Grand Rodez : l’agglomération au bord de l’implosion ? (2)

12 janvier 2011

Depuis plusieurs mois, les tensions entre certains élus prenaient de l’ampleur au sein de l’agglomération.

Début janvier 2011, cinq maires (Sébazac-Concourés, Olemps, Druelle, Ste Radegonde, Le Monastère) sur huit, représentant les plus « petites » communes de l’agglomération, sont montés au créneau pour dénoncer le dictat du maire de Rodez et de ses nouveaux associés, les maires d’Onet-le-Château et de Luc-La Primaube. Ces « petites » communes trouvent en effet  « insupportable que certains veuillent gérer l’agglomération à trois ».  Ils parlent de «têtes enflées, de donneurs de leçons… » et rappellent qu’ils sont loin d’avoir «… délégué leur droit et leur liberté de penser aux trois autres… ».  Et d’asséner : « Les attitudes irrespectueuses et irresponsables de ces trois cerveaux nuisent au bon fonctionnement du Grand Rodez et de ses services ». En effet, ces derniers temps, les maires de Rodez, Onet et Luc-La Primaube se rencontrent régulièrement, hors les instances officielles de l’agglomération, pour évoquer en tête à tête, les dossiers et l’avenir de la collectivité. Bien étrange fonctionnement pour le moins peu démocratique et opaque. On comprend que les élus tenus à l’écart soient fortement mécontents. A quoi sert l’agglomération du Grand Rodez s’ils n’ont pas leur mot à dire ?

Cette rébellion ne pouvait laisser M. Teyssedre sans réagi qui affirme tout simplement que les maires se trompent et qu’en toute hypothèse, de gré ou de force, l’agglomération doit avancer. Selon le maire de Rodez : « L’agglomération n’a pas vocation à faire des giratoires ou à financer la pose d’un peu de goudron.» Il rappelle que les communes de Rodez, Onet et Luc-La Primaube représentent 31 des 45 conseillers du Grand Rodez et qu’à ce titre, il convient aussi de respecter la majorité. Bonjour l’ambiance et les projets d’avenir commun ! Au cas où les choses ne seraient pas claires, il réaffirme la volonté des trois maires de se coordonner, même si cela en agace certains. Et de terminer : « A présent, nous allons imposer le rythme… » Va-t-il aller jusqu’à contraindre à la démission le président de l’agglomération qu’il avait lui-même mis en place pour mieux la contrôler ?

Une fois de plus M. Teyssedre montre son grand mépris pour la démocratie et sa volonté de s’imposer par la force à celles et ceux qui ne partagent pas ses vues. C’est hélas ainsi que les choses se font au conseil municipal de Rodez et on en connaît les tristes résultats. A l’agglomération, de telles pratiques sont suicidaires et nuisent gravement à son développement et donc à l’ensemble du Grand Rodez. Une fois encore, M. Teyssedre se place en donneur de leçon. Venant de lui, c’est un peu fort de café. Les habitants de Rodez peuvent constater qu’après 3 ans de mandat, il ne s’est toujours pas passé grand-chose dans leur ville et beaucoup d’inquiétudes demeurent sur l’avenir. A part quelques places de parkings et beaucoup de bitume pour satisfaire les automobilistes (pour les carrefours saturés de St Eloi et Calcomier, on attend toujours), M. Teyssedre est très mal placé pour donner des leçons aux autres. Il serait mieux inspiré de se pencher sérieusement sur sa propre ville qui est aujourd’hui mise à mal par son incapacité de prendre les décisions qui s’imposent.

La situation de blocage de l’agglomération du Grand Rodez est maintenant régulièrement mise au jour par les élus eux-mêmes, impuissants et médusés d’en être arrivés là. Ainsi va la vie au sein de l’agglomération du Grand Rodez début 2011 ; ce qui n’est guère encourageant après trois ans d’immobilisme. Nous sommes bien loin de l’esprit et des règles de fonctionnement qui faisaient la force de l’agglomération jusqu’en 2008 : collaboration étroite entre les communes, larges concertation sur tous les grands dossiers, décisions prises collectivement et le plus souvent à l’unanimité, définition d’un véritable projet structurant pour l’agglomération, absence de querelles politiciennes au sein de l’agglo…  Cette situation de pilotage à vue de Rodez et de l’agglomération bloque tout développement à moyen et long terme.

Au train où vont les choses, c’est l’implosion qui guette la communauté d’agglomération qui traverse aujourd’hui la plus grave crise de sa longue histoire. Au vu des problèmes rencontrés, on aimerait entendre le premier concerné : M. Mouly, le président de l’agglomération.

