Union Européenne : La double victoire d’Emmanuel Macron

8 juillet 2019

Au vu des relations délicates du couple franco-allemand ces derniers temps et les difficultés à avancer sur le terrain européen en dépit de ses propositions, beaucoup pensaient que s’en était fini des ambitions européennes du président Emmanuel Macron. C’était bien mal le connaître, lui qui n’est pas du genre à renoncer face aux difficultés.

En France, quoi qu’en pensent certains, le président a été le véritable vainqueur des élections européennes

Bien qu’arrivée légèrement derrière la liste du RN aux dernières élections au Parlement européen, la liste « Renaissance » portée par LREM, a recueilli 22.41% des voix pour une participation en hausse à plus de 50%. Un score pour le moins inattendu alors même que la tête de liste Nathalie Loiseau n’a pas su incarner cette Europe voulue par le président de la République. Dans un contexte national pour le moins difficile pour le pouvoir en place, avec des intentions de vote au plus bas, la liste LREM a réalisé une véritable prouesse que personne n’attendait, même pas le président qui redoutait le pire.

Non seulement la liste « Renaissance » fait jeu égal avec le RN qui réalise en score en baisse par rapport à la précédente élection européenne, mais les grands partis de gouvernements PS et Les Républicains en sortent marginalisés avec moins de 10% des voix.

Cerise sur le gâteau, LREM envoie au Parlement européen un gros bataillon de députés qui viennent renforcer le nouveau parti centriste-libéral Renew Europe (ex. libéraux-Alde) qui progresse ainsi très sensiblement au Parlement européen, tout comme les écologistes, contrairement aux deux grands groupes qui dominaient le parlement depuis sa création : le PPE (droite) et Alliance Progressiste des socialistes et démocrates (gauche socialiste) qui subissent une forte baisse de leurs effectifs et perdent la majorité du Parlement.

Alors qu’à la veille des élections, l’exécutif montrait quelques inquiétudes sur l’issue du scrutin, les résultats de ces élections européennes ont constitué pour Emmanuel Macron, le pro-européen, un véritable succès.

Fort de ce résultat national et de son engagement en faveur du projet européen, ces dernières semaines, Emmanuel Macron s’est démené pour faire bouger les lignes de l’Union européenne, en s’opposant fermement à la candidature à la tête de la Commission de l’allemand Manfred Weber, désigné par le groupe PPE (principal groupe du Parlement) pour succéder à Jean-Claude Juncker. Pour le président français, derrière le manque d’expérience et d’envergure pour le poste, cette candidature issue des partis politiques, avait l’inconvénient majeur de reconduire un système de désignation qui a conduit l’Union européenne dans l’impasse depuis sa création.

Le président français à la manœuvre pour la nomination des dirigeants de l’UE

Face aux attentes de l’électorat européen, il n’était pas envisageable d’entériner une candidature imposée par le parti dominant qui ne collait pas avec la volonté de renouveau exprimée. Du coup, c’est tout le système des « spitzenkandidats » mis en place par les groupes politiques du Parlement européen qui est définitivement mort, et personne ne s’en plaindra. Bravo pour la ténacité du président Macron.

La désignation des principaux dirigeants de l’UE incombe d’abord aux chefs d’Etat et de gouvernement qui doivent s’entendre sur les personnalités les plus aptes à porter les politiques voulues par eux et celle-ci doit d’abord se faire en fonction des compétences, de l’expérience et du savoir-faire des candidats, et non de leur appartenance politique. Pourquoi se priver de candidats de valeur au seul motif qu’ils ne font pas partie du groupe politique dominant ? Tout cela était absurde et pénalisait le développement de l’UE. Il fallait en sortir d’une manière ou d’une autre.

Non seulement Emmanuel Macron a définitivement tué les « spitzenkandidats », mais il a aussi réussi à imposer la parité entre hommes et femmes au sein des organes exécutifs de l’Union européenne ; ce qui n’était pas gagné d’avance, d’autant plus que cela rendait les nominations encore plus complexes. En effet, il fallait trouver le président de la Commission, le président du Conseil, le Haut Représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et le président de la BCE, soit deux femmes et deux hommes ! Un vrai casse-tête !

D’où le coup de gueule d’Emmanuel Macron à l’encontre des dirigeants européens, incapables de prendre une décision et qui donnent une image déplorable à l’extérieur. Voilà qui promettait un Conseil européen du 2 juillet 2019 pour le moins compliqué et tendu. Finalement, après quelques jours d’âpres négociations entre les dirigeants européens, le Conseil européen a finalement abouti à un résultat inespéré.

Il fallait aussi respecter des règles de répartition politique, de géographie, de parité et de compétence ; sachant qu’il était important que l’Allemagne ne perde pas la face, elle qui briguait la présidence de la Commission et dont le postulant avait été rejeté par les dirigeants européens. C’est là qu’interviennent une fois encore les qualités de négociation du président français. Rappelons que pour des raisons de politique intérieure propres à la CDU/CSU d’Angela Merkel, l’Allemagne exigeait la présidence de la Commission, voire la présidence de la BCE.

Raison pour laquelle il fallait trouver un candidat allemand pour sortir de l’impasse. Et là surprise, Emmanuel Macron a proposé la candidature de la ministre de la Défense allemande, Ursula von der Leyen, une pro-européenne proche d’Angela Merkel qui avait il y a quelques années, brigué la présidence de l’Allemagne.

Au final, le président Macron a gagné sur toute la ligne en imposant des candidats de consensus, proches de sa vision européenne et aptes à assumer un changement de cap

Après son coup de gueule fort à propos, Emmanuel Macron, a permis de sortir les européens de l’impasse et de trouver un consensus pour désigner les prochains dirigeants de l’Union européenne :

La durée de la mandature est de 5 ans, renouvelable une fois, sauf pour la présidence de la BCE où elle est de 8 ans non renouvelable. Ces candidatures, validées par le Conseil européen, seront prochainement soumises au vote du Parlement européen. De son côté, ce dernier a élu pour président David Sassoli, du parti démocrate italien. Voilà qui promet des débats animés avec ses compatriotes de la Ligue de Salvini.

Avec ce renouvellement important des dirigeants de l’Union européenne, globalement pro-européens et pour la plupart en phase avec les convictions européennes d’Emmanuel Macron, nul doute que l’UE va enfin prendre un nouveau virage, plus démocratique, plus efficace et plus proche des citoyens ; et ce dès leur entrée en fonction en fin d’année 2019.

Dans ce contexte très tendu de négociation, l’intelligence du président français aura permis d’éviter le pire et de sortir de cette mini-crise par le haut. Plutôt que de tenter d’imposer la candidature du français Michel Barnier, probablement le meilleur candidat pour la présidence de la Commission (ce qui aurait été très mal perçu par l’Allemagne), il a préféré sacrifier ce dernier en proposant l’allemande Ursula von der Leyen, une personnalité des plus qualifiées à la personnalité affirmée, afin de parvenir à un consensus satisfaisant pour toutes les parties.

Le nouveau dispositif européen est très prometteur. Reste maintenant à transformer les promesses en réalités fortes.

Bravo Emmanuel Macron. L’Union européenne est sortie gagnante de cette épreuve et devrait pouvoir partir de l’avant dés l’an prochain car point d’avenir pour les pays européens en dehors de l’UE. Une double victoire du président Emmanuel Macron qui ne va pas manquer de le relancer pour la fin de son mandat avec toujours plus de réformes pour adapter notre pays au monde d’aujourd’hui.

