Primaire socialiste : un premier débat pour le moins décevant

Que dire de ce premier débat, très encadré et chronométré, qui laissait peu de place à l’improvisation et à la spontanéité ?

Ce qui saute aux yeux, au premier abord, c’est que les candidats se sont globalement peu livrés et que l’on a surtout assisté à tout, sauf à un véritable débat de fond. Chacun des candidats ayant d’abord essayé de ne pas perdre la face plutôt que de rechercher à emporter la conviction des électeurs sur la capacité de chacun à faire face demain aux problèmes considérables qui se posent à notre pays et à l’Europe.

Globalement, on ne sait pas grand-chose de plus sur le programme des favoris à la primaire et les priorités qui seraient les leurs. On a retrouvé quelques banalités, communes aux candidats de droite, du centre et de gauche : réduire la dette, augmenter les impôts sur les plus riches, baisser les impôts et taxe sur les petites et moyennes entreprises, s’attaquer au chômage…

Sur les principaux sujets, les quelques 5 millions de téléspectateurs (pas tous socialistes) sont un peu restés sur leur faim :

  • sur la réduction des dépenses de l’Etat (hormis Manuel Walls, on n’a pas senti de volonté politique en ce sens, bien au contraire),
  • sur la réduction du nombre de fonctionnaires en général (on est resté discret, même si François Hollande n’a pas pu s’empêcher de promettre la création de 60 000 agents dans l’éducation nationale – un dérapage ?),
  • sur l’évolution des impôts (la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, avec mise en place de la retenue à la source et élargissement de l’assiette y compris aux retraités, proposée par Manuel Walls, est intéressante mais pas nouvelle),
  • sur la remise en cause de la retraite à 60 ans (le PS semble finalement faire marché arrière, même si Martine Aubry continue à affirmer qu’elle sera remise en cause pour certaines catégories de salariés – un progrès puisque qu’elle avait affirmé, il y a quelques mois, vouloir la remettre en cause dans sa globalité),
  • sur la croissance et l’emploi (on a pas été convaincu),
  • sur la réduction de la part de l’énergie nucléaire (beaucoup de promesses, surtout de la part de Mme Aubry, mais on se garde de dire comment y parvenir sans déstabiliser notre économie)

Espérons que les prochains débats permettront d’aller beaucoup plus loin et que les candidats seront en mesure de proposer un véritable programme, basé sur les réalités actuelles de la France et non celles d’il y a 30 ans. Les français attendent du concret et du réalisme et non quelques généralités.

Si dans ce premier débat François Hollande a montré une certaine détermination à s’affirmer en tant que candidat, Martine Aubry est apparue peu à l’aise et spontanée, quelque peu figée dans une posture de 1ère secrétaire, gardienne de la doctrine socialiste.

Le grand gagnant de ce premier débat est indiscutablement Manuel Walls. L’outsider a développé avec beaucoup de spontanéité et de réalisme les priorités qui seraient les siennes s’il était investi de la fonction suprême. La cohérence et le pragmatisme de son projet tranche singulièrement avec le programme socialiste et de ses principaux concurrents, quelque peu déconnectés de la réalité d’aujourd’hui. Nul doute que la relative jeunesse de ce fin politique, homme de terrain s’il en est, ne manquera pas de séduire, par delà les socialiste, de nombreux français.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :