France : après les élections européennes, l’UMP au pied du mur

Les dernières élections au parlement européen du 25 mai dernier ont été marquées par l’important score réalisé par le Front national et l’effondrement du Partis socialiste et des radicaux de gauche (14%). Un résultat jamais atteint par la gauche alors que généralement, en Europe, les partis soutenant les gouvernements l’ont largement emporté.

Le problème c’est que cet échec de la gauche n’a pas profité à la droite parlementaire, à commencer par l’UMP qui n’a obtenu qu’un peu moins de 21% des suffrages exprimés. De son côté, l’UDI et le Modem alliée pour la circonstance ont réalisé à peine 10% bien que constituant la formation la plus favorable à l’Europe. Au total, la droite et le centre ont à peine atteint les 30%, contre 35% à 40% lors de précédents scrutins.

Bien qu’il s’agisse là d’une élection au scrutin proportionnel favorisant les extrêmes, avec un fort taux d’abstention, le relatif échec de la droite et de l’UMP en particulier est inquiétant. Comment peut-on incarner pour les français l’alternance face à la gauche avec un tel score ? Après la victoire des municipales, on s’attendait à mieux pour le premier parti d’opposition.

L’UMP n’en finit pas de s’enfoncer chaque jour un peu plus dans des querelles fratricides et insensées plutôt que de s’attacher à défendre son projet pour la France et à préparer les importants changements politiques qui s’imposent face à la gravité de la crise et à l’incapacité du pouvoir socialiste à redonner confiance aux français. A croire que l’objectif de certains responsables de l’UMP, à commencer par Jean-François Copé, n’est autre que de préparer le terrain au Front national.

L’UMP paie ainsi au prix fort ses querelles intestines et autres règlements de compte qui n’en finissent pas, auquel il faut ajouter les « affaires » à rebondissement qui discréditent la formation et ses responsables. Par ailleurs, ses divergences sur l’Europe avec les propos désastreux d’Henri Guaino ou de Laurent Wauquiez, ont participé à la démobilisation des électeurs. En deux ans, quel énorme gâchis pour l’UMP qui s’avère aujourd’hui incapable d’incarner une alternative crédible face aux socialistes pourtant inexistants.

A croire que seul Nicolas Sarkozy est encore capable de rétablir l’ordre à l’UMP et la remettre sur la voie de la victoire !

Pour survivre, l’UMP va devoir très rapidement écarter celles et ceux qui ont contribué à son échec, mais aussi celles et ceux qui ont pour seul objectif de profiter de l’appareil politique pour se mettre en scelle pour la prochaine élection à la présidence de la République de 2017. Le parti va devoir se renouveler et rajeunir massivement son encadrement. En cela, la prochaine mise en place d’un triumvirat conduit par Alain Juppé à la tête en remplacement de Copé peut être un premier pas vers la reconstruction. Le peu de crédibilité de Copé et les affaires auxquelles il est lié sont un handicap insurmontable pour l’UMP. Le futur congrès de l’automne prochain devra donc mettre en place au plus vite une nouvelle équipe apte à remettre tout le monde en ordre de bataille.

Face à l’échec de Hollande et de ses gouvernements et à la montée de l’extrême-droite, il y a urgence pour l’UMP à réagir sous peine de disparaître.

Comme l’a indiqué Alain Jupé, plutôt que de vouloir courir après les électeurs du Front national, l’UMP a tout intérêt à rester sur une ligne politique modérée, en privilégiant une alliance avec les centristes. C’est de ce côté-là qu’elle pourra retrouver une certaine lisibilité et crédibilité.

Qui plus est, il ne suffira pas de proposer un programme sérieux et ambitieux pour rester le premier parti d’opposition. Outre la fin de la guerre des chefs, la reconquête de l’électorat passe inéluctablement par la bataille des idées. L’UMP doit défendre des idées fortes et porter les valeurs et convictions qui sont celles de la droite parlementaire.

Cette révolution, l’UMP doit la réaliser au plus vite, y compris au sein des fédérations départementales afin de retrouver un fonctionnement démocratique et transparent qui permette à une nouvelle génération de femmes et d‘hommes d’engager les difficiles batailles à venir.

La droite et l’UMP ont aujourd’hui la lourde responsabilité de préparer l’alternance en France. Ses futurs dirigeants lui en donneront-ils enfin les moyens ? Rendez au prochain congrès refondateur de l’UMP en septembre prochain.

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