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France : Les élections européennes confortent le président Emmanuel Macron à poursuivre les réformes

1 juin 2019

Une fois n’est pas coutume, les sondages se sont sensiblement trompés à l’occasion de ce scrutin européen de 2019. Probablement que les électeurs quelque peu irrités d’entendre que pour les médias, les jeux étaient faits d’avance, ont voulu montrer qu’eux seuls détenaient les clefs du scrutin comme en atteste l’un des meilleurs taux de participation à ce type d’élection. Au final, celui-ci s’est établi à 50.12% contre 42.43% en 2014.

En France, les résultats confirment la place centrale de LREM dans l’échiquier politique acquise en 2017

L’attention des médias s’est surtout portée sur le duel entre les listes conduites par Nathalie Loiseau (LREM, Modem, Agir) et Jordan Bardella (Rassemblement national). Cette polarisation a eu tendance à éclipser le sujet de fond qui était pourtant l’avenir de l’Union européenne.

Même si la liste pro-européenne de Nathalie Loiseau n’a pu arriver en tête du scrutin (rappelons que le FN était déjà arrivé très largement en tête en 2014), sa liste a bien limité les dégâts en terminant à 22.41%, à moins de 0.9% de la liste menée par l’extrême-droite. Ce qui est en soit une performance fort honorable au regard de la crise profonde à laquelle a dû faire face le gouvernement d’Edouard Philippe ces 6 derniers mois.

Au final, LREM enverra 23 députés au Parlement, soit exactement le même nombre que le RN. Ceci est d’autant plus satisfaisant, qu’en règle générale, les formations soutenues par les gouvernements en place lors des élections européennes ne réalisent pas de très bons scores, comme ce fût le cas en 2014 où le PS n’avait réalisé qu’un piètre 13.61%.

Nul doute que beaucoup de responsables de la majorité gouvernementale auraient signé pour un tel résultat en fin d’année 2018. Malgré le mécontentement de certains français face aux réformes engagées par le gouvernement depuis 2017, le score réalisé par le parti présidentiel apparaît inespéré. Un vrai miracle !

Manifestement, nombre de français ont entendu le président de la République Emmanuel Macron et se sont mobilisés pour lui apporter leur soutien pour les réformes en cours et à venir. De ce point de vue, ce score de 22.41% réalisé par le parti du président (proche du score du 1er tour de la présidentielle de 2017) constitue un véritable succès pour le président.

Ce score conforte aussi le président au plan européen qui se trouve ainsi en capacité d’impulser de réels changements au niveau de la gouvernance européenne. Au final, il s’agit clairement d’un message d’encouragement des français au président Macron dans sa volonté de réformer le pays. N’en déplaise à certains, ce résultat constitue un atout pour le président pour le suite de son mandat.

Aprés les bons résultats de LREM dans les grandes villes au détriment des grands partis traditionnels et l’afaiblissement de la plupart des ténors socialistes et républicains,  nul doute que les discussions sur les listes pour les élections municipales vont tourner à l’avantage de la majorité présidentielle.

Pour la 1ère fois, les partis traditionnels PS et Les Républicains passent nettement sous la barre des 10%

Si la majorité gouvernementale ressort finalement confortée de ces élections qui s’annonçaient pourtant extrêmement difficiles, c’est au détriment des grands partis traditionnels que sont le PS, les Républicains et leurs alliés. En effet, pour la première fois depuis leur création, ces formations politiques passent sous la barre de 10% et représentent moins de 15% à elles deux. Un véritable raz-de-marée politique au plan national.

Les français ont décidé de renvoyer dos à dos, et à leurs chères études, ces mêmes partis qui ont gouverné sans partage le pays depuis l’après-guerre et qui sont aujourd’hui pleinement responsables des problèmes actuels pour ne pas avoir su le moderniser et l’adapter à ce monde qui change. Ils sont d’ailleurs incapables de se réformer eux-mêmes pour conserver leurs électeurs qui ont massivement déserté leurs rangs.

A les entendre, les résultats calaminteux actuels seraient tout simplement imputable au parti majoritaire qui aurait organisé une campagne fondée sur un duopole avec le RN en vue de les marginaliser. Tous les moyens sont bons pour tenter de minimiser ses propres responsabilités dans ces échecs succéssifs pourtant prévisibles.

C’est prendre les français pour ce qu’ils ne sont pas. Ils n’ont pas oublié leurs lourds échecs dans la conduite du pays par le passé et tout simplement décidé de les abandonner à leur sort, en soutenant activement, la seule formation politique aujourd’hui crédible et à même de sortir le pays de l’impasse où elle a été conduite. En 2019, le PS a réalisé un score de 6.19% et Les Républicains de 8.48%, contre respectivement 13.61% et 20.81% en 2018. Des résultats sans appel ! De son côté, la France Insoumise (Extrême-gauche) est restée à 6.31%, bien en deçà de ses attentes et de son score de 2017.

Le très mauvais résultat des Républicains contredit d’ailleurs les sondages lui prédisaient jusqu’à 14%. Il s’agit du plus mauvais résultat jamais enregistré par ce parti qui ne représente aujourd’hui plus qu’une frange la plus intégriste du mouvement, à des années lumières de l’attente des électeurs de la droite modérée française qui se sont, de fait, trouvés exclue du mouvement. Par-delà la tête de liste de François-Xavier Bellamy, c’est la stratégie suivie par Laurent Wauquiez, le président des Républicains depuis 2017 qui est en cause. Pas sûr que le parti s’en remette !

Le sursaut de participation des électeurs a joué en faveur de la liste de Nathalie Loiseau, soutenue par Emmanuel Macron et mais aussi des écologistes (Europe Ecologie) qui ont réalisé l’un de leur meilleur résultat avec 13.47%. Le message des électeurs ne pouvait être plus clair ! Place aux modérés pour s’attaquer aux maux réels de notre pays.

L’extrême-droite nationaliste est contenue, avec un score légèrement inférieur à celui de 2014

La liste conduite par Jordan Bardella (Rassemblement national) a recueilli 23.31% des voix contre 24.86% lors de l’élection européenne de 2014, soit une baisse de 1.55%.

Contrairement à ce qu’affirme Mme Le Pen, ce résultat est loin d’être aussi brillant qu’elle le prétend. UI plus est, pour un parti qui voulait affaiblir le président Macron et son gouvernement, c’est un véritable échec une fois encore. Rappelons qu’en 2014, son parti était arrivé beaucoup plus largement en tête que l’UMP alors arrivée 2ème avec 20.81% et le PS (parti du président Hollande) 3ème avec 13.98% des voix. Il n’y a donc pas de quoi pavoiser.

D’ailleurs, à l’issue de ce dernier scrutin européen, le RN pourrait perdre un député par rapport à l’assemblée précédente.

Non seulement le RN connaît une baisse sensible par rapport à 2014, mais les électeurs ont clairement marqué leur choix en faveur de la poursuite de la politique engagée par le président Macron, tant au plan national qu’européen où il s’oppose fermement à la montée des formations d’extrême-droite qui voudraient imposer leur loi à l’Europe.

A y regarder de près, ces résultats sont plutôt un échec pour le RN et marquent un frein à son expansion ; et ce malgré un mécontentement de certains français à l’encontre du gouvernement.

