Onet-le-Château : Les 13ème Rencontres de la dynamique économique en Aveyron présentent les défis du numérique

19 octobre 2013

Ce jeudi 17 octobre se sont déroulées à La Baleine à Onet-le-Château, les 13ème Rencontres de la dynamique économique en Aveyron consacrées au développement du numérique et au très haut débit.

Organisées par l’agence conseil PAC communication, dirigée par Pierre Censi, cette grande soirée qui rassemble annuellement le monde économique du département est aujourd’hui devenue incontournable. L’édition 2013 a accueilli plus de 350 acteurs de l’économie aveyronnaise pour évoquer le rôle de l’industrie numérique dans le développement économique du département, preuve s’il en est de l’importance du très haut débit comme moyen de désenclavement du département.

Tour à tour, les intervenants ont confirmé l’intérêt de développer le très haut débit sur l’ensemble du département, au travers des diverses technologies et notamment de la fibre optique et de la 4G.

Le président de la CCI de l’Aveyron Manuel Cantos a rappelé l’importance du développement du numérique pour soutenir l’économie départementale. Jean-Claude Luche, le président du Conseil général de l’Aveyron a assuré que le département s’engagera dés 2014 dans la fibre optique, même si le coût très élevé (370 millions d’euros), nécessitera un étalement de l’investissement dans la durée. Il souhaite que l’ensemble des intervenants travaillent ensemble pour faire avancer le projet, tout en sollicitant une forte intervention de l’Etat à hauteur de 50% dans le cadre de son plan national de développement de la fibre optique.

De son côté, Yves Censi, le député de la circonscription de Rodez s’est félicité de cette manifestation et a rappelé l’importance du développement du numérique dans le département.

Le maire d’Onet-le-Château, Fabrice Geniez s’est dit heureux de recevoir cette manifestation dans le ventre du nouveau théâtre de La Baleine. En tant que vice-président de l’agglomération du Grand Rodez, il a rappelé que le réseau en fibre optique de plus de 60 km était déjà exploité par Net Grand Rodez (groupe Altitude Infrastructures) à destination des professionnels. Il a également indiqué que le Grand Rodez avait récemment désigné l’opérateur Orange pour déployer un réseau en fibre optique sur l’ensemble de l’agglomération dans les 5 ans à venir, permettant un accès à très haut débit à l’ensemble des la population, qu’il s’agisse des professionnels ou des particuliers. Les travaux devaient débuter courant 2015.

Les nombreux intervenants techniques très qualifiés, qu’il s’agisse de Michel Dernis, le président d’ Atrium Data ; de Damien Lebret, chef de projet TIC au sein de Macéo Massif-Central ; de représentants d’opérateurs télécom tel Orange ou d’opérateurs d’opérateurs tels Altitude Infrastructures, chacun y est allé de sa démonstration pour conclure à la nécessité de développer au plus vite un véritable réseau très haut débit en fibre optique, source de développement économique et de désenclavement pour les professionnels comme pour les particuliers.

Le développement du très haut débit est d’autant plus nécessaire que les réseaux ADSL actuels sont techniquement saturés et dépassés avec des débits limités le plus souvent à moins de 10 Mbits (contre plus de 100 Mbits pour la fibre optique) et que les besoins des professionnels comme des particuliers nécessitent aujourd’hui des débits conséquents.

La technologie FTTH (déploiement de la fibre jusqu’à l’abonné) permettant des débits de 150 Mbits à 1 Gbit, est aujourd’hui la solution la plus pérenne pour développer les services de communication à très haut débit. Elle seule devrait permettre de faire face aux besoins actuels et futurs : accés ultra-rapide internet « triple-play », télévision HD et 3D, domotique, surveillance à distance, usage simultané de nombreuses source (TV, tablette, PC, portable…). Il a également été évoqué le fait qu’il serait souhaitable que le département de l’Aveyron puisse disposer dans le futur d’un data-center, même de petite taille, afin de dynamiser l’économie locale.

Quelques acteurs locaux ont fait part de leurs projet de développement liés au numérique, comme un projet de centre de télétravail CarlaTel porté par Alain Cézac un chef d’entreprise dynamique qui a récemment rénové le château de Taussac (Carladez) et souhaite en faire une tête de pont pour développer certains activités autour du numérique, et pourquoi pas un mini data-center ?

Du côté d’Arvieu (Lévezou), Vincent benoit, gérant de la Scoop Laëtis (entreprise de 12 personnes spécialisée dans la conception de sites web) a évoqué le dossier associatif des Loco-Motivés qui gravite autour du numérique. L’objectif étant de développer un outil pour promouvoir la vente de productions de qualité strictement locales, en livrant des paniers directement dans des points de vente situés aux quatre coins du Lévezou et bientôt à Rodez.

Cette soirée a confirmé que la révolution du numérique était en marche en Aveyron, comme ailleurs, pour favoriser le développement économique de nos territoires. Pour ce qui est du très haut débit mobile, si la 4G est arrivée à Rodez grâce à Bouygues-Télécom, Orange et SFR devraient débarquer à leur tour dans les prochains mois, concurrence obliqe ! Pour autant, la couverture 4G de l’ensemble du département risque de prendre de longues années encore.

