Grand Rodez : le grand contournement de l’agglomération durablement en panne !

28 septembre 2011

Le dossier du grand contournement de Rodez était porté à bout de bras par Marc Censi, le président de la communauté d’agglomération du Grand Rodez jusqu’en 2008. A cette époque, un fuseau de 300 m de large avait d’ailleurs été arrêté par les services de l’Etat pour son tracé, allant de Luc-La Primaube à Lioujas-Causse Comtal. Il semble même que l’enquête d’utilité publique aurait pû être lancée rapidement.  C’est dire si le grand contournement paraissait alors bien engagé. Ce dossier faisait alors partie des priorités de l’agglomération ruthénoise et, à ce titre, était défendu avec détermination par les élus d’alors. Une éventuelle concession du contournement de Rodez avait même été évoquée afin de faciliter son financement et d’accélérer ainsi sa réalisation.

A ce moment là, le président de la communauté d’agglomération du Grand Rodez était aussi le président du syndicat mixte d’étude et de promotion de l’axe Toulouse-Lyon (SMEAPTL), dont le siège était alors à Rodez. Depuis 2008, ce dernier dont le siège a été transféré à Mende, est présidé par Jean-Paul Pourquier, président du Conseil général de la Lozère. Depuis leur élection, ni le maire de Rodez, ni le président de l’agglomération du Grand Rodez, ne participent aux travaux de ce syndicat qui est pourtant un outil essentiel pour faire avancer la RN88 dans sa globalité, y compris la déviation de Rodez.

Les nouveaux élus en 2008 ont manifestement laissé les choses en plan et n’ont pas repris le dossier à leur compte. Bien mal leur en a pris. S’agissant d’un investissement lourd normalement à la charge de l’Etat, seule la pression et la détermination des élus locaux étaient de nature à permettre l’aboutissement d’un tel projet. Il apparaît aujourd’hui que les nouveaux élus ruthénois ont manqué de conviction à défendre ce dossier, sans parler des effets désastreux et contre-productifs des attaques régulières du maire de Rodez contre les représentants de l’Etat. Une attitude pour le moins irresponsable pour une collectivité qui sollicite l’intervention de l’Etat sur un dossier aussi capital pour le développement du Grand Rodez.

Aujourd’hui, force est de constater que le projet de grand contournement de Rodez est bel et bien dans l’impasse du fait de l’incapacité des élus ruthénois à le porter et le mener à son terme ; alors même qu’il était bien engagé quelques années plus tôt. C’est la raison pour laquelle, par delà l’opposition de façade du maire de Rodez à la mise aux normes autoroutières de l’actuelle rocade de Rodez, ce dernier semble s’être fait une raison et s’être bel et bien résigné à en passer par la transformation des giratoires actuels en échangeurs pour permettre d’absorber le flux autoroutier arrivant d’Albi. Bel aveu d’impuissance et d’échec de M. Teyssèdre et des élus de l’agglomération ruthénoise en général.

Si un tel projet autoroutier au cœur de l’agglomération du Grand Rodez devait, hélas, finir par voir le jour, ce serait purement et simplement dramatique, sachant que la pollution générée par l’augmentation du trafic routier deviendra très vite insupportable pour les habitants résidant à proximité. Les électeurs ne pourront que s’en souvenir le moment venu, mais le mal aura été fait. En attendant, on aimerait entendre les protestations des élus écologistes sur ce dossier ô combien sensible !

Par delà les questions de personnes et d’égos surdimensionnés du côté de certains, il est grand temps que les élus de l’agglomération ruthénoise prennent enfin le dossier du grand contournement de Rodez et de la RN88 entre Rodez et l’A75, à bras le corps, aux côtés des élus du Conseil général, du Conseil régional, des parlementaires et des autorités de l’Etat. Même si beaucoup de temps a été perdu inutilement, il n’est peut-être pas trop tard  pour agir. A défaut, l’agglomération ruthénoise en paiera le prix fort durant des décennies. Le maire de Rodez serait bien inspiré de s’occuper sérieusement des grands dossiers qui concernent l’avenir de la ville et de l’agglomération dont il est élu, sous peine de devoir en payer le plus fort prochainement. Croit-il sincèrement que si demain le PS revenait au pouvoir, il suffira au maire de Rodez de montrer sa carte pour obtenir les 150 à 200 millions d’euros nécessaires au grand contournement de Rodez ?