Comme quoi, le RN doit aussi arrêter de prendre les français pour des imbéciles. Ils ne sont pas dupes du jeu : l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir conduirait irrémédiablement à l’anéantissement de notre pays en très peu de temps. Et cela, ils n’en veulent pas et préfèrent donner ses chances à Emmanuel Macron.

Vers l’émergence d’une nouvelles Union européenne autour des libéraux-démocrates et des Ecologistes ?

Cette dernière élection européenne de 2019, en dépit de la progression des formations d’extrême-droite, nationalistes et anti-européennes, ne changera pas fondamentalement la composition du Parlement européen. La vague a été largement contenue.

Sur 751 députés européens, les formations d’extrême-droite n’ont que modérément progressé avec 117 députés, auxquels il faut ajouter 56 nationalistes et souverainistes. Qui plus est, ils sont répartis sur 3 groupes parlementaires avec de profondes divergences entre eux. A l’inverse, les formations pro-européennes recueillent 503 députés (180 PPE, 145 S&D, 109 ADLE et 69 Verts).

Les deux grands partis qui ont dominé le Parlement depuis l’origine avec une majorité absolue, le PPE (Parti populaire européen) et le S&D (Socialistes & démocrates) ont perdu chacun une quarantaine de députés dans cette dernière élection et ne représentent plus que 325 députés, soit nettement moins que la majorité de 376 députés.

Le règne sans partage de ces deux partis qui se partageaient régulièrement la présidence du Parlement risque fort de prendre fin en raison des nouvelles alliances nécessaires qui exigeront un compromis.

En effet, les deux partis les plus européens ont fortement progressé : ADLE (Libéraux et Démocrates) et les Verts. Ils entendent d’ailleurs unir leurs forces pour faire bouger le Parlement et les institutions européennes pour plus de démocratie et répondre à l’attente des citoyens européens.

Du coup, la présidence de la Commission européenne pourrait échapper au PPE et à son représentant désigné Manfred Weber, soutenu par Angela Merkel er profiter à un membre plus consensuel tel Michel Barnier, Frans Timmermans, ou plus probablement la danoise Margrethe Vestager, actuelle commissaire à la concurrence qui a fait ses preuves. Et puis, ne serait-il pas temps qu’une femme soit enfin désigéne à la tête de la Commission ?

Une grande alliance entre les pro-européens du PPE, des sociaux-démocrates, des libéraux-démocrates et des Verts pourrait permettre la mise en œuvre des grands changements attendus par les européens, avec une priorité à l’écologie et à la lutte contre le changement climatique.

Nul doute que l’européen Emmanuel Macron aura à cœur à profiter de l’arrivée des 23 députés LREM au Parlement européen pour tenter d’impulser de réels changements dans la gouvernance de l’Union européenne. Les tractations ont commencé.

Verdict des chefs d’Etat et de gouvernements dans quelques semaines lors du Conseil européen des 20-21 juin. Le Parlement européen aura le dernier mot et devra entériner ce choix à la majorité mi-juillet.


Les forces d’extrême-droite veulent utiliser les élections européennes pour déstabiliser l’UE, avec le soutien de puissances et personnalités étrangères

23 mai 2019

Les élections au Parlement européen du 26 mai sont l’occasion pour les partis d’extrême-droite européen de renforcer leur alliance, en dépit de divergences parfois importantes.

La montée d’un nationalisme forcené au cœur même des pays européens n’est pas sans rappeler les périodes les plus sombres de l’histoire récente de l’Europe. Alors que ces formations politiques souvent récentes se fondent principalement sur le nationalisme, le populisme et le rejet de toute forme d’immigration, voilà que ces partis d’extrême-droite européenne (Italie, France, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, …) ont scellé une alliance européenne au grand jour pour tenter de peser le plus possible sur ce scrutin et envoyer le plus grand nombre d’élus au Parlement. A défaut d’avoir une majorité qu’ils ne sont pas prêts d’obtenir (au pire 150 députés sur 750), ils entendent former une alliance dont l’objectif premier est de bloquer toute avancée de l’Europe.

Si l’on ne peut que regretter la lourdeur, la lenteur et la lourdeur de son fonctionnement, il faut bien reconnaître que sur de nombreux sujets parmi les plus importants, l’Union européenne, même si c’est imparfaitement, a réalisé d’importantes réformes et adopté nombre de réglementations sanitaires, sociales et individuelles qui sont venues protéger considérablement les citoyens européens. L’Union européenne et la monnaie unique ont permis le développement d’un important marché intérieur relativement protégé qui a favorisé le développement et la prospérité de nombreuses entreprises.

Sur un plan économique, l’harmonisation progressive des politiques économiques, budgétaires, fiscales et sociales a contribué à renforcer le marché intérieur et à le protéger des effets les plus néfastes de la mondialisation. Au jour d’aujourd’hui, sans l’Union européenne, la quasi-totalité des pays qui la composent, à l’exception peut-être de l’Allemagne, auraient été confrontés à de graves difficultés en raison de leur poids modeste à l’échelle mondiale. Force est de reconnaître que l’Union européenne permet aux pays qui la composent d’exister et surtout, de peser avec ses 500 millions d’habitants et le plus gros PIB mondial. C’est notamment le cas en ce qui concerne les négociations sur le commerce mondial où les négociations se font avec les Etats-Unis, mais surtout la Chine et demain l’Inde. Que pèse un pays comme la France ?

Sans l’Union européenne, nos pays se seraient trouvés un peu plus isolés et fragilisés, sauf à rentrer dans le giron des « grands » et devenir de simples croupions. L’Union européenne fait aujourd’hui partie des grands ensembles économiques qui comptent, qui peuvent se faire respecter et même imposer leurs règles comme pour le RGPD (protection des données personnelles face aux géants de l’Internet et même taxer fiscalement les grandes multinationales telles les GAFAM sur les bénéfices réalisés en Europe. De nombreux projets relatifs aux technologies de demain sont en cours et devraient permettre à l’UE d’accentuer son développement en profitant mieux de son marché intérieur.

En réalité, l’Union européenne jouît aujourd’hui d’une situation enviable au niveau mondial et reste un acteur incontournable. C’est probablement pour ces raisons que notre traditionnel allié les USA, mais aussi la Chine ou même la Russie qui pèsent sur un plan politique et militaire, font tout pour fragiliser l’UE. Depuis une petite décennie et plus assurément ces dernières années avec Trump, Xi Jinping ou Poutine, on assiste à une véritable guerre engagée contre l’Europe. Cette dernière empêche en effet les « grands » de se partager et régner sur le monde. Et cela, ils ne le supportent pas et ne manquent pas une occasion de s’attaquer à elle pour tenter de l’affaiblir.

N’en déplaise à certains, l’Union européenne fait des envieux de par le monde et devraient à l’avenir, prendre une place de plus en plus importante dès lors qu’elle aura une politique étrangère et une défense commune.

Ces dernières années, il est de notoriété publique que la Russie, les Etats-Unis et même la Chine, déploient beaucoup de moyens pour affaiblir et faire éclater l’Union européenne. Même s’ils ont pesé y compris par des moyens pas toujours légaux pour encourager le Brexit qui, de toute façon, sera demain un échec pour le Royaume-Uni, les forces anti-européennes ne renoncent pas et mettent en œuvre tous les moyens possibles pour parvenir à leur fin. La Russie de Poutine soutient ouvertement nombre de partis européens d’extrême-droite et va jusqu’à les financer pour tenter de fragiliser l’UE, à défaut de pouvoir la faire éclater, avec la complicité de médias russes.

