sauver des vies.

Le terrible bilan des victimes de la route en France

Rappelons que la baisse sensible du nombre de tués sur les routes de France obtenue à partir de 2003 (8 200 en 2001 à 4 000 en 2010, puis 3 268 en 2013) s’explique principalement par la généralisation des radars automatiques et une plus grande sévérité à l’encontre des excès de vitesse au cours de ces périodes. Depuis 2013, l’assouplissement des contrôles de vitesse a contribué à faire remonter ce chiffre à 3 500 tués en 2016.

Sur la base des données 2015 de l’OCDE, la France détient un bien triste record digne d’un pays sous-développé : celui du plus grand nombre de tués sur ses routes (52,5 tués pour 1 millions d’habitants en France en 2015), contre seulement 25 en Suède, 27.7 au Royaume-Uni, 30 en Suisse, 36.5 aux Pays-Bas, 36,7 en Espagne, 37 au Japon, 38 en Allemagne.

Plusieurs pays en Europe pratiquent déjà le 80 km/h sur les routes secondaires sans séparateur de chaussée : Pays-Bas, Suède, Norvège, Danemark et Suisse. Ces pays sont d’ailleurs classés parmi les meilleurs élèves en Europe. Prochainement, l’Espagne qui a obtenu de très bons résultats en moins d’une décennie, devrait aussi passer au 80km/h sur ses routes à double sens de circulation pour réduire davantage le nombre de victimes.

En 2018, avec 3 259 tués, la France conserve le bonnet d’âne des grands pays avec 49 tués pour un million d’habitants et plus de 5 000 blessés ; un résultat affligeant pour un pays prétendument développé et patrie des droits de l’homme. A croire que pour certains automobilistes français, le permis de conduire est aussi un permis de tuer, comme pour la chasse !

La délinquance routière en Aveyron

Le département de l’Aveyron bien que faiblement peuplé a des résultats encore plus mauvais qu’au plan national. En 2018, on a dénombré 202 accidents au cours desquels 24 personnes ont perdu la vie sur les routes du département, soit 86 tués pour un million d’habitants (près du double qu’au plan national). Pour ce qui est des blessés, le chiffre est aussi à la hausse en 2018 avec 281 (dont 150 hospitalisations) contre 214.

Dans ce contexte, sans évoquer la dangerosité d’une partie du réseau routier départemental en dépit des travaux réalisés, comment ne pas s’étonner du comportement lamentable de quelques élus au regard de ce bilan catastrophique du nombre de victimes innocentes. L’argumentation éculée de certains élus qui préfèrent soutenir une poignée d’automobilistes en mal de sensations, plutôt que de défendre l’intérêt général, est affligeante. Manifestement, pour certains élus, 24 morts et près de 300 vies brisées par an leur importe peu. Ils préfèrent soutenir l’indéfendable et encourager la délinquance routière.

Contrairement aux fausses informations qu’ils n’hésitent pas à propager, oui l’instauration du 80 km/h en France sur les routes secondaires sans séparateur de chaussée est une sage et courageuse décision qui vise à préserver un maximum de vies humaines. Au vu du coût considérable pour la société des accidents de la route en France (plus de 50 milliards d’euros par an), il s’agit d’un problème de santé publique qui relève de la responsabilité de l’Etat.

L’Etat est ici dans son rôle et il doit aller plus loin encore. L’objectif pour la France doit être de ramener au plus vite le nombre de tués au plan national autour de 2 000 tués par an, soit 30 morts pour un million d’habitants, contre 49 morts aujourd’hui (86 en Aveyron !)

Le délire de certains élus locaux à propos de la mise en place du 80 km/h

Prétendre que la mise en place du 80 km/h pénaliserait l’économie départementale relève d’une manipulation éhontée car totalement fausse. Même si ici et là certains conducteurs peuvent perdre quelques petites minutes sur un trajet de 50 km, tout cela n’a pas d’incidence économique réelle, tout en ayant le mérite de sauver des vies bien plus précieuses. D’ailleurs, jamais les temps de transport en Aveyron n’ont été aussi réduits d’un point à un autre et jamais autant de camions n’ont transité par notre département, preuve s’il en est, que la traversée du département même à 80 km/h, n’est guère pénalisante.

Au demeurant, si l’économie aveyronnaise peut se trouver pénalisée du fait d’infrastructures routières inadaptées, n’oublions pas qu’il s’agit d’abord de la responsabilité de ces mêmes élus départementaux, qui notamment par le passé, ont été incapables de concrétiser le projet de mise à 2 x 2 voies de la RN 88 entre Tanus et Séverac, validé dés 1995. Un tronçon qui aurait dû être achevée depuis plus de 10 ans déjà ! Alors de grâce, un peu de retenue !

La mise en place du 80 km/h ne peut que fluidifier le trafic pour peu que la majorité des usagers de la route respecte les limitations de vitesse. C’est aussi le meilleur moyen de réduire sa consommation de carburant et donc de limiter ses dépenses, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Finalement, tout le monde est gagnant dans cette affaire !

Au final, le 80 km/h présente bien plus d’avantages que d’inconvénients. Le plus important restant de préserver le plus grand nombre de vies humaines. Comment des élus responsables peuvent-ils s’opposer à une mesure de bon sens et d’intérêt général destinées à sauver de nombreuses vies ?

Plus d’infos : Sécurité routière I Ligue contre la violence routière I Prévention routière

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France : Le débat démagogique autour de la fiscalité

10 février 2019

Dans le cadre du Grand débat voulu par le président de la République, on voit émerger ici et là les propositions les plus farfelues et contradictoires visant à augmenter les impôts, plutôt que de les baisser. Surréaliste alors que les manifestations portaient notamment sur un prétendu ras-le-bol fiscal et le pouvoir d’achat.

C’est oublier l’essentiel. Le problème de la France c’est l’importance de sa dette et ses déficits publics qui atteignent des records au sein des pays de l’OCDE. Peu de propositions sérieuses et significatives visent à réduire les dépenses publiques qui sont pourtant les plus élevées des pays de l’OCDE (56.5% du PIB). Au vu de l’importance des prélèvements obligatoires en France (45.3% du PIB) par rapport à nos concurrents, les marges de manœuvre concernant les recettes fiscales sont inexistantes. En 2018, les recettes fiscales de l’Etat représentaient 287 milliards d’euros, dont 254 milliards d’euros pour la TVA, l’IR et l’IS. Le déficit du budget s’établissait à 86 milliards d’euros.

La taxe sur la valeur ajoutée – TVA : 155 milliards d’euros (54% des recettes fiscale)

C’est et de très loin, la principale ressource fiscale de l’Etat. La TVA semble pourtant être l’un des axes qui attirent l’attention chez nos concitoyens. Certains proposent ainsi que l’on abaisse les taux de TVA sur les produits de consommation courante, voire même que soit instauré un taux de TVA de zéro sur certains produits. Lorsque l’on sait que la France dispose déjà d’un taux réduit de 5.50% sur les produits alimentaires courants, il paraît difficile d’aller plus loin.

D’autant qu’en l’état actuel, la réglementation européenne prévoit une liste exhaustive de produits relevant de chacun des taux de TVA. Tout changement paraît improbable car quasi-impossible à mettre en œuvre alors que les enjeux sont très modestes, voire nuls. La France, avec l’Italie et le Royaume-Uni, fait d’ailleurs partie des pays disposant d’un taux réduit aussi bas, de l’ordre de 5% alors qu’il est de 7% à 10% dans d’autres pays.

Outre les taux spécifiques des DOM et de la Corse, la France dispose par ailleurs de pléthore de taux (quatre) : taux normal de 20%, taux intermédiaire de 10%, taux réduit de 5.50% et taux super-réduit de 2.1% contre généralement deux à trois taux pour la plupart des pays : un taux normal de 19% à 23%, un taux intermédiaire de 10% et un taux réduit de 4% à 7%. Précisons que l’Allemagne n’a que deux taux de 19% et 7% pour les produits alimentaires et qu’un grand nombre de pays ont un taux normal supérieur à celui de la France qui n’est que de 20%.

En l’état actuel, l’ensemble des mesures dérogatoires en matière de TVA ont un coût annuel de l’ordre de 47 milliards d’euros pour l’Etat ; ce qui est colossal. Avec des taux modérés de TVA pour les produits de consommation courante, il paraît peu envisageable pour la France de revoir ses taux à la baisse et à plus forte raison d’instaurer un taux zéro. Outre les difficultés liées à un changement de taux, il reste peu probable qu’une baisse des taux engendre une baisse des prix des produits, tout en générant une perte de recettes non négligeables pour l’Etat alors que la situation budgétaire est déjà difficile.