Les ruthénois devront-ils assister impuissants à la transformation de leur rocade, actuellement classée en boulevard urbain (raison pour laquelle la vitesse est limitée à 70 km/h), en véritable autoroute urbaine utilisée par de nombreux camions, sur laquelle la vitesse sera limitée à 110 km/h parce que leurs élus n’auront pas été capable d’imposer le grand contournement ?


Grand Rodez : petite polémique autour de la RN88 et du contournement de Rodez (2)

26 juillet 2011

La réalisation de la RN 88 à 2 x 2 voies entre Rodez et l’A75 est indispensable au développement du Grand Rodez et justifie pleinement le grand contournement de l’agglomération (2)

Le Conseil général de l’Aveyron, conduit par Jean-Claude Luche, a largement contribué, en pesant sur les services de l’Etat au plus haut niveau, à débloquer le dossier de la RN88, tout au moins pour l’important tronçon entre Carmaux et Rodez, même si au final, il doit mettre la main au portefeuille avec la région Midi-Pyrénées. C’était loin d’être gagné, et pourtant, n’en déplaise à M. Teyssèdre (qui n’est pour rien dans l’avancement de ce dossier), les travaux sont en cours et devraient être terminés en 2015. Enfin une réelle avancée !

Il reste cependant à réaliser l’autre tronçon important de la RN88, entre Rodez et Séverac-le-Château, pour relier l’autoroute A75. A noter d’ailleurs que le trafic moyen y est sensiblement supérieur à celui du tronçon entre Carmaux et Baraqueville où les travaux sont pourtant en cours. Face à l’intérêt d’engager au plus vite la réalisation de ce dernier tronçon de la RN88 aux portes de Rodez (qui paraît, à bien des égards, plus important et vital pour l’Aveyron que le tronçon Albi/Rodez), on peut s’interroger sur le silence des élus de l’agglomération et de la région.

Bien qu’il n’ait pas de compétence particulière sur cet axe, le Conseil général de l’Aveyron semble aujourd’hui être la seule collectivité territoriale déterminée à faire avancer ce dernier tronçon autoroutier entre Rodez et Séverac ainsi que le contournement de Rodez. Comment ne pas interpréter le silence de l’agglomération sur le grand contournement de Rodez comme un aveu d’impuissance, voire un renoncement pur et simple ? D’ailleurs, y a-t-il quelqu’un au sein de l’agglomération en charge de ce dossier essentiel ? Car si la réalisation rapide de cette dernière portion de la RN88 à 2 x 2 voies est  majeur pour le développement économique du département, il l’est tout autant, sinon plus, pour l’agglomération du Grand-Rodez. D’autant plus que le grand contournement de Rodez, qui leur est pourtant si cher s’ils veulent conserver les suffrages de leurs électeurs, ne pourra voir le jour que si la section Rodez-Séverac est effectivement réalisée.

Il ne suffit pas de déclarer, comme le fait M. Teyssèdre, que l’on souhaite conserver la rocade de Rodez en boulevard urbain (telle qu’elle est actuellement), pour espérer décrocher un jour la réalisation du grand contournement. Pour que la rocade actuelle de Rodez reste en boulevard urbain, afin de préserver l’importante population de l’agglomération qui vit à proximité, encore faudrait-il que les élus de l’agglomération du Grand Rodez mettent tout en œuvre pour s’assurer de la réalisation du grand contournement. A défaut, les ruthénois risquent de voir leur rocade, classée en boulevard urbain, transformée en voie rapide au coeur même de l’agglomération.

Depuis 2008, c’est le silence radio du côté de ces derniers sur cet important dossier. Pourtant, avec le début des travaux de l’autoroute Albi-Rodez en 2010 et sa mise en service prévue en 2015, il y a urgence à trouver une solution permettant le contournement de Rodez, hors la rocade actuelle. Gouverner, c’est avoir une vision de l’avenir et savoir anticiper ; nous en sommes encore bien loin du côté de Rodez.