A la veille des élections européennes, même le sulfureux homme d’affaires Steve Bannon, chargé de la campagne présidentielle de Trump et spécialiste des fake-news, qui n’a pas hésité à détourner les données Facebook pour manipuler certains électeurs (cf le scandale Cambridge Analytica) et a apporter un soutien actif aux partisans du Brexit au Royaume-Uni, est revenu en France pour soutenir ses amis européens d’extrême-droite et notamment Mme Le Pen.

Point besoin d’être un spécialiste de la vie politique pour comprendre que sous de faux prétextes, l’alliance des formations populistes et nationalistes en vue des élections européennes relève d’une manipulation  parfaitement organisée. Elle n’a d’autre but non avoué que d’affaiblir les institutions de l’Union européenne au profit de puissances étrangères.

Dans ces conditions, comment de présumés nationalistes et autres souverainistes osent-ils faire campagne contre les intérêts de leurs pays et plus généralement de l’Europe en étant en partie financés et soutenus par des pays étrangers ? Comment peut-on voter pour des formations dont le but premier n’est autre que de créer le chaos dans les pays européens afin d’en récupérer le pouvoir un jour plutôt que de défendre les intérêts des citoyens européens ?

Certes les institutions européennes ne sont pas exemptes de reproches et n’ont pas toujours été exemplaires dans leur fonctionnement. Il appartient aux Etats qui la composent de reprendre les choses en main et d’engager les réformes nécessaires pour que l’Europe se rapproche davantage de ses citoyens et soit plus à son écoute. Encore faut-il en finir avec les votes à l’unanimité pour revenir à la majorité qualifiée et cela, les nationalistes et populistes n’en veulent pas !

Les élections du 26 mai prochain n’ont de sens que si les citoyens votent le plus largement possible sur les sujets qui relèvent de l’Europe et non sur des considérations qui n’ont rien à voir ou qui visent, ni plus, ni moins à sa désagrégation. Le 26 mai doit marquer une date fondatrice pour l’Union européenne ; celle de sa renaissance.

L’Europe doit se remettre en marche pour franchir une nouvelle étape et peser dans les négociations internationales. Votons pour défendre l’Union européenne et nos propres intérêts.

 


France : Si certains élus locaux veulent remettre en cause les 80 km/h, ils devront en assumer les responsabilités

19 mai 2019

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a récemment déclaré que sa position n’était pas figée en ce qui concerne la limitation de vitesse à 80 km/h, mesure qu’il avait pourtant instaurée voici près d’un an. La généralisation de la vitesse à 80 km/h sur tous les axes routiers à voie unique de circulation, sans séparateur central, entrée en vigueur au 1er juillet 2018, avait pourtant un objectif de santé publique majeur : faire baisser de manière significative les nombre de victimes d’accidents de la route qui est en France à un niveau très élevé et qui avait repris son mouvement de hausse ces dernières années.

L’ensemble des associations qui oeuvre dans le domaine de la sécurité routière et de la défense des victimes de la route conteste cet assouplissement, estimant qu’il faut au moins aller au bout de l’expérimentation de la mesure au cours des 2 ans prévus afin d’en mesurer l’efficacité dans la durée.

Face à l’hostilité de certains élus locaux aux 80 km/h, le gouvernement devrait proposer un texte qui fera appel à la responsabilité des départements en matière de sécurité routière

Alors, reculade face aux élus locaux ? Le Premier ministre se veut pourtant rassurant : « Mes convictions ne changent pas sur ce sujet comme sur d’autres, au gré de la situation politique. Je suis attaché à tout ce qui peut garantir le plus haut niveau de sécurité routière. En 2018, nous avons sauvé des vies et j’en suis fier. Nous avons obtenu les meilleurs résultats de l’histoire de la sécurité routière mais cela représente encore plus de 3 200 morts… »

Dans le cadre du projet de loi d’orientation sur les mobilités en discussion au Parlement, le Sénat dont la majorité politique est à droite, a proposé que les présidents de conseils départementaux puissent revenir sur la limitation de vitesse à 80 km/h. Nul doute de la majorité de l’Assemblée nationale ne sera pas du même avis car la loi ne peut faire abstraction de la nécessaire prise en compte des impératifs de sécurité routière que les sénateurs semblent ignorer pour satisfaire leurs électeurs inconditionnels de l’automobile.

Les élus ruraux de droite, à l’instar de Vincent Descoeur, sénateur Les Républicains du Cantal, ont usé des arguments les plus grotesques pour tenter de justifier l’injustifiable (la suppression de la limitation de vitesse à 80 km/h), allant jusqu’à affirmer que l’application des 80 km/h allait, non plus, ni moins, anéantir l’économie locale et par là même le développement des territoires ruraux ! Des affirmations totalement infondées et ridicules qui ont dû faire sourire hors de nos frontières. Ces allégations fantaisistes, pas très éloignées des gilets jaunes, qui ne font guère honneur aux élus concernés !

Le devenir des 80 km/h dépend avant tout de l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot dans ce débat. A l’occasion de l’examen de ce projet de loi d’orientation sur les mobilités, le groupe LREM a en effet adopté un amendement qui détricote celui proposé par les sénateurs visant à rétablir le 90 km/h.

Selon cet amendement, les routes relevant de l’Etat non équipées d’un séparateur de voies resteraient limitées à 80 km/h. Rien de plus normal puisqu’il est scientifiquement démontré que la mesure sauve des vies humaines. Concernant les routes relevant des départements, le texte pourrait prévoir qu’il « convient uniquement au président du département d’assumer une politique moins ambitieuse qu’au niveau national en matière de sécurité routière… ». A eux de prendre leurs responsabilités en matière de sécurité routière.

Ainsi, si certains élus locaux veulent rétablir la vitesse à 90 km/h, qu’ils le fassent à leurs risques et périls et en assument toutes les conséquences. Pourquoi l’Etat devrait-il supporter les conséquences désastreuses prises par certains élus locaux en matière de sécurité routière ? Ainsi, il sera dorénavant possible d’imputer une augmentation de la mortalité routière et plus généralement de l’accidentologie aux collectivités qui auront fait le choix d’augmenter la vitesse contre l’avis de l’Etat.

Préserver la vie et la sécurité de tout un chacun sur nos routes doit rester la priorité de tout élu responsable

Rappelons à ces quelques élus locaux que la France reste le pays européen qui a le plus fort taux d’accidents de la route et de mortalité ; loin devant les principaux pays et que ces accidents surviennent principalement sur le réseau secondaire dont ils ont la charge. En matière de sécurité routière, il appartient à l’Etat et aux collectivités territoriales concernées de tout mettre en œuvre pour réduire ce fléau qui endeuille régulièrement de nombreuses familles, sans oublier les nombreux handicapés à vie.

Dans ce contexte, comment ne pas s’interroger sur l’attitude de certains présidents de Conseil départementaux qui, alors même que la loi d’orientation sur les mobilités n’a pas été adoptée, se réjouissent déjà d’une possible liberté laissée aux départements de moduler la vitesse.