Rappelons qu’il n’y a pas si longtemps, en 2009, la baisse du taux de TVA de 20% à 10% sur la restauration n’a pas fait la démonstration de la pertinence d’une baisse de la TVA au profit des consommateurs. Selon l’évaluation du Conseil des prélèvements obligatoires, le bénéfice réel pour le consommateur résultant de la baisse du taux de TVA à 10% n’avait pas excédé 20%. Autant dire qu’avec une baisse de quelques points seulement, l’incidence sur le pouvoir d’achat serait nul !

L’impôt sur le revenu – IR : 73 milliards d’euros (25.50% des recettes fiscales)

Au fil des ans, l’impôt sur le revenu est devenu de moins en moins équitable. Non seulement il n’y a plus que 43% des foyers fiscaux qui ont payé l’impôt sur le revenu en 2017, mais parmi ces derniers, à eux seuls 10% des foyers ont acquitté 70% de l’impôt récolté. Cette évolution n’a fait que s’accélérer depuis 2012. Au début des années 1980, prés de 80% des foyers fiscaux acquittaient l’impôt !

Ne devrait-on pas revenir à un assujettissement de l’ensemble des foyers à l’impôt sur le revenu (ou au moins 80%) quitte à ne faire acquitter qu’une somme symbolique aux plus modestes ?

Par ailleurs, devant l’importance et la diversité des revenus non imposables perçus par les français, ne serait-il pas plus efficace et lisible de déclarer obligatoirement l’ensemble des revenus, y compris les allocations et aides diverses qui viennent compléter les revenus ? Cela aurait le mérite d’identifier l’ensemble des revenus perçus par un même foyer, quitte à les exonérer. Cela permettrait de faire prendre conscience à chacun de l’importance de la solidarité. Qui plus est, la déclaration de tous les types de revenus encaissés favoriserait un meilleur contrôle des aides publiques (mission aujourd’hui très difficile en raison de l’opacité de l’information sur les aides publiques) et de mieux identifier les personnes en situation de précarité.

Les principales niches fiscales concernent : l’emploi à domicile, l’investissement locatif, les dons aux œuvres, les frais de garde des enfants, les crédits d’impôt transition écologique… Elles sont clairement définies et encadrées par la loi et soumises à une stricte justification. Il ne s’agit pas d’optimisation fiscale puisque ces réductions ou crédits d’impôts peuvent difficilement être détournées de leur objet. Par ailleurs, ces crédits d’impôts sont actuellement plafonnés à 10 000 € ou 18 000 € ; ce qui en limite l’avantage pour les contribuables les plus aisés. Tout au plus peut-on en uniformiser les plafonds pour plus d’équité et de lisibilité.

L’impôt sur les sociétés – IS : 26 milliards d’euros (9% des recettes fiscales)

Avec un taux maximal de 33.33%, l’IS est un impôt important reposant sur l’activité économique des entreprises localisées en France. Pour ne pas pénaliser les entreprises et en attirer de nouvelles, il est impératif d’avoir des taux d’imposition des entreprises compétitifs par rapport à nos principaux concurrents.

Même si le dispositif reste globalement positif et attractif pour de nombreuses entreprises, il n’en reste pas moins qu’on peut s’interroger sur le bien-fondé de certains crédits d’impôt en faveur de la recherche qui sont parfois utilisés à des fins d’optimisation fiscale, sans rapport direct avec la recherche à proprement parler. En cela, il serait nécessaire d’affiner le dispositif fiscal en introduisant un certain nombre de garde fous visant à définir plus précisément la notion de recherche.

Quelques mesure salutaires pour faciliter et mieux faire accepter l’impôt :

• Simplifier l’impôt et le rendre plus lisible
• Plus d’équité fiscale en limitant l’optimisation fiscale
• Harmoniser la fiscalité au niveau européen
• Stabiliser la fiscalité dans le temps

Impôt sur le revenu : ne pas confondre « niches fiscales » et « optimisation fiscale »

Les recettes de l’impôt sur le revenu sont comparables à celles des autres pays de l’UE, même si elle repose sur un nombre très limité de contribuables (moins de 43%). Il ne paraît donc pas opportun de revoir de l’alourdir. Toutefois, dans un souci d’équité et de responsabilisation, on peut s’interroger si une assiette plus large visant la majorité des foyers fiscaux ne serait pas préférable, sous réserve d’une imposition marginale des bas revenus.

N’oublions pas que toute limitation des niches fiscales constitue une augmentation d’impôt ! L’objectif d’une réforme en ce domaine doit être de limiter le nombre de niches fiscales à celles qui sont les plus efficaces par rapport à l’objectif recherché.

Par contre, on est en droit de s’interroger sur le bien-fondé de certains régimes de faveur qui concernent quelques centaines de contribuables aisés. On peut citer : le crédit d’impôt pour investissement dans la restauration immobilière (loi Malraux) dont le crédit d’impôt peut être imputé jusqu’à 30% du total des travaux réalisés. Certaines activités para-hôtelières, dites professionnelles, qui permettent l’imputation d’importants déficits sont aussi très discutables.

Mettre un frein à l’optimisation fiscale pratiquée par les hauts revenus

L’optimisation fiscale reste réservée aux très hauts revenus : dirigeants d’entreprises, cadres supérieurs ou de professions non commerciales. Pour celles et ceux qui ont les moyens de s’offrir les services d’avocats fiscalistes spécialisés, tout est possible, y compris la neutralisation partielle ou totale de son impôt en optimisant la réglementation fiscale, trop souvent sujette à interprétation.

Ainsi, en créant des activités relevant des bénéfices industriels et commerciaux, bien que marginales en termes de chiffre d’affaire, mais qui génèrent d’importants déficits imputables sur le revenu global du foyer (et donc sur l’ensemble des revenus), on peut ainsi atténuer ou neutraliser son impôt sur le revenu parfois pour de longues années. Ce dispositif permet aussi de bénéficier de la déduction de la TVA sur les travaux réalisés. Il s’agit généralement d’activités de locations en meublé, dites para-hôtelières et considérées comme professionnelles. De fait, elles permettent de se constituer des biens immobiliers en quasi-franchise d’impôt, tout en s’en réservant presque exclusivement la jouissance.

Ce montage fiscal complexe concerne un nombre non négligeable de hauts revenus qui éludent ainsi leur impôt en bénéficiant indûment d’un dispositif complexe et non verrouillé fiscalement. Outre une concurrence déloyale aux activités hôtelières traditionnelles, ces dernières génèrent d’importantes pertes de recettes en matière d’impôt sur le revenu et créent une forte inégalité des citoyens devant l’impôt.

Ces montages fiscaux sont extrêmement difficiles à remettre en cause par l’administration fiscale, y compris dans le cadre de la procédure d’abus de droit qui reste le plus souvent impossible à mettre en œuvre dès lors que le montage fiscal a été correctement effectué.

Plutôt que de s’attaquer aux niches fiscales, il serait plus utile de limiter ces pratiques d’optimisation fiscale des hauts revenus qui causent une perte non négligeable de recettes fiscales alors que la plupart des contribuables s’acquittent habituellement de leur impôt.

Adapter l’impôt sur les sociétés

Avec un taux normal à 33.33%, l’IS est en France parmi les plus élevés des pays de l’OCDE. En 2018, le taux moyen d’imposition à l’IS des principaux pays s’échelonne de 15% à 25% avec une forte évolution à la baisse ces dernières années, notamment aux USA où il devrait atteindre 15%. Même si la France a mis en place un taux transitoire de 28% et dispose d’un taux réduit de 15% pour les 1ers 38 120 € de bénéfice, le taux reste au-dessus de la moyenne.

Le gouvernement d’Edouard Philippe a annoncé une baisse progressive à 25% d’ici 2022, mais il faudra probablement aller plus loin et s’aligner par rapport aux taux pratiqués par nos principaux concurrents pour rester compétitif. Revenons à un taux unique, simple et lisible.

La fiscalité française et européenne doit aussi s’adapter à l’évolution de la nouvelle économie du numérique, très mondialisé, qui réalise de colossaux bénéfices dans le domaine des services, par nature très difficile à localiser. Autant il reste facile de taxer les industries traditionnelles dont les bénéfices sont localisés, tel n’est pas le cas des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et autres industries du futur.

Dés lors se pose la question de la territorialité et la taxation des bénéfices des entreprises. A défaut de dispositions fiscales pour localiser ces bénéfices, à l’initiative de la France, l’UE est en train d’imposer une taxation provisoire sur la base d’un chiffre d’affaire estimé, en attendant que l’OCDE définisse de nouvelles règles d’imposition pour ces activités et de détermination des bénéfices par pays. C’est un début mais il faut aller plus loin car les enjeux fiscaux sont énormes et les multinationales sont très imaginatives pour piloter au mieux leurs impôts.

De la même manière, la vigilance doit être renforcée en ce qui concerne l’imposition des grands groupes mondiaux qui jonglent avec les prix de transfert pour faire de l’optimisation fiscale vers les pays les plus faiblement imposés comme l’Irlande.

L’absurdité de l’ISF

L’Impôt sur la fortune (ISF) n’avait représenté moins de 4 milliards d’euros en 2017, soit seulement 1.5% des recettes fiscales. Supprimé à partir de 2018, il a été remplacé par un autre impôt : l’IFI – Impôt sur la fortune immobilière. Outre son très faible rendement, l’ISF avait pour inconvénient de faire fuir les contribuables les plus aisés qui échappaient ainsi à l’impôt sur le revenu et allaient investir leur fortune dans d’autres pays, plutôt que de créer de l’emploi en France.

Les diverses études réalisées à partir des données fournies par la DGFiP mesurent la perte fiscale à plus de 150 milliards d’euros et environ 400 000 emplois non créés. Il paraît aujourd’hui inopportun de rétablir cet impôt idéologique, absurde et contre-productif inventé par la gauche en 1981.

Rappelons enfin que la France était le seul pays de l’Union européenne à avoir instauré un impôt sur la fortune. Pour ces raisons, si la France veut rester compétitive au plan fiscal et économique, elle n’a d’autre choix que d’enterrer définitivement cet impôt imbécile. Le reste n’est d’élucubrations politiciennes dérisoires.

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Pour être compétitive et efficace, comme l’a justement décidé Emmanuel Macron, la France doit harmoniser sa politique fiscale et sociale avec les autres pays européens. Le pays doit mettre fin à l’augmentation de la pression fiscale une bonne fois pour toutes. Le seul moyen aujourd’hui de réduire les déficits publics et la dette, c’est de s’attaquer drastiquement à la réduction des dépenses publiques qui atteignent un record mondial à 56.5% du PIB. Ce qui a déjà été fait dans la plupart des pays européens et explique pour l’essentiel une situation budgétaire proche de l’équilibre.


Union européenne : Le défi de s’adapter aux enjeux mondiaux d’aujourd’hui

25 janvier 2019

Lors d’une conférence de presse prononcée à Bruxelles le 05 novembre 2018, l’ancien commissaire européen Michel Barnier, actuel chef de la négociation européenne avec le Royaume-Uni pour le Brexit, s’est dit convaincu que la priorité pour l’Union européenne devait être de s’adapter au plus vite aux enjeux mondiaux actuels, notamment écologiques et économiques.

Michel Barnier est l’une des personnalités européennes de premier plan, dont l’expertise est reconnue par l’ensemble des pays de l’Union. Européen convaincu, Michel Barnier paraît aujourd’hui le mieux qualifié pour succéder au président de la Commission européenne, le luxembourgeois Jean-Claude Junker, et préparer l’Europe à relever les importants défis qui sont les siens.

Les principaux extraits de la conférence de presse de Michel Barnier en novembre dernier :

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« Les frustrations, les incertitudes et les peurs sont les produits de décennies de choix politiques qui ont laissé les inégalités économiques et sociales, mais aussi d’une mondialisation féroce qui menace et qui précarise. Nous sommes face à des choix de société et à un double défi : générationnel et européen. Le premier est celui de préparer nos concitoyens au monde qui vient…

Nous devons réinventer notre monde. L’Europe c’est moins de 7% de la population mondiale et moins de 22% de la richesse mondiale, mais 50% des dépenses sociales. Nous ne pourrons maintenir notre bien-être collectif qu’en nous réformant. Nous devons réinventer nos pays, nos nations dans l’Europe : construire une Europe qui allie la proximité dont nous avons tant besoin et la souveraineté nationale et européenne revendiquée par Emmanuel Macron… Il est plus que nécessaire de rappeler pourquoi il faut être ensemble, nous européens…. 

Pour ce faire, il est indispensable de porter ensemble quatre grands chantiers au niveau européen :

L’Europe verte. En 2050, le monde pourrait compter 250 millions de réfugiés climatiques. Aujourd’hui déjà, nos campagnes sont frappées par les sécheresses et les incendies, nos villages et nos côtes par les inondations et les ouragans. Oui nous faisons face à une urgence écologique. C’est maintenant qu’il faut agir sur nos modes de production et consommation pour atteindre l’objectif zéro émission de CO2 en 2050… Il en va de notre compétitivité et de nos emplois futurs, mais aussi de notre santé… »

La migration. En 2050, nous serons 700 millions d’européens. A moins de 15 km de l’Espagne, l’Afrique comptera 2.5 milliards d’habitants. Nous avons besoin d’un partenariat fort qui allie un partenariat fort, qui allie développement économique et gestion des flux migratoires… Ce n’est pas aux passeurs de décider de décider qui entre en Europe parce que nous avons échoué à agir collectivement. Plus que jamais, il nous faut des moyens communs pour garantir nos frontières, en consolidant Frontex, en démantelant les réseaux de passeurs, en européanisant les centres d’accueil sur notre territoire et au-delà. Il faut aussi pousser plus loin notre cadre réglementaire en matière de droit d’asile, de migration légale et de refoulement… »

La construction d’une nouvelle économie au bénéfice de tous. En 2050, aucun pays européen seul ne comptera parmi les plus grandes puissances économiques. Aujourd’hui, l’Europe exporte ses cerveaux et ses données et dépend de technologies importées des pays continents comme les USA ou la Chine. Nous sommes à un moment de rupture. Intelligence artificielle, supercalculateurs, cybersécurité, puces électroniques, technologies spatiales : autant de domaines où nous devons investir massivement.

L’action extérieur et la défense européenne. Face au retrait de l’Amérique, à l’avancée de la Chine, à l’affirmation de la Russie, l’Union européenne doit porter une voix forte. Dans notre voisinage mais aussi dans le concert du monde. Face aux menaces qui pèsent sur la sécurité de notre continent, nous ne pouvons plus sous-traiter notre sécurité. L’acuité des nouvelles menaces exige que nous relevions le défi de la défense européenne. L’urgence c’est de défendre nos valeurs et notre modèle démocratique…

Etre européen, ce n’est pas renoncer à être français, au contraire ! C’est se donner une plus grande chance de relever ces grands défis. C’est transmettre cette chance aux générations futures… »

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Une vision probablement partagée par de nombreux européens. La révolution mondiale est en marche et rien ne l’arrêtera. A nous européens de nous adapter à cette situation nouvelle pour préserver durablement nos valeurs démocratiques et notre modèle social.

Cela passe par une remise en cause de notre manière de voir les choses et l’activation de solutions européennes, qui seules, nous permettront de faire face aux nombreux défis actuels et futurs. Ne laissons pas le reste du monde nous imposer sa loi. L’Europe ne pourra construire son avenir qu’ensemble et non séparément.

Dans ce monde mondialisé qui fait tant peur à certains, méfions du populisme ambiant qui voudrait faire croire que la solution serait de revenir aux frontières du passé. Ce qui serait le plus sûr moyen d’aller dans le mur.

Au contraire, face à la montée en puissance de super continents de deux milliards d’habitants chacun (Chine, Inde, Afrique, Amérique du sud…), alors que l’Europe en compte à peine 500 millions, point de salut hors d’une l’Union européenne forte et solidaire.

Plus d’infos :


France : Emmanuel Macron met en branle le Grand débat national

17 janvier 2019

Face à la période d’interrogation et d’inquiétude que traverse la France, le président de la République donne la parole aux français afin de leur permettre d’exprimer leurs aspirations et attentes en vue d’une meilleure prise en compte par le gouvernement dans ses décisions à venir.

A cet effet, Emmanuel Macron a adressé le 14 janvier une lettre à tous les français afin que l’espérance domine les peurs de toutes sortes qui se font jour ici et là pour redonner sens à la nation. Et ce, sans oublier que notre pays reste malgré tout l’un des plus généreux envers les plus modestes, mais aussi l’un des moins inégalitaires au monde.

