Grand Rodez : l’avenir de l’unité de production Robert Bosch France se joue dans les prochains mois

Fin 2012, la direction de Robert Bosch GmbH avait informé son unité de production d’Onet-le-Château (la plus importante en France) de l’engagement d’une étude en vue d’un possible développement visant à moderniser l’une des lignes de production « common rail » utilisant la technologie 2.16 en vue de la faire évoluer vers la 2.18 pour un investissement de l’ordre de 20 millions d’euros.

Courant janvier 2013, l’un des responsables de la division Diesel Systems mettait le doigt sur le coût sensiblement plus élevé de production de l’usine d’Onet-le-Château par rapport aux principales usines du groupe en Allemagne, notamment Hambourg et Bamberg (ville jumelée avec Rodez). Au cas particulier, selon les responsables allemands, le surcoût serait de l’ordre de 25 millions d’euros par rapport aux usines d’outre Rhin produisant le « common rail ». Autant dire qu’il s’agit là un écart important qui pénalise la production française.

Jusque là, rien de bien nouveau, puisque à l’on sait depuis plusieurs années que les coûts de productions sont sensiblement supérieurs en France qu’en Allemagne. Sauf qu’en l’espèce, le groupe Robert Bosch , exige une amélioration de la compétitivité de l’usine castonétoise, et notamment un allègement des coûts de structures relativement élevés, préalablement à la mise à niveau avec la dernière technologie « common rail 2.18 ».

Pour mémoire, en 2012, le groupe Robert Bosch GmbH a réalisé un chiffre d‘affaires global de 52 milliards d’euros  pour un résultat d’à peine un milliards d’euros, soit environ 2% du CA, bien loin de l’objectif fixé de 8%. Il emploie prés de 300 000 personnes à travers le monde. Rappelons également que le groupe n’est pas côté en bourse ; la majorité du capital (92%) étant détenu par la fondation Robert Bosch Stiftung GmbH qui ne dispose d’aucun droit de vote au sein de la société. Enfin, l’entreprise considérée comme un modèle au plan social, se montre relativement généreuse avec ses salariés :  conditions de travail parmi les meilleures du secteur automobile, des rémunérations élevées et un comité d’entreprise généreux au regard d’autres entreprises.

Ceci explique probablement, au moins en partie, la modeste rentabilité du groupe au regard des géants de l’automobile allemande qui affichent souvent un taux supérieur à 10%, mais aussi la relative fragilité de Robert Bosch GmbH qui se doit de maintenir des investissements élevés pour conserver son avantage technologique. Pour ce faire, il est vital pour sa survie de chasser en permanence, et plus encore en période de crise, les coûts de production et de structure en son sein.

Dans ce contexte, rien de surprenant que les dirigeants de Robert Bosch GmbH exigent quelques efforts de l’unité de Rodez et lui demande de se mettre à niveau par rapport aux usines allemandes du groupe. L’effort demandé à l’usine de Rodez serait de 4 millions d’euros. Selon le nouveau directeur de l’usine Olivier Pasquesoone, il n’y a pas d’autre alternative que d’envisager certaines mesures sociales pour parvenir à cet objectif. Et les responsables locaux d’affirmer que l’usine est dans une situation vulnérable et qu’il est indispensable de prendre des mesures rapidement pour réduire les coûts afin de redevenir compétitifs au regard des usines allemandes. Ce n’est qu’à ce prix que l’usine de Rodez pourra récupérer des volumes de production plus importants et ainsi maintenir l’emploi.

Face aux efforts demandés aux personnels, le directeur ruthénois de Robert Bosch France déclare : « C’est du gagnant-gagnant ! Le passage au 2.18 offre des perspectives de fabrication sur 4 à 5 ans. C’est une opportunité qu’il faut saisir. » Les salariés de l’usine ruthénoise sauront-ils saisir cette opportunité en négociant un accord « gagnant-gagnant » comme en Allemagne ?

Face à ce nouveau défi pour l’usine de Rodez, gageons que les salariés qui bénéficient d’importants avantages sociaux, sauront se montrer responsables et finiront pas accepter quelques concessions pour assurer la pérennité de leur établissement et des emplois directs et indirects qui lui sont liés. Par le passé, les salariés allemands ont acceptés quelques menus sacrifices pour préserver les emplois et permettre d’assurer le retour à la compétitivité de leurs entreprises. Aujourd’hui, ils profitent des efforts réalisés qui a permis le développement de l’emploi et des augmentations salariales. A leur tour, les syndicats français auront-ils l’intelligence d’accepter les quelques concessions  nécessaires pour préserver la compétitivité de l’outil de production et donc, à terme, l’emploi ?

L’enjeu, c’est non seulement l’avenir à long terme du site ruthénois de Robert Bosch, mais aussi et surtout l’avenir de toute la filière locale de la sous-traitance automobile, et par voie de conséquence, le devenir de l’ensemble de l’agglomération du Grand Rodez.

Dommage, une fois de plus, que les élus ne soient pas à la hauteur des enjeux. Plutôt que de monter une fois encore sur ses grands sabots et montrer du doigt la direction de l’usine en tentant de lui faire porter le chapeau, M. Teyssèdre prend le risque de faire monter la pression pour rien en ajoutant de l’huile sur le feu, plutôt que de calmer les esprits et d’aider à trouver un compromis qui assure la pérennité du site de Rodez. Il est vrai que le maire de Rodez est tout sauf un économiste reconnu et respecté.

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