Ainsi en Aveyron, Jean-François Galliard, président du Conseil départemental, dans une récente interview au journal Centre-Presse Aveyron, s’est dit favorable à un retour aux 90 km/h : « Je suis ravi qu’on nous confie le bébé. Depuis le début, j’ai toujours dit qu’on était l’autorité la plus compétente… » Et d’ajouter : « On a tous envie de rouler plus vite… J’ai toujours fait confiance au civisme au civisme et à la responsabilité de nos concitoyens. Et je ne suis pas certain qu’augmenter, de nouveau, la vitesse autorisée causera plus d’accidents. Ou du moins, il faudra nous expliquer que s’il y a un accident, c’est à cause de ce retour aux 90 km/h. Quoi qu’il en soit, j’assumerai mes choix… »

Voilà qui en dit long sur la méconnaissance des problèmes de sécurité routière.

Sans être un expert en matière de sécurité routière, chacun sait pourtant que plus la vitesse est élevée, plus le risque d’accident grave est important. Pour ce qui est d’affirmer : « on a tous envie de rouler plus vite », cela relève d’une totale irresponsabilité. Comment un élu de la République peut-il se laisser aller à une telle affirmation qui ne peut qu’encourager certains automobilistes à s’affranchir des limitations de vitesse et à détruire les radars ?

Certains élus seraient-ils au-dessus des lois s’agissant des limitations de vitesse dont le seul but, rappelons-le,  n’est autre que d’inciter les automobilistes à la prudence afin d’épargner des milliers de vies innocentes perdues annuellement par la faute quelques personnes irresponsables ? Hélas, l’incivisme de quelques automobilistes est une réalité en France ; pour preuve, la destruction massive de nombreux radars destinés à inciter les automobilistes au respect de la vitesse autorisée. Ce n’est donc pas en libérant la vitesse que les victimes d’accidents de la route vont baisser !

Quelles que soient les termes de la loi qui sera adoptée sur les mobilités fin juin, il serait souhaitable qu’à l’avenir, le suivi de l’accidentologie routière distingue dorénavant les accidents survenus sur le réseau d’Etat de ceux des réseaux départementaux qui sont les plus accidentogènes, avec les évolutions par année.

Face au drame des accidents de la route qui touche de très nombreuses familles, dont de nombreux jaunes, les élus départementaux qui rétabliront le 90 km/h devront prendre leurs responsabilités et les assumer entièrement. Ce qu’ils n’ont généralement pas fait jusqu’à maintenant en se reposant sur la responsabilité de l’Etat.

Nous verrons bien si beaucoup de départements osent revenir en arrière pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la sécurité routière.


L’élection du nouveau Parlement européen doit constituer une étape majeure du renouveau de l’Union européenne

12 mai 2019

Les pays de l’Union européenne sont appelés à voter le 26 mai 2019 pour renouveler les 705 parlementaires qui siègeront au Parlement européen à Strasbourg et Bruxelles pour les cinq prochaines années. L’élection se fait au suffrage universel direct. Le Parlement européen avait été élu pour la première fois en 1979 avec pour présidente Madame Simone Veil.

Le Parlement européen est l’institution qui représente les peuples des États membres de l’UE. Son rôle s’est progressivement renforcé à travers les différents traités. Ses compétences couvrent aujourd’hui deux domaines principaux :

  • Compétences législatives et budgétaires : il participe à l’adoption des actes juridiques aux côtés du Conseil des ministres de l’UE. peut aussi demander à la Commission européenne de soumettre les propositions de textes qui lui paraissent nécessaires. A noter que le traité de Lisbonne a accru ses compétences en étendant le domaine d’application de la procédure législative ordinaire qui rend son accord nécessaire à toute adoption d’acte législatif. Enfin, il établit, avec le Conseil, le budget annuel de l’Union.
  • Compétences de contrôle de l’exécutif de l’UE : le Parlement dispose de moyens de contrôle importants. Il contrôle la Commission et peut la censurer, l’obligeant ainsi à démissionner. Par ailleurs, le président de la Commission est élu par le Parlement et le choix des autres membres de la Commission est soumis à son approbation. Il peut aussi poser des questions écrites ou orales au Conseil et à la Commission, recevoir des pétitions émanant des citoyens européens, constituer des commissions temporaires d’enquête.

Le plaidoyer européen du président de la BCE

Voici quelques mois, Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne et ardent défenseur de l’Europe, avait prononcé, lors d’une cérémonie à l’université de Bologne, un vibrant plaidoyer en faveur de l’Union européenne et de sa rénovation, évoquant la souveraineté européenne dans un monde globalisé.

« …Face à la mondialisation, l’Union européenne (UE) est plus pertinente aujourd’hui plus que jamais. Comme l’a dit Jean Monet : « nous avons besoin d’une Europe pour ce qui est essentiel…, une Europe pour ce que les nations ne peuvent pas faire seules ».

Pour certains, il faudrait absolument choisir entre l’appartenance à l’UE et la capacité à exercer la souveraineté. Or cette croyance est erronée car elle confond indépendance et souveraineté. La véritable souveraineté ne réside pas dans le pouvoir de faire la loi, mais dans un plus grand contrôle des évènements afin de répondre aux besoins fondamentaux des citoyens, à savoir : la paix, la sécurité et le bien public. La capacité de prendre des décisions de façon indépendante n’assure pas un tel contrôle. En d’autres termes, l’indépendance ne garantit en aucune manière la souveraineté.

La mondialisation a profondément modifié la nature des processus de production et rendu les liens entre les pays de l’UE plus étroits… L’essentiel du commerce mondial se concentre aujourd’hui au sein de 3 espaces commerciaux, à savoir : l’Union européenne, l’ALENA (Amérique du nord) et l’Asie. Chacune de ces zones reste relativement fermée aux autres et l’UE est la plus intégrée de ces trois zones commerciales. Cette protection, construite ensemble, a permis à l’UE de récolter les fruits de l’intégration tout en en limitant les coûts. Les institutions européennes communes limitent les effets de contagion, assurent une égalité de traitement et protègent contre les comportements injustes. Elles permettent ainsi de répondre aux besoins des citoyens et aux pays d’exercer leur souveraineté.

Peu de pays européens ont en effet une taille leur permettant de résister aux retombées générées par les grandes économies ou de peser sur des négociations commerciales internationales. En revanche, en appartenant à l’UE, leur force est démultipliée. Les échanges commerciaux au sein de l’UE constituant 15% du commerce mondial (hors échanges intra-UE), contre environ 11% pour les USA, l’UE bénéficie d’un poids important dans les négociations commerciales. Par ailleurs, l’euro constitue et de loin, la deuxième monnaie internationale ; ce qui protège l’économie de la zone euro de l’instabilité.

L’Union européenne est seule en mesure d’assurer la souveraineté des Etats

Le fait de disposer du pouvoir réglementaire au niveau de l’UE permet aux Etats membres d’exercer une véritable souveraineté dans les domaines de la fiscalité, de la protection des consommateurs et des normes sociales, notamment face à la toute puissance des grandes multinationales tentées de jouer avec les lacunes fiscales et les aides indues. Enfin, l’UE peut bien mieux défendre les consommateurs et leur assurer une égalité de traitement au sein du marché européen. Ceci s’est vérifié par l’instauration du règlement général européen sur la protection des données (RGPD) visant à protéger la vie privée des européens qui s’impose aujourd’hui au reste du monde.