L’institution communautaire semble aujourd’hui à la dérive. Comment ne pas comprendre l’incompréhension et le désarroi d’une majorité d’élus de l’agglomération alors que pendant plus de 30 ans, le Grand Rodez a été fer de lance du développement de l’agglomération et avait fonctionné en parfaite harmonie entre les diverses communes, grandes et petites, par delà les tendances politiques. Après ces 3 années perdues, le temps est venu pour l’agglomération de se mettre au travail et se préparer aux nombreux défis de demain (transports urbains, plan global de déplacements, aménagements routiers en périphérie de la ville…). Le temps presse.


Grand Rodez : l’agglomération au bord de l’implosion ? (1)

10 janvier 2011

L’agglomération du Grand Rodez a été durant de longues années le fer de lance de la ville de Rodez et de la région ruthénoise. Depuis trois ans, on ne peut pas en dire autant. L’élection de M. Mouly, président mis en place par le maire de Rodez lui-même en 2008, résultait d’un simple calcul politique qui ne préfigurait rien de bon pour l’avenir de l’agglomération. Alors que pour être efficace, l’agglomération devrait  être une instance de cohésion, de compromis et de convergence entre les diverses communes qui la compose, c’est l’inverse qui s’est produit. Le maire de Rodez tente régulièrement d’y imposer ses vues en défendant d’abord les intérêts de sa ville. Résultat : la communauté d’agglomération souffre de nombreux blocages et s’avère incapable d’avancer hors la poursuite d’actions décidées par l’équipe précédente.

Voici quelques mois, l’un des vice-présidents de l’agglomération qui a aujourd’hui rejoint le camp du maire de Rodez, son ennemi d’hier, déclarait dans l’hebdomadaire « Le Ruthénois » à propos du fonctionnement et des projets de l’agglomération : « Une communauté d’agglomération s’organise à travers la notions d’intérêt communautaire… L’agglo ne doit pas être un endroit où l’on vient servir ses intérêts. L’agglo tourne bien quand les décisions sont collégiales aux huit communes, pas quand elles sont prises après un rapport de force… Aujourd’hui, en matière d’investissements, nous exécutons les projets du mandat précédent de l’équipe Censi… ». A propos de la stratégie de développement de l’agglomération, il assénait : « On ne fait que gérer les décisions du mandat précédent. On ne prépare pas l’avenir… Nous sommes à mi-mandat et la stratégie du Grand Rodez est un électro-encéphalogramme plat… ». Voilà un verdict sans appel !

En 2011, à lui seul, le budget de l’agglomération pèse environ 100 millions d’euros (60 000 habitants), contre moins de 70 millions pour celui de la ville de Rodez (24 000 habitants). Peut-on durablement la piloter à vue, au jour le jour, sans mettre en cause son avenir ?  Peut-on assurer son développement, sans réel projet global et cohérant ? Pense-t-on pouvoir construire l’avenir de l’agglomération en entretenant les tensions entre les élus et les communes concernés ?

Jamais depuis sa création, le Grand Rodez n’avait connu une telle inertie, bien que sur un plan politique, la majorité des communes soient aujourd’hui de même sensibilité politique, comme à Rodez. Un certain nombre d’élus actuels, y compris à gauche, en sont à regretter le fonctionnement passé et les avancées réalisées dans le souci du respect des spécificités de chaque commune et de l’intérêt général. Dorénavant, les tensions et autres querelles entre élus l’emportent à tout propos, lors des débats au sein du Grand Rodez mais aussi hors de l’enceinte. Un grand pas en arrière largement imputable à l’attitude hégémonique du maire de Rodez et à quelques communes importantes face aux autres qui souhaiteraient instaurer un véritable débat démocratique et une plus grande transparence sur les grands sujets qui engagent l’avenir de l’agglomération.

M. Teyssedre semble aujourd’hui mettre en cause le président de l’agglomération. Pourtant, qui a favorisé l’élection de ce dernier (largement élu avec plus de 38 voix sur 45) si ce n’est M. Teyssedre lui-même ? Qui détient aujourd’hui une large majorité au conseil d’agglomération, si ce n’est Rodez et Onet-le-Château ? Si aujourd’hui la communauté d’agglomération ne fonctionne pas et fait du sur place, à qui la faute ? Qu’ont fait ses élus pour éviter l’enlisement ? Rien ! Comme toujours, M. Teyssedre est expert dans l’art du camouflage et de la vindicte. Pour lui, sa seule défense reste l’attaque encore et toujours pour créer des écrans de fumée et faire reposer sur les autres ses propres erreurs ou insuffisances.

Il n’est un secret pour personne que le maire de Rodez tente aujourd’hui un hold-up sur l’agglomération et prend ainsi le risque de la faire imploser.  Nous sommes bien loin du projet d’extension de l’agglomération que M. Teyssèdre, lorsqu’il était candidat aux élections municipales de 2008, se faisait fort de mettre en place pour renforcer la collectivité. Encore une promesse de plus qui tombe à l’eau !