Une 13ème Rencontres de la dynamique économique en Aveyron qui s’est terminée tardivement, preuve s’il en est que les organisateurs avaient visé juste en retenant le numérique comme thème de la soirée. Nul doute que les décideurs aveyronnais présents y ont trouvé des signes encourageants pour l’avenir du développement économique du département. Reste maintenant à engager au plus vite les lourds investissements dans la fibre optique.


France : La 4 G, nouveau terrain de bataille pour les opérateurs mobiles

13 février 2013

Fin 2012, SFR et Orange avaient dégainé leurs offres mobiles 4 G sur les villes de Lyon, Marseille et Montpellier notamment.

Début janvier, Bouygues-Télécom et Free Mobile ont également lancé leurs offres pour l’instant très limitée. Le 29 janvier SFR et Orange ont ouvert partiellement leur réseau 4 G en région parisienne ; le premier dans le quartier d’affaires de La Défense, le second dans le quartier de l’Opéra. Même si l’ouverture globale des réseaux 4G à Paris ne devrait pas intervenir avant fin 2013, dés ce premier trimestre, de nombreuses villes française devraient être couvertes dont Toulouse, Lille, Strasbourg et Nantes par les deux opérateurs.

Orange et SFR mettent en effet les bouchées doubles pour offrir au plus vite un réseau 4G le plus dense possible, ce dés, la fin de l’année 2013 afin de conserver leurs clients et de proposer des services à très haut débit de bonne qualité à des prix compétitifs en vue de contrer les offres low-cost de ces derniers mois. Ces nouvelles offres 4G visent à la fois les usages professionnels et grand-public.

Dans la ligne de mire, Free Mobile qui a lancé la guerre des prix avec son offre 3G grand-public à 20 €/mois. En effet, parti de rien, l’opérateur low-cost n’a d’autre choix que d’investir massivement pour développer son réseau 3G afin d’atteindre le niveau de couverture nationale exigé par l’autorité de régulation des télécoms. Compte-tenu de l’ampleur des investissements à réaliser et des difficultés à implanter ses émetteurs, Free Mobile va devoir faire de choix et se trouvera nécessairement en difficulté pour déployer et financer en même temps la 4G.

Dans ce contexte de vive concurrence, les opérateurs historiques ont tout intérêt à déployer leur réseau 4G pour séduire leur clientèle et les inciter à payer un peu plus cher pour des débits jusqu’à 5 fois plus importants et une qualité de surf et de téléchargement inégalée. Dans ce contexte, les clients de Free dont le réseau 3G actuel est loin d’être déployé sur l’ensemble du territoire, souffre de nombreuses défaillances, notamment dans les zones fortement urbanisées. Ce qui risque de les inciter à migrer vers un opérateur disposant d’un meilleur réseau offrant des débits conséquents.

D’où l’empressement de SFR et Orange qui disposent d’importants moyens financiers, à développer au plus vite leur réseau 4G en vue d’une couverture nationale à brève échéance pour couper l’herbe sous les pieds de Free Mobile que risque de ne pas être en mesure de suivre le rythme des investissements et des avancées technologiques.

Reste à voir quels seront les prix pratiqués par les opérateurs historiques pour la 4G. A l’heure actuelle, Orange semble s’orienter vers des offres prenium sensiblement plus chères que la 3G, de l’ordre de 5 à 10 € de supplément par mois. A l’inverse, SFR s’oriente vers des offres plus agressives en vue d’attirer les plus grand nombre de clients vers la 4G avec des forfaits à des prix identiques à ceux de la 3G, soit environ 30 € pour un forfait avec 2 Go de data. Ce qui est une consommation déjà intéressante, pouvant évoluer vers 4 Go ou 6 Go avec des prix également revus à la baisse.

La bataille de la 4G en France ne fait que commencer mais s’annonce rude. Dans le collimateur des opérateurs historiques, Free Mobile risque de se trouver asphyxié entre la nécessité de développer au plus vite son réseau 3G actuellement limité, tout en investissant également dans la 4G. Au vu de ses tarifs low-cost pratiqués et des besoins considérables en trésorerie, par sûr que la position de Free Mobile soit tenable longtemps, d’autant que l’arrivée de nouveaux clients risque de se ralentir rapidement au vue des conditions tarifaires privilégiées finalement accordées par les opérateurs concurrents.

Début 2014, la situation des télécommunications mobiles devrait avoir sensiblement évolué avec une couverture proche de 40% du territoire en 4G. Nous verrons alors quels seront les véritables gagnants et peut-être les perdants ! En attendant, les français vont pouvoir surfer sur la 4G dans les meilleures conditions techniques et tarifaires, d’autant qu’une dizaine de mobiles compatibles sont déjà disponibles sur le marché français. A ce rythme, les débits moyens de 5 à 10 Mbits proposés par l’ADSL vont bientôt devenir obsolètes.