L’UE doit renforcer les dispositions mises en œuvre en matière d’obligation de rendre des comptes afin de mieux contrôler les institutions européennes dont la légitimité de leur action en dépend. En ce sens, le rôle du Parlement européen est fondamental. Parmi toutes les institutions dotées d’un mandat d’exercice de contrôle démocratique. Dans le monde mondialisé actuel, les interactions technologiques, financières et commerciales sont si fortes qu’il n’y a plus que quelques grands pays qui soient en mesure, et encore pas totalement, d’être à la fois indépendants et souverains. Soyons clairs : la plupart des autres Etats-nations de la planète, dont les pays européens, ne réunissent pas ces deux caractéristiques…

Face à la mondialisation et la toute puissance de quelques Etats, si nous voulons que ces valeurs essentielles que sont la liberté et la paix demeurent, l’UE doit adapter ses institutions existantes au changement et ce, malgré les inévitables résistances nationales aux ajustements devenus nécessaires. Ces réticences ont instauré le doute quant à la capacité des institutions à réagir aux évènements et ont renforcé la voix de ceux qui souhaitent les affaiblir.

Aucune équivoque n’est permise : un tel ajustement de nos institutions devra être aussi profond que le nécessite la fragilité de l’ordre existant, et aussi ample qu’est le nouvel ordre géopolitique qui évolue à rebours des intérêts de l’Europe.

Une seule réponse est possible : restaurer l’unité de vision et d’action sans laquelle la cohésion de pays aussi différends ne pourra pas être maintenue. Nous devons apporter une réponse à la perception d’un manque d’équité entre les pays et entre les classes sociales. Nous devons d’abord être à l’écoute, puis passer à l’action et expliquer. L’unité et l’équité sont plus nécessaires que jamais à l’orientation des politiques européennes… »

Les prochaines élections européennes doivent marquer le renouveau de l’Union européenne

Soyons clair. Sans l’Union européenne qui pèse aujourd’hui prés de 500 millions d’habitants, les Etats qui la composent auraient été anéantis par la mondialisation. Malgré ses faiblesses institutionnelles, l’Union européenne a permis de développer son économie et protéger ses citoyens face à une concurrence mondiale extrême. Sans l’UE, la construction aéronautique et spatiale n’existeraient plus et une partie importante de son industrie aurait tout simplement disparu. A l’instar du succès de Galileo, le GSP européen, l’UE doit créer une industrie de la défense, des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle… Aucun pays n’a les moyens financiers et technologiques pour réussir dans ces domaines porteurs d’avenir.

Le renouveau de l’Union européenne passe par le succès des formations réformistes lors des prochaines élections au Parlement européen.

Autre signe attendu d’un véritable changement dans la gouvernance de l’Union européenne, la désignation par le prochain Parlement européen d’un président de la Commission qui ait une véritable stature européenne et soit en mesure de porter les importantes réformes à conduire dans les prochaines années, plutôt qu’un élu sans envergure issu du groupe majoritaire au Parlement, comme cela a été le cas jusqu’à maintenant. Changeons pour un mode de désignation qui permettent aux institutions européennes de se moderniser et démocratiser pour relever les défis actuels.

Le nationalisme aveugle conduit immanquablement à la régression et à l’échec. L’avenir de l’UE et des pays qui la composent passe obligatoirement par plus de cohésion et de collaboration entre les Etats pour moderniser et consolider le projet européen face à la globalisation. C’est ensemble que l’Union européenne bâtira son avenir et non par le repli sur soi prôné par les nationalistes de tout bord.

Michel Barnier, négociateur de la Commission européenne pour le Brexit ne dit pas autre chose en affirmant vouloir être utile après les élections du 26 mai. « Demain, il faudra avoir du courage et de la force, celle d’une coalition de projet réunissant plusieurs groupes. Nous sommes dans une situation d’alerte grave. Il ne s’agit plus de s’opposer mais d’agir car les autres grandes puissances n’attendent pas… ». Pour M. Barnier, il y a urgence à protéger l’Europe. Pour cela il faut selon lui : « Lancer un New Green Deal européen, maitriser les migrations, construire une nouvelle économie pour faire face à la guerre technologique. Des millions d’emplois sont en jeu ! Et aussi faire plus pour la défense européenne… » Et d’ajouter : « Beaucoup de ces chantiers rejoignent le projet européen d’Emmanuel Macron. Il faudra y travailler ensemble… »

Quel que soit le résultat des élections, l’Union européenne est au pied du mur et doit se remettre en marche pour un nouveau Deal afin assurer son avenir.


France : Après le grand débat, Emmanuel Macron trace les nouveaux contours de sa politique

7 mai 2019

Le 25 avril dernier, le président Emmanuel Macron a clôturé la longue séquence du grand débat national en esquissant les grands axes retenus à l’issue de celui-ci.

Lors de sa conférence de presse, la première du quinquennat, le président de la République est apparu serein et déterminé à poursuivre les grandes lignes de sa politique initiée en 2017 : réformer et moderniser le pays, le rendre plus compétitif en stimulant la croissance économique pour favoriser l’emploi et le pouvoir d’achat, tout en veillant à relancer la politique de l’Union européenne et protéger notre environnement. De ce point de vue, les français qui ont voté pour lui ne pourrons qu’être satisfaits car pour réussir, il faut une certaine continuité dans la politique des réformes.

Pour autant, on peut le regretter ou s’en réjouir, il faut bien reconnaître que si certaines mesures résultant du grand débat telles réduire les impôts et les injustices sociales, relancer la décentralisation et préserver l’environnement ne sont pas contestables, elles font passer au second plan la réduction des dépenses publiques et de la dette, avec notamment le report sine die de la réduction du nombre de fonctionnaires.

Or chacun le sait, la piètre qualité des services publics n’a pas grand-chose à voir avec le nombre de fonctionnaires surtout lorsqu’il est le plus élevé des pays développés. Ce qu’il faut c’est une profonde réforme de l’organisation et du fonctionnement de la fonction publique dans son ensemble.

Une question demeure : comment va-t-on financer ces nouvelles mesures sans gonfler la dette et nos dépenses publiques ?

Aux 10 milliards d’euros de mesures d’urgence liées à l’augmentation du pouvoir d’achat, allouées en décembre dernier pour répondre aux attentes de certains français, il faut maintenant ajouter une quinzaine de milliards supplémentaires de baisses d’impôts, d’abaissement de CSG et réindexation des pensions pour les retraités les plus modestes…

Un coût global supérieur à 25 milliards d’euros dont l’essentiel reste à financer. Voilà qui ne va pas arranger la situation des finances publiques de la France et l’image de celle-ci en Europe. Une France dépensière, incapable de réduire ses dépenses publiques et ses impôts (les plus élevés d’Europe) et qui laisse filer sa dette alors que tous les autres pays ont réalisé d’importants efforts en ces domaines.

Hélas, une fois de plus, une majorité de français préfère la facilité de l’assistance publique à court terme, plutôt que quelques petits efforts pour remettre le pays sur les rails une bonne fois pour toute. Pas sûr que cette fuite en avant dure longtemps. Le jour viendra où il faudra bien payer l’addition et elle risque d’être salée !

Alors que le président Emmanuel Macron avait, après son élection, rassuré quelque peu nos amis européens, voilà que la France se trouve à nouveau en dérapage incontrôlé, au risque d’entraîner les autres pays dans cette spirale infernale.

