Terrible constat du WWF : 60% des animaux de notre planète ont disparu en 45 ans

5 novembre 2018

Chacun peut le constater au quotidien, même en Aveyron, depuis plus de 10 ans, de nombreuses espèces se font de plus en plus rares dans notre quotidien, notamment les oiseaux (hirondelles, mésanges, chauves-souris…) mais aussi les insectes (abeilles, papillons, hannetons…). Cette perte de biodiversité en si peu de temps est considérable et traduit nécessairement une dégradation de notre biotope. Rien de bien rassurant pour l’avenir de notre planète.

Dans son récent rapport, le WWF dresse un bilan alarmant de l’état de santé de notre planète.

Selon l’ONG, 60% des populations d’animaux sauvages qui ont disparu de la Terre depuis 1970, selon le dernier rapport « Planète vivante » publié récemment par l’organisation non gouvernementale. Cette disparition de plus de la moitié des vertébrés (à l’exception de l’homme, dont la population continue de croître), a donc été opérée en un peu plus de quarante ans (l’étude s’est arrêtée aux derniers recensements d’animaux en 2014). Même si aucune étude n’est disponible concernant les invertébrés, il y a tout lieu de croire que le bilan n’est guère meilleur.

La situation la plus inquiétante est localisée dans les zones tropicales d’Asie et surtout d’Amérique latine, très touchée par la déforestation avec une baisse de l’ordre de 89 %. Du jamais vu jusqu’alors.

Ce sont principalement les activités humaines qui sont en cause et expliquent la rapidité de cette dégradation profonde de l’environnement. Marco Lambertini, le directeur général du WWF International, vient de lancer un nouveau cri d’alarme pour tenter de sensibiliser l’opinion mondiale et essayer de trouver au plus vite « un nouvel accord global pour la nature et les hommes ». D’autres preuves scientifiques ont d’ailleurs été publiées ces derniers mois pour démontrer l’appauvrissement général de la biodiversité.

Selon une étude de Plos One publiée en octobre 2017, la plupart des régions de la planète sont touchées. Ainsi en Allemagne, les populations d’insectes ont diminué de plus de 75 % en trente ans. Une chute brutale liée à la perte d’habitats des insectes et à l’agriculture intensive, grosse consommatrice de pesticides, qui ont un fort impact sur les populations de pollinisateurs. L’Europe consomme en effet à elle seule plus de la moitié des pesticides de la planète !

Dans le célèbre magazine Nature, les chercheurs expliquent également que les trois quarts des plantes, amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères ont disparu de la surface de la Terre depuis 1 500. A cela deux raisons : d’une part la surexploitation de certaines espèces et, d’autre part, l’agriculture. La demande mondiale d’alimentation et de terres agricoles exerce en effet une pression considérable sur les écosystèmes et la biodiversité.

Arnaud Gauffier, responsable « agriculture et alimentation » chez WWF-France est catégorique : « À elle seule, l’agriculture est responsable de 70 % de la déforestation mondiale. Pour se donner une idée, l’expansion de l’agriculture conduit à la perte d’une superficie de forêts tropicales équivalentes à 40 terrains de football chaque minute ». Et ce n’est pas l’élection du nouveau président du Brésil qui va arranger les choses, lui qui envisage d’accélérer le déboisement pour développer l’agriculture intensive.

L’étude montre également que l’expansion de certaines cultures, comme celle de l’huile de palme en Asie du Sud-Est, gagne progressivement d’autres pays en Afrique, notamment la République démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville, le Gabon et le Cameroun».

Outre la déforestation mondiale, se pose la question de l’artificialisation croissante des sols sur l’ensemble de la planète

Pour le WWF, même l’Europe n’est pas épargnée en raison de l’intensification de l’agriculture, avec une forme d’importation de la déforestation.

C’est le cas notamment pour l’écosystème spécifique du Cerrado, en Amérique latine, composé à moitié de savanes et de forêts, qui couvre environ un tiers du Brésil. « Cet écosystème a perdu la moitié de sa surface au cours des trente dernières années ; or cette zone abrite 40 % d’espèces endémiques… » rappelle Arnaud Gauffier. « Cette évolution est provoquée par la culture extensive du soja et l’élevage de bovins. Sachant qu’une partie de ce soja est importé en France, notamment pour l’élevage de poulets, cela signifie aussi que derrière nos œufs et nos blancs de poulet, notre pays contribue à la déforestation du Cerrado ».

Dans les zones humides, constituées de marais et de zones inondables, de nombreuses autres activités humaines dégradent l’environnement et réduisent fortement le nombre d’espèces vivantes. Alors que ces milieux représentent moins de 1 % des surfaces immergées, ils constituent un habitat refuge pour 126 000 espèces, soit 10 % de celles qui sont connues dans le monde.

L’indice « planète vivante » des experts du WWF permettant de suivre l’évolution de la biodiversité, a plongé de 83 % depuis 1970.

Si cette baisse est un peu moins importante en France (environ 60 %) ; pour le WWF, force est de constater qu’ « en France, les zones humides ont perdu la moitié de leur superficie en trente ans. Elles disparaissent surtout à cause de l’artificialisation des sols, notamment du fait de l’extension permanente de l’habitat et des zones urbaines avec leurs zones commerciales. Après une relative pause ces dernières années, l’artificialisation des sols en France repart à la hausse…»,

Les pays développés ne sont donc guère plus exemplaires. Le constat du WWF est sans appel et montre une fois de plus que les hommes sont en train de détruite leur propre planète. Jamais depuis l’arrivée de l’homme, la Terre n’avait connu une si dégradation, preuve s’il en est que le plus grand prédateur et destructeur de notre planète que autre que l’espèce humaine.

Quand allons-nous commencer à réagir, si tant est qu’il est encore temps ?

Plus d’infos : Le rapport « Planète vivante « 2018 publié par le WWF

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