Rodez : un budget 2011 record mais beaucoup d’incertitudes sur l’avenir (2)

20 janvier 2011

S’agissant du niveau d’investissement de la ville de Rodez, il convient de rappeler certaines réalités qui semblent avoir échappé à certains. Jusqu’en 2008, le projet d’aménagement du foirail, qu’il s’agisse du musée Soulages, du multiplexe de cinéma et du palais des congrès étaient financés par la communauté d’agglomération en raison de la nature même de ces équipements structurants pour l’ensemble du Grand Rodez. 3 ans plus tard, seul le musée Soulages est aujourd’hui financé par l’agglomération et ses divers partenaires (Etat, Région et Conseil général).

Les changements intervenus dans le projet initial à l’initiative de la ville de Rodez, notamment du fait de dissensions politiques, font qu’aujourd’hui le palais des congrès, devenu une simple salle des fêtes pour la modique somme de 4.3 millions d’euros (c’est le projet le plus couteux qui a été retenu) et le multiplexe de cinéma (8 millions d’euros) sont aujourd’hui financés par la ville de Rodez. Si l’on ajoute le coût du parking souterrain de plus de 8 millions d’euros, c’est à terme un budget d’investissement de plus de 20 millions d’euros à la charge de la ville. Reste à espérer que ces importants chantiers ne feront pas l’objet de surcoûts et que les frais de fonctionnement qui vont en résulter seront maitrisés et supportables par la ville. C’est loin d’être gagné !

S’agissant des dépenses en général, comment ne pas douter de la capacité de la municipalité à les maitriser. On pourrait aussi s’interroger sérieusement sur les prix d’acquisitions de certains immeubles ou terrains, parfois peu en rapport avec les prix habituels du marché comme cela semble avoir été le cas pour le terrain de la future école de Bourran, pourtant d’une superficie modeste et fort mal situé, en bordure d’un boulevard urbain très fréquenté. Et que dire du bail emphytéotique consenti généreusement par la municipalité à la société Cap Cinéma, l’exploitant du futur multiplexe de cinéma de Rodez ? Outre un loyer à priori modeste au regard des investissements, le bail prévoit une baisse substantielle de celui-ci en cas où la fréquentation serait inférieure à 250 000 entrées. Sans oublier l’avantage supplémentaire gracieusement consenti à ce même exploitant par la municipalité de prés de 180 places gratuites dans le futur parking souterrain de 450 places !

Au dire de M. Teyssedre lui-même, ces conditions résultent de longues et difficiles négociations avec l’exploitant (on veut bien le croire puisqu’il a fallu prés de 3 ans) et tiennent compte du fait qu’un tel équipement est habituellement réalisé en périphérie où les places de parkings sont gratuites. De là à penser que l’exploitant, en position de force face à la municipalité en raison de l’existence d’un projet concurrent, a imposé ses conditions, il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir. Encore une guéguerre locale qui risque de coûter cher aux contribuables ruthénois. Ils pourront toujours se consoler (les contribuables du piton) en allant au cinéma, histoire de rentabiliser les places de parkings gratuites, pour peu que les cinéphiles des communes alentours ne les squattent pas régulièrement ! A ces conditions, les ruthénois bénéficieront-ils de tarifs privilégiés pour leurs places de cinéma ?

Au final, c’est la capacité d’investissement et d’emprunt de la ville à moyen terme qui risque d’être mise à mal, d’autant qu’en ces temps de crise économique et budgétaire, les ressources de la commune ne peuvent progresser. A terme, cela risque de se traduire par une inévitable augmentation de la fiscalité locale à Rodez à partir de 2014. On risque d’être bien loin de la modeste et fantaisiste baisse annoncée de 1% du taux de la taxe d’habitation qui n’a d’ailleurs bénéficié qu’à quelques-uns. Dans ce contexte, difficile de se féliciter d’un haut niveau d’investissement de la ville de Rodez si ces derniers s’avèrent partiellement inadaptés et excessifs et ne permettent pas une maitrise des dépenses de fonctionnement à moyen et long terme, avec un véritable retour sur investissements pour les années à venir. Sans oublier la dette qui risque d’exploser !

Loin d’être rassurant, le niveau actuel d’investissement de la ville de Rodez n’est-il pas inquiétant pour demain ? Un jour prochain, nul doute que la brume rose qui couvre régulièrement le piton depuis 2008, s’estompera et permettra enfin aux ruthénois de découvrir que la réalité est toute autre que celle annoncée. Gageons qu’il ne sera pas trop tard !


Rodez : un budget 2011 record mais beaucoup d’incertitudes sur l’avenir (1)

17 janvier 2011

Lors du dernier Conseil municipal du 17 décembre 2010, le maire de Rodez s’est félicité de l’ampleur du budget 2011 (73 millions d’euros avec les budgets annexes), le plus important jamais adopté par la ville. Le budget d’investissements s’établit à 32 millions d’euros, dont plus de 15 millions d’euros financés par l’emprunt. Selon M. Teyssedre, ce budget marquerait une stabilisation des coûts de fonctionnement.

Même si on peut avoir quelques doutes connaissant le personnage et sa propension à  « balancer » des chiffres plus invraisemblables les uns que les autres, (ce n’est pas parce que quelques dépenses baissent ici et là que d’autres n’augmentent pas, bien au contraire : voir certaines embauches par exemple…), on veut bien lui accorder momentanément ce maigre satisfecit qui n’engage que lui. Tout dépend en effet de ce que l’on entend par dépenses de fonctionnement, sachant qu’il ne sert à rien de maitriser celles-ci si les décisions prises par ailleurs génèrent d’importants surcoûts de fonctionnement du fait de certains investissements mal maitrisés ou couteux. Verdict dans quelques années !

Revenons aux investissements de 32 millions d’euros prévus en 2011. On peut tout d’abord s’inquiéter du montant de ces investissements, financés à prés de 50% par l’emprunt et donc par l’accroissement de la dette. Encore faudrait-il que ces investissements s’inscrivent dans un schéma cohérent, visant à améliorer et compléter les équipements existants, en participant activement au dynamisme et à l’attractivité de la ville. En d’autres termes, qu’ils soient vraiment nécessaires et utiles à la collectivité dans son ensemble et que leur financement relève de la ville de Rodez et non de l’agglomération. Enfin, la mise en service de certains de ces investissements (parking, salle des fêtes, maison des associations…) va immanquablement se traduire par de nouvelles charges de fonctionnement non maîtrisées et qui risquent de dériver rapidement. Ce que n’a pas manque de relever fort justement Mme Régine Taussat, conseiller municipal d’opposition.

En jetant un œil attentif aux investissements prévus, on constate un véritable saupoudrage autour de travaux plus ou moins importants et hétéroclites, dont on a parfois du mal à percevoir l’intérêt et la cohérence avec les équipements existants. Finalement, on investit pour investir en privilégiant certains équipements  davantage motivés par des raisons bassement politiciennes que par leur intérêt pour la collectivité. On peut ainsi s’interroger sur le coût prévisionnel de réaménagement de la place d’Armes (estimé à prés de 2 millions d’euros) qui n’est certainement pas la priorité des ruthénois, sur celui de la maison des associations pour une somme très proche ou sur la réalisation de deux écoles primaires là où une seule aurait suffit au vu de l’évolution des effectifs…

A l’inverse, on ne peut que regretter que les projets porteur d’attractivité et d’avenir pour la ville, comme les aménagements piétonniers tel le grand projet « Cité, cœur de ville » soient largement amputés et que le réaménagement de la place Foch et de ses alentours ait carrément disparu des cartons. Une fois encore, sur ces deux sites, la réalisation de parkings automobiles semble être la priorité de la municipalité. Curieuse manière de rendre le centre-ville attractif ! Aux côtés des nécessaires travaux du foirail, le réaménagement du centre historique semble aujourd’hui le parent pauvre des investissements.

Manifestement, le commerce du centre-ville n’a pas fini de souffrir !