Dans ce contexte, voilà des décisions qui ont dû être particulièrement difficile à prendre pour le président de la République ; lui qui considère à juste titre que l’avenir de la France passe obligatoirement par la maîtrise des dépenses publiques, la baisse notable des impôts et la réduction de la dette.

Comme l’a fort justement reconnu le président, « la meilleure orientation pour répondre aux besoins de justice n’est pas d’augmenter les impôts de tel ou tel, mais plutôt de baisser les impôts de maximum de nos concitoyens… » Et d’ajouter : « Les inégalités ne sont pas fiscales. Nous avons un système fiscal qui corrige la plupart des inégalités, beaucoup plus que dans la plupart des autres pays. Les vraies inégalités sont les inégalités d’origine, de destin ou de naissance… » D’où les nombreuses mesures prises par le gouvernement depuis 2017 en faveur de l’éducation, la formation et l’apprentissage.

Hélas, comme cela a été dit à maintes reprises, ce n’est pas en taxant davantage les plus fortunés que l’on va changer en quoi ce soit la vie des autres !

Certains français semblent oublier que la France est le pays qui consacre la plus forte part de son budget à des fins sociales et de solidarité. Aucun pays au monde ne distribue autant d’argent public en faveur des plus modestes. Pourquoi tant d’ingratitude des français qui sont les plus assistés au monde ?

En réalité, en France, une minorité de français paient les impôts au profit d’un nombre sans cesse croissant d’assistés

A en croire le mouvement de contestation, celui-ci a trouvé sa justification dans la baisse du pouvoir d’achat et le ras le bol fiscal.

Or, il faut bien avouer que si les impôts ont surtout beaucoup augmenté ces dernières décennies et singulièrement sous la présidence de M. Hollande, personne ne s’en était offusqué jusqu’alors. Par contre, il faut bien reconnaître que les impôts ont au contraire légèrement baissé en 2018 sous l’actuel gouvernement, notamment avec la baisse de la taxe d’habitation et la défiscalisation des heures supplémentaires. Mais cela, aussi étrange que cela puisse paraître, certains ne l’ont pas remarqué !

Pour ce qui est du pouvoir d’achat, les experts reconnaissent qu’il a augmenté pour la première fois depuis longtemps en 2018 et qu’il devrait poursuivre sa hausse en 2019, notamment pour les revenus les plus modestes.

Finalement, n’en déplaise à une certaine presse qui raconte n’importe quoi pour faire de l’audience, les arguments avancés par les manifestants n’étaient absolument pas fondés sur ces motifs. D’ailleurs, point n’est besoin d’être expert fiscal pour savoir qu’en réalité, l’immense majorité des manifestants n’a jamais payé d’impôt sur le revenu, ni même de taxe d’habitation dont sont exonérés les bas revenus. Nombre d’entre eux l’ont d’ailleurs reconnu. Ce n’était là qu’un faux prétexte pour s’opposer à un gouvernement réformiste, probablement trop ambitieux aux yeux de certains vieux gaulois attachés à l’immobilisme.

En effet, la réalité est que seulement 43% des français (pas que les plus riches) paient effectivement l’impôt sur le revenu et 65% leur taxe d’habitation. Ceux-là, on peut aisément comprendre qu’ils en aient effectivement marre de payer pour une minorité croissante d’assistés. Les véritables matraqués fiscaux, ce sont ceux qui paient leurs impôts et non ceux qui en sont exonérés. C’est-à-dire les vraies classes moyennes dont les revenus nets annuels varient de 25 000 € pour une personne seule à 40 000 € à 70 000 € pour un foyer avec enfants.

L’OFCE l’a d’ailleurs confirmé dans ses récentes études : les 40% des français les plus aisés (hors les 1% les plus riches) ont été les plus frappés par les hausses d’impôt au cours de la dernière décennie alors que les moins aisés ont été relativement épargnés, grâce notamment à la revalorisation du barème et de certaines prestations sociales. Assez de désinformation médiatique !

Outre le fait qu’ils ne paient généralement pas d’impôts, n’oublions pas que les revenus les plus modestes bénéficient d’aides financière nombreuses et variées (aide au maintien du revenu, aide au logement, allocations familiales, primes scolaires, chèque énergie, tarif modique des cantines scolaires, nombreux tarifs sociaux…) et j’en passe ! Au total, ces aides cumulées non imposables, peuvent être supérieures aux seuls revenus du travail ; c’est-à-dire aux revenus de nombreux salariés qui eux n’ont droit à aucune aide et doivent toujours passer à la caisse sans broncher !

C’est là où se trouve une réelle injustice pour de nombreux français aux revenus intermédiaires.

Baisser les impôts, bien sûr, mais à condition de les simplifier tout en réduisant réellement les dépenses publiques

Dans ce contexte, on peut espérer que la baisse d’impôt sur le revenu de plus de 5 milliards d’euros annoncée par le président de la République concernera en priorité les revenus intermédiaires qui sont les plus taxés et les plus gros contributeurs à l’impôt.

Toutefois, comment ne pas s’interroger sur le choix qui a été fait de s’attaquer aux niches fiscales des entreprises, déjà lourdement taxées et frappées par la concurrence, sans toucher aux niches fiscales et autres avantages fiscaux alloués aux particuliers. Il eût probablement été plus utile de s’attaquer aux deux en même temps ; ce qui aurait contribué à simplifier l’impôt et le rendre plus juste et lisible.

Dans un rapport de 2017 sur la France, l’OCDE résumait parfaitement le mal français : « La fiscalité est complexe à cause du grand nombre d’exonérations et réductions d’impôts qui sont fréquemment modifiées. Ce qui renchérit le coût déjà élevé de la discipline fiscale et du recouvrement de l’impôt. Ainsi, les seules entreprises doivent s’acquitter de 233 prélèvements fiscaux et sociaux. La simplification de la fiscalité passe par la suppression de certains impôts, l’abaissement des taux et l’élargissement des bases d’imposition devrait demeurer une priorité… »

C’est effectivement en allant dans cette voie que l’on pourra mieux faire accepter l’impôt pour tous. Hélas, à quelques exceptions prés, cela ne semble pas la voie choisie par la France depuis des décennies, même s’il faut reconnaître quelques avancées courageuses mais insuffisantes du gouvernement actuel de M. Edouard Philippe.

Il reste à espérer que la suppression définitive de la taxe d’habitation en 2021 permettra au moins d’engager une véritable réforme de la fiscalité locale attendue depuis des décennies.

Par-delà ces quelques ajustements liés au grand débat, la France doit poursuivre le cap des réformes structurelles pour se moderniser et permettre de faire face à la concurrence mondiale, sans pour autant perdre de vue la nécessaire réduction des dépenses publiques. Plus facile à dire qu’à faire en France !

Mais c’est là la mission principale du président de la République : préparer le pays à affronter les nombreux défis de demain.


Rodez : La chute des ventes de véhicules diesel fragilise l’industrie automobile et Robert Bosch en particulier

15 avril 2019

Le site Robert Bosch France d’Onet-le-Château (agglomération de Rodez) est depuis longtemps le principal site industriel de l’Aveyron et l’un des plus importants d’Occitanie. Il est spécialisé dans la production de systèmes d’injection diesel de type « Common rail » qui équipe depuis plus d’une décennie la majorité des véhicules diésel. Or, le site est aujourd’hui menacé par la forte baisse d’activité ces dernières années en raison de la chute des ventes de motorisations diesels en Europe et dans le monde.

