Les « gilets jaunes », Facebook et la manupilation de la réalité

1 décembre 2018

Les « gilets jaunes » ont fait des réseaux sociaux leur outil de mobilisation, en mélangeant le vrai et le faux et en se laissant manipuler par quelques théoriciens du complot. On retrouve chez eux les habitués de Facebook souvent en mal de reconnaissance et qui n’existent souvent que par le réseau, en colportant les ragots des uns et des autres. Il suffit de jeter un œil de temps à autres !

Les « gilets jaunes » n’existent que par Facebook

Un récent éditorial du journal l’Opinion intitulé le « syndrome Facebook » ne dit d’ailleurs pas autre chose. « Les gilets jaunes ont fait du réseau social leur outil de communication et d’organisation et ne vit que par Facebook, se comporte en Facebook…. L’émotion s’exprime et l’indignation prime. Chacun crie son désarroi, son ras-le-bol au nom de tout le monde… » Mais personne ne veut être le porte-parole du mouvement. « Qu’on m’entende le plus haut et fort possible, mais surtout que personne ne me réponde »

« … Comme si les manifestants étaient façonnés par l’algorithme Facebook – qui ne place dans le fil de conversation que les articles et vidéos qui renforcent leur conviction -, ils ne semblent plus capables de supporter la critique et même le dialogue. Pour eux, débattre c’est mépriser…. Un monde où le suffrage universel apporte moins de légitimité que le nombre de partages ou de « like » : « Macron démission, constitution d’une assemblée citoyenne »… Un univers où un ministre à l’obligation d’écouter les revendications mais l’interdiction d’y répondre…

Un univers où même un journaliste ne fait plus partie du peuple et ne serait qu’un simple avatar qui ne diffuserait que des informations suspectes ou fausses ! On reconnaît ici certaines rhétoriques propres de M. Trump et on sait ce qu’il en est du personnage !

Il est d’ailleurs symptomatique de constater qu’ils ne savent pas où ils vont, incapables de désigner des représentants pour rencontrer les autorités, tellement les revendications sont à la fois diverses et pour le moins incompréhensibles. Comment ne pas s’étonner qu’une seule personne ait été désignée pour les représenter à la rencontre avec M. le Premier ministre ? Que veulent-ils vraiment ? Nul ne le sait après deux semaines de manifestations, preuve de la dérive de la motivation première de leur action.

Pour Rudy Reichstadt, directeur de l’observatoire du conspirationnisme : « Le mouvement contient une forme de radicalité propice aux lectures complotistes : le clivage haut-bas qui supplante tout et dans lequel l’oligarchie est l’ennemi des Sans-culottes ». On perçoit ici très bien la manipulation des faits par les réseaux sociaux où chacun affirme ce qu’il veut, selon ses convictions et sans rapport avec la réalité, pour se prouver qu’il existe. Eh oui, là est la triste réalité.

Le problème est que de nombreuses personnes sur FB sont incapables de faire une distinction entre le vrai et le faux et prennent tout pour argent comptant.

Quand les propos insidieux de quelques opposants politiques sont venus conforter les partisans de la théorie du complot

On voit les dégâts collatéraux causés dans l’opinion par les déclarations polémiques de quelques piètres politiciens d’opposition (plutôt sur la droite de l’échiquier) en manque de reconnaissance, qui ces derniers mois, n’ont cessé d’opposer la France d’en haut « les parisiens et les urbains » qui décide de tout sans consultation, en méprisant et abandonnant à leur triste sort « les ruraux », ceux d’en bas. L’autre insinuation est celle qui accuse Emmanuel Macron d’être le « président des riches ».

Ces allégations perfides et mensongères ont lentement fait leur œuvre sur les réseaux sociaux. Ceci est d’autant plus scandaleux et indigne que ces élus de la République, en martelant de tels propos à la seule fin de discréditer l’action du chef de l’Etat, n’avaient qu’un seul et unique but : affaiblir le chef de l’Etat et son gouvernement. Peu à peu, ce long travail de sape via les réseaux sociaux à fait le reste.

Pourquoi cracher dans la soupe et bafouer à ce point la défense de l’intérêt général qui devrait être la seule préoccupation d’un élu de la République ? Pourquoi tant d’acharnement à discréditer une action publique courageuse qui vise exclusivement à rétablir les grands équilibres budgétaires, sauver le pays de la faillite et venir en aide aux plus modestes justement ? Pourquoi tant d’acharnement et de mauvaise foi contre ce gouvernement alors que ces mêmes opposants politiques à M. Macron portent à eux seuls toutes les responsabilités de la situation actuelle : absence de réformes profondes, prélèvements obligatoires records, dérive des dépenses publiques, déficits et dette au plus haut, chômage élevé… ?

A cet égard, il est bien triste et affligeant de constater que l’ancien président Hollande a poussé le cynisme, à moins que ce ne soit de la bêtise, jusqu’à aller apporter son soutien aux « gilets jaunes », lui qui porte pourtant à lui seul, de lourdes responsabilités dans la situation de la France d’aujourd’hui.

Comment d’anciens élus peuvent entretenir ce populisme de bas étage qui ouvre en grand la porte aux idées les plus extrêmes qui mènent à une impasse. Est-ce cela qui va sauver la France et aider les plus défavorisés ? Certainement pas ; bien au contraire.

Et si l’action des « gilets jaunes » n’était qu’un prétexte ?

L’action des « gilets jaunes » est d’autant plus incompréhensible qu’elle est née d’une des plus modestes augmentations des prix du pétrole, prix qui sont d’ailleurs aujourd’hui en passe de retrouver leur prix normal. L’augmentation de la TICPE n’était elle que de l’ordre de 0.10 euros ; c’est-à-dire, rien au regard des autres augmentations du prix du pétrole subies par les français depuis 1973 sans les gilets jaunes. Alors, simple prétexte ?

Les arguments sont tout aussi incompréhensibles en ce qui concerne le pouvoir d’achat alors que nombreuses compensations existent déjà et vont être revues à la hausse pour atténuer l’impact sur les revenus les plus modestes. Rappelons que l’Etat providence est en France celui qui consacre les sommes les plus importantes du monde développé à venir en aide aux revenus les plus modestes. Enfin, globalement : il n’y a pas eu de baisse du pouvoir d’achat en 2017 et il y aura un réel avantage en 2018 du fait des mesures décidées par le gouvernement.

Enfin, il n’est pas inutile de rappeler que le ras-le-bol fiscal évoqué ne concerne en rien les revenus les plus modestes qui sont, et de très loin, ceux qui contribuent le moins à l’Etat providence. Aux aides sociales auxquelles ils ont droit, s’ajoutent toute une panoplie d’avantages et exonérations fiscales, que ce soit en matière de taxe d’habitation et surtout d’impôt sur le revenu.

A l’inverse, ce sont les classes moyennes les plus aisées qui sont fortement ponctionnées depuis plus de 30 ans et commencent effectivement à en avoir marre ; une catégorie marginale parmi les « gilets jaunes ». Ce sont justement les dépenses publiques dont la France est championne du monde (57% du PIB) qui alourdissent la fiscalité et pénalisent l’économie et la consommation.

Pour réduire la pression fiscale de manière significative, l’Etat va devoir engager une cure d’amaigrissement qui aura nécessairement pour résultat de revoir de fond en comble l’Etat providence. On ne peut avoir à la fois le beurre et l’argent du beurre !

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