Pour autant, comme dans beaucoup de pays, la forte concurrence mondiale a fragilisé notre tissu économique et notre système social, contribuant à précariser les plus fragiles d’entre nous, à un moment où la situation des finances publiques s’est fortement dégradée pour maintenir notre niveau élevé de protection. La véritable injustice en France concerne d’abord l’absence d’emplois pour certains ; c’est d’ailleurs la priorité à laquelle s’est attaquée le gouvernement depuis 2017 au travers de ses réformes.

Après des décennies d’immobilisme politique et d’absence de toute réforme structurelle visant à contenir nos dépenses publiques et développer l’emploi, tout en adaptant notre système de protection, l’heure est venue de repenser et adapter notre pays aux réalités d’aujourd’hui. C’est une question de survie.

La France doit se réformer pour retrouver la compétitivité et le plein emploi

Compte-tenu de la précarité de la situation financière de la France (dérapage des déficits publics à 3.2% du PIB en 2019 alors que l’Allemagne ne cesse d’accumuler des excédents depuis 2014 de +1.8% du PIB en 2018 ; augmentation de la dette publique qui atteint 100% du PIB, contre seulement 64% pour l’Allemagne ; dérive des prélèvements obligatoires qui représentent 47% du PIB contre 39% en Allemagne ; explosion des dépenses publiques qui s’élevaient en 2018 à plus de 57% du PIB contre 44% pour l’Allemagne…), le pays n’a d’autre choix que de réduire ses dépenses et ses prélèvements fiscaux qui ont atteint un sommet.

Pendant que les français vivaient au-dessus de leurs moyens, voici plus de 20 ans déjà que nos amis allemands prenaient des mesures courageuses et radicales (gel des salaires…) pour rendre leur économie plus compétitive et développer leur industrie. Ils en récoltent aujourd’hui les fruits avec des excédents budgétaires et commerciaux considérables. Qu’ont fait les français pendant ce temps : rien ! Il faut maintenant en payer l’addition d’une manière ou d’une autre et cette mission incombe au président Macron.

Comme l’a fort justement rappelé le chef de l’Etat, la priorité reste la maîtrise des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires qui pénalisent notre économie, moins compétitive par rapport à nos concurrents, et au-delà l’emploi. La seule alternative crédible est de réduire nos coûts pour favoriser l’emploi et redonner du pouvoir d’achat aux salariés.

C’est le sens des réformes engagées par Emmanuel Macron depuis son élection en 2017 qui doivent être poursuivies pour adapter la France et lui permettre de faire face à la forte concurrence mondiale. Fort heureusement, le président de la République est déterminé à poursuivre les réformes pour sortir le pays de l’impasse actuelle, impasse qui rappelons-le, résulte de plus de 30 ans d’immobilisme et de clientélisme lamentable. Dans ce contexte, pas d’autres choix que de poursuivre courageusement les réformes qui ne porteront leurs fruits que dans plusieurs années.

Dans l’immédiat, en dépit de l’état de fragilité de nos finances publiques, le gouvernement a pris récemment des mesures importantes en faveur du pouvoir d’achat des plus modestes. Ces mesures sont d’effet immédiat et vont permettre d’améliorer sensiblement les plus fragiles en attendant les retombées des réformes demain.

La lettre adressée par Emmanuel Macron aux français propose d’organiser un grand débat public, jusqu’au 15 mars prochain, sur quatre thèmes :

Nos impôts, nos dépenses et l’action publique : Comment rendre notre fiscalité plus juste et efficace ? quels impôts baisser en priorité, quelles sont les économies à faire en priorité ? Faut-il réduire ou supprimer certains services publics coûteux et peu efficaces ? Quels besoins en services publics et comment les financer ? Comment mieux organiser notre pacte social ?

L’organisation de l’Etat et des collectivités publiques : Y a-t-il trop d’échelons administratifs et de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision au plus près des citoyens, à quels niveaux et pour quels services ? Comment organiser l’Etat pour améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment ? Comment l’Etat et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus fragiles ? Que proposez-vous ?

La transition écologique : Comment finance-t-on la transition écologique et qui doit être concerné en priorité ? Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous pour leur permettre de s’adapter ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur le plan financier ? Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être prises au niveau local, plutôt que national ? Quelles sont vos propositions pour accélérer notre transition environnementale ? Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ?

Donner force à la démocratie et la citoyenneté : Faut-il reconnaître le vote blanc et rendre le vote obligatoire ? Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives ? Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus ? Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Economique, Social et Environnemental doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ? Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ? Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ? Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation ? En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ? Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’Etat et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Même si l’Europe n’est pas au cœur du présent débat, la résolution de nombreux problèmes nationaux résulte également d’une meilleure cohésion et intégration au sein de l’Union Européenne ; ce qui implique qu’elle aussi s’adapte et devienne plus démocratique. La France à elle seule, ne va cesser de régresser sur l’échiquier mondial et ne pourra subsister que parce qu’elle appartient à l’Union Européenne, seule capable de peser sur la scène mondiale face aux USA, à la Chine et demain à l’Inde.

Les propositions des français devraient permettre de mieux connaître les aspirations et les attentes de chacun et de mieux les prendre en compte pour structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international.

Place maintenant au débat. A chacun de profiter de l’occasion pour s’exprimer utilement plutôt que de ruminer dans son coin sur la base d’information généralement erronées.

Le président de la République s’engage à rendre compte aux français dans le mois suivant la fin du débat.

Plus d’informations :


Le président Emmanuel Macron reste le meilleur atout pour sortir le pays de 30 ans d’immobilisme mortifère

21 décembre 2018

On entend tout et n’importe quoi à propos des gilets jaunes. Chacun y va de son petit avis mais tout le monde est à côté de la plaque, y compris les chaînes d’information en continue et la plupart des politiques qui ont, chacun à leur manière, exploité et souvent encouragé les uns et les autres jusqu’à l’absurdité sans que personne ne s’en offusque. Les français auraient-il perdu la raison ?

La responsabilité de quelques médias d’information, des réseaux sociaux et de politiciens (A lire sur le sujet : « Aujourd’hui, on tend le micro à n’importe qui » par Dominique Wolton)

Pourquoi trouver tant d’excuses à un mouvement qui globalement n’a pas de justifications profondes, né de l’opposition de quelques automobilistes et motocyclistes radicalisés et hostiles à toute réglementation. Ceux-là même qui s’opposent depuis des mois à la limitation de vitesse à 80 km/h, qui détruisent les radars, les péages et même les parcmètres. A cela, s’est ajouté une kyrielle de braves gens plus ou moins manipulés qui entendent profiter des largesses de l’Etat providence et qui en veulent toujours plus, sans rien donner en contrepartie.

Sans oublier bien sûr quelques retraités, dont la plupart sont loin d’être dans la misère, qui veulent en découdre avec ce méchant gouvernement qui a augmenté leur CSG pour redistribuer du pouvoir d’achat, justement aux salariés qui eux ne sont même pas sûr d’avoir un jour une retraite digne de ce nom comme aujourd’hui.

Les français ont facilement tendance à crier famine la bouche pleine ! Même si au quotidien, nul ne le conteste, les choses se sont pas toujours faciles et certains peuvent éprouver des difficultés à boucler leur fin de mois, ils ne sont pas les seuls et surtout pas les plus mal lotis du monde. Bien au contraire. Fait pour le moins amusant, l’action des gilets jaunes est intervenue au moment où les prix du carburant en France se situent dans la moyenne des prix européens alors qu’aujourd’hui, fin décembre, le prix du baril est passé sous les 50 dollars le baril, contre 80 dollars deux mois plus tôt. Nous sommes très loin de prix du carburant insupportable. Qu’aurions-nous du dire en 1973 et 1979 où les pris ont été multipliés par 4 ou 5 en quelques jours !

Autre paradoxe dans cette affaire, ce sont en partie ceux qui sont les plus protégés et assistés qui sont les plus virulents alors que la France fait partie des pays les plus distributifs en matière sociale, y compris devant les pays scandinaves. A l’inverse, s’il y a des français à plaindre, c’est d’abord celles et ceux qui travaillent dur, le plus souvent pour un salaire modeste et qui doivent eux, payer toutes sortes d’impôts et taxes, sans bénéficier de la plupart des aides publiques. Si injustice il y a, c’est bien à leur égard car le système d’assistanat tend à les ignorer alors qu’il ont parfois un revenu disponible moindre si l’on y regarde de près.

Contrairement à ce qu’affirment sans vergogne les gilets jaunes (probablement éprouvent-ils quelques difficultés à comprendre certaines réalités), ils oublient que si la France reste une bonne mère généreuse, c’est que d’autres français paient pour cela. L’Etat-providence permet ainsi à la France d’avoir un taux de pauvreté de seulement 14% de la population, nettement inférieur à celui des grands pays développés. Sans cette redistribution, ce chiffre serait deux fois plus élevé. Toutes les enquêtes internationales confirment que la France est le pays de l’OCDE où les inégalités entre les pauvres et les riches sont les moindres. Difficile de faire plus sans affaiblir davantage le pays qui plie sous les prélèvements obligatoires et la dette.

Quant à nos chers retraités, très remontés contre l’augmentation de la CSG, globalement, ils restent eux aussi, parmi les mieux lotis de l’Union européenne au regard des pensions qui sont servies. Et c’est encore plus vrai pour les retraités les plus anciens qui ont bénéficié de régimes très favorables qui n’existent plus aujourd’hui. Pourquoi tant d’égoïsme vis-à-vis des générations futures qui auront une retraite bien moins importante et des salariés qui doivent souvent se contenter de petits salaires pour boucler les fins de mois ?

Ces faits confirment au besoin que les revendications des gilets jaunes n’étaient au départ qu’un prétexte fallacieux pour s’opposer à l’action du gouvernement. Il n’est un secret pour personne que divers élus d’opposition, ont encouragé et manipulé les manifestants comme on a pu le constater sur les réseaux sociaux et à travers certains médias à la recherche d’audience en exploitant les peurs irraisonnées des uns et des autres. A cela, sont venus s’ajouter les ragots de toutes sortes, véhiculés par les réseaux sociaux.

Le plus bel exemple de manipulation nous a été donné avec l’allégation selon laquelle le terrible attentat terroriste de Strasbourg aurait été une opération de diversion du gouvernement. Cela montre l’extrême naïveté, pour ne pas dire l’imbécillité des gilets jaunes qui sont convaincus d’être devenu le centre du monde. Ces théories du complot qui fleurissent ici et là, portées par des groupuscules extrémistes n’ont qu’un but, affaiblir la démocratie pour imposer leur dictature.

Comment peut-on jeter le trouble sur ce terrible attentat et porter atteinte à l’honneur des victimes et de leurs familles ? En mobilisant abusivement la force publique durant plus d’un mois pour maintenir l’ordre, les gilets jaunes portent nécessairement une responsabilité dans cet attentat du fait du manque de disponibilité des forces de Police et de Gendarmerie pour assurer la sécurité des français à un moment où le risque terroriste demeure élevé. Tout cela est bien triste !

Une organisation de désinformation comme jamais vu alors que ce gouvernement, pour la première fois depuis longtemps, s’est attelé à réformer le pays avec courage pour redonner de l’emploi et du pouvoir d’achat à nos concitoyens.

Une sortie de crise qui aura nécessairement un coût très élevé pour la France qui n’en avait pas besoin

Pour mettre fin à ce blocage du pays, le président de la République a annoncé un certain nombre de mesures, pour le moins généreuses au regard de leur coût élevé, visant à favoriser le pouvoir d’achat des français les plus modestes.

Outre le renoncement à l’augmentation d’un certain nombre de taxes en 2019 (une erreur politique ?), la loi de finances pour 2019 a validé un certain nombre de mesures supplémentaires : augmentation de l’ordre de 100 € par mois des bas salaires jusqu’à 1.2 fois le SMIC (sous forme de prime d’activité supportée par l’Etat) ; rehaussement du plafond de revenus à partir duquel l’augmentation de la CSG s’appliquera au 1er janvier prochain (plafond de revenus porté de 1 200 € à 2 000 €/mois pour une personne), ainsi que la restauration des heures supplémentaires exonérées d’impôt.

Des mesures très importantes chiffrées à environ 10 milliards d’euros et qui devraient être financées par les déficits qui vont ainsi exploser à environ 3.2% du PIB en 2019, contre 2.7% prévus, nettement au-dessus des autres pays et même de l’Italie. Cette situation dégrade un peu plus la situation financière de la France déjà mauvaise ainsi que sa crédibilité à travers le monde et fera d’elle le plus mauvais élève de l’Union européenne. Un défi de plus à relever pour nos gouvernants et non des moindres !

Parallèlement, les divers blocages de l’activité en France vont nécessairement engendrer une chute de la croissance qui ne s’annonçait déjà pas très bonne, probablement aux alentours de 1.5% seulement pour 2018 (contre 1.7% prévu) et probablement moins en 2019 (environ 1.2%). A cela, il faut ajouter une baisse importante de l’activité de certaines entreprises comme le transport routier, le commerce et plus généralement le tourisme ; ce qui ne va pas manquer de les fragiliser alors que leur chiffre d’affaires a parfois baissé de l’ordre de 20% à 50% ; ce qui immanquablement entraîner des licenciements.

Une chose est sûre, ce n’est pas avec une croissance de moins de 1.5% dans les prochaines années que la France va créer des emplois ! Un des nombreux effets désastreux des gilets jaunes que la France va devoir payer longtemps. Ajoutons à les évolutions pessimistes, que si ces quelques mesures vont générer une augmentation du pouvoir d’achat estimé entre 2% et 3% en 2019, elles vont aussi favoriser les importations chinoises et accentuer notre déficit commercial abyssal, tout en favorisant le commerce en ligne au détriment des commerces de proximité. Bravo les gilets jaunes ! Ils n’ont manifestement pas tout compris !

Au final, le bilan s’avère pour le moins désastreux pour l’économie française qui n’en avait pas besoin. Le mouvement des gilets jaunes aura un effet négatif à moyen terme sur l’économie, l’emploi et donc le pouvoir d’achat des français car ce sont eux qui vont devoir payer l’addition. Décidément, les français ont le chic à se tirer une balle dans le pied ! Une fois de plus, ils lâchent la proie, qui était à portée dans quelques années, pour l’ombre et l’inconnu. C’est le résultat désolant de ce populisme mortifère qui envahit peu à peu l’Europe et le monde.

Malgré ces quelques reculades face à une poignée de casseurs, pour l’avenir du pays, il reste à espérer que le président Macron maintiendra sa politique de réformes et la conduira à son terme, quoi qu’il en coûte.

La France, le pays malade de l’Union européenne

Il n’est un secret pour personne que la France est le pays développé qui consacre le plus gros budget à la redistribution sociale. Ce qui explique en partie le dérapage des dépenses publiques qui atteignent un record de 57% du PIB, contre seulement 40.50% pour la moyenne de l’Union européenne (48.7% en Italie, 44% en Allemagne ou 41% en Espagne). Ce coût très élevé des dépenses publiques en France permet de disposer d’importants amortisseurs sociaux pour les français les plus modestes, au point de laisser croire aux français que l’on peut éternellement continuer à se comporter en cigales pendant que les autres pays font des efforts pour rester compétitifs et ne pas dilapider l’argent public.

Les difficultés et le mal-être des français résultent d’abord du niveau élevé du chômage et de la précarité qu’elle engendre. Face à cela, depuis plus de 30 ans, les gouvernements successifs plutôt que de s’attaquer aux racines de ces maux, par facilité et par clientélisme, se sont contentés d’augmenter les généreuses politiques de redistributions financées à coup de hausses d’impôts qui impactent les classes moyennes et plombent la compétitivité du pays en conduisant à la destruction d’emplois. Voilà la réalité de la crise d’aujourd’hui : l’absence de politique courageuse visant à s’attaquer au manque de compétitivité des entreprises françaises qui sont les seules à pouvoir créer de la richesse et des emplois durables.

Avec une inflation aux alentours de 1,4% ces dernières années et les augmentations régulières de certaines dépenses obligatoires, souvent différées par les précédents gouvernements, cela a pu donner le sentiment aux français qu’ils avaient subi une baisse importante du pouvoir d’achat. En réalité, compte tenu de la générosité de l’Etat providence, beaucoup de français parmi les plus modestes éligibles à ces aides, oublient tout simplement de prendre en compte les redistributions effectives pour juger. 

Pour maintenir l’Etat providence, les gouvernements français successifs n’ont eu de cesse de taxer toujours un peu plus celles et ceux qui font la richesse du pays. En 2000, les socialistes ont ainsi créé les 35 heures, qui ont constitué un véritable fléau pour la compétitivité des entreprises, sans pour autant avoir abouti à de réelles créations d’emplois. Antérieurement, ces mêmes gouvernants au nom d’une idéologie tout aussi imbécile et contre-productive, avaient décidé de taxer les plus riches en introduisant l’ISF, qui taxe l’outil de travail, tout en exonérant les œuvres d’arts !

Des aberrations économiques et sociales que nous payons encore aujourd’hui qui ne se justifiaient que pour satisfaire un électorat avide de lutte des classes. Il s’agit là de décisions d’autant plus absurdes que la France a été le seul pays du monde développé à avoir pris de telles mesures ; preuve s’il en est de leur non-sens économique sur la compétitivité et l’emploi. Des mesures que même les pays scandinaves n’ont pas voulu instaurer et qui coûtent à l’Etat bien plus qu’elles ne rapportent. Mais cela il faut surtout pas le dire !

En attendant, la France continue de vivre nettement au-dessus de ses moyens jusqu’à la descente aux enfers !

Objectivement, en y regardant de prés, la prétendue baisse du pouvoir d’achat en 2018 reste à démonter, notamment au regard des nombreuses mesures prises par ce gouvernement depuis le début de l’année, avec l’exonération de taxe d’habitation (à hauteur d’un tiers en 2018) pour 80% des français et la suppression des cotisations salariales. Pour 2019, après les dernières mesures annoncées par le président Macron, le pouvoir d’achat devrait être très largement positif, sans parler de l’exonération des 2/3 de la cotisation de taxe d’habitation qui viendra s’y ajouter. Du jamais vu depuis des décennies.

Que les français concernés profitent bien de ces cadeaux tombés du ciel (uniquement en France) car cela risque de ne pas durer longtemps ; à un moment ou à un autre, quelqu’un va devoir payer l’addition.

Le président Emmanuel Macron constitue la seule alternative crédible de sortir la France de 30 ans de gabegie

Vu de l’étranger et même de France, l’élection d’Emmanuel Macron, par sa jeunesse, son intelligence et sa vision du futur, présentait à cet égard l’espoir d’un véritable renouveau pour le pays et laissait espérer qu’enfin, nos gouvernants allaient s’attaquer pour de bon aux problèmes de ce pays.

De plus, contrairement à bien d’autres, Emmanuel Macron a le mérite d’avoir été transparent durant la campagne en annonçant clairement un programme visant à restaurer en priorité la compétitivité de l’économie française. C’est une politique de bon sens et le seul moyen de régler durablement le fléau du chômage (9,2% de la population active) qui perdure dans notre pays contrairement à nos principaux concurrents européens. A titre de comparaison, ce taux est actuellement de 5.1% en Allemagne.  Manifestement, certains français n’ont tout compris, où n’ont pas voulu patienter quelques années de plus, pensant peut-être, tel un magicien, que le président Macron allait effacer plus de 30 années de gabegie par un coup de baguette magique !

Quelles qu’aient été ses erreurs (parmi lesquelles la suppression de la taxe d’habitation qui aura un coût de 20 milliards par an pour les finances de l’Etat) et autres maladresses, contrairement à ses prédécesseurs, Emmanuel Macron a, à ce jour, respecté la quasi-totalité de ses engagements et réalisé en moins de 18 mois, bien plus de réformes utiles que son prédécesseur qui n’avait rien fait  pour le pays en 5 ans. Ce qui ne l’a pas empêché d’être le plus impopulaire des présidents !

Paradoxe du mouvement des gilets jaunes, le gouvernement d’Edouard Philippe désigné par le président Macron, s’est engagé dans les réformes de fond, novatrices et courageuses inspirées qui ont pour principale finalité la restauration de la compétitivité du pays en vue de permettre. A terme, un telle politique doit conduire à une réduction significative du chômage, une meilleure redistribution du pouvoir d’achat et corrélativement une amélioration de nos finances publiques, qui seule permettra de préserver notre généreux système de redistribution. Alors pourquoi tant de haine, d’incompréhension et de jalousie envers celles et ceux qui font la richesse de notre pays ?

A trop vouloir tirer la corde, la France risque un peu plus de se fracturer entre les partisans du statu quo et de l’Etat providence, au mépris de ceux qui contribuent largement et qui en ont marre de porter le fardeau sans la moindre contrepartie. Aujourd’hui, la France présente deux visages opposés, l’une assistée qui a peur de l’avenir et prêche le repli sur soi (les populistes) et l’autre, ouverte et dynamique, qui veut aller de l’avant pour se faire une place dans le nouveau monde (les progressistes). Ce sont ces deux France qu’il faut réconcilier sous peine d’implosion durable du pays. Opposer la France des villes et des campagnes n’a pas de sens et ne reflète pas la réalité.

Cessons de croire à la facilité et la fuite en avant qui n’a mené nulle part depuis 30 ans. Non la France ne s’en sortira pas sans se réformer et quelques petits efforts pour chacun, en continuant à distribuer des richesses qu’elle n’a pas et en vivant au-dessus de ses moyens. La France ne peut davantage ignorer le changement climatique et s’exonérer de mesures radicales visant à limiter le réchauffement climatique qui va rapidement menacer l’avenir de la planète.

Que cela plaise ou non, Emmanuel Macron constitue la seule porte de sortie crédible pour la France. Pour réussir, il lui faut engager l’ensemble des réformes envisagées et ne plus céder, même si elles ne porteront leurs fruits que dans quelques années. L’Allemagne a mis plus de 5 ans à se rétablir, ne l’oublions pas.

En moins de 18 mois, jamais des réformes aussi importantes et porteuses d’avenir n’ont été engagées en France

Les réformes qui visent à redonner du pouvoir d’achat :
• Suppression de la taxe d’habitation par tiers, étalée sur 3 ans pour 80% des français d’ici 2020, soit un coût à terme de 20 milliards d’euros par an,
• Réforme du système de santé et amélioration des remboursements et prise en charge des soins les plus coûteux (soins dentaires, optique, auditifs)
• Suppression des charges salariales en vue d’augmenter le salaire net des salariés par l’augmentation de la CSG pour les mieux lotis

Les réformes qui veulent rendre l’économie française plus compétitive et à développer l’emploi
• Réforme du code du travail, pour rendre le marché du travail plus souple et compétitif
• Remplacement de l’ISF par l’IFI (imposition sur le patrimoine immobilier)
• Suppression du contesté régime du RSI (régime social des indépendants) et remplacement par un régime général moins pénalisant
• Adoption de la loi Pacte visant à donner aux entreprises les moyens d’innover, de se financer, se développer et se transformer, de créer des emplois, de récompenser le travail des salariés

Les réformes pour moderniser l’Etat :
• Mise en place d’un nouveau pacte ferroviaire en vue d’instaurer un service public plus fiable et efficace, capable de résister à l’ouverture prochaine de la concurrence
• Réforme pour une justice plus rapide, plus efficace et moderne au service des justiciables
• Adoption de la loi ELAN visant à faciliter la construction de nouveaux logements (simplification des normes, limitation des recours abusifs contre les permis de construire, transformation des bureaux vides en logements) et de protéger les plus fragiles

Les autres réformes à venir :
• Réformes de l’Etat, de la fiscalité locale, de la formation professionnelle, de l’apprentissage, de l’assurance chômage, grande réforme du régime des retraites…

Un calendrier de réformes jamais vu en France qui vise à moderniser notre pays, tout en améliorant son efficacité et ses performances, et donc le pouvoir d’achat et la vie de tous les citoyens.

Quant Emmanuel Macron s’inspire de l’Allemagne pour sauver la France

Les français qui ont la mémoire courte. Si l’Allemagne a depuis près de 8 ans de bons résultats économiques et un chômage à 5%, c’est grâce aux courageuses réformes engagées par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder en 2002, face au manque de compétitivité que rencontrait alors l’Allemagne. Il n’avait pas hésité à sacrifier sa popularité et son parti pour lancer les célèbres réformes « Hartz » : des réformes d’inspiration libérales, qui ont réduit l’influence de l’État-providence et libéralisé considérablement le marché du travail allemand. Ces réformes lui coûteront sa réélection, mais relanceront durablement la compétitivité de l’économie allemande et lui permettront d’atteindre les performances qu’on lui connaît aujourd’hui.

En France, depuis des décennies, pour des raisons strictement électoralistes et court-termistes, les gouvernants se sont contentés de gérer le pays au jour le jour, en reculant dès que l’opinion manifestait sa mauvaise humeur et en redistribuant au plus grand nombre, sans se soucier si notre pays en avait les moyens. Et ce, en taxant toujours plus une minorité de français. Probablement par ignorance et naïveté, les français ont ainsi été habitués à la facilité et aux reculades des gouvernements. Ils voudraient manifestement continuer à se comporter en cigales, en jouant avec des politiciens dont la priorité reste leur réélection à tout prix, quitte à conduire le pays à la ruine.

Dans une démocratie qui se respecte, les citoyens s’expriment librement et régulièrement lors des élections. En France, le peuple a parlé en mai 2017 et désigné Emmanuel Macron pour 5 ans en lui donnant mandat pour conduire les réformes visant à moderniser le pays au bord de la faillite. Contrairement à d’autres qui n’ont pas respecté leurs engagements, donnons-lui le temps de mener à son terme son programme ambitieux avant de juger. Même si le délai de 5 ans paraît court pour que les effets des réformes puissent être palpables, les français auront tout le loisir de se prononcer au terme du mandat.

N’oublions pas une réalité bien française. Les difficultés récurrentes de la France (chômage élevé, déficits publics et déficits commerciaux) proviennent avant tout d’un manque de compétitivité et de souplesse de notre économie par rapport à nos concurrents et d’une croissance très insuffisante depuis des décennies. Pourquoi nos amis européens, notamment du nord de l’Europe, qui ont su gérer leur pays de manière rigoureuse et demandé en leur temps des sacrifices à leurs administrés, devraient aujourd’hui payer pour la France qui refuse de se réformer et de se moderniser ? On ne peut que comprendre le mécontentement et le manque de confiance de nos amis européens à l’égard de la France.

Compte-tenu de l’habituel blocage des français face à toute tentative de réforme du pays depuis plus de 50 ans, rien d’étonnant à ce que le président Emmanuel Macron ne soit pas au mieux de sa popularité, sachant qu’il a engagé et va poursuivre des réformes profondes pour moderniser notre pays, quitte à mécontenter quelques français.

Même si certains ont du mal à l’accepter, la France a la chance d’avoir un président jeune, intelligent et visionnaire. Peut-être trop pour certains qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et surtout de leur portefeuille ? Une chose est sûre, cela change des présidents de peu d’envergure de ces dernières décennies qui ont été incapables de moderniser le pays et l’adapter au nouveau monde. Ne boudons pas notre plaisir avec un président que beaucoup de pays nous envient.

Même si les français ne jugent qu’à très court terme en fonction de leurs petits intérêts personnels et non de celui du pays et de la planète, la France qui traverse de fortes turbulences, dispose aujourd’hui d’un excellent pilote qui vole aux instruments, et non à vue comme trop souvent par le passé. Ne nous y trompons pas, la France n’a qu’un fusil à un coup. Si le pays ne réussit pas à se réformer rapidement, il sera durablement relégué et marginalisé face aux nations développées et le prix à payer pour se rétablir sera très élevé pour tous.

Les français doivent avoir une autre ambition que de devenir demain l’Argentine de l’Europe. Pour cela, tout le monde doit se mette au boulot !

Plus d’infos :

• Entretien du Télégramme de Brest avec Dominique Wolton : « Aujourd’hui, on tend le micro à n’importe qui »


Dominique Wolton : « Aujourd’hui, on tend le micro à n’importe qui !

17 décembre 2018

Extrait de l’interview de Dominique Wolton au quotidien le Télégramme de Brest du 15/12/2018 – L’article original publié par le Télégramme de Brest

Directeur de recherches au CNRS et spécialiste des médias, Dominique Wolton déplore l’abandon d’une information réfléchie et maîtrisée au profit des réseaux sociaux et des chaînes d’information continue.

Le Télégramme : Une majorité de Français estime que les chaînes d’info continue ont contribué à l’embrasement du pays. Partagez-vous ce ressenti ?

Ce qui est frappant, c’est que les médias comme la classe dirigeante n’ont rien dit de critique sur le mouvement. Ils nous ont assommés, durant des années, d’obligations, de modernité et d’arrogance et quand le peuple se révolte, tout le monde se tait… Les journalistes des chaînes d’information continue – il n’y a pas qu’eux – tendent leur micro sans beaucoup de sens critique, et les politiques attendent le dialogue. Ils n’ont pas écouté durant des dizaines d’années et maintenant, tout le monde passe son temps à écouter ! Les chaînes d’info continue et les réseaux sociaux dramatisent tout, sans contexte et sans mise en perspective. Or, on sait que plus on est proche de l’événement, plus on est tyrannisé par cet événement. C’est contradictoire avec le sens de l’information. Ce n’est donc plus de l’information mais du voyeurisme et de l’angoisse. Donc oui, cela accentue les problèmes. Les chaînes d’information et les réseaux sociaux sont devenus le couple maudit. L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Le Télégramme : Les journalistes ne peuvent pas ignorer les réseaux sociaux ?

Depuis dix ans, on entend des journalistes vanter les réseaux sociaux en disant que c’est l’expression de la vérité. C’est faux ! L’expression n’est pas synonyme de la vérité. Ce n’est pas parce que les gens racontent leur vie sur internet que c’est la vérité. Et si tout le monde s’exprime, qui écoute ? À terme, en suivant ce raisonnement, on n’aura plus de journalistes, plus de professeurs et plus d’hommes politiques. Tous les intermédiaires deviennent suspects. Il suffira d’écouter les gens pour connaître la vérité. La démission des journalistes vis-à-vis des réseaux sociaux est accentuée par cette crise. Ils se transforment en passeur de plats…

Le Télégramme : Les chaînes d’info ont pourtant battu tous les records d’audience…

Les responsables de chaînes, qui se gargarisent de leur excellente audience grâce aux gilets jaunes, ont oublié une chose élémentaire : ce n’est pas parce qu’on est voyeur – et nous le sommes tous plus ou moins – qu’on adhère à ce que l’on voit. Si on veut sauver les médias, il faut qu’ils cessent cette course à l’audience et qu’ils arrêtent de valider le fait que toute bêtise dite sur les réseaux est géniale !

Le Télégramme : Peut-on parler de démagogie ?

La démagogie, c’est de croire que la société en directe est possible… Aujourd’hui, on tend le micro à n’importe qui, qui dit n’importe quoi dans la rue. Oui à l’expression à condition de ne pas la confondre avec l’information… Et la colère ne justifie pas que l’on dise n’importe quoi d’une personne élue. Les médias sont capables de tout pour augmenter leur audience. Et pour meubler l’antenne des heures durant, chaque chaîne a sa pléthore de soi-disant spécialistes.

Le Télégramme : Mais vos collègues chercheurs ne sont pas les derniers à y participer…

Ils se « pipolisent ! ». J’estime que l’on doit pouvoir refuser de faire des émissions où l’on se retrouve à quatre ou cinq sur un plateau avec chacun trois minutes de parole. On ne peut rien dire ! … Même des intellectuels chercheurs sont gagnés par la sensation qu’il est important d’être vu à la télé. Oui, à condition d’avoir autre chose à dire qu’un commentaire que le journaliste peut très bien faire…

Le Télégramme : Y a-t-il une distorsion entre médias et réalité ?

L’événement n’est pas l’information. Le journaliste doit prendre du temps pour choisir et réfléchir au sujet qu’il va traiter. C’est ce travail entre l’événement et la production de l’information qui fait la grandeur du métier… Et il ne faut pas perdre de vue que certains acteurs ont bien compris comment faire venir les médias sur un événement peu représentatif… Autre exemple grave : les médias ne couvrent pas l’Europe, au prétexte que cela n’intéresse pas les gens. Ce à quoi il faut répondre : l’information, ce n’est pas la demande mais l’offre, et il n’y a pas de demande parce qu’il n’y a pas d’offre… L’absence d’information régulière, abondante, contradictoire sur l’Europe est grave, parce que c’est la plus grande utopie politique, pacifique et démocratique de l’histoire de l’humanité. Il y a une absence de réflexions des journalistes à l’heure de l’explosion de l’information qui est grave…

Le Télégramme : Journaliste, réseaux sociaux, qui influence qui ?

Les réseaux sociaux n’influencent pas l’opinion. Ils influencent ceux qui les suivent. Même s’il y en a deux millions, il ne faut jamais oublier que nous sommes plus de 60 millions ! La presse écrite est en difficulté, mais je suis persuadé qu’elle va repartir… Nous aurons forcément un point de non-retour, par rapport à cette folie de la vitesse et du direct, un balancier, qui sera favorable à la presse écrite et au papier. La fascination pour les techniques est excessive et on a confondu performance technique et démocratie…

© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/france/dominique-wolton-aujourd-hui-on-tend-le-micro-a-n-importe-qui-15-12-2018-12161988.php#ajWJVRe88gRUwKOs.99

Groupe Le Télégramme : Qui sommes-nous ?
Un groupe local et sans frontières.
Il faut remonter à la fin du XIXe siècle et à sa première parution sous le nom de La Dépêche, pour se rendre compte de l’extraordinaire parcours du Télégramme. Hier quotidien local, il est aujourd’hui un groupe international et toujours indépendant. Réactif et innovant, le Groupe Télégramme progresse sur tous les horizons de la communication : multimédia (presse, télévision, internet), services aux entreprises et événementiel.


Diesel contre essence : démêler le vrai du faux

10 décembre 2018

Pendant des décennies, la France a favorisé les motorisations diesel en réduisant les taxes qu’elles supportaient par rapport aux autres carburants ; ce qui a encouragé les consommateurs à rouler en véhicules diesel. Cette différence est enfin en voie d’être gommée ces dernières années en raison de l’augmentation progressive des taxes sur le gazole.

Ce qui le ramène aujourd’hui son prix au niveau de celui des autres carburants. Cette évolution n’a rien d’anormal en soi, sachant que le gazole reste un véritable fléau en matière de santé publique, notamment du fait des véhicules anciens qui rejettent d’importantes de particules fines. Ces polluants très nocifs pour la santé sont à l’origine de près de 48 000 morts par an en France.

Les nouveaux moteurs diesel et essence

Depuis maintenant plus de 12 ans, à l’initiative du groupe PSA qui a été le pionnier en matière de filtre à particules (celui-ci élimine une grande partie des particules liées à la combustion du gazole), les véhicules diesels récents sont devenus beaucoup moins nocifs pour la santé, même si des particules les plus fines passent au travers. La généralisation du filtre à particule, qui a été rendu obligatoire pour les véhicules diesels dès 2009, a largement contribué à réduire la nocivité des véhicules diesel récents.

La polémique sur le diesel a pris de l’ampleur avec l’affaire du « dieselgate » en 2015. Il a ainsi été établi que nombre de constructeurs avaient mis en place des logiciels destinés à minimiser l’importance des rejets de polluants, notamment les grands constructeurs allemands dont les gros véhicules sont équipés de motorisations diesel. Ce qui a très largement participé à la campagne contre les véhicules diesels en Europe et à travers le monde. La perte de confiance des consommateurs a fait le reste.

Peu à peu, un nombre de plus en plus important d’automobilistes, aidés par l’augmentation des taxes sur le gazole, se sont progressivement tournés vers d’autres motorisations et notamment l’essence à injection directe. A tel point qu’à fin 2018, en France, les ventes de véhicules diesel ont chuté à environ 35% de part de marché contre plus de 70% il y a encore quelques années.

Face à la rapidité de ces changements de consommation, c’est l’ensemble de l’industrie automobile européenne et leurs sous-traitants qui sont aujourd’hui dans l’œil du cyclone et doivent se reconvertir au pas de charge, sous peine de disparaître. Qui aurait pu croire à une si rapide chute des motorisations diesel il y a encore 5 ans ?

L’agglomération de Rodez, qui accueille depuis 50 ans la plus importante unité de production française de Robert Bosch GmbH, spécialisée dans les systèmes d’injection diésel, doit aujourd’hui envisager sa nécessaire reconversion pour faire face à la chute des commandes.

Le « dieselgate » a accentué ces brusques changements et constitue un important défi à relever pour ces entreprises avec des dizaines de milliers d’emplois à la clef.

Les moteurs diesel récents pollueraient sensiblement moins que les moteurs essence à injection directe

Les inconvénients des motorisations diesels concernent principalement les véhicules anciens, de plus d’une douzaine d’année, qui ne disposent pas de filtre à particules. Le principe de précaution aurait voulu que l’on élimine progressivement ces véhicules très nocifs pour la santé et qui ont pour défaut d’avoir une durée de vie très longue. Afin d’accélérer la fin de vie de ces véhicules, le gouvernement propose des primes non négligeables pour la reprise de ces véhicules moyennant l’achat d’un petit véhicule peu polluant. Un premier pas salutaire mais un peu tardif sur un plan de la santé publique.

Aujourd’hui c’est l’ensemble de la filière diesel qui est pénalisée. Pourtant, les diesels sortis ces dernières années des chaînes de fabrication et notamment depuis 2009, sont nettement moins polluants que les anciens diesels en ce qui concerne le rejet de particules fines, avec la mise en œuvre des normes Euro 5 et aujourd’hui Euro 6. Ils émettent en effet beaucoup moins de particules, même s’il subsiste quelques-unes des plus fines et dangereuses, que la plupart des véhicules essence actuels, équipés de systèmes à injection directe (IDE).

Par ailleurs, pour être équitable, il est rappelé que tout véhicule terrestre, quelle que soit sa motorisation, émet nécessairement des particules autres que celles liées à l’échappement. C’est le cas des systèmes de freinage (abrasion des freins) et des pneumatiques lors du contact avec la chaussée, y compris les véhicules équipés de moteurs non thermiques.

Non seulement les véhicules diesels les plus récents (de moins de 10 ans) semblent avoir une empreinte polluante généralement moindre que les véhicules à essence à injection directe (IDE), mais depuis toujours, ils ont l’avantage d’émettre nettement moins de CO2 (15% à 20% de moins).

Est-ce qui explique que pour la première en 2017, les émissions moyennes de CO2 des véhicules neufs en France ont augmenté sensiblement ?

Le diesel bashing n’a en rien fait diminuer les émissions de CO2, ni aidé à préparer la transition écologique

Si le diesel bashing a largement modifié les habitudes des consommateurs, pour autant, il est bien difficile d’en mesurer les effets bénéfiques en matière de santé et d’émission de CO2.

Comment ne pas s’interroger sur la gouvernance de ces 10 dernières années, tant au niveau des pouvoirs-publics que des industriels de l’automobile européenne qui se sont avérés incapables de défendre leur industrie la plus importante et performante en termes d’emplois et de commerce international, alors même que l’on sait aujourd’hui que les moteurs diesel récents ne sont pas pire que les moteurs essence (IDE).

En attendant des avancées sur l’hybride et surtout l’électrique et l’hydrogène qui ne seront pas compétitifs avant un bon moment, pourquoi ne pas avoir soutenu durant une période transitoire les avancées sur les nouveaux diesels, moins émetteurs de CO2 mais aussi de rejets nocifs pour la santé que les nouveaux véhicules essence de type IDE ?

Paradoxe de cette affaire, après avoir investi massivement dans les moteurs diesel beaucoup moins polluants, en pure perte ou presque, les constructeurs automobiles sont aujourd’hui dans l’obligation de se lancer dans de lourds investissements dans les énergies du futur certes, mais aussi dans des moteurs essence émetteurs de davantage de CO2 que le diesel, les plus vendus actuellement.

A croire que le diesel bashing, né du truquage des normes anti-pollution des véhicules diesel par les grands noms de l’industrie automobile allemande, les a déstabilisés et convaincus de l’inutilité de ce combat ! Après les importantes pertes de ces dernières années par certains constructeurs automobiles, la priorité première semble être au rétablissement des marges, fortement mises à mal par cette affaire.

Les moteurs électriques ou à hydrogène seront-ils le nouvel eldorado promis en matière d’émission de pollution et de préservation de la planète ? On est en droit de s’interroger…

En attendant, l’urgence serait de retirer de la circulation les quelques 7 millions de véhicules diesel de plus de 10 ans, non équipés de filtres à particule qui vont polluer énormément durant des décennies encore. Dans ce domaine, le manque de courage face aux automobilistes pollueurs empêche toute évolution rapide. Pendant ce temps, des dizaines de milliers de français vont mourir annuellement dans les agglomérations, du seul fait de la pollution automobile. Mais cela, tout le monde s’en moque ! Les morts ne parlent pas encore…

Triste constat pour les européens et au final pour notre planète, qui voit ainsi les émissions de CO2 repartir à la hausse et celles de particules fines et autres NO2 se stabiliser à un niveau élevé, au détriment de la persistance d’un taux élevé de mortalité.

Plus d’information :

Diesel ou essence, le plus gros pollueur n’est pas forcément celui que vous croyez (Slate.fr)
Le vrai du faux sur la pollution des voitures diesel (Le Monde)