Les moteurs diesels récents produits grâce aux nouveaux systèmes d’injection Bosch sont beaucoup moins polluants

L’usine de Rodez produit actuellement une nouvelle génération de systèmes d’injection particulièrement performants et au final, émettant peu de CO2 et surtout beaucoup moins de particules fines qui étaient le point faible des diesels de génération précédente, à l’origine de graves problèmes de santé publique. Or, la plupart de ces derniers sont toujours en circulation et personne ne semble s’en émouvoir alors qu’il faudrait retirer l’ensemble des véhicules diesels de plus de 10 ans d’âge car extrêmement nocifs pour la santé.

Depuis quelques années, la nouvelle génération de moteurs diesels n’émet que très peu de particules fines très novices pour la santé alors qu’à l’inverse, certains nouveaux moteurs essence sont devenus plus nocifs.

Le comble, c’est qu’aujourd’hui probablement par manque d’information, le consommateur s’est détourné massivement des véhicules diesels en raison de leur nocivité sur la santé (ce qui était exact pour les véhicules produits ces dernières années) et s’est précipité sur les véhicules essence récents, qui consomment moins mais sont pourtant plus nocifs pour la santé. Au passage, même les véhicules électriques prétendument propres émettent un niveau de particules fines proche des diesels récents en raison notamment de leurs pneumatiques et du système de freinage.

Cette évolution absurde du consommateur s’explique par les incessantes campagnes anti-diesel, qui étaient tout à fait justifiées en ce qui concerne les anciennes générations mises en service jusqu’en 2015/2016. Mais ces mêmes campagnes de dénigrement des moteurs diesels ont oublié de préciser que l’industrie automobile avait réalisé d’importants progrès en produisant une nouvelle génération de moteurs diesels bien plus propres et beaucoup moins nocifs.

Or, au même moment, elle produisait aussi de nouveau véhicules essence, certes plus performants en consommations mais bien plus nocifs que les précédents au niveau des NOx. Aussi surprenant que ce soit, cette évolution n’a fait l’objet d’aucune communication auprès du grand public.

Le Dieselgate a jeté un total discrédit sur les moteurs diesels

Bien sûr, il ne fallait pas compter sur les mouvements écologiques pour éclairer les consommateurs sur ces évolutions, alors que pour elles, seul le véhicule électrique aurait de l’avenir alors même qu’il est au moins aussi polluant que les véhicules thermiques les plus récents. Mais c’est un autre débat !

Plus surprenant, comment se fait-il que les industriels de l’automobile européenne, pourtant si puissants que ce soit en Allemagne ou en France, eux qui ont encouragé la production de cette nouvelle génération de véhicules diesels performants et très peu polluants, n’aient pas été en mesure de communiquer massivement pour expliquer les progrès considérables de ces nouveaux moteurs diesels ? Pourquoi les gouvernements allemands et français notamment au cours des années 2015/2016 n’ont pas été en capacité de communiquer sur le sujet plutôt que de laisser se répandre l’idée selon laquelle tous les moteurs diesels seraient finalement très nocifs pour la santé ? Pourquoi avoir ainsi laissé travestir la réalité au risque de conduire l’industrie automobile à la faillite ?

A cela, force est de reconnaître que l’affaire du truquage à grande échelle du système de contrôle anti-pollution des véhicules diesels par Volkswagen afin de minimiser les effets nocifs de ces motorisations (notamment Nox et CO2), a été désastreux sur le grand public (cf. affaire Dieselgate découverte en 2015). Cette colossale affaire, à laquelle sont liés la plupart des constructeurs allemands, a porté un tort considérable à l’image des moteurs diesels et explique en grande partie le fait que de nombreux consommateurs se soient finalement tournés vers les moteurs essence et dans un degré moindre, l’électrique.

Ainsi, subrepticement, avec une médiatisation considérable de l’affaire des moteurs diesels équipés de dispositifs de mesure de pollution truqués, de plus en plus de consommateurs ont décidé de tourner la page du moteur diesel. Ni les constructeurs, ni les gouvernements, ni les élus, les syndicats et les organismes de consommateurs n’ont osé aller à l’encontre de l’opinion générale. Une réaction étonnante de la part des équipementiers automobiles alors qu’une nouvelle génération de moteurs beaucoup moins polluants était en passe d’équiper les nouveaux véhicules !

Pourquoi ne pas avoir fait la promotion de la toute dernière génération de moteurs diesels, bien plus propres ? Le mal a ainsi été fait et les moteurs diesels paraissent aujourd’hui irrémédiablement condamnés, tout comme le seront les moteurs essence demain. Les responsables de cette situation se trouvent à tous les échelons de l’industrie et de la société.

Le site ruthénois de Robert Bosch face à la crise du diesel

Cinq ans plus tard, les dégâts sont en passe d’apparaître au grand jour au niveau de l’industrie automobile européenne. Pourquoi avoir attendu si longtemps sans véritable réaction alors que le problème est né voici bien des années déjà ? Pourquoi si peu d’anticipation des uns et des autres qui semblent aujourd’hui découvrir le sujet ? Pourquoi jouer aujourd’hui les vierges effarouchées sur le sujet ?

Certes on peut toujours manifester ici et là en brandissant régulièrement des pancartes pour se donner bonne conscience ! Mais cela ne changera rien car le mal a été fait.

A défaut d’avoir la main sur le dossier, certains élus ruthénois, dont le maire d’Onet-le-Château et le président de Rodez agglomération ainsi que quelques parlementaires, ont au moins le mérite de se bouger, que ce soit auprès du ministre de l’économie (mais que peut-il ?), en allant même jusqu’à rencontrer les dirigeants du groupe Robert Bosch à leur siège de Stuttgart pour attirer l’attention sur le devenir de l’unité de Rodez. Même si le résultat est loin d’être gagné, au moins a-t-on sensibilisé ceux qui ont quelques pouvoirs pour faire bouger les choses.

En effet, seule une reconversion des entreprises concernées vers des technologies du futur pourra compenser la perte d’emplois dans ce secteur de l’ancienne industrie. Ceci n’est hélas qu’un début, car avec la fin programmée des véhicules thermiques vers 2040, c’est toute l’industrie automobile qui va devoir se réorganiser sachant que la production de véhicules électriques ou à hydrogène ne nécessitera qu’un personnel très réduit au regard de celui employé aujourd’hui dans l’industrie automobile.

Alors oui, on ne peut que soutenir la Bosch à Rodez et ailleurs, mais c’est d’abord aux entreprises concernées de s’adapter à la nouvelle industrie, si possible sans oublier son unité de production ruthénoise qui a largement participé au développement et la richesse de Robert Bosch GmbH. L’objectif doit effectivement de tout mettre en œuvre pour maintenir l’emploi à son niveau actuel de 1 600 personnes.

Hélas, ni les élus locaux, ni le gouvernement n’ont la clef du dossier. Il reste à espérer que l’usine Robert Bosch d’Onet-le-Château pourra bénéficier d’un véritable programme de reconversion qui assurera la pérennité de l’établissement d’Onet-le-Château, si important pour le devenir